jeudi 9 mai 2013

Grève de l'Éducation en Espagne

Le 12 avril 2013, Frédéric Lordon écrivait dans son blog (La pompe à phynance) un billet intitulé Le balai comme la moindre des choses où l'on pouvait lire :
(...) il faut être aveugle, borné ou totalement crétin pour imaginer encore que la moindre modification significative du système néolibéral puisse venir du jeu normal des institutions politiques présentes où, précisément, le système en question a trouvé un inexpugnable refuge.
La question, en forme d’alternative, du « soulèvement ou du Parlement » ne se pose pas, ou ne se pose plus : la « voie parlementaire » a eu tout le temps de faire ses preuves — et elles sont faites : depuis deux décennies ici, et dans tous les pays de l’Europe austéritaire. La chose parodique que, dans une entreprise de correction du langage décidément impérative, on ne devrait plus nommer « démocratie », mais, par exemple à la manière d’Alain Badiou, « capitalo-parlementarisme », cette chose a plus qu’abondamment démontré quels intérêts elle servait indéfectiblement quand le pouvoir n’est plus disputé qu’entre la droite décomplexée et la droite complexée. Sauf mutation endogène de la droite complexée — évidemment impossible (sauf vers l’abandon des complexes…) —, la vraie gauche, telle qu’elle a déjà émergé mais telle qu’elle ne cesse de se heurter à tous les verrouillages du capitalo-parlementarisme, la vraie gauche doit se faire connaître, là où elle le peut. S’il n’y a plus que la rue quand toutes les autres avenues de la politique institutionnelle sont, non pas formellement, mais réellement bouchées, ainsi soit-il !
Apparemment, que ce soit en France, en Espagne ou ailleurs, que l'on soit élève, père, mère, prof, ouvrier ou employé de banque, il faut réagir et crier non ! sur tous les toits, car ça suffit. Vraiment. On en a assez de contre-réformes Werticales, donc de classe, qui foutent le Wertige. Taire sur terre est aujourd'hui une tare.
Et il faut commencer par se méfier des mots et démasquer le Mensonge multiforme qui sévit un peu partout : la supercherie des grands mots utilisés à rebours (à commencer par "liberté") ou les bobards bien creux et modulables débités à tout bout de champ pour épater et accabler les gogos (langue de bois ou charabia farci d'anglicismes, de sigles, d'euphémismes, d'oxymores...), ce qui prouve que l'on nous prend pour tels... et ça fait gréver !
En voilà une démonstration de chez Frank Lepage —qui rappelle à juste titre à notre souvenir les concepts opérationnels de Marcuse.
Et bonne grève.


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