dimanche 2 septembre 2012

Voyage en Bourgogne - Jour II - Vézelay et Auxerre

Troisième volet de cette histoire. Quant aux deux premiers, vous pouvez cliquer ci-dessous :  
  1. Vol et arrivée à Dijon.
  2. Le soir à Dijon.
C'était le vendredi 11 mai. Vers 9 heures, nous partîmes pour Vézelay qui se trouve à une centaine de kms à l'Ouest de Dijon : nous longeâmes le lac Kir pour emprunter l’A38, qui est aussi celle d’Auxerre.
À 11 km de notre premier but de la journée, Sermizelles illustra délicieusement les beautés de la région, villages et nature combinés. Après avoir traversé la Cure, la rivière qui annonce Vézelay, le paysage ne mentait pas : amœnus, vert, parfois jaune (du colza), vallonné ; en fait, les ondulations l'emportent : buttes boisées, courbes de la route…
Enfin nous traversâmes Asquins et la belle Cure nous embellit encore un bout de chemin, sur notre gauche, derrière un parapet en pierre bornant la chaussée, avant de s’écarter de la vieille route nationale.
À 10h50, nous nous arrêtâmes à Vézelay (Yonne), chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Avallon. Ce charmant village d'à peine 500 habitants est situé sur une colline dominant la pointe Nord-Ouest du Morvan et qui lui a valu en 1793 l'appellation très politique de Vézelay-la-Montagne. La rue principale (St.-Étienne) suit la ligne de crête de ce coteau et permet de rejoindre la célèbre basilique Ste. Marie-Madeleine, qui se dresse sur le point culminant.

Le car nous déposa sur la place Champ de Foire et alla se garer sur le parking Les Ruesses, situé sur la sortie vers Clamecy. À pied, je vérifiai sur le champ que Le Cheval blanc était toujours là ! C’est là que je pris, un matin de 1974, mon premier petit déjeuner non ibérique avec mon père et mon frère aîné.
Comme il est de mise pour la visite de la ville, on remonta la rue St.-Étienne jusqu’à l'église abbatiale romane de Ste.-Madeleine, sauvée de la ruine par Viollet-le-Duc et dorlotée par la modernité : le tympan du portail central du narthex (l’avant-nef) surplombait un échafaudage témoignant des travaux de rénovation qui étaient en train de lui refaire une beauté. En fait, il avait l’air flambant neuf.

Tympan du portail central du narthex-Ste.-Madeleine-sculpture romane

Puis, la nef splendide, haute de 18 mètres, comporte dix travées et une lumière très étudiée. Les chapiteaux historiés des piliers sont des vignettes qui ont été impeccablement retapées et, donc, doublement mises en relief : une BD en pierre haut perchée.

 Chapiteau St.-Martin et l'arbre des païens-XII siècle

Le chœur, gothique, est surmonté d’un triforium. Sous l’autel, la crypte carolingienne renferme les reliques de Marie-Madeleine, dit-on. Atout qui fléchit au milieu du XIIe siècle lors de la « découverte » de nouvelles reliques de la Sainte à Saint-Maximin, funeste concurrence fétichiste.
En tournant à droite dans le sens de la visite, vers le Sud, nous fouillâmes dans la salle capitulaire et le cloître.

Chapelle d'Hiver (Salle capitulaire)-XIII siècle

Puis nous descendîmes sous l'autel dans la crypte carolingienne.
Un peu plus tard, avant de quitter les lieux, je lus une plaque commémorative qui faisait référence à "La croix des prisonniers allemands" (1946) et dont le texte était un oxymore aussi pur que l'expression "Guerre sainte" :



Célébrer la prédication d'une croisade, la deuxième, "pour vaincre les forces de la haine qui ont déchiré le monde" ?
Sans compter que le légendaire sermon de Saint-Bernard, qui se serait produit le 31 mars 1146, ou sa présence à Vézelay ces jours-là, n'ont pas pu être vérifiés jusqu'à présent, comme nous le rappellent certains historiens. Sans compter non plus que la croisade en question se solda non seulement par le bain de sang qu'on peut bien imaginer mais par un cuisant échec pour ses promoteurs. Albert de Poméranie dit à cet égard : "S'ils étaient venus pour renforcer la foi chrétienne... ils auraient dû le faire par la prédication, non par les armes."

Nous fîmes ensuite une promenade sur la paisible rue du Chapitre longeant la façade Nord de la basilique, pour jouir de la terrasse de l’ancien château des abbés, qui se trouve derrière l’église. À gauche, au pied de la terrasse, on aperçoit le cimetière. En face et à droite, c’est-à-dire, à l’Est et au Sud, on savoure un panorama superbe qui est expliqué par des tables d’orientation aménagées devant les remparts Est à l’intention des touristes.

Chemin de la Corderie et Vézelay-Sud.

Nous profitâmes de notre descente pour fureter dans les ruelles et les coins perdus de la partie élevée du village, la plus large. On pouvait suivre les traces de Jules Roy (il habita jusqu’à sa mort, en 2000, tout près de la basilique), Georges Bataille, Romain Rolland… René Char y passa, lui aussi, et Paul Éluard y écrivit Liberté.

Ancien couvent des Ursulines, maison Jules Roy et monument aux morts pour la France-Vézelay

Ici vécut Georges Bataille (1897-1962)

 À l'Ouest de Vézelay-Champ de colza, Buisson Chrétien et La Goulote

La maison de Romain Rolland, rue Saint-Étienne, est devenu le musée Zervos qui héberge des œuvres de Calder, Ernst, Giacometti, Hélion, Kandinsky, Laurens, Léger, Miró, Picasso... La chambre de Rolland se trouve au premier étage.

Le repas était libre : il y en a qui pique-niquèrent sur la terrasse panoramique et d'autres qui choisirent différentes formules dans les restaurants du village.

À 14h10, départ pour Auxerre (Yonne), ville située à 51 kms au Nord de Vézelay. Nous reprîmes la D606, cette fois-ci vers le Nord. Voutenay-sur-Cure. Puis, St.-Moré. On annonça les grottes d’Arcy-sur-Cure. Ces clochers qui se détachent sur la verdure… Lucy-sur-Cure, à 28 km d’Auxerre.
À 15h00, arrivée à Auxerre, /osɛʁ/.
Le car stationna sur un grand parking à l’Est, quai de l'Ancienne Abbaye, sur la rive Droite de l’Yonne, à côté de quelques autocaravanes (vulgo camping-cars) dont les propriétaires nous semblèrent bien peinards.

Auxerre : passerelle piétonne sur l'Yonne, préfecture et cathédrale. Photo prise par Paloma Alonso.

Nous empruntâmes la passerelle piétonne sur le fleuve et nous éparpillâmes dans la vieille ville ; pour tout y voir, il est possible de suivre Sur les traces de Cadet Roussel, un circuit de 5 km balisé par des bronzes triangulaires et comportant 2h à 2h30 de parcours, mis à part la visite des monuments.
Auxerre est commerçante, semi-piétonne, fleurie et footballeuse et son patrimoine invite à s'y égarer ; il comprend la cathédrale Saint-Etienne et sa crypte —qui ferme à 18h !—, l'abbaye Saint-Germain et son musée (qui abrite les collections préhistorique, gallo-romaine et médiévale de la ville), les maisons à pans de bois (ils ne disent pas "à colombages"), la place Saint-Nicolas, les quais de l'Yonne... En matière de biodiversité et environnement, la ville propose depuis 2009 le Muséum - Maison de l'Eau.

Auxerre : quartier de l'Horloge. Photo prise par Paloma Alonso.

Auxerre. Photo prise par Maite Imbernón.

À 19h00, nous remontâmes dans le bus pour retourner à Dijon, où nous arrivâmes une heure et demie après. Ce soir-là, il y eut un orage considérable et de fortes averses balayèrent les rues tandis que nous dînions.
Maite et Palo, merci pour les photos !

1 commentaire:

bloguerías a dit…

C'était si bon... Merci d'écrire norte mémoire.
La méga bise.