lundi 23 mai 2022

Olivier Azam, Le langage du corps (politique)

Olivier Azam et la coopérative audiovisuelle Les Mutins de Pangée nous présentent Le langage du corps, de "Très court-métrages expérimentaux et politiques… Avec toujours l’idée, qu’il faut casser le flux et penser le langage du corps." En voici le premier, Investiture :

INVESTITURE par lesmutins.org sur Vimeo.

Le langage du corps (politique) #1

En le regardant/écoutant, j'ai pensé à Coupez le son ! Le charisme politique, le reportage réalisé par René Zayan (1947-2014)(1) conçu pour prouver qu'en politique professionnelle, le charisme ne tient pas à la parole, mais plutôt aux gestes, à la mimique du visage, à l'expression corporelle, et au timbre et aux inflexions de la voix. Donc, au langage non verbal ou langage du corps, pour ainsi dire, sans langue. Et il est bien vrai que nos corps sont très éloquents, en disent long, sans aucun doute. J'insère ce documentaire au bas de ce billet.

Le charisme est, dit Le Robert, la qualité qui permet à son possesseur d'exercer un ascendant, une autorité sur un groupe. Zayan s'amusait à montrer dans son film que pour y parvenir, ce ne sont pas les discours ou les arguments qui comptent autant qu'on le dit, mais les vibrations, les affects déclenchés par les signes que transmet le corps, la gestuelle du quidam en question. Très intéressant, parce que ce que le film de Zayan certifie sans arrêt, sans commentaire ni analyse, c'est que les vainqueurs appartiennent toujours au même parti, c'est-à-dire, à la même fraction ou classe, à la même mafia (qui peut avoir plusieurs familles) ; que les heureux gagnants ont toujours derrière eux un gros soutien du Capital, voire le plus gros financement d'habitude, car justement, les élections en démocratie libérale ont poussé beaucoup à l'abstention ou à se pincer le nez, mais n'ont jamais servi à faire sauter la banque —et si de rare aventure ce péril s'est avéré, la réaction de la banque a toujours coupé court à la fête. 

C'est cette majesté grandeur ver de terre, unique, inique, ravie de soi, imbécile du Corps Politique Triomphant (les images sentant le régime, la classe de la pompe en grande pompe et parfait repli communautaire, pas exactement les effluves de tel ou telle individu : c'est un corps, un groupe formant un ensemble très organisé, celui des Gardes du Corps en tenue de gala rituel pour fêter l'investiture de leur actuel primum inter pares, leur meilleur empireur parmi nous), en contraste avec le Corps Électoral Toujours Perdant et Empiré, qu'a voulu exhiber Olivier Azam, qui, cajolant son but, ne s'est pas gêné pour utiliser des trucages artistiques —visuels, accélérés, ralentis, inversions, répétitions..., et musicaux, très pompe et circonstance— à l'heure de monter une vidéo de mépris sarcastique. 

Ou quand les effets de la manipulation sont plus vrais que nature. À ce propos, un site spécialisé écrit, par exemple : "(...) le ralenti permet de décomposer un mouvement pour que le spectateur puisse mieux apprécier la performance. L'accéléré est utilisé pour donner une sensation de temps qui passe tout en conservant la perception du mouvement, mais également pour traduire l'aspect cocasse de la situation." J'ai adoré appliquer ces explications au court métrage monochrome d'Olivier Azam, où le seul Grand Remplacement à remarquer est, rendons-nous à une évidence sautant aux yeux, celui sur lequel nous alerte El Mundo Today (un Gorafi espagnol). Et j'ai bien compris que ce n'est pas Manuel Valls qui veut être sans le sou-rire.


Coupez le son ! Le charisme politique (Documentaire)


À propos d'Olivier Azam, sur ce blog :

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(1) Alors professeur de psychologie politique à l'Université Catholique de Louvain.

vendredi 11 mars 2022

Ilan Pappé : l’agression à l'Ukraine montre encore une humanité à géométrie variable



Dans ses interviews après le dernier bombardement
israélien barbare de la bande de Gaza en mai 2021,
[
Volodymyr Zelensky] a déclaré que la seule tragédie
à Gaza était celle subie par les Israéliens.

(Ilan Pappé, Navigating our Humanity: Ilan Pappé on the Four Lessons from Ukraine,
The Palestine Chronicle, 4/03/2022)

La résistance nationale est un privilège blanc.
(Ahmed S. Hashim, Crise ukrainienne. La résistance, un « privilège blanc »,
OrientXXI.info, 10/03/2022)



L'invasion de l'Ukraine est une horreur épouvantable déclenchée par Vladimir Poutine... après une longue histoire, une très très longue histoire, qu'il faut aussi expliquer. Notre empathie et notre soutien doivent s'adresser à toutes les victimes de ce crime (y compris les Russes qui s'opposent au président de la fédération de Russie) aux conséquences incertaines. Elles sont déjà très graves et pourraient s'avérer encore plus terribles : rien que d'y penser, on a la chair de poule. Ce qui n’est pas une raison qui puisse nous empêcher, loin de là, de réfléchir aux cruautés ordinaires que la réalité nous étale. Cet article tourne exclusivement autour du scélérat concept d'humanité du système qui gouverne nos existences.

Je partage entièrement l'indignation d'un homme juste et courageux, le député irlandais Richard Boyd Barrett qui, excédé, dénonçait le 2 mars le double langage et la double politique de son gouvernement, qui sanctionne la Russie et soutient Israël —et fait des chichis s'il entend les mots qui définissent ou décrivent les différents crimes de l'État colonial d'Israël :

"(...) all of us have rightly condemned the crimes against humanity that are being committed by Vladimir Putin in Ukraine. And the government has moved instantly, within five days, to sanction Putin's regime and take urgent action. And the strength of language that was used, rightly against Putin, as a barbarian, as a thug, as a murderer, as a warmonger, all of which are true, all of those things, all of those things applied, applied to the state of Israel in its treatment of the Palestinians. And yet the government is 'concerned' about its use of language, and doesn't feel it is appropriate to even use the word apartheid, when Amnesty International, the most respected human rights organisation in the world, and Human Rights Watch, within a very short period of time, issue these damning reports saying that Israel, since its foundation, has been built on a system of oppression and domination and apartheid and racism involving the murder of unarmed innocent civilians on a regular basis, arbitrary detention and imprisonment, land annexations, the displacement of people, the denial of basic fundamental rights to six million Palestinians who are displaced outside Israel in the Occupied Territories to the rights of their return to their homes, to the illegal blockade of Gaza, which is left, as they say in the report, 'Gaza in a permanent state of humanitarian crisis', denying people access to food, to water, and treating the Arab population as a whole, the Palestinian population as a whole, as an inferior race. I mean, it doesn't get stronger than this, And yet you want to be careful about your language. You are happy to correctly use the most strong and robust language to describe the crimes against humanity of Vladimir Putin, but you will not use the same strength of language when it comes to describing the Israel's treatment of the Palestinians when it is now being documented and detailed by two of the most respected human rights organisations in the world. And indeed has been alleged by dozens and dozens of non-governmental organisations. And to be honest, anybody who looks honestly at the decades of brutal inhumane, persecution of the Palestinian, successive assaults on Gaza, the annexation of the land and territory, the systematic application of apartheid rules, you don't want to even use the word 'apartheid'. Never mind sanctions. Five days, sanctions against Putin and his thugs, Seventy years of oppression of the Palestinians. And it wouldn't be —what was the word you used? — It wouldn't be 'helpful' to impose sanctions. (...) [I]f you're going to have moral standards, those standards have to be consistent, otherwise they are not standards at all. They are just cynicism. (...)"

Je viens aussi de lire sur CounterPunch un article très pertinent de Raouf Halaby, publié hier, qui se fait écho de l'émouvante intervention du député Barrett. Il s'intitule Palestine, Israël : mais pourquoi la différence, Monsieur le Président ? et je vous en conseille la lecture. En voici ses derniers paragraphes :

Even when genuine human solidarity in the West is justly expressed with the Ukraine, we cannot overlook its racist context and Europe-centric bias. The massive solidarity of the West is reserved for whoever is willing to join its bloc and sphere of influence. This official empathy is nowhere to be found when similar, and worse, violence is directed against non-Europeans, in general, and towards the Palestinians, in particular. (Palestine Chronicle, March 3, 2022)
To his credit, Richard Boyd Barrett, an Irish Member of Parliament was the lone voice of conscience on the world stage; he shouted out and decried the double standard, “lashing out at [how countries] differed in [their] response to conflicts in Ukraine, Palestine.”
MP Barrett, it is only a matter of time before you will be smeared as an anti-Semite.
To which I will add my own: Karma. be careful what you might wish for, and celebrating your loss.
I do not wish to Ishmat feek (lose respect for someone and holding them up for shame) President Zelensky; nor do I want to admonish you to be careful for what you wish. And last, I would never stoop to use the term Karma. To do so would be abhorrent and repulsive.
But I do have a question, President Zelensky:
Mais pourquoi la différence, monsieur le président?

On 12 May 2021, President of Ukraine Volodymyr Zelensky posted the following statement on Twitter: Prime Minister of Israel Benjamin Netanyahu acknowledged President Zelensky’s words of support by including the Ukrainian flag among the flags of the countries to which he expressed his gratitude in a Twitter post.
Other Ukrainian politicians uttered the following: “Today we are all Israelis, because now, unfortunately, innocent people are dying there. … We stand with the people of Israel!”  After raising the Israeli flag over city hall, the mayor of Dnipro stated that he always “called things by their names. Civilization versus barbarism. The twenty-first century versus the Middle Ages. An army that gives advance warning of its attacks versus missiles treacherously fired at civilians.”
Ukrainian politician Andriy Denysenko, voiced his support for Israel on Facebook by stating that  Israel “is the only outpost of the civilized world in the Middle East, the only democracy that is opposing extremists and totalitarians. And a wonderful example for Ukrainians on building a national state…Right now, when Israel is under attack, my support goes the IDF, and the Iron Dome over people’s heads. And, like it or not, the Jewish state has natural allies among Ukrainian patriots/Banderites,”
And last, “Two rallies featuring the flags of Ukraine and Israel took place in support of Israel, one of them on Mykhailivska Square, opposite Ukraine’s Ministry of Foreign Affairs.”
Why, then, has Israel rebuffed Ukraine’s repeated requests for arms and assistance? And much to the American Administration’s consternation and annoyance, Israel is cozying up to Putin’s Russia. Is it because Israel, like Russia, is steeped in the debauchery of grabbing other people’s lands, at all costs?
As one Gaza Palestinian stated: “Just as Palestinians are in Israel’s crosshairs, today the people of Ukraine are in Russia’s crosshairs. They’ve become the archetypal Brutalized, Suffering Palestinians, and they deserve all the outpouring of love, empathy, and support.”
To which I fully agree.

Raouf Halaby est professeur émérite d'anglais et d'art. Il est écrivain, photographe, sculpteur, jardinier passionné et militant pour la paix.

Dans son article, Raouf Halaby fait référence à un autre, superbe, d'Ilan Pappé, Navigating our Humanity: Ilan Pappé on the Four Lessons from Ukraine, publié le 4 mars 2022 sur The Palestine Chronicle, dont voici la traduction française (que nous devons à Lotfallah et qui a été aussi relayée par l'Union Juive Française pour la Paix ou Charleroi pour la Palestine) :

 

Guerre en Ukraine : une humanité et une compassion à géométrie variable

Israël a massacré un très grand nombre de civils - enfants, adultes, vieillards confondus - dans ses bombardements criminels sur Gaza l'été 2014 - Photo : Anne Paq/Activestills.org

Par Ilan Pappe

Le quotidien USA Today a rapporté qu’une photo devenue virale d’une tour en Ukraine touchée par un bombardement russe s’est avérée être une tour de la bande de Gaza démolie par l’armée de l’air israélienne en mai 2021. 

Quelques jours auparavant, le ministre ukrainien des affaires étrangères s’était plaint à l’ambassadeur israélien à Kiev que “vous nous traitez comme Gaza” ["You are treating us like what? The Gaza Strip or something? It's just nonsense"] ; il était furieux qu’Israël ne condamne pas l’invasion russe et ne s’intéresse qu’à l’évacuation des citoyens israéliens de l’État [ukrainien, en cas de guerre] (Haaretz, 17 février 2022). 

Il s’agissait d’un mélange de référence à l’expulsion par l’Ukraine des épouses ukrainiennes d’hommes palestiniens de la bande de Gaza en mai 2021, ainsi que d’un rappel à Israël du soutien inconditionnel du président ukrainien à l’assaut israélien sur la bande de Gaza ce mois-là (je reviendrai sur ce soutien vers la fin de cet article). 

Les attaques d’Israël contre Gaza devraient en effet être mentionnées et prises en compte dans l’évaluation de la crise actuelle en Ukraine. Ce n’est pas un hasard si les photos sont confondues – il n’y a pas beaucoup de gratte-ciel qui ont été renversés en Ukraine, mais il y a une abondance de gratte-ciel en ruine dans la bande de Gaza. 

Mais ce n’est pas seulement l’hypocrisie à l’égard de la Palestine qui apparaît lorsque l’on considère la crise ukrainienne dans un contexte plus large.

C’est l’ensemble des doubles standards occidentaux qu’il convient d’examiner de près, sans être un seul instant indifférent aux nouvelles et aux images qui nous parviennent de la zone de guerre en Ukraine : des enfants traumatisés, des flux de réfugiés, des vues d’immeubles détruits par les bombardements et le danger imminent que ce ne soit que le début d’une catastrophe humaine au cœur de l’Europe.

Dans le même temps, ceux d’entre nous qui vivent, rapportent et débattent sur les catastrophes humaines en Palestine ne peuvent échapper à l’hypocrisie de l’Occident et nous pouvons la souligner sans minimiser un seul instant notre solidarité humaine et notre empathie envers les victimes de toute guerre. 

C’est un impératif pour nous, car la malhonnêteté morale qui sous-tend l’attitude adoptée par les élites politiques et les médias occidentaux leur permettra une fois de plus de masquer leur propre racisme et leur impunité, tout comme elle continuera à fournir une immunité à Israël et à son oppression des Palestiniens. 

J’ai détecté quatre fausses assertions qui sont au cœur de l’engagement de l’establishment occidental dans la crise ukrainienne jusqu’à présent et je les ai formulées en quatre leçons.

Leçon un : les réfugiés blancs de peau sont les bienvenus, les autres le sont moins

La décision collective sans précédent de l’UE d’ouvrir ses frontières aux réfugiés ukrainiens, suivie d’une politique plus réservée de la Grande-Bretagne, ne peut passer inaperçue en comparaison de la fermeture de la plupart des portes européennes aux réfugiés venus du monde arabe et d’Afrique depuis 2015. 

La hiérarchisation raciste évidente, distinguant ceux qui cherchent à sauver leurs vies sur la base de la couleur, de la religion et de l’ethnie est odieuse, mais il est peu probable que cela change rapidement. Certains dirigeants européens n’ont même pas honte d’afficher publiquement leur racisme, comme le fait le Premier ministre bulgare, Kiril Petkov :

Ils [les réfugiés ukrainiens] ne sont pas les réfugiés auxquels nous sommes habitués… ces gens sont des Européens. Ces gens sont intelligents, ils sont éduqués. … Ce n’est pas la vague de réfugiés à laquelle nous sommes habitués, des gens dont nous n’étions pas sûrs de l’identité, des gens au passé peu clair, qui auraient même pu être des terroristes… [*]

Il n’est pas le seul, les médias occidentaux parlent sans cesse de “réfugiés de notre type” et ce racisme se manifeste clairement aux postes frontières entre l’Ukraine et ses voisins européens. 

Cette attitude raciste, aux forts relents islamophobes, n’est pas prête de changer, puisque les dirigeants européens continuent de nier les tissus multiethniques et multiculturels des sociétés de tout le continent. 

Il s’agit d’une réalité humaine créée par des années de colonialisme et d’impérialisme européens que les gouvernements européens actuels nient et ignorent, tout en poursuivant des politiques d’immigration fondées sur le même racisme qui a imprégné le colonialisme et l’impérialisme du passé. 

Leçon deux : vous pouvez envahir l’Irak, mais pas l’Ukraine

Le refus des médias occidentaux de replacer la décision russe d’envahir le pays dans le contexte d’une analyse plus large – et évidente – de la manière dont les règles du jeu international ont changé en 2003 est assez déconcertant. 

Il est difficile de trouver une analyse qui souligne le fait que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont violé le droit international relatif à la souveraineté d’un État lorsque leurs armées, avec une coalition de pays occidentaux, ont envahi l’Afghanistan et l’Irak.

L’occupation d’un pays entier à des fins politiques n’a pas été inventée au cours de ce siècle par Vladimir Poutine ; elle a été introduite comme un outil politique justifié par l’Occident.

Leçon trois : le néo-nazisme peut parfois être toléré

L’analyse ne met pas non plus en évidence certains des arguments de Poutine à prendre en considération concernant l’Ukraine, qui ne justifient en aucun cas l’invasion, mais qui nécessitent notre attention même pendant l’invasion. 

Jusqu’à la crise actuelle, les médias occidentaux considérés comme assez progressistes, tels que The Nation, The Guardian, le Washington Post, etc., nous ont mis en garde contre le pouvoir croissant des groupes néonazis en Ukraine, qui pourrait avoir un impact sur l’avenir de l’Europe et au-delà. 

Ces mêmes médias rejettent aujourd’hui l’importance du néonazisme en Ukraine.

The Nation en 2019 (22 février) a rapporté :

Aujourd’hui, les rapports croissants sur la violence d’extrême droite, l’ultranationalisme et l’érosion des libertés fondamentales font mentir l’euphorie initiale de l’Occident. On assiste à des pogroms néonazis contre les Roms, à des attaques généralisées contre les féministes et les groupes LGBT, à des interdictions de livres et à la glorification des collaborateurs nazis par l’État.

Deux ans plus tôt, le Washington Post (15 juin 2017) avertissait, avec beaucoup de perspicacité, qu’un affrontement ukrainien avec la Russie ne devait pas nous permettre d’oublier la puissance du néonazisme en Ukraine :

Alors que la lutte de l’Ukraine contre les séparatistes soutenus par la Russie se poursuit, Kiev fait face à une autre menace pour sa souveraineté à long terme : de puissants groupes ultranationalistes d’extrême droite. Ces groupes n’hésitent pas à recourir à la violence pour atteindre leurs objectifs, qui sont certainement en contradiction avec la démocratie tolérante tournée vers l’Occident que Kiev cherche ostensiblement à devenir.

Mais aujourd’hui, le Washington Post adopte une attitude dédaigneuse et qualifie une telle description de “fausse accusation” :

Opérant en Ukraine, plusieurs groupes paramilitaires nationalistes, tels que le mouvement Azov et le Secteur droit, épousent l’idéologie néonazie. Bien que très médiatisés, ils semblent bénéficier d’un faible soutien public. Un seul parti d’extrême droite, Svoboda, est représenté au parlement ukrainien, et ne détient qu’un seul siège.

Les précédentes mises en garde d’un média tel que The Hill (9 novembre 2017), le plus grand site d’information indépendant des États-Unis, sont oubliées : 

Il existe bel et bien des formations néo-nazies en Ukraine. Cela a été confirmé de manière écrasante par presque tous les grands médias occidentaux. Le fait que les analystes soient capables de le rejeter comme de la propagande diffusée par Moscou est profondément troublant. C’est d’autant plus inquiétant que l’on assiste actuellement à une montée en puissance des néo-nazis et des suprémacistes blancs dans le monde entier.

Leçon quatre : frapper des gratte-ciel est un crime de guerre uniquement si cela se produit en Europe

L’establishment ukrainien n’a pas seulement un lien avec ces groupes et armées néonazis, il est également pro-israélien de manière inquiétante et très troublante. L’une des premiers décisions du président Volodymyr Zelensky a été de retirer l’Ukraine du Comité des Nations unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. Le seul tribunal international qui veille à ce que la Nakba ne soit pas niée ou oubliée…

Cette décision a été prise à l’initiative du président ukrainien ; il n’avait aucune sympathie pour le sort des réfugiés palestiniens et ne les considérait pas comme des victimes d’un quelconque crime. 

Dans ses interviews après le dernier bombardement israélien barbare de la bande de Gaza en mai 2021, il a déclaré que la seule tragédie à Gaza était celle subie par les Israéliens. Si c’est le cas, alors ce sont uniquement les Russes qui souffrent en Ukraine. 

Mais Zelensky n’est pas le seul. Lorsqu’il s’agit de la Palestine, l’hypocrisie atteint un nouveau niveau. Une frappe contre une tour vide en Ukraine a fait la une des journaux et a suscité une analyse approfondie de la brutalité humaine, de Pourine et de l’inhumanité. 

Ces bombardements doivent être condamnés, bien sûr, mais il semble que ceux qui mènent la condamnation parmi les dirigeants du monde sont restés silencieux lorsque Israël a rasé la ville de Jénine en 2000, le quartier al-Dahaya de Beyrouth en 2006 et la ville de Gaza dans une vague brutale après l’autre au cours des quinze dernières années. 

Aucune sanction n’a été mise sur la table, et encore moins imposée, à Israël pour ses crimes de guerre en 1948 et depuis lors. En fait, dans la plupart des pays occidentaux qui mènent la campagne de sanctions contre la Russie aujourd’hui, le simple fait de mentionner la possibilité d’imposer des sanctions contre Israël est illégal et qualifié d’antisémite.

Même lorsque la véritable solidarité humaine de l’Occident s’exprime à juste titre avec l’Ukraine, nous ne pouvons ignorer son contexte raciste et son parti pris eurocentrique. 

La solidarité massive de l’Occident est réservée à quiconque est prêt à rejoindre son bloc et sa sphère d’influence. Cette empathie officielle n’est nulle part présente lorsque des violences similaires et pires encore sont exercées contre les non-Européens en général et contre les Palestiniens en particulier. 

En tant que personnes de conscience, nous pouvons passer de nos réactions aux calamités à la responsabilité de dénoncer l’hypocrisie qui, à bien des égards, a ouvert la voie à de telles catastrophes. 

Légitimer au niveau international l’invasion de pays souverains et autoriser la poursuite de la colonisation et de l’oppression d’autres pays, comme la Palestine et son peuple, conduira à l’avenir et partout sur notre planète à d’autres tragédies comme celle de l’Ukraine.

[*] Washington Post, 28 Février 2022


Ce même 4 mars, ailleurs, Jonathan Cook partageait cette indignation ("our double standards", etc.) dans un article publié en anglais par Middle East Eye à la lecture édifiante (traduit en français le 9 mars : Les médias occidentaux sont devenus des supporteurs de la guerre en Ukraine) :

It is simply astonishing how many western journalists, including normally cautious BBC reporters, are shamelessly fawning over young women building Molotov cocktails on the streets of Ukrainian cities like Kyiv.

It's suddenly sexy to make improvised explosives – at least, if the media consider you white, European and "civilised". 

That might surprise other, more established resistance movements, especially in the Middle East. They have invariably found themselves tarred as terrorists for doing much the same.

Western journalists' difficulty containing their identification with, and support for, Ukraine's civilian "resistance" must be maddening to Palestinians in tiny Gaza, for example, who have been locked into a metal cage by an Israeli military occupier for decades. (...)


Mais il n'y a pas que la compassion ou l'absence de compassion, ou la compréhension ou l'incompréhension de la résistance, à l'heure d'analyser les deux poids deux mesures ou le racisme débraguetté ordinaires peuplant l'imaginaire libéral blanc et découlant très directement de sa "logique" et de ses structures. Dans son numéro de mars 2022 (page 14), Le Monde diplomatique m'a découvert une citation particulièrement exécrable illustrant à la perfection le culot criminel de la Raison Économique/Financière qui nous ravage, nous et la planète. Je vous la propose en guise de coda de ce billet.
Le cracheur de cette ignominie eugénique vomitive était Lawrence Summers, alors économiste en chef de la Banque mondiale, dans une note interne de l’institution (11 décembre 1991) révélée par The Economist (8 février 1992), à propos du très libéral transfert de pollution (maladie, mort) vers les pays pauvres :

« Entre vous et moi, la Banque mondiale ne devrait-elle pas encourager davantage le transfert des industries sales vers les PMA [pays les moins avancés] (…) La mesure des coûts de la pollution préjudiciable à la santé se fonde sur le manque à gagner dû à l’augmentation des maladies et de la mortalité. De ce point de vue, une quantité donnée de pollution préjudiciable à la santé devrait être attribuée au pays au coût le plus bas, c’est-à-dire celui dont les salaires sont les plus bas. La logique économique selon laquelle on devrait se débarrasser des déchets toxiques dans les pays aux salaires les plus bas est à mon sens impeccable, et nous devons l’accepter. » 

Glaçant. Où l'on voit comment l'Économie pousse au crime. Où l'on voit qu'Économie (Capitalisme) et Humanité, ça fait deux.

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Mise à jour du 19 mars 2022 :

(...) La defensa de los derechos humanos y la protección de las personas refugiadas nunca se debe poner en duda. La respuesta a la invasión de Ucrania está siendo unánime y solidaria, tanto por parte de la sociedad civil como de las autoridades. Y es que la Unión Europea ha activado por primera vez la Directiva de Protección Temporalaunque fue creada en 2001. Si ahora ha sido posible, también podía haberlo sido antes.

Y si no se ha hecho, ha sido por falta de voluntad política, algo que en CEAR llevamos años denunciando. Mientras tanto, más de 6,6 millones de personas tuvieron que huir de Siria; la guerra en Yemen ha causado millones de desplazamientos; en Mali, el conflicto dura ya más de 10 años; y en Afganistán, la toma del poder por parte de los talibanes provocó el éxodo de millones de personas. Y hay más... Desgraciadamente, la de Ucrania no es la única guerra y las guerras no son el único motivo para huir.

Por eso, celebramos que, por fin, tanto la UE como España hayan dado un paso adelante. Pero es necesario dar protección a todas las personas refugiadas, sin ningún tipo de discriminación. (...)

Courriel de CEAR (Comisión Española de Ayuda al Refugiado) daté du 18.03.2022.

 

Human Rights Observer ou Auberge des Migrants continuent à dénoncer la violence de l'État français à l'encontre des "autres" exiléEs : ici, ici ou ...

vendredi 4 mars 2022

La gifle du Mali à la France (par Sébastien Nadot)

 ...les victimes des impérialismes roulent leurs bosses de l'Afrique en Ukraine, et au-delà...

Un grand merci, Sébastien Nadot :

La gifle du Mali à la France, 23 février 2022
 
Le vrai courage commence par s'opposer à l'insupportable chez soi, surtout quand cela coûte cher. Honneur à Yelena Osipova, 77 ans, arrêtée par la police de Poutine, et à tant d'autres...

jeudi 2 décembre 2021

Présentation de "Dominer: Enquête sur la souveraineté de l'Etat en Occident" (Dardot, Laval) à Madrid

Les éditions La Découverte, qui ont publié l’automne dernier l'essai Dominer. Enquête sur la souveraineté de l'État en Occident, de Pierre Dardot et Christian Laval, présentent ainsi ce bouquin que je n'ai pas encore lu :

Il est courant de déplorer le déclin de la souveraineté de l’État-nation, qui semble devoir être aujourd’hui supplantée par la puissance du capital mondial. Restaurer la verticalité de l’État et son autorité serait ainsi la seule voie pour contester le globalisme néolibéral. C’est contre cette illusion, encore trop répandue à gauche, que Pierre Dardot et Christian Laval ont entamé ce long parcours dans l’histoire complexe et singulière de l’État occidental moderne, depuis sa naissance à partir du modèle de l’Église médiévale jusqu’à son rôle actuel d’État-stratège dans la concurrence mondiale.
Comprendre les aléas et les détours de cette construction, c’est mettre à nu les ressorts d’une domination sur la société et sur chacun de ses membres qui est fondamentalement de l’ordre de la croyance : les « mystères de l’État », le culte de sa continuité qui oblige ses représentants par-delà leur succession, la sacralité dont ces derniers aiment à s’entourer dans l’exercice de leurs fonctions, autant d’éléments qui ont pu changer de forme, mais qui demeurent au principe de sa puissance. En retraçant cette généalogie, il s’agit pour les auteurs de montrer que l’on ne peut répondre aux défis de la mondialisation capitaliste et du changement climatique sans remettre en cause cet héritage. Car l’invocation de la souveraineté « nationale » est devenue l’alibi de l’inaction climatique et de la perpétration des écocides.
Pour affronter ces enjeux globaux, il est indispensable de s’attaquer à un tel régime d’irresponsabilité politique qui dispense les gouvernants de rendre des comptes aux citoyens. C’est dire qu’il faut ouvrir la voie à un au-delà de la souveraineté étatique.

Pierre Dardot est philosophe et chercheur à l'université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense.
Christian Laval est professeur émérite de sociologie à l’université Paris-Nanterre.
Ils ont l'habitude de publier ensemble et ensemble, on leur a proposé —au sujet de l'ouvrage qu'ils viennent de publier— l'échange que voilà, mis en ligne le 26 mars 2021 :

Le Centre de recherche sur les innovations et les transformations sociales (CRITS) souhaite offrir un espace d’échange à propos de cet ouvrage marquant, qui couvre plusieurs siècles d’histoire et s’inspire de nombreux travaux en sociologie, en philosophie, en anthropologie et en science politique afin de critiquer le concept de souveraineté de l’État.


Le CRITS, première école d’innovation sociale (sic) fondée au Canada, se définit ainsi sur son À PROPOS en ligne :

Le CRITS développe un regard interdisciplinaire sur le lien complexe entre innovations et transformations sociales qui se décline selon plusieurs perspectives. Nous privilégions l’étude de cette problématique depuis l’angle des théories émancipatrices et les perspectives d’analyse des systèmes d’oppressions. Par-là, nous visons à contribuer à l’approfondissement et au décloisonnement des connaissances sur les logiques et les stratégies d’intervention portés par les mouvements sociaux et les communautés ainsi que sur le rôle des institutions. Nous nous intéressons à leurs impacts sur différents systèmes oppressifs : sexisme, colonialisme, racisme, capitalisme et extractivisme.

Travaillant en étroite collaboration avec l’École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère et de l’Atelier d’innovation sociale Mauril-Bélanger, le CRITS crée des espaces ouverts aux communautés afin de faire converger divers projets d’action collective. Ce contexte offre aux étudiant·e·s de cycles supérieurs la possibilité de s’investir au sein d’un espace de recherche dynamique afin de se familiariser avec la production et la diffusion de recherches engagées.


La librairie La Central (Madrid) annonce pour aujourd'hui...

Presentaciones y encuentros
2 de diciembre, 2021

La Central del Museo Reina Sofía

 

«DOMINAR»: ESTUDIO SOBRE LA SOBERANÍA DEL ESTADO DE OCCIDENTE, DE PIERRE DARDOT Y CHRISTIAN LAVAL
Con Pierre Dardot, María Eugenia Rodríguez Palop y Luis Lloredo Alix
Jueves 2 de diciembre, 18h
La Central del Museo Reina Sofía
El filósofo Pierre Dardot y el sociólogo Christian Laval, autores, entre otras obras, de la Trilogía de lo Común (La nueva razón del mundo, Común y La pesadilla que no acaba nunca), vuelven a diseccionar y a poner al descubierto los fundamentos de las democracias liberales occidentales, en este caso centrados en el concepto de soberanía, concretamente la soberanía del Estado.

Dominar. Estudio sobre la soberanía del Estado de Occidente recorre un largo viaje por la compleja y singular historia del Estado moderno occidental y muestra los resortes de una dominación sobre la sociedad que es fundamentalmente una cuestión de fe: los «misterios del Estado», el culto a su continuidad, la sacralidad de la que gustan rodearse sus representantes… Ciertos elementos pueden haber cambiado de forma, pero permanece el principio de su poder.
Al rastrear esta genealogía, los autores pretenden demostrar que no podemos responder a los retos de la globalización capitalista y el cambio climático sin cuestionar esta herencia. Para hacer frente a estos desafíos, es imprescindible atacar ese régimen de irresponsabilidad política que exime a los gobernantes de rendir cuentas a los ciudadanos.

En otras palabras, abrir el camino a un más allá de la soberanía estatal.

Entrada libre hasta completar aforo

Pierre Dardot es docente y filósofo especializado en la obra de Marx y Hegel. Junto a Christian Laval, fundó en 2004 el grupo Question Marx. En colaboración con este autor ha publicado varios libros sobre Marx y su obra, como Sauver Marx? (2007) y Marx, Prénom: Karl (2012), que han despertado el interés de los grupos de izquierdas en diversos países.

Christian Laval es profesor emérito de Sociología en la Universidad de Paris Nanterre y antiguo director del programa en el Collège International de Philosophie. Está especializado en la filosofía utilitarista de Jeremy Bentham, sobre el cual ha publicado varias obras, y en el análisis de las políticas educativas de inspiración neoliberal como La escuela no es una empresa (2004).
Gedisa ha publicado su obra en solitario Foucault, Bourdieu y la cuestión neoliberal (2020), además de las obras escritas junto con Pierre Dardot.

 

jeudi 25 novembre 2021

Le cas Anasse Kazib, énième symptôme d'une maladie chronique

Oui, la campagne menée tous azimuts contre la candidature présidentielle de Anasse Kazib a provoqué un mouvement de solidarité en France. Mis à part les expressions de soutien que l'on retrouve sur les réseaux sociaux, plus de 250 résistantEs ayant un certain pignon sur les moyens de communication ont décidé de signer une tribune sur Le Club de Mediapart le 22 novembre 2021. Je me permets de la relayer un peu plus bas. Et honneur aux signataires !
Quant aux symptômes qu'ils dénoncent, disons pour abréger qu'il y en a trop, soit (des rassemblements ef-frontés) face à la rue (et dans les média), soit dans les média, soit dans les réseaux sociaux. Y compris aux yeux de certainEs ArménienNEs.

Voici le profil Twitter d'Anasse Kazib :

Cheminot à Paris Nord, Marxiste, Candidat #Présidentielle2022  @RevPermanente et syndicaliste SUD-Rail IG : instagram.com/anassekazib

Voici la tribune de soutien sur Mediapart :

Tribune 22 nov. 2021

Dans une élection au racisme décomplexé, l'absence d'Anasse Kazib serait une défaite

Depuis septembre, la candidature d’Anasse Kazib pour 2022 donne lieu à de violentes attaques de l'extrême-droite et fait face à de nombreux obstacles. Plus de 250 artistes, journalistes, universitaires, syndicalistes, … dont Assa Traoré, Alain Badiou, Jok’Air, Rokhaya Diallo, Cédric Herrou, Frédéric Lordon, Aude Lancelin, François Bégaudeau, Alix Desmoineaux signent une tribune de soutien.

Depuis le meeting de lancement de sa campagne mercredi 20 octobre, Anasse Kazib fait l’objet d’une violente campagne d’extrême-droite, avec des milliers de tweets appelant à sa « remigration » et des centaines de menaces de mort. Largement invisibilisée dans les médias, cette offensive contre un candidat d'origine maghrébine à la présidentielle est un véritable scandale qui doit être dénoncé largement.

De fait, ces attaques racistes viennent s’ajouter aux difficultés auxquelles s’affronte le cheminot, figure des mouvements contre le pacte ferroviaire et la réforme des retraites pour être sur la ligne de départ en 2022. Celui qui est décrit par certains comme un « anti-Z*mmour » fait en effet face à de nombreux obstacles : refus politique des banques et des assurances de fournir les services de base permettant de récolter des dons, coût de la campagne, black-out médiatique, pressions sur les élu·e·s pour qu’ils refusent leurs parrainages, etc.

Tout l’inverse des conditions favorables de la candidature de Z*mmour, qui sature depuis des mois l’espace médiatique et politique, charriant avec elle un discours raciste et xénophobe décomplexé. Malgré ses outrances réactionnaires et ses multiples condamnations, notamment pour haine raciale, la voie vers l’élection présidentielle de 2022 semble toute tracée pour le polémiste d’extrême-droite. Qu’importe, semble-t-il, que ses soutiens soient les mêmes qui tentent d’intimider Anasse Kazib.

Nous sommes convaincus que dans un système électoral qui se veut démocratique, un candidat comme Anasse Kazib devrait avoir sa place dans l’élection présidentielle. Son discours incarne la sensibilité d'une partie de la population, qui aspire à la transformation d’une société qui ne semble promettre que chômage de masse, précarité, bas salaires et discriminations.

En ce sens, et sans nécessairement partager son programme et son projet, nous apportons notre soutien démocratique au fait qu'Anasse Kazib puisse se présenter. Dans le cadre d’une élection que certains veulent centrer sur les thématiques sécuritaires, xénophobes et racistes, et face aux obstacles opposés à sa candidature, nous pensons que les partis progressistes et les élu·e·s démocrates ont la responsabilité de faciliter l’accès à la présidentielle à ce jeune ouvrier, issu de l'immigration postcoloniale et habitant d'un quartier populaire, qui a déjà recueilli une centaine de parrainages.

Face à la virulence du discours raciste et anti-musulman·e·s de Z*mmour, de ses soutiens mais aussi d’une partie importante du champ politique, ne pas permettre à un candidat comme Anasse Kazib, qui veut contribuer à porter le débat sur les questions sociales et démocratiques, de prendre part aux débats serait une première défaite.

Premiers signataires :

Alain Badiou, philosophe

Céline Beaury, journaliste

François Bégaudeau, écrivain

Savine Bernard, avocate en droit du travail

Saïd Bouamama, sociologue, militant au FUIQP

Taha Bouhafs, journaliste

Youcef Brakni, Comité Adama

Adrien Cornet, CGT Total Grandpuits

Quentin Dauphiné, membre du bureau national de la FSU

Thierry Defresne, délégué syndical central CGT Total

Alix Desmoineaux, influenceuse

Rokhaya Diallo, autrice et réalisatrice

Samir Elyess, Comité Adama et ancien militant du MIB

Nicolas Framont, sociologue

Jean-Bernard Gervais, journaliste, auteur

Robert Guédiguian, cinéaste

Jok'Air, artiste

Kaoutar Harchi, sociologue, écrivain

Cédric Herrou, président de DTC - Défends Ta Citoyenneté

Jean Hugon, syndicaliste étudiant, militant La France Insoumise

Raphaël Kempf, avocat au barreau de Paris

Reynald Kubecki, CGT Havre

Aude Lancelin, journaliste

Didier Lestrade, journaliste, écrivain, fondateur d'Act-up Paris

Geneviève Legay, militante altermondialiste, gilet jaune matraquée

Frédéric Lordon, philosophe

Henri Maler, universitaire

Michel Mann, secrétaire CGT Cheminot à Mulhouse

Jérôme Marty, médecin, président de UFML Syndicat

Elli Medeiros, artiste, actrice et autrice

Mélusine, militante féministe et antiraciste

Marwan Muhammad, auteur, statisticien

Mélanie Ngoye-Gaham, gilet jaune (Mutilés pour l'exemple)

Océan, comédien et réalisateur

Ghaïs Ourabah, maire adjoint à Ivry sur Seine

Stefano Palombarini, économiste

Matthieu Renault, enseignant chercheur, Université Paris 8

Denis Robert, journaliste

Jean-Marc Rouillan, ancien prisonnier politique, écrivain

Saïdou SidiWacho, musicien

Omar Slaouti, militant antiraciste

Pierre Stambul, Union juive française pour la paix (UJFP)

Alessandro Stella, universitaire et militant

Aurélien Taché, député, co-président des Nouveaux Démocrates

Elsa Touré, Maire-Adjointe, Corbeil-Essonnes

Assa Traoré, militante antiraciste

Kevin Vacher, militant pour le logement à Marseille

Dominique Vidal, journaliste et historien

Nicolas Vieillescazes, éditeur 

Sophie Wahnich, historienne

Sasha Yaropolskaya, militante trans-féministe, XY Média

Signataires :

Kamil Abderahman, animateur

Gaye Abdoulaï, association Lève-toi et marche à Sarcelles

Youssef Abid, cheminot au Bourget, Sud Rail Paris Nord

Lexie Agresti, écrivaine, animatrice du compte Aggressively trans

Karim Ait Adjedjou, photographe

Norman Ajari, philosophe, Villanova University

Tania Akmanoglou, artiste

Frédéric Albert, délégué syndical CGT Total Energies Carling

Florence Allègre, militante NPA

Sophie Almasan, professeure des écoles retraitée

Meïla Assani, doctorante à l’Université de La Réunion

Jean Asselmeyer, cinéaste

Rabha Attaf, grand reporter, spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient

Anthony Auguste, cheminot, Sud Rail Paris Nord

Jean-Marc Ayed, conducteur de ligne, secrétaire général et fondateur de la CAT Tisséo

Alain Badiou, philosophe

Fernande Bagou, ex-gréviste d’Onet-SNCF

Diané Bah, Collectif Justice pour Ibo

Hadja Bah, Collectif Justice pour Ibo

Thierno Bah, Collectif Justice pour Ibo

Frank Barat, journaliste

Julien Barbagallo, musicien

Jean Marcel Bardot, ex militant NPA

Jean-Pierre Bastid, cinéaste

Céline Beaury, journaliste

François Bégaudeau, écrivain

Emma Bell, professeure des universités, Université Savoie Mont Blanc

Feïza Ben Mohamed, journaliste

Hicham Benaissa, Sociologue

Farid Bennaï, syndicaliste, militant au FUIQP

Soumya Bensidhoun, professeure des écoles, syndiquée FO

Sophie Bourgade, enseignante agrégée, Université Savoie Mont Blanc

Fatima Benomar, militante féministe

Savine Bernard, avocate en droit du travail

Ahmed Berrahal, CGT RATP Bus

Nathalie Bertrand, AESH, militante à Place Publique

Eric Bezou, cheminot licencié par la SNCF

Corinne Billard, enseignante et cheffe monteuse

Mariève Bodou, militante NPA

Julien Boelaert, maître de conférence en science politique, Université de Lille

Matteo Bonaglia, avocat au barreau de Paris

John Borges, CGT RATP, militant et élu PCF

Saïd Bouamama, sociologue, militant au FUIQP

Ahmed Boubekri, militant des quartiers populaires 

Taha Bouhafs, journaliste

Nordine Boukrida, cheminot Fret SNCF, SUD Rail

Youcef Brakni, Comité Adama

Rony Brauman, médecin, essayiste

Xavier Bregail, conducteur SNCF, SUD Rail Paris Nord 

François Brunel, avocat au barreau de Bayonne

Alain Buch, maire adjoint à Ivry

Sebastian Budgen, éditeur Verso Books

Francois Burgat, politologue, Aix-en-Provence

Jérôme Cardon, secrétaire adjoint du syndicat CGT Dresser-Rand au Havre

Philippe Caumières, professeur de philosophie

Laurent Cauwet, éditeur, auteur

Bernard Cavanna, compositeur

Mousantene Chaïr, délégué du personnel Aero-piste Roissy

Marie-Laure Charchar, secrétaire CGT Blanchisserie CHU de Bordeaux

Adrien Cornet, CGT Total Grandpuits

Muriel Cosquer, retraitée, CGT Pôle Emploi Le Havre

Florent Coste, DS CGT Latécoère 

Xavier Courteille, avocat au barreau de Paris

Karim Dabaj, cheminot au technicentre le Landy, SUD Rail Paris Nord

Clément Dagorne, syndiqué CGT Cheminots

Michaela Danjé, collectif Cases Rebelles

Serge Da Silva, ex militant NPA

Quentin Dauphiné, membre du bureau national de la FSU

Laurence De Cock, historienne, enseignante

Thierry Defresne, délégué syndical central CGT Total

Sameh Dellaï, enseignante, Paris 8

Fabienne Delouye, cheminote, SUD Rail Paris Nord

Abdellatif Derradj, Conducteur de bus et délégué syndical chez Kéolis Ormont

Serge D’Ignazio, photographe, sympathisant Lutte Ouvrière

Thierry Defresne, délégué syndical central CGT Total

Christophe Demont, cheminot au Bourget, SUD Rail Paris Nord

Baptiste Desesquelles, CGT SPBI 

Alix Desmoineaux, influenceuse

Denis Darmuzey, militant CGT Cheminots et au NPA à Lyon

Rokhaya Diallo, autrice et réalisatrice

Aly Diouara, cadre de la fonction publique

Manuel Divo, syndiqué CGT Arkema, Moselle

Didier Dorzile, délégué CGT RATP Bus

Etienne Douat, sociologue, université de Poitiers, éditions La Dispute

Christian Drouet, retraité Sud-Rail Paris Sud-Est

Marion Dujardin, enseignante en collège, militante à Sud Education 93

Vincent Duse, retraité PSA Mulhouse, militant CGT

Khalid El Fanni, militant CGT Novares Strasbourg

Medhi Elomri, cheminot ETOF, SUD Rail Saint Lazare

Farid Errouihi, cheminot à Aulnay-sous-Bois, SUD Rail Paris Nord

Samir Elyess, Comité Adama et ancien militant du MIB

Joanna Foliveli, illustratrice

Nicolas Framont, sociologue

Dominique Gamblin, Sud santé sociaux 95

Clara Gandin, avocate en droit du travail

William Gaune, professeur des écoles, Sud Educ 95

Simon Gazano, DS CGT Ateliers de Haute-Garonne

Gaëtan Gracia, CGT AHG (aéronautique) à Toulouse

Laurent Godart, designer, professeur en école d’art

Jenny Grandet, CGT Safran Nacelles, le Havre

Simone Grange, retraitée et militante NPA

Kamel Guémari, fondateur de l'après M

Oumou Gueye, ex-gréviste d’Onet-SNCF

Caroline Guibet Lafaye, philosophe

Anaïs Guilet, maitresse de conférences, Université Savoie Mont Blanc

Olivier Guionet, postier à Nantes, délégué CGT

Aline Guyot, professeure des écoles

François Guyot, militant NPA, infirmier retraité

Sylvain Grandserre, militant éducatif

Simone Grange, retraitée et militante NPA

Luca Greco, professeur des universités, Université de Lorraine

Stéphane Grombaud, cheminot au technicentre le Landy, SUD Rail Paris Nord

Asmyna Hamadi, CGT Educ’action

Emilie Hanak, auteure compositrice interprète

Anis Harabi, avocat au barreau de Paris

Kaoutar Harchi, sociologue, écrivain

Xavier Hatterer, militant CGT Leroy Merlin Mulhouse

Baradji Hatoumina, association Lève-toi et marche à Sarcelles

Stéphane Hauguel, CGT Le Havre 

Laurent Hérody, militant à la CGT Cheminots de Bayonne

Cédric Herrou, président de DTC - Défends Ta Citoyenneté

Jean Hugon, militant La France Insoumise

Pierre Jasinski, cheminot, Sud Rail Moselle

Jok'Air, artiste

Aicha Jounaïdi, professeure des écoles

Éric Kanoun, militant CGT Décathlon Mulhouse 

Almamy Kanouté, militant des quartiers populaires

Mara Kanté, militant quartiers populaires 

Nordine Kebbache, délégué CGT Transdev Roissy

Raphaël Kempf, avocat au barreau de Paris

Rozenn Kevel, salariée licenciée par Chronodrive et militante CGT

Nourdine Khaled, conseiller municipal à Ivry

Moustapha Khnagui, syndicaliste Force Ouvrière SKF Avallon 

Guillaume Konrad, égoutier à la Ville de Paris, Force Ouvrière

Théophile Kouamouo, journaliste

Reynald Kubecki, CGT Havre

Mornia Labssi, militante CGT au Ministère du Travail

Émilie Lagiewka, déléguée CGT SIAP, militante féministe

Dominique Lagorgette, professeure des universités, Université Savoie Mont Blanc

François Lagleize, CGT la Roche-sur-Yon

Émilie Lagiewka, déléguée CGT SIAP, militante féministe

Philippe Lamarre, cheminot au technicentre le Landy, SUD Rail Paris Nord

Nicolas Lambert, comédien, dramaturge et metteur en scène

Aude Lancelin, journaliste

Daniel Lartichaux-Ullmann, professeur FSU émancipation et UJFP

Mélanie Le Balch, CGT Harfleur

Lidia LeBer Terki, réalisatrice scénariste

Philippe Lebourg, Président CGT conseil de Prud’hommes du Havre

Claude Leclercq, délégué CGT Auchan Retail Logistique Amiens

Elise Lecoq, enseignante en histoire géographie, militante au SNES 93

Inès Lee, influenceuse

Geneviève Legay, militante altermondialiste, gilet jaune matraquée

Yann Le Huerou, professeur d’EPS, militant écologiste décroissant

Fabienne Le Jeannic, ex militante NPA

Gwladys Lemay, professeure de sciences à La Réunion

Gwennaëlle Lemay, professeur des écoles, Sud Educ 95

Géraldine Lemay, directrice école, Sud Educ 95 

Aline Leroux Apei Moselle, syndiqués CGT

Didier Lestrade, journaliste, écrivain, fondateur d'Act-up Paris

Kathy Levesque, CGT Harfleur

Daniel Levyne, ex militant NPA

Venus Liuzzo, rédactrice et co-fondatrice de XY Media

Clémence Longchal, enseignante de Sciences Économiques et Sociales et militante au SNES 93

Marc Lorandin, secrétaire CSE Sidel

Frédéric Lordon, philosophe

LouizArt, photographe

Fida Maalem, déléguée CGT SIAP, militante féministe et écologiste

Tal Madesta, journaliste 

Florian Maillot, professeur en CPGE, La Réunion

Henri Maler, universitaire

Rémi Malick, DS CGT Le Piston Français

Michel Mann, secrétaire CGT Cheminot à Mulhouse 

Elsa Marcel, avocate en droit du travail

Christine Marchetti Hakani, professeure de français, syndiquée FO

Jérôme Marty, médecin, président de UFML Syndicat

Valérie Massadian, cinéaste

Mathilde, artiste & chansonnière féministe

Odile Maurin, activiste anti-validisme, élue municipale et métropolitaine à Toulouse

Ratiba Meddas, conseillère municipale à Ivry

Elli Medeiros, artiste, actrice et autrice

Nageia-Wynnessa Mekkaoui, Transdev, UST Solidaires

Mélusine, militante féministe et antiraciste

N'dona Melza-Samba, AESH

Richard Metayer, délégué CGT Sidel

Toure Mohamed, association Lève-toi et marche à Sarcelles

Aude Mokrane, journaliste, fondatrice de l'association Lève-toi et marche et du média La parole est à vous

Charlène Morel, doctorante à l'Université de Strasbourg

Cynthia Mouyombo, aide-soignante, santé privée

Marwan Muhammad, auteur, statisticien

Nancy Murillo, chanteuse et musicienne colombienne

Mélanie Ngoye-Gaham, gilet jaune (Mutilés pour l'exemple)

Roumana Nguyen, AESH, Sud Educ 95

Mame-Fatou Niang, Maîtresse de conférence

Nirinine, youtubeuse

Naomi Nittel, musicienne

Olivier Noël, Université Paul Valéry Montpellier

Panivong Norindr, professeur de littérature, Université de Californie du Sud

Océan, comédien et réalisateur

Jean Joseph Omrcen, Sud Spectacle - Opéra de Paris

Ghaïs Ourabah, maire adjoint Ivry sur Seine

Rachid Oussanssam, élu SUD Rail au technicentre SNCF de Châtillon

Stefano Palombarini, économiste

Ndella Paye Diouf, militante antiraciste et afroféministe

Emmanuelle Pays, photographe et vidéaste

Diane Perrey, enseignante en histoire géographie, militante à la CGT Educ Action

Evelyne Perrin, militante Stop précarité et LDH

Aurélien Perrot, conducteur SNCF à Trappes, CGT Cheminots

Elodie Petit, poète féministe gouine

Pablo Pillaud-Vivien, journaliste à Regards

François Piquemal, conseiller municipal à Toulouse, membre du groupe Archipel Citoyen

Politikement, influenceur Tik Tok et Instagram

Fanny Pomper, psychomotricienne

Christophe Poncet, professeur des écoles

Christian Porta, CGT Neuhauser (Moselle)

Karine Prévot, ex militante NPA 

Bernard Prieur, maire adjoint à Ivry

Lissell Quiroz, historienne, professeure à l’Université de Cergy

Foued Rahmouni, travailleur associatif

Tancrède Ramonet, cinéaste et musicien

Axel Renard, syndicaliste étudiant à la Communauté solidaire des terres de l'Est de Mulhouse, élu étudiant

Matthieu Renault, enseignant chercheur, Université Paris 8

Jacques Richer, CGT Finances Publiques, Le Havre

Joyce Rivière, écrivaine poétesse transféministe

Camille Rivron, professeure de français, Sud Educ 95

Denis Robert, journaliste

Alaixys Romao, footballeur international

Jean-Marc Rouillan, ancien prisonnier politique, écrivain

Arnaud Ruscha, syndiqué CGT Arkema, Moselle

Maité Safy Vodounnou, médecin généraliste

Saïdou, rappeur (SidiWacho)

Ghassan Salhab, vidéaste

Adama Sanogo, agent fonction publique territoriale

Annick Saurat-Richard, ex militante NPA

Xavier Sauvignet, avocat au barreau de Paris

Christophe Schirch, délégué CGT dans la sous-traitance automobile

Marina Simonin, éditrice Les Editions sociales

Skalpel, rappeur

Omar Slaouti, militant antiraciste

Boualem Snaoui, militant associatif syndical et politique antiraciste

Fred Sochard, dessinateur

Makis Solomos, professeur de musicologie, Université Paris 8

Guillaume Spiro, maire adjoint à Ivry

Marie Scouarnec, CGT Nantes

Soumeya, rappeuse

Pierre Stambul, Union juive française pour la paix (UJFP)

Alessandro Stella, universitaire et militant

Daniel Stolla, obstétricien retraité

Francis Suner, gilet jaune Marseille

Aurélien Taché, député, co-président des Nouveaux Démocrates

Jérôme Tardivel, conducteur de ligne et représentant syndical de la CAT Tisséo

Elsa Touré, Maire-Adjointe, Corbeil-Essonnes

Amor Trabelsi, cheminot au Bourget, SUD Rail Paris Nord

Assa Traoré, comité La vérité pour Adama

Inan Turkan, Collectif Justice pour Ibo 

Alix Sébastien, mécanicien Air France

Léo Simon, enseignant, militant CGT educ'action 31

Fabien Truong, sociologue

Kevin Vacher, militant pour le logement à Marseille

Maude Vadot, maitresse de conférences, Université Savoie Mont Blanc

Elsa Vallot, doctorante à l’University Of Southern California et autrice

Pauline Vallot, maîtresse de conférence, université de Bourgogne

Prisca Vandenmaagdenberg, professeure des écoles, syndiquée Snuipp

Dominique Vidal, journaliste et historien

Emilie Videcoq, avocate en droit du travail et droit des chômeurs 

Nicolas Vieillescazes, éditeur 

Catherine Vincent, musicienne

Luz Volckmann, poétesse

Albin Wagener, docteur HDR en Sciences du langage

Sophie Wahnich, historienne

Sabrina Waz, militante et professeur des écoles à Aubervillers

Cyril Wolmark, Professeur à l'université Paris Ouest Nanterre 

Sasha Yaropolskaya, militante trans-féministe, XY Média