vendredi 28 février 2014

Berk

Nomen omen encore ? Le nom aurait pue tout déterminer ????
Cette semaine, la presse nous a appris que le commissariat de Berck, dans le Pas-de-Calais, a été évacué mardi 25 février et "restera fermé jusqu'à nouvel ordre". Quoi, donc ? Les condés sont jetés ?

Pas vraiment : "en cause, une odeur pestilentielle non identifiée qui empoisonne la vie des policiers". Le Monde ajoutait : "Deux représentants de la loi sont en arrêt de travail".

Alors... les flics se sentent mauvais ? Ils sentent leur force ? Les poulets cons-sentent le renard dans le poulailler ? Ce sont eux qu'on... qu'on sent ? La sûreté a du surpouah ? Sous quel pouah est-elle courbée ? Il n'y a personne en fragrant délit ? Les cognes cognent ? Leur nausée abonde ? Ça fouette dans les serfs veaux ? C'est la faute à un bouquet misère ? C'est une renifle à Roms, à tics ? Et ma nation ? Autant de questions qui nous travaillent. Au point de ne plus sentir nos jambes...

jeudi 13 février 2014

Ressources sur les deux guerres mondiales

C'est le centenaire de la Première Guerre mondiale, la guerre de 1914-1918. Créé en 2000 par Jean-Pierre Husson, le site du Scéren-CRDP de Champagne-Ardenne (la librairie de l'éducation en ligne), Histoire et Mémoire des deux guerres mondiales, propose des ressources pédagogiques à leur égard : lieux de mémoire, liens, photographies, "ressources documentaires"…
Sa rubrique À lire vous propose, par exemple :


mercredi 5 février 2014

Étudier un territoire avec Édugéo

Le site Strabon vous propose une...
(...) série d’articles [qui] a pour objectif de montrer comment, avec des manipulations simples, on peut étudier un territoire avec édugéo : l’analyser, comparer différentes couches d’information géographique, réaliser ou faire réaliser un croquis avec une légende structurée, et enfin récupérer et corriger le travail des élèves.
  1. Mode d’emploi (1/3)
  2. Mode d'emploi (2/3)
  3. Mode d'emploi (3/3) 

Par ailleurs, le site Édugéo nous signale que...
Edugéo est désormais accessible gratuitement dans le cadre du portail "éduthèque", conçu par le ministère de l'éducation nationale avec de grands établissements publics culturels et scientifiques pour une mise à disposition de ressources pédagogiques à l'adresse des enseignants du 1er et du 2nd degré. L’institut de l’information géographique et forestière et le ministère de l'éducation nationale vous propose ainsi d’accéder au service Edugéo et à l’ensemble de ses fonctionnalités (outils de croquis, SIG, cartothèque dont les ortho-photographies anciennes, zones pédagogiques...) en vous connectant sur Eduthèque.
Si vous souhaitez vous connecter sur Éduthèque, cliquez ci-contre.

vendredi 24 janvier 2014

Coluche : Le Flic


 

TRANSCRIPTION PROVISOIRE ET APPROXIMATIVE :

Hep ! Vous ! Pas vous, l'autre, là-bas !
Le gros qui s'barre avec le pull bleu !
Bon, tant pis.

Oui ! Je sais, j'ai l'air un peu con !
Mais l'uniforme y est pour beaucoup hein !
Non, parce que ma femme me dit toujours : - "T'as signé sans réfléchir...", elle me dit.
Et alors ? J'ai demandé aux autres, y z'ont fait pareil, hein !
Si on avait réfléchi, on n'aurait pas signé !
Faut pas nous prendre pour des cons non plus !
Remarquez, euh..., on rentre pas comme ça dans la police hein !
Y a des examens et tout, on passe devant des pschychouettes... hein !
Moi, je suis passé devant un pschychouette, y m'a dit : - "Combien j'ai de doigts ?".
Alors les examens !
J'ai dit : - "J'sais pas. 15 ?".
M'a dit : - "C'est bon. Signez là ! Quinze ans".
J'ai eu du bol parce que j'ai dit ça au hasard. J'aurais pu avoir tout faux , j'ai eu tout bon, hein !

C'est utile comme métier. Siih. Le chef est tout le temps : "L'agent de police est à l'automobiliste ce que le crapaud est à l'insecte".
Et puis, c'est bien l'uniforme, c'est pour draguer... les gonzesses !

- "Hep là-bas ! [La blonde avec le gosse. Aux pieds !
Oui ? Vous avez vos papiers ? J'suis de la police.
Voyons voir, Ginette...
Ah, ah, ah, ah !
Joli nom Ginette.
C'est votre petit frère ?
Hein ?
Votre fils !
Bon circulez !".
Non là, c'est un mauvais exemple, mais d'habitude ça marche !]
Bon, un autre exemple, alors. La police c'est trop t'ingrat comme métier. C'est vrai !
C'est t'ingrat la police, parce que par exemple... parce que j'vois, parce que les gens y nous aiment pas ! C'est con !

Parce que nous on est là pour les protéger hein ?, pour les défendre
Vous avez remarqué les gens ?
Plus y a de flics autour d'eux, plus y z'ont peur !
C'est flagrant, c'est dans les manifs.
Les gens y z'ont peur parce qu'on est là !
Bon, on est obligés de taper hein !
On le fait pas pour le plaisir, hein ?... On est obligés hein ?...
En plus on est obligés d'faire gaffe !
Parce que y a les fils des gradés, y z'ont les cheveux longs, on les reconnaît pas hein !
Et pis y a les appariteurs. C'est les mecs payés par la police.
En civil, y cassent les carreaux et après on dit qu'c'est les étudiants, tout ça.
Alors on est obligés d'faire vach'ment gaffe !
Eh ben, dis tu vois pas qu'on tap'rait sur la gueule à un flic, eh ? oh, la vache ! Oh, la crise eh !
... Eh, une fois c'est arrivé ! On a tapé sur un flic ! Ah, la crise eh !
Ils ont dit que c'était une bavure !
T'aurais vu la gueule de la bavure !
Moi, ça m'a fait passer l'envie d'baver !
Impeccable.
Non, mais on est une bande de jeunes, on s'fend la gueule.
J'vois parce que par exemple y a les gens y disent : - "La police c'est un refuge pour les alcooliques qu'on n'a pas voulu à la SNCF et aux PTT ".
Eh ben, j'vais vous dire, en fait c'est exagéré !
Moi je vois hein, je suis pas dans un gros commissariat, mais je vois rien qu'au commissariat que j'suis, y en a au moins, que je dise pas de bêtises, y en a au moins quatre qui boivent pas !
Oh bah, c'est comme dans tous les troupeaux hein ! Y a des brebis galeuses !
Nous, on a Robert. C'est un grand, il est marrant !
L'autre jour, il arrive, il gueulait : - "J'en ai eu un ! J'en ai eu un !".
Il avait arrêté un mec pour état d'ivresse, qui était plus bourré que lui !
Vach'ment rare hein !
Faut dire que le mec, il en t'nait une belle !
Il l'avait amené, il était sympa, Raymond y s'app'lait, heu...
Cheveux courts, moustache, charcutier, sympa.
On y a payé l'coup et tout !
Alors, Robert y disait : - "Mais faut pas... reste ".
Alors, l'autre y disait : - "Ben, justement heu, j'me dépêche de rentrer passe que vu dans l'état que j'suis... j'risquerais d'avoir un accident !".
Après y z'ont fait un concours de ballons.
Dis, t'aurais vu la gueule des ballons !
T'avais des couleurs qu'étaient même pas marquées dans le manuel !
C'est Robert qu'a gagné !
Ah non, mais il est balèze aux ballons hein !
Il s'entraîne. On s'fend la gueule !
L'autre jour y a un beatnik qui vient pour changer sa carte d'identité.
Alors Robert y lui dit... parce que Robert y déconne tout le temps.
Alors Robert y dit, euh... : - "Tu m'donneras l'adresse de ton coiffeur !".
On lui a cassé la gueule. On s'est marrés !
Ah non, mais on fait gaffe hein !
On tape avec le plat de la main. Comme ça dans les côtes.
Alors ça fait ach'ment mal mais euh, ça fait pas de traces. Ah non !
Parce que on n'a pas droit aux traces.
Parce que les mecs quant y z'ont des traces, y paraît qu'y peuvent porter plainte !
Remarquez, heu, y faudrait qu'y viennent au commissariat pour porter plainte.
J'les plains les mecs !
Non ! Dans l'ensemble y viennent pas, on n'a pas à se plaindre.
Alors après, heu... On l'avait attaché à la grille.
Alors Robert a été chercher sa tondeuse, parce que Robert il a une tondeuse, mais ça c'est à lui hein, c'est pas fourni.
Alors, l'autre, il avait les miques, mais on lui a pas coupé les cheveux à un beatnik, et ben, il a eu un avertissement !
Ah non ! Mais on rigole pas avec ces trucs-là hein !
Parce qu'au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme !
Et au bout de 30 blâmes, on passe devant un conseil de discipline et on peut être dégradé !
Robert y s'en fout, lui, il est pas gradé !
Hé ! C'est un métier où qu'on en voit quand même des drôles !
Tiens ! L'autre jour j'étais de faction à une intersection affectée à la surveillance des usagers.
En clair, je bullais à un carrefour.
Il arrive un mec qui tournait autour de moi avec un papelard.
On aurait dit qu'y cherchait une rue ou quèque chose.
Il osait pas s'adresser à moi, on aurait dit qu'il avait peur !
Voyez le genre ? Un type louche, un peu basané, voyez...
Parce qu'on nous apprend à r'connaître les mecs louches, attention, on fait des stages !
C'lui-là si vous voulez il était pas franchement louche mais était franchement basané !
Alors j'dis rien. Y s'approche, y tourne et pis, j'sentais qu'il osait pas !
Voyez, y v'nait... mais y v'nait tout doucement voyez.
C'était le genre de mec patibulaire tu vois, mais presque !
Finalement, le mec, y s'amène et pis y m'dit, euh... :
- "Pardon, missieu l'agent, s'y you pli, axecousi-moi s'y you plit.
A c'que s'y you plit vous pouvi m'indiquer çui là qui li, heu... li coumissariat d'poulice al'plis proche, s'y you plit...
Axecousi-moi, passe qui j'y perdi mou papier d'identiti.
J'voudri faire une diclaration, s'y you plit, axecousi-moi ".
J'me suis dit : - "Toi mon p'tit gars, t'as pas la conscience tranquille !".
J'y ai dit : - "Ouais ! Vous avez vos papiers ?".
Il les avait pas !
J'te l'ai emmené au commissariat !

Coluche

lundi 20 janvier 2014

Jacques Brel sur la colère




18 mars 1966 - 01min 31 sec. - INA

Interview de Jacques BREL par Denise GLASER. Il évoque la colère qu'il porte en lui, l'indignation qu'il ressent à voir le monde tel qu'il est. On ne s'assagit pas avec l'âge, quitte à être asexué, invertébré...

J'aime pas l'humilité qui consiste à refuser de voir des choses laides, en se disant "moi, je les vois et ça me touche pas", et accepter que les autres subissent les conséquences de ces choses-là. Si on est relativement généreux quelque part, à tort ou à raison, n'est-ce pas, on passe obligatoirement par des moments de colère, ça me paraît inévitable. Et quand on n'est pas en colère, c'est qu'on est tout seul.

jeudi 9 janvier 2014

Georges Perec à propos de "Les Choses"

On aborde en classe "Les Choses", de Georges Perec, et Ángeles me fait part d'une découverte :
Salut Alberto !
J'ai trouvé cette video sur Georges Perec commentant son livre "Les Choses". À mon avis, qui mieux que Perec lui même pour en parler ?
Et elle m'envoie un lien qui me fait rebondir sur cette vidéo de l'INA :


06 oct. 1965 - 12min 07s

Interviewé par Pierre DESGRAUPES, Georges PEREC parle de l'intrigue de son livre : un hold-up. Il analyse l'attitude de ses contemporains - et de lui même - vis à vis du confort, des objets, de la société de consommation. Il pense être capable de la décrire cette société, il n'a pas encore les moyens de la contester.

mardi 17 décembre 2013

Le Grand Incendie

« Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais
me brûler à Pôle emploi. J’ai travaillé 720h et la loi, 
c’est 610h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier ».
(Lettre laissée par une victime de la démocratie libérale)


Ils se sont immolés par le feu pour se faire entendre : tel le sous-titre du Grand Incendie, film documentaire interactif réalisé par Samuel Bollendorff (photographe ; il s'occupe de l'image) et Olivia Colo (journaliste ; elle assure le son). Une production Honkytonk Films.
En effet, ce webdoc recense chacune des immolations par le feu qui ont eu lieu en France sur des lieux publics depuis 2011 —voilà, d'ailleurs, le sens littéral du mot "holocauste" (holocaustum : « brûlé tout entier »).
Elles ont eu lieu, bilan accablant, un peu partout (au Pôle Emploi, sur le parking d'une agence France Télécom, dans la cour d'un lycée, devant l'Elysée...) et trop souvent : en moyenne, une fois tous les quinze jours. Oui, vous avez bien lu : il s'agit d'une immolation toutes les deux semaines ; donc, ce ne sont pas des faits divers, mais un même fait répété qui se répand comme une épidémie ; c'est un signal d'alarme, c'est un message fort, multiple, envoyé à la société, aux média, que la société et les média ont décidé d'ignorer royalement jusqu'à présent. Ce ne sont pas des fous, mais des faits, des effets à lier à leur(s) cause(s)...
Les réalisateurs du Grand Incendie s'expliquent à cet égard un peu plus bas, dans la citation de Télérama.

Le Monde écrit à propos de ce film :
Les réalisateurs ont alors retenu sept histoires auxquelles ils ont voulu consacrer un peu plus qu'un bandeau placardé sur une chaîne d'information en continu.
Samuel Bollendorff et Olivia Colo ont retrouvé les témoins, rencontré les proches des victimes et immortalisé les lieux du drame. Certaines victimes ont laissé des messages derrière elles, interprétés par Philippe Torreton dans le documentaire, qui confronte les témoignages des hommes et des femmes poussés à bout, avec les réactions des institutions françaises. 
Télérama, de son côté...
Samuel Bollendorff et Olivia Colo ne sont pas tombés tout de suite sur la sinistre statistique qui ouvre Le Grand Incendie. Ils avaient lu un livre du chirurgien Maurice Mimoun, et pensaient écrire un documentaire sur un service de grands brûlés. « Maurice Mimoun avait écrit : “ne se brûle pas n'importe qui”, ça nous avait déjà pas mal intéressés », note Olivia Colo. « Et puis nous sommes tombés sur un cas d'immolation. Puis un deuxième. Puis un troisième. On s'est mis à les recenser par un système d'alertes, en cherchant tout ce qui était passé par les médias. Il pouvait s'agir d'une ligne sur un site de presse locale, ou d'une minute au 20 heures. On a voulu sortir du fait divers, et s'interroger sur ce message adressé au collectif que le collectif refuse d'entendre », dit Samuel Bollendorff. Parce qu'il était impossible de traiter tous ces drames dans leur intégralité, ils sont partis des lieux où ils s'étaient déroulés : le parking de France Télécom-Orange pour Rémy Louvradoux, qui y était chargé, dans son agence, de la prévention des suicides, la cour du lycée Jean-Moulin à Béziers pour Lise Bonnafous, professeur de mathématiques, devant la Caisse d'allocations familiales de Mantes-la-Jolie pour Jean-Louis Cuscusa, devant une agence Pôle Emploi de Nantes pour Djamal Schaar... « Dans la majorité des cas, on voyait se dégager le choix de lieux incarnant le bien commun, le modèle social français hérité de l'après-guerre, le service public ou bien des entreprises privatisées qui en faisaient autrefois partie... on s'est concentré sur ces cas-là, sur la portée symbolique et sacrificielle de leur geste ». Et gardé, en fin de compte, ceux où une parole pouvait se libérer, celle des proches, des collègues ou des survivants.
Le webdocumentaire est disponible sur les sites de deux de ses coproducteurs : Le Monde et France TV Info.

Au sujet du suicide et de la souffrance suite aux violences exercées contre le Travail dans les sociétés ultralibérales, voici un billet précédent.
À l'égard des dérives de l'assistanat, le grand alibi é-wauquié par les néo-cons les plus faux-cons et le plus sacrément culottés, cliquez ici et .


ACTUALISATION DU 5/09/2014 :
RFI - Publié le 01-09-2014.

Le Grand Incendie, Visa d’Or du webdocumentaire RFI-France 24

dimanche 15 décembre 2013

Un film sur l’inviolabilité du culte de la personnalité et des privilèges en Espagne

El sistema de caza de brujas estaba demasiado bien
diseñado, fue demasiado duradero, severo y tenaz. Y sólo
se pudo sostener gracias a intereses duraderos, severos y tenaces.
(...) Sugiero que la mejor manera de comprender la causa
de la manía de las brujas es examinar sus resultados
terrenales en lugar de sus intenciones celestiales. (...) 
[L]os pobres llegaron a creer que eran víctimas de brujas
y diablos en vez de príncipes y papas.

Marvin Harris : Vacas, cerdos, guerras y brujas. Los enigmas de la cultura. 
El libro de bolsillo, Antropología ; Alianza Editorial, 1980 - 2005, p. 213



Les erreurs du sous-titrage mises à part...


Juan Carlos : le crépuscule d'un roi
Dernière diffusion TV : Vendredi 22 novembre 2013 à 15h35 sur Canal+

Prochaine émission
: Vendredi 20 décembre de 09:30 à 10:25 sur Canal+ Séries
Synopsis de Juan Carlos : le crépuscule d'un roi
Intouchable pendant 35 ans, le roi Juan Carlos ne parvient plus à séduire son peuple. Sa cote de popularité, qui culminait à 90% d'opinions favorables, est tombée sous la barre des 50%. Depuis 2012, le souverain espagnol a vu son image se ternir au fil des scandales : affaires de moeurs, enfants cachés, brouilles familiales et corruption l'ont fait plonger dans la controverse. Dans un pays violemment frappé par la crise économique, son train de vie dispendieux choque. Autrefois considéré comme le sauveteur de la nation, Juan Carlos est aujourd'hui dépeint par les satiristes comme un vieillard diminué. Certains réclament son abdication.

Un film de Caroline du Saint qui en dit long sur la liberté de presse, la presse libre, le culte de la personnalité, la chasse et d'autres authenticités.
Ah, l'insoutenable irresponsabilité des chefs.

jeudi 28 novembre 2013

Logiciels libres contre le pistage, la censure et la marchandisation de nos vies

Facebook est une entreprise dont le modèle économique 
repose sur la collecte des données personnelles de ses 
utilisateurs pour les revendre à des publicitaires. Ces 
informations très précises leurs permettent de mettre sous
les yeux des internautes des publicités correspondant à leur profil. 
Ces derniers sont donc plus susceptibles de cliquer dessus. 
Ainsi Facebook n’est pas un produit/service. Nous sommes
le produit que Facebook vend, et cela a des conséquences
très concrètes que nous allons voir.
(Extrait de sortirdefacebook)


Que faire lorsque le software dominant est décidément trop hard, trop heavy ? L’article de Marie Bénilde « La traque méthodique de l’internaute révolutionne la publicité », paru dans Le Monde diplomatique de novembre 2013 sous l'exergue « Le droit à la vie privée taillé en pièces pour mieux vendre », a suscité une brève et pertinente réaction de la part de Vincent Dardel publiée dans le courrier des lecteurs du Diplo de décembre 2013, qui vient de sortir.
Après des remarques sur les logiciels libres et ses capacités à contrecarrer le pistage et la censure, Vincent Dardel, nous fournit quelques tuyaux que je me permets de vous relayer —au cas où ils pourraient éclairer votre lanterne en la matière, alors qu'un matraquage tous azimuts et sans merci veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Voici sa lettre telle qu'on peut la lire sur le Diplo :
Que pouvons-nous faire, à part ne plus aller sur Internet ? En vérité, beaucoup de choses. Nous devons adopter les logiciels libres en même temps qu’utiliser des réseaux distribués. Les logiciels libres sont garants de transparence et de reprise en main par une communauté, et les réseaux distribués (courrier électronique, téléchargement de pair à pair : chaque fournisseur de courriel est indépendant mais capable de communiquer avec les autres) permettent qu’un réseau ne soit pas contrôlé par une seule entité. Le pistage et la censure deviennent autrement plus difficiles. Idéalement, et des hackers y travaillent depuis plusieurs années, chaque utilisateur du réseau (ou à peu près !) serait maître de ses données.
Ainsi, nous pouvons utiliser DuckDuckGo ou Seeks.fr au lieu de Google ; Movim ou Friendica pour celles et ceux qui souhaitent des réseaux « sociaux » ; Jitsi, Ekiga au lieu de Skype ; Linux Mint — facile à prendre en main ! — au lieu de Windows et de Macintosh, quelques extensions Firefox, etc.
Je vous renvoie à Sortir de facebook : enjeux et alternatives et Prism Break pour plus d’idées.
Sortir de facebook (pour ceux qui en ont besoin ou ne sont pas encore atteints par la névrose narcissique) vous apporte beaucoup d'informations en la matière mises à jour précisément en novembre 2013. En voici son intro :

Sortir de facebook : enjeux et alternatives

Vous doutez de Facebook, vous avez déjà envisagé de vous désinscrire ? Bravo ! Nous essayons dans cette brochure d’élargir le débat, de présenter d’autres réseaux sociaux par nature respectueux de l’utilisateur et plus riches en fonctionnalités, et enfin de montrer comment il ne faut pas vous arrêter à la sortie de Facebook pour adopter de bonnes manières dignes d’un internet libre (courriel, messagerie instantanée, conférence vidéo, etc).
Bonne lecture !

Vous trouvez cette page trop longue, ou très intéressante ? Téléchargez le pdf, imprimez-le en format livret, lisez la brochure dans le bus et faites-la tourner !

Brochure au format pdf : sortirdefacebook-0.2.1.pdf (32 pages, 2 Mo)
Version imprimable (avec couverture) : sortirdefacebook-0.2-couv.pdf
Les sources de la brochure sont disponibles en ligne.
Dernière mise à jour : novembre 2013
Sa table de matière est vraiment très touffue et fait bien mouche :

Quant à PRISM Break, c'est un site qui s'exprime, plutôt très mal, en plusieurs langues, y compris le français et le castillan ; ses traductions sont déchirantes : des déchets et hilarantes.
Bref, en dépit de ces anicroches, il vous propose d'utiles alternatives libres aux logiciels propriétaires afin d'arrêter de déclarer vos activités en ligne au gouvernement étasunien et dans le but de mettre des bâtons dans les roues à PRISM, le programme de surveillance globale des données de la NSA, l'« Agence nationale de la sécurité » —organisme dépendant du Département de la Défense des États-Unis et responsable de l'espionnage d'origine électromagnétique et du contrôle des systèmes d'information à l'échelle planétaire.
Prism Break démarre par une déclaration de principes claire comme de l'eau de roche :
Apple, Google et Microsoft font partie de PRISM. Leurs systèmes d'exploitation propriétaires ne sont pas sûrs pour protéger vos informations personnelles de la NSA.
 Son menu est également très ambitieux ; n'hésitez pas à y plonger.

________________________________
Mise à jour du 13.02.2014 :

L'April publie depuis le 2 décembre 2010 un catalogue de logiciels libres. Leur objectif est d'en présenter correspondant à des usages quotidiens de l'ordinateur. Le contenu du catalogue est complété par une série d'encadrés détaillant des enjeux liés aux logiciels libres.
Par ailleurs, vu la surveillance de masse mise en place par la NSA, l'April mène actuellement une campagne :

Donnons la priorité au Logiciel Libre !

vendredi 22 novembre 2013

Camus entre justice et mère, par José Lenzini et Laurent Gnoni

Cette année est celle du centenaire de la naissance d'Albert Camus : il naquit le 7 novembre 1913 à Mondovi, dans le département de Constantine (depuis l'indépendance algérienne, Dréan dans la willaya d'El Taref), en Algérie française, et décéda dans un accident de voiture le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne.
Les éditions du Soleil publient Camus entre justice et mère, une BD biographique sur Camus dont on peut lire les six premières planches...
 
CAMUS - Entre Justice et Mère

CAMUS

Scénariste : LENZINI
Dessinateur : GNONI
Coloriste : GNONI

L'ALBUM DU CENTENAIRE DE LA NAISSANCE D'ALBERT CAMUS.

Ce roman graphique de plus de 100 pages retrace la vie d’Albert Camus qui demeure, plus de 50 ans après sa mort, l’un des écrivains français les plus populaires et les plus étudiés.
De sa naissance en Algérie, de son enfance dans un quartier populaire d’Alger, de sa carrière d’écrivain et ses multiples engagements littéraires et politiques, notamment en faveur des indépendantistes algériens et des anti franquistes, jusqu’à l’obtention du prix Nobel en 1957 et son décès en 1960 sur une route de l’Yonne, cette magnifique biographie permet de découvrir la face humaine de Camus, ses fragilités, ses doutes… à travers le regard de sa mère.
Un roman graphique de référence écrit par un camusien renommé, José Lenzini, auteur des Derniers jours de la vie d’Albert Camus (Actes Sud) et de Camus et l’Algérie (Edisud), mis en image par Laurent Gnoni (Bye-bye Love avec Serge Le Tendre).

Ravages du chalutage profond illustrés par Pénélope Bagieu

Sur le site de l'association Bloom, on peut accéder ces jours-ci à une information et une pétition :

L’AVENIR DES OCÉANS PROFONDS EST ENTRE NOS MAINS, AGISSONS !

URGENCE OCEANS PROFONDS

2013 est une année cruciale pour la protection des océans profonds : la Commission européenne a proposé l’interdiction du chalutage profond, une méthode de pêche décrite par les chercheurs comme « la plus destructrice de l’histoire » : d’immenses filets lestés raclent les fonds marins jusqu’à 1800 mètres de profondeur et dévastent des écosystèmes multimillénaires et des espèces vulnérables, dont certaines sont menacées d’extinction.
En France, moins de dix navires sont impliqués dans la pêche profonde au chalut de fond. Six d’entre eux appartiennent à la flotte d’Intermarché. Malgré les millions d’euros d’aides publiques qu’ils perçoivent, ces navires industriels sont tous déficitaires. Le chalutage profond est un gouffre à fonds publics ; il n’existerait pas sans le soutien de nos impôts.
Les lobbies de la pêche industrielle font pression sur les Etats membres de l’Union européenne et les députés du Parlement européen pour éviter l’interdiction de cette méthode de pêche dont le modèle économique sous-performant et dépendant des aides publiques appartient au passé. Les lobbies s’appuient notamment sur la France pour faire avorter le règlement européen.
La mobilisation citoyenne peut contrecarrer le pouvoir des lobbies : aidez-nous à éliminer cette méthode de pêche destructrice et à faire en sorte que nos élus et diplomates retrouvent la dignité de leur fonction en recevant des directives claires et ambitieuses de la part du Président de la République.
Signez pour mettre fin à ce non-sens économique et écologique.
Si vous tenez à une explication détaillée, pleine d'humour et de trempe, lisez-la sur une planche de BD joliment illustrée par la dessinatrice Pénélope Bagieu et repérable sur son blog (depuis le lundi 18 novembre) ; comprendre les conséquences désastreuses du chalutage en eau profonde et la mesquinerie économique qui se cache dessous ne vous prendra même pas cinq minutes :

Prends cinq minutes, et signe, copain.


vendredi 15 novembre 2013

Centenaire de "Du côté de chez Swann", sur INA.fr

A l'occasion du centenaire de la sortie de Du côté de chez Swann (publié par Grasset à compte d'auteur le 14 novembre 1913), INA.fr vous propose une série d’archives sur Marcel Proust et son œuvre. Au menu :

Marcel Proust, une vie, une œuvre

 Marcel Proust disparaissait le 18 novembre 1922. L’auteur d’A la recherche du temps perdu appartient aujourd’hui au Panthéon de la littérature française. La rédaction d’Ina.fr vous propose plusieurs témoignages et documentaires sur l’écrivain :
- Jean Cocteau nous livre plusieurs anecdotes sur Marcel Proust. Le cinéaste se remémore devant la caméra ses entrevues avec l’auteur dans son appartement du boulevard Haussmann à Paris. C’est là que, malade, l’écrivain vivait reclus jusqu’à la fin de sa vie. Cocteau évoque « un aquarium glauque » pour parler de la chambre de Proust. Il nous confie également une étonnante histoire : l’écrivain qui n’aimait pas le bruit payait très cher des ouvriers pour ne pas qu’ils travaillent à la rénovation de l’appartement situé au-dessus du sien.
- C’est dans cet appartement que l’écrivain se confie à Céleste Albaret, sa gouvernante qui l’a accompagné jusqu’à la fin de sa vie. Marcel Proust souffre d’asthme depuis son enfance et une mauvaise bronchite l’affaiblit de plus de plus. La domestique raconte avec émotion l’état de fatigue de l’écrivain, ses peurs et ses craintes avant de décéder.
- Nombreux sont les lecteurs à souligner la modernité de l’oeuvre de Proust.  Plusieurs grands noms du cinéma français comme Simone Signoret affirment avoir été émerveillés par les romans de l’écrivain et séduit par son style. Pour Michel Audiard, « Swann est un des plus beaux personnages de la littérature française ».
- Marcel Plantevignes, auteur de « Avec Marcel Proust : Causeries - souvenirs sur Cabourg et le boulevard Haussmann », affirme que le romancier n’avait pas une très bonne opinion de lui-même. Ecoutez-le expliquer comment il a trouvé et « offert » le titre du roman « A l’ombre des jeunes filles en fleur » à Proust.
- Issu d’une riche famille parisienne, Marcel Proust fréquente très tôt la jeunesse dorée et les milieux mondains de la capitale. Cette société parisienne aisée est omniprésente dans son œuvre qui nous apprend beaucoup sur l’histoire sociale du début du XXème siècle comme le montre ce documentaire sur la société française à l’époque de Marcel Proust.
- Partez enfin sur les lieux qui ont inspiré l’écrivain : Cabourg sous la pluie, la maison de tante Léonie à Illiers-Combray, Venise.

Hommage à Marcel Proust avec Ina.fr

Juste pour rire : l'adolescent Marcel découvrit un jour un jeu anglais qui l'amusa beaucoup. Mot préféré, juron favori, drogue chouchoute ? Ce test est désormais... le questionnaire de Proust. Bernard Pivot décida de s'en approprier pour rigoler un peu avec ses invités de Bouillon de Culture. Suivez le lien.

jeudi 7 novembre 2013

La sous-traitance comme traite d'êtres humains et pillage des sous publics

(...) [municipalizar el servicio es una posibilidad que]
"no saldría muy cara, ya que la maquinaria que se utiliza
viene de contratas anteriores y pertenece al Ayuntamiento,
se ahorraría el beneficio que las empresas obtienen con
estos servicios y los ingresos por impuestos irían íntegramente
a las arcas públicas en lugar de a empresas privadas"
(Moisés Torres)


Nous vivons à Madrid une grève illimitée des services de nettoyage :


Ils dénoncent la suppression de plus de 1000 postes et une baisse de salaires pouvant aller jusqu‘à 40%. Le personnel de nettoyage de Madrid est en grève, un mouvement qui durera tant que la direction ne reviendra pas sur sa décision. Les syndicats refusent de négocier. 7000 salariés de cinq entreprises sous contrat avec la mairie sont concernés par cette mesure. Un énième plan social pour l’Espagne confrontée à l’explosion des déficits publics, les salariés en ont plus qu’assez : “Ils vont nous mettre dehors avec une indemnité de départ honteuse . Il y a des gens qui ont travaillé 28, 30 ans s’insurge un manifestant.”
“Cela suffit ! tout cela cela doit cesser une fois pour toutes. santé, éducation, ville, les services publics en général, tout part à l’abandon, c’est l’enfer.”

Madrid va se transformer en porcherie avertit l’association des entreprises de nettoyage de qui dit ne pas voir d’issue au conflit et veut mettre en place un service minimum. A Madrid, un jardinier gagne 900 euros et un agent de nettoyage 1.050 euros.


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Information là-dessus de Público, journal en ligne (en castillan).

Récapitulons. À la mairie, le gouvernement municipal du parti politique X, qui a pris sous son bonnet de gérer la res publica (la chose publique), se soustrait à ses obligations et brade le patrimoine et les services de tous au nom de l'efficacité (« efficience », disent-ils), quoique sous le critère les copains d'abord et/ou le do ut des. Lorsque la débâcle balaie les rues de la ville, le gouvernement municipal en question (le « donneur d'ordre ») prétend qu'il n'y est pour rien, sous prétexte que le service lambda a été « externalisé ». Il ne manquerait plus que ça : au bout du compte, s'ils se sont évertués à privatiser le bien commun et à sous-traiter les services essentiels, stratégiques, c'est justement pour que personne ne leur en parle : ils ont d'autres chats à fouetter (cf. la case de départ). Et la boucle est bouclée. Car les quatre piliers de la sous-traitance, et cavaliers de l'apocalypse sociale, sont la baisse des salaires de la main-d'œuvre, la réduction des « effectifs », l'avilissement des conditions de travail et l'accroissement conséquent des profits des copains, dont les rémunérations et dividendes ne sauraient être jamais modérés. C'est la Bouteille à l'encre, c'est la Bouteille pleinement vide jetant l'ancre pour cause de conjointisme —quel cas de figure de falot-cratie ou, plutôt, de falote-cratie. C'est fétide, puant, irrespirable. Comme l'air du temps. Comme les différentes pollutions qui colonisent nos corps et nos esprits à longueur d'existence marchandisée.

J'ai remarqué que cette histoire de « sous-traitance » ou « externalisation » n'a pas été très bien comprise par pas mal d'honnêtes citoyens, y compris parmi ceux qui ont voté pour le parti X, d'autant qu'ils tenaient, verbi gratia, à ce que les hôpitaux fonctionnent ou que les rues soient nettoyées.
Je copie ensuite à leur intention un fragment d'André Gorz contenu dans son essai L'Immatériel. Connaissance, valeur et capital, Éd. Galilée, 2003. Bien qu'il ait été conçu —en 2003 !— pour analyser d'une manière générale les transformations de la connaissance en capital immatériel dans la nouvelle économie, il permet de comprendre le rapport existant entre sous-traitance et traite des êtres humains, entre vrai travail et vrai profit. Bref, de saisir la nature perverse des sous-traitances dans le cadre très pervers échafaudé par la Finance.
Gorz, à partir d'une lecture de Jeremy Rifkin (1), écrit...

(...) La nouveauté, pour Rifkin, peut se résumer ainsi : la dimension immatérielle des produits l'emporte sur leur valeur d'usage pratique et, bien entendu, sur leur valeur d'échange, qu'elle gomme. La majeure partie des bénéfices est réalisée grâce à la dimension immatérielle des marchandises. Leur « matérialisation devient secondaire du point de vue économique ». Les entreprises de production matérielle sont reléguées au rang de vassales des firmes dont la production et le capital sont essentiellement immatériels.
Ainsi, une proportion rapidement croissante de firmes préfère louer son capital fixe matériel (bâtiments, installations, machines, matériels de transport) plutôt que d'en être propriétaire. « Use it, don't own it » est la devise. Aux États-Unis, un tiers des machines, des installations et des moyens de transport est loué. 80% des entreprises louent leur infrastructure à 2 000 agences spécialisées. Un tiers des industries a externalisé plus de la moitié de ses activités de production. IBM et Compac, les deux leaders de leur branche, sous-traitent à la même firme, Ingram, la construction, la livraison et la facturation de leurs ordinateurs. Nike ne possède ni installations ni machines : son activité se borne à la conception et au design. La fabrication, la distribution, le marketing et la publicité sont confiés à des sous-traitants.
Cette externalisation de la production et du capital fixe matériel n'est pas un simple prolongement de la
« production allégée » (lean production) et du reengineering des années 1990. Il ne s'agit plus simplement de réduire le temps de circulation du capital aussi radicalement que possible en éliminant les stocks et tout le personnel stable à l'exception d'un noyau. Il s'agit maintenant d'imposer une nouvelle division du travail non seulement entre prestataires de travail mais entre entreprises et capitaux. Le capital matériel est abandonné aux « partenaires » sous-traitants de la firme mère qui assume envers eux le rôle de suzerain : elle les force, par la révision permanente des termes de leur contrat, à intensifier continuellement l'exploitation de leur main-d'œuvre. Elle achète à très bas prix les produits livrés par les sous-traitants et encaisse des gains très élevés (dans le cas de Nike, par exemple, 4 milliards de dollars par an pour les seules ventes aux États-Unis) en les revendant sous sa marque. Le travail et le capital fixe matériel sont dévalorisés et souvent ignorés par la Bourse, tandis que le capital immatériel est évalué à des cours sans base mesurable.

Comprenez-vous maintenant pourquoi on veut, entre autres, démoniser et supprimer les fonctionnaires ? Parce que les prestations qu'ils rendent à la société constituent la dernière niche à investir par la Prédation. Une aubaine car il s'agit de services dont personne ne peut se passer.



(1) Jeremy Rifkin : The Age of Access. The New Culture of Hypercapitalism where All of Life is a Paid-For Experience, New York, G. P. Putnam, 2000. Traduction française de Marc Saint-Upéry, L'âge de l'accès, Paris, La Découverte, 2000.

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P.-S. - J'espère pouvoir en parler plus calmement. Entretemps, je vous propose de lire...

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon : La violence des riches, Chronique d’une immense casse sociale, Éditions Zones / La découverte, 2013, 256 pages, 17 €.

mercredi 30 octobre 2013

Noire Finance, documentaire ARTE à deux volets

Noire Finance (film documentaire en deux parties) a été diffusé hier soir sur ARTE, à 20 h 50.
Voici l'information fournie par la chaîne franco-allemande à propos des deux volets de cette minisérie sur la Finance qui nous pompe sans état d'âme...
Dans ce premier volet, les auteurs remontent au fameux jeudi noir d'octobre 1929 à Wall Street, pour montrer comment une crise boursière se transforme en crise bancaire, qui elle-même se développe en crise économique mondiale.
Des "barons voleurs" d'hier aux golden boys des années Tapie, des accords de Bretton Woods à la création de l'euro, il retrace ensuite les différentes étapes qui ont conduit à la libéralisation des flux financiers. Assurances, produits dérivés, fonds spéculatifs (hedge funds)… : les dispositifs techniques se succèdent pour accroître les profits, augmentant toujours plus le risque et la fraude systémiques.
Pourquoi faut-il donner de l'argent public aux banques privées en faillite ? C'est par cette question sans ambiguïté que s'ouvre ce passionnant documentaire qui, pendant plus de deux heures, nous entraîne dans les arcanes d'un système financier devenu incontrôlable. Y répondre n'était pas gagné d'avance, tant est opaque l'univers de la finance. Mais Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi (déjà coauteurs pour ARTE de Série noire au Crédit Lyonnais et de ELF : les chasses au trésor) nous ont habitués depuis longtemps à traiter sous une forme accessible des dossiers complexes. Noire finance s'inscrit dans cette veine : un montage très éclairant de propos de spécialistes, émaillé de scènes d'animation, retrace l'histoire politique des déréglementations qui ont abouti à la financiarisation de l'économie mondiale, au profit d'une spéculation criminelle.
Le second volet montre comment, à travers l'éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes des années 2000, le "piège à pauvres" s'est refermé.
Il décortique les rouages de la "machine à dette" et expose avec clarté les logiques boursières qui ont mené à la crise mondiale actuelle. Dénonçant l'impunité des "banksters" et leur emprise sur la classe politique occidentale (aux États-Unis, on parle même d'un "gouvernement Goldman Sachs"), les réalisateurs concluent leur enquête sur un chiffre éloquent : les principaux dirigeants financiers mondiaux totalisent 95 milliards de dollars de salaire alors qu'ils ont accumulé 1 000 milliards de perte

Réalisateur : Jean-Michel Meurice.
Auteurs : Fabrizio Calvi, Jean-Michel Meurice.
Producteurs : ZADIG PRODUCTIONS, ARTE GEIE.


Noire Finance partie 1 - La grande pompe à phynances par Nardisto sur Vimeo.



Noire Finance partie 2 - Le bal des vautours par Nardisto sur Vimeo.