samedi 21 janvier 2017

Tromelin, un cas incroyable d'esclavage, cruauté, solidarité et survie

Malheur à la politique qui veut fonder la
prospérité d'un pays sur le désastre des autres,
et malheur à l'homme dont la fortune est
cimentée par les larmes de ses semblables !
Abbé Grégoire : De la Traite et de l'Esclavage des Noirs, 1815



Le 17 janvier 2017, Le Point publiait cette information :
Qui gouvernera l'îlot Tromelin ? Cette question a une fois de plus été retoquée. L'accord de cogestion sur ce minuscule morceau de terre entre la France et l'île Maurice, contesté notamment par la droite et l'extrême droite mais aussi le Medef, a été retiré de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, a-t-on appris mardi de sources parlementaires et gouvernementales. Le projet de loi visant à autoriser l'approbation de l'accord-cadre entre les deux gouvernements sur la cogestion économique, scientifique et environnementale de Tromelin et ses espaces maritimes environnants devait être débattu mercredi dans l'hémicycle, à quelques semaines de la fin de cette législature. Adopté au Sénat en 2012, puis en commission à l'Assemblée au printemps 2013, le texte avait déjà été retiré de l'ordre du jour de la séance publique en 2013, et n'avait jusqu'alors jamais été réinscrit.
Divers partis, notamment l'UDI et le FN, ou organisations avaient manifesté leur opposition ces derniers jours, entre autres au nom de la souveraineté française. Tromelin, bout de terre de 1 kilomètre carré, à 520 km au nord de La Réunion et découvert par un navigateur français en 1722, est actuellement géré par l'administration des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Il couvre 280 000 kilomètres carrés de domaine maritime. Tromelin est revendiqué par l'île Maurice depuis 1976. Depuis, la question de la souveraineté de l'île n'a cessé d'empoisonner les relations entre les deux pays. Pas moins de 20 années de négociations ont été nécessaires pour qu'un accord soit signé le 7 juin 2010, prévoyant une « cogestion » économique, scientifique et environnementale.
Tromelin ? Il n'y a pas longtemps, Le Monde diplomatique d'avril 2016 m'apprenait l'existence d'une BD bouleversante : Les Esclaves oubliés de Tromelin. Philippe Leymarie écrivait alors à son égard :
Dans Les Esclaves oubliés de Tromelin*, le dessinateur français Sylvain Savoia réussit quant à lui à combiner deux histoires : sous forme de bande dessinée, celle d’un équipage français et de ses esclaves malgaches échoués en 1761 sur ce minuscule îlot du sud-ouest de l’océan Indien ; et en parallèle, sous forme de carnet de voyage, celle de la quête d’une équipe d’archéologues passionnés. Ces derniers ont tenté de remonter le temps au fil de plusieurs missions sur cette terre désolée, et ils ont mis au jour de fragiles vestiges, constituant ainsi un lieu où la mémoire de l’esclavage s’est inscrite avec force. Car, déracinés, coupés du monde, les Malgaches naufragés ont utilisé les rares ressources disponibles pour survivre, puis pour reconstruire une minisociété : « Ils ont par là même recouvré, comme par défi, la dignité et l’humanité qui leur avaient été déniées », conclut l’ouvrage.

*Sylvain Savoia : Les Esclaves oubliés de Tromelin, Dupuis, coll. «Aire libre », Paris, 2015, 120 pages, 20,50 euros.

Dupuis, la maison qui a édité cette bande dessinée, explique sur son site :
L'île des Sables, un îlot perdu au milieu de l'océan Indien dont la terre la plus proche est à 500 kilomètres de là... À la fin du XVIIIe siècle, un navire y fait naufrage avec à son bord une "cargaison" d'esclaves malgaches. Les survivants construisent alors une embarcation de fortune. Seul l'équipage blanc peut y trouver place, abandonnant derrière lui une soixantaine d'esclaves.
Les rescapés vont survivre sur ce bout de caillou traversé par les tempêtes. Ce n'est que le 29 novembre 1776, quinze ans après le naufrage, que le chevalier de Tromelin récupérera les huit esclaves survivants : sept femmes et un enfant de huit mois.
Une fois connu en métropole, ce "fait divers" sera dénoncé par Condorcet et les abolitionnistes, à l'orée de la Révolution française.
Max Guérout, ancien officier de marine, créateur du Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN), a monté plusieurs expéditions sous le patronage de l'UNESCO pour retrouver les traces du séjour des naufragés. Ses découvertes démontrent une fois de plus la capacité humaine à s'adapter et à survivre, en dépit de tout.
L'archéologue a invité le dessinateur à les rejoindre lors d'une expédition d'un mois sur Tromelin. De là est né ce livre : une bande dessinée qui entremêle le récit "à hauteur humaine" (on "voit" l'histoire du point de vue d'une jeune esclave, l'une des survivantes sauvées par le chevalier de Tromelin) avec le journal de bord d'une mission archéologique sur un îlot perdu de l'océan Indien. Après le succès international de Marzi, Sylvain Savoia offre à nouveau aux lecteurs une magnifique leçon d'humanité.

L'académie de Marine de Paris a décerné son Prix Bande Dessinée à cet album le 24 octobre 2016.
Le 17/10/2015, France 24 avait déjà présenté une information sur ces robinsons plaqués sur une langue de sable au milieu de la mer —beaucoup plus inconcevables que celui de Daniel Defoe (ca.1660-1731)— à l'occasion d'une exposition organisé dans le château des ducs de Bretagne, à Nantes.

Internet nous fournit également une vidéo très explicative sur cette horreur et épopée incroyable téléchargée par l'Institut du Tout-Monde, dont le site vous propose, entre autres, des mémoires des esclavages.
La vidéo contient un film réalisé par Emmanuel Roblin et Thierry Ragobert, et produit par TV5Monde, Carrimages 3 et Matin & Soir Films. Nous y apprenons que c'est grâce à l'entêtement de Max Guérout, ancien capitaine de vaisseau de la marine française, archéologue et président du GRAN (Groupe de Recherche en Archéologie Navale), que nous connaissons cette histoire en détail :


  INSTITUT DU TOUT-MONDE, 23/03/2013

Laurent Hoarau, historien réunionnais, a aussi participé aux travaux des fouilles réalisées par le GRAN sur Tromelin.

Quant à la radio, France Culture avait abordé l'histoire des esclaves malgaches de Tromelin et son site nous propose toujours un entretien, réalisé en décembre 2013 par universcience.tv, avec Max Guérout dont le récit hérisse poils et plumes...


Esclaves oubliés de l'île Tromelin par universcienceTV

Encore une occasion de réfléchir à la honteuse histoire de notre civilisation. Morale ? : l'Utile (1) méprise la vie humaine et finit toujours par naufrager causant d'épouvantables dommages collatéraux. Alors que la solidarité est autrement utile. Peut-on encore larguer que la société n'existe pas ("There is no such thing as society", Margaret Thatcher dixit), qu'il n'y a que l'individu...? Dans Vendredi ou les limbes du Pacifique, Robinson écrit dans son Log-book (oui, le blog marin de l'époque), page 116 de mon édition Folio :
—Je sais maintenant que si la présence d'autrui est un élément fondamental de l'individu humain, il n'en est pas pour autant irremplaçable. (...)
Il est vrai que ce Robinson nuance ensuite son propos mais, quand j'écoutais Max Guérout et avalais ma salive, je pensais que si Michel Tournier avait eu vent des 15 ans d'existence sur Tromelin de ce groupe de Vendredis forcés et oubliés, il aurait peut-être substitué, comme source d'inspiration, cette vraie histoire à celle de Defoe et rédigé un roman intitulé, par exemple, Les esclaves clandestins et sans nom ou les limbes de l'Indien...

Sur France Culture, on peut aussi écouter l'émission Le Salon noir du 31/10/2015 (29 min.) qui, sous le titre Les Robinsons de Tromelin découverts par l'archéologie, interviewe Max Guérout.

_________________________________
(1) Tel était le nom benthamien du navire négrier naufragé, une flûte de 136 pieds de long, environ 45 métres, et de 600 tonneaux de jauge.
Construite à Bayonne par la Compagnie des Indes Orientales, elle échoua le 31 juillet 1761 après avoir heurté en pleine nuit un récif "situé au 15e degré 52 minutes de latitude au Sud & au 52e degré 45 minutes de longitude à l'Orient de Paris". Avec les débris de l'épave, les naufragés construisirent une embarcation de fortune pour quitter l'île des Sables, cet îlot aujourd'hui de Tromelin où l'on avait du mal à jouer des flûtes. Tous prirent le large... sauf les esclaves malgaches, abandonnés à leur sort. On leur promit de les envoyer chercher, mais on connaît la suite.
Quant à la Compagnie française des Indes Orientales, elle fut fondé en 1664 par Jean-Baptiste Colbert et avait pour but de "procurer au royaume l'utilité du commerce [d'Asie] et d'empêcher que les Anglais et les Hollandais n'en profitassent seuls comme ils l'avaient fait jusqu'alors". Il s'agissait donc de prendre part à l'Utile. C'est pour cela qu'elle se réserverait le monopole du commerce des esclaves dans l'océan Indien, ce qui rapporta gros. Mais au fil des années, la traite échapperait au contrôle de la Compagnie et, à partir de 1740, elle serait "détournée et asservie à l'enrichissement personnel des employés de la Compagnie des Indes". Ce qui explique l'histoire concrète de l'Utile.

mardi 17 janvier 2017

La cigale, le corbeau et les poulets (sortie du film)

On nous annonce pour demain 18 janvier la sortie en salles, en France, de la fable La cigale, le corbeau et les poulets, le nouveau film de l'équipe de Merci Patron ! Il a été réalisé par Olivier Azam et produit par Les Mutins de Pangée, espiègle coopérative audiovisuelle et cinématographique de production et d'édition (DVD, VOD) créée en 2005.
Les Mutins nous avancent :
L’histoire Toutes les polices de France sont aux trousses de la mystérieuse « Cellule 34 » qui menace de mort le président de la République. 150 policiers dont la brigade antiterroriste débarquent dans un petit village de l’Hérault. Qui sont ces dangereux papys accusés d’être le corbeau ? 
C’est l’histoire invraisemblable d’une farce juridique qui aura inquiété jusqu’à l’Elysée et fait débouler l’élite de la police antiterroriste dans un petit village de l’Hérault où une bande de villageois aux gabarits plutôt Obélix qu’Astérix résistent. Ces drôles de zouaves ont très bien compris que la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Une fable de la France d’aujourd’hui.



Sur le site de Là-bas, force auxiliaire de cette malice, mis à part l'info essentielle... :
L’HISTOIRE. Ils se rassemblent à La Cigale, un bureau de tabac. Ils publient une gazette, La Commune. Des balles de 9 mm et des lettres de menaces sont envoyées au président de la République. Ils sont accusés d’être le corbeau. Ils sont poursuivis par tous les poulets anti-terroristes de France. Mais pourquoi eux ? 
un film de Olivier AZAM
réalisé avec la complicité de Laure GUILLOT
produit et distribué par Les Mutins de Pangée
en partenariat avec LÀ-BAS SI J’Y SUISL’HUMANITÉ et LES AMIS DU MONDE DIPLOMATIQUE
sortie nationale au cinéma le mercredi 18 janvier 2017


..., on nous fournit aussi deux réécoutes :
À (RÉ)ÉCOUTER 
- le reportage de François RUFFIN qui a inspiré le film, dans notre émission du 16 septembre 2009. 
- notre émission en direct depuis la Fête de l’Huma 2016, avec l’équipe du film : le réalisateur Olivier AZAM, et deux des acteurs de cette histoire, Pierre BLONDEAU et Jean OREGLIA :

jeudi 12 janvier 2017

3e Journal des infos dont on parle plutôt peu


Loin de l'actu surexposée et ressassée des grands média, il y a bon nombre d'événements qui nous interpellent autrement dont on ne parle que peu ou presque jamais. Nous avons commencé à passer internet au peigne fin afin d'y repérer et choisir des faits ou sujets hors actu qui vont constituer la matière de notre journal des infos dont on ne parle que plutôt peu. En voici notre troisième sommaire (20.12.16) et merci beaucoup à mes élèves pour leurs contributions :


(Impossible de mettre un accent circonflexe sur un mot faisant partie du nom d'un tableau de Pinterest -donc, sur son adresse URL- si l'on veut insérer celui-ci dans un billet de blog)

2e Journal des infos dont on ne parle que plutôt peu

Loin de l'actu surexposée et ressassée des grands média, il y a bon nombre d'événements qui nous interpellent autrement dont on ne parle que peu ou presque jamais. En classe de NA2, nous avons commencé à passer internet au peigne fin afin d'y repérer et choisir des faits ou sujets plutôt hors actu qui vont constituer la matière de notre Journal des infos dont on ne parle que plutôt peu. En voici notre second sommaire (24.11.16) et merci à mes élèves pour leurs contributions ! :


(Impossible de mettre un accent circonflexe sur un mot faisant partie du nom d'un tableau de Pinterest -donc, sur son adresse URL- si l'on veut insérer celui-ci dans un billet de blog)

1er Journal des infos dont on ne parle que plutôt peu

Loin de l'actu surexposée et ressassée des grands média, il y a bon nombre d'événements qui nous interpellent autrement dont on ne parle que peu ou presque jamais. En classe de NA2, nous avons commencé à passer internet au peigne fin afin d'y repérer et choisir des faits ou sujets plutôt hors actu qui vont constituer la matière de notre Journal des infos dont on ne parle que plutôt peu. En voici notre premier sommaire (27.10.16) et merci à mes élèves pour leurs contributions !


(Impossible de mettre un accent circonflexe sur un mot faisant partie du nom d'un tableau de Pinterest -donc, sur son adresse URL- si l'on veut insérer celui-ci dans un billet de blog)

dimanche 1 janvier 2017

Bourdieu sur Tietmeyer

Le Monde diplomatique nous rappelle, à l'heure de la mort de Hans Tietmeyer, un article à son égard publié en 1997 par Pierre Bourdieu ; une analyse simple et claire de la langue interlope qui nous accable et réussit néanmoins à bourrer moult crâne...

Le maître allemand de la monnaie et grand architecte de l’euro Hans Tietmeyer est mort le 27 décembre à l’âge de 85 ans. En 1997, il se confiait malgré lui à Pierre Bourdieu 
Ce texte est la transcription d’une conférence qui a suscité et suscite encore beaucoup de discussions en Allemagne, donnée par Pierre Bourdieu, aux rencontres culturelles franco-allemandes tenues à Fribourg, en octobre 1996.

samedi 17 décembre 2016

Les Voix du Siècle (par TV5Monde et l'INA)

Léon Blum (1872–1950), Musidora (1889–1957), Aristide Briand (1862 – 1932), Georges Méliès (1861 – 1938), Aristide Bruant (1851 - 1925), Anna de Noailles (1876 – 1933), Paul Claudel (1868–1955), Louis Lumière (1864-1948), Marie Curie (1867–1934), Guillaume Apollinaire (1880 - 1918), Sarah Bernhardt (1844 - 1923), Alfred Dreyfus (1859-1935)...  
Il ne reste aujourd’hui que le son de leur voix, précieusement sauvegardé par l’Ina.
Et TV5 Monde et l’Ina ont imaginé Les Voix du Siècle...
un dispositif immersif où sons et images issus des fonds de l’Ina se répondent. Une web série en 12 épisodes pour découvrir des voix rares et inédites.
Un exemple : le 10 décembre, on a mis en ligne un enregistrement non daté de Georges Méliès (1861 – 1938), qui évoque ses contacts avec Louis Lumière et décrit la première séance publique du cinématographe au Grand café, à Paris, le 28 décembre 1895.

Indifférence

Hommage à mes élèves d'hier et d'aujourd'hui.
Qu'est-ce que tu deviens, Dani ? Merci, Ángeles.
Hommage à la tchatche occitane
et à ses musiques manifestives.
Et à Pepeto qui me les a découvertes.


 
Indifférence... Sixième plage du CD Compagnie Lubat dé Gasconha, Scatrap Jazzcogne. Valse swing dégrisée. Compositeurs : Tony Murena et Joseph Colombo. Arrangement : Bernard Lubat (Uzeste, 1945). Uzeste, tout près de Langon. Au plaisir Éric, Lucie et famille ! Adaptation et paroles : André Minvielle (Pau, 1957). Voix : André Minvielle, accordéon : Bernard Lubat.

En voici un enregistrement réussi, en une seule prise, extrait de "Second souffle", documentaire produit par Les Films du Village / la Sept/ARTE, réalisé par Jean-Pierre Beaurenaut et émis en 1995. Et que la tchatche-swing vous tienne en joie !


Ainsi va la vie d'ici, la vie est là d'ici bas
Elle débat et batt'rie les premiers pas dansés
Al ban des écoliers
Balancés dans l'air, sans en avoir d'air,
Saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet qui s'étire et rit
C'est bon, c'est l'ton du blues

Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit
L'épique époque aussi va de l'avant,
L'aventure est là,
Allez, dis-le nous donc, dis,
Dans des mots doux au dit désir ici
Efficace étape à passer

Sur ton accordéon tu touches à touches,
Ecoules, et facile agis là du bout des doigts,
Docile au songe assis tu médites tes fois
T'effaces au firmament une note cassée
Qu'assez on en ait plus jamais d'enlacer la musique
Infinie mélodie qui vit
Effile l'âme à son pas dédicacé là,
Baladant l'horizon

Ainsi va Lubat la vie,
La vie ça va, tu l'as dit
Au bal aussi c'est là que t'as tout vu passer,
Le pas s'est dépaysé
Vas-y l'évasif, vas-y l'enfant,
Tout petit déjà
Jadis on l'a dit : « Mainatge aqueste còp te'n sortiràs
pas coma aquò... »

Et si c'était dommage
Pas si c'est un hommage
Aux hommes assis devant, vu de l'avant
L'aventure est là
Allez dis-le nous donc dis
Dans des mots doux au dit désir
Ici
Efficace étape à passer

E si l'oblidas dispareish deu lengatge
Autant vrai coma pèc qu'un desir ambiciós
"Assurement", libèra, tot de l'animaut sauvatge
La cauja es coma te l'as hèita.

Tanpòc au bal a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap
Petit caborrut
Enqüèra un còp a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap pelut

E si l'oblidas dispareish deu lengatge
Autant vrai coma pèc qu'un desir ambiciós
"Assurement", libèra, tot de l'animaut sauvatge
La cauja es coma te l'as hèita.

Vois si tu n'es pas d'avis
A ton avis ça se vit
Vitale hésitation qui va faire éclater le banc des attelés
Balancés dans l'air, sans en avoir d'air
Saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet
Ils s'étirent et rient
C'est bon, c'est l'ton du blues.

Et si c'était ça la vie
Et si on nous l'avait pas dit
L'épique époque aussi va de l'avant
L'aventure est là,
Allez, dis-le nous donc, dis
Dans des mots doux au doux désir, ici
Efficace étape à passer...
Et si tu vas tout droit, t'y auras droit !

vendredi 16 décembre 2016

Définimots - vocabulaire de géométrie

Apprendre les mots de la géométrie en CM2 : tel est le but de Définimots, un jeu proposé par Francetv éducation sur trois échelles de difficulté. Il s'agit de trouver le mot correspondant à chaque définition.

Le vocabulaire de géométrie - Jeu définimots

Publié le 25-11-2016 - Mis à jour le 28-11-2016
Droite, cercle, segment, polygone, carré, équerre.... Ce jeu permet d'acquérir le vocabulaire de la géométrie.

Visite virtuelle de la grotte de Lascaux et ouverture de son fac-similé

Le Centre international de l’art pariétal (relatif aux œuvres réalisées sur des parois de grottes) a ouvert ses portes hier 15 décembre à Montignac-sur-Vézère, en Dordogne, pour montrer aux visiteurs une réplique intégrale (Lascaux 4) de la grotte de Lascaux. À propos de cette reproduction exacte, dans la mesure où elle représente la totalité des parties accessibles de la grotte originale...

Le fac-similé représente la quasi-totalité de la grotte originale reproduite avec les techniques et l’art de l’Atelier des Fac-Similés du Périgord (AFSP).
À l’intérieur du fac-similé, l’atmosphère est celle d’une véritable grotte. Il fait humide et sombre, les sons sont assourdis. L’idée est que les visiteurs apprécient la splendeur des œuvres à l’intérieur de la grotte, dans une atmosphère authentique, avec un minimum d’interruptions. Cette zone est surtout dévolue à la contemplation.
Les visiteurs entrent dans la grotte par groupes d’environ 30 personnes et, en haute saison, sont accompagnés par un guide. Cependant, ils vivront, à l’intérieur de la grotte, une expérience aussi personnelle que possible, en contemplant les œuvres d’art sans être trop interrompus, le guide ne donnant que des informations destinées à enrichir leur expérience.
En période de basse saison, il est possible d’utiliser la Torche comme guide. Elle accompagne le visiteur dans le fac-similé, en lui délivrant, dans sa langue, un minimum d’informations. À l’intérieur de la grotte, certains points importants feront l’objet d’un arrêt programmé car ils représentent les incontournables de Lascaux.

Le site du ministère français de la Culture propose une visite virtuelle en vidéo, une présentation et des photos. Voici son entrée en matière (y compris le jargon totémique habituel genre a pour vocation de mettre en valeur et caetera) :

Lascaux - Centre International de l’Art Pariétal ouvre ses portes

Lascaux- Centre International de l’Art Pariétal ouvre ses portes au public le 15 décembre 2016 à Montignac-sur-Vézère en Dordogne. Il propose une visite immersive dans la réplique intégrale de la grotte de Lascaux, chef-d’oeuvre de l’art pariétal, ainsi que différents espaces scénographiques de médiation.
Lascaux - Centre International de l’Art Pariétal. Installé à Montignac-sur-Vézère au pied de la colline de Lascaux, le Centre International de l’Art Pariétal a pour vocation de mettre en valeur et d’expliquer la richesse des représentations peintes et gravées situées dans la grotte de Lascaux, chef-d’oeuvre de l’art pariétal, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et fermé depuis 1963. Combinant haute exigence scientifique et volonté d’accessibilité pour tous, le site invite les visiteurs à contempler et ressentir l’émotion authentique de la grotte originale, et réfléchir au contexte environnemental et culturel dans lequel elle a été réalisée. Elément majeur du site, le fac-similé reproduit l’intégralité des parties accessibles de la grotte de Lascaux avec les techniques et le savoir-faire de l’Atelier des Fac-Similés du Périgord (AFSP). Afin d’offrir une visite immersive, l’atmosphère de la grotte originale a été recréée. A la sortie du fac-similé, différents dispositifs scénographiques proposent une expérience de visite s’appuyant sur les dernières technologies de l’image et du virtuel pour favoriser l’appropriation de l’art pariétal et de la civilisation de l’homme de Cro-Magnon. (En lire plus)



Infos pratiques

Lascaux - Centre International de l’Art Pariétal
Avenue de Lascaux
La Grande Béchade
24 290 Montignac
Ouverture à partir du 15 décembre 2016

Sur le web

mardi 6 décembre 2016

Gotlib est mort

« On peut rire de tout, mais tout dépend avec qui. »
Gotlib, citant Desproges (Le Monde, 13/03/2014)


Le 4 décembre, le quotidien Le Monde annonçait...

L’auteur de bande dessinée Gotlib est mort

Adepte de l’absurde et de l’humour noir, il a créé des personnages très singuliers, de Gai-Luron au professeur Burp, en passant par Superdupont…
LE MONDE | • Mis à jour le





Marcel Gottlieb, le 4 mai 2005.
Marcel Gottlieb, plus connu sous le pseudonyme de « Gotlib », est mort, dimanche 4 décembre, à l’âge de 82 ans, a fait savoir son éditeur. Il s’est fait avant tout connaître pour ses histoires humoristiques comme Gai-Luron et la Rubrique-à-brac.
« Les millions de lecteurs ayant appris à rire dans les pages de la Rubrique-à-brac, des Dingodossiers ou de Gai-Luron perdent un humoriste fascinant, un dessinateur virtuose, un touche-à-tout iconoclaste et un ami cher qui parvenait à provoquer le rire à la moindre de ses pages », ont annoncé à l’Agence France-Presse les éditions Dargaud.
(...) En lire plus.

Lire l’interview que Gotlib donnait au Monde en 2014 : Marcel Gotlib, hymne à la sainte Déconnade_____________________________
Le 13/03/2014, Frédéric Potet avait déjà publié dans Le Monde...

Gotlib, de la Shoah à Gai-Luron

Le dessinateur de BD, qui aura 80 ans en juillet, a confié 150 planches originales au Musée d'art et d'histoire du judaïsme, où elles sont exposées pour la première fois.
LE MONDE | • Mis à jour le | Par

(....)
Les Mondes de Gotlib. Musée d'art et d'histoire du judaïsme. Hôtel de Saint-Aignan, 71, rue du Temple, Paris 3e. Tél. : 01-53-01-86-60. De 6 à 8 euros. Lundi, mardi, jeudi, vendredi de 11 heures à 18 heures, dimanche de 10 heures à 18 heures, mercredi jusqu'à 21 heures. Jusqu'au 20 juillet.
« J'existe, je me suis rencontré »
, autobiographie, par Gotlib, éd. Dargaud. 250 pages, 19,99 euros.
« Hors-série Gotlib »
, numéro spécial collector de Pilote et Fluide glacial réunis. 122 pages. 7,90 euros.

Marcel Gotlib ne nous quittera pas si facilement que cela car nous avons ses personnages. Voici ses classiques sur son site.

Le voici, sur une vieille pépite extraite des archives de l'INA :

Gotlib parle de ses personnages et de son style

20 sept. 1973 02min 37s

lundi 5 décembre 2016

Une activité de recherche et critique sur l'art contemporain

Je suis en train de conclure un cours de formation en ligne pour enseignants intitulé la lecture et la recherche à l'ère du numérique, qui me contraint à publier ici un projet final d'activité pour mes élèves en rapport avec les contenus du cours.

Voici le canevas du projet...



MATIÈRE : Français

NIVEAU : Avancé 2 (École Officielle de Langues)

CADRE : En dehors des cours (travail autonome)

TEMPS pour sa présentation : 12 jours

CONTENU : L’Art contemporain et sa recherche de performances ou productions insolites.

ACTIVITÉS PRÉPARATOIRES déjà réalisées en classe :
—Échauffement oral par groupes de 3 (15-20 minutes) : comment vous construisez votre goût ? Est-ce vraiment votre goût ? Pensez à des exemples.
—Échange en grand groupe (20 minutes) sur la liberté ou la détermination du goût.
—Lecture et compréhension d’un texte à propos d’une passionnée d’art contemporain (30').
—Écoute et compréhension d’un enregistrement sur un artiste contemporain (30').
—Échantillon de textes, images, vidéos sur des artistes contemporains comme Abraham Poincheval, Damien Hirst, Milo Moiré,... (30')
  • Sont-ils des artistes, des provocateurs intelligents, des charlatans âpres au gain, des créateurs de spectacles... ? 
—Un artiste contemporain vient de mourir : présentation d’Ousmane Sow, sculpteur sénégalais. Info du Monde contenant une vidéo : « Portrait d’un grand homme ». (20')

OBJECTIFS du projet proposé :
RECHERCHE : Rechercher sur toute sorte de sources, notamment internet, des articles/critiques laudatifs, négatifs ou pondérés sur une performance concrète (ou les performances artistiques contemporaines en général) en vue d’y réfléchir à partir de contrastes.
PRÉSENTATION CRITIQUE ET RÉSUMÉ RIGOUREUX : En présenter et résumer deux comportant des positions contradictoires, soit l’un face à l’autre, soit à l’intérieur de chacun d’eux.
RÉDACTION PERSONNELLE : Compte tenu de cette antithèse, rédiger un essai personnel sur les tendances les plus visibles de l’art contemporain.

DÉVELOPPEMENT :
1.- Chercher sur internet (ou dans la presse écrite) des articles, critiques, comptes rendus, etc. sur l’art contemporain et/ou ses performances, galeries, salons, affaires, provocations insolites... Ils contiendront soit une vision positive ou bienveillante, soit une perspective négative, voire hostile, soit un point de vue pondéré, tentant de faire la part et des contempteurs et des enthousiastes de l’art contemporain.

2.-Cette recherche devra respecter les grandes lignes de ce contrat ad hoc et tiendra compte de certaines conclusions du rapport EVALUATING INFORMATION: THE CORNERSTONE OF CIVIC ONLINE REASONING, résultat d'une enquête de l'Université de Stanford menée de janvier 2015 à juin 2016 (relayée en français par Le Monde du 23/11/2016) qui conclut et prévient, entre autres :
« La capacité de raisonnement des jeunes sur l’information en ligne peut être résumée en un seul mot : désolante », peut-on lire dans l’introduction de cette étude, menée auprès de 7 804 élèves et étudiants, du collège à l’université, entre janvier 2015 et juin 2016. « Nos “digital natives” sont peut-être capables de passer de Facebook à Twitter tout en publiant un selfie sur Instagram et en envoyant un texto à un ami, mais quand il s’agit d’évaluer l’information qui transite par les réseaux sociaux ils sont facilement dupés. »
3.-À partir des recherches évoquées dans le point 1, confectionner deux ou trois petites collections pertinentes de critiques favorables et défavorables, ou éventuellement mixtes, à l'égard du marché de l’art contemporain. Pour leur présentation ultérieure, il faudra créer deux ou trois tableaux sur Pinterest où l'on enregistrera ses ressources ou contenus sous forme d'épingles.

4.-Sélectionner deux (ou trois) de ces productions. L’une de ces deux appréciations, au moins, doit être un article de presse, un billet de blog ou un texte de ce genre.
Quant à l’autre ou autres documents, on pourrait avoir recours à d’autres supports : vidéos, enregistrements audios (radio), vignettes, etc.

5.-Une fois choisi ces deux (ou trois) jugements, les présenter moyennant une brève introduction (70-90 mots) expliquant leur nature et contexte, et justifiant leur intérêt.

6.-Rédiger ensuite pour chacun un résumé de leur sens et de leurs atouts (60-70 mots). Ces résumés prouveront un correct repérage des informations et idées essentielles au détriment des secondaires.

7.-Rédiger finalement une synthèse personnelle montrant sa position à l’égard des aspects les plus visibles de l’art contemporain (200-230 mots).

ÉVALUATION :

Le professeur vérifiera que chaque apprenant présente :
1.-Deux ou trois collections de liens ou de documents sur l’art contemporain prouvant ses recherches dans des domaines variés. Chaque apprenant les transformera en épingles constituant deux ou trois tableaux enregistrés et affichés sur Pinterest, comme dans cet exemple.
2.-Une sélection de deux (ou trois) documents (cf. point 4 ci-dessus) adéquatement introduits en justifiant leur intérêt. Il ne faut pas oublier nom de l’auteur, titre, genre/nature, date et contexte de la production. Une introduction adéquate sur chaque épingle de Pinterest (500 caractères) pourrait suffire.
3.-Deux (ou trois) résumés des documents (60-70 mots) les rendant justice.
4.-Un essai de 200-230 mots montrant sa position personnelle à propos de l’art contemporain.
5.-La présentation des points 3 et 4 pourrait se faire sur un blog ou web personnel ou, éventuellement, en pièce jointe à un courriel. De même pour le point 2 au cas où l'on aurait besoin d'un peu plus de 500 caractères.
Le professeur vérifiera également la correction orthographique, lexicale et grammaticale, et la qualité de la construction textuelle et argumentative des productions écrites remises ou présentées.

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En guise d’exemples d’informations-réflexions actuelles sur l’art contemporain, en voici deux, en castillan et en français respectivement.

Le premier texte, que je reproduis grâce à l’aimable autorisation de son auteur, Joaquín Rábago, et bien entendu dans un but éducatif et non lucratif, a été publié par le quotidien Levante-El Mercantil Valenciano le 2/12/16.

Le second est disponible sur le site web de la chaîne de radio publique France Culture et c’est la transcription des 4 minutes d’émission radiophonique de la Revue de presse culturelle d'Antoine Guillot du 26 février 2014.

Levante-EMV » Opinión
Arte de triunfadores
Por Joaquín Rábago 02.12.2016 | 04:15

Cuenta el historiador y teórico alemán Wolfgang Ullrich una anécdota muy representativa de un tipo de arte que él califica de "arte de triunfadores para triunfadores".
El Museo de Arte Contemporáneo de Massachusetts encargó en 2007 un proyecto al suizo Christoph Büchel, cuya propensión a las grandes instalaciones es muy conocida.
Büchel quiso aprovechar al máximo la infraestructura de ese museo, dotado de grandes talleres, así como las posibilidades logísticas que ofrecía e ideó una obra consistente en una casa de dos pisos, un Boeing 727 incendiado, una vieja sala cinematográfica y un tiovivo con bombas.
Cuando se llevaban ya gastados más de 300.000 dólares en aquel megalómano proyecto, al director del museo le pareció que Büchel se había extralimitado, pero, en vez de renunciar al mismo, optó por presentar sus distintos elementos empaquetados y por separado en una de sus salas.
Indignado, el artista pidió el desmontaje de todo y exigió una indemnización. El asunto acabó ante un tribunal, que dio la razón al museo, y como reacción, Büchel declaró obras de arte las cartas recibidas de la dirección del museo documentando la polémica, cartas que intentó luego vender al precio de 45.000 dólares cada una. Es lo que llamaríamos arte conceptual.
A ese tipo de arte ha dedicado Ullrich su último libro (1), en el que repasa y analiza las estrategias seguidas por algunos artistas para realzar el valor de sus creaciones, destinadas hoy menos a museos que a particulares que no saben qué hacer con su dinero.
Se trata de artistas que atienden las necesidades de una riquísima clientela, que muchas veces no tiene el menor sentido ni conocimiento estético y para la cual el valor de una obra depende sobre todo del dinero que la gente de su condición esté dispuesta a pagar por ella.
Mientras que el precio de cualquier otra mercancía se rige por la ley de la oferta y la demanda, en el caso del arte del que habla Büchel, depende sobre todo de su capacidad de escandalizar al mundo por el precio pagado.
Ese tipo de obras hacen más "visible la riqueza" de quienes pueden permitírselas porque gastar tanto dinero en algo "cuyo valor es inseguro e inexplicable" para el común de los mortales tiene un fuerte "carácter de irracionalidad".
Que un yate cueste varios millones es algo que puede explicarse racionalmente, pero no que se pida la misma suma o incluso más por un cuadro del alemán Gerhard Richter acabado en una sola tarde "con un rascador y pinturas de vivos colores y de la que existen cientos de variantes", señala Ullrich.
Los artistas de los que habla el autor trabajan muchas veces pensando no en el museo, sino en el ambiente doméstico de un coleccionista privado y de hecho muchas de esas obras acaban en penthouses o en chalets cuando no en algún puerto franco de Suiza.
Son obras en muchos casos con un fuerte carácter decorativo – de hecho algunos de esos artistas han trabajado para casas de moda- y que pueden combinarse perfectamente con otros objetos de interior como muebles de diseño, lámpara o alfombras.
Y si el artista quiere pese a todo presumir de anticapitalista y rebelde, como tantas veces ocurre, tiene que hacerlo con ayuda de un aparato crítico, que algunos teóricos del arte o comisarios de exposiciones están más que dispuestos a aportar.
Muchos de esos artistas, como el británico Damien Hirst, el estadounidense Jeff Koons, o el japonés Takashi Murakami, tratan además de influir en la recepción de sus obras, determinando, por ejemplo, qué publicaciones pueden reproducirlas o exigiendo ver antes los textos que se les dedican. El libro de Wolfgang Ullrich ofrece varios ejemplos de tales exigencias, pues los lugares reservados para la reproducción en sus páginas de las obras de algunos de los artistas de los que habla – Jürgen Teller, Koons, Andreas Gursky o Thomas Ruff - aparecen en blanco con la nota de que se obtuvo la autorización correspondiente.

(1) „Siegerkunst. Neuer Adel, teure Kunst“ (“Arte de triunfadores. Nueva aristocracia, caro deseo"). Verlag Klaus Wagenbach, 2016.

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Tout doit disparaître (éloge de l'art éphémère)
Antoine Guillot, France Culture, 26.02.2014 (4 minutes)

“Jeff Koons, Takashi Murakami ou Damien Hirst, ceux qui « font » le marché ne l’intéressent pas. Ou plus… leurs ateliers usines situés aux Etats-Unis ou en Asie, pour se tenir au plus près des musées, des grands galeristes et des très riches collectionneurs qui les accueillent, les vendent ou les achètent, la laissent indifférente. L’ancienne directrice artistique de la Biennale de Sydney, en 2012, commissaire de celle de Moscou, en septembre 2013, et du pavillon australien à la Biennale de Venise, vous expliquera que l’art qui l’intéresse, elle ne le connaît pas, pas encore du moins. Il vient, il se fait dans la marge, aujourd’hui ou demain. S’il faut aller à Miami ou dans un musée pour voir des œuvres, ça n’est plus de l’art contemporain. Trop tard.” Ces positions sont celles de Catherine de Zegher, directrice depuis peu du Museum voor Schone Kunsten, ou MSK, le Musée des beaux-arts de Gand, en Belgique. Philippe Douroux a dressé son portrait dans Libération. “Les œuvres des artistes installés, des hommes dans 98% des cas, l’ennuient trop souvent, écrit-il. « Je ne vois là, la plupart du temps, rien que des produits à vendre », lâche-t-elle sans animosité, mais avec amusement. Elle cherche à mettre la lumière sur les invisibles, les femmes notamment. Quant aux galeristes, elle les évite : « Je ne vais pas les voir. Après, si un artiste que j’ai repéré est exposé dans une galerie, alors oui, je ne vais pas me détourner, je ne suis pas asociale non plus. » […] Ce qui l’intéresse ce sont les artistes invisibles : « 2% accaparent 98% de la masse d’argent générée par l’art contemporain et 98% des artistes se partagent les 2% qui restent. C’est ceux-là que je vais voir. »
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