lundi 14 octobre 2013

ALCINE43 et ses courts métrages en français

Le jeudi 14 novembre, nous nous déplaçons à Alcalá pour notre rendez-vous annuel avec ALCINE, le Festival de Cine de Alcalá de Henares, qui nous invite à voir les courts métrages francophones de sa section "Idiomas en corto". Au programme, sept films qu'on envisage de projeter en deux séances, matinale et vespérale : celle qui nous concerne ; elle commencera à 17h30 dans le TEATRO SALÓN CERVANTES, c/Cervantes s/n (918 822 497).




Voici le programme en français pour cette 43e édition du festival :

1. Tout le monde dit je t’aime, de Cécile Ducrocq. France, 2010. 6 min. Fiction.
Marion quatorze ans, vient de recevoir un mot d’amour de son copain. Elle demande l’avis de sa meilleure amie, Joséphine. Les deux filles ne sont pas d'accord par rapport à l'interprétation de l'expression "je t'aime"... "Ce n'est pas un truc qu'on balance comme ça sur un texto"...
Voir le film en vidéo-streaming.

[Après visionnement, Matilde me signale : "Les adosgamines mâchonnent leurs mots de leurs dents couronnés de brackets: il en résulte un français braqué !"]

2. Cul de bouteille (‘Cuatro ojos’ en castillan), de Jean-Claude Rozec, illustrateur et animateur 2D. France, 2010. 9 min. Animation. Ce film a décroché de nombreux prix dont le Prix du court métrage d'animation pour enfants au festival international d'animation  d'Ottawa (en octobre 2010). C'est aussi l'un des premier films d'animation coproduit par l’unité de programme régionale "Destination Bretagne" (avec la société de production Vivement lundi !).
Synopsis : La nouvelle, terrible, est tombée : profondément myope, Arnaud doit porter des lunettes. Et pas n’importe quelles lunettes : une monture grossière qui lui décolle les oreilles et lui pince le nez, des verres si épais que ses yeux ne semblent plus que deux petits points noirs… Ces affreuses binocles, Arnaud ne les aime pas et il préfère de loin le monde flou et protéiforme de sa myopie, un monde peuplé de monstres, licornes et autres chimères qui apparaissent au gré de sa fertile imagination...

3. La dernière journée, de Olivier de Bourbeillon. France, 2006. 12 min. Documentaire.
Le 1er juillet 2005, le Marteau-Pilon N° 125 Schneider et Cie datant de 1867 a cessé son activité à l’ancien atelier des forges de l’arsenal de Brest. Le film raconte cette dernière journée, correspondant à celle des trois hommes qui travaillent sur cette machine.


4. Un bisou pour le monde, de Cyril Paris. France, 2007. 9 min. Fiction. Acteurs :
  • : L'institutrice
  • : Léo
  • : Nina
  • : Wei Fang
Une institutrice de CM2 présente à ses élèves les journaux quotidiens français. Un petit garçon de dix ans, Léo, déchire des morceaux du Monde. L'institutrice le punit et lui demande de refaire Le Monde. Il scotche avec application et vient fièrement lire les titres reconstitués. Sa reconstitution aura des effets inattendus sur Le Monde.



5. Fard, de Luis Briceno et David Alapont. France, 2009. 13 min. Animation.
Ce film a reçu 25 prix et mentions dont Prix SACD meilleur film d'animation francophone Clermont-Ferrand 2010, Grand Prix Beaumarchais Festival de Castres, Meilleur film pour adultes Tofuzi 2009, Prix du Public meilleur court Fantastique aux Nuits Magiques, Grand Prix du Public Future Film Festival (Italie), Prix de la Jeunesse Bruz 2010, Meilleur court d'animation MareMetraggio 2011 (Italie).

Dans un futur proche, le monde semble fonctionner de façon efficace et contrôlée jusqu’au
moment où une étrange lampe révèle une autre réalité...


6. Allan, de Frédéric Azar. France, 2006. 9 min. Fiction. Azar a aussi réalisé plusieurs épisodes de la série télévisée Scènes de ménage (2009 - 2011).
Un chômeur qui a cinquante ans se lance dans une opération de rajeunissement (à base de crème anti-ride et de teinture capillaire) pour décrocher un emploi...



7. Madagascar, carnet de voyage, de Bastien Dubois. France, 2009. 12 min. Animation.
En 2010, le film a reçu le premier Valois René Laloux récompensant le meilleur court-métrage d’animation au Festival du film francophone d'Angoulême ; en 2011, il est nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur court-métrage d'animation.
En fait, c'est la mise en images animées d’un carnet de voyage, d'un parcours, celui d’un auteur qui a choisi Madagascar (Madagasikara en malgache) comme territoire de ses pérégrinations ; ce vazaha est un artiste qui a su nous tricoter avec talent un road-movie bigarré au pays du Famadihana (« retournement des morts », la célébration funéraire malgache) et des lémuriens.

Madagascar : Carnet de Voyage, par Bastien Dubois

jeudi 10 octobre 2013

L'eau, ressource vitale, sur France TV Éducation

Sous l'épigraphe "L'eau, une ressource vitale à protéger et à partager", France TV Éducation propose un triple jeu interactif (ils emploient l'anglicisme "serious game") pour mieux connaître la réalité et les bons usages de l'eau, gros enjeu planétaire. Les trois rubriques de la page correspondent à trois problématiques au sujet de l'eau ; en voici leur explication :


FranceTvEducation
Ce module propose trois jeux de mise en situations fictives, présentant des problématiques liées à l'eau à différentes échelles : la pollution de l'eau et ses conséquences, à l'échelle d'un village, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, à l'échelle d'un pays et le partage de l'eau, à l'échelle mondiale. Aussi, une banque de ressources, présentant des données mondiales relatives à la géopolitique de l'eau.
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P.-S. du 14 novembre 2013 :
L'eau, ressource vitale à protéger et à partager, est donc un bien hautement et autrement stratégique, susceptible d'acquérir une valeur marchande époustouflante dans la foire à vautours globalisée. Il n'est pas surprenant que les plus prédateurs, comme Nestlé, lancent sans vergogne leurs ballons-sondes sur la mare aux média (cliquez ci-contre pour accéder à deux vidéos fort intéressantes) ; vous pensez que l'eau est et doit rester un bien public ? Eh bien, selon Peter Brabeck -PDG de Nestlé sachant joindre le geste à la parole- vous êtes un "extrêmiste" :

Selon le PDG de Nestlé, Peter Brabeck, l’accès à l’eau ne devrait pas être un droit. Peter Brabeck pense que l’eau est une « denrée comme les autres, qu’elle a une valeur marchande et qu’il faut la privatiser ». Pour le PDG de Nestlé, l’eau doit valoir un coût, car il estime que l’eau est extrêmement précieuse et trop gaspillée. Pour une politique durable, celle-ci doit être revalorisée, ce qui va forcément avec un prix au litre plus élevé.

De l’or bleu en bouteille ?
En 2012, Nestlé avait déjà été montrée du doigt par une enquête accablante (Bottle Life) d’Urs Schnell et de Res Gehriger, diffusé sur Arte, qui montrait comment la multinationale faisait main basse sur les ressources en eau pour les vendre au prix fort.
Nestlé et le business de l’eau en bouteille ou comment transformer de l’eau en or ? Une entreprise détient la recette : Nestlé, multinationale basée en Suisse, leader mondial de l’agroalimentaire, grâce notamment au commerce de l’eau en bouteille, dont elle possède plus de soixante dix marques partout dans le monde (Perrier, San Pellegrino, Vittel).
L’eau en bouteille, mais pour qui ?
En 2012, Arte diffusait un autre reportage sur l’eau en bouteille qui coute 100 fois plus que l’eau du robinet, ce marché n’a jamais été aussi fleurissant. Pourtant tout le monde ne peut pas se payer le luxe d’avoir de l’eau potable.

ARTE - Nestlé et le business de l'eau en bouteille
Une enquête édifiante sur trois continents qui montre comment la multinationale fait main basse sur les ressources en eau pour les vendre au prix fort.
Documentaire d’Urs Schnell et Res Gehriger (Allemagne/Suisse, 2012, 1h30mn)
Coproduction : ARTE, DokLab, Eikon, Südwest, SF

Comment transformer de l’eau en or ? Une entreprise détient la recette : Nestlé, multinationale basée en Suisse, leader mondial de l’agroalimentaire, grâce notamment au commerce de l’eau en bouteille, dont elle possède plus de soixante-dix marques partout dans le monde (Perrier, San Pellegrino, Vittel ou Poland Spring aux États-Unis).
Pour le président du CA, Peter Brabeck, l’eau, fer de lance d’une stratégie planétaire, peut "garantir encore cent quarante ans de vie" à l’entreprise. Malgré le refus de collaborer opposé par la direction, Res Gehriger et Urs Schnell dévoilent les coulisses de ce marché qui brasse des milliards. Des États-Unis au Nigeria en passant par le Pakistan, ils explorent les circuits de l’eau en bouteille, mettant en lumière les méthodes parfois expéditives du plus puissant groupe agroalimentaire de la planète.
Ils montrent qu’elles reposent sur une question cruciale, objet dans nombre de pays d’un vide juridique dont les avocats et lobbyistes de la firme savent tirer profit : à qui appartient l’eau ?
Bien public, gains privés
Dans le sillage de Res Gehriger, présent à l’écran, cette enquête minutieuse aux images soignées donne la parole à de très nombreux protagonistes sur trois continents, usagers ou militants, adversaires et partisans de Nestlé. Peter Brabeck lui même y défend avec vigueur son point de vue (éloquent, comme quand il qualifie d’“extrémiste” l’idée que l’eau doit rester un bien public), par le biais de ses nombreuses interventions publiques.
Edité le : 22-08-12
Dernière mise à jour le : 11-09-12




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Mise à jour du 27 mai 2018 :

Selon France Nature Environnement, Nestlé Waters est en train d'assécher les nappes de Vittel "sur fond de conflit d’intérêt". Où quand on vous dit chez vous allez boire ailleurs !
À l'occasion de la Journée mondiale de l'eau du 22 mars, ils ont publié là-dessus un communiqué (le 20 mars, en fait). Il dit, pour l'essentiel  :
(...) Aujourd’hui, lorsque nous ouvrons les robinets, de l’eau de bonne qualité prélevée à proximité de nos habitations s’en écoule. Mais bientôt plus à Vittel. Non, à Vittel, l’eau qui s’écoulera des robinets sera acheminée par pipeline sur des dizaines de kilomètres. France Nature Environnement tire la sonnette d’alarme : le géant international Nestlé Waters s’est approprié la ressource locale pour commercialiser de l’eau en bouteille, exportée en Allemagne. Au risque d’épuiser la nappe et au détriment des populations locales.

Epuiser une nappe phréatique pour vendre de l’eau en bouteille : scandale social et environnemental

Nestlé Waters, propriétaire de 10 marques d’eau en bouteille en France et en Belgique, surexploite sans vergogne une nappe d’eau souterraine au détriment des populations locales en France, à Vittel. Depuis près de 30 ans, la nappe dans laquelle prélève la multinationale présente un déficit chronique annuel d’environ 1 million de m3… Soit la quantité d’eau que Nestlé Waters est autorisé à prélever, par le Préfet. Et le niveau de la nappe a déjà baissé de 10 mètres. Il sera bien entendu très difficile de faire remonter le niveau de cette eau souterraine, compte-tenu des conditions géologiques locales, mais surtout de la non-volonté des pouvoirs publics de poser des limites à Nestlé Waters.
Au-delà de l’épuisement de la ressource en eau, en totale contradiction avec l’image que souhaite se donner Nestlé Waters, la manière de faire est également choquante d’un point de vue social. En lien avec les services de l’Etat, la stratégie imaginée pour approvisionner en eau potable les populations locales de Vittel n’est autre qu’un transfert massif d’eau sur des dizaines de kilomètres de pipeline, pour un coût de 20 à 30 millions d’euros sur 20 ans. Ainsi, Nestlé pourra continuer son exploitation, pendant que les habitants de Vittel se verront répercuter le prix des travaux sur leur facture d’eau. Aller puiser l’eau chez les voisins avec des risques d’impacts environnementaux encore mal évalués, et ce dans un contexte de changement climatique qui affecte la ressource en eau, ne parait pas être une solution économiquement, socialement et écologiquement raisonnable.

L’eau souterraine de Vittel, bien public décrété propriété de Nestlé

C’est un réel monopole que s’octroie Nestlé sur une ressource en eau qui n’est censée appartenir à personne, si ce n’est aux populations locales pour subvenir à leurs besoins vitaux d’alimentation en eau potable. La loi sur l’eau de 2006 mentionne clairement que l’usage prioritaire d’une ressource en eau en France est l’alimentation en eau potable. Les activités économiques ne sont pas prioritaires, et l’eau est un bien commun, non privé ou privatisable. La reconnaissance implicite de la priorité de prélèvement à Nestlé Waters, contraignant les collectivités locales à « aller boire ailleurs », est inacceptable.
Mais Nestlé n’est pas seul responsable de la situation. Car pour avoir le droit d’épuiser la ressource en eau de Vittel, une entente avec certains acteurs locaux et services de l’Etat a dû avoir lieu. Une entente qui n’est d’ailleurs pas sans conflit d’intérêt, et qui reflète une relation bien trouble entre la multinationale et certains acteurs publics[1]

France Nature Environnement dénonce les pratiques environnementales de Nestlé Waters

Planter des arbres en Amazonie tout en asséchant les nappes d’eau en France est écologiquement irresponsable. Cela s’appelle « faire du greenwashing », se donner bonne conscience. Quatre associations locales (Vosges Nature Environnement, Oiseaux Nature, ASVPP[2], UFC Que Choisir 88) se battent depuis plus d’un an pour dénoncer ce choix dicté par le chantage économique. La fédération nationale soutient ouvertement et fermement cette dénonciation. Pour Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « il est impossible d’accepter qu’un géant mondial de l’eau en bouteille assèche une nappe d’eau et oblige les populations locales à s’approvisionner en eau potable ailleurs. La situation à Vittel est la preuve d’une non-gestion en responsabilité de la ressource en eau locale disponible, pourtant suffisamment abondante pour satisfaire les besoins du territoire à condition que chacun prenne en compte les besoins des uns et des autres. » (...)
Reporterre s'est aussi penché sur cette histoire le 26 mai 2018 :

À Vittel, Nestlé privatise la nappe phréatique

26 mai 2018  / Lorène Lavocat (Reporterre)
En lire plus.

lundi 7 octobre 2013

¡No es una crisis!

(Traduction du texte d'une vignette d'Andrés Rábago, El Roto)


Le 1er octobre, eldiario.es proposait à ses lecteurs No es una crisis, un webdocumentaire signé par le journaliste et réalisateur Fabien Benoit et le documentariste Julien Malassigné sur les retombées des pratiques libérales à Madrid et en Espagne ; l'Espagne étouffe exsangue, mais il y en a qui résistent contre "la violence des politiques de rigueur conduites par le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy", dictées par l'internationale de la Finance :


No es una crisis es un documental web, un viaje interactivo por escenarios en una capital en crisis y en resistencia, Madrid, donde puedes explorar el laboratorio en el que se ha convertido España: laboratorio de un ahondamiento del liberalismo económico –y de una terapia de choque llamada austeridad– pero también laboratorio de nuevas prácticas sociales, económicas y políticas, puestas en marcha por los ciudadanos e impulsadas por el 15M.
eldiario.es colabora en exclusiva para España con esta producción francesa de La Société des Apaches y el Centro Nacional de Cine Francés junto a otros medios europeos, como Mediapart y Courrier International.
No es una crisis est une production de la Société des Apaches, accessible en trois langues (français, castillan et anglais), et dispose d'un blog en castillan et en français. Ce webdocumentaire avait été mis en ligne en avant-première sur Mediapart, puis la semaine dernière également sur les sites de Courrier International et d'Uzbek & Rica (Le magazine qui explore le futur).

"Ils travaillent à un démantèlement de tout ce qu'on avait construit", explique Andrés Rábago... Ce long film de trois heures comporte beaucoup de témoignages (Le clown Leo Bassi, des élèves de l'École Officielle des Langues...) et constitue un récit interactif riche de vingt-cinq vidéos (des séquences téléchargeables), divisé en quatre chapitres aux titres expressifs —qu'on appelle les "QUATRE QUARTIERS DE MADRID" : "Mirage" (les illusions [pyramidales] du boom immobilier [, rien qu'une bulle délirante]) ; "Saccage" (rigueur à tous les étages), "Révolte" (le peuple espagnol en résistance) et "No Future" (L'avenir de l'Espagne sacrifié).
"Chacune de ces parties aborde une thématique liée à la crise économique et à ses conséquences. Dans chaque quartier, on peut cliquer sur les bâtiments et accéder aux vidéos. À la fin de chaque vidéo, une nouvelle séquence vous sera proposée pour poursuivre votre parcours."
  1. Mirage : Tours Bankia (Spéculation et bulle immobilière), Permanence de la PAH (Le fléau des expulsions), Ciudad Valdeluz (Ville recherche habitants), Campement de Cajamadrid (En guerre contre les banques)
  2. Saccage : Université Complutense (Ça coupe dans l'éducation), Torrespaña (Le journalisme en crise), Grève générale (Tous dans la rue !), Hôpital Gregorio Marañón (Privatisons la santé... et les bénéfices publics)
  3. Révolte : Parlement espagnol (Ils ne nous représentent pas !), Puerta del Sol (Le mouvement du 15M), Chez Pilar (Yayoflautas, les retraités en lutte), Atelier du dessinateur El Roto (Dessiner la crise)
  4. No Future : Squat Patio Maravillas (La jeunesse sans futur), École de Langues étrangères (Jeunes, fuyez !), Teatro Alfil (Humour et espoir), Stade du Real Madrid (La liga, championnat de seconde zone)
Où l'on voit bien que les miracles ne sont que des mirages... Ah, cette cécité qui nous regarde...

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À voir également... Vers Madrid,  documentaire réalisé par Sylvain George (Vaulx-en-Velin, France, 1968) autour du mouvement citoyen 15M.
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Mise à jour postérieure :

Michel Collon analyse l'émission "Le Roman de la Crise", de France 2, roman raconté par Pierre Arditi.

 

mardi 1 octobre 2013

Trait d'info, radio BD

Trait d'Info est le fruit radio-dessiné de la collaboration entre la rédaction de France Info et La Revue Dessinée (nouvelle revue trimestrielle d'enquêtes, reportages et documentaires en BD). Sa parution a lieu un vendredi sur deux sur franceinfo.fr et dans l'Hyper revue de presse d'Olivier Emond.

Voici le premier épisode, ou visuel interactif, de Trait d'Info ; il date du 13 septembre et nous invite...
"à explorer à la souris et au clic le quotidien de la famille Perrin-Soulier ["famille écologiquement... irresponsable"], avant et après la transition énergétique"
... à en croire les chantres du progrès, ce qui n'est pas mince affaire.
Dans ce cas, on doit le trait au dessinateur et scénariste de BD Jean-Paul Krassinsky, auteur notamment de Sale Bête (Dupuis), Les Cœurs boudinés (Dargaud) ou La Saga des brumes (Glénat).

Le second épisode de cette série nous...
"emmène sur la frontière entre la Turquie et la Syrie, au check-point de Salama, où se mêlent combattants de l'Armée syrienne libre*, djihadistes et réfugiés.
Nous vous invitons à explorer ce poste-frontière aride et écrasé de soleil, à la souris et au clic. Une expérience sous le trait du dessinateur Benjamin Flao et dans la voix du reporter Étienne Monin".
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*L'adjectif "libre" vous indique que l'armée en question est soutenue par la CIA, le Département d'État étasunien, le Qatar, l'Arabie saoudite ou le Koweït, par exemple.

samedi 21 septembre 2013

Indicateur de Progrès véritable

En la bautizada como "era dorada" de gestión económica keynesiana,
1950 a 1975, el incremento de la productividad en toda la industria
manufacturera de los países desarrollados había sido premiado con
constantes aumentos salariales. (...) No obstante, desde los años 80, la
tendencia se había invertido. La masa salarial en EE UU cayó del 69 al 61%
del PIB entre 1980 y 2011, y en el Reino Unido se desplomó desde
el 65% del PIB al 53%.

(Andy Robinson : Un reportero en la montaña mágica.
Cómo la élite económica de Davos hundió el mundo,
Ariel, septembre 2013.)



Alors que le produit intérieur brut (PIB) mondial a plus que triplé depuis 1950, le bien-être économique ne fait que diminuer depuis 1978, selon le Genuine Progress Indicator (GPI), l'Indicateur de Progrès véritable (IPV) —sauf, bien entendu, ajoutons-nous, pour les mieux situés dans la course aux milliards, que ce soit en France ou dans le monde.
C'est la conclusion d'une étude publiée dans la revue Ecological Economics par des chercheurs de l'Australian National University de Canberra.


Produit Intérieur Brut (GDP en anglais)
Indicateur de Progrès véritable (GPI en anglais)


Je constate que le Huffington Post développait un peu plus cette information sur son site, en français (et pour prôner les positions de Forbes ou de la Banque mondiale) —à partir d'un article précédent publié en anglais par le Daily Mail.
L'IPV tient compte de l'apport du travail domestique, des soins aux enfants et aux personnes dépendantes, du bénévolat ou du temps libre passé en famille ou dans la collectivité. D'autre part, il déduit les coûts environnementaux (pollution, réchauffement climatique, diminution des ressources naturelles) et les coûts sociaux (chômage, criminalité, accidents de la route, inégalités).

jeudi 19 septembre 2013

À bas les barbelés

«La race européenne a reçu du ciel, ou acquis
par ses efforts, une si incontestable supériorité
sur toutes les autres races qui composent la
grande famille humaine, que l’homme placé chez
nous, par ses vices et son ignorance, au dernier
échelon de l’échelle sociale, est encore le premier
 chez les sauvages. »
(Gustave de Beaumont et Alexis de Tocqueville :
Du système pénitentiaire aux États-Unis
, 1833)



Une foule de sans-papiers scandant "Vive l'Espagne !" nous assaille et nous affole. C'est-à-dire, au lieu de les accueillir les bras ouverts, les libéraux et leurs journaux poussent les hauts cris, insensibles à tant de patriotisme.
Désolé, parce que tout ça me désole trop... Je ne sais plus s'ils sont comme cela en tant que chrétiens (ici Sarko, ici Aznar et ses amis, là Merkel...) ou en tant que libéraux, s'ils agissent au nom de l'amour d'autrui prêché par l'humanisme chrétien ou au nom de l'amour de la liberté, tellement ils s'en gargarisent. N'étaient-ils pas au moins les farouches champions du libre marcher ? Les apôtres de la liberté de marché (pour les initiés) veulent se réserver la liberté de marcher, de circuler ? Grosse fatigue, grosse rage. Les barbelés au Río Grande (del Norte), en Palestine, à Ceuta ou Melilla ? La barbe !

Permettez-moi donc de vous conseiller "A desalambrar", un article en castillan réfléchissant à ce sujet, où l'on voit que l'application libérale espagnole de la "liberté globale" à Ceuta et Melilla constitue un nouveau chapitre infamant dans l'histoire inique et cynique du libéralisme. D'ailleurs, si elle vous intéresse en profondeur, n'hésitez pas à lire Controstoria del liberalismo, essai essentiel de Domenico Losurdo —publié en 2005 et traduit en français et en castillan*— pour mieux connaître la vraie nature, féroce, de cette farce intellectuelle et humaine.

* Contre-histoire du libéralisme, traduit de l’italien par Bernard Chamayou (Éd. La Découverte, Paris, 2013. 390 pages, 25 euros). Contrahistoria del liberalismo, traduit par Marcia Gasca, révisé par Joaquín Miras, Editorial El Viejo Topo, 2007.

Tant de cynisme et de cruauté sempiternels me rappellent un texte apparemment vieux et obsolète, mais dont l'esprit est toujours de mise et me console un peu maintenant. Mutatis mutandis, il reste, hélas, d'actualité. C'est l'épître dédicatoire aux nègres esclaves, la préface aux Réflexions sur l'esclavage des Nègres, essai militant signé par Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet. Il y a bien sûr des différences entre lui et moi, mais je l'ai toujours trouvé très digne et courageux. Il écrivait en 1781 (après Jésus-Christ), 52 ans avant le couple Beaumont-Tocqueville...
Mes amis,
Quoique que je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardés comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d'Europe, car pour les Blancs des Colonies, je ne vous fais pas l'injure de les comparer avec vous, je sais combien de fois votre fidélité, votre probité, votre courage ont fait rougir vos maîtres. Si on allait chercher un homme dans les îles de l'Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu'on le trouverait.
Votre suffrage ne procure point de places dans les colonies, votre protection ne fait point obtenir de pensions, vous n'avez pas de quoi soudoyer les avocats ; il n'est donc pas étonnant que vos maîtres trouvent plus de gens qui se déshonorent en défendant leur cause, que vous n'en avez trouvé qui se soient honorés en défendant la vôtre. Il y a même des pays où ceux qui voudraient écrire en votre faveur n'en auraient point la liberté. Tous ceux qui se sont enrichis dans les îles aux dépens de vos travaux et de vos souffrances, ont, à leur retour, le droit de vous insulter dans des libelles calomnieux ; mais il n'est point permis de leur répondre. Telle est l'idée que vos maîtres ont de la bonté de leur droit ; telle est la conscience qu'ils ont de leur humanité à votre égard. Mais cette injustice n'a été pour moi qu'une raison de plus pour prendre, dans un pays libre, la défense de la liberté des hommes. Je sais que vous ne connaîtrez jamais cet Ouvrage, et que la douceur d'être béni par vous me sera toujours refusée. Mais j'aurai satisfait mon cœur déchiré par le spectacle de vos maux, soulevé par l'insolence absurde des sophismes de vos tyrans. Je n'emploierai point l'éloquence, mais la raison, je parlerai, non des intérêts du commerce, mais des lois de la justice.
Vos tyrans me reprocheront de ne dire que des choses communes, et de n'avoir que des idées chimériques ; en effet, rien n'est plus commun que les maximes de l'humanité et de la justice ; rien n'est plus chimérique que de proposer aux hommes d'y conformer leur conduite.
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NOTE DU 6/10/2013 :
Sur la honte, le crime de Lampedusa, lisez...
Voltairenet
Agoravox

ou, sur Rue89...

un sans-papiers tunisien de 22 ans a tenté de s’immoler par le feu. Quelle a été la réaction du procureur de la République? Le placer en garde à vue et le poursuivre pour mise en danger de la vie d’autrui.