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samedi 23 janvier 2016

Gastrohemeroteca. Recettes historiques 1884-1934

La Hemeroteca Municipal de Madrid nous propose, dans son siège de Conde Duque et dans le cadre du Gastrofestival 2016, un échantillon de la cuisine de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle à travers des reproductions de plusieurs périodiques d'époque affichées sur des panneaux. Ce sont des magazines professionnels comme La Cocina Elegante, La Mesa Moderna, La Ilustración de la Mujer, Almanaque de Conferencias Culinarias, Le Pot-Au-Feu, El Gorro Blanco, El Menú, La Cocina Artística y Casera et Marmitón.
La cocina artística y casera. 20 de marzo de 1917

L'exposition a démarré aujourd'hui et se tiendra jusqu'au 7 février 2016 dans le hall principal de Conde Duque. Elle rend compte de formules et recettes, menus quotidiens et festins de Balthazar à l'expression souvent très française...




Cette ultraprésence de la langue française en matière gastronomique, un peu partout dans le monde, me renvoie soudain, par antinomie, à la préface de Brillat-Savarin à son célèbre essai Physiologie du goût, édité en 1826, car il y glissait une remarque qui nous semble aujourd'hui plutôt décalée, voire anachronique :
« Je connais, plus ou moins bien, cinq langues vivantes, ce qui m'a fait un répertoire immense de mots de toutes livrées.
Quand j'ai besoin d'une expression, et que je ne la trouve pas dans la case française, je prends dans la case voisine, et de là, pour le lecteur, la nécessité de me traduire ou de me deviner : c'est son destin.
Je pourrais bien faire autrement, mais j'en suis empêché par un esprit de système auquel je tiens d'une manière invincible.
Je suis intimement persuadé que la langue française dont je me sers est comparativement pauvre. Que faire en cet état ? Emprunter ou voler.
Je fais l'un et l'autre, parce que ces emprunts ne sont pas sujets à restitution, et que le vol de mots n'est pas puni par le code pénal.
»
On voit bien que B.-S., néologueur de mots comme "radiance" ou responsable de l'exhumation de termes comme "siroter", était loin d'anticiper la collusion, sur une planète mondialisée, entre les indulgences du code pénal, le matraquage de tous les produits (y compris une certaine langue) de l'empire dominant et le snobisme veblenien, si j'ose dire, des cuistres colonisés.
Dans la méditation IV de son illustre ouvrage pionnier, B.-S. aborde une définition très physiologique de l'appétit —désir n'ayant visiblement rien à voir avec la vraie faim : envie d'essence dans l'aisance— qui en fera baver plus d'un ; sa réflexion commence de la sorte :
Le mouvement et la vie occasionnent dans les corps vivant une déperdition continuelle de substance ; et le corps humain, cette machine si compliquée, serait bientôt hors de service si la Providence n'y avait placé un ressort qui l'avertit du moment où ses forces ne sont plus en équilibre avec ses besoins.
Ce moniteur est l'appétit. On entend par ce mot la première impression du besoin de manger.
L'appétit s'annonce par un peu de langueur dans l'estomac et une légère sensation de fatigue.
En même temps, l'âme s'occupe d'objets analogues à ses besoins ; la mémoire se rappelle les choses qui ont flatté le goût ; l'imagination croit les voir ; il y a là quelque chose qui tient du rêve. Cet état n'est pas sans charmes ; et nous avons entendu des milliers d'adeptes s'écrier dans la joie de leur cœur :
« Quel plaisir d'avoir un bon appétit, quand on a la certitude de faire bientôt un excellent repas ! »
Cependant l'appareil nutritif s'émeut tout entier : l'estomac devient sensible ; les sucs gastriques s'exaltent ; les gaz intérieurs se déplacent avec bruit ; la bouche se remplit de sucs, et toutes les puissances digestives sont sous les armes, comme des soldats qui n'attendent plus que le commandement pour agir. Encore quelques moments, on aura des mouvements spasmodiques, on bâillera, on souffrira, on aura faim.
On peut observer toutes les nuances de ces divers états dans tout salon où le dîner se fait attendre.
(...)
 Que l'appétit vous tienne lieu de faim.

vendredi 22 février 2013

Marché, Croissance, Viande et autres Nourritures Terrestres

Le mot "marché" occupe incessamment l'espace médiatique, le con espace de la Com. Mais c'est un terme frelaté par la propagande que nourrissent sans désemparer les grands faux-monnayeurs qui nous pompent et leurs perroquets. Comme "liberté", "démocratie", "antisémite", "chrétien" (1), "bien-être", "connaissance" et tant d'autres expressions devenues formules, ayant atteint de nos jours un rapport oxymorique avec les vieux concepts qu'elles recouvraient (2), aberration accablante.
En vue de contribuer à déterrer un tant soit peu les vieux concepts ensevelis par cette logorrhée de grands mots en surenchère exponentielle, je vous propose une vidéo et un texte.
Le clip vous montre l'économiste breton Serge Latouche —à côté de Siné, soit dit en passant— s'exprimant à propos de décroissance, ou plutôt d'accroissance, pour être plus rigoureux :


Quant au texte, il s'agit d'un billet publié par Camille Labro dans son blog gastronomique hébergé par Le Monde ; attention notamment au dernier paragraphe et aux concepts qu'il invoque :

CAMILLE LABRO, 17 février 2013
Rêves (de raviolis) en boîte
 
Plus que cette histoire de cheval maquillé en bœuf, le vrai scandale "Findus", c'est tout le système qui a été exposé au grand jour : un circuit d'approvisionnement alimentaire totalement opaque et aberrant, organisé exclusivement autour de l'intérêt financier des industriels, sans considération pour le bien-être de l'individu (producteur ou consommateur), des animaux, et encore moins de l'environnement. Un système diabolique qui tue la petite agriculture, l'alimentation saine et la distribution raisonnable de la nourriture.
Cette affaire m'a remis en mémoire un documentaire que j'ai vu l'année dernière, au Kulinarisches Kino (la section du film culinaire de la Berlinale) : "Canned Dreams" de Katja Gauriloff, film finlandais magnifiquement sobre, qui devrait se dépêcher de sortir en France et ailleurs. Le film suit la trajectoire insensée des ingrédients d'une boite de raviolis (le blé, la viande, les tomates, les oeufs mais aussi le métal), aux quatre coins du monde et sur 30 000 kilomètres, tout en donnant voix à ceux qui produisent et fabriquent ces ingrédients. Histoires poignantes d'hommes et de femmes, atrocités de la production intensive, absurdités de la globalisation alimentaire... Tout y est.
 

On peut voir une bonne partie du film, sous-titrée en anglais, sur le site d'Al Jazeera, qui en est l'un des producteurs. Précipitez-vous si ce bijou sort un jour près de chez vous (on espère que les distributeurs saisiront l'opportunité au vol...)
Pour revenir à Findus, et à l'instar de Perico Légasse qui a bien résumé les choses sur le plateau de Mots Croisés, je me réjouis que ce système monstrueux et mensonger, à dimension européenne mais aussi mondiale, soit aujourd'hui "pris la main dans le sac" et livré en pâture à l'opinion publique. J'espère que toute personne qui a suivi le débat saura mettre cette crise à profit, en apprenant à consommer et manger plus "responsable" (il ne faut pas compter sur les agro-industriels pour arranger les choses, eux qui sont déjà en train de remettre les atroces farines animales à l'ordre du jour !).
Cela veut dire, avant tout chose, qu'il faut se remettre à cuisiner. Car qui dit cuisine dit produits bruts et frais, qui dit produits dit marché, qui dit marché dit relations directes avec les producteurs, qui dit relation dit connaissance, produit sourcé, traçabilité... Circuit court pour une alimentation juste.
Camille Labro
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(1) Cf. La Chronique de Philippe Meyer du 18.02.2013 (07h56, sur France Culture), et que le ciel vous tienne en joie !


(2) Marc Bloch écrivait dans Apologie pour l'histoire ou métier d'historien (Armand Colin, Paris, 1993, 1997, p. 57) : « (...) au grand désespoir des historiens, les hommes n'ont pas coutume, chaque fois qu'ils changent de mœurs, de changer de vocabulaire ». Complétons cette remarque et insistons sur l'usage filou de mots prestigieux aux qualités obnubilantes pour appeler, par exemple, la prédation du renard dans le poulailler * "liberté" —ou pour appeler un cheval un bœuf, le cas échéant. Au bout du compte, qui oserait s'exprimer contre la liberté ?

* La liberté peut consister, par exemple, à "payer moins de 1 euro l'heure de salaire". Voici un extrait de la lettre de Maurice "Morry" (Mucho Morry) Taylor Jr., PDG de Titan Wheele International, à Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement Productif (sic), pour lui expliquer que Titan se retirait du projet de reprise de l'usine Goodyear de pneus située à Amiens-Nord :
"Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins de 1 euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Dans cinq ans, Michelin ne pourra plus produire de pneus en France. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers.". 
La lettre, datée le 8 février 2013, fut publiée par Les Échos le 19 février. Selon lui, les Français travaillent trois heures par jour (?) et touchent des salaires très élevés. Pas mal de la part d'un type qui déjà en 1996, lors des primaires du Parti Républicain, put dépenser plus de 6 millions de dollars... pour recevoir environ 1% des votes, bel exemple de sobriété tout comme de rentabilité pour celui qui se targue de savoir ce que c'est qu'une entreprise.
_____________________
NOTE du 24.02.2013 :
Le Monde a publié le 23.02.2013 un entretien avec Robyn O'Brien, autrice de The Unhealthy Truth, une investigation sur les dangers de la nourriture distribuée par l'industrie alimentaire étasunienne. Elle y dit, entre autres :
J'ai découvert qu'aux Etats-Unis, à partir de 1994, certaines modifications génétiques ont été réalisées dans la nourriture, modifications qui n'ont pas été acceptées en Europe. En utilisant mon approche d'analyste financière, j'ai cherché quelles décisions avaient été prises pour maximiser les rentabilités et ai découvert à quelles dérives cela a mené [:] Le rajout d'ingrédients et additifs chimiques, le dopage des animaux pour qu'ils prennent rapidement du poids, l'utilisation massive de pesticides... Tout cela détruit notre barrière digestive, garante de notre immunité. Aucun scientifique ne connaît vraiment les impacts de tels changements, mais nous sommes devenus plus vulnérables. Des estimations inquiétantes sont publiées : 41 % des Américains devraient avoir un cancer dans leur vie, la moitié des hommes et un tiers des femmes. Les maladies auto-immunes, liées à un état inflammatoire élevé du corps, augmentent. Nos systèmes immunitaires luttent énormément à cause de l'alimentation qui nous est proposée.
(...) Nous nous sommes déconnectés de nos racines, surtout aux Etats-Unis. Nous ne savons plus d'où vient la nourriture.

dimanche 14 octobre 2012

Douce(s) France(s), ou les régions hexagonales selon ARTE

Grâce à Paloma A., j'ai eu vent d'une série de documentaires, coproduits par ARTE G.E.I.E. et Gedeon Programmes, sur une partie assez représentative des régions de l'Hexagone : Douces Frances.
Réalisés par Xavier Lefebvre et conçus par Laurent Martein, ces films durent 43 minutes et ont été émis du 16 au 27 janvier 2012, du lundi au vendredi à 19h00.
Ces épisodes, au nombre de dix*, proposent des images et des rencontres au travers de trois types de portrait que la chaîne franco-allemande expliquait comme cela lors de la présentation de la série :
Les portraits aériens permettront d’observer et d’admirer la diversité paysagère de chacune des régions traversées, d’en saisir l’organisation spatiale et de découvrir de manière privilégiée ses plus grands sites naturels et patrimoniaux…

Les portraits terrestres s’attacheront à fouiller visuellement et esthétiquement les grandes identités territoriales, à documenter « à hauteur d’homme » tout ce qui participe à créer l’enchantement pour chaque région : trésors de nature, d’architecture, de culture(s)...

Les portraits d'hommes et de femmes, habitants de ces régions, garants de leurs traditions, de leur mentalité. Rencontrés chez eux, dans leur environnement, ils raconteront leur quotidien, l’exercice de leur profession, de leur passion,... qu’ils soient éleveurs, viticulteurs, conteurs, guides, médecins...
Voici l'introduction au documentaire de chaque région fournie par le site d'ARTE :
En Provence
A la découverte des mille et une facettes d’une région gorgée de soleil et de couleurs, aux paysages spectaculaires et somptueux.
En Rhônes-Alpes
Entre plaines et montagnes, la région dévoile des chefs d'oeuvres, tant naturels qu'architecturaux. Une étape aussi riche en rencontres qu'en dénivelés !
En Midi-Pyrénées
Adossée aux Pyrénées, entre Atlantique et Méditerranée, c'est la plus vaste région de la métropole. C'est aussi le coeur du pays occitan.
En Auvergne
Balade verdoyante dans une région marquée par le volcanisme et aux richesses naturelles surprenantes.
En Aquitaine
Entre mer et montagne, une région riche en saveurs et en savoir-faire. Balade depuis le pays basque jusqu'aux vignobles de Sauternes.
En Bretagne
Bordée par les mers, balayée par les vents, c'est une terre de légendes et de traditions qui dévoile ses trésors.
En Région Centre
Un concentré de raffinement et de verdure, entre le Val de Loire des rois de France et le Berry enchanteur.
En Bourgogne
Réputée pour sa gastronomie et son art de vivre, la région est également riche en patrimoine architectural.
En Normandie
Depuis ses côtes - de Nâcre ou d'Albâtre - jusqu'à ses plaines de pommiers, la Normandie incarne la douceur de vivre.
En Alsace
Cap à l'Est ! A la frontière avec l'Allemagne et de la Suisse. Ici, les influences rhénanes sont partout : dans la langue, la cuisine, l'architecture...

Si vous souhaitez suivre tranquillement la série sur votre ordinateur, en volets de 15 minutes, vous pouvez le faire sur youtube. Je vous montre ci-dessous quelques portes d'accès aux vidéos insérées :
1. La Provence
2. Rhône-Alpes
3. Midi-Pyrénées
4. Auvergne
5. Aquitaine
6. Bretagne
7. Centre
8. Bourgogne
9. Normandie
10. Alsace
Exemple de mode d'emploi : si vous cliquez sur Bourgogne, vous accéderez à une vidéo de 15 minutes qui est le premier tiers de l'épisode. Pour continuer et visualiser l'intégralité du documentaire, il vous faudra chercher Douce(s) France(s) - Bourgogne (2/3) et Douce(s) France(s) - Bourgogne (3/3).

Merci beaucoup Paloma pour le tuyau.

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* Les régions françaises sont au nombre de 27 : 22 en France métropolitaine (y compris la collectivité territoriale de Corse, qui n'a pas la dénomination de « région » mais en exerce les compétences) et 5 départements et régions d’outre-mer.
D'un point de vue administratif, la Normandie est divisée en deux (Haute et Basse-Normandie). D'ailleurs, la Provence est une région historique faisant partie aujourd'hui de la région P.A.C.A. (Provence-Alpes-Côte-d'Azur).

lundi 11 juin 2012

Voyage en Bourgogne - Jour I, le soir - Dijon

Deuxième volet de cette histoire. Quant au premier, vous pouvez cliquer ci-contre : Vol et arrivée à Dijon.

Donc, le 10 mai 2012, après installation à l'hôtel, nous entamâmes la visite à pied du centre-ville de Dijon : place Darcy, l’Arc de Triomphe, rue de la Liberté, rue Mably, la Poste et la place Grangier, rue Musette, Les Halles : le marché couvert du centre-ville fut construit par l’entreprise Eiffel en 1868. Tout autour, il y avait une glorieuse ambiance d'oisiveté nonchalante, rudement improductive, grâce notamment aux terrasses des cafés et des restaurants. Parmi les voyageurs, il y en eut qui en profitèrent pour acheter leur pique-nique du lendemain, y compris des fraises gariguette qui sont bien à point en mai !

Bistrot Quentin

 Coluche sur un mur de la Ruelle - rue Musette

Ensuite nous continuâmes sous le soleil bourguignon vers l’église Notre-Dame, dont les gargouilles de la façade occidentale —et l'horloge, et son Jacquemart— attirèrent longtemps notre attention.

Gargouilles de la façade occidentale - Église Notre-Dame de Dijon

 Triforium et rosace - Église Notre-Dame de Dijon

Puis l’Hôtel de Vogüé, la rue Verrerie, le square des Ducs, le palais des Ducs de Bourgogne, avec sa tour de Philippe Le Bon, et finalement, la place de la Libération et ses ruelles adjacentes. Bref, le Dijon des photos de tous les touristes.

 Palais des Ducs de Bourgogne: aile du Musée des Beaux-Arts - Dijon

 Tour Philippe Le Bon vue de la rue Vauban - Dijon

Nous prîmes un pot tous ensemble aux Grands Ducs. Puis, il fallut s’éparpiller pour trouver où dîner.
La Bourgogne invite à s'épanouir en la matière. Quant à moi, ce premier dîner, je me tapai une demi-bouteille de Les Coteaux sous La Roche, Santenay 2009, un blanc sec, légèrement fumé, dont le Gault et Millau nous précise : le minéral à fleur de peau, un nez qui transpire la craie humide, avec quelques touches florales et un boisé subtil. La bouche est fluide, légère, avec une tension rare sur ce millésime.
Je choisis aussi le plateau de trois frometons du restaurant, composé d'Époisses, de Brillat-Savarin et de l'incontournable St.-Marcellin, la célèbre appellation dauphinoise.
Époisses est une ancienne place forte édifiée entre les XIVe et XVIIIe siècles qui se trouve à 12 km à l’ouest de Semur. La Marquise de Sévigné (1626-96) y allait souvent se reposer. L'Époisses, cistercien affiné au marc, fut considéré par Brillat-Savarin le roi des fromages, comme m'expliqua un voisin de table, presque convive —à tel point l'espace est précieux dans les restaurants français.
Ce que B.-S. ignorait, c'est qu’on allait en élaborer un autre qui porterait son nom. Selon Wikipédia, il fut créé par la famille Dubuc, dès 1890, près de Forges-les-Eaux (Seine-Maritime), sous le nom d’« Excelsior » ou « Délice des gourmets ». Dans les années 1930, il serait renommé par Henri Androuët en l’honneur de l’auteur de La Physiologie du Goût. Ce fromage est un triple crème, doux au palais, qui se mange jeune et bien frais. Il est produit en Normandie et en Bourgogne à base de lait de vache, à pâte molle à croûte fleurie, admirable euphémisme dont on dispose en français quand la croûte du fromage développe des moisissures en surface lors de son affinage —12 jours dans ce cas. Comme sa période de dégustation optimale s’étale d’avril à octobre, on peut dire que j’étais servi. Tournée du patron, à la fin de mon dîner, j’eus droit à un marc de Bourgogne qui purifia mes intestins et remua mes souvenirs.

Église St.-Michel, vue nocturne.

Plus tard, après la prise tranquille de quelques photos nocturnes, paisible promenade jusqu'au Vieux Léon, une vieille taverne dont la cave propose de petits concerts de chanson française ; près du zinc, on voit un portrait de Georges Brassens aux cheveux roux punk ; drôle de mélanges dans cette France si noble, si duché de Bourgogne et si faubourienne. Sur les tables de l’extérieur, on fumait grave, comme dans les bons vieux temps.

 Au Vieux Léon - Rue Jeannin, Dijon


jeudi 12 avril 2012

Repas et boissons. Lexique de base en français

Dans des conditions de vie normale, pour un adulte en bonne santé, les besoins hydriques sont estimés à environ 2,5 litres par jour. Ils sont apportés tout à la fois par la boisson et les aliments qui contiennent de l’eau.
En quelques minutes, vous allez évaluer le volume d’eau contenu dans vos repas pendant 24 heures. Vous pourrez savoir si vos apports quotidiens en eau sont suffisants. S’ils sont insuffisants, rien de plus simple que de compléter avec de grands verres d’eau du robinet ! 
Voilà ce que vous dit le Centre d'information sur l'eau pour vous inciter à réaliser sur son site le bilan hydratation du Dr. Jean-Michel Leclerf, chef du service de nutrition de l'institut Pasteur de Lille. Il s'agit d'un questionnaire concernant vos habitudes alimentaires. En parcourant ses quatre étapes —petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner—, vous pourrez déterminer en un tournemain si vous satisfaites ou non vos besoins hydriques. Et puis, participer à ce jeu vous permettra de réviser l'état de votre lexique de base en matière alimentaire.
Au demeurant, le site du Centre d'information sur l'eau apporte d'autres soutiens pédagogiques, fiches et outils, pour découvrir l'eau dans tous ses états et savoir répondre à des questions comme celles-ci :  
Quel est son parcours dans la nature ? Comment arrive-t-elle jusqu’à nos robinets 24h/24 ? Quels sont les circuits de distribution ? Vos élèves savent-ils qui s’occupe de l’eau et pourquoi on la paie ? Que devient l’eau que l’on utilise ? L’eau, l’hygiène et la santé, quel rapport ?
Revenons à nos moutons ; voici une petite liste de sites qui s'occupent de la bouffe à l'intention des élèves de FLE (sauf celui des recettes, bien entendu) :
- Lexique basal de la nourriture, les repas, la cuisine (outils, parties, couverts) et un petit répertoire d'expressions clés pour le restaurant, avec des illustrations en couleur et des précisions sur le genre des mots à travers un bon usage des déterminants.
- Voie Expresse : site finlandais consacré a l'apprentissage du français, c'est une trousse à tout où foisonnent les vidéos. Vous y trouverez, parmi beaucoup d'autres, des pages dédiées au vocabulaire des boissons et de la nourriture en français ; vous pouvez y apprendre, par exemple, par l'intermédiaire de netprof.fr (1), comment lire l'étiquette d'une bouteille de vin.
- Recettes de la cuisine française (sans publicité).
- Le Point du FLE :

Finalement, je vous relaie une info qui montre le rapport qu'il y a entre nutrition et ressources économiques / instruction. Une étude de l'Inserm (Institut national de la Santé et de la Recherche médicale) publiée dans la revue PLoS One met en évidence la relation existante entre la fréquentation de certains hypermarchés et enseignes "hard discount", ces magasins libre-service où les prix sont au-dessous de la moyenne, et le surpoids ou tour de taille élevé des clients. Liens de cause à effet ? Il ne faut pas être Einstein pour comprendre que quand on remplit mal son frigo, faute d'argent ou de connaissances, on se nourrit mal.
_________________________
(1) Site de partage des connaissances fondé par Loïc Ader.

mardi 30 août 2011

À Stéphane

Stéphane, le mot qui suffit.


Stéphane Guérin à la porte de la Maison Rouge, Alcabón, le 28.08.11

vendredi 26 novembre 2010

Suggestions TV Web, vidéothèques numériques, télés de rattrapage

Comme promis, je vous colle plus bas une information résumée concernant certaines TV Web, vidéothèques numériques et télévisions de rattrapage qui sont à votre disposition sur Internet. N'oubliez pas que, mis à part les sites ci-dessous, vous pouvez accéder également aux webs des télévisions conventionnelles ou alternatives (1) citées dans la page "vinculos" du site de notre département (ou, plus concrètement, dans le document word "infos web" dont le lien se trouve sur cette même page-là).
_______________________
1) INA
L'Institut national de l'audiovisuel vous offre ou vous vend des images, des sons, bref, des vidéos. Il faut s'inscrire pour mieux s'en servir. Et il y a boutique. En tout cas, on peut revoir directement beaucoup d'enregistrements visuels : Un exemple.
Ils vous font cadeau aussi du journal télévisé du jour de votre naissance ; ils s'expliquent :
- journaux radio de 1961 à 1974 (1972 : année incomplète)
- journaux télévisés de 1971, 1973 et 1974 (années incomplètes), puis du 13 février 1976 au 31 décembre 2008.
Cependant, dans ces périodes, certains journaux peuvent manquer, en raison de problèmes techniques au moment de leur enregistrement, ou pour cause de grève.
Si vous cherchez un journal en dehors de ces périodes, patience... L’offre disponible en ligne s’enrichit au fur et à mesure de la numérisation. N’hésitez pas à revenir régulièrement consulter cette rubrique.
AVERTISSEMENT
En raison d’éventuels problèmes d’enregistrement du journal télévisé à l’époque, il est possible qu’il manque 30 secondes au début de la vidéo.
Ce service est désormais disponible sur Dailymotion avec une interface joliment réadaptée pour la circonstance. Sachez patienter car certaines éditions ne sont pas accessibles : comme vous venez de lire, tous les JT n'ont pas encore été numérisés. Vous avez là une belle manière de travailler la compréhension auditive tout en vous initiant à plein de références socioculturelles relatives aux quatre dernières décennies.

2) Pour les amateurs de la musique en direct, on peut suggérer Taratata: une émission télé qui vous fournit les vidéos de ses différentes et bariolées interprétations. Des artistes français ou étrangers sont invités à jouer un de leurs titres et/ou une reprise en direct, seuls ou en duo avec un autre artiste.
L'émission est enregistrée dans les conditions du direct et diffusée après sur France 4, France 3, France 2 et TV5 Monde. Présentée par Nagui depuis 1993, ses archives sont remarquables.

3) Sur le site de TV5 Monde, vous disposez de TV5Monde+ Afrique, une webTV francophone entièrement consacrée à l'Afrique. Explorez ses différentes rubriques et, en même temps, un incroyable continent sous diverses facettes dont on ne nous apprend pas grand-chose en général.

TV5Monde développe également son site apprendre.tv. afin que vous pratiquiez votre français avec ses collections d'exercices interactifs A2, B1 et B2 nourris par l'actualité, les BD, l'art contemporain, les mots, les virelangues, l'Histoire, le théâtre (ex.: Antigone, de Jean Anouilh) ou la gastronomie. Découvrez aussi, par exemple, 7 jours sur la planète, les stratégies de compréhension qu'on vous suggère sur Comprendre les documents vidéos ou, sous la rubrique Jeux et Divertissements, les multi-quiz du site : scientifiqueslangue françaiseapprendre le françaiscultures du monde,...

D'autres services de TV5 sur le Net :

4) ARTE + 7.
Pour revoir ses émissions pendant les sept jours suivant leur diffusion, la chaîne franco-allemande ARTE vous propose son service de rattrapage.
Bien évidemment, si vous disposez d'une antenne parabolique et d'un récepteur satellite vous pouvez voir en direct les émissions de TV5 Monde et d'ARTE sur votre poste TV.

5) Vous pouvez retrouver bon nombre de fragments d'émissions de radio ou de télé sur youtube ou dailymotion. Un exemple : Belinda Cannone sur France Culture.

6) Pluzz.fr et d'autres services de France Télévisions
Le groupe public audiovisuel France Télévisions a lancé le 5 juillet 2010 Pluzz, son portail Web de télévision de rattrapage (l’expression "catch-up TV" est anglaise). Ce service, gratuit, permet de (re)voir 80 % des programmes des cinq chaînes du groupe : France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô. Des centaines de programmes et de vidéos sont disponibles : magazines, journaux télévisés, fictions... à l'exception du cinéma. Chaque jour, 72 heures de contenus seront mises en ligne après diffusion sur les chaînes TV (en léger différé), et y resteront une semaine avant de disparaître.
Mis à part Arte (Arte+7), les chaînes concurrentes privées TF1 (Vidéos TF1), M6 (M6 Replay) et Canal+ (Canal+ à la demande) proposent également ce genre d'offre.
Lesite.tv est un service de France 5 pour des abonnés. Attention, donc, il faut payer 4€ par mois. On peut aussi acheter des vidéos à l'unité (2€).
France 5 propose aussi curiosphere.tv (2), un site qui sélectionne des vidéos éducatives et les distribue en plusieurs rubriques : Pédagogie (321), Vie scolaire (647), Moi, prof (38), Education aux médias (549), Orientation (178), Culture (695), Culture scientifique (534), Histoire/Géo Civilisations (633), Citoyenneté (787), Economie - Géopolitique (127).

______________________________
(1) Comme La Télélibre ou Terretv, par exemple.

(2) NOTE POSTÉRIEURE : Curiosphère est devenue FranceTVÉducation. Voir une note explicative du 5/12/12.

samedi 17 juillet 2010

Voyage dans les Alpes 1

De retour d'un court voyage à Paris, le prof se propose de montrer, à travers des photos de son cru, les grandes lignes du voyage du département de cette année, qui s'est déroulé du jeudi 6 au lundi 10 mai 2010.
Le premier jour, nous avons atterri à Genève. Fabien, notre chauffeur, nous y attendait sous la grisaille du jour et nous a emmenés à l'hôtel Mandallaz, d'Annecy (Haute-Savoie, Rhône-Alpes), où nous allions séjourner. L'hôtel se trouve à un kilomètre du centre-ville, ce qui nous permettait de bouger à pied facilement et de fréquenter les avenues du Thiou, du Rhône ou de Chambéry, la Vieille Ville -petite Venise- et ses quais, le lac, bien entendu, et son Champ de Mars, le Pont des Amours, le Canal du Vassé, le château et son quartier, les rues Ste-Claire ou Royale, ou la très commerçante rue Carnot.
Comme il fallait manger peu après leur installation, les voyageurs ont commencé à déguster les spécialités du pays de Marc Veyrat, c'est-à-dire, brochets, raclettes, fondues (jurassienne, suisse, savoyarde...), tartiflettes et autres reblochons...
La photo à gauche montre le Palais de l'Île (les vieilles prisons) et le Thiou, déversoir du lac d'Annecy dans le Fier. Sur les rives de la rivière, la vieille ville.

Pont des Amours (entre le Canal du Vassé et le lac). Annecy
Escalier adossé au rempart du château d'Annecy

lundi 18 janvier 2010

À boire et à manger

Pour travailler le lexique de la cuisine et la gastronomie, nous avons visité plusieurs sites web en salle d'informatique. Mis à part le dossier du nº 2301 du Nouvel Observateur (semaine du 11/12/2008), je vous rappelle l'existence du blog de Guillaume Long, hébergé par le quotidien Le Monde. C'est une manière agréable, variée, illustrée et pleine d'humour de réviser le vocabulaire concernant différentes créations culinaires de la planète, ou de proposer une approche un tant soit peu bouleversante en matière de cartons pour marquer le nom de vos invités, suggérer des amuse-gueules, etc. N'hésitez pas à tremper vos yeux dans ses vignettes.

samedi 21 mars 2009

Aya de Yopougon

Le Festival International de la BD d'Angoulême 2006 a décerné à Aya de Yopougon, tome 1, le prix du premier album —écrit par Marguerite Abouet et dessiné par Clément Oubrerie. Cette histoire à bulles en est maintenant, que je sache, à son quatrième volet. Elle fait montre d'un humour à tout casser.
Marguerite Abouet (Abidjan, 1971) nous a transmis ses motivations :
« Dans les années 1970, la vie était douce en Côte d'Ivoire. Il y avait du travail, les hôpitaux étaient équipés et l'école était obligatoire. J'ai eu la chance de connaître cette époque insouciante, où les jeunes n'avaient pas à choisir leur camp trop vite, et ne se préoccupaient que de la vie courante: les études, les parents, les amours… Et c'est cela que je veux raconter dans Aya, une Afrique sans les clichés de la guerre et de la famine, cette Afrique qui subsiste malgré tout car, comme on dit chez nous, ‘la vie continue‘... »
La vie d'Aya se déroule donc à Yopougon, "Yop City" ou "Poy", énorme quartier populaire à l'ouest d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, qui est surtout connu pour la rue Princesse, où foisonnent les "maquis" (bars-restos popu) et les boîtes de nuit. C'est là, d'ailleurs, que se situent les lieux du film Rue Princesse, d'Henri Duparc.


Voici un extrait de l'article publié à propos d'Aya par Afrik.com :

Les héroïnes de Aya de Yopougon ont chacune choisi leur stratégie pour s’assurer un avenir. Et leurs tribulations font la part belle à des expressions très imagées à vous faire mourir de rire. « Même si un bouc veut une femme, il n’ira pas pleurer derrière une hyène », dit la sagesse populaire. Des expressions également inspirées de l’argot ivoirien dénommé nouchi. Un mélange de français, de langues locales et d’un vocabulaire crée de toutes pièces par la rue. Ainsi entre les « grotos » (messieurs d’un certain âge très fortunés, leurs alter égo plus jeunes, les « genitos » et les « freshnies » (les jolies jeunes filles), vous découvrirez un univers très tropical, mais qui n’a rien d’exotique. Les quelques anachronismes, auxquels seront seuls sensibles quelques uns d’entre vous, n’enlèvent rien à l’intérêt de cette histoire dont les personnages, hauts en couleurs, sont le reflet d’une époque, tout en étant très contemporains. Comme tous les jeunes de son âge et de tout temps, Aya et ses amis sont en bute à l’autorité parentale et les victimes (consentantes) de leurs élans amoureux.

Avec cet ouvrage, qui en prime vous propose un petit lexique du nouchi, vous montre comment préparer les frites de banane plantain (l’alloco, plat très apprécié en Côte de’Ivoire) et nouer le pagne, Marguerite Abouet est devenue une ambassadrice de la culture ivoirienne.

À propos de la Rue Princesse, Théophile Kouamouo écrit dans Le Français dans le Monde (nº 362, mars-avril 2009 ; page 42):
« Ce n'est qu'à la nuit tombée que la rue-souillon se met à mériter l'appellation qui l'a rendue célèbre : Rue Princesse. Les enseignes s'allument, tout aussi extravagantes les unes que les autres ; les « maquis » (…) dévoilent leurs visages ; des décibels s’échappent de partout de manière désordonnée, créant une joyeuse cacophonie ; des milliers de fêtards viennent de partout, y compris de l’orgueilleuse commune huppée de Cocody, fief de la bourgeoisie administrative locale et de la « zone 4 », quartier des nababs du business.
La Rue Princesse est, à Abidjan, le centre névralgique de « l’ambiance ». C’est le lieu de la revanche culturelle des gens de peu, de l’Afrique réelle, sur une élite occidentalisée et souvent enfermée dans des réflexes de mimétisme. C’est aussi un lieu de création trépidante, de
happening permanent. De la Rue Princesse d’aujourd’hui partent des rythmes musicaux, des « concepts » de danses urbaines, des inventions lexicales qui s’exporteront par la suite dans les night-clubs et les rues des autres métropoles africaines (…) »
Si l'actualité de Poy vous intéresse, cliquez dessus pour consultez son site web.
Quant au nouchi, ce français ivoiriennisé évoqué ci-dessus, il est très présent dans la musique ivoirienne et dispose de son site web, conçu notamment pour partager un sourire. Vous y trouverez de tout, y compris un dico ou des proverbes du type : « celui qui est sur le dos de l'éléphant ne doit pas craindre la rosée ».

mercredi 25 février 2009

Questions et réponses sur le dossier biodiversité

Alors que certains spécialistes de la biodiversité considèrent que nous vivons aujourd'hui la sixième grande crise d'extinction - due essentiellement à l'action de l'espèce humaine sur son environnement -, le CNRS propose un dossier interactif en ligne. Sagascience tente de répondre à quelques questions fondamentales : Quelles sont les origines et les conséquences de l'érosion de la biodiversité ? Quels liens entre alimentation et biodiversité ? Comment la préserver et la restaurer ? Plus de 700 photos, une centaine de documents filmés et une frise chronologique multimédia illustrent et étayent les différents chapitres de cet imposant dossier. En outre, d'autres rubriques mêlent approches pédagogique et ludique, comme ce menu gourmand qui entraîne l'internaute au cœur du régime culinaire des anciens Romains. Enfin, un petit quiz propose un tour du monde de la biodiversité en huit questions.
(Source: Le Monde)