Le jeudi 12 novembre, à 16h, nous nous déplaçons à Alcalá de Henares pour notre
rendez-vous annuel avec les courts métrages en français d'Idiomas en corto, la section éducative du festival cinématographique ALCINE. Notre séance aura lieu à 17h30 dans le
Teatro Salón Cervantes.
Cette année, ALCINE45 nous propose quatre courts métrages dont trois tout récents. Au programme...
» BELLE GUEULE, écrit et réalisé par Emma Benestan. Année 2015, fiction, 25 min.
Avec Oulaya Amamra, Samir Guesmi, Ilian Bergala, Anas El Mokaddam, Youssef Daouadji...
Synopsis : C'est l'été, le sud. Tous les jours, Sarah, 16 ans, vend des beignets avec son père sur les plages. Un soir, elle fait la rencontre de Baptiste...
» TIGRES À LA QUEUE LEU LEU, court métrage en animation, de 8 minutes, adapté d'un conte coréen illustré par Kwoon Moon-hee, écrit et réalisé par Benoît Chieux, produit par Les Films de l'Arlequin en 2014. Voix : Jonas Lanciaux, Maxime Lainé, Dora Benousilio.
Synopsis : Un garçon très paresseux, houspillé par sa mère qui n’en peut plus de le voir dormir et manger à longueur de
journée, décide de se mettre au travail et révèle des ressources insoupçonnées d’imagination, d’inventivité et de persévérance.
Synopsis : Lizon vient d’assister à l’anniversaire de sa copine Marie. Les amies autour du gâteau d’anniversaire, les bougies à souffler, le vœu à faire l’ont émerveillée... Pour ses 9 ans, Lizon veut faire la même chose. Un anniversaire avec un gâteau, des bougies et ses amies, chez elle : dans la voiture.
» LE GÉNIE DE LA BOÎTE DE RAVIOLIS, court métrage en animation (comédie) de Claude Barras, produit en 2005. Voix : Oskar Gomez Mata et Pierre-Isaïe Duc.
Synopsis : Comme tous les soirs en rentrant du travail, Armand, ouvrier à la chaîne d'une usine de pâtes alimentaires, s'ouvre une boîte de raviolis en guise de dîner. Mais ce soir, un énorme génie surgit de la boîte. Il propose à Armand d'exaucer deux de ses vœux.
Le 14 octobre 2015, donc mercredi dernier, la ministre française de la Culture, Fleur Pellerin, inaugura Images d'art à la Cité des sciences, à Paris. Elle ne manqua pas de s'en gargariser : « Je veux que chacun puisse se constituer son propre musée imaginaire. Images d'art est un projet qui répond pleinement à cette préoccupation ». « Il est une belle manière de faire progresser l'accès de tous à la culture, grâce au numérique. »
Il s'agirait d'un site web proposant au public des photographies —à découvrir, collectionner et partager gratuitement— de plus de 500 000 œuvres que l'on peut contempler dans
les musées français. Le quotidien Le Monde informait à ce propos :
Conçue par la Réunion des musées nationaux-Grand
Palais à partir de son fonds photographique, cette plate-forme numérique
se présente sur sa page d'accueil sous la forme d'un mur d'images
actualisé en permanence (voir la démonstration sur YouTube).
En cliquant sur chacune d'elle, le visiteur se voit proposer d'autres
œuvres du même artiste et de la même période et peut voir plus
précisément qui utilise la même technique ou les mêmes couleurs
dominantes. Un second niveau de lecture affiche les détails de l'œuvre,
son auteur, son titre, l'année de sa création et le musée où elle est
exposée. En outre, une fonctionnalité permet de partager n'importe
quelle
image par le biais d'une messagerie électronique ou des réseaux sociaux.
Appelé à évoluer, le site va peu à peu s'enrichir de toutes les
ressources disponibles sur le Web pour chaque œuvre : le site est
interconnecté avec des musées en ligne et l'encyclopédie en ligne
Wikipédia, et envisage des liens renvoyant vers l'Institut national de
l'audiovisuel (INA) pour permettre d'accéder à des vidéos des œuvres.
L'ensemble des données du site est accessible pour un usage privé ou
scolaire, grâce à une interface, le but étant de favoriser les usages
pédagogiques. Un bel outil documentaire et de découverte mis à
disposition des élèves et des étudiants.
D'autres sites, tel Culturebox, ont également couvert cette information.
Beaucoup d'œuvres sont en effet disponibles, c'est-à-dire, visibles, comme La contre-attaque décisive de Micheletto Attendolo da Cotignola (circa 1456), le deuxième panneau de La Bataille de San Romano, du peintre Paolo Uccello, qui se trouve au Louvre de Paris.
Il arrive néanmoins que Didier Rykner se demande, dans un article hébergé par La Tribune de l'Art, où réside la nouveauté ou le caractère « innovant » de ce site, et fait des remarques, lance des questions et donne des conseils absolument pertinents « puisqu’à de rares exceptions, plusieurs articles sur le web reprennent
les éléments de langage d’auto-promotion du ministère de la Culture ». Voilà pourquoi je me permets de copier-coller son texte dans son intégralité, car il illustre et ce cas et les pompes habituelles du système en place...
Lancement du site Images-art : mais où est la nouveauté ?
Chapeau l’artiste ! Lancer un site internet qui existe déjà, sous une forme un peu différente mais moins riche, et communiquer sur sa nouveauté, son caractère « innovant », « universel », et sa contribution éminente au « rayonnement de la France dans le monde », c’est l’exploit que vient de réussir Fleur Pellerin, avec une certaine réussite, il faut l’avouer, puisqu’à de rares exceptions, plusieurs articles sur le web reprennent les éléments de langage d’auto-promotion du ministère de la Culture.
Copie écran de la recherche « Ingres » sur Photo RMN
Copie écran de la recherche « Ingres » sur Images-art
Le site, c’est celui de la base photographique de la Réunion des Musées Nationaux.
Il y a longtemps que celui-ci existe et propose aux internautes un
nombre impressionnant de photographies d’œuvres d’art des musées
français et parfois aussi de musées étrangers. Il y a plus d’un an, ce
portail avait subi une refonte comportant quelques bugs, mais ceux-ci
semblent réparés, avec des fonctionnalités plutôt ergonomiques.
Pourquoi, alors, créer un nouveau site (« Images-art ») comprenant à peu près les mêmes fonctionnalités ? On peut, légitimement, se poser la question lorsque l’on compare les deux…
Chaque
site permet de faire une recherche sur un terme générique mais le site
Photo RMN propose également une recherche avancée, ce que n’autorise pas
Images-art. Chaque site donne les résultats sous la forme d’une mosaïque d’images (ill.
1 et 2), la seule différence entre les deux étant la taille des
vignettes, plus grande pour Images-art que pour Photo RMN (ce qui n’est
pas forcément plus pratique car on voit moins d’images sur l’écran et le
choix est donc moins facile). Sur
chaque site, les résultats d’une recherche peuvent être affinés en
cliquant, à gauche de l’écran, sur des critères classés par catégorie :
auteur, période, localisation, technique. Le site Photo RMN rajoute un
critère format (horizontal, vertical, carré) pas forcément
indispensable, tandis qu’Images-art propose un critère « couleur » dont
nous ne voyons pas l’utilité et qui ne fonctionne d’ailleurs pas. Sur
chaque site, on peut créer un ou plusieurs albums qui permettent de
retrouver, lors d’une consultation ultérieure, les images que l’on a
choisies. Sur
le site Images-art, des images sont proposées de manière qui semble
aléatoire, avant toute recherche, ce qui constitue une porte d’entrée
pour l’amateur qui veut simplement se promener sans savoir ce qu’il
cherche. Ceci est également possible sur le site Photo RMN, mais à
partir d’albums déterminés par sujet et à l’arborescence simple.
On voit donc qu’en réalité il s’agit à peu près de la même chose !
Mieux encore, le site Photo RMN offre de nombreux avantages par rapport à
l’autre : il est beaucoup plus riche (850 000 images contre 500 000), il est plus précis ; un seul exemple, en tapant « Ingres » :
* outre que pour Photo RMN on compte 980 images, et pour Images-art
seulement 560, le premier permet immédiatement de trouver les
photographies concernant uniquement des œuvres d’Ingres (lorsque l’on clique la première image marquée « Jean-Dominique Ingres », on obtient toutes les œuvres créées par Ingres), ce qui n’est pas possible avec le second,
* les critères permettant d’affiner la recherche à gauche de l’écran proposent, pour Images-art, « 17e siècle » ! Et si l’on clique dessus, les trois images retenues sont : Le bain turc, dessin anonyme daté de 1862 et sans aucun rapport avec Ingres, sinon le titre, L’Allégorie de l’Espérance chrétienne, tableau attribué à Bartolomeo Schedone mais conservé… au Musée Ingres de Montauban, et Audience aux ambassadeurs de Siam, almanach édité chez François Jollain… il permet, grâce à des mots clés, de rebondir d’une image à l’autre. Ainsi, si l’on choisit la Grande Odalisque d’Ingres, le site Images d’art propose des « œuvres suggérées » selon des critères pas toujours clairs, tandis que Photo RMN
propose les mots clés suivants : dos, éventail, nu féminin, odalisque,
Orientalisme (art), sensualité, turban, ce qui nous semble beaucoup plus
pertinent.
Le seul véritable avantage du site Images-art par rapport à Photo RMN
relève du gadget : le partage de l’image sur Facebook et Twitter.
Pourquoi seulement Facebook et Twitter, et pas les autres réseaux
sociaux ? C’est la (bonne) question que pose un article que vient de publier un contributeur Wikipedia.
L’auteur de celui-ci, Sylvain Machefert, souligne par ailleurs à raison
que le site – il partage en cela le défaut de Photo RMN - ne propose
qu’une basse définition des images (bien moins bonne que Wikipedia). Si
celles-ci restent suffisantes pour un écran, il est impossible de zoomer
dans les détails. On comprend d’ailleurs pourquoi : comme pour la base
Photo RMN, qui a au départ pour objectif de commercialiser les photos,
le site Images-art, pourtant vanté par Fleur Pellerin, se prévaut lui
aussi d’un droit d’auteur sur des photos dont une grande partie
représente pourtant des œuvres du domaine public ! Une pratique qu’un
récent rapport parlementaire qualifiait de « copyfraud » (voir l’article) et qui est donc vantée par la ministre de la Culture !
Signalons enfin que le site propose une API, c’est-à-dire qu’il met à
disposition des informaticiens l’ensemble des images et données qu’il
contient. Sauf que cette interface de programmation est en réalité celle
de la base Photo RMN et qu’elle ne peut donc être mise au crédit du
nouveau site. Plus gênant encore : Sylvain Machefert cite ici Lionel
Maurel, un spécialisé du droit d’auteur très actif sur internet1, qui fait remarquer que les conditions générales d’utilisation
de cette API sont tellement drastiques qu’elles interdisent les
extractions substantielles des données et métadonnées, alors que c’est
pourtant justement leur but !
Il est donc évidemment préférable de consulter le site Photo RMN plutôt qu’Images-art. Mais aux lecteurs de La Tribune de l’Art, nous donnerons surtout le conseil suivant : utilisez le moteur de recherche « Collections »,
du site Culture.fr, qui est en réalité ce qu’on appelle un
« méta-moteur » qui va rechercher les images dans plusieurs bases de
données du ministère de la Culture, notamment Photo RMN, mais aussi la
base Atlas du Louvre, la base Joconde, la base Palissy, la base Mérimée,
la base MNR, etc., etc. Preuve que le ministère de la Culture peut
également produire d’excellents outils, ce moteur « Collection » permet
depuis de nombreuses années de trouver facilement beaucoup plus
d’informations et d’images que ce que le site Images-art propose
aujourd’hui. Il est curieux que Fleur Pellerin, qui se pique de
numérique, ne le sache pas.
« Donner à des millions d’hommes la connaissance de l’anglais,
c’est comme les réduire en esclavage. » (Gandhi, 1908)
À l’occasion de la Journée européenne des langues —qui a lieu chaque année le 26 septembre à l'initiative du Conseil de l'Europe—, Eurostat, l’Office statistique de l’Union européenne, publie des données sur l’apprentissage des langues étrangères dans les écoles de grand nombre de pays de notre continent. Une infographie est également disponible sur le site web de l'Office.
Selon le communiqué de presse d'Eurostat de cette année, en 2013, 17,7 millions d'élèves de l'enseignement primaire (soit 81,7 % de l'ensemble des élèves de ce niveau) dans l'Union européenne étudiaient au moins une langue étrangère, dont 1 million (4,6 %) apprenaient deux langues étrangères ou plus.
Vous n'allez pas me croire, mais selon ce rapport, "la prépondérance de l'anglais se confirme", voire "l'anglais domine nettement", et dans le primaire et dans le secondaire, conclusion qui vous laisse, j'en suis persuadé, époustouflés et bouche bée. C'est pour cela que nous avons besoin de rapports, et de rapports annuels pondus après de longues études, sans quoi nous ne saurions guère de quoi il retourne, y compris dans ce meilleur des mondes de la mondialisation la plus heureuse où les événements se succèdent comme par hasard et en toute liberté.
C'est ainsi qu'à l'échelle de l'enseignement primaire, l'anglais, étudié par 16,7 millions d'élèves, était de loin, très loin, la langue "la plus populaire" (sic). La seule obligatoire (légalement ou de fait), risque-t-on de supputer ? Enfin, de quoi réfléchir peut-être à la popularité des contraintes ou à l'expressivité de l'actinomycose (1).
Quant au français, il arrivait en deuxième position... loin, très loin derrière.
Puis...
La prépondérance de l’anglais se confirme dans le premier cycle de l’enseignement secondaire (élèves âgés de 11 à 15 ans environ en fonction du système éducatif national), avec 17,1 millions d’élèves dans l’UE apprenant l’anglais en tant que langue étrangère (95,6% de tous les élèves de ce niveau) en 2013. Le français (4,9 millions, soit 27,4%) arrivait en deuxième position, suivi par l’allemand (2,9 millions, soit 16,3%), l’espagnol (2,1 millions, soit 11,6%), le russe (0,5 million, soit 2,7%) et l’italien (0,2 million, soit 1,0%).
Par ailleurs, ce communiqué de presse nous rappelle :
Actuellement,
24 langues officielles sont reconnues au sein de l’UE. En parallèle
existent des langues régionales, des langues minoritaires et des langues
parlées par les populations migrantes. Il convient également de
noter que plusieurs États membres de l’UE comptent plus d’une
langue officielle.
Deux ans plus tard (15/02/2013), The Telegraph persiste et signe :
English teenagers 'worst in Europe' at languages British teenagers are trapped in a "vicious circle of monolingualism", a report warned yesterday as figures showed English youngsters are among the worst in Europe at foreign languages.
Concernant d'autres journaux, The Daily Mail remarquait également l'année dernière l'état pitoyable de l'apprentissage des langues étrangères en Angleterre et ses retombées sur l'économie de la Grande-Bretagne (dommage, ce quotidien n'avait pas considéré utile de comparer les chiffres de ces répercussions et des revenus découlant de l'industrie de l'enseignement de l'anglais au Royaume-Uni, tous ses secteurs confondus : droits d'inscription, transport, hébergement, nourriture, activités touristiques, souvenirs, marché de l'édition...) :
Dix mois avant, en août 2013, The Guardian nous prévenait: 40% des départements universitaires des îles risquaient de fermer à court terme (10 ans) et, de toute façon, le nombre d'universités proposant des études en langues modernes avait chuté de 40% depuis 2000...
Néanmoins, en matière de prééminence en cancritude linguistique, le débat existe car certaines sources soutiennent que le pays le plus réticent à apprendre des langues étrangères, donc le plus inébranlable à l'heure de préserver une nature foncièrement unilingue, serait plutôt... l'Irlande.
Oui, je sais, ce sujet est extrêmement important et mérite une analyse beaucoup plus détaillée, mais ce billet ne tient qu'à le présenter d'une manière non spécialisée et non exhaustive dans le but d'inviter tout le monde à y réfléchir. Bref, n'ayons pas la langue liée et posons deux questions (rhétoriques) en guise de conclusion, pour l'instant :
1)Quelle est la langue étrangère dont l'étude est tellement prépondérant qu'elle est en train de marginaliser toutes les autres, y compris les langues natives dans les plans de l'enseignement obligatoire de pays petit à petit gibraltarisés comme l'Espagne ? (cf. Esperanza Aguirre qui ne veut pas qu'on apprenne l'anglais, mais EN anglais).
2)Quels sont les pays de l'Europe et de la planète [cf. son pays guide (2)] où l'on marginalise de plus en plus l'enseignement et l'apprentissage des langues étrangères ?
Bien entendu, si l'on veut tout dire, il faudrait évoquer aussi les ravages subis par l'anglais en raison de sa position dominante de langue impériale et obligatoire. À ce propos, en septembre 2013, Jeremy Gardner publiait un essai intitulé Misused English Words and Expressions in EU Publicationsqui prête également à réflexion. Son introduction commençait comme cela :
Over the years, the European institutions have developed a vocabulary that differs from that of any recognised form of English. It includes words that do not exist or are relatively unknown to native English speakers outside the EU institutions and often even to standard spellcheckers/grammar checkers (‘planification’, ‘to precise’ or ‘telematics’ for example) and words that are used with a meaning, often derived from other languages, that is not usually found in English dictionaries (‘coherent’ being a case in point). (...)
________________________________________
(1) Langue de bois : gonflement, durcissement de la langue et ulcération superficielle des bovins atteints d'actinomycose et d'actinobacillose.
(2) « Plusieurs États américains ont déjà pris ou s'apprêtent à prendre des mesures permettant aux étudiants d'apprendre le langage informatique plutôt que le français, l'espagnol, l'allemand ou le japonais... » (Source : Le Figaro, le 05/04/2015)
Cao Bang RC4 est un documentaire conçu pour le web dont voici l'introduction :
En octobre 1950, l'armée française, engagée en Indochine contre le
Vietminh, subit une défaite sans précédent dans la
région de Cao Bang, aux confins du Tonkin. Huit de ses meilleurs bataillons sont anéantis en quelques jours sur la Route Coloniale 4 (RC4), qui longe la frontière avec la Chine. Les Français perdent 6 000 hommes, plusieurs places fortes et le contrôle de la région. Le Vietminh peut désormais recevoir sans entraves l'aide militaire de la Chine et intensifier sa guerre de Libération. Cette déroute passera quasi inaperçue en France et les survivants resteront longtemps murés dans le silence. Pourtant, le désastre de Cao Bang est le tournant de la Guerre d'Indochine. Il déclenche une onde de choc qui entraînera non seulement la perte de toute l'Indochine mais aussi la fin de l'empire colonial français. Comment la petite armée du Vietminh, sans avions ni blindés, a-t-elle pu infliger une telle déroute à la France ? Pourquoi la France n'en a-t-elle tiré aucun enseignement ? Plus de 60 années après les faits, les derniers témoins encore en vie ont accepté de témoigner. Ceux du Corps Expéditionnaire Français, engagés dans une guerre ouverte contre le Communisme, et ceux du Vietminh, qui se battaient pour libérer leur pays. Ils avaient vingt ans, ils venaient de France, d'Europe ou des villages de l'Atlas. Ils étaient paras, légionnaires, tirailleurs ou goumiers (1). Ils nous livrent, au crépuscule de leurs vies, leur ultime témoignage.
L'écriture, la réalisation et la production de ce film didactique sont dues à Jérôme Santelli, qui revendique la mémoire des soldats oubliés par la patrie colonisatrice —qui, tenace dans son être, enrôlait des colonisés pour poursuivre son aventure coloniale, sa redondante flèche.
Le documentaire produit par Santelli nous présente des témoignages, une chronologie, des archives, un lexique, une filmo-bibliographie, des biographies, des cartes et des liens d'intérêt.
Les témoignages recueillis dans Cao Bang RC4 correspondent à des acteurs présents sur les lieux en octobre 1950 : Madeleine Astor Vieille (Convoyeuse de l'Air au Tonkin), Roger Aubert (Sergent-chef au 36ème Goum du 3ème Tabor), Jean Bailly (Sergent au 60ème Goum du 1er Tabor), Etienne Bouchet (Adjudant-chef à la compagnie de Légion de renfort du 1er BEP), Jacques Brianchon (Sergent au 3ème Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes), Charles-Henri de Pirey (Aspirant, officier adjoint du 60ème Goum - 1er Tabor), Joseph dal Magro (Sergent-chef au 5ème Goum du 11ème Tabor), Dang Van Viet (Dang Van Viet est le commandant du régiment d'élite 174), Xavier du Crest de Villeneuve (Lieutenant, adjoint du commandant du 59ème Goum du 1er Tabor), Jacques Laurent (Lieutenant 1ère compagnie 1er Bataillon 3ème REI - Chef du poste de Lung Vaï), La Van Cau (Commando de choc au régiment 174), Régis Lebœuf (Sergent à la 136ème compagnie des Forces Indochinoises), Georges Longeret (Commandant de compagnie au 2ème BEP), René Mary (Adjoint de l’Officier de Renseignement du 3ème Bataillon du 3ème REI à Cao Bang), Ali Nadi (Sergent-chef au 60ème Goum du 1er Tabor), Pierre Pédoussaut (Médecin Capitaine au 1er BEP), Robert Schuermans (Sergent au 3ème Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes), Serge Têtu (Sergent-chef au 58ème Goum du 1er Tabor) et Amédée Thévenet. Celui-ci, par exemple, avait 22 ans en 1950 et était sergent au bataillon de marche du 8e régiment de tirailleurs marocains. Il se rappelle : "La route est comme un ruisseau qui serpenterait entre des montagnes, le paysage est ce qu'on appelait la baie d'Along terrestre". "Le long de cette route, sur les pitons, quand on les a reconquis, on installe des postes. Qui tient le poste, tient la région."
Dang Van Viet évoque à son tour : "Je suis Dan Van Viet, le roi de la RC4, le tigre de la RC4. J'ai
mené beaucoup d'embuscades sur cette route. Nous étions cent fois plus
faibles que nos ennemis. Face à eux, nous devions faire une guerre du
peuple. Tout le
monde était en guerre, même les enfants, les vieillards."
Au fil de ce documentaire, on parcourt successivement onze étapes numérotées dont voici les vidéos :
1) La Route Coloniale 4, ses postes et ses convois. 2) Le Corps Expéditionnaire Français (Croisade contre le Communisme. Le Corps Expéditionnaire Français) 3) La menace Vietminh (Le Roi de la RC4. Le 2ème Bureau à Cao Bang) 4) La chute de Dong Khé (Les commandos de choc Vietminh. La Van Cau, héros du Vietminh) 5) La Colonne Le Page (Les combats du Na Kéo. Coup d’arrêt à Dong Khé. Coc Xa, le combat mythique) 6) La Colonne Charton (L’évacuation de Cao Bang. Le repli par la RC4, le mauvais choix) 7)La Capture (La capture. Prisonnier du Vietminh) 8) Abandon de That Khé et Lang Son (Évacuation sanitaire à That Khé. L’abandon de That Khé. L’abandon de Lang Son) 9)Un désastre sans précédent (L’ignorance et le mépris. Une grande victoire de Giap. Un désastre sanitaire. Un sentiment d'abandon) 10) La captivité (Dans les camps du Vietminh. Oncle Hô et le lavage de cerveau. Tentatives d'évasion) 11) La libération (Libération des prisonniers : la longue marche vers Hanoï. Suspicion et indifférence)
Le Web du film nous suggère des sites à visiter pour aller plus loin...
L'attaque du poste de Bo Cung
Le
récit passionnant de l'attaque d'un poste de la RC4 tenu par une
section de légionnaires commandée par le lieutenant Jaluzot lors de
l'offensive générale du Vietminh. Indochine Images
Un blog très bien documenté sur les événements de la RC4 et la géographie des combats réalisé par Jean-Luc Martin. Mémoires d'Indochine
Un
carnet de recherche au contenu pédagogique et scientifique. L’histoire
de la décolonisation au Viêt-Nam, Laos et Cambodge a le plus
souvent été présentée sous l’angle des littératures officielles marquées
par le prisme des vainqueurs. L’objectif de ce carnet de recherche est
d’inverser la tendance générale des histoires officielles... Indo Editions
Le site web des éditions Indo-éditions, spécialiste des livres sur la Guerre d'Indochine. Le site de l’ANAI
L’Association Nationale des Anciens et Amis de l'Indochine et du Souvenir Indochinois. ANAPI
Le site de l’Association Nationale des Anciens Prisonniers Internés Déportés d’Indochine. Saïgon / Vietnam
Un site pour les amoureux et les nostalgiques du Vietnam et de Saïgon. Histoires d’aviateurs
Des très nombreux témoignages d’aviateurs relatifs à la guerre d’Indochine. Mann Up
Un site de photos anciennes du Vietnam Médecins allemands pro vietminh
Une page consacrée à des Légionnaires allemands ayant rejoint les rangs du Vietminh. La guerre d’Indochine 1945-1954
Un outil multimédia sur la guerre d’Indochine produit par l’Université du Québec.
(1) Goumier : [de « goum », de l'arabeqaum « troupe »] Durant la colonisation française, soldat faisant partie d'un contingent militaire recruté en Afrique du Nord parmi la population locale.
Fondation Mapfre, Sala Recoletos, Paseo de Recoletos, 23, Madrid, visite personnelle du 25/09/2015. Visite en groupe prévue pour le 20 novembre 2015 à 14h30. Rendez-vous à 14h dans le parvis de la Fondation. Première rétrospective consacrée à Pierre Bonnard en Espagne depuis plus de 30 ans. Du 19 septembre 2015 au 10 janvier 2016. Commissaires généraux : Guy Cogeval et Pablo Jiménez Burillo Commissaire scientifique : Isabelle Cahn Dossier de presse en français.
NABI: mot arabe ou hébreu qui veut dire "prophète, homme inspiré par Dieu".
Dans les arts, c'est le nom adopté en 1888 par les Nabis, de jeunes peintres de l'Académie Julian (Maurice Denis, Edouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel, Paul-Elie Ranson et Pierre Bonnard, aiguillonnés par l'enthousiasme de Paul Sérusier et à l'aune de Paul Gauguin) qui voulaient s'affranchir de l'enseignement officiel. Bientôt, d'autres artistes s'ajouteraient au mouvement Nabi, comme le suisse Félix Vallotton, le sculpteur Aristide Maillol, Georges Lacombe ou le lithographe Henri-Gabriel Ibels.
Bon, d'accord, c'est tout bon, c'est bonard, ce sont les joies, les promenades, les danses, les douceurs, les nonchalances, les nus, les chapeaux, les loges, les pâtés de sable ou les lumières côtes d'Azur ou normandes, les voyages... l'Arcadie de la bonne société, de la classe des loisirs, des toujours-admis-qui-à-la-fin-ne-trouvent-pas-leur-place, car il y a aussi le mal-être, les bovarysmes ? On dirait du Jacques Henri Lartigue avec l'existentialisme et les couleurs en prime...
C'est Bonnard, Pierre Bonnard (Fontenay-aux-Roses, 1867-Le Cannet, 1947), un grand (aussi bien pour Toulouse-Lautrec que pour Matisse ou Balthus, ami lui aussi des belles endormies...). À côté, toujours dans la Fundación Mapfre, il y a le contraste des photos de Josef Koudelka, le nomade, l'apatride (officiellement tchèque naturalisé français), la nationalité incertaine par temps de tant de tics patriotiques, belliqueux, pas si fisc... Mais ce sera pour une autre fois.
Alors, c'est Bonnard, quel bonheur. Et pourtant... on vient de le dire un peu plus haut, ses autoportraits les plus mûrs sont l'expression d'une impénétrable angoisse, d'une vitalité exsangue —une chair livide, un visage anémique— désavouant les suggestions préalables genre la vie n'est qu'une partie de plaisir... ou de croquet. Son dernier autoportrait exposé date de 1945 et mélange sans ménagement son penchant japonard et une détresse qui a la profondeur des yeux vides —un peu avant, le visage flou sang du Boxeur, un pantin déformé, montrait également les orbites vides—. Deux trous noirs et des lèvres rapetissées et scellées en dehors de tout espoir.
Avant d'y arriver, il est question d'un parcours visuel où les différentes techniques, influences et recherches (pointillisme, éléments mouchetés, la manière de Gauguin —cf. le Nu sombre—, les cadrages, les approches, l'explosion totale des couleurs, etc.) sont toujours au service des activités et des personnages de la vie quotidienne de l'artiste, de son intimité. Sagesse de l'abordage et la culture de ce qui vous est quotidien, très bien connu. Y compris les corps, les corsages, les nus à la toilette (merveille de l'orange) ou dans la baignoire, sa muse étant presque toujours Marthe (Marthe de Méligny, de son vrai nom plébéien Maria Boursin), sa fascination, sa compagne, finalement son épouse légale.
C'est donc un parcours où la sueur et les casquettes du travail salarié n'existent pas : ceux qui triment y sont absents ou ne sont que des personnages secondaires ayant du mal à accéder à un coin de toile où se rendre visibles —la nourrice, le serveur, les travailleurs de la Grande Jatte (l'île des Impressionnistes sur la Seine). La peinture chez Bonnard, c'est plus aisément un infini à la portée des caniches, des chats blancs baldaquins, des chevaux des seigneurs...
Ou, bien entendu, une splendeur des couleurs vibrantes au service de ses paysages chéris de Normandie ou de la Côte-d'Azur, de Vernon (à 3 kms de Giverny), de Trouville ou du Cannet, où l'on peut visiter depuis 2011 un musée en son honneur.
On doit la production de cette importante rétrospective au Musée d’Orsay (Paris), à la Fundación MAPFRE (Madrid) et aux Fine Arts Museums of San Francisco. Moi, par exemple, je n'avais vu jusqu'à présent que quelques œuvres éparpillées de Bonnard aux musées d'Orsay de Paris ou Toulouse-Lautrec d’Albi, ou dans la salle d'expositions de l'Arroyo de Santo Domingo, à Salamanque, où l'on montrait des gravures de la collection réunie par la Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex.
L'agencement des toiles, dessins (moyens de pensée —comme l'écrit pour Clément Rosset— plutôt que maîtrise), panneaux, paravents, photographies, éventails... constituant cette exposition résulte peu ou prou des neuf sections conçues pour celle, précédente, du musée d'Orsay :
1) Un Nabi très japonard (Panneaux décoratifs ou paravents à l’influence japonaise),
2) Faire jaillir l’imprévu. (Carpe diem : chant à l’immédiateté et acceptation expresse de l’inconscient)
3) Intérieur,
4) Histoire d’Eau,
5) Clic clac Kodak,
6) Portraits choisis,
7) Le jardin sauvage (Bonnard en Normandie),
8) Ultra-violet,
9) Et in Arcadia Ego, section évoquant les bergers de Virgile —dans un tableau de Poussin— qui découvrent une tombe dont l’épitaphe, « et in Arcadia Ego », nous rappelle que la mort n’épargne personne, même en Arcadie. Le vitalisme arcadien n’est pas incompatible avec une lucidité existentielle
La distribution choisie pour l'exposition de la Fundación Mapfre suit un schéma semblable mais non identique (voir à cet égard, dans l'en-tête de ce billet, le dossier de presse en français) : I - un Nabi très japonard, II - Intérieur, III - Intimité, IV - Portraits choisis, V - Ultraviolet, VI - Et in Arcadia Ego. Les grands décors, VII - Œuvre graphique, VIII - Click, Clack, Kodak
Dans le dossier de presse, on nous explique quel est le but de cet agencement :
L'exposition prétend donc présenter une vision complète de l'œuvre de Bonnard, articulée autour des fondements de sa peinture, plus que sur une stricte division chronologique, afin de transmettre l'unité de son œuvre, mais sans perdre de vue son évolution tout au long de sa longue carrière.
Les amateurs d'art Nabi et d'Impressionnisme voyageant à Paris ont la possibilité de jouir, jusqu'au 7 février 2016, au Musée Marmottan Monet, sous le titre "Villa Flora. Les temps enchantés", de l'exquise collection d'Arthur et Hedy Hahnloser-Bühler qu'ils réunirent entre 1905 et 1936 dans leur villa Flora, à Winterthur (Suisse).
Le Canard enchaîné, journal satirique paraissant le mercredi, existe depuis cent ans,toujours persuadé que « La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas ». Son indépendance découle du fait qu'il s'interdit d'insérer toute publicité : il n'est l'otage d'aucun grand groupe économique, donc il peut divulguer
des informations que d'autres média taisent pour préserver
leurs annonceurs. Ses journalistes montrent un niveau linguistique et culturel haut de gamme et se soumettent à des règles de déontologie absolument insolites de nos jours, vu les contenus honteux de la plupart de ses confrères, que ce soit en France ou à l'étranger. Enfin, le journalisme d'enquête, la satire et, d'une manière générale, l'humour et les jeux de mots complètent les piliers d'un hebdomadaire incomparable et à la peau dure. Au sujet de sa création, nous pouvons lire sur le web :
Le Canard enchaîné a
été fondé le 10 septembre 1915 par Maurice et Jeanne Maréchal avec la
complicité de Victor Smell. Il se donna pour mission, sous une
coloration pacifiste, anticléricale et antimilitariste, d'être une
tribune impertinente luttant contre la propagande du gouvernement et
également de se battre contre la censure, les méfaits du conformisme et
le «bourrage de crâne». Né du « Canard du Boyau, journal de poilus du
74ème régiment d'infanterie, il effectue un essai pendant deux mois,
mais disparaît en octobre de la même année pour réapparaître en 1916.
Pourquoi l'appellation de "Canard" ? Justement parce qu'en argot, canard
signifie "journal", bien sûr, mais aussi "fausse nouvelle lancée dans
la presse. Or, on sait que la presse abonde de fausses nouvelles à
l'époque contre lesquelles Maurice Maréchal s'insurge. L'hebdomadaire a
été fondé avec peu de ressources et a obtenu dès les premières semaines
de sa sortie un succès suffisamment important pour pouvoir se passer de
commanditaire et de publicité.
À cause de cette brève disparation en octobre 1915, après seulement cinq numéros, le Canard estime qu'il faudra attendre au mois de juillet 2016 pour célébrer son centenaire. À l'heure actuelle, il a 75 000 abonnés, tire presque 400 000 exemplaires par semaine en moyenne et compte sur le travail de 57 journalistes.
Nous disposons d'images à l'égard de cette publication hors norme. En mars 2011, l'INA proposait une série pour le web tirée d'un documentaire, Presse et pouvoir, un divorce impossible, au titre éloquent. Ils la présentaient comme cela :
Quel est le pouvoir réel des médias ? Comment s’articulent les relations
complexes qu’entretiennent journalistes et hommes politiques ? Fruit
d’une enquête menée par Michel Royer et Philippe Reinhard, « Presse et pouvoir, un divorce impossible »
décrypte l’ambiguïté de cette relation, de la manipulation des médias par les politiques au rôle du Canard enchaîné au sein de la presse française, en passant par le phénomène des spin doctors et les rapports entre groupes médias et industriels. Ina.fr vous propose de découvrir, jour après jour, la web-série tirée de ce documentaire.
La vidéo qui suit est le volet de cette série évoquant l'incontournable rôle du Canard au sein de la presse française...
5 avril 2011 - 3min 46s
À propos de l'information servie en France par les grands média, je rappelle la pertinence de l'essai Les nouveaux chiens de garde, de Serge Halimi, ainsi que du film documentaire homonyme à propos duquel Candide a écrit ici et là.
Vendeurs de guerre (HaMaabada, The Lab - Israel's Weapons-Testing Human Laboratory) est un film documentaire, produit en France et en Belgique (Gum Films, The Factory, Luna Blue Film et RTBF) en 2013, écrit et réalisé par Yotam Feldman, journaliste spécialisé dans les affaires militaires qui pense que la guerre est devenue un mode de vie. Nous en devons la traduction et l'adaptation à Eytan Kapon.La synopsis officielle signale :
Armement, sécurité, nouvelles théories militaires, autant de domaines où Israël est à la pointe. Ses entreprises ont développé les drones ou le fusil permettant de tirer dans les coins. Les plus grandes armées du monde viennent sur place pour découvrir ces produits, qui ont souvent été utilisés en Cisjordanie, avant de les acheter, faisant d'Israël un des plus grands exportateurs d'armes de la planète.
Voici quelques notes que j'ai prises pendant mon visionnement et qui pourraient constituer une aide à la compréhension. Attention, il y a bon nombre de commentaires de mon cru.
Le film commence dans une foire très particulière, un salon des armements. Yotan Feldman s'y hasarde.
Quel est le prix d’un missile Jumper, par exemple ? Un expert y répond :
— « D’un point de vue financier, disons… L’argent est un moyen pour évaluer sa valeur, mais en termes de marché le potentiel est si grand qu’on a du mal à l’évaluer. Chacun de ces missiles coûte le prix d’un appartement à Tel Aviv. »
— « Il peut aussi en détruire un. »
— « C’est vrai, haha,… (…) Ça peut surprendre, mais il est relativement bon marché. La taille du marché augmente d’année en année. (…) L’humanité investit de telles sommes pour s’entretuer. Si on investissait une partie pour améliorer notre vie, le monde serait différent. »
Faites vos comptes… Et puis, si l’affaire vous intéresse, contactez IAI (Israel Aerospace Industries)
Amiram Levin, ancien général et chef du commandement nord de l'armée israélienne (1994-98) :
« Puisque nous voulons préserver un équilibre, nous devons mettre la punition au centre de notre stratégie. La punition offre une marge de manœuvre. (…) L’objectif principal de nos forces est de tuer l’ennemi (…). La quantité est plus importante que la qualité (…). Entre nous, dès leur naissance, la plupart de ces gars sont destinés à mourir. Alors, aidons-les. »
Amos Golan, ancien lieutenant-colonel. Dans les 80, il a commandé une unité d’élite en Cisjordanie. Puis il est devenu inventeur d’armes comme le cornershot (un M16 raccourci et segmenté dont on peut dévier le canon), engin qu’on a utilisé partout où il y a eu des combats urbains. On peut tirer sans être exposé et avec une énorme précision, dès la première balle. Un chat en peluche placé sur la partie avant du cornershot réussit à le camoufler complètement. Golan est pour la recherche et la créativité, il paraît répugner à ce qu’on le considère comme un « vendeur d’armes », ou comme quelqu'un de riche, et il remercie Dieu pour tout : il a démarré avec rien et il est parvenu à un énorme succès. Par ailleurs, il distingue fort bien entre les bons et les méchants ; lui et les siens, et leur pays, correspondent à la première catégorie. Quant à la simplicité de la méchanceté… Bref, ne ratez pas ses définitions.
Shimon Naveh, ancien lieutenant-colonel. Après avoir commandé une division, il étudia la philosophie, l’anthropologie et les théories militaires urbaines. Il se promène au milieu d’un labyrinthe créé par l’armée israélienne pour disposer d’un champ d’entraînement semblable aux ruelles de la casbah de Naplouse. « On voit bien que ce n’est pas un village arabe, ha, ha ! C’est une ville morte. Peut-être que, dans nos rêves, c’est ce à quoi devraient ressembler les villages palestiniens, ha, ha ! Mais ce n’est pas le cas. », explose-t-il rigolo, persuadé de la complicité de son interlocuteur. Comment pourrait-il en être autrement ? Et pourtant…
« Victrix causa deis placvit sed victa Catoni », écrivit Lucain (Farsalia, I, 128). Les dieux embrassèrent la cause victorieuse, mais Caton celle vaincue. Et pour cause ! car dans ce cas de figure, le stoïcisme rejoint aisément l’esprit d’équité !
Pour lutter dans cette toile d’araignée urbaine bien serrée, on ne combat pas dans les rues, « on les laisse désertes et on entre dans les immeubles en perçant des trous dans les murs ».
Shimon Naveh est aujourd’hui un consulteur très recherché en matière militaire urbaine. Plusieurs des officiers engagés dans les opérations de répression de Naplouse « s’élancèrent plus tard dans les affaires », dans des sociétés d’armement ou de consulting, par exemple. Ces experts assistent à des cocktails de leur guilde où les muscles et les gros cous concurrencent les cravates, où vendeurs et acheteurs d’armes négocient après des salons de l’armement... tenus en plein air ; leurs entretiens sont bercés par les notes de Bésame mucho, un boléro mexicain particulièrement romantique, joué à la harpe et au violon sous une couronne non de lauriers, mais de chasseurs-bombardiers et hélicoptères kaki. Bien entendu, « les armes utilisées à Naplouse et à Jénine sont exposées dans le Salon de l’Armement de Tel Aviv ». Mis à part la qualité de leur technologie, très avancée, « Les gens préfèrent acheter des produits qui ont été testés. Quand Israël vend une arme, elle a déjà été expérimentée. On peut dire au client, nous, on s’en sert depuis dix, quinze ans… C’est pour ça que la demande est si forte. (…) Ça rapporte des milliards au pays » (affirme en attitude maussade Binyamin Ben Eliezer, ancien général et ministre du Commerce et de l’Industrie 2009-2011. On dirait qu’il ne plaisante pas).
En effet, « des centaines de milliers d’Israéliens vivent de l’industrie de la Défense ». Israël « est devenu le 4ème exportateur d’armes dans le monde ». Peut-on en déduire que la paix en Palestine ou au Liban, par exemple, n’est pas pour demain ? Rafael Sánchez Ferlosio nous a bel et bien prévenus : « (…) todas las armas, en el silencio de sus panoplias y arsenales, contienen un presagio », c’est-à-dire, « toutes les armes, dans le silence de leurs panoplies et arsenaux, contiennent un présage ». D’autant que, dans ce cas, on boude même le silence : on lui préfère la propagande et la parade... sanguinaire.
Le « colonel » Leo Gleser, ancien sergent, vendeur d’armes, selon le documentaire ; argentin gaillard, amphitryon désinvolte, fondateur de la société ISDS en 1982, ami de Vargas Llosa, qu’il protégea lors de sa campagne présidentielle au Pérou en 1990, il se déclare « socialiste », ce qui veut dire, selon lui, « la sécurité pour tous ». À l’entendre, on comprend bien que « tous » est, dans ses lèvres, « tous mes égaux ». Plus tard, après s'être tapé, visiblement satisfait, une caipirinha bien tassée et avoir débité un sermon sinistre et grotesque, il répondra à une question gênante de Feldman d'une humeur moins gaillarde, drôlement plus maussade : « Mon métier, c’est la défense, le renseignement est un sale boulot. Combattre les terroristes est cruel. » Ou « La vie n'est pas une partie de plaisir ».
Université de Tel Aviv. Itzhak Ben-Israel, ancien général, professeur de philosophie, mathématicien inquiet… et pas très bien dans sa peau ou visiblement mal à l’aise face aux questions simples de l’enquêteur au style candide. Il explique ses maths appliquées à la guerre : « q multiplié par le logarithme de q, additionné au produit de leur inversion donne l’effondrement. Avec le pourcentage des membres neutralisés, on calcule la probabilité que toute l’organisation s’effondre. (…) q minuscule représente le nombre de membres neutralisés. (…) Si on neutralise 50% des gens, la probabilité que l’organisation toute entière s’effondre est de 100%. »
Feldman nous rappelle : « Entre 2001 et 2011, l’armée israélienne a tué plus de 350 palestiniens depuis le ciel. Plus d’une centaine étaient des civils ». Santiago Alba Rico écrirait dans Islamofobia (Icaria, Barcelone, mai 2015) : « Todos esos bombardeos nos impresionan tanto como una tormenta de verano y, desde luego, mucho menos que una cuchillada en el metro. » (Tous ces pilonnages suscitent en nous autant d’émotion qu’un orage d’été et, assurément, bien moins qu’un coup de poignard dans le métro).
(36’ 30’’) L’un des plus gros clients de l’industrie israélienne est le Brésil, un pays où il n’y a pas de Palestiniens mais où il y a des favelas. Et le Complexo do Alemão —quartier investi par la police (en un seul jour, elle tua 44 personnes, affirme le documentaire)— est surnommé la « Bande de Gaza ». Un rapport de la Secretaria Especial de Direitos Humanos de la Présidence de la République brésilienne trouva, selon la Folha de São Paulo du 1/11/2007, des « évidences de mort par exécution sommaire et arbitraire » lors de cette mégaopération policière. Des féministes brésiliennes fournissent certains détails qui relèvent d'une narration bien différente vis-à-vis des discours officiels.
Ce ne sont pas des bavures que Leo Gleser puisse accepter : il forme bien les policiers et il n'y a jamais aucune erreur, aucun dérapage. Gleser, comme Amos Golan, sait très bien qui sont les coupables et qui les innocents, qui sont les méchants et qui les gentils. Du coup, on ne tue jamais une seule personne innocente : « Ça, c’est jamais produit ». « Jamais », insiste-t-il.
Au sujet des favelas, je recommande une recherche que le géographe Andrelino Campos a publié sous le titre Do quilombo à favela - A Produção do « Espaço Criminalizado » no Rio de Janeiro. Il connaît son sujet bien mieux que Stefan Zweig ne le connaissait... Il en a fait une petite présentation moyennant un article que l’on déniche sur internet :
(...) Como o espaço ocupado pelos pobres, sobretudo pelos negros, passou a ser criminalizado no Rio de Janeiro? Existe algum vínculo histórico? Qual é a origem dos preconceitos que envolvem o espaço apropriado pelos mais pobres e a favela? Essas questões me levaram a pesquisar o tema e a escrever o livro Do Quilombo à Favela. (...) A fim de verificar a origem da favela, para além do senso comum, foi preciso recorrer à história, onde foram encontradas três versões: retornados da guerra do Paraguai (1870), demolição do cortiço Cabeça de Porco, na área central do Rio (1892), e vindos da guerra de Canudos (1897). Essas versões relatam, em tempos diferentes, o uso do termo favela para designar a ocupação dos mais pobres, principalmente de negros egressos da escravidão, no espaço urbano carioca. O problema é que nenhuma delas atribui aos pobres (em grande parte constituídos pelo grupo étnico-racial negro) a condição de sujeito responsável pela história. Uma visão mais generosa sobre o tema sugere que a favela é resultado de um processo mais amplo, que envolve organizações espaciais anteriores à formação das favelas. Sendo assim, encontra- se no quilombo a estrutura mais compatível com esse entendimento. O QUILOMBO ESTÁ PARA O IMPÉRIO ASSIM COMO A FAVELA ESTÁ PARA O SISTEMA REPUBLICANO. AMBOS ABRIGAM UMA MAIORIA NEGRA (...) O poder emanado das armas portadas por grupos que operam o tráfico de drogas de varejo em favelas influencia de maneira decisiva os mais jovens, visto que lhes faltam modelos a serem seguidos. A escola deixou de representar um ideal a ser seguido por meio da figura do professor. A casa tem a fisionomia do insucesso: presidiários, desempregados, portadores de renda abaixo da linha de pobreza, frustrações de toda monta conduzem os mais jovens a buscarem a imagem do "sucesso", do "poder", " do bem-sucedido" no porte de "fuzis milagrosos." "Morrer mais cedo não é importante, viver bem é que é importante", segundo a fala de um adolescente, ao longo da pesquisa. A origem do fenômeno favela ganha contornos de processo, enquanto as questões étnico-raciais são discutidas como componentes espaciais, conduzindo a análise do tráfico de drogas como problema urbano e não, do ponto de vista injusto, como questão que se liga aos favelados e seus espaços de moradias.
Assister à la collaboration policière israélo-brésilienne, au copinage des barbouzes des deux nations comparant Palestiniens et favelas (bidonvilles) prête à un sourire et mainte réflexion. UNICEF participa en 2007 de la comparaison, mais pour d'autres raisons...
Je me souviens aussi d'un rapport présenté par BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël) où l'on lit :
Les capacités uniques d’Israël dans le contrôle des populations, la surveillance des déplacements forcés et l’occupation militaire le situent à l’avant-garde de l’industrie globale de la répression : Israël développe, fabrique et vend des technologies qui sont utilisées pour la répression par des forces armées et policières dans le monde entier.
(...) Le gouvernement israélien joue un rôle important au Brésil, dans le contrôle intérieur, contrôle de masse, systèmes de surveillance, armements militaires, les prisons et les frontières militarisées. La formation et l’armement de la police constitue une partie de la campagne anti-favela et d’autres formes de répression intérieure. Le Brésil a signé un contrat avec Israël pour l’acquisition de systèmes de surveillance avancée dans son système de prisons d’État.
Le rapport apporte ses sources dans des notes de bas de page.
En 2009, Israël lançait l’Opération Plomb Durci contre Gaza. Cette même année, les ventes d’armes israéliennes atteignirent le record de six milliards (6.000.000.000) de dollars. C’est le général Yoav Galant qui conçut cette opération. Rapport des pertes : 800 « terroristes » et 300 civils pour 10 membres de Tsahal. C’est-à-dire, un israélien pour 110 palestiniens morts. Écoutez Galant —l’ami de celui qui « est fort, qui est juste et qui gagne »— mettre les atrocités en termes galants.
Voix off : Si dans le passé on pensait qu'il fallait arrêter les guerres pour laisser place à la vie, à présent, les deux cohabitent très bien ensemble. L'économie n'est pas seulement maintenue par la guerre, elle en tire profit. La vie poursuit son cours sans atteindre notre morale. Lorsqu'une opération dans un territoire s'arrête, c'est pour commencer dans un autre, pour commencer une nouvelle expérience.
Novembre 2012, nouvelle opération à Gaza [dite Pilier Défensif]. Deux Israéliens et 169 palestiniens furent tués. Cette année-là, les ventes d’armes atteignirent 7.000.000.000 de dollars, un nouveau record. Après quoi, on peut se payer un concert où l’on chante Imagine, de John Lennon. Cette image clôturant le film —où l’on a tout le loisir de voir des faucons applaudissant cette interprétation— m’a suggéré deux poèmes de Mahmoud Darwich (Birwa, 1942-Houston, 2008), traduits de l’arabe palestinien par Elias Sanbar. Les voilà :
[À un assassin]
Si tu avais contemplé le visage de la victime,
Réfléchi, tu te serais souvenu de ta mère dans la chambre à gaz,
Tu te serais délivré de la sagesse du fusil
Et tu aurais changé d’avis : Ce n’est pas ainsi que l’on découvre son identité !
[À un pseudo-orientaliste]
Que ce que tu crois, soit.
Supposons que je sois stupide, stupide, stupide,
Que je ne joue pas au golf,
Que je ne comprenne rien à la technologie
Et que je ne sache piloter un avion !
Est-ce pour cela que tu as pris ma vie pour confectionner la tienne ?
Si tu étais autre que toi, si j’étais autre que moi,
Nous serions deux amis qui reconnaissent leur stupidité…
Le sot, comme le juif du Marchand de Venise,
N’a-t-il pas un cœur, du pain
Et des yeux pour pleurer ?
_______________________
Le film fini, la réalité persiste et signe. Le 8 juillet 2014, Israël lança une troisième agression dévastatrice sur Gaza, l’Opération « Bordure protectrice ». 2 100 Palestiniens, en grande majorité des civils, y furent massacrés. 11.000 blessés, dont 1.000 enfants handicapés pour le reste de leurs vies. Parallèlement, nous savons, grâce à des sources israéliennes, que les industries de la défense de ce pays ont signé des contrats atteignant minimum 5,66 milliards de dollars en 2014. Difficile à éviter la pensée que Gaza s’avère, entre autres, une exposition périodique où les vendeurs de guerre présentent leurs nouveautés. Un salon de la guerre où presque rien ne manque…
Un an après ce dernier carnage, Gaza est une petite chaîne de collines de débris parsemée de cratères ; les 100 000 Gazaouis restés sans abri (dont énormément d’enfants) attendent la possibilité de rebâtir leurs habitations. Il faut aussi reconstruire les établissements scolaires, grand nombre de structures de toutes sortes, y compris de santé, etc. Mais le blocus continue et les aides sont tout à fait insuffisantes quand il faut contrecarrer tant de dévastation. Selon Oxfam France,
« Seule la fin du blocus permettrait aux Gazaouis de reconstruire leur vie, insiste Jean-Patrick Perrin, chargé de plaidoyer humanitaire à Oxfam France. Des familles vivent dans des maisons sans toit, sans murs ni fenêtres depuis six mois. Beaucoup n’ont d’électricité que six heures par jour et sont sans eau courante. Chaque jour qui passe sans que ces gens aient la possibilité de reconstruire met en péril davantage de vies. Il est tout à fait déplorable que la communauté internationale manque une fois de plus à ses devoirs vis-à-vis de la population gazaouie qui a tant besoin d’aide. »
(...) entre 1815 y 1918, las potencias europeas pasaron de ocupar el 35% a dominar el 85% de la superficie de la Tierra, y ello en paralelo a un aumento del "poder discursivo", (...)
Et ce que je reproche à notre gauche, à force de haïr l'islamisme, c'est d'avoir oublié la question sociale ! (Moncef Marzouki, Le Point Afrique, publié le 9/12/2014 et cité dans Islamofobia)
(...) je n'ai jamais compris pourquoi à Charlie ils ne s'acharnaient pas avec
autant d'assiduité à la criminalité politico-financière de religion
monétaire, et qui finira par tous nous enterrer vivants dans nos petites
batailles identitaires. (Halim Mahmoudi, 8/01/2015)
Pour illustrer ou justifier le titre de ce billet, on pourrait choisir une longue liste de cas —liste nourrie, ou nourrissable, de plus de deux siècles de colonisation, humiliation et diabolisation des peuples arabes et musulmans, un peu partout : depuis la campagne de Napoléon en Égypte (entre 1798-1801 où, entre autres, son aide de camp FrançoisCroizier coupa toutes les têtes des insurgés d'une tribu après une expédition punitive), ce ne sont pas les exemples qui manquent. Des chercheurs comme Eric Hobsbawm, Edward Saïd ou Domenico Losurdo seraient bien d'accord à cet égard ; ce dernier remémore justement la longue durée du racisme colonial anti-arabe, voire le spectre de la « solution finale»de la question arabe, dans Le Langage de l’Empire. Lexique de l'Idéologie étasunienne, essai très probant publié en français par les Éditions Delga (traduction de l'italien par Marie-Ange Patrizio). Dans mon édition en castillan (dont la traduction du sous-titre est triste car impériale : El lenguaje del Imperio. Léxico de la ideología americana, Escolar y Mayo, 2008. Trad. d'Alejandro García Mayo), on peut lire, p. 204 :
(...) Con la llegada del colonialismo, el proceso de racialización da un decisivo paso adelante: asistimos al tránsito desde la islamofobia de base religiosa al odio racial contra los árabes. En junio de 1846, en el curso de un debate en la Cámara, Francisque de Cordelle, amigo e interlocutor de Tocqueville, refiere las "máximas del odio contra los indígenas", enunciadas explícitamente por la prensa de los colonos franceses en Argel. Un periódico no duda a la hora de escribir con letras claras que los árabes son "una raza humana destinada a ser destruida por un decreto de la Providencia"; como los pieles rojas, las "razas inferiores" en su conjunto deben "esfumarse ante las razas superiores". La suerte de los árabes está echada: "Hay unanimidad en cuanto a la destrucción de esta raza culpable"; "los verdaderos filántropos tienen la misión humanitaria de destruir las razas que se oponen al progreso". [cf. Alexis de Tocqueville : Œuvres complètes, éd. de J. P. Mayer, Gallimard, Paris, 1951.]
(...) A ojos de los oficiales, de los soldados y de los colonos franceses en Argelia "los árabes son como bestias del demonio", "la muerte de cada uno de ellos es considerada como un bien". (...)
Algunas décadas más tarde, la tentación de la "solución final" de la cuestión árabe emerge no ya en las colonias de la Francia liberal de Luis Felipe, sino en las de la Italia también liberal de Giolitti. El nacionalista Corradini exhorta a "sacar de su madriguera" y "colgar a la bestia salvaje llamada árabe". Una voluntad de masacre que D'Annunzio pone en versos, bastante mediocres y repugnantes: "Firme el ojo en la mira, ¡oh cristianos! / Sólo peca quien yerra el tiro / ¡Recuerda! No son hombres, sino perros". [Etc., etc., etc... afin de vous éviter, croyez-moi sur parole, la lecture de lignes encore plus dégueulasses]
La haine raciale contre les Arabes, bêtes du Diable dont la mort n'est que du bien, race coupable...
Ce qui est terrible, c'est que de nos jours se multiplient également les échantillons d'une islamophobie institutionnelle à peine masquée, aznarismes à part. Pour en choisir un de très récent et concernant même le domaine de l'Éducation, rappelons que le 21 novembre 2014, on pouvait lire sur Mediapart l'éclairante et exécrable révélation qui suit :
Mediapart s'est procuré un stupéfiant document envoyé par l'académie de Poitiers aux chefs d'établissement. Sous couvert de « prévenir la radicalisation » religieuse de jeunes, il manie clichés et préjugés en ciblant les musulmans. Le ministère admet un certain embarras.
La radicalisation religieuse de jeunes Français est, compte tenu de l'actualité, devenue un sujet de préoccupation majeur des pouvoirs publics. Dans le cadre du « plan national de lutte contre la radicalisation » lancé en avril par Bernard Cazeneuve, l’Éducation nationale a décidé de s’atteler au problème avec l’objectif de détecter au plus tôt ces situations. Au vu du stupéfiant document que s’est procuré Mediapart, il n’est pourtant pas certain que le ministère se soit doté des outils adéquats. (...)
Le sujet fut immédiatement repris par d'autres confrères, comme Le Monde. On peut cliquer ici pour accéder à un powerpoint qui expose sans ambages, par exemple —et après un rappel historique à la mémoire trouée comme une passoire et tellement ciblé qu'il fout vraiment la terreur—, quels sont les indicateurs contemporains de la radicalisation. Non, ce ne sont pas les cravates qui prêchent le bombardement et l'occupation des pays arabes, verbi gratia, non. Ce signalement du bouc émissaire, ces indics factuels qui ne sauraient duper personne sont, sans conditionnel,...
...des signes extérieurs individuels...
☞Barbe longue et non taillée
☞Cheveux rasés
☞Habillement musulman
☞Jambes couvertes jusqu'à la cheville
☞Refus du tatouage
☞Cal sur le front
... et des comportements individuels...
☞Repli identitaire
☞Rhétorique politique (réf. à l'injustice en Palestine, Tchétchénie, Iraq, Syrie, Égypte)
☞Exposition sélective aux médias (préférence pour les sites websjihadistes)
☞Intérêt pour les débuts de l'Islam
Qu'en dire... On dirait que le tatouage devient désormais obligatoire, comme l'anglais... L'exposition sélective au Figaro et à Europe 1, serait-ce un indicateur infaillible de radicalisation...? Dans le Siné Mensuel de juin 2015 (page 18), Delfeil De Ton lance son alerte aux rouquins : "On nous dit : surveillez les barbus, surveillez les femmes en niquab, en hijab, en jupe noire longue, en foulard, en voile, dénoncez les colis abandonnés, les Kalachnikov en liberté, changez de trottoir si vous voyez des terroristes, mais personne ne nous dit : méfiez-vous des rouquins." Et ceci malgré Mark Colborne et autres Anders Breivik, par exemple.
Justement un cofondateur de Mediapart, Edwy Plenel, qui a publié Pour les Musulmans (Éd. La Découverte, 2014), constate, et l'explique sur France24 (cf. la vidéo ci-dessous), que les Musulmans sont devenus nos nouveaux boucs émissaires...
Dans ce contexte d'entérinement attesté et bon enfant (oublions un instant les vautours de service) de l'islamophobie, il faut saluer la parution de Islamofobia. Nosotros, los otros, el miedo, de Santiago Alba Rico, dans la collection Más Madera des éditions Icaria (Barcelona, mai 2015), court essai que je voudrais bien voir traduit en français. D'ailleurs, son point de départ textuel —le fait qui déclencha sa rédaction et sa publication ?—, ce fut le sanglant attentat fasciste contre le journal satirique Charlie-Hebdo du 7 janvier 2015, évènement qui suscita une triple sensation d'horreur chez notre auteur, comme au demeurant parmi bon nombre de nous : d'abord, celle du carnage en soi et le fait que les victimes visées étaient des dessinateurs et des écrivains, des bouffons. Puis, un troisième élément d'épouvante s'avérait, en raison des réactions et des conséquences de la fusillade : l'islamophobie dans l'air. Je conseille donc la lecture de cet ouvrage à tous ceux qui souhaitent disposer d'une approche, des exemples et des positions sur les différentes facettes (1) de la polyédrique question araboislamique fructueusement non conventionnels, radicalement non manichéens. Une bibliographie pertinente et un glossaire de noms islamiques complètent l'édition. Voici deux extraits du livre qui permettent de mieux comprendre son approche ; l'islamophobie s'avèrerait un problème lorsque l'EI devient "la grande menace pour l'Occident", voire pour le monde entier, aux yeux des média, des politiciens et des intellectuels, alors que l'État d'Israël, bien plus menaçant pour la paix mondiale, la théocratie saoudite ou les pilonnages des États-Unis se présentent comme les garants de la démocratie et le rempart contre le fanatisme. Le problème serait l'islamophobie et non l'Islam :
La islamofobia como problema comienza cuando para los medios, los políticos y los intelectuales el Estado Islámico se convierte en "la gran amenaza para Occidente", valga decir para el mundo entero, mientras el Estado de Israel, mucho más amenazador para la paz mundial, o la teocracia saudí o los propios bombardeos de los EE UU aparecen como garantes de la democracia y bastión contra el fanatismo. El problema es la islamofobia y no el islam.
Puis, en guise de coda ou conclusion, il nous lance son alerte ; l'islamophobie serait l'équivalent dans le miroir de l'islamisme djihadiste, ses discours essentialistes fonctionnent de la même manière, se nourrissent réciproquement et mènent aux mêmes crimes, constitueraient donc un même combat pour ceux qui prennent au sérieux la défense des valeurs laïques, républicaines et de gauche :
Mucho cuidado: la islamofobia es el equivalente en el espejo del islamismo yihadista. Sus discursos esencialistas funcionan de la misma manera, se alimentan recíprocamente y conducen a los mismos crímenes. Si queremos vencer al segundo, tenemos que luchar también contra el primero. Este debe ser el objetivo prioritario e "interesado" de cualquier ciudadano que se tome en serio la defensa de los valores laicos, republicanos y de izquierdas.
À propos du fondamentalisme laïque et de l'interdiction des symboles religieux, sujet très d'actualité... depuis presque trois décennies, Alba Rico se souvient du Benjamin Constant des Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs et particulièrement à la Constitution actuelle de la France (rédigés en 1806, publiés en 1815) :
La superstition n’est funeste que lorsqu’on la protège ou qu’on la menace : ne l’irritez pas par des injustices, ôtez-lui seulement tout moyen de nuire par des actions, elle deviendra d’abord une passion innocente, et s’éteindra bientôt, faute de pouvoir intéresser par ses souffrances, ou dominer par l’alliance de l’autorité. Erreur ou vérité, la pensée de l’homme est sa propriété la plus sacrée ; erreur ou vérité, les tyrans sont également coupables lorsqu’ils l’attaquent. Celui qui proscrit au nom de la philosophie la superstition spéculative, celui qui proscrit au nom de Dieu la raison indépendante, méritent également l'exécration des hommes de bien.
Ce chapitre et celui consacré au féminisme sont particulièrement intéressants et perspicaces, et ce n'est pas un sujet facile à aborder. Vers la fin de son essai, Alba Rico revient à son premier thème de réflexion, la question Charlie Hebdo. C'est comme cela que j'ai eu vent pour la première fois d'un témoignage imposant signé par Halim Mahmoudi qu'il faut lire dans son intégralité et que je me permets de reproduire tel quel pour conclure ce billet. Le prof candide prévient toutefois ses hypothétiques lecteurs que ce tapuscrit déchirant et bourré de sens contient un certain nombre de coquilles. Shokran bsef, Halim Mahmoudi.
(1) Religion, colonialisme, rappels historiques, solipsisme "occidental", ignorance crasse et insolence grasse de nos experts, les juifs et le Sionisme, nos amis arabes (des gentils un peu méchants ?), les épouvantables tweets arabophobes signés par des ados israéliens (et recueillis par le journaliste canadien David Sheen), narcissisme capitaliste et esclavage (ou diabolisation de l'autre, la femme, l'homo, l'indigène, le noir...), islamismes, racisme, barbaries autochtones, islamophobie arabe, révoltes récentes, gauche, laïcisme, féminisme, Charlie, EI (Daech, et la position de Ramzy Baroud)... ____________________________ HALIM MAHMOUDI est un dessinateur et vignettiste français
d'origine algérienne. Il vit à Venerque (Haute-Garonne), commune de
l'aire urbaine de Toulouse. C'est l'auteur d'Arabico.
Voici son texte publié le 8 janvier, au lendemain de la tuerie du Charlie Hebdo :
Je suis dessinateur de presse, arabe... mais seulement ami avec Charlie! Merci pour les messages et les demandes de participations dessinées, mais:
J'allais chez Charlie Hebdo depuis le lycée, ca date! Et puis la
dernière fois, c'était en Septembre dernier, j'ai partagé une assiette
d'huitres avec Tignous, 3 jours de poilade et d'amitié franche... Alors
depuis hier, je n'ai rien pu dessiner. Depuis hier, je reçois
des messages d'amitiés, des pensées, et aussi des demandes de dessins,
et de participation. Mais je reste comme un con devant ma feuille
blanche. J'ai compris que c'était l'horreur tout ca, moi qui enfant
ai "naturellement" vu circuler des armes, appris à mentir pour que 4
types armés de fusils à pompe ne rentre pas à la maison pour se venger,
ou pour ne pas balancer des amis ( dont je comprenais la situation) au
RG qui essayaient de nous extorquer des renseignements... jusqu'à
l'année dernière encore, où cette fatalité, cette "loi du milieu" à tué 2
de mes potes d'enfance. L'un après l'autre, ils sont mort atrocement et
ont fait les faits divers. C'est aussi ca mon âme d'enfant d'immigré.
Des choses du passé refont surface.... La laïcité de façade qui
m'a fait subir des contrôles d'identité humiliants qui m'ont souillé le
coeur et où j'ai dû ravalé ma rage, des soirées niquées parce qu'on ne
rentrait pas en boite, une petite amie qui m'a dit sur le seuil de sa
porte que c'était terminé parce que ces parents ne veulent pas "que je
sorte avec un arabe" ou encore des emplois qu'on me refusait parce que
les clients ne comprendraient pas. Des centaines de lettres et aucun
entretien d'embauche à passer! Peu de ressources financières, et l'ennui
chevillé aux pompes bon marché chez Tati. Les vacances au quartier, ou
en colo. Des braqueurs au grand cœur, on achetait des trucs tombés du
camions à des prix que la chine ne suivrait pas.. On allait pas chipoter
sur la légalité. Des blancs à la télé, des blancs dans les
centre ville, dans les bureau. Même les assistantes sociales qui
paradaient chez nous étaient blanche. La rédaction de Charlie,
invariablement blanche. Hier encore, quand je suis allé au rassemblement
pour Charlie Hebdo, la place du Capitole n'était pas "noire de monde".
Elle était blanche! Il y avait quelques personnes comme moi, un peu,
dont une femme en Hijab qui portait un panneau ou il n'y avait pas écrit
"Je suis Charlie", rien de pro-liberté d'expression. Non! Il y avait
juste écrit: "Touche pas à ma France! ". Ca m'a rappelé ma tante qui m'a
dit l'autre jour que "les arabes d'Algérie, ils faut s'en méfier, ils
veulent profiter, c'est tout!". Et alors ca m'a rappelé que la religion
me séparait des miens un peu plus chaque jour. Ca m'a rappelé qu'avant
ce repli, il suffisait juste d'être arabe pour se sentir proches, peu
importe si tu faisais la prière, si tu respectais ou pas scrupuleusement
les piliers de l'islam. Même si je ne cautionne pas cet aveuglement, je
le comprends à un point, vous n'imaginez même pas... Bref, on ne
mangeait pas de porcs, mais on s'arrachait pas les cheveux sur des
étiquettes "Hallal". Et la petite mosquée dans mon quartier d'enfance
était encore une salle des fêtes à l'époque. Ils auraient pu en
construire une, mais ils ont décidé que la salle des fêtes deviendrait
la mosquée. Depuis, on a plus de salle des fêtes hors des pièces sans
fenêtre dans une cave où ils ont mis des animateurs de quartier. Et on
ne se faisait pas insulter à longueur de journaux, de médias radios,
télés, de couverture. Personne pour nous représenter à part des clowns
triés sur le volet pour chanter les valeurs républicaines. Ces valeurs
qui ont saccagé mon enfance! On ne représentait pas encore un
danger. Mais on était en danger. On l'a toujours été. La pauvreté et la
misère, les ghettos sociaux, l'économie parallèle ou la prison, les
voies de garages à l'école, l'échec scolaire, le chômage sans
perspective d'avenir, et surtout, surtout l'ethnicité: tout ca c'est
dangereux. Réellement dangereux. Et puis, un peu partout, je lis
que les bien pensants demandent de ne pas faire d'amalgame.... j'y ai
cru, j'ai essayé de les éviter ces amalgames. Toute ma vie, je n'ai fait
que ca! Eviter ces putains d'amalgames! Sauf que voilà, ce pays, la
France, est bâtie sur l'amalgame: La séparation économique et sociale
est ethnicisée. Les visages floutés sur TF1 restent basanés, les
dirigeants de ce pays sont tous un peu vieux, pas mal blancs, très
masculins. Et ce pays aussi. Quand je suis allé à Clichy-sous-bois l'an
dernier, là-bas la population était massivement arabe et noire. A des
kilomètres de Paris. Et il y a une sorte de frontière invisible à un
moment où tous les passagers du bus deviennent blancs. Et ceux là, ils
vont travailler. On passe des sacs de courses aux mallettes de travail.
L'amalgame a bâtie la France. Je me suis fait insulté par la police,
giflé quelque fois à cause de cet amalgame national. J'ai parfois
répondu et j'avais la trouille d'aller trop loin.. de rajouter mon nom
sur la liste des centaines de mes frères abattus pas des policiers. Tous
ces crimes se sont soldés par des non-lieux, ou de la prison avec
sursis. Et en général des promotions pour les assassins. Alors
nous, on est un peu las de ce manège, ca nous fatigue ces valeurs à la
gomme, ces vertus inexistantes, cette liberté d'expression à sens
unique. On ne dit rien parce qu'être musulman ce n'est pas être Charlie.
Enfin plus depuis l'arrivée de Philippe Val en tout cas. Même ce cher
Cavanna, ex-pauvre et fils d'immigré italien, le fondateur de Charlie,
pleurait d'impuissance parce que Val a pris et changé l'âme de ce
qu'était Charlie Hebdo à la base. Et les médias qui font mine de
pleurer, ou de s'insurger devant la barbarie ont armé les criminels qui
ont abattu mes amis. Alors si eux sont Charlie, si Val est Charlie, je
ne peux pas être Charlie. J'ai trop de respect et d'amour pour hurler
avec les loups. Trop de douleur et encore toutes mes facultés mentales
en état de marche. Sinon expliquez moi en quoi mettre une bombe
sur la tête d'un prophète est marrant? Ou écrire "traitre" sur le front
d'un juif sur une caricature d'avant guerre par exemple? En quoi c'est
marrant, expliquez-moi? En quoi Dieudonné ne représente t'il pas le
courage du vaillant soldat qui se bat pour exprimer ses idées et
convictions? Lui aussi s'est moqué en parlant de Mahomet ou d'Allah,
mais il riait de tout, et AVEC tout le monde! Alors elle est où la
différence? Je ne comprends pas! En quoi l'acharnement médiatique à
vouloir sans cesse dénicher ce qui cloche avec l'islam est-il une
liberté d'expression? Bordel, c'est quoi au juste la liberté
d'expression? Ne serait-ce pas la France qui a des gros problèmes
d'intégration dans ce siècle? Avec son système vicié, lent, et tout
poussiéreux? Ne serait-ce pas pour une fois, l'oppresseur qui aurait
tort? Au lieu de nous chanter à longueur de temps qu'on a de la chance
dans ce pays parce que dans nos pays d'origine c'est pire. Ou qu'on se
plaint, qu'on joue les victimes, comme si tous nous étions paranos!!!?
Que les études du CNRS sur la discrimination à l'embauche au logement
sont erronées? Qu' à Amnesty International ils se plantent, quand ils
disent qu'il y a une véritable violence répressive à l'œuvre en France à
l'égard des populations issues de l'immigration? Que la Halde ne fait
jamais suivre les plaintes pour discrimination? Mais quel Charlie
voudriez vous que moi dessinateur de presse et de culture musulmane, je
sois? Le Charlie de la bande à Choron, Coluche et Reiser qui rigolait
AVEC nous? Ou celui de Philippe Val et d'un Charb qu'humainement
j'aimais beaucoup mais qui grillé un fusible et qui rigolait DE nous? Je
le lui ait dit à Charb, on était en désaccord mais ca n'empêchait pas
que j'ai proposé une autre grille de lecture après l'affaire des
caricatures en 2005. D'autres dessins, avec une autre vision. Et rien
n'est passé. Ce n'est pas grave, il ne se voyait pas publier ca dans
Charlie, c'est son droit. Mais aucun journal n'a suivit. Si Le Monde.
Sauf qu'ils m'avaient demandé d'édulcorer et d'enlever certains passages
afin que ca puisse être publiable. Alors j'ai refusé. Parce que je n'ai
pas une tête à m'appeler Charlie! Je me sens mal quand il y a un
acte terroriste au nom de l'islam. Je me sens mal quand des
dessinateurs prennent une caricature pour un dessin d'humour. Comme
s'ils n'avaient jamais eu de cours sur l'image. Et je me sens coupable
de faire partie de chacun de ces groupes, de les comprendre, de voir
qu'ils se trompent sur l'autre, et sur eux-mêmes, parce qu'incapable de
parler. L'empire ottoman, celui des Abbassides, et tout le monde arabe
en général était malgré la dictature et les violences inhérentes à
l'exercice de pouvoirs impérialistes (c'est vrai tu as raison kris
krumova, merci émoticône wink) était humain. Je parle des peuples. Les juifs, alors persécutés dans
toute l'Europe trouvaient principalement refuge chez nous. Et nombre de
nos illustres ancêtres, des savants ou des poètes; pensaient que le
domaine de tous les domaines, la quintessence divine n'était pas la
science, ni l'art, ni la géométrie, mais bel et bien l'amour et la
sexualité. Le moyen par lequel on donne généralement la vie donc! Nous
n'incarnions pas la terreur et la mort. Nous célébrions ce que dieu a
mit de plus cher à notre disposition: La vie ! Je parle du savoir et des
valeurs que ces peuples se transmettaient. Et aujourd'hui, un nombre
important des miens, acculés au mur, se sont repliés pour s'opposer,
résister pour ne pas être rien pour personne. Ne surtout pas être rien à
nos propres yeux. Immigré ici ou là-bas, c'est la même impression
d'être partout apatride, mais on ne se l'avoue pas. Et de toute façon à
qui, puisque personne n'écoutera ... Les gens qui savent ce que
c'est que de vivre nos vies savent que j'ai édulcoré mes BD pour
m'adapter, me mettre au niveau intellectuel et psychologique de ce pays.
C'est à dire en dessous de toute volonté de dialogue, d'ouverture,
d'objectivité et de réciprocité. Je ne peux pas ouvrir mon cœur à un
pays qui me sort des mots à la con comme "diversité" ou "vivre ensemble"
et qui diffuse à gogo vidéos et bandes sons du drame sans égard ni pour
les familles de mes potes qui sont morts, ni pour la majorité des
musulmans que le système médiatique fait souffrir à longueur de temps! Sinon dites moi où sont passées les vidéos de caméras de surveillance du commissariat de Joué-Les-Tours?
Au fait, à propos des intégristes, je me rappelle qu'ils étaient venu
au quartier, j'étais enfant. Des mecs sortis d'une camionnette qui
ressemblait à celle de "Retour vers le Futur" quand Doc se fait abattre.
Bref, je n'ai pas pensé à ca, mais je me souviens que ma mère ( qui
nous élevait toute seule ) les avait vu ( et flairé) et qu'elle m'avait
foutu la trouille en me disant que j'aurai affaire à elle si jamais je
leur adressais la moindre parole. Voilà je viens d'y penser parce
qu'aujourd'hui, c'est ton anniversaire youma... émoticône heart
J'ai reçu quelques messages qui disent que rien ne justifie l'acte
terroriste... alors je donc REPETER: Je NE cautionne PAS cet acte
effroyable, ce meurtre. Cessez de me relier à cela, je vous remercie!
D'autant que j'ai perdu personnellement de bons potes dans l'histoire.
Et je vais donc PRECISER: Dans l'état actuelle des choses où les
populations immigrés, noirs, arabes, musulmanes etc. subissaient la
ghettoïsation économique, sociale que l'on sait depuis un bail, il ne
leur reste que 5% de dignité, une religion, cet espace intime qu'est la
foi et qui fait tenir debout dans les situations les plus critiques. Et
malgré cette maigre "bandelette de Gaza" intime et psychologue que les
musulmans tentent de préserver pour ne pas craquer sous le poids de la
mise à l'écart et des insultes répétées, il se trouve malgré tout en
France, des gens qui se permettent de s'offusquer qu'on tienne à ce
petit bout de territoire privé qu'est leur religion. Au risque de
choquer, ca ne m'étonne plus qu'il ce soit trouvé des gens avant la
seconde guerre mondiale pour faire circuler de sales blagues antimites
en France, à une époque où les juifs étaient à peu près dans la même
situation que celle des musulmans aujourd'hui. Finalement, il y a une
vraie cohérence dans ce pays les gars, ca c'est une constante bien
nationale! Personnellement, je n'ai jamais compris pourquoi à
Charlie ils ne s'acharnaient pas avec autant d'assiduité à la
criminalité politico-financière de religion monétaire, et qui finira par
tous nous enterrer vivant dans nos petites batailles identitaires. Si
nous en sommes là, c'est parce que le système tourne à vide. Sauf qu'en
2014 y'en a qui veulent encore vérifier si les musulmans ont vraiment de
l'humour. Sans même se douter qu'il y a des cons vraiment vraiment
vraiment partout: Même s'il n'y a pas que cela ( heureusement), il y en a
chez les musulmans comme il y en a chez Charlie! Sinon ce bon vieux
Siné ne se serait jamais fait viré ! Les miens, les issus de
l'immigration, les jeunes, les vieux, les clandos, les blédards, ceux
qui virent muslim, modérés ou radicaux, les rappeurs, les intégrés, les
rageux, les "viva l'algérie", ceux qui disent "Cheh !" depuis mercredi,
ceux pleurent, tous ceux qui se taisent, ceux qui ont peur, ceux qui
applaudissent, ceux qui ont la rage, ceux qui ont mal, ceux qui
comprennent sans cautionner, ceux qui cautionnent sans comprendre, tous:
On critique parce qu'on aime ce putain de territoire Français et ses
habitants! Malgré tout le mal qui a été fait, malgré les
incompréhensions, la surdité, la peur, l'ignorance que ce pays à envers
nous, on l'aime quand-même surtout si ca l'emmerde! Si on l'aimais pas,
on serait simplement indifférents. On ne critiquerait rien, on ne
provoquerait pas, on ne sifflerait pas la marseillaise, il n'y aurait
pas de drapeaux algériens dans les stades, il n'y aurait pas eu le rap,
pas de tensions, pas d'émeutes, pas de liens, pas de relation, aucun
crime ni passion, pas de blessures, aucune souffrance, pas de tentation
Djihadiste, pas d'attentats, pas de drames, ni de moments de joies (
heureusement plus nombreux!). Je sais que Charlie Hebdo s'acharnait sur
l'islam avec le même amour. Et la même incompréhension. Mais tant
que les médias n'ouvriront pas leurs ondes et leurs journaux aux uns et
autres avec la même attention. Tant que les inégalités sociales et
économiques persisteront à s'acharner encore et toujours sur le seul
critère racial, alors la vie continuera. On va rire, mais on va pleurer
ensemble. Quoiqu'il arrive ce pays on l'aimera de tout notre cœur, jusqu'à ce que mort s'en suive!
Dernière chose: Ma compagne est française et nous avons ensemble 3
jolies petites princesses aux cheveux frisés et aux yeux bleus
pétillants de bonheur! Alors je n'ai aucun intérêt à salir une
communauté quelconque. Je n'appartiens à personne! A la maison, ma femme
et moi nous représentons l'autorité, le pouvoir. Et nos 3 filles sont
le peuple. Si l'une des 3 filles se sent maltraitée, et s'insurge contre
nous. Nous ne nous disons pas que c'est de sa faute, que c'est à elle
de mieux s'intégrer dans sa famille... vous comprenez? Ma compagne et
moi aimons nos enfants, et s'il y a conflit, incompréhension, entre
elles et nous, c'est nous que nous allons d'abord remettre en question,
dans notre éducation ou autre. Nous lui parlerons, elle s'exprimera, et
nous tâcherons de lui montrer qu'on est à ses côtés. C'est donc à
l'autorité de se soumettre, car l'autorité est le pouvoir, et à les clés
de la résolution des conflits. Le pouvoir d'agir. Ca s'appelle
Responsabilité! Et La France doit prendre les siennes, et écouter ses
minorités... parce qu'elles font partie de la solution! Je
n'oublie pas qu'il y avait quelques arabes à Charlie, je le savais déjà
ca, merci! Mais je tiens à rappeler qu'il y a aussi quelques blancs dans
les prisons françaises. Quelques uns, ... alors que pourtant nous
vivons en France n'est-ce pas? Mais le cœur de mon texte ne dit pas
cela. J'ai écris ce texte parce que je ne veux plus perdre des gens que
j'aime de cette façon violente et impardonnable. Et que peu importe le
conflit, je choisirai toujours d'aider le peuple. Jamais le pouvoir: Lui
il peut se débrouiller tout seul. Et s'il a besoin d'aide, il sait où
me trouver... Si ce pays ne veut plus jamais subir une telle tragédie,
alors il a tout intérêt à se demander pourquoi elle est arrivée. Et de
comprendre pourquoi les principaux clients de ses groupes intégristes se
recrutent dans les pays les plus pauvres de la planète, et dans les
couches sociales les plus abandonnés de son territoire aux allures de
pays éclairé! Pas en Arabie Saoudite, ou au Qatar ( eux ils financent)
mais au Nigéria, au Maghreb, en Syrie etc... Un intégriste n'est pas un islamiste, c'est tout au plus un Misériste! Ce n'est pas l'islam qui l'a façonné. C'est la misère! Même un enfant comprendrait ca !!!!!
Bon aller, merci pour ces messages de soutien, ces demandes de dessins,
des chaines de solidarité sont nécessaire je pense, mais là j'atteins
l'overdose. Cette journée de deuil national est un cache misère... Le
terme "national" ne me parle absolument pas. Et par certains côtés oui,
je suis comme Charlie, mais je ne suis pas Charlie! J'ai un pied dans le monde arabe, un pied en occident Un pied dans les quartiers et l'autre en France Un pied dans le dessin de presse et l'autre dans la vie de tous les jours Un pied chez Charlie Hebdo, un pied au cul de Charlie Hebdo Un pied dans les médias alternatifs et l'autre dans les journaux Un pied dans l'anonymat et l'autre dans la l'auto-censure Un pied dans la douleur, et l'autre dans la colère. Halim
"Je l’ai regardé sans haine, peut-être sans peur, et j’ai vu son
expression changer. Je ne saurais pas dire de quelle façon, mais il a
changé. Soudain, il a perdu son aplomb. " Sigolène Vinson ( rescapée de l'attentat de Charlie Hebdo, à propos de son agresseur) . RIP Charlie...
NOTE : Pour compléter ce témoignage, on dispose de deux lectures pertinentes dans Le Monde diplomatique d'août 2015. D'abord, un article de l'écrivaine palestinienne Sahar Khalifa, Femmes arabes dans le piège des images, nous rappelant, entre autres, qu'après la défaite du dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser, en 1967, les États-Unis et leurs alliés arabes...
"apportèrent un soutien massif aux islamistes afin d'étouffer le nationalisme progressiste, à coups de millions de dollars. Les Frères musulmans, qui laissaient jusqu'alors le peuple indifférent, montèrent en puissance. La situation de notre région dans les années 1970 et 1980 ressemble beaucoup à celle de l'Afghanistan au moment où les Américains (sic) prêtaient main forte aux islamistes, et notamment à Oussama Ben Laden, pour contrer les communistes."
« Comme une grande prison dont les détenus auraient la clé »
Islam et relégation urbaine àMontpellier
Décrit tantôt comme
une menace pour l’identité nationale, tantôt comme une idéologie
guerrière, l’islam fait l’objet d’attaques incessantes dans les médias
ou de la part de dirigeants politiques. Mais on aborde rarement cette
religion dans sa pratique quotidienne : qu’est-ce qu’être musulman dans
une société qui condamne les immigrés et leurs descendants à la
ségrégation ? Exemple à Montpellier.
(...)
Ceux qui lisent en anglais disposent des articles lumineux de Pankaj Mishra, dont A Culture of Fear, publié le 15/08/2009 sur le mythe d'Eurabia, épouvantail brandi par certains chiens de garde, comme l'historien brit Niall Ferguson, qui a prédit qu'« une jeune société musulmane au sud et à l'est de la Méditerranée est en passe de coloniser - le terme n'est pas trop fort - une Europe sénescente ».
_____________________________
MISE à JOUR du 29/09/2015 :
L'Islamophobie racialisée et le racisme en général s'expriment souvent en direct sur les meilleurs plateaux. Voyons-écoutons les "propos" répétés de Nadine Morano.
_____________________________
MISE À JOUR DU 25/03/2019 :
Une semaine après l'attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, je viens d'apprendre par Sébastien Fontenelle qu'une tribune contre une islamophobie grandissante vient d'être publiée dans le Muslim Post co-signée par un bon nombre de personnes. Vu son importance, je me permets de la relayer, car les enfants, ce sont les mêmes à Gaza ou à Madrid, à Nice ou à Christchurch.
[Tribune] Appel contre une islamophobie grandissante
Une
semaine après l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, les sites
Al-Kanz, Islam&Info, LeMuslimPost, Mizane Info et Des Dômes et des Minarets s’associent en co-signant une tribune avec plus de 250
personnalités.
Ce
vendredi 22 mars, à 13h40 — une semaine après l’attentat de
Christchurch en Nouvelle-Zélande qui a eu lieu à 13h40 heure locale —,
les sites Al-Kanz, Islam&Info, LeMuslimPost,Mizane Infoet Des Dômes et des Minarets
s’associent et co-signent une tribune dans laquelle plus de 250
personnalités — intellectuels, institutions musulmanes, médias
musulmans, militants associatifs, élus, artistes et sportifs — appellent
à mettre fin à la surenchère islamophobe dans les discours politiques
et médiatiques. Ils demandent « des paroles et des actes forts de la part du président de la République. »
Ce
vendredi 15 mars, dans deux mosquées de Christchurch, en
Nouvelle-Zélande, pendant la prière, le terroriste d’extrême droite
Brenton Tarrant a tué 51 personnes et grièvement blessé des dizaines
d’autres.
L’islamophobie doit devenir l’affaire de toutes et de
tous. L’attentat qui vient d’être perpétré à Christchurch, en
Nouvelle-Zélande, doit nous faire prendre conscience du danger qui
guette les personnes de confession musulmane et la France, avant qu’il
ne soit trop tard.
Lors d’une audition à l’Assemblée nationale en
2016, le patron de la DGSI, Patrick Calvar, alors directeur général de
la Sécurité intérieure, indiquait que les services français avaient
déjoué des « actions contre les musulmans » planifiées par des groupes
d’« ultradroite ».
« Ce qui s’est passé en Nouvelle-Zélande montre que le pire est possible »
A
qui la faute ? Il ne se passe pas un jour en France sans que des propos
islamophobes soient tenus dans de nombreux médias ou dans certains
discours politiques. Personne ne s’en émeut outre-mesure, et leurs
auteurs ne sont pas condamnés. Or, des mots aux actes, une frontière est
désormais largement franchie. En France, des mosquées, ces dernières
années, ont été vandalisées, des musulman·e·s insulté·e·s ou attaqué·e·s
et des femmes voilées agressées, exclues, accusées de promouvoir le
terrorisme ou placées au cœur de polémiques vestimentaires incessantes —
les actes islamophobes ont ciblé à 70 % des femmes en 2018 [1].
Ce qui s’est passé en Nouvelle-Zélande montre que le pire est possible.
Nous
accusons les promoteurs de l’islamophobie qui, sous couvert de critique
libre de l’islam, attisent la haine contre une partie de la population
française. Critiquer une religion est une chose. Désigner pour cibles
des croyants en est une autre. La banalisation de l’islamophobie dans
certains médias engendre depuis trop longtemps un ressentiment patent
vis-à-vis des personnes de confession musulmane, une violence et un
terrorisme qui les plongent dans une peur grandissante, tandis que les
institutions tardent à combattre les discriminations, discours et
violences qui les visent.
Le terroriste australien a signé son
acte : dans un « manifeste » écrit avant l’attentat, il affirme qu’il
est un adepte de l’idéologie du « Grand remplacement » si chère à Renaud
Camus, Alain Finkielkraut et Eric Zemmour. Face à ceux qui tentent de
nier l’islamophobie tout en hiérarchisant les racismes, il serait temps
que chacun mesure sa part de responsabilité dans la normalisation et la
banalisation d’un discours qui a construit l’islam comme un problème au
sein de notre pays et qui arme idéologiquement des comportements de
rejet et de violence, à leur encontre.
L’extrême droite est certes
à l’origine de l’idéologie des terroristes islamophobes. Mais c’est une
plus large partie de la classe politique, de la gauche à la droite, et
médiatique qui doit se remettre en question et cesser de stigmatiser la
population musulmane en se focalisant unanimement sur la prochaine
controverse autour du foulard. Ce qui vient de se dérouler en
Nouvelle-Zélande est la conclusion d’un processus engagé par des
intellectuels, des politiques et des éditorialistes, qui ont fait des
musulman·e·s des cibles. Comment peuvent-ils dénoncer aujourd’hui avec
force et hypocrisie ce double attentat alors qu’ils nourrissent depuis
de longues années la défiance contre les musulmans ?
Comment une
partie de notre classe politique et de notre gouvernement peut-elle
traiter cet attentat sans, à aucun moment, faire référence au fait que
ce sont bien des musulmans qui étaient visés, ni évoquer les motivations
idéologiques du terroriste ?
« Nous mettons les médias qui ont fait le jeu des islamophobes en face de leurs responsabilités »
Nous
demandons donc des paroles et des actes forts de la part du président
de la République et du gouvernement comme ils l’ont fait à juste titre
dans le cas de la lutte contre l’antisémitisme. Ils doivent prendre la
mesure de la montée de l’islamophobie dans notre pays. Au-delà de la
crainte éprouvée par les musulmans et musulmanes de France, c’est
surtout un sentiment de colère légitime qui émerge. Celle d’entendre des
élus de la République ou des ministres participer à ce cirque
islamophobe à chaque polémique naissante sur les réseaux sociaux, puis
jouer les étonnés quand les institutions internationales mettent en
cause le traitement des musulmans en France ou que la haine qui les vise
devient meurtrière.
Enfin, nous mettons les médias qui ont fait
le jeu des islamophobes en face de leurs responsabilités. Ces
hebdomadaires qui criminalisent ouvertement les musulmans, ces antennes
qui déroulent le tapis rouge à des éditorialistes haineux et à Marine Le
Pen, ou ces magazines en ligne qui promeuvent la France « de souche »
en toute impunité. Ceux-là même qui, tandis que les victimes de
Christchurch n’étaient même pas encore enterrées, invitaient déjà les
racistes dont s’est inspiré le terroriste qui, ce vendredi, a choisi de
massacrer des musulman·e·s en prière. Chacun sa dignité, chacun ses
priorités.
Il est encore temps de mettre une fin à cette
surenchère avant que le terrorisme antimusulman finisse par vraiment
toucher la France, détruisant ce qui reste des valeurs censées nous
unir. Les signataires Dliouah Abdallah · Sébastien Abdelhamid · Selimane Abderrahmane · Nader Abou Anas · Karim Achoui · Louis Adam · SaÏd Agrebi · Christophe Aguiton · Mhamed Alfath · Zahra Ali · Ismaël Alilou · Nader Alimi · Alexandra Allio De Corato · Lynda Ayadi · Comte de Bouderbala · Hervé Amon · Siham Andalouci · Sihame Arbib · Adel Aref · Asif Arif · Janie Arnéguy · Emmanuel Arvois · Sihame Assbague · Kader Attia · Nagib Azergui · Amadou Ba · Ibou Ba · Jawad Bachare · Fouad Bahri · Farida Balit · Ludivine Bantigny · Elsa Bardeaux · Abdelillah Bedhri · Alya Belhadj · Jenna Belhadj · Lotfi Bel Hadj · Yunes Bel Hadj · Nesrine Belalmi · Jamel Belhadj · Akram Belkaïd · Khalid Belrhouzi · Tarek Ben Hiba · Feïza Ben Mohamed · Mohammed Ben Yakhlef · Adnane Ben Youssef · Ibrahim Benamour · Abdelkader Bendidi · Mehdi Benedetto · Nagib Benghezala · Judith Bernard · Michel Bilis · Flavien Binant · Pascal Boissel · Samim Bolaky · Véronique Bontemps · Hadrien Bortot · Saïd Bouamama · Mohammed Bouayad · Youness Bouchida · Halima Boughanmi · Taha Bouhafs · Inès Boulifa · Nizarr Bourchada · Abdelmonaim Boussenna · Youssef Boussoumah · Houria Bouteldja · Faysa Bouterfas · Jean Brafman · Rony Brauman · Jean Brunacci · François Burgat · Alexandra Casanova · Abdelaziz Chaambi · Rayed Chaïbi · Mouhieddine Cherbib · Yves Chilliard · Ismahane Chouder · Abdelhafidh Chraiet · Hamid Chriet · Agnès Cluzel · Johan Cogard · Jean-Daniel Colombani · Ghislaine Compagnon · Alexis Cukier · Elias d’Imzalène · Gerty Dambury · Yohan Dardenne · Christian de Montlibert · Bruno Della Sudda · Christine Delphy · Oumar Diop · Samba Doucouré · Kechéri Doumbia · Jean-Michel Drevon · Haïkel Drine · Emmanuel Dupuy · Ivar Ekeland · Karima El Ayachy · Ismaël El Hajri · Marfouq El Houssine · Yasmine El Mouattarif · eL Seed · Abdellatif Essadki · Driss Ettazaoui · Mireille Fanon-Mendès-France · Jacques Fath · Jacques Faty · Jean-Claude Félix-Tchicaya · Sébastien Fontenelle · Jean-Marie Fouquer · Christophe Frot · André Garçon · Richard Gassion · Ali Gedikoglu · Frédéric Geldhof · Karl Ghazi · Barira Gil · Alain Gresh · Safwene Grira · Nacira Guénif · Michelle Guerci · Djamel Guessoum · Mokhtar Guetari · Georges Gumpel · Nicolas Haeringer · Gabriel Hagaï · Ghada Hamadani · Sarah Hamdi · Malika Hamidi · Foued Hamza · Mourad Hamza · Nadia Henni Moulaï · M’hamed Henniche · Robert Hirsch · Abdelsalem Hitache · Gilles Houdouin · Oz Houssami · Vincent Huet · Moussa Ibn Yacoub · Rachid Id Yassine · Mina Idir · Karim Ifrak · Igbal Ingar · Djamal Issahnane · Sabina Issehnane · Patrick Jaïs · Mohrad Jarrari · Slim Jarrari · Emmanuelle Johsua · Samy Johsua · Farid Kachour · Mathieu Kassovitz · Jean-Riad Kechaou · Mamadou Keita · Yasmine Kermiche · Pierre Khalfa · Wajdi Khalifa · Rachid Khouna · Fateh Kimouche · Mohammed Kotbi · Stathis Kouvélakis · Karim Laitaoui · Olfa Lamloum · Jehan Lazrak-Toub · Farid Lyazidi · Olivier Le Cour Grandmaison · Karim Guellaty · Patrick Le Moal · Marjorie Le Noan · Nicole Lefeuvre · Jean-Claude Lefort · Alex Legros · Souad Lekhnati · Zohra Lekhnati · Laurent Lévy · Brahim Maaloul · Kays Makni · Yamin Makri · Jean Malifaud · Youcef Mammeri · Ismail Marseille · Emmanuel Marsigny · Myriam Martin · Christiane Marty · Gustave Massiah · Alain Mathieu · Taoufik Mathlouthi · Carole Mbazomo · Francis Mbella · Julien Menu · Farid Merabet Chater · Henri Merme · Ikram Mérouga · Latifa Mérouga · Jean-José Mesguen · Madjid Messaoudene · Ahmed Miktar · Mohamed Minta Jimmy Mohamed · René Monzat · Marco Moretto · Antoine Moulonguet · Hamdi Mounira · Marwan Muhammad · Mysa · Patrick N’Koké · Hafed Nait M’bark · Viviane Nakache · Dominique Natanson · Laila Nhari · Nounours · Sonya Nour · Albeiriss Nudar · Jonathan O’Donnell · Joseph Oesterlé · Ahmet Ogras · Chakil Omarjee · Akim Omiri · Karine Oriot · Fathallah Otmani · Rachid Oubaassine · Davut Paşa · Irène Pereira · Sonia Pignot · Christine Poupin · Audrey Pronesti · Ulysse Pucheu · Ali Rahni · Rakidd · Riles · Philippe Robin · Martine Rogeret · Marguerite Rollinde · Dominique Sala · Catherine Samary · Benjamin Sbriglio · Zakari Seddiki · Geneviève Sellier · Claudy Siar · Michèle Sibony · Idriss Sihamedi · Laurent Sorel · Ibrahime Sorel Keita · Hapsatou Sy · Taoufiq Tahani · Arlette Tardy · Linda Teghbit · Marylène Thézé Jéhanno · Mariam Thiam · Tiambel Guimbayara · Moustapha Ticho · Aslam Timol · Louis-Georges Tin · Sonia Tireche · Abdoul-Wahab Touré · José Tovar · Patrick Vassallo · Ghyslain Vedeux · Françoise Vergès · Dominique Vidal · Louis Weber · Annick Weiner · Karim Yahiaoui · Malik Yettou · Louisa Yousfi · Hatem Zaag · Sophie Zafari · Hanan Zahouani · Abdallah Zekri · Rachid Zerrouki · Association Emergence · Association Femmes plurielles · Organization of Racism and Islamophobia Watch (ORIW) · Dômes et Minarets La liste détaillée des signataires
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MISE À JOUR DU 16/10/2020 :
«Refusons la campagne islamophobe sur le “séparatisme“.»
Vendredi 2 octobre, Macron a présenté les grandes lignes du projet de loi à venir contre le « séparatisme »
dont il est limpide qu’il s’agit d’une campagne islamophobe de grande
envergure visant à stigmatiser encore davantage les personnes musulmanes
ou assignées comme telles.
L’UCL prendra part à toutes les mobilisations visant à combattre ce
projet de loi islamophobe.
Alors que les licenciements se
comptent par centaines de milliers et que la crise sanitaire met à nu
la destruction du système public de santé orchestré par les politiques
capitalistes, c’est le « vrai séparatisme »,
celui des inégalités sociales et des discriminations, qu’il est urgent
de mettre en accusation. C’est l’héritage du racisme colonial qu’il faut
combattre.
Devant les bouffées ordinaires de delirium tremens tous azimuts du maurrassisme islamophobe triomphant en France, et ses quérulences, Guillaume Meurice a trouvé quelques mots pour le dire, page 3 du nº 112 (novembre 2021) du Siné Mensuel :