mercredi 17 janvier 2024

La Namibie rejette le soutien de l’Allemagne aux intentions génocidaires de l’État raciste d’Israël contre des civils innocents à Gaza

Voici un communiqué de la présidence de la Namibie :
Namibian Presidency, X, 13.01.2024, 8:56 PM

Namibia rejects Germany’s Support of the Genocidal Intent of the Racist Israeli State against Innocent Civilians in Gaza

On Namibian soil, #Germany committed the first genocide of the 20th century in 1904-1908, in which tens of thousands of innocent Namibians died in the most inhumane and brutal conditions. The German Government is yet to fully atone for the genocide it committed on Namibian soil. Therefore, in light of Germany’s inability to draw lessons from its horrific history, President @hagegeingob [Hage G. Geingob] expresses deep concern with the shocking decision communicated by the Government of the Federal Republic of Germany yesterday, 12 January 2024, in which it rejected the morally upright indictment brought forward by South Africa before the #InternationalCourtofJustice that Israel is committing genocide against Palestinians in #Gaza.

Worryingly, ignoring the violent deaths of over 23 000 Palestinians in Gaza and various United Nations reports disturbingly highlighting the internal displacement of 85% of civilians in Gaza amid acute shortages of food and essential services, the German Government has chosen to defend in the International Court of Justice the genocidal and gruesome acts of the Israeli Government against innocent civilians in Gaza and the Occupied Palestinian Territories.

Germany cannot morally express commitment to the United Nations Convention against genocide, including atonement for the genocide in Namibia, whilst supporting the equivalent of a holocaust and genocide in Gaza. Various international organizations, such as Human Rights Watch have chillingly concluded that Israel is committing war crimes in Gaza.
President Geingob reiterates his call made on 31 December 2023, “No peace-loving human being can ignore the carnage waged against Palestinians in Gaza”. In that vein, President Geingob appeals to the German Government to reconsider its untimely decision to intervene as a third-party in defence and support of the genocidal acts of Israel before the International Court of Justice.
Gloire à la Namibie !
Voici une traduction française de ce texte juste, courageux et nécessaire :
La Namibie rejette le soutien de l’Allemagne aux intentions génocidaires de l’État raciste d’Israël contre des civils innocents à Gaza.
Sur le sol namibien, l'#Allemagne a commis le premier génocide du XXe siècle entre 1904 et 1908, au cours duquel des dizaines de milliers de Namibiens innocents sont morts dans les conditions les plus inhumaines et les plus brutales. Le gouvernement allemand n’a pas encore entièrement expié le génocide qu’il a commis sur le sol namibien. Par conséquent, face à l’incapacité de l’Allemagne à tirer les leçons de son horrible histoire, le président @hagegeingob exprime sa profonde préoccupation face à la décision choquante communiquée par le gouvernement de la République fédérale d'Allemagne hier, 12 janvier 2024, dans laquelle il a rejeté l'acte d'accusation moralement juste présenté par l'Afrique du Sud devant la #Courinternationale de justice (CIJ) selon lequel Israël commet un génocide contre les Palestiniens en #Gaza.
De manière inquiétante, ignorant la mort violente de plus de 23 000 Palestiniens à Gaza et divers rapports des Nations Unies soulignant de façon troublante le déplacement interne de 85% des civils à Gaza dans un contexte de pénurie aiguë de nourriture et de services essentiels, le gouvernement allemand a choisi de défendre devant la Cour internationale de Justice les repoussants actes génocidaires commis par le Gouvernement israélien contre des civils innocents à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés.
L’Allemagne ne peut pas moralement exprimer son engagement envers la Convention des Nations Unies contre le génocide, y compris l’expiation du génocide en Namibie, tout en soutenant l’équivalent d’un holocauste et d’un génocide à Gaza. Diverses organisations internationales, telles que Human Rights Watch, ont conclu de manière glaçante qu'Israël commet des crimes de guerre à Gaza.
Le président Geingob réitère son appel du 31 décembre 2023 : « Aucun être humain épris de paix ne peut ignorer le carnage mené contre les Palestiniens à Gaza ». Dans cette optique, le président Geingob appelle le gouvernement allemand à reconsidérer sa décision intempestive d'intervenir en tant que tiers parti pour défendre et soutenir les actes génocidaires d'Israël devant la CIJ.
Un texte qui fait d'une pierre deux coups car il situe et Israël et l'Allemagne dans leur triste et cruelle réalité génocidaire. Au bout du compte, l'épouvantable génocide des Juifs européens par le Nazisme et ses alliés européens est l'alibi sur lequel le sionisme et ses alliés ont pu mener à bien une épouvantable aventure suprémaciste, raciste, coloniale, d'épuration ethnique et de ravage et de pillage tous azimuts en Palestine, contre la vie, les corps, les maisons, les terres, les villages, les petites villes, les monuments, les oliviers, les arbres fruitiers, la toponymie, l'archéologie, la mémoire, les désirs, les aspirations, les amours, le sommeil et j'en passe de la population native de la Palestine historique. 
Comme le rappelait dans un article à juste titre Joseph Massad, de l'université de Columbia, l'Allemagne a toujours été un ennemi tenace, voire acharné, de la lutte et de la liberté palestiniennes, et sa contribution à la colonisation, le tourment et le saccage de la Palestine au fil des années a été idéologique, financière, physique et militaire (cf. Joseph Massad, Germany: An enduring enemy of the Palestinian struggle, Middle East Eye, 16.07.2021). L'amorce de l'article du professeur Massad était concluante :
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier s'est rendu en Israël il y a deux semaines et a rencontré le Premier ministre Naftali Bennett, dont les parents américains sont venus de San Francisco pour coloniser la Palestine en juillet 1967. Bennett s'est vanté : « J'ai tué beaucoup d'Arabes dans ma vie et il n'y a aucun problème avec ça. »
Nous saluons cette action de la Namibie car elle n'est d'ailleurs pas que symbolique, et ceci pour deux raisons.
D'abord, première raison, parce que la Namibie n'est pas n'importe quelle nation : elle subit un double génocide allemand entre 1904 et 1908, à l'époque de Guillaume II, lorsque le général Lothar von Trotha s'évertua à tuer directement ou condamner à la mort dans le désert quelque 60 000-65 000 Héréro, puis, à partir d'avril 1905, 10 000 Namas (1).
Ensuite, deuxième raison, parce que, comme le rappelle très pertinemment Ali Abunimah dans un article superbe (Germany supports genocide - again, The Electronic Intifada, 14.01.2024), il existe un antécédent historique précieux et très encourageant en la matière, à savoir, la décision de la CIJ en 1971 affirmant que l'occupation de la Namibie par l'Afrique du Sud du suprémacisme blanc et de l'apartheid était illégale. Cet arbitrage est considéré aujourd'hui comme un élément clé dans la lutte de la Namibie pour son indépendance.

Bref, l'histoire européenne est simplement insupportable. Nos nations sont la honte. Le problème particulier avec l'Allemagne, c'est qu'elle s'acharne encore aujourd'hui, encore et encore, à vouloir réparer ses crimes judéophobes de jadis sur la vie et la liberté des Palestiniens d'hier et d'aujourd'hui, qu'elle collabore aux turpitudes d'un État raciste et colonial, construit sur le martyre de millions de Palestiniens, et qu'elle justifie et soutient d'une manière inconditionnelle cette horreur. Et qu'elle réprime et diffame bassement, par-dessus le marché, toute manifestation en faveur du peuple meurtri, le palestinien, ou contre l'idéologie et les pratiques génocidaires du Sionisme/Israël.

Petite remarque pour conclure : l'esprit du colonialisme allemand du début du XX siècle et l'esprit du colonialisme sioniste d'hier et d'aujourd'hui se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Mis à part l'évidence indiscutable d'une volonté d'extermination ouvertement exprimée dans les deux cas, et de pratiques conséquentes, dans un article publié par le Berliner Zeitung ("Schon jetzt meinen die Neger, Afrika gehört ihnen", 10.01.2004), Ursula Trüper apportait un autre petit détail que je tiens à souligner :
"Wir dürfen niemals den Neger siegen lassen", schreibt beispielsweise ein deutscher Stammtischpolitiker an Kaiser Wilhelm II. "Wo soll es hinkommen nach solchem Sieg. Schon jetzt meinen die Neger, Afrika gehört ihnen."
Traduction : « Nous ne devons jamais laisser les Noirs gagner", écrivait par exemple un homme politique allemand au Kaiser Guillaume II. "Où irions-nous après une telle victoire ? Les Noirs pensent déjà que l'Afrique leur appartient. »
Un peu comme ces entêtés de Palestiniens qui se croient tout permis et pensent que des types disant qu'un Juif ne sera jamais un colon en Judée les ont chassés et les chassent toujours de leur terre à coups de dévastations. 

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(1) Cette double extermination fut accompagnée de travaux forcés —femmes et enfants ne furent pas épargnés— et d'expérimentations médicales, pratiques où excella un médecin et anthropologue à l'avenir Nazi : Eugen Fischer, gourou du Docteur Mengele. Dans un article glaçant, mis à jour à plusieurs reprises (Namibie : le premier génocide de l'Allemagne, TV5 Monde, actualisation du 28.05.2021), Pascal Hérard rend compte de ces abominations inqualifiables perpétrées au nom de la science par la race supérieure :
Des scientifiques allemands demandent à cette époque l'envoi de crânes humains, pour confirmer leurs théories sur la dangerosité de la "mixité des races". Le comble de l'abjection est atteint lorsque les responsables du camp forcent les prisonniers à faire bouillir les têtes d'autres prisonniers morts, puis de retirer leur chair à l'aide de morceaux de verre afin d'envoyer les crânes en Allemagne pour satisfaire "la soif de connaissance" des "scientifiques" de Berlin.
Pasteurs nomades privés de tout par l'armée et les colons allemands, Les Héréro s'étaient révoltés, tuèrent une centaine de colons et furent mitraillés et pourchassés par les envahisseurs ou bannis dans des réserves stériles. La révolte commença le 12 janvier 1904, à 7 h 45 du matin : le premier coup de feu fut tiré à Okahandja, la station militaire la plus importante de la ligne ferroviaire Swakopmund - Windhoek en Afrique du Sud-Ouest allemande. A Osona, à trois kilomètres de là, le pont ferroviaire fut détruit pour couper les voies de ravitaillement allemandes. On peut voir le film de Martin Baer "Weiße Geister". Der Kolonialkrieg gegen die Herero. Dans le point culminant de sa boucherie, Von Trotha ordonna : "Chaque Héréro trouvé à l’intérieur des frontières allemandes, avec ou sans armes, avec ou sans bétail, sera abattu. Je n'accepte aucune femme, aucun enfant, qu'ils s'en aillent ou je laisserai mes hommes leur tirer dessus". Puis furent construits six camps de concentration sur le modèle des camps sud-africains de la guerre des Boers. 
Digression : encore en octobre 2011, nous pouvions lire dans la presse (cf. AFP, 4.10.2011) que 4 000 Namibiens s'étaient rassemblés à l'aéroport de Windhoek pour accueillir les crânes de guerriers héréro et namas massacrés par les militaires de von Trotha et rapatriés d'Allemagne après plus de cent ans ! Et, presque en catimini, les restitutions continuaient en 2018 ! Le 28 mai 2021, l'Allemagne reconnut pour la première fois avoir commis un génocide contre les populations des Héréro et des Nama en Namibie.
Le passé allemand vis-à-vis des populations africaines, ou d'origine africaine, comporte d'autres sommets. Entre 1891 et 1898, l'Allemagne liquida 150 000 Wahehes au Tanganyika, car ils ne souhaitaient pas se faire coloniser. Puis Hitler prononça un discours en 1932 où il menaçait d'envoyer « les Africains et les Juifs dans les camps de concentration. » Ceux qui souhaitent découvrir les effets concrets de cette menace sur des milliers de Noirs peuvent parcourir les 25 chapitres de l'ouvrage de Serge Bilé, Noirs dans les camps nazis, Éd. du Rocher/Le Serpent à Plumes, 2005, 160 p.

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