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lundi 5 décembre 2016

Une activité de recherche et critique sur l'art contemporain

Je suis en train de conclure un cours de formation en ligne pour enseignants intitulé la lecture et la recherche à l'ère du numérique, qui me contraint à publier ici un projet final d'activité pour mes élèves en rapport avec les contenus du cours.

Voici le canevas du projet...



MATIÈRE : Français

NIVEAU : Avancé 2 (École Officielle de Langues)

CADRE : En dehors des cours (travail autonome)

TEMPS pour sa présentation : 12 jours

CONTENU : L’Art contemporain et sa recherche de performances ou productions insolites.

ACTIVITÉS PRÉPARATOIRES déjà réalisées en classe :
—Échauffement oral par groupes de 3 (15-20 minutes) : comment vous construisez votre goût ? Est-ce vraiment votre goût ? Pensez à des exemples.
—Échange en grand groupe (20 minutes) sur la liberté ou la détermination du goût.
—Lecture et compréhension d’un texte à propos d’une passionnée d’art contemporain (30').
—Écoute et compréhension d’un enregistrement sur un artiste contemporain (30').
—Échantillon de textes, images, vidéos sur des artistes contemporains comme Abraham Poincheval, Damien Hirst, Milo Moiré,... (30')
  • Sont-ils des artistes, des provocateurs intelligents, des charlatans âpres au gain, des créateurs de spectacles... ? 
—Un artiste contemporain vient de mourir : présentation d’Ousmane Sow, sculpteur sénégalais. Info du Monde contenant une vidéo : « Portrait d’un grand homme ». (20')

OBJECTIFS du projet proposé :
RECHERCHE : Rechercher sur toute sorte de sources, notamment internet, des articles/critiques laudatifs, négatifs ou pondérés sur une performance concrète (ou les performances artistiques contemporaines en général) en vue d’y réfléchir à partir de contrastes.
PRÉSENTATION CRITIQUE ET RÉSUMÉ RIGOUREUX : En présenter et résumer deux comportant des positions contradictoires, soit l’un face à l’autre, soit à l’intérieur de chacun d’eux.
RÉDACTION PERSONNELLE : Compte tenu de cette antithèse, rédiger un essai personnel sur les tendances les plus visibles de l’art contemporain.

DÉVELOPPEMENT :
1.- Chercher sur internet (ou dans la presse écrite) des articles, critiques, comptes rendus, etc. sur l’art contemporain et/ou ses performances, galeries, salons, affaires, provocations insolites... Ils contiendront soit une vision positive ou bienveillante, soit une perspective négative, voire hostile, soit un point de vue pondéré, tentant de faire la part et des contempteurs et des enthousiastes de l’art contemporain.

2.-Cette recherche devra respecter les grandes lignes de ce contrat ad hoc et tiendra compte de certaines conclusions du rapport EVALUATING INFORMATION: THE CORNERSTONE OF CIVIC ONLINE REASONING, résultat d'une enquête de l'Université de Stanford menée de janvier 2015 à juin 2016 (relayée en français par Le Monde du 23/11/2016) qui conclut et prévient, entre autres :
« La capacité de raisonnement des jeunes sur l’information en ligne peut être résumée en un seul mot : désolante », peut-on lire dans l’introduction de cette étude, menée auprès de 7 804 élèves et étudiants, du collège à l’université, entre janvier 2015 et juin 2016. « Nos “digital natives” sont peut-être capables de passer de Facebook à Twitter tout en publiant un selfie sur Instagram et en envoyant un texto à un ami, mais quand il s’agit d’évaluer l’information qui transite par les réseaux sociaux ils sont facilement dupés. »
3.-À partir des recherches évoquées dans le point 1, confectionner deux ou trois petites collections pertinentes de critiques favorables et défavorables, ou éventuellement mixtes, à l'égard du marché de l’art contemporain. Pour leur présentation ultérieure, il faudra créer deux ou trois tableaux sur Pinterest où l'on enregistrera ses ressources ou contenus sous forme d'épingles.

4.-Sélectionner deux (ou trois) de ces productions. L’une de ces deux appréciations, au moins, doit être un article de presse, un billet de blog ou un texte de ce genre.
Quant à l’autre ou autres documents, on pourrait avoir recours à d’autres supports : vidéos, enregistrements audios (radio), vignettes, etc.

5.-Une fois choisi ces deux (ou trois) jugements, les présenter moyennant une brève introduction (70-90 mots) expliquant leur nature et contexte, et justifiant leur intérêt.

6.-Rédiger ensuite pour chacun un résumé de leur sens et de leurs atouts (60-70 mots). Ces résumés prouveront un correct repérage des informations et idées essentielles au détriment des secondaires.

7.-Rédiger finalement une synthèse personnelle montrant sa position à l’égard des aspects les plus visibles de l’art contemporain (200-230 mots).

ÉVALUATION :

Le professeur vérifiera que chaque apprenant présente :
1.-Deux ou trois collections de liens ou de documents sur l’art contemporain prouvant ses recherches dans des domaines variés. Chaque apprenant les transformera en épingles constituant deux ou trois tableaux enregistrés et affichés sur Pinterest, comme dans cet exemple.
2.-Une sélection de deux (ou trois) documents (cf. point 4 ci-dessus) adéquatement introduits en justifiant leur intérêt. Il ne faut pas oublier nom de l’auteur, titre, genre/nature, date et contexte de la production. Une introduction adéquate sur chaque épingle de Pinterest (500 caractères) pourrait suffire.
3.-Deux (ou trois) résumés des documents (60-70 mots) les rendant justice.
4.-Un essai de 200-230 mots montrant sa position personnelle à propos de l’art contemporain.
5.-La présentation des points 3 et 4 pourrait se faire sur un blog ou web personnel ou, éventuellement, en pièce jointe à un courriel. De même pour le point 2 au cas où l'on aurait besoin d'un peu plus de 500 caractères.
Le professeur vérifiera également la correction orthographique, lexicale et grammaticale, et la qualité de la construction textuelle et argumentative des productions écrites remises ou présentées.

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En guise d’exemples d’informations-réflexions actuelles sur l’art contemporain, en voici deux, en castillan et en français respectivement.

Le premier texte, que je reproduis grâce à l’aimable autorisation de son auteur, Joaquín Rábago, et bien entendu dans un but éducatif et non lucratif, a été publié par le quotidien Levante-El Mercantil Valenciano le 2/12/16.

Le second est disponible sur le site web de la chaîne de radio publique France Culture et c’est la transcription des 4 minutes d’émission radiophonique de la Revue de presse culturelle d'Antoine Guillot du 26 février 2014.

Levante-EMV » Opinión
Arte de triunfadores
Por Joaquín Rábago 02.12.2016 | 04:15

Cuenta el historiador y teórico alemán Wolfgang Ullrich una anécdota muy representativa de un tipo de arte que él califica de "arte de triunfadores para triunfadores".
El Museo de Arte Contemporáneo de Massachusetts encargó en 2007 un proyecto al suizo Christoph Büchel, cuya propensión a las grandes instalaciones es muy conocida.
Büchel quiso aprovechar al máximo la infraestructura de ese museo, dotado de grandes talleres, así como las posibilidades logísticas que ofrecía e ideó una obra consistente en una casa de dos pisos, un Boeing 727 incendiado, una vieja sala cinematográfica y un tiovivo con bombas.
Cuando se llevaban ya gastados más de 300.000 dólares en aquel megalómano proyecto, al director del museo le pareció que Büchel se había extralimitado, pero, en vez de renunciar al mismo, optó por presentar sus distintos elementos empaquetados y por separado en una de sus salas.
Indignado, el artista pidió el desmontaje de todo y exigió una indemnización. El asunto acabó ante un tribunal, que dio la razón al museo, y como reacción, Büchel declaró obras de arte las cartas recibidas de la dirección del museo documentando la polémica, cartas que intentó luego vender al precio de 45.000 dólares cada una. Es lo que llamaríamos arte conceptual.
A ese tipo de arte ha dedicado Ullrich su último libro (1), en el que repasa y analiza las estrategias seguidas por algunos artistas para realzar el valor de sus creaciones, destinadas hoy menos a museos que a particulares que no saben qué hacer con su dinero.
Se trata de artistas que atienden las necesidades de una riquísima clientela, que muchas veces no tiene el menor sentido ni conocimiento estético y para la cual el valor de una obra depende sobre todo del dinero que la gente de su condición esté dispuesta a pagar por ella.
Mientras que el precio de cualquier otra mercancía se rige por la ley de la oferta y la demanda, en el caso del arte del que habla Büchel, depende sobre todo de su capacidad de escandalizar al mundo por el precio pagado.
Ese tipo de obras hacen más "visible la riqueza" de quienes pueden permitírselas porque gastar tanto dinero en algo "cuyo valor es inseguro e inexplicable" para el común de los mortales tiene un fuerte "carácter de irracionalidad".
Que un yate cueste varios millones es algo que puede explicarse racionalmente, pero no que se pida la misma suma o incluso más por un cuadro del alemán Gerhard Richter acabado en una sola tarde "con un rascador y pinturas de vivos colores y de la que existen cientos de variantes", señala Ullrich.
Los artistas de los que habla el autor trabajan muchas veces pensando no en el museo, sino en el ambiente doméstico de un coleccionista privado y de hecho muchas de esas obras acaban en penthouses o en chalets cuando no en algún puerto franco de Suiza.
Son obras en muchos casos con un fuerte carácter decorativo – de hecho algunos de esos artistas han trabajado para casas de moda- y que pueden combinarse perfectamente con otros objetos de interior como muebles de diseño, lámpara o alfombras.
Y si el artista quiere pese a todo presumir de anticapitalista y rebelde, como tantas veces ocurre, tiene que hacerlo con ayuda de un aparato crítico, que algunos teóricos del arte o comisarios de exposiciones están más que dispuestos a aportar.
Muchos de esos artistas, como el británico Damien Hirst, el estadounidense Jeff Koons, o el japonés Takashi Murakami, tratan además de influir en la recepción de sus obras, determinando, por ejemplo, qué publicaciones pueden reproducirlas o exigiendo ver antes los textos que se les dedican. El libro de Wolfgang Ullrich ofrece varios ejemplos de tales exigencias, pues los lugares reservados para la reproducción en sus páginas de las obras de algunos de los artistas de los que habla – Jürgen Teller, Koons, Andreas Gursky o Thomas Ruff - aparecen en blanco con la nota de que se obtuvo la autorización correspondiente.

(1) „Siegerkunst. Neuer Adel, teure Kunst“ (“Arte de triunfadores. Nueva aristocracia, caro deseo"). Verlag Klaus Wagenbach, 2016.

_____________________
Tout doit disparaître (éloge de l'art éphémère)
Antoine Guillot, France Culture, 26.02.2014 (4 minutes)

“Jeff Koons, Takashi Murakami ou Damien Hirst, ceux qui « font » le marché ne l’intéressent pas. Ou plus… leurs ateliers usines situés aux Etats-Unis ou en Asie, pour se tenir au plus près des musées, des grands galeristes et des très riches collectionneurs qui les accueillent, les vendent ou les achètent, la laissent indifférente. L’ancienne directrice artistique de la Biennale de Sydney, en 2012, commissaire de celle de Moscou, en septembre 2013, et du pavillon australien à la Biennale de Venise, vous expliquera que l’art qui l’intéresse, elle ne le connaît pas, pas encore du moins. Il vient, il se fait dans la marge, aujourd’hui ou demain. S’il faut aller à Miami ou dans un musée pour voir des œuvres, ça n’est plus de l’art contemporain. Trop tard.” Ces positions sont celles de Catherine de Zegher, directrice depuis peu du Museum voor Schone Kunsten, ou MSK, le Musée des beaux-arts de Gand, en Belgique. Philippe Douroux a dressé son portrait dans Libération. “Les œuvres des artistes installés, des hommes dans 98% des cas, l’ennuient trop souvent, écrit-il. « Je ne vois là, la plupart du temps, rien que des produits à vendre », lâche-t-elle sans animosité, mais avec amusement. Elle cherche à mettre la lumière sur les invisibles, les femmes notamment. Quant aux galeristes, elle les évite : « Je ne vais pas les voir. Après, si un artiste que j’ai repéré est exposé dans une galerie, alors oui, je ne vais pas me détourner, je ne suis pas asociale non plus. » […] Ce qui l’intéresse ce sont les artistes invisibles : « 2% accaparent 98% de la masse d’argent générée par l’art contemporain et 98% des artistes se partagent les 2% qui restent. C’est ceux-là que je vais voir. »
En lire plus.

vendredi 25 novembre 2016

Contrat réglant une tâche de recherche

Je suis à présent un cours de formation en ligne pour enseignants intitulé la lecture et la recherche à l'ère du numérique, qui me contraint à concocter et publier sur mon blog un contrat de recherche sur le modèle de celui d'Una investigación de libro. Guía práctica para docentes (guide de référence en castillan pour les professeurs participants). Voici, donc, une...

Proposition de tâche autour d’une recherche
et contrat de responsabilité


MATIÈRE et NIVEAUX :

Français. NI2, NA1 ou NA2 des Écoles Officielles de Langues.

OBJECTIFS :

Présenter en français un sujet qui me motive devant la classe.
Pratiquer la recherche en français en ayant recours à des sources traditionnelles et aux énormes possibilités d’Internet.
Faire un exposé oral qui pourra s'appuyer sur toute sorte de supports.
Lancer et animer un débat

DÉVELOPPEMENT :

—Choix d’un sujet qui vous semble intéressant et sur lequel vous avez une certaine compétence, voire considérable. Si chaque apprenant propose un sujet de sa spécialité, il se sentira bien mieux à l’heure de l’aborder en français et le groupe bénéficiera à la fin de l’année d’une expérience très variée en contenus, informations et champs sémantiques.

—Préparation, donc recherche : ressources propres, encyclopédies, bibliothèques et médiathèques physiques (municipales, universitaires, instituts culturels des ambassades), presse écrite, internet (dictionnaires, encyclopédies et bibliothèques numériques, presse et médias en ligne, radios, télévisions, blogs de qualité, sites des organisations de terrain, plateformes non conventionnelles...)…

—Exposé de mon sujet à l’aide de supports classiques (voix, tableau, photocopies si nécessaire...) et numériques, en fonction des possibilités ou besoins : projection d’articles, photos, diapositives, infographies, vidéos... ; écoute d’audios, chansons, extraits d’émissions radiophoniques...

—Animation d’un débat à ce sujet, ce qui comporte la préparation de bonnes questions là-dessus.

CONTRAT SIMPLIFIÉ DE RECHERCHE (INFOGRAPHIE), appliqué à cette tâche



CONTRAT LÉGÈREMENT DÉTAILLÉ DE RECHERCHE :

—Je choisirai un sujet de mon intérêt ou de ma spécialité. J’aurai ainsi la possibilité d’initier mes camarades en telle ou telle matière ou parcelle du savoir ou de l’actualité. Je réfléchirai à l’approche qui me conviendrait le plus, à partir de quoi je tracerai un plan qui déterminera ma quête d’informations pertinentes et la manière de les illustrer, le cas échéant.

—Je me demanderai où chercher la meilleure information, je me poserai des questions sur la fiabilité ou les intérêts de mes différentes sources. Je penserai aussi à mon public et ses compétences théoriques. Je glanerai des contenus essentiels et des matériaux utiles à la présentation et démonstration desdits contenus.

—Je compilerai de manière ordonnée et claire toutes les sources et références recueillies/utilisées pour pouvoir les citer honnêtement et décemment. En cas de publication écrite de mon projet, j’aurai recours soit à des formats de citation, soit à des notes ou à une bibliographie-sitographie finale, soit aux guillemets, italiques ou liens hypertextes qui me permettront de rendre justice à mes sources. À l’heure de mon exposé, donc à l’oral, je remplacerai les guillemets par les expressions « début de citation », « fin de citation ».

—Je préparerai un bon schéma ou scénario pour mon exposé. Je distribuerai et connecterai les contenus de mon intervention. Je n’oublierai aucun maillon fondamental de mon ensemble. Je ne négligerai pas les bons exemples pouvant illustrer mon argumentation.

—Lors de mon exposé, l’idée n’étant pas de tout écrire, j’essaierai de parler le plus naturellement possible devant un public que je tenterai de regarder dans les yeux.

J’accepte les conditions de recherche et d’exposé énoncées ci-dessus et veillerai à les respecter

À ….………….., le...... .................... 20....




Signé : la chercheuse, le chercheur.
       

mercredi 16 novembre 2016

7 clés pour affiner son regard de lecteur (1)

Ce billet est un peu particulier et je me réserve la probabilité de lui ajouter une suite.

Un cours de formation pour professeurs —portant sur la lecture et la recherche à l'ère du numérique— me contraint à publier sur mon blog 7 clés pour affiner ou aiguiser son regard de lecteur. 7 comme les 7 péchés capitaux, les 7 couleurs de l'arc-en-ciel... ou les 7 messagers qui avaient 7 fléaux, les derniers qui iraient s'abattre sur la terre, car en eux s'accompli[rait] la fureur de Dieu, selon un livre (Dévoilement de Jésus Christ, Apocalypse de Jean, 15, 1-8. Dans mon édition de Bayard, la traduction est due à Jacques Brault et Jean-Pierre Prévost).
Ou un conseil de lecture par jour de la semaine... En fait, il s'agirait de créer un guide ou manifeste destiné à aider mes élèves à mieux choisir leurs lectures. Et j'accorde très volontiers qu'il faut essayer de fortifier leur perspicacité dans la jungle du consumérisme multisupports et ultratechnicisé qui nous accable.

La consigne de la tâche comporte encore deux exigences. Premièrement, il faut poser à nos élèves des questions genre quels sont vos critères à l'heure de choisir un livre, sur quoi vous jetez les yeux ou fixez votre attention quand vous en cherchez un, pourquoi vous vous intéressez à un sujet plutôt qu'à un autre, voire en quoi la couverture ou le maquettage sont dans votre choix pour quelque chose... Deuxièmement, nous devons afficher le manifeste en question sur notre blog en ayant recours à la présentation multimédia qui nous semblerait la plus adéquate. Dommage car, aux yeux de Candide, rien n'est plus adéquat à l'heure de lire qu'un texte bien écrit et sans coquilles —de la même manière que rien ne serait plus nuisible qu'une présentation hygh tech et hyper tendance, quelle qu'elle soit ; comme si un bon texte ne pouvait pas suffire.

Comme il y a en plus une contrainte temporelle, je livre cette enquête pour ainsi dire en chantier (à suivre). J'insère d'abord (1) les 7 clés que m'ont fournies (en castillan) un groupe d'élèves de Nivel Avanzado 2 de Français. Puis (2) ma contribution. Enfin (3), des extraits de Chamfort et de Michel Rio* sur les livres qui prêtent à réflexion.


*Ronde nuit (Éd. Sabine Wespieser, octobre 2016, 120 p.) est son dernier ouvrage.
____________________________________

(1) Merci beaucoup à Ángeles de la Horra, Juanma Villanueva, Christian Simón Torrico et Rubén Rubio pour leurs contributions empressées que j'insère ci-dessous dans une présentation peu chronophage [sur une plateforme anglo-saxonne débitant des bourdes genre A book really is judged by its cover, Craft a cover slide that people can't resist clicking on, Make sure your title (...) sells your content, Visual is viral, etc., et qui se croit capable de convaincre tout le monde d'être "viral" —ou d'increase sa virality— en même temps grâce à ses suggestions en la matière. Ils fabriquent fièrement un beau programme d'illettrisme : Images are processed by the brain 60,000x faster than text, and get shared more on social media, assènent-ils innocemment]. Merci aussi à ceux qui envoient encore leurs contributions : ne vous inquiétez pas, il va y avoir une suite, minimum, à ce billet



(2) L'ère Gutenberg avait ses traditions en matière livres/lecture qui sont encore là. D'autre part, depuis environ deux décennies et demie, nous vivons une véritable révolution dans le domaine technologique qui est la source de considérables mutations anthropologiques, sociales, professionnelles... : prolifération des supports de l'écrit et de ses canaux commerciaux ou altruistes, activité des auteurs, des maisons d'édition et des média, transformation des activités des amateurs, des habitudes de lecture, développement de l'autoédition...
Cette superposition diachronique dans la synchronie, si j'ose dire, et l’engouement très répandu pour les gadgets technologiques, les réseaux sociaux et les tendances à la coule, doublé de la compulsion, l’absence de répit et de substance, et la culture de l’infantilisme qui s'ensuivent de manière générale, m’incitent à lâcher ici des régurgitations de mon cru sans autre forme de procès :


Astuces préliminaires suggérées par le prof à la hâte

—Ce qui s’annonce dans les grands média, quel que soit son support, tu n’achèteras jamais

—Soumets à un contrôle particulièrement sévère tous les produits de la modernité, notamment ceux conçus en anglais. Le snobisme favorise le strabisme et la mission de la langue impériale est de s'aimer et de semer la soumission.

—Apprends/vis plusieurs langues pour décatégoriser ton esprit. Tu éviteras de surcroît les traductions, trop souvent hâtives, mal payées, voire directement des trahisons minables. Si tu achètes une traduction, rappelle-toi que toutes les éditions ne se valent pas.

—Méfie-toi des réseaux sociaux qui, comme les faits divers, font diversion (Bourdieu dixit), pompent le temps et laminent la concentration : ils sont fort difficilement compatibles avec la vraie lecture.

—Méfie-toi des présentations « innovantes et créatives » découlant des TIC comme de la peste. Sous couvert de créativité, on nous file du vide, du crétinisme et du bourrage de crâne. Le sens se passe de fioritures chronophages et de spectacles (ersatz de sens).

—De la même façon qu'il faut éviter de se gaver de malbouffe, esquive les bouquins dont les conditions de production et de distribution nuisent à la qualité et à la sécurité du ravitaillement cérébral.

—Un critère ne s'improvise pas. Il faut piocher et réfléchir sans désemparer. Le prestige n'est pas un critère -ni le prestige du prestige. Chamfort disait que les succès produisent les succès, comme l'argent produit l'argent (Ch. 450). Bonne nouvelle : les bonnes lectures appellent les bonnes lectures.


(3) Voici la transcription d'extraits de deux écrivains que j'ai beaucoup lus ; l'un, déjà cité, appartient à une époque révolue (Chamfort), l'autre aux temps actuels (Michel Rio, dont les pages ne sont surtout pas à la page). Bien que ces citations précèdent le triomphe d'Internet et des nouvelles technologies de cette ère numérique, je les trouve toujours pleines de brio.

Chamfort (1741-94) sur les livres dans Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes (Garnier-Flammarion, Paris, 1968)

—Ce serait une chose curieuse qu'un livre qui indiquerait toutes les idées corruptrices de l'esprit humain, de la société, de la morale, et qui se trouvent développées ou supposées dans les écrits les plus célèbres, dans les auteurs les plus consacrés ; les idées qui propagent la superstition religieuse, les mauvaises maximes politiques, le despotisme, la vanité de rang, les préjugés populaires de toute espèce. On verrait que presque tous les livres sont des corrupteurs, que les meilleurs font presque autant de mal que de bien. (Chamfort : Maximes Générales, 3)

—Veut-on avoir la preuve de la parfaite inutilité de tous livres de morale, de sermons, etc., il n'y a qu'à jeter les yeux sur le préjugé de la noblesse héréditaire. Y a-t-il un travers contre lequel les philosophes, les orateurs, les poètes, aient lancé plus de traits satyriques, qui ait plus exercé les esprits de toute espèce, qui ait fait naître plus de sarcasmes ? Cela a-t-il fait tomber les présentations, la fantasie de monter dans les carrosses ? Cela a-t-il fait supprimer la place de Chérin ? (Chamfort : Maximes Générales, 15)

—La plupart des livres d'à présent ont l'air d'avoir été faits en un jour avec des livres lus de la veille. (Chamfort : Maximes, Chapitre VII, 425)

—Ce qu'on sait le mieux, c'est : 1º ce qu'on a deviné ; 2º ce qu'on a appris par l'expérience des hommes et des choses ; 3º ce qu'on a appris, non dans les livres, mais par les livres, c'est-à-dire par les réflexions qu'ils font faire ; 4º ce qu'on a appris dans les livres ou avec des maîtres. (Chamfort : Maximes, Chapitre VII, 448)

—On a fait des livres sur les intérêts des princes ; on parle d'étudier les intérêts des princes : quelqu'un a-t-il jamais parlé d'étudier les intérêts des peuples ?  (Chamfort : Maximes, Chapitre VIII, 485)

—Il y a des gens qui mettent leurs livres dans leur bibliothèque, mais M... met sa bibliothèque dans ses livres. (Dit d'un faiseur de livres faits.)  (Chamfort : Maximes, Appendice I, 537)

 —On condamna en même temps le livre De l'esprit et le poème de La Pucelle. Ils furent tous les deux défendus en Suisse. Un magistrat de Berne, après une grande recherche de ces deux ouvrages, écrivit au Sénat : « Nous n'avons trouvé dans tout le canton ni Esprit ni Pucelle. »  (Chamfort : Maximes, Appendice I, 1158)


Michel Rio : extraits d'un entretien avec Le Monde des Livres
—(...) La fiction, et tout spécialement le roman, m’apparaît comme un lieu de liberté absolue. Le seul où rien n’oblige à opérer des segmentations disciplinaires de l’esprit, le seul où on puisse mélanger justement savoir et imaginaire, logique et irrationnel, intelligence abstraite et chair, aventures de la pensée et péripéties du corps, philosophie et «galipettes», pour reprendre le terme de la citation, et aussi individu privé et homme universel. Cela se traduit évidemment dans l’écriture par un mélange proportionnel des tons. C’est une liberté à laquelle ne peuvent prétendre ni le simple divertissement, ni l’essai scientifique, ni la littérature considérée sous le seul angle de l’art, de l’esthétique pure, précisément de cette métaphore qui réclame sottement d’exister par elle-même et pour elle-même.
» Je m’étonne qu’on profite actuellement aussi peu de cette liberté radicale. Je soupçonne que limiter une telle liberté par des pseudo lois des genres est une commodité opportune pour masquer l’indigence des auteurs ou les nécessités du commerce. En tout cas, c’est cette liberté de sens et de ton, de pensée et d’écriture, qui m’a attiré vers la fiction, tout spécialement le roman, dans la mesure où, au contraire de ce que prétend le personnage provocateur que vous citiez, elle ne m’oblige pas, précisément, à trancher entre savoir et imaginaire. Cette relation dialectique est son seul lien avec ses origines, avec «cet effroi qui l’a fait naître», lorsqu’elle s’efforçait d’expliquer le monde dans son ensemble. Brisez ce lien, et effectivement il ne reste plus que la «criarde métaphore» qui continue à fonctionner dans le vide, on ne voit pas bien dans quel but.
—Dans Rêve de logique , vous dites que la littérature «hésite entre deux cloaques, la chapelle et les variétés». Qu’entendez-vous par «chapelle»? Est-ce que c’est justement cette culture de la métaphore pour elle-même, c’est-à-dire d’une forme vide, dont vous parliez?
—À peu près. C’est ce qui est défini dès Mélancolie Nord, mon premier roman, comme «la fascination de la littérature devant son propre signifiant, l’écriture», ou ailleurs dans Rêve de logique comme «la quête forcenée de l’institution de codes». Laboratoires d’esthétique maquillés en laboratoires de la pensée, d’où sortent ces petites révolutions normatives qui plaisent tant à la critique et à l’histoire littéraires.
—Lorsque vous dites préférer l’ouvrage scientifique à la littérature de chapelle, vous choisissez votre laboratoire?

—Oui. Parce que, des deux laboratoires, seul le scientifique se préoccupe véritablement d’élucidation, ce qui est à mon avis aussi le rôle de la littérature, d’une manière subjective, mais sans limitation de son objet. Cela a été son rôle depuis le début, et ça l’est encore, malgré les dépossessions apparentes que lui ont causées les disciplines. Elle est toujours le lieu de rencontre parfait de tout ce qui constitue l’homme. L’homme concevant et l’homme imaginant, le logicien et le rêveur.
» En fait, je vais chercher le sens où il se trouve, et je le trouve davantage à l’officine qu’à la chapelle. Je disais récemment, dans une université américaine, devant un auditoire d’étudiants et de professeurs de lettres, qu’à mon sens la plus grande révolution littéraire du siècle ne se trouvait pas chez Proust, Kafka ou Joyce, ni dans le dadaïsme, le surréalisme ou le nouveau roman, mais dans la relativité d’Einstein, les relations d’incertitude de Heisenberg ou la conception de la matière comme sujet soumis à l’histoire par l’hypothèse du big-bang. Il y a eu dans la salle un certain flottement. Et cependant toute altération de la position physique de l’homme dans l’univers doit correspondre à une altération de sa position intellectuelle et affective, donc du discours littéraire qui est le calcul de toutes ces coordonnées. C’était un exemple limite, mais je le crois vrai.
—Vous avez pris là l’exemple de la physique. Un personnage d’Archipel définit «la trinité qui fonde notre vision du monde» en ajoutant à la physique la biologie et l’histoire.
—Oui, ce sont à mes yeux les trois sources principales du sens pour le logicien dans son incessante discussion avec le rêveur. (...)
—Cependant, pour en revenir à l’écriture, ou à la métaphore, ou au style, vous posez la poétique, dans Rêve de logique, comme un des trois fondements nécessaires de la littérature, avec cette vision du monde informée dont vous venez de parler, et l’action que vous appelez aussi «les tribulations du héros». Vous faites même de la poétique la seule spécialité de l’écrivain. Est-ce que cela ne tend pas à placer l’écriture au centre de l’exercice littéraire et à justifier le débat esthétique?
—Un écrivain, par opposition à un auteur, se définit surtout par une écriture identifiable, une idiosyncrasie faite de l’utilisation particulière du lexique, de la syntaxe et de la musique d’une langue naturelle. C’est évidemment la chose la plus rare, la plus difficile à acquérir. Mais bien que cette poétique personnelle soit le fondement même de la littérature, elle entre pour moi dans une hiérarchisation et doit être l’esclave du sens, une sorte d’esclave impératif ou dictatorial, mais un esclave. Ce n’est pas seulement une source de plaisir, mais aussi, sur le plan sémantique, un considérable accroissement de l’effet persuasif. Une simple phrase d’écrivain, n’importe laquelle, doit s’adresser à la fois à l’intelligence et à l’oreille interne. Disons que c’est lorsque le sens le plus dense trouve sa musicalité la plus achevée que la phrase tient debout, d’un point de vue littéraire, quel que soit le système des règles de composition choisi par l’individu. En somme, la poétique est le caractère propre de la littérature, mais pas son objet, qui est l’élucidation. (...)
—En ce qui concerne l’action, donc «les tribulations du héros» ou ses «galipettes», on a souvent dit que vous écriviez des romans d’aventures, ou que vous investissiez le genre aventureux (mer, exploration et même roman noir) pour mieux arriver à vos fins. Qu’en pensez-vous?
—À ce compte-là, on peut ranger dans le roman d’aventures une bonne part de l’œuvre de Rabelais, Don Quichotte, Candide, Jacques le Fataliste, les Travailleurs de la mer, presque tout Edgar Poe, Salammbô, Moby Dick ou l’œuvre entière de Conrad. Ce dernier a d’ailleurs déclaré à la fin de sa vie qu’il avait été mal compris : on l’avait fiché comme un écrivain de la mer et de l’aventure, de l’exotisme, alors qu’il était un écrivain de l’idéalité.
»Je récuse cette classification empirique, cette stylistique approximative. C’est un instrument illusoire, improbable, qui est trop souvent une commodité destinée à pallier la paresse ou l’ignorance, et qui catalogue un livre a priori, donne une fausse clef de lecture, ou permet tout simplement de gloser sans se donner la peine de regarder ce qui est véritablement écrit. (...)
—Puisque vous faites allusion aux médias, venons-en à votre position vis-à-vis d’eux, et plus généralement du social. Faut-il ne jamais apparaître médiatiquement, comme vous ? Votre attitude a-t-elle des limites, comme cet entretien ? Ou alors faut-il aller n’importe où ? Mais cela a aussi des limites. Y a-t-il une « gestion » possible de ses apparitions ?
—Depuis le début, j’ai une règle très simple et absolument rigide vis-à-vis de l’audiovisuel. J’exige d’être invité seul, parce que je crois à l’individualité, à la solitude de l’imaginaire au contraire du savoir, et que cette solitude me garantit une conversation, et non un spectacle où des auteurs manipulés par la machine médiatique, stimulés par la « concurrence », se livrent à une pantomime humiliante faite de minaudages et de coups d’éclat, d’échanges de gracieusetés et d’invectives, et bonimentent comme des maquignons à la foire. C’est un show, et on attend de vous que vous soyez « bon » ou encore mieux, ridicule. Ensuite, j’exige de parler du texte, à la rigueur plus généralement de littérature, et de rien d’autre. Enfin, je demande un temps de parole minimum d’une demi-heure pour être sûr qu’il s’agit bien de dire et non de paraître.
»Évidemment, ces trois conditions m’interdisent la plupart des manifestations de la radio et toutes celles de la télévision. Je n’ai pas de haine viscérale, comme on l’a parfois dit. Mais les médias ont acquis une sorte de pouvoir totalitaire, et grand-mère, Dieu la bénisse, m’a enfoncé dans le crâne lorsque j’étais enfant ce principe assez breton : «Ne courbe la tête devant aucun pouvoir, surtout si c’est ton intérêt.»
»J’ai une règle garantissant à peu près le sens et la dignité. Je n’ai jamais cédé et je ne céderai jamais. Je n’ai pas de réserve vis-à-vis des entretiens de la presse écrite, si je ne suis pas allergique à son idéologie, ni vis-à-vis des invitations par les organismes d’enseignement. Simplement j’espace mes interventions parce que j’ai horreur de me répéter, et il me faut le temps soit de trouver un nouveau développement, soit d’oublier ce que j’ai déjà dit. Dans le même ordre d’idées, je ne fais jamais de service de presse ni de séance de signatures, parce que je trouve cela dénué de sens.
»Quant à aller n’importe où, je ne peux même pas imaginer ce que ça représente, même si j’ai une vague idée de ce que ça signifie. À mes yeux, la défense tous azimuts de la littérature n’est qu’une hypocrisie jésuitique. C’est une confusion commode entre l’art et le moi. Le fait est qu’on va se vendre, ou essayer, à tout prix. Je n’ai rien contre la prostitution franche et joyeuse, mais elle me répugne un peu lorsqu’elle se pare d’une vertu militante. En tout cas, je n’ai pas la vocation. (...)

[Il y a] une guerre mondiale entre la littérature et le livre, j’entends par «livre» la variété massive imprimée s’inspirant du divertissement universel de l’image. En somme, une guerre entre le sens et l’argent, le succès. Le second attire évidemment de plus en plus d’auteurs, le premier de moins en moins d’écrivains. Ce qui est pénible, c’est l’amalgame. Le livre devient l’étouffoir de la littérature. C’est d’une drôlerie sinistre. Il faudrait faire un peu de ménage, et appeler un chat un chat.

(Michel Rio, Le Monde des Livres, 1993, propos recueillis par Josyane Savigneau)
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Suite : Clés pour affiner son regard de lecteur/lectrice (2)

samedi 17 octobre 2015

Langues enseignées en Europe, selon Eurostat

« Donner à des millions d’hommes la connaissance de l’anglais, 
c’est comme les réduire en esclavage. » (Gandhi, 1908)



À l’occasion de la Journée européenne des langues —qui a lieu chaque année le 26 septembre à l'initiative du Conseil de l'Europe—, Eurostat, l’Office statistique de l’Union européenne, publie des données sur l’apprentissage des langues étrangères dans les écoles de grand nombre de pays de notre continent. Une infographie est également disponible sur le site web de l'Office.

Selon le communiqué de presse d'Eurostat de cette année, en 2013, 17,7 millions d'élèves de l'enseignement primaire (soit 81,7 % de l'ensemble des élèves de ce niveau) dans l'Union européenne étudiaient au moins une langue étrangère, dont 1 million (4,6 %) apprenaient deux langues étrangères ou plus.
Vous n'allez pas me croire, mais selon ce rapport, "la prépondérance de l'anglais se confirme", voire "l'anglais domine nettement", et dans le primaire et dans le secondaire, conclusion qui vous laisse, j'en suis persuadé, époustouflés et bouche bée. C'est pour cela que nous avons besoin de rapports, et de rapports annuels pondus après de longues études, sans quoi nous ne saurions guère de quoi il retourne, y compris dans ce meilleur des mondes de la mondialisation la plus heureuse où les événements se succèdent comme par hasard et en toute liberté.

C'est ainsi qu'à l'échelle de l'enseignement primaire, l'anglais, étudié par 16,7 millions d'élèves, était de loin, très loin, la langue "la plus populaire" (sic). La seule obligatoire (légalement ou de fait), risque-t-on de supputer ? Enfin, de quoi réfléchir peut-être à la popularité des contraintes ou à l'expressivité de l'actinomycose (1).
Quant au français, il arrivait en deuxième position... loin, très loin derrière.
Puis...
La prépondérance de l’anglais se confirme dans le premier cycle de l’enseignement secondaire (élèves âgés de 11 à 15 ans environ en fonction du système éducatif national), avec 17,1 millions d’élèves dans l’UE apprenant l’anglais en tant que langue étrangère (95,6% de tous les élèves de ce niveau) en 2013. Le français (4,9 millions, soit 27,4%) arrivait en deuxième position, suivi par l’allemand (2,9 millions, soit 16,3%), l’espagnol (2,1 millions, soit 11,6%), le russe (0,5 million, soit 2,7%) et l’italien (0,2 million, soit 1,0%).
Par ailleurs, ce communiqué de presse nous rappelle :
Actuellement, 24 langues officielles sont reconnues au sein de l’UE. En parallèle existent des langues régionales, des langues minoritaires et des langues parlées par les populations migrantes. Il convient également de noter que plusieurs États membres de l’UE comptent plus d’une langue officielle.
Un proche, qui n'avait pas vu par exemple l'infographie évoquée plus haut, commentait goguenard qu'il n'y avait pas de données sur les Îles Britanniques. En fait, on vérifie que le taux d'élèves de l'enseignement secondaire supérieur britannique (à partir de 15-16 ans, normalement) qui n'apprennent aucune langue étrangère est de... 52%. En tout cas, la presse anglaise aborde le sujet de temps à autre...
UK pupils 'worst in Europe for learning foreign languages'
The UK is the worst nation in Europe for the teaching of foreign languages following a dramatic collapse in the subject under Labour.


(The Telegraph, le 30 août 2011)
Deux ans plus tard (15/02/2013), The Telegraph persiste et signe :
English teenagers 'worst in Europe' at languages
British teenagers are trapped in a "vicious circle of monolingualism", a report warned yesterday as figures showed English youngsters are among the worst in Europe at foreign languages.
Concernant d'autres journaux, The Daily Mail remarquait également l'année dernière l'état pitoyable de l'apprentissage des langues étrangères en Angleterre et ses retombées sur l'économie de la Grande-Bretagne (dommage, ce quotidien n'avait pas considéré utile de comparer les chiffres de ces répercussions et des revenus découlant de l'industrie de l'enseignement de l'anglais au Royaume-Uni, tous ses secteurs confondus : droits d'inscription, transport, hébergement, nourriture, activités touristiques, souvenirs, marché de l'édition...) :
English youths 'Europe’s worst at languages’: Just 9% of pupils have basic mastery of French compared with 42% elsewhere
  • UK is missing out on almost £50billion-a-year in lost contracts because of poor language skills among the workforce 
  • English 15-year-olds came bottom of a table of 14 countries for competence in the main language taught in schools
  • Forty-four universities had scrapped language degrees since 2000.
The Guardian s'en souciait aussi (21/06/2014) :
Learning languages is key to UK's success in the global economy
Sponsored feature: The under-resourced teaching of foreign languages in the UK must improve if Britain is to compete in the global economy, a Guardian roundtable foun.
Dix mois avant, en août 2013, The Guardian nous prévenait : 40% des départements universitaires des îles risquaient de fermer à court terme (10 ans) et, de toute façon, le nombre d'universités proposant des études en langues modernes avait chuté de 40% depuis 2000...
Language teaching crisis as 40% of university departments face closure
Number of universities offering modern languages degrees plunges from 105 in 2000 to 62 at start of this academic year
Néanmoins, en matière de prééminence en cancritude linguistique, le débat existe car certaines sources soutiennent que le pays le plus réticent à apprendre des langues étrangères, donc le plus inébranlable à l'heure de préserver une nature foncièrement unilingue, serait plutôt... l'Irlande.

Oui, je sais, ce sujet est extrêmement important et mérite une analyse beaucoup plus détaillée, mais ce billet ne tient qu'à le présenter d'une manière non spécialisée et non exhaustive dans le but d'inviter tout le monde à y réfléchir. Bref, n'ayons pas la langue liée et posons deux questions (rhétoriques) en guise de conclusion, pour l'instant :

1) Quelle est la langue étrangère dont l'étude est tellement prépondérant qu'elle est en train de marginaliser toutes les autres, y compris les langues natives dans les plans de l'enseignement obligatoire de pays petit à petit gibraltarisés comme l'Espagne ? (cf. Esperanza Aguirre qui ne veut pas qu'on apprenne l'anglais, mais EN anglais).

2)  Quels sont les pays de l'Europe et de la planète [cf. son pays guide (2)] où l'on marginalise de plus en plus l'enseignement et l'apprentissage des langues étrangères ?

Je me souviens d'une conférence qui résumait ces deux aspects... Ou d'un ouvrage incluant quelques dizaines de pages très documentées et intelligentes à cet égard (Enrique Bernárdez : El lenguaje como cultura, Alianza, 2008)

Bien entendu, si l'on veut tout dire, il faudrait évoquer aussi les ravages subis par l'anglais en raison de sa position dominante de langue impériale et obligatoire. À ce propos, en septembre 2013, Jeremy Gardner publiait un essai intitulé Misused English Words and Expressions in EU Publications qui prête également à réflexion. Son introduction commençait comme cela :
Over the years, the European institutions have developed a vocabulary that differs from that of any recognised form of English. It includes words that do not exist or are relatively unknown to native English speakers outside the EU institutions and often even to standard spellcheckers/grammar checkers (‘planification’, ‘to precise’ or ‘telematics’ for example) and words that are used with a meaning, often derived from other languages, that is not usually found in English dictionaries (‘coherent’ being a case in point). (...)

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(1)  Langue de bois : gonflement, durcissement de la langue et ulcération superficielle des bovins atteints d'actinomycose et d'actinobacillose.

(2)  « Plusieurs États américains ont déjà pris ou s'apprêtent à prendre des mesures permettant aux étudiants d'apprendre le langage informatique plutôt que le français, l'espagnol, l'allemand ou le japonais... » (Source : Le Figaro, le 05/04/2015)

vendredi 28 février 2014

Berk

Nomen omen encore ? Le nom aurait pue tout déterminer ????
Cette semaine, la presse nous a appris que le commissariat de Berck, dans le Pas-de-Calais, a été évacué mardi 25 février et "restera fermé jusqu'à nouvel ordre". Quoi, donc ? Les condés sont jetés ?

Pas vraiment : "en cause, une odeur pestilentielle non identifiée qui empoisonne la vie des policiers". Le Monde ajoutait : "Deux représentants de la loi sont en arrêt de travail".

Alors... les flics se sentent mauvais ? Ils sentent leur force ? Les poulets cons-sentent le renard dans le poulailler ? Ce sont eux qu'on... qu'on sent ? La sûreté a du surpouah ? Sous quel pouah est-elle courbée ? Il n'y a personne en fragrant délit ? Les cognes cognent ? Leur nausée abonde ? Ça fouette dans les serfs veaux ? C'est la faute à un bouquet misère ? C'est une renifle à Roms, à tics ? Et ma nation ? Autant de questions qui nous travaillent. Au point de ne plus sentir nos jambes...

vendredi 15 novembre 2013

Centenaire de "Du côté de chez Swann", sur INA.fr

A l'occasion du centenaire de la sortie de Du côté de chez Swann (publié par Grasset à compte d'auteur le 14 novembre 1913), INA.fr vous propose une série d’archives sur Marcel Proust et son œuvre. Au menu :

Marcel Proust, une vie, une œuvre

 Marcel Proust disparaissait le 18 novembre 1922. L’auteur d’A la recherche du temps perdu appartient aujourd’hui au Panthéon de la littérature française. La rédaction d’Ina.fr vous propose plusieurs témoignages et documentaires sur l’écrivain :
- Jean Cocteau nous livre plusieurs anecdotes sur Marcel Proust. Le cinéaste se remémore devant la caméra ses entrevues avec l’auteur dans son appartement du boulevard Haussmann à Paris. C’est là que, malade, l’écrivain vivait reclus jusqu’à la fin de sa vie. Cocteau évoque « un aquarium glauque » pour parler de la chambre de Proust. Il nous confie également une étonnante histoire : l’écrivain qui n’aimait pas le bruit payait très cher des ouvriers pour ne pas qu’ils travaillent à la rénovation de l’appartement situé au-dessus du sien.
- C’est dans cet appartement que l’écrivain se confie à Céleste Albaret, sa gouvernante qui l’a accompagné jusqu’à la fin de sa vie. Marcel Proust souffre d’asthme depuis son enfance et une mauvaise bronchite l’affaiblit de plus de plus. La domestique raconte avec émotion l’état de fatigue de l’écrivain, ses peurs et ses craintes avant de décéder.
- Nombreux sont les lecteurs à souligner la modernité de l’oeuvre de Proust.  Plusieurs grands noms du cinéma français comme Simone Signoret affirment avoir été émerveillés par les romans de l’écrivain et séduit par son style. Pour Michel Audiard, « Swann est un des plus beaux personnages de la littérature française ».
- Marcel Plantevignes, auteur de « Avec Marcel Proust : Causeries - souvenirs sur Cabourg et le boulevard Haussmann », affirme que le romancier n’avait pas une très bonne opinion de lui-même. Ecoutez-le expliquer comment il a trouvé et « offert » le titre du roman « A l’ombre des jeunes filles en fleur » à Proust.
- Issu d’une riche famille parisienne, Marcel Proust fréquente très tôt la jeunesse dorée et les milieux mondains de la capitale. Cette société parisienne aisée est omniprésente dans son œuvre qui nous apprend beaucoup sur l’histoire sociale du début du XXème siècle comme le montre ce documentaire sur la société française à l’époque de Marcel Proust.
- Partez enfin sur les lieux qui ont inspiré l’écrivain : Cabourg sous la pluie, la maison de tante Léonie à Illiers-Combray, Venise.

Hommage à Marcel Proust avec Ina.fr

Juste pour rire : l'adolescent Marcel découvrit un jour un jeu anglais qui l'amusa beaucoup. Mot préféré, juron favori, drogue chouchoute ? Ce test est désormais... le questionnaire de Proust. Bernard Pivot décida de s'en approprier pour rigoler un peu avec ses invités de Bouillon de Culture. Suivez le lien.

mercredi 5 juin 2013

Quelques mots français d'origine arabe

Sous sa rubrique Jouer *, francetvéducation vient de mettre en ligne un jeu pour déceler quelques uns des nombreux mots français d'origine arabe, comme "narcisse" ou "artichaut". C'est également une manière de commencer à se familiariser avec l'alphabet arabe.
Cliquez sur le lien ci-dessus si le sujet vous intéresse ; il vous permettra par ailleurs d'accéder à d'autres activités, dossiers, vidéos, diaporamas, "serious games", web documentaires, cartes interactives et autres quiz à caractère instructif.
Je vous rappelle que France TV Éducation est une plateforme de France Télévisions, lancée en novembre 2012 et destinée à l'ensemble de la communauté éducative, dont je vous ai déjà parlé ici.


* Il y en a d'autres :

Apprendre
 S'orienter,
 Décrypter,
 Accompagner
et Enseigner avec lesite.tv (Un espace bourré de vidéos pour les différents niveaux de l'enseignement en France)

mercredi 13 février 2013

Apprendre la géographie française en ligne

L'IGN est l'Institut national de l'Information Géographique et Forestière. Il dispose d'un service Éducation sur internet destiné notamment aux élèves des trois cycles de base de l'enseignement français (école, collège et lycée).
L'IGN a inventé P'tit Géo, un jeu en ligne, accessible sur son site, qui vous aide à apprendre la géographie française (villes, départements, régions, DOM-TOM) en vous amusant. En voici la présentation :

Avec le jeu interactif P'tit Géo, partez à la découverte des régions françaises, des départements et des villes. 
Des puzzles et des questions pour devenir incollables en géographie !
A vous de jouer !
P'tit Géo




















NOTE du 15/02/2013
Sheila m'envoie un bon tuyau à ce propos (Merci, Sheila !). Je vous le colle :
Bonjour Alberto,

j'ai trouvé un autre site pour apprendre les régions, les départements et les continents du monde. Peut-être qu'il pourrait être utile à d'autres élèves.
Le voici :
Jeux variés géo (France, Europe, Afrique, Monde, Mers, Sommets et Fleuves, Océanie, Canada et États-Unis, Reste d'Amérique, Asie)
9 Jeux géo sur la France
6 Jeux géo sur l'Espagne.

 À bientôt !

jeudi 12 avril 2012

Repas et boissons. Lexique de base en français

Dans des conditions de vie normale, pour un adulte en bonne santé, les besoins hydriques sont estimés à environ 2,5 litres par jour. Ils sont apportés tout à la fois par la boisson et les aliments qui contiennent de l’eau.
En quelques minutes, vous allez évaluer le volume d’eau contenu dans vos repas pendant 24 heures. Vous pourrez savoir si vos apports quotidiens en eau sont suffisants. S’ils sont insuffisants, rien de plus simple que de compléter avec de grands verres d’eau du robinet ! 
Voilà ce que vous dit le Centre d'information sur l'eau pour vous inciter à réaliser sur son site le bilan hydratation du Dr. Jean-Michel Leclerf, chef du service de nutrition de l'institut Pasteur de Lille. Il s'agit d'un questionnaire concernant vos habitudes alimentaires. En parcourant ses quatre étapes —petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner—, vous pourrez déterminer en un tournemain si vous satisfaites ou non vos besoins hydriques. Et puis, participer à ce jeu vous permettra de réviser l'état de votre lexique de base en matière alimentaire.
Au demeurant, le site du Centre d'information sur l'eau apporte d'autres soutiens pédagogiques, fiches et outils, pour découvrir l'eau dans tous ses états et savoir répondre à des questions comme celles-ci :  
Quel est son parcours dans la nature ? Comment arrive-t-elle jusqu’à nos robinets 24h/24 ? Quels sont les circuits de distribution ? Vos élèves savent-ils qui s’occupe de l’eau et pourquoi on la paie ? Que devient l’eau que l’on utilise ? L’eau, l’hygiène et la santé, quel rapport ?
Revenons à nos moutons ; voici une petite liste de sites qui s'occupent de la bouffe à l'intention des élèves de FLE (sauf celui des recettes, bien entendu) :
- Lexique basal de la nourriture, les repas, la cuisine (outils, parties, couverts) et un petit répertoire d'expressions clés pour le restaurant, avec des illustrations en couleur et des précisions sur le genre des mots à travers un bon usage des déterminants.
- Voie Expresse : site finlandais consacré a l'apprentissage du français, c'est une trousse à tout où foisonnent les vidéos. Vous y trouverez, parmi beaucoup d'autres, des pages dédiées au vocabulaire des boissons et de la nourriture en français ; vous pouvez y apprendre, par exemple, par l'intermédiaire de netprof.fr (1), comment lire l'étiquette d'une bouteille de vin.
- Recettes de la cuisine française (sans publicité).
- Le Point du FLE :

Finalement, je vous relaie une info qui montre le rapport qu'il y a entre nutrition et ressources économiques / instruction. Une étude de l'Inserm (Institut national de la Santé et de la Recherche médicale) publiée dans la revue PLoS One met en évidence la relation existante entre la fréquentation de certains hypermarchés et enseignes "hard discount", ces magasins libre-service où les prix sont au-dessous de la moyenne, et le surpoids ou tour de taille élevé des clients. Liens de cause à effet ? Il ne faut pas être Einstein pour comprendre que quand on remplit mal son frigo, faute d'argent ou de connaissances, on se nourrit mal.
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(1) Site de partage des connaissances fondé par Loïc Ader.

vendredi 9 mars 2012

Le corps humain en français

Le Corps humain virtuel est un outil d'enseignement proposé sur le site de son éditeur, Québec Amérique. Il permet une navigation interactive et il y est question des différentes composantes de nos anatomies, masculine et féminine : morphologie, squelette, muscles, système nerveux, système lymphatique, système cardiovasculaire, système respiratoire, appareil digestif, appareil urinaire et appareil reproducteur. Le site offre en outre un dictionnaire anatomique.
Voici leur présentation :
Ikonet.com vous invite à explorer l’anatomie du corps humain, de la tête aux pieds et de la peau aux os, avec le Corps humain virtuel. Plus dynamique que des planches anatomiques traditionnelles, le Corps humain virtuel vous permet, grâce à sa fenêtre de navigation interactive, de superposer à votre guise muscles, organes, squelette et autres composantes du corps humain, et d’ainsi visualiser les liens qui les unissent.
Grâce à notre modèle hyperréaliste, découvrez un mode unique d'exploration de l'anatomie humaine. Il suffit de survoler le modèle 3D avec votre curseur pour obtenir le nom exact des différentes structures représentées. Pour en savoir plus, cliquez sur un nom et accédez à sa définition et à un enregistrement audio de sa prononciation dans l’étiquette qui se déploie alors.
Pour plus d’information sur les options de navigation, consultez l’aide du site.

Pour apprendre le vocabulaire du corps d'une manière beaucoup plus simple, avec des exercices à l'appui, vous disposez aussi, par exemple, du site de Thierry Perrot. Cliquez sur le lien pour essayer.




 
 
 

mercredi 2 novembre 2011

Premiers temps en français avec TV5Monde

Ce blog fournit certaines informations concernant les possibilités de pratiquer le français à travers les ressources en ligne disponibles sur les sites de plusieurs télévisions. Cliquez ci-contre pour accéder à certaines suggestions dans ce domaine.
Je voudrais souligner aujourd'hui les ressources que TV5MONDE, en partenariat avec l'Université Catholique de Louvain, Belgique et Wallonie-Bruxelles International (WBI), élabore à l'intention des élèves débutants sur son service Apprendre.tv, sous la rubrique Première classe en français avec TV5Monde.

Avant tout, n'oubliez pas de choisir "français" comme langue de lecture. TV5Monde vous propose son mode d'emploi moyennant une vidéo explicative. Si vous le visionnez, vous verrez que le site développe chaque sujet à partir de cinq modules. Chaque module aborde à son tour un canevas à quatre grands objectifs canoniques (grammaire, vocabulaire, prononciation, culture) et chaque objectif comporte quatre étapes : comprendre, repérer, structurer et s'entraîner. Les exercices sont constitués d'une consigne, d'un média de TV5Monde (une vidéo à regarder, une image, etc.) et de questionnaires là-dessus à typologie variable. Une fois validé votre questionnaire, le site vous signale le nombre de réponses correctes. On a prévu des aides -classées par thème, module ou objectif- et des transcriptions.

Voici la liste des thèmes que vous pouvez sélectionner ainsi que les modules qui en font partie :

Les salutations :
Les loisirs
Les logements
Les repas

Astuces pour apprendre.

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Note du 17/10/2020 :

Dire bonjour, parler de soi, trouver un logement, faire les courses... Le service Apprendre.tv de TV5Monde a été réaménagé depuis la parution de ce vieux billet et vous propose actuellement 500 exercices gratuits pour apprendre le français au niveau débutant à partir de vidéos. L'évolution de cette plateforme a entraîné de nouveaux développements, de nouveaux modules (dont le Travail, la Santé et les Voyages) et autres collections. Accédez-y pour découvrir ces nouvelles possibilités pour les débutants !





vendredi 30 septembre 2011

Lingu@net, ressources multilingues pour l'apprentissage des langues

Grâce à la collaboration d'une trentaine d'institutions européennes, le site linguanet-worlwide.org propose une aide en ligne pour initier les adultes souhaitant apprendre gratuitement de nouvelles langues.
Qu’est-ce que Lingu@net World Wide ? Laissons-les parler :
Lingu@net World Wide est un centre de ressources linguistiques multilingues, destiné à l’apprentissage des langues étrangères.
Il propose des informations et des liens vers une sélection de ressources en ligne pour l’apprentissage et l’enseignement des langues provenant du monde entier.
Lingu@net World Wide est fondé sur le principe suivant : si vous apprenez ou enseignez une langue, vous êtes susceptible d’être intéressé non seulement par les ressources que vous pourriez trouver en faisant des recherches dans votre langue maternelle, mais encore par d’autres ressources dans les langues que vous êtes capable de comprendre.
Lingu@net World Wide offre un accès multilingue à plus de 3.500 ressources en ligne cataloguées, destinées - pour la plupart d’entre elles - spécifiquement aux apprenants. Il propose également une assistance aux apprenants adultes sur les sujets suivants : comment apprendre une langue, comment évaluer son niveau ou comment communiquer en ligne avec d’autres apprenants. Ces différentes rubriques ont été élaborées par des spécialistes de l’apprentissage des langues issus de l’Europe entière.
L’ensemble du site est à présent accessible en allemand, anglais, arabe, basque, bulgare, catalan, chinois, danois, espagnol, estonien, finnois, français, galicien, grec, hindi, hongrois, irlandais, islandais, italien, japonais, letton, lituanien, maltais, polonais, portugais, roumain, russe, slovaque, slovène, suédois et tchèque.
Lingu@net World Wide est un projet porté par 34 institutions issues de 25 pays européens.

En fait, le site donne accès aujourd'hui (ça bouge) à "4 819 ressources certifiées pour leur qualité" (sic). Vous pouvez affiner vos fouilles en fonction de plusieurs variables, telles la langue source, la langue cible, le niveau d'aptitude (débutant, intermédiaire, avancé), le type de recherche (cours, chansons, journaux, radio,...), les aptitudes et compétences (vocabulaire, prononciation, orthographe, grammaire, expression écrite, expression orale,...) ou le secteur professionnel pour lequel la ressource pourrait être utile ou pertinente (droit, éducation, agriculture, environnement, ingénierie, sciences, technologie, art...).
Plan du site :
  1. Quel est votre niveau ?
    1. Compétences linguistiques et niveaux
    2. Tests de langues et outils d’auto-évaluation
  2. Modes d’apprentissage
    1. Styles d’apprentissage
    2. Conseils pour les apprenants
    3. Histoires à succès
    4. Liens utiles
  3. Point de rencontre
    1. Discussions en ligne
    2. ePals
    3. Forums de discussion
    4. Blogs
    5. Mondes virtuels
    6. Ecrivez-nous
  4. Rechercher
    1. Rechercher des supports pédagogiques
    2. Recherche avancée
    3. Mots-clés de A à Z
En suivant les différents menus et leurs filières successives, vous pouvez accéder à d'innombrables possibilités. Vous souhaitez, par exemple, faire un test en ligne pour mieux connaître votre niveau en FLE ou seconde ? Cliquez dessus...

jeudi 1 septembre 2011

Questionnaire de Greenpeace aux candidats à la présidentielle 2012

L'organisation Greenpeace vient de lancer (le lundi 29 août) un site web où elle tente de classer les choix et engagements sur l'avenir énergétique de la France des 17 candidats potentiels à l'élection présidentielle 2012. Ils se font traiter de « engagé, attentiste ou rétrograde » en fonction de leurs réponses à un questionnaire baptisé "Stress test des candidats à la présidentielle". Comme le site en question n'a pas l'air de se complaire dans la parodie, il faut imaginer que Greenpeace France prétend combattre les ravages de notre système tout en utilisant son langage (1), y compris ses anglicismes lexicaux et syntaxiques à la fois frimeurs et atténuants. Voici leur motivation de fond :
Greenpeace va fortement s’impliquer dans le débat sur les politiques énergétique et climatique qui s’est enclenché depuis l’accident nucléaire de Fukushima et qui ne va cesser de s’amplifier dans les prochains mois. Nous lançons donc notre « Stress Test des candidats à la présidentielle ».
En consultant les résultats de cette enquête, présentés de manière interactive, vous pourrez, outre savoir quels sont lesdits candidats, vous familiariser tant avec les sujets énergétiques à débat en ce moment en France qu'avec le vocabulaire d'usage en la matière —si bien que ce site fait office de dictionnaire succint d'écologie.
Trois sont les thèmes de cette étude : devenir du nucléaire en France, production / consommation de fossiles et développement des alternatives.


(1) Stress test - Anglicisme qui veut dire, par exemple, "épreuve de résistance" et que l'on nous rabâche à longueur de saison quand on évoque les soi-disant contrôles de sûreté dans les centrales nucléaires ou, ces derniers temps, les examens censés évaluer la solvabilité des banques. Si « le poète est celui qui refuse d'utiliser le langage » (Cf. Jean-Paul Sartre, Qu'est-ce que la littérature ?), cela fait belle lurette que nous savons par Viktor Klemperer que la victime doit éviter le langage du vainqueur (Cf. LTI, la langue du Troisième Reich. Carnets d'un philologue, Paris, Albin Michel, coll. Bibliothèque Idées, [1947] 1996, 375 p. Traduit et annoté par Elisabeth Guillot. Édition en castillan chez Ed. Minúscula, Barcelona, novembre 2001. Traduction d'Adan Kovacsics révisée par Marta Hernández).

lundi 27 juin 2011

Vos traces sur Internet

La Commission nationale de l’informatique et des libertés est l'institution officielle "chargée de veiller à ce que l’informatique soit au service du citoyen et qu’elle ne porte atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques."
Sur son site, la CNIL nous prévient : "Sur internet comme ailleurs, vos activités et vos déplacements laissent des traces. L'impression de facilité qui domine l'univers du web masque la réalité d'une surveillance discrète et active."
C'est son préambule à une expérience qui vous aide à découvrir comment vous êtes pisté sur internet. Allez-y, vous saurez mieux à quoi vous en tenir. Durant cette expérience, vous allez découvrir :
N'oubliez pas qu'un cookie (mot anglais étasunien) est un mouchard électronique, un témoin et un espion de connexion à la fois.
À la fin de cet essai, on vous rappellera que :
Des traces de vos navigations sur internet sont enregistrées
  • dans votre ordinateur
  • sur des serveurs.
Sur internet, les messages échangés le sont le plus souvent en clair : de ce fait, vos communications peuvent être interceptées.
Les services offerts sur le web tirent parti d'un nombre croissant d'informations issues de votre navigation, de votre localisation, ou encore de vos recherches. Cette collecte d'informations se fait souvent à votre insu.

D'autres sites, dont Anonymat.org, vous renseignent également à ce sujet.

Alex Türk, président de la CNIL depuis 2004, est l'auteur d'un livre récent sur le sujet (La Vie privée en péril. Des citoyens sous contrôle, Éditions Odile Jacob) et en a eu la possibilité de s'exprimer longuement dans les médias à l'égard des dangers qu'entraînent les nouvelles technologies et les différents nano-Brothers qui nous hantent. J'ai lu, par exemple, l'entretien qu'il a accordé à Stéphane Arteta, du Nouvel Observateur (nº 2422, du 7 au 13 avril 2011) où il signale notamment :
(...) On a longtemps redouté Big Brother, mais on peut se rebeller contre un système centralisé. Or ce qui nous attend est bien pire. Nous assistons à la multiplication des nano-Brothers -capteurs, puces électroniques dans les cartes et les portables...-, beaucoup plus redoutables car les outils de surveillance sont multiples, disséminés, parfois invisibles, donc bien plus difficiles à contrôler. On ne sait pas qui collecte les données, où elles sont entreposées, pour combien de temps, ni dans quel but. La biométrie (empreintes électroniques digitales, oculaires...), la vidéosurveillance, la géolocalisation, la collecte des données en ligne, c'est un cocktail explosif. (...)
La totale transparence, c'est le rêve des multinationales, obsédées par l'idée de profiler leurs clients. Quand j'étais jeune, on souhaitait échapper au regard des parents, ne jamais dire où l'on était. Aujourd'hui, il faut s'afficher. C'est tendance. Les sociétés en profitent pour récupérer des infos personnelles : vos goûts, des photos, des vidéos... Elles ont inventé le Big Brother convivial, le capitalisme copain : elles ont besoin de ces données pour prospérer, mais vous amènent à les leur donner en vous faisant croire que c'est dans votre intérêt. C'est le modèle Facebook. Ce système ingénieux ne serait pas blâmable s'il était lisible et contrôlé. Mais ce n'est pas le cas. La notion de consentement est floue, et vous n'avez pas de droit de suite : fermer votre compte ne garantit pas la disparition des données. Les grandes entreprises du numérique vantent la transparence, mais agissent derrière un rideau de fumée. (...)
N'empêche que l'action d'Alex Türk et du CNIL est sévèrement contestée par certains qui pensent, par exemple, que...
Par ses manquements ou omissions, la Commission nationale de l’informatique et des libertés participe à une illusion, celle de faire croire au citoyen qu’il est protégé contre les dérives marchandes et étatiques de ses données personnelles.
La Commission, presque 30 ans d’âge, ne remplit pas sa mission d’organe indépendant qui peut protéger le citoyen contre l’énorme braquage numérique de ses données intimes.
En soi, les décisions, interventions et (rares) dénonciations au parquet de la CNIL risquent bien de dessiner les chapitres fondamentaux de la Novlang officielle. Sur de nombreuses affaires, la Commission - soit par manque de moyens ou de volonté, soit par absence de pouvoirs, après que son président Alex Turk a participé lui-même à la perte desdits pouvoirs (cf dossier BBA 2004) - n’a pas joué son rôle d’arbitre au service du citoyen.
Sous couvert de renforcer les pouvoirs de la CNIL, Alex Turk a défendu une refonte de la loi Informatique et libertés qui, de fait, lui retirait le pouvoir de bloquer la mise en oeuvre des fichiers "de sureté"; (policiers notamment), mais lui accordait certes des pouvoirs de sanction. Ce qui pouvait passer pour une contrepartie s’avère n’être qu’un jeu de dupe : depuis, les fichiers policiers sont avalisés sans tenir compte des remarques de la CNIL, et aucune sanction n’a été rendue publique, suivant en cela la politique de la CNIL qui, depuis 1978, n’a dénoncé au parquet qu’une vingtaine d’affaires (sur plusieurs dizaines de milliers de plaintes, son équivalent britannique en dénonçant plus d’une centaine par an).


Un exemple ? Dans l’affaire du fichier des précaires de Vitry-le-François, soulevé par de nombreuses associations (prix Orwell 2004 pour la ville et le Conseil général), aucune démarche, action juridique ou sanction administrative n’a été ni engagée ni demandée par la CNIL. Les travailleurs sociaux avaient été informés en avril 2005 qu’un des commissaires ferait le déplacement dans la région pour éclaicir ces faits. Mais rien ne s’est passé. Un peu avant une poignée de manifestants, dont des travailleurs sociaux marnais, étaient venu demander que la CNIL intervienne. Un dossier qui aurait du mener à des poursuites, car manifestement non déclaré dans les règles à la CNIL et prévu par aucun texte.


Autre exemple, le bug de la carte Vitale (1). Le 24 mars 2004, le président Alex Turk écrit à Jérôme Crêtaux, qui a découvert la faille (et qui travaille avec les association de défense des données de santé ADAS et ACIs-VIPI), pour dire qu’il a bien reçu son courrier du 17 novembre 2003 dénonçant le bug, qu’il en a saisi le 19 décembre 2003 le président du GIE ; enfin il a "l’honneur de [l’] informer que le GIE Sesam-Vitale a confirmé à la commission que les APIs de lecture nécessitaient la présence simultanée de la carte Vitale et d’une carte de professionnel de santé pour que les données relatives à l’Exonération du Ticket Modérateur soient accessibles". Le tout sans trace d’étude indépendante quelconque. Preuve sera faite ensuite que le problème technique est vraiment sérieux dans le système Vitale (2).
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Il existe d'autres textes à considérer qui sont à votre disposition sur le Réseau, chez Bug Brother - Qui surveillera les surveillants ? (blog du Monde) ou chez Big Brother Awards France, entre autres.