mercredi 10 mai 2023

Voici la troupe qui nous taxe de complotistes et/ou conspirationnistes

...et qui dénonce les "fake news" !

Petit florilège moderne de la troupe en question.

SOURCE : j'ai pris tous les montages photos ci-dessous (petit échantillon) de l'excellente revue Médiacritiques (nº 46, Retraites : l’éditocratie avec Macron), éditée trimestriellement par ACRIMED, association à laquelle je voudrais rendre sincèrement hommage. Consultez sa boutique.

Acrimed (Action-Critique-Médias) s’est constituée comme une association-carrefour : elle réunit des journalistes et salarié·e·s des médias, des chercheurs·ses et universitaires, des acteurs·rices du mouvement social et des « usagers » des médias.

Observatoire des médias né du mouvement social de 1995, dans la foulée de l’Appel à la solidarité avec les grévistes, Acrimed cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante.

Acrimed est une association d’intérêt général à but non lucratif, fondée en 1996

Amour des grèves et des manifs

Extase Macron-Juillet 2017

Jeu des Unes réelles et invraisemblables

L'anathème GROGNE dans les médias, pour animer les luttes populaires

L'orchestre médiatique joue la marche promotionnelle... des produits de l'empire : le cas de Star Wars.
Il y a quelques semaines, j'ai vu le JT de RTVE et le service public audiovisuel espagnol nous renseignait ponctuellement que Like a Virgin, chansonnette de Madonna, entrait dans le Registre national des Enregistrements (sauf que national concernait les États-Unis).

Les médias saluent Jeremy Corbyn

Les obsessions islamiques de la presse magazine

Mélenchon, le bien-aimé

Petite pensée pour Syriza-Tsipras-Varoufakis, carrément le démon

Propaganda et contrasting propaganda

Comment dire...

Avril 2016, vous en souvenez-vous ?

 

mardi 28 mars 2023

Toujours Debout (Le Média) : répression féroce à Sainte-Soline, syntaxe de Manès Nadel et dernier rapport GIEC

Le Média a diffusé hier lundi 27 mars 2023 une nouvelle édition de son émission quotidienne Toujours Debout.

Présenté par Rémi-Kenzo Pages, en voici le sommaire :

▶ Retour de terrain : Lisa Lap et Léna Lazare. On revient sur la mobilisation historique, samedi, dans les Deux-Sèvres, contre les méga-bassines. Une manifestation massive qui s’est heurtée à un dispositif policier massif et très offensif. Quelques chiffres qui donnent le tournis mais montrent bien la volonté d’en découdre de la part du gouvernement : ce sont près de 4 000 grenades qui ont été lancé sur le cortège de 30 000 personnes faisant près de 200 blessés, côté manifestants, dont un éborgné et une personne à ce jour entre la vie et la mort… On en parle avec notre journaliste Lisa Lap et Léna Lazare, activiste aux Soulèvements de la Terre. Toutes les deux étaient sur le terrain ce samedi. 

▶ Entretien d’actu : Avec le jeune Manès Nadel [15 superbes ans et une syntaxe !], syndicaliste lycéen, visage bien connu de la contestation contre la réforme des retraites, on évoque la mobilisation de demain qui s’annonce très suivie notamment auprès de la jeunesse. 

▶ Entretien d’actu : Yamina Saheb. Cela fait une semaine, depuis lundi 20 mars, que le GIEC a publié son dernier rapport : la synthèse des synthèses qui concentre les informations principales des trois rapports publiés entre 2021 et 2022, dans le cadre du 6ème cycle d'évaluation du GIEC, ainsi que les trois rapports spéciaux produits en parallèle, sur l'impact d'un réchauffement de 1,5°, son effet sur les océans, la cryosphère et sur les terres émergées. Une première synthèse depuis l'accord de Paris de 2015 qui rappelle les menaces qui pèsent sur la planète. Mais aussi que des solutions politiques sont à notre portée. Les journalistes en ont peu parlé. Pourtant c'est une actualité suffisamment importante pour qu'on revienne dessus et qu'on prenne le temps de développer le sujet. Pour en discuter nous recevons une autrice du GIEC, Yamina Saheb, co-autrice du volet 3 sur les solutions contre le changement climatique, le plus politique.


Le gouvernement français est au courant de la publication du 6e rapport de synthèse du GIEC, y compris Agnès Pannier-Runacher, et visiblement, ils nous emmerdent —tout en trouvant certainement de la magie au bord du précipice.

Pour ne citer que le récent rapport 2022-23 d'Amnesty International, qui vient de paraître le 28.03.2023 et dont le contenu sur la crise climatique concernant la France (p. 219) est plutôt sommaire, il arrive que...

Le Conseil d’État a réaffirmé en septembre que le droit de vivre dans un environnement sain était un droit fondamental.
Ce même Conseil d’État a condamné en octobre le gouvernement français à une amende de 20 millions d’euros pour ne pas avoir respecté, pendant deux périodes de six mois, entre juillet 2021 et juillet 2022, les normes européennes de qualité de l’air. Le montant de cette amende devait être versé à des groupes écologistes.
À la fin de l’année, l’État n’avait pas pris de mesures suffisantes pour améliorer la qualité de l’air et atteindre les objectifs en matière de pollution « dans le délai le plus court possible ».
Toujours au mois d’octobre, les villes de Paris, New York et Poitiers, ainsi qu’Amnesty International France, ont rejoint la procédure judiciaire en cours engagée en 2017 contre l’entreprise TotalEnergies par une coalition issue de la société civile.
Il était notamment reproché à cette entreprise de ne pas respecter les objectifs de l’Accord de Paris et de ne pas exercer la diligence requise en matière climatique conformément aux dispositions de la Loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre.

 

QUELQUES RAPPELS concernant les méga-bassines :

- Bassines ? Non, merci

- Rappels de Jean Noël. 

- « À Sainte-Soline, des milliers de manifestants refusent les mégabassines », Reporterre, 31.10.2022. 

- Mégabassines : la guerre de l'eau est déclarée"Recours juridiques, manifestations, pétitions, et même sabotages. Dans les Deux-Sèvres, la mobilisation contre les “méga-bassines” continue de prendre de l’ampleur. Ces gigantesques cratères de plastique, destinés principalement à l’irrigation des cultures céréalières en été, sont dénoncés comme l’énième fuite en avant d’un modèle agricole intensif et trop gourmand en eau, qui peine déjà à se maintenir face aux dérèglements climatiques en cours. Malgré des sécheresses à répétition et des nappes phréatiques historiquement basses, le gouvernement semble déterminé à mener ces projets à terme, quitte à passer en force. Mais de quoi les bassines sont-elles vraiment le nom ? Alors qu’une nouvelle manifestation est annoncée ce 25 mars 2023, nous sommes remontés à la source de cette bataille de l’eau." (vidéo de Blast, 24.03.2023). 

- 1 700 gendarmes, 7 hélicoptères et une députée

- « Mégabassines : le parquet confirme qu’un manifestant blessé à Sainte-Soline est entre la vie et la mort  » (Le Monde, 26.03.2023). 

- Communiqué au sujet de S« Samedi 25 mars à Sainte Soline, notre camarade S. a été atteint à la tête par une grenade explosive lors de la manifestation contre les bassines. Malgré son état d’urgence absolue, la préfecture a sciemment empêché les secours d’intervenir dans un premier temps et d’engager son transport dans une unité de soins adaptée dans un second temps. Il est actuellement en réanimation neurochirurgicale. Son pronostic vital est toujours engagé. Le déferlement de violences que les manifestants ont subi a fait des centaines de blessés, avec plusieurs atteintes graves à l’intégrité physique comme l’annoncent les différents bilans disponibles (...). » 

- Saint-Soline le jour d'après : Au lendemain de la répression brutale de la mobilisation contre les mégabassines, les manifestants dénoncent la violence des actions policières et les accusent d’avoir retardé la prise en charge des blessés. Des faits confirmés par la Ligue des droits de l’homme, qui s’inquiète de la « militarisation des forces de l’ordre ». (Marion Briswalter, Mediapart, 26.03.2023). 

- Un deuxième manifestant est dans le coma

- Interrogé sur l'utilisation de LBD (lanceur de balles de défense), Gérald Darmanin a répondu: "non, les gendarmes n'ont pas lancé de LBD en quad. Seules des grenades lacrymogènes ont été tirées" (TV5Monde, 27.03.2023). Comme d'habitude, c'est faux.

- Désarmons-les ! à propos de l'usage par la police de GM2L. 

- Midi Libre (27.03.2023) : La grenade modulaire 2 lacrymogène (GML2) est considérée comme une arme de guerre, étant classée en catégorie A2 par la réglementation en la matière. Fabriquée par l'entreprise Alsetex, elle est selon sa fiche technique destinée à la fois au maintien de l'ordre (diversion, dissuasion) et à l'intervention (contrôle et neutralisation de forcené). Elle pèse environ 150 grammes, et contient 10 grammes de CS pur, le gaz lacrymogène utilisé depuis les années 60 par les forces de l'ordre en France. Son effet "irritant" est selon la brochure "instantané". Mais cette grenade a une deuxième action, considérée comme "psychologique" : elle est assourdissante, avec  un bruit de 165 dB à cinq mètres, et de 150 dB à 10 mètres. (...) en 2022, un manifestant qui était semble-t-il en train de la ramasser a eu la main arrachée par sa déflagration à Redon. Selon le site spécialisé maintiendelordre.fr,  "avec 165 décibels brisant et cassant à 5 mètres elle surpasse le bruit d’un avion au décollage et dépasse le seuil de douleur sonore. Au-delà de 120 dB, des bruits très brefs provoquent immédiatement des dommages irréversibles"

« Ce qui s'est vraiment passé à Saint-Soline malgré les mensonges de la Préfecture et du ministre de l'Intérieur [Gérald Darmanin] : Le lendemain de cette journée de mobilisation historique contre les méga-bassines, la Confédération paysanne, les Soulèvements de la Terre et Bassines Non Merci tiennent à rappeler les faits [cliquez sur les liens pour accéder à tous leurs articles à ce sujet]. Alors que des intox sont affirmées au plus haut niveau de l'Etat, nous avons vu et pouvons prouver. » (26.03.2023)

Accédez ici à machronique en marche pour consulter par ordre alphabétique un répertoire non négligeable de casseroles macronites de tout poil.

mardi 21 février 2023

Une caisse de grève ? Extrait de "Grandpuits et petites victoires", 2010

 ...le progrès social n'a jamais été obtenu parce qu'un ouvrier avait demandé gentiment au patron ou au gouvernement de faire un geste...

Les Mutins de Pangée nous expliquent :

« Les cotisations sociales n’ont pas vocation à financer notre retraite » a affirmé la députée macroniste [des Yvelines] Nadia Hai qui ferait mieux de regarder La Sociale, le documentaire de Gilles Perret, afin de se souvenir de la vocation des cotisations sociales. Mais dans le même élan, on se console de la prise de conscience de Falbala Salamé : « Même nous, journalistes, on doit balayer devant notre porte » (Quelle époque sur France 2 le 11 février 2023). Falbala venait de se rendre compte qu’elle avait (comme la plupart de ses collègues) répété en boucle le mensonge du gouvernement sur la retraite minimale à 1200 euros. Il y a de l’espoir… Bientôt, peut-être, la journaliste défendra son collègue Julian Assange… quand elle aura le temps de lire (avant sa retraite) notre livre qui accompagne le film Hacking Justice ?
En attendant, continuons à documenter le monde, patiemment, prenons le temps d'explorer d'autres points de vue, à travers des films qui donnent du grain à moudre au milieu du chaos médiatique et des propos sans lendemains… La journée du 7 mars et les jours suivants vont marquer un moment important, de la détermination (ou pas) des Français à résister au rouleau compresseur, de notre capacité à continuer les débats qui ne peuvent avoir lieu dans les hémicycles des institutions de la Ve République aux règles faussées d’avance par Jupiter. Par Toutatis, on le sait depuis Astérix et Obélix, seule la potion magique peut venir à bout de l'Empire… Mais efficace aussi, de sérieux blocages de chars à bœufs peuvent faire plier les Romains, quitte à se priver de poisson (pas frais*) pendant quelques jours. (...)

VOUS NE SAVEZ PAS CE QU'EST UNE CAISSE DE GRÈVE ? 

Les grévistes perdent leurs journées de salaire lors des jours grévés. Certains hésitent donc à se sacrifier, quand d'autres ne peuvent carrément pas selon leur position et l'absence parfois de syndicat. Alors, il faut remplir les caisses de grèves pour soutenir la phase suivante à partir du 7 mars (et même du 6 pour les raffineurs). L'expérience de la grève de 2010 nous avait montré qu'il avait manqué peu de jours de blocages coordonnés pour que le pouvoir plie.
Pour comprendre l'effet d'une caisse de grève, regardez donc ce petit rappel de 5 minutes, extrait de Grandpuits et petites victoires d'Olivier Azam, Les Mutins de Pangée, 2010.

Une caisse de grève ? (extrait de Grandpuits et petites victoires - 2010) par lesmutins.org sur Vimeo.


À voir en entier ici en VOD ou ici en DVD (multilangues).

ATTAC vous propose sur son site des Réflexions sur le financement de la Sécurité sociale publiées le lundi 6 février 2023, par Vincent Drezet, de l'Observatoire de la justice fiscale. Elles sont téléchargeables en pdf.

Comme curiosité, le 23 mai 2015, une certaine Marlène Schiappa, du même nom qu'une politicienne renaissante actuelle, écrivait sur Twitter :

Après 50 ans on ne t'embauche plus mais le @medef veut que tu partes à la retraite à 67 ans... Pendant 17 ans, tu fais quoi ?

samedi 11 février 2023

Macron, la fauve qui s'acharne contre "Les Jours Heureux"

J'écoutais ici un discours plein de brio de François Ruffin blâmant l'énorme et mesquine petitesse de la Macronie, qui s'évertue à martyriser encore un peu plus les Français du Travail moyennant une nouvelle torsion ou réforme, celle des retraites. Cet esprit qui se grise à broyer du non-vautour tout en moulant à vide... 

Mis à part notre différend de base sur la catégorie "Travail" —je constate encore que le système est toujours beaucoup plus prégnant qu'on ne le pense, même si on le pense, car, entre autres, on le pense avec ses mots, son agenda et ses prestiges—, celle de Ruffin est une allocution où la fougue et le rythme le disputent à l'humanité. De quoi faire avaler quelques litres de salive aux quelques membres du gouvernement qui occupaient leur siège à l'Assemblée Nationale.

Vous faites pitié. Après le tunnel de la crise Covid, de la guerre en Ukraine, des factures qui bondissent, quelle lumière allumez-vous pour les Français ? Aucune. Juste cette petite chose, banale, mesquine : une réforme des retraites. Quelle médiocrité ! Vous faites pitié.

Jeudi j'étais à Dieppe, j'y ai retrouvé Véronique, auxiliaire de vie. Elle a 61 ans, et à force de porter des personnes âgées, elle souffre d'une hernie. Elle aime son métier, mais il est devenu une quotidienne douleur. On a fait la simulation : elle prend 15 mois.

A toutes les Véronique qui ont tenu le pays le debout, aux infirmières, aux caissières, aux manutentionnaires, à cette France qui se lève tôt* et qui va au boulot, qu'offrez-vous ? Deux ans. Deux ans ferme. Formidable ambition. (...)

Deux ans ferme. Formidable ambition. 

En écoutant son éloge du bonheur (Le bonheur qui, à entendre tous vos discours racornis, vieillis, tristes et sinistres, le bonheur qui demeure dans cette Assemblée comme une idée neuve), je me suis souvenu du programme des jours heureux (1), élaboré et entériné par le Conseil National de la Résistance (CNR) dans son assemblée plénière du 15 mars 1944, qui comportait à la fois un plan d'action immédiate contre l'oppresseur nazi et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération de la France, un ordre social plus juste ; un programme qui a donc façonné les réformes économiques et sociales mises en place après la Libération, et qui était l'exact contraire de la société de l'esclavage et du narcissisme très modernes-high-tech-for-good exécuté par la Macronie ou, si l'on préfère, par ce cadre général d'étouffement qu'est le Capitalisme aggiornato

J'avais fait référence à tout cela dans un billet précédent, du 23.03.2011, consacré à la présentation à Madrid d'Indignez-vous !, l'opuscule célèbre de Stéphane Hessel, à la très petite différence près qu'à l'époque, la tête la plus visible de l'hydre capitaliste anti CNR, anti partisane, s'appelait Nicolas Sarkozy. D*nis K*ssler, un idéologue medefien avait exposé ouvertement en 2007 le contreprogramme à appliquer méthodiquement. Je le rappelais alors :

Au début d'Indignez-vous !, Hessel rappelle au lecteur qu'il a 93 ans et se souvient de ses années de résistance ainsi que du programme élaboré à l'époque par le Conseil National de la Résistance. Il écrit exactement :

À partir de 1945, après un drame atroce, c'est une ambitieuse résurrection à laquelle se livrent les forces présentes au sein du Conseil de la Résistance. Rappelons-le, c'est alors qu'est créée la Sécurité sociale comme la Résistance le souhaitait, comme son programme le stipulait : « Un plan complet de Sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail » ; « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours. » Les sources d'énergie, l'électricité et le gaz, les charbonnages, les grandes banques sont nationalisées. C'est ce que ce programme préconisait encore, « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques » ; « l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ». L'intérêt général doit primer sur l'intérêt particulier, le juste partage des richesses créées par le monde du travail primer sur le pouvoir de l'argent.
La pertinence de ce rappel est absolue, car la classe dominante s'évertue, depuis plusieurs décennies, à "défaire méthodiquement" le programme du CNR et les acquis sociaux de l'après-guerre. Vous ne l'aviez pas remarqué ? D'ailleurs, nos prédateurs s'expriment comme de l'eau de roche à ce propos : coutumiers des bulles financières, ils se sentent désormais porteurs de la bulle d'excommunication de la dignité humaine. D*nis K*ssler, par exemple, ancien vice-président du MEDEF (la grande organisation patronale française), ancien patron du lobby des compagnies d'assurances et, par ces temps-ci, PDG de SCOR (groupe de réassurances qu'il a lui même fondé), a intérêt à en finir d'une fois pour toutes avec la Sécurité sociale, les pensions de retraite et les différentes prestations publiques d'une société modestement solidaire. Ça se comprend. Il ne faut donc pas s'étonner que le 4 octobre 2007, il ait publié un article —dans Challenges, revue au nom [optimiste et positif] comme il faut— où il assignait au pouvoir sarkozyste la tâche péremptoire d'abroger « tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception » et de « sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » M. K*ssler ne se prive ni de l'adverbe ni du point d'exclamation [(2Note en bas du billet de référence pour lire l'article dans son intégralité. Cliquez ICI pour lire une réaction contemporaine, celle du Lucky.blog].

Et il m'est venu aussi à la tête que quelqu'un avait glosé il n'y avait pas très longtemps l'esprit et les conséquences de ce programme de la Résistance française contre lequel s'acharne impitoyablement cette mafia qui, selon Ruffin, fait pitié. C'était Pascale Fourier, responsable de l'émission radiophonique Des sous... et des hommes. Je me permets de reproduire son billet de blog publié sur le site de Mediapart le 11 novembre 2011, car il est vraiment pertinent :

Ce que n'a pas dit E. Macron : "Sans eux, aurions-nous ce dont nous bénéficions ?"

Emmanuel Macron a une larme à l'oeil....A l'heure de la destruction de tous les acquis issus de la Résistance, à l'heure de la mise à bas de l'Etat social voulu par nombre de ceux qui ont résisté, cette larmichette est malvenue. Très.

Pascale Fourier - Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Emmanuel Macron a une larme à l'oeil en écoutant le Chant des partisans lors de l'inhumation d'Hubert Germain dans la crypte du Mont-Valérien. Tartuffe est parmi nous : « Cachez ce sein que je ne saurais voir »....
Car quoi ? C'est au creux des temps les plus sombres, en 1943, que, sous l'égide de Jean Moulin, l'ensemble des forces résistantes, gaullistes certes, mais aussi communistes, notamment, se sont rassemblées pour définir ce beau programme qui avait le nom de « Les Jours heureux » et qui sera publié en Mars 1944.
Que voit-on dans les actions ou les volontés exprimées d'Emmanuel Macron ? L'inverse de ce que prônaient les forces résistantes à l'aube de notre libération dont nous ne saurons jamais leur être assez gré : c'était un programme qui portait les Français vers le haut, vers « les jours heureux » avec l'assurance que les plus humbles seraient protégés.
Mais dans un temps où le Président, par son cinéma, nous appelle à ne pas avoir la mémoire courte, nous devons affirmer que nous ne l'avons pas, que nous nous souvenons, que nous mettons en lien les choses, que nous savons ce que nous devons à qui.... et ce n'est pas à lui....
"Défaire méthodiquement le Programme National de la Résistance".
Car il est incontestable, quand on porte un regard sur les intentions du MEDEF en ce temps pas si lointain  de 2007 ( 2007, qu'est-ce, par rapport à 1944?), qu'Emmanuel Macron met en œuvre scrupuleusement le plan élaboré à cette époque par le syndicat (grand)-patronal. Plan alors clairement énoncé par Denis Kessler, numéro 2 du MEDEF.
C'était dans le Challenge du 4 octobre 2007: "Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !". 
C'était au temps de la "Refondation sociale" impulsée par l'ancien CNPF devenu quelques années plus tôt le MEDEFversion agressive et rénovée du syndicat du patronaten ordre de bataille pour faire entrer la France dans le néolibéralisme.
La liste des réformes engagées n'a guère bougé - et Emmanuel Macron peut sembler donc celui qui souhaite poser la clef de voûte de cette entreprise de démolition  avec cette dimension particulière que, comme le soulignait Romaric Godin dans son excellent livre La Guerre sociale en France (éditions La Découverte, 2019), plus rien ne semble le brider.

D'ailleurs, Martine Orange, qui faisait la recension de ce livre le soulignait : "Car même les moins avertis comprennent vite ce qui se trame. L’État qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’était posé en arbitre entre le capital et le travail, qui, même s’il avait fait de nombreuses concessions depuis les années 1980, avait veillé à ménager le second, a totalement basculé : il est désormais sans nuance aux côtés du capital. Toute la suite en témoigne : APL, ordonnances sur le travail, réforme du chômage, réforme de la fiscalité, réforme des retraites, démantèlement des services publics… Rien ne doit en réchapper. C’est qu’il y a dans cette politique une revanche sociale. Tous les acquis sociaux, toutes les lois que les pouvoirs du capital ont dû concéder, du fait notamment de leur faillite morale, après 1945, doivent disparaître."
On en est là quand on regarde les annonces concernant les retraites, l'indemnisation du chômage, les reculs en matière de Sécurité Sociale, l'état désastreux des hôpitaux et des services de santé ainsi que celui de l'Education Nationale, tous dévastés par une gestion comptable des choses.

[Photo à éviter tout à fait de voir, car elle fait mal, très : E. Macron pleurniche.] 

Plutôt qu'E. Macron, écouter  ...

Avant que les Résistants les plus prestigieux ne soient morts, ils étaient... vivants... - et ils pouvaient parler.  Et en 2004, nombre d'entre eux, parmi les plus prestigieux, avaient signé un Appel à la commémoration du 60° anniversaire du Programme de la Résistance: ils avaient noms Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel,  Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.
A cette époque, le journal Le Monde avait refusé de publier leur tribune...Et c'est le mouvement Attac, à l'époque sous la présidence de Jacques Nikonoff, qui avait organisé un colloque pour rendre compte de cet appel...
Celle qui écrit ce billet a vu s'éteindre au fil des ans chacun des signataires. Si le grand Jean-Pierre Vernant n'a pu répondre à ses questions parce que déjà malade, elle a pu interviewer Raymond Aubrac, Stéphane Hessel, Philippe Dechartre, et Maurice Kriegel-Valrimont.
C'était en 2005 et je vous propose de réécouter ce que disait à cette époque Maurice Kriegel-Valrimont, grand Résistant qui avait reçu le 25 août 1944, avec Henri Rol-Tanguy et le général Leclerc, la reddition du général von Choltitz, chef de la garnison allemande de Paris. L'écouter, c'est  rendre bien plus hommage à la volonté des Résistants qui se sont levés contre la barbarie nazie et qui portaient dans leur coeur l'espoir de jours heureux que de regarder la larme de crocodile à l'oeil de celui qui compromet et promet de compromettre encore plus s'il est réélu ce que nous devons à nos aînés, ce dont ils avaient rêvé au creux de l'hiver nazi, ce qu'ils ont  gravé dans le marbre, le Programme National de la Résistance : voilà ce qu'il ne faut pas oublier, voilà, outre notre liberté dans l'honneur, ce que nous leur devons. Nous n'oublions pas.

Maurice Kriegel-Valrimont : Quand des résistants nous transmettent le flambeau !

Emission de Des Sous...et des Hommes diffusée en Mars 2005 sur Aligre FM. Une émission de Pascale Fourier faite dans le cadre de la commémoration du 60° anniversaire du Programme national de la Résistance ( PNR)



Et la mémoire réchauffe deux phrases du début de Les Cosaques, la nouvelle de Lev Tolstoï : « Les ouvriers, après la longue nuit d'hiver, se réveillent et se rendent au travail. Mais pour les seigneurs, c'est encore la veillée. » Même Dutronc démentait [débunke, dit-on aujourd'hui, globish oblige] avant la lettre les entourloupes des S*rkozy, Le P*n , Z*mmour et autres Macron.

_________________________________________

(1) Présentation par le Musée de la Résistance 1940-1945 en ligne :

Signé le 15 mars 1944 à l’unanimité des membres du Conseil national de la Résistance, le « programme d’action de la Résistance » comprenait deux parties : l’une sur les mesures à prendre avant et pendant la libération du territoire (et notamment le renforcement et l’organisation de la lutte armée) et la seconde, consistant en un programme de réformes pour l’après-libération marqué par la volonté d’instaurer une « démocratie économique et sociale ». Il est largement mis en œuvre à la Libération par le Gouvernement provisoire de la République française avec le soutien de la quasi-totalité des tendances politiques. 

Le programme est édité clandestinement en brochure par le mouvement Libération de zone sud. Deux jeux de clichés en galvanotypie, exécutés à Paris, permettent une double impression, en région lyonnaise et surtout à Toulon, par l’imprimerie Azzaro (200 000 exemplaires). L’exemplaire reproduit, qui appartenait à un des responsables de Libération-sud, Serge Ravanel, fait partie d’ une édition numérotée à 100 exemplaires sous couverture cartonnée, tirée à Paris chez l’imprimeur Gaulier (11 rue Malebranche), en juin 1944. Le titre de la brochure avait de multiples connotations à l’époque. Il rappelait un grand succès du théâtre de boulevard de 1938 adapté en film en 1941, mais c’était aussi la traduction de Happy Days, la chanson emblématique de la première campagne électorale de Roosevelt, au moment du New Deal.

mercredi 8 février 2023

"Meeting" de Révolution Permanente pour la bataille contre la contre-réforme des retraites

Le 1er février 2023, au lendemain de la mobilisation très nourrie du 31 janvier contre la contre-réforme macronite des retraites et sous le titre Comment gagner face à Macron ?, Révolution Permanente (RP) vous proposait —en chair et en os et en ligne— une réunion pour discuter du mouvement d'opposition en cours

Les invité.es à prendre la parole devant les rassemblé.es étaient Anasse Kazib (cheminot, porte-parole de RP), Frédéric Lordon (philosophe), Fernande Bagou (travailleuse du nettoyage à Onet), Lorélia Fréjo (étudiante), Mouloud Sahraoui (ouvrier dans la logistique à Geodis) et Adrien Cornet (raffineur Total Grandpuits). 

Après retransmission, RP a mis en ligne les deux heures deux minutes et demie de ce meeting.

Vous pouvez accéder ici aux commentaires déclenchés par ces prises de parole.

L'intervention de Frédéric Lordon, de 10 minutes, est visible ci-dessous (sous le titre « Macron est un forcené, un forcené ça se déloge ») :

Le 7 février 2023, Frédéric Lordon a repris et développé son intervention dans un article de son blog hébergé par Le Monde diplomatique, intitulé Les demeurés de la « légitimité »

jeudi 26 janvier 2023

Le journalisme d'enquête libre et pluriel en Capitalisme débraguetté

Un exemple (à travers une simple revue de presse). Un bon exemple d'une bonne vieille obscénité au sujet de laquelle le cynisme nous rassure. [Cf. Les nouveaux chiens de garde, le film et ses références.]

« Victoire de l’irresponsabilité », Emmanuel Macron invite à déjeuner, en toute discrétion et avec une facilité déconcertante, vertigineuse et non inédite, dix éditorialistes de la presse parisienne afin de leur insuffler off the record un argumentaire de vente juste deux jours avant la journée d’action contre sa Réforme des Retraites, convoquée pour le jeudi 19 janvier. « A croire, si votre infolettre osait, que le chef de l’Etat s’est directement épanché auprès de nos confrères, histoire de faire passer quelques messages, sans caméras ni micros… », dixit l'Infolettre Politico du 18.01.2023.

Les copistes collabos en question avaient été choisis parmi les pantins préférés du Président des nababs, mérite dont jouissent Guillaume Tabard, du Figaro, Dominique Seux, de France Inter et des Échos, Françoise Fressoz, du Monde, ou encore Nathalie St-Cricq, de France Télévisions (chef du service politique de France 2). Qui est plus esclave qu'un courtisan assidu, si ce n'est un courtisan plus assidu ? se demandait rhétoriquement La Bruyère (De la Cour, 69, Les Caractères). Il y avait néanmoins une condition de taille pour assister au repas et aux confidences : les perroquets ne devraient jamais avouer qu’ils avaient vu Emmanuel Macron et, donc, ne pouvaient pas le citer (cf. Ève Roger, C médiatique, émission présentée par Mélanie Taravant sur France 5 diffusée le 22.01.2023 ; cf. CheckNews du Libé du 24.01.2023). 

Donc, ô prodige, le même jour (le 17.01.2023 ou tôt le lendemain), malgré une façade présidentielle silencieuse (Cécile Cornudet, Les Échos), les « journalistes » ventriloqué.es ont trouvé la manière de colporter la bonne parole macronite bien calquée en tous indépendance et pluralisme : ici (Yaël Goosz, France Inter), ici (Matthieu Goar, Le Monde, qui venait tout juste de dénoncer le 5.01.2023, avec Ivanne Trippenbach et Claire Gatinois, « le Off,... une dérive politique » et les contorsions journalistiques concomitantes) ou là (Guillaume Tabard, Le Figaro, qui, à l'heure des alibis historiques, montre comme de l'eau de roche de quel bois se chauffe la lignée De Gaulle, Chirac, Sarkozy, etc.), ou là là (Benjamin Duhamel sur BFMTV). Ah l'entourage et les coulisses du donneur de ton (Raphaël Delvolvé, Europe 1, 18.01.2023). Complétaient la bouffe trois autres porte-parole de l'Élysée, à savoir, Alba Ventura (RTL), Stéphane Verbay (Ouest France) et David Revault d'Allonnes (rédacteur en chef politique au JDD). Ventura transmet le 18 : « À la veille de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, c’est la sérénité qui règne à l'Élysée. » « (...) avant une journée de mobilisation qui s'annonce massive, contre la réforme des retraites. Est-ce de nature à émouvoir Emmanuel Macron ? Non, le président de la République est droit dans ses bottes. Cette réforme il la veut. » « Emmanuel Macron dit souvent ces temps-ci qu’il ne croit pas à la victoire de l’irresponsabilité. » et tout le tralala qu'elle ressasse le lendemain tout en préservant les mots codés, les expressions totem de ces temps-ci. 

Vis-à-vis de tant d’écholalie macronite (ils ont tous diffusé les mêmes éléments de langage, vous n'avez qu'à comparer), Tabard, manteau à court d’arguments, se couvre plutôt mal.

Ouhhh là, côté ou là là, l'esprit a du mal à s'affranchir d'une vague réminiscence, en rapport peut-être avec un pur hasard généalogique, car... la nièce par alliance de Nathalie St-Cricq est la ministre des Sports macronite Amélie Oudéa-Castéra [ce qui ne constitue en principe aucun problème], qui est cousine de Benjamin Duhamel, journaliste de service ou là là au service politique de BFMTV, fils de Patrice Duhamel, ex du Figaro et directeur général de France Télévisions, et de Nathalie Saint-Cricq, qui est elle-même donc la belle-sœur de l’incontournable journaliste indépendant, libre et pluriel Alain Duhamel. 

Mais, parmi les cité.es, en matière de journalisme de révérence, « moi, mon colon, cell' que j'préfère, c’est » Françoise Fressoz, qui se produit d'ailleurs dans un journal de révérence. « La facilité déconcertante avec laquelle Emmanuel Macron mène campagne rend le moment à la fois inédit et vertigineux » avait-elle déjà pondéré une fois, elle, qui a consacré à Macron grand nombre d’autres alertes équilibrées, car le suryong renaissant prônant le Travail (des travailleurs) et l'All Predation for Good est un « capitaine Tempête » « protecteur de la nation », un « énarque pétri de philosophie », « une tête bien faite », un « flibustier », « préoccupé de justice sociale et désireux de vaincre cette "fatigue des démocraties" ». Voilà pourquoi elle est à même de nous rassurer : « personne n’est aujourd’hui en mesure de lui disputer le leadership, ni même simplement le partage du pouvoir. » 


[Les adorateurs de Jupiter (ados) ont la possibilité d'accéder à des échantillons stupéfiants de l'ensemble de son œuvre sur machronique en marche en cliquant ci-contre]

mardi 24 janvier 2023

Rapport OXFAM janvier 2023

 

Nouveau rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales

Depuis  2020, les 1% les plus riches ont capté 63% des richesses produites, près de deux fois plus que le reste de la population mondiale. C’est le constat révélé par le nouveau rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales, publié en marge du Forum économique mondial de Davos.

La loi du plus riche : les chiffres-clés du rapport

  • Depuis 2020, deux tiers des richesses mondiales produites ont été captées par les 1% les plus riches.
  • Les milliardaires ont gagné 2,7 milliards de dollars par jour depuis 2020 grâce à l’intervention publique face au coronavirus.
  • Depuis 2020, les 10 premiers milliardaires ont gagné 189 milliards d’euros, l’équivalent de deux ans de factures de gaz, d’électricité et de carburant des Français·es.
  • Taxer la fortune des milliardaires français à hauteur d’à peine 2% permettrait de financer le déficit attendu des retraites.
  • Avec une fortune de 179 milliards d’euros, Bernard Arnault est désormais l’homme le plus riche de la planète. Sa fortune correspond à l’équivalent de celle de près de 20 millions de Français·es.

Lire le rapport

Les milliardaires continuent de surfer sur les crises

Alors que nous traversons une période sans précédent marquée par des crises multiples, les ultra-riches se sont considérablement enrichis depuis 2020 et les bénéfices des grandes entreprises ont atteint des records sans précédent. Les milliardaires à travers le monde ont gagné plus de 2,7 milliards de dollars par jour depuis le début de la crise tandis que les entreprises des secteurs de l’alimentation et de l’énergie ont plus que doublé leurs bénéfices en 2022. 

Mais les crises n’ont pas fait que des gagnants. Partout, l’explosion des prix de l’énergie et des biens de première nécessité frappe en particulier les plus précaires. Plus de 820 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim. 60% d’entre elles sont des filles et des femmes.

En France aussi, les milliardaires tirent leur épingle du jeu 

La France, comme le reste du monde, fait face à une succession de crises de forte intensité. Mais les milliardaires français font eux aussi partie des grands gagnants : depuis 2020, leur fortune a augmenté de plus de 200 milliards d’euros, soit une hausse de 58%. Parmi eux, un homme s’en sort particulièrement bien : Bernard Arnault, qui est désormais l’homme le plus riche au monde, avec une fortune équivalente à celle cumulée de près de 20 millions de Français et Françaises.

Dans le même temps, les plus précaires sont devenus encore plus pauvres et les inégalités ont explosé avec, en première ligne de ces inégalités, les femmes. Si le gouvernement a dépensé des dizaines de milliards d’euros pour combattre la crise de la vie chère, ce sont les riches qui ont davantage bénéficié des mesures gouvernementales. Selon l’Insee, entre janvier 2022 et juillet 2022, les Français ont perdu 760 euros malgré l’intervention du gouvernement.

La réforme des retraites à venir, visant à repousser l’âge de départ à la retraite à 64 ans, risque d’aggraver encore davantage les inégalités. Une nouvelle fois, les plus précaires porteront le poids de cette réforme. Oxfam France a calculé que seulement 2% de la fortune des milliardaires français suffirait à financer le déficit attendu des retraites.

Lire le focus France

Les recommandations d’Oxfam

Oxfam appelle à une augmentation des impôts sur les ultra-riches, à une véritable taxe sur les superprofits mais aussi à des mesures de lutte contre l’évasion fiscale afin de faire contribuer ceux qui ont profité de la crise.

Oxfam appelle également le gouvernement à mettre en place des aides plus importantes ciblant celles et ceux qui subissent le plus la crise de la vie chère. 

Des investissements structurels sont également nécessaires pour renforcer notre résilience face à des prochaines crises. Ces investissements, dans le logement, les transports en commun, les services publics, l’eau, etc. permettraient un double bénéfice : réduire notre dépendance aux énergies fossiles tout en réduisant les factures.

Lire les recommandations

vendredi 20 janvier 2023

Les dix légendes structurantes d'Israël, par Ilan Pappé

Ilan Pappé présente aujourd'hui à Paris Les dix légendes structurantes d'Israël, traduction française de son essai Ten Myths About Israel, Verso, New York, 2017, 192 pages ; il le fera dans le cadre d'une conférence-débat organisée par l'UJFP (l'Union Juive Française pour la Paix) :

L’UJFP vous convie à une soirée-débat avec ILAN PAPPE pour déconstruire les dix légendes structurantes d’Israël

Vendredi 20 janvier 2023, à 20h, à l’AGECA

177 Rue de Charonne, 75011 Paris

Télécharger l'invitation en cliquant ici.

Ce titre interpelle immédiatement les gens soucieux de révéler ou de mieux connaître la vérité que tentent de dissimuler les clichés que diffuse la propagande israélienne (la « hasbara ») pour justifier la politique coloniale, d’apartheid et d’épuration ethnique que subit le peuple palestinien et réprimer sa résistance.

En voici quelques-uns : 

Les juifs israéliens seraient un peuple descendant des Hébreux et revenu dans son pays après 2000 d’exil.

Il y aurait trouvé une terre sans peuple et aurait fait fleurir le désert.

Lors de la Nakba les Palestiniens (expulsés) seraient en réalité partis d’eux-mêmes.

La guerre des six jours en 1967 auraient été lancée pour empêcher une attaque imminente des pays arabes.

Le sionisme serait la seule solution à l’antisémitisme largement partagée par la population juive.

Les « accords d’Oslo » et la « solution à deux Etats » auraient été une proposition de paix généreuse et équitable.

L’Etat d’Israël serait un Etat démocratique.

La résistance du Hamas serait condamnable parce qu’il ne serait qu’un parti terroriste voulant jeter les Juifs à la mer.

Etc…

Ilian Pappe, historien israélien exilé en Angleterre, auteur de nombreux livres sur le « conflit » israélo-palestinien, démonte clairement tous ces clichés et établit la vérité.

Le livre comporte aussi une chronologie depuis les débuts du mouvement sioniste

Pour le commander sur le site de l’éditeur


ISBN : 978-2-913112-71-1
Éditeur : NUITS ROUGES
Date de publication : 14/01/2022
Collection : LES NUITS ROUGES
Nombre de pages : 213
Langue : français (Traduit par )
Langue d'origine : anglais.
Prix : 11€.

Présentation extraite du site de la librairie des Cordeliers :

1. Au XIXe siècle, avant l'arrivée des Juifs européens, la Palestine n'était pas une terre aride non cultivée. 

2. Ces immigrants juifs n'étaient que très partiellement des descendants des Hébreux de l'époque romaine. 

3. Sionisme et judaïsme ne sont pas des notions équivalentes. Tous les Juifs, et notamment les orthodoxes, ne sont pas sionistes. 

4. Le sionisme est bien une forme de colonialisme. 

5. L'exode des Palestiniens pendant la guerre de 1948 fut principalement causé par les exactions israéliennes. 

6. La guerre de 1967 fut largement anticipée, voire souhaitée, par les dirigeants israéliens. 

7. L'Etat juif qui impose une forme d'apartheid aux Palestiniens n'est pas démocratique. 

8. Le pseudo-« processus de paix » engagé à Oslo en 1993 ne pouvait pas aboutir. 

9. La résistance du Hamas à Gaza n'est pas condamnable en elle-même.

Enfin, le 10e mythe auquel Pappe fait un sort concerne la fausse solution, dite à 2 Etats, dont il démontre l'impossibilité et la malhonnêteté.


mercredi 14 décembre 2022

Enjeux sociopolitiques autour de deux matchs de foot

La sélection du Maroc, qui participe avec beaucoup de succès à la Coupe du monde au Qatar, est la première africaine qui s'est qualifiée pour les demi-finales de cette compétition de football mégabusiness plus que professionnel. Entre autres anciennes puissances coloniales (la Belgique, le Portugal), elle a battu l'Espagne aux tirs au but en huitièmes de finales. 

Malgré la terrible réalité que dénonce courageusement Miss Raisa, par exemple ; en dépit de certaines menaces issues de groupes d'extrême droite sur les réseaux sociaux, très préoccupantes, les sympathisants et sympathisantes de l'équipe marocaine ont pu joyeusement s'éclater dans plusieurs quartiers et villes que je connais, comme Lavapiés ou Parla, dans la Communauté de Madrid, où j'habite. L'exploit des joueurs marocains a été commenté avec beaucoup de respect et de considération dans les deux groupes audiovisuels espagnols, public et privé, qui proposent la retransmission des matchs qataris. Les journaux les plus importants [y compris la presse nationaliste/patriotique espagnole, cf. ici ou ] ont rendu compte avec panache d'une explosion de joie dans énormément de bars et dans les rues de tout le pays. J'ai vu beaucoup de reportages et d'entrevues où bon nombre de joueurs, journalistes ou supporteurs marocains ou d'origine marocaine ont pu exprimer allègrement leurs émotions. Parfois, c'étaient carrément des Espagnols (par naissance ou par naturalisation, peu importe). En fait, il est difficile de savoir combien de citoyens de nationalité ou d'origine marocaine habitent en Espagne, car  il y en a beaucoup qui disposent de la nationalité espagnole et, par conséquent, ne sont pas ou plus recensés au registre des étrangers en Espagne —l'INE recense en 2021 5.440.148 citoyens étrangers (sur une population totale, le 1er janvier, de 47.432.805), dont 872.759 Marocains. [Le nombre de ressortissants étrangers ayant acquis la nationalité espagnole en 2021 a été de 144.012 et la nationalité d'origine la plus fréquente a été la marocaine dans 42.000 cas, loin devant la Colombie (8.328) et l'Équateur (8.325).]
Ces 5.440.148 citoyens constituent donc 11,47% de la démographie espagnole, 1,17% de plus qu'à l'Hexagone, car comme curiosité, l'INSEE résume ainsi la situation de l'immigration en France :

En 2021, 7,0 millions d'immigrés vivent en France, soit 10,3 % de la population totale. 2,5 millions d'immigrés, soit 36,0 % d'entre eux, sont français. Ils ont acquis la nationalité française depuis leur arrivée en France.
La population étrangère vivant en France s'élève à 5,2 millions de personnes, soit 7,7 % de la population totale. Elle se compose de 4,5 millions d'immigrés n'ayant pas acquis la nationalité française et de 0,8 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.
1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l'étranger. Avec les personnes immigrées (7,0 millions), au total, 8,7 millions de personnes vivant en France sont nées à l'étranger, soit 12,8 % de la population.
(...)
En 2021, 47,5 % des immigrés vivant en France sont nés en Afrique. 33,1 % sont nés en Europe. Les pays de naissance les plus fréquents des immigrés sont l'Algérie (12,7 %), le Maroc (12 %), le Portugal (8,6 %), la Tunisie (4,5 %), l'Italie (4,1 %), la Turquie (3,6 %) et l'Espagne (3,5 %). La moitié des immigrés sont originaires d'un de ces sept pays (49 %).
On parle toujours de la joie des Marocains, mais je sais que beaucoup de citoyens espagnols et d'autres nationalités ont fêté parmi nous la victoire des Lions de l'Atlas contre les tiki-takeurs de Luis Enrique. Une amie aragonaise me disait tranquillement : si le foot, c'est de la joie, qu'elle se partage, n'est-ce pas ? Il était très facile de comprendre son enjouement. Une autre m'envoyait une vidéo de la fête dans son quartier (Lavapiés) des vainqueurs de la journée et ajoutait : « J'en suis drôlement ravie ! » Voilà pourquoi je flippe (malheureusement, sans surprise) de l'aigre contraste médiatique sur l'Hexagone dès l'annonce même du match France-Maroc, de la constatation, encore une fois, de la force audiovisuelle et imprimée dont jouit l'extrême droite hexagonale, qui ne se lasse pas d'être toujours plus dégueulasse, plus insupportable, ce qui explique ce tweet du 12.12.2022 de Clément Viktorovitch :
« Les commentaires sur France-Maroc prouvent que, derrière les critiques qui accablent l’Islam ou l’immigration, se cache souvent un rejet phobique de nos concitoyens noirs et maghrébins » 
Foot, racisme et refoulé colonial : ma chronique, pour @Qofficiel.
Honneur à lui et à ses pairs en France. 
Cette émission, Quotidien, et Clément Viktorovitch affirmaient aussi hier (13.12.2022) :
Avec le match à venir, les franco-marocains ont le cœur qui balance… Et ça agace un paquet de commentateurs qui les accusent de manquer de loyauté. / Or le rejet de la binationalité fait partie de l’ADN du Front National…[et de toute extrême droite historiquement, qui sait toujours joindre la bourde affective à la cruauté politique (ce qui n'empêche que certains binationaux soient xénophobes, racistes et ultranationalistes ; je pense en vitesse à Valls, aux fafs franco-libanais ou à des Espagnols d'origine étrangère de ma connaissance). Miss Raisa en a plus que ras le bol et fait face, griffes et sourire, ironie et dédain. Joie.]
Écoutez tranquillement les réflexions de Viktorovitch dans les deux vidéos, ça vaut le coup.

Mais en même temps, le jour du match Espagne-Maroc, je me demandais (et l'écrivais à des ami.e.s) : et un Saharaoui, qui, de l'Espagne (de l'éhonté Pedro Sánchez) ou du Maroc (son actuelle puissance coloniale), préférerait-il voir perdre ? "Contre" qui irait-il ?
Et justement, hier, je lisais sur eldiario.es une entrevue avec l'activiste saharaoui Taleb Alisalem qui, à propos du match d'aujourd'hui 14 décembre (France-Maroc), corrigeait son intervieweur, Javier Biosca Azcoiti, et énonçait la question qu'il faudrait plutôt lui poser : “Más que con quien voy, es contra quien voy. Francia sigue practicando un neocolonialismo en África y es uno de los principales apoyos de Marruecos”. Et il concluait, dans un moment où presque tout le monde arabe chante les prouesses du Maroc dans la Coupe du Monde au Qatar : “Marruecos está utilizando el Mundial para blanquear (sic) la ocupación del Sáhara y sus acuerdos con Israel” [Le Maroc utilise cette Coupe du Monde pour blanchir (sic) son occupation du Sahara et ses accords avec Israël —Maradona ou Ronaldinho ont aussi fait de la haute politique footballeuse dans le même sens]. "Desgraciadamente nunca ha habido solidaridad por parte de los pueblos árabes hacia nosotros" [Malheureusement, il n'y a jamais eu de solidarité de la part des peuples arabes envers nous]. 
[Les Blancs ont instillé partout leur suprémacisme à travers, aussi, leurs langues, au point qu'un Saharaoui clairvoyant et très conscient des horreurs coloniales emploie spontanément le terme "blanchir", "rendre blanc", pour dire rendre dignedisculper, laver de tout soupçon, dédouaner, faire passer crème... En langue légitime, les Blancs sont toujours la crème de la crème ; oui, les langues sont, entre autres, un champ de mines]. 

Il faut lire les déclarations complètes de Taleb Alisalem pour bien suivre toutes ses informations et les nuances de son argumentation. En voici un tout petit extrait :
(...) mucha gente de los apoyos clásicos que solemos tener aquí [en Espagne], que son los movimientos o los partidos de izquierdas, muchísimos simpatizantes de esos partidos están celebrando las victorias de Marruecos porque para ellos representa un país africano y demás, pero no entienden el contexto de que es un país colonizador y ocupante. Y no sólo eso, tú puedes apoyar cualquier selección, pero es que se está instrumentalizando esa selección para blanquear una ocupación. Es una oportunidad para nosotros para concienciar, pero por desgracia no está dando los resultados que debería. Y aquí abro un paréntesis: hemos visto una oposición feroz de muchísima gente sobre la celebración del Mundial en Qatar por la defensa de los derechos humanos y, sin embargo, estamos viendo que casi las mismas personas, los mismos países y los mismos movimientos están apoyando a la selección marroquí incluso cuando esa selección sale cantando el “Sáhara es marroquí y siempre será marroquí”. Hay una contradicción. (...)
Quand on pense que tel ou tel joueur marocain est capable, en même temps, d'arborer le drapeau palestinien sur un gazon footballeur au Qatar et de chanter que le Sahara est marocain et le sera pour toujours (“el Sáhara es nuestro, sus ríos son nuestros y su tierra es nuestra”), il y a de quoi perdre contenance.


___________________________
P.-S. - Pour mieux comprendre l'histoire moderne du Sahara et les clés d'un cas de colonialisme non résolu, tout comme ses retombées, je conseille l'ouvrage superbe de Tomás Bárbulo, La historia prohibida del Sáhara Español. Las claves del conflicto que condiciona las relaciones entre España y el Magreb, ediciones Península, 2017. Cette édition révise et augmente la première, celle de Destino, publiée en 2002. Bárbulo eut ainsi la possibilité d'introduire son livre par l'histoire d'Aminatou Haidar ("Jaque de Dama a Rey"), une femme marquante qui est devenue un symbole très puissant et encourageant de la résistance saharaouie.



___________________________
NOTE POSTÉRIEURE (nuit du 14.12.2022) :

Affections politico-footballeuses : Taleb Alisalem a inséré sur son compte Twitter plusieurs vidéos qui montrent de grands éclats d'euphorie saharaouie à Smara, Laâyoune ou Dakhla après la défaite de l'équipe marocaine. Cf. ici, ici, ici, ici ou .
___________________________
MISE À JOUR du 16.12.2022 :

Samuel Gontier se lâche, gouailleur, sur sa vie au poste (Télérama) et son sarcasme le met à l'abri, j'imagine, des toxicités immondes qu'il doit se taper. Réservez 11 minutes pour lire une chronique illustrant le conditionnement islamophobe que tentent d'opérer dans la journée CNews ou BFMTV. Ces chaînes s'évertuent à déshumaniser à priori les Marocains en lançant un chapelet de pronostics délirants en guise d'information —prophéties calomnieuses destinées au signalement des boucs émissaires qui en disent long sur l'ordinaire d'intox, de suprémacisme et de haine tribale qu'on assène aux téléspectateurs français  :

France/Maroc : cuisante défaite pour CNews, la guerre civile n’a pas eu lieu


Un meutrier déferlement de supporteurs du Maroc ivres de sang, d’honnêtes Français et d’intrépides commerçants menacés de lynchage par des hordes vengeresses sourdes aux bienfaits de la colonisation… Depuis samedi dernier, les journalistes et les experts de CNews (appuyés par Éric Zemmour et Yves Calvi sur BFMTV) prédisaient que l’apocalypse surviendrait sitôt finie la demi-finale de la Coupe du monde. Las, encore raté. (...)

D'autre part, Sébastien Fontenelle visait juste hier 15.12.2022 : "Curieusement, les collaborateurs et collaboratrices de la chaîne raciste n'ont rien à dire sur les exactions perpétrées par des néonazis après le match d'hier soir." En effet, la ratonnade est une vieille tradition de l'extrême droite française ; après avoir raillé les pronostics véreux, Sam Gontier nous rappelle les vrais faits, ou qui a commis les méfaits d'après match  :
Grâce à Elon Musk et à Twitter, je découvre que cette providentielle ébauche de guerre civile survient grâce au remarquable esprit d’intiative de groupuscules universalistes. Cagoulés, tout de noir vêtus, arborant de fédératrices croix celtiques, ces combattants de la liberté de lyncher en paix ont dans plusieurs villes pris en chasse des supporteurs du Maroc, renouant avec une tradition sportive dans laquelle la France a toujours excellé, la ratonnade. Mieux, place de la Comédie, à Montpellier, ces chevaliers du Zemmouriaque ont chargé sans distinction les supporteurs du Maroc et de la France, réussissant à créer des affrontements entre eux (l’enquête établira si la mort d’un adolescent renversé par une voiture est liée à cette confusion ingénieusement suscitée). Pudique, CNews tait ces maigres progrès, elle a dû concentrer à Nantes et sur les Champs-Élysées tous ses envoyés spéciaux. Pascal Praud avait prévenu : « S’il y a des dégradations (sic) de l’ultradroite, ce sera fortement analysé et commenté. » Les bobos bien pensants de Franceinfo doivent déjà être en édition spéciale pour agonir les défenseurs de nos racines chrétiennes tout en absolvant les criminels supporteurs du Maroc panislamiste.
Le Monde évoquait hier aussi ces ratonnades de l'ultradroite et confirmait bon nombre d'interpellations de membres de « divers groupuscules d’extrême droite : de l’ex-GUD aux Zouaves, en passant par Génération identitaire ou le Bastion social, les trois derniers ayant été dissous en conseil des ministres. »
___________________________