mercredi 16 novembre 2016

7 clés pour affiner son regard de lecteur (1)

Ce billet est un peu particulier et je me réserve la probabilité de lui ajouter une suite.

Un cours de formation pour professeurs —portant sur la lecture et la recherche à l'ère du numérique— me contraint à publier sur mon blog 7 clés pour affiner ou aiguiser son regard de lecteur. 7 comme les 7 péchés capitaux, les 7 couleurs de l'arc-en-ciel... ou les 7 messagers qui avaient 7 fléaux, les derniers qui iraient s'abattre sur la terre, car en eux s'accompli[rait] la fureur de Dieu, selon un livre (Dévoilement de Jésus Christ, Apocalypse de Jean, 15, 1-8. Dans mon édition de Bayard, la traduction est due à Jacques Brault et Jean-Pierre Prévost).
Ou un conseil de lecture par jour de la semaine... En fait, il s'agirait de créer un guide ou manifeste destiné à aider mes élèves à mieux choisir leurs lectures. Et j'accorde très volontiers qu'il faut essayer de fortifier leur perspicacité dans la jungle du consumérisme multisupports et ultratechnicisé qui nous accable.

La consigne de la tâche comporte encore deux exigences. Premièrement, il faut poser à nos élèves des questions genre quels sont vos critères à l'heure de choisir un livre, sur quoi vous jetez les yeux ou fixez votre attention quand vous en cherchez un, pourquoi vous vous intéressez à un sujet plutôt qu'à un autre, voire en quoi la couverture ou le maquettage sont dans votre choix pour quelque chose... Deuxièmement, nous devons afficher le manifeste en question sur notre blog en ayant recours à la présentation multimédia qui nous semblerait la plus adéquate. Dommage car, aux yeux de Candide, rien n'est plus adéquat à l'heure de lire qu'un texte bien écrit et sans coquilles —de la même manière que rien ne serait plus nuisible qu'une présentation hygh tech et hyper tendance, quelle qu'elle soit ; comme si un bon texte ne pouvait pas suffire.

Comme il y a en plus une contrainte temporelle, je livre cette enquête pour ainsi dire en chantier (à suivre). J'insère d'abord (1) les 7 clés que m'ont fournies (en castillan) un groupe d'élèves de Nivel Avanzado 2 de Français. Puis (2) ma contribution. Enfin (3), des extraits de Chamfort et de Michel Rio* sur les livres qui prêtent à réflexion.


*Ronde nuit (Éd. Sabine Wespieser, octobre 2016, 120 p.) est son dernier ouvrage.
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(1) Merci beaucoup à Ángeles de la Horra, Juanma Villanueva, Christian Simón Torrico et Rubén Rubio pour leurs contributions empressées que j'insère ci-dessous dans une présentation peu chronophage [sur une plateforme anglo-saxonne débitant des bourdes genre A book really is judged by its cover, Craft a cover slide that people can't resist clicking on, Make sure your title (...) sells your content, Visual is viral, etc., et qui se croit capable de convaincre tout le monde d'être "viral" —ou d'increase sa virality— en même temps grâce à ses suggestions en la matière. Ils fabriquent fièrement un beau programme d'illettrisme : Images are processed by the brain 60,000x faster than text, and get shared more on social media, assènent-ils innocemment]. Merci aussi à ceux qui envoient encore leurs contributions : ne vous inquiétez pas, il va y avoir une suite, minimum, à ce billet



(2) L'ère Gutenberg avait ses traditions en matière livres/lecture qui sont encore là. D'autre part, depuis environ deux décennies et demie, nous vivons une véritable révolution dans le domaine technologique qui est la source de considérables mutations anthropologiques, sociales, professionnelles... : prolifération des supports de l'écrit et de ses canaux commerciaux ou altruistes, activité des auteurs, des maisons d'édition et des média, transformation des activités des amateurs, des habitudes de lecture, développement de l'autoédition...
Cette superposition diachronique dans la synchronie, si j'ose dire, et l’engouement très répandu pour les gadgets technologiques, les réseaux sociaux et les tendances à la coule, doublé de la compulsion, l’absence de répit et de substance, et la culture de l’infantilisme qui s'ensuivent de manière générale, m’incitent à lâcher ici des régurgitations de mon cru sans autre forme de procès, sous cette bande de Xavier Gorce...



Astuces préliminaires suggérées par le prof à la hâte

—Ce qui s’annonce dans les grands média, quel que soit son support, tu n’achèteras jamais

—Soumets à un contrôle particulièrement sévère tous les produits de la modernité, notamment ceux conçus en anglais. Le snobisme favorise le strabisme et la mission de la langue impériale est de s'aimer et de semer la soumission.

—Apprends/vis plusieurs langues pour décatégoriser ton esprit. Tu éviteras de surcroît les traductions, trop souvent hâtives, mal payées, voire directement des trahisons minables. Si tu achètes une traduction, rappelle-toi que toutes les éditions ne se valent pas.

—Méfie-toi des réseaux sociaux qui, comme les faits divers, font diversion (Bourdieu dixit), pompent le temps et laminent la concentration : ils sont fort difficilement compatibles avec la vraie lecture.

—Méfie-toi des présentations « innovantes et créatives » découlant des TIC comme de la peste. Sous couvert de créativité, on nous file du vide, du crétinisme et du bourrage de crâne. Le sens se passe de fioritures chronophages et de spectacles (ersatz de sens).

—De la même façon qu'il faut éviter de se gaver de malbouffe, esquive les bouquins dont les conditions de production et de distribution nuisent à la qualité et à la sécurité du ravitaillement cérébral.

—Un critère ne s'improvise pas. Il faut piocher et réfléchir sans désemparer. Le prestige n'est pas un critère -ni le prestige du prestige. Chamfort disait que les succès produisent les succès, comme l'argent produit l'argent (Ch. 450). Bonne nouvelle : les bonnes lectures appellent les bonnes lectures.


(3) Voici la transcription d'extraits de deux écrivains que j'ai beaucoup lus ; l'un, déjà cité, appartient à une époque révolue (Chamfort), l'autre aux temps actuels (Michel Rio, dont les pages ne sont surtout pas à la page). Bien que ces citations précèdent le triomphe d'Internet et des nouvelles technologies de cette ère numérique, je les trouve toujours pleines de brio.

Chamfort (1741-94) sur les livres dans Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes (Garnier-Flammarion, Paris, 1968)

—Ce serait une chose curieuse qu'un livre qui indiquerait toutes les idées corruptrices de l'esprit humain, de la société, de la morale, et qui se trouvent développées ou supposées dans les écrits les plus célèbres, dans les auteurs les plus consacrés ; les idées qui propagent la superstition religieuse, les mauvaises maximes politiques, le despotisme, la vanité de rang, les préjugés populaires de toute espèce. On verrait que presque tous les livres sont des corrupteurs, que les meilleurs font presque autant de mal que de bien. (Chamfort : Maximes Générales, 3)

—Veut-on avoir la preuve de la parfaite inutilité de tous livres de morale, de sermons, etc., il n'y a qu'à jeter les yeux sur le préjugé de la noblesse héréditaire. Y a-t-il un travers contre lequel les philosophes, les orateurs, les poètes, aient lancé plus de traits satyriques, qui ait plus exercé les esprits de toute espèce, qui ait fait naître plus de sarcasmes ? Cela a-t-il fait tomber les présentations, la fantasie de monter dans les carrosses ? Cela a-t-il fait supprimer la place de Chérin ? (Chamfort : Maximes Générales, 15)

—La plupart des livres d'à présent ont l'air d'avoir été faits en un jour avec des livres lus de la veille. (Chamfort : Maximes, Chapitre VII, 425)

—Ce qu'on sait le mieux, c'est : 1º ce qu'on a deviné ; 2º ce qu'on a appris par l'expérience des hommes et des choses ; ce qu'on a appris, non dans les livres, mais par les livres, c'est-à-dire par les réflexions qu'ils font faire ; 4º ce qu'on a appris dans les livres ou avec des maîtres. (Chamfort : Maximes, Chapitre VII, 448)

—On a fait des livres sur les intérêts des princes ; on parle d'étudier les intérêts des princes : quelqu'un a-t-il jamais parlé d'étudier intérêts des peuples ?  (Chamfort : Maximes, Chapitre VIII, 485)

—Il y a des gens qui mettent leurs livres dans leur bibliothèque, mais M... met sa bibliothèque dans ses livres. (Dit d'un faiseur de livres faits.)  (Chamfort : Maximes, Appendice I, 537)

 —On condamna en même temps le livre De l'esprit et le poème de La Pucelle. Ils furent tous les deux défendus en Suisse. Un magistrat de Berne, après une grande recherche de ces deux ouvrages, écrivit au Sénat : « Nous n'avons trouvé dans tout le canton ni Esprit ni Pucelle. »  (Chamfort : Maximes, Appendice I, 1158)


Michel Rio : extraits d'un entretien avec Le Monde des Livres
—(...) La fiction, et tout spécialement le roman, m’apparaît comme un lieu de liberté absolue. Le seul où rien n’oblige à opérer des segmentations disciplinaires de l’esprit, le seul où on puisse mélanger justement savoir et imaginaire, logique et irrationnel, intelligence abstraite et chair, aventures de la pensée et péripéties du corps, philosophie et «galipettes», pour reprendre le terme de la citation, et aussi individu privé et homme universel. Cela se traduit évidemment dans l’écriture par un mélange proportionnel des tons. C’est une liberté à laquelle ne peuvent prétendre ni le simple divertissement, ni l’essai scientifique, ni la littérature considérée sous le seul angle de l’art, de l’esthétique pure, précisément de cette métaphore qui réclame sottement d’exister par elle-même et pour elle-même.
» Je m’étonne qu’on profite actuellement aussi peu de cette liberté radicale. Je soupçonne que limiter une telle liberté par des pseudo lois des genres est une commodité opportune pour masquer l’indigence des auteurs ou les nécessités du commerce. En tout cas, c’est cette liberté de sens et de ton, de pensée et d’écriture, qui m’a attiré vers la fiction, tout spécialement le roman, dans la mesure où, au contraire de ce que prétend le personnage provocateur que vous citiez, elle ne m’oblige pas, précisément, à trancher entre savoir et imaginaire. Cette relation dialectique est son seul lien avec ses origines, avec «cet effroi qui l’a fait naître», lorsqu’elle s’efforçait d’expliquer le monde dans son ensemble. Brisez ce lien, et effectivement il ne reste plus que la «criarde métaphore» qui continue à fonctionner dans le vide, on ne voit pas bien dans quel but.
—Dans Rêve de logique , vous dites que la littérature «hésite entre deux cloaques, la chapelle et les variétés». Qu’entendez-vous par «chapelle»? Est-ce que c’est justement cette culture de la métaphore pour elle-même, c’est-à-dire d’une forme vide, dont vous parliez?
—À peu près. C’est ce qui est défini dès Mélancolie Nord, mon premier roman, comme «la fascination de la littérature devant son propre signifiant, l’écriture», ou ailleurs dans Rêve de logique comme «la quête forcenée de l’institution de codes». Laboratoires d’esthétique maquillés en laboratoires de la pensée, d’où sortent ces petites révolutions normatives qui plaisent tant à la critique et à l’histoire littéraires.
—Lorsque vous dites préférer l’ouvrage scientifique à la littérature de chapelle, vous choisissez votre laboratoire?

—Oui. Parce que, des deux laboratoires, seul le scientifique se préoccupe véritablement d’élucidation, ce qui est à mon avis aussi le rôle de la littérature, d’une manière subjective, mais sans limitation de son objet. Cela a été son rôle depuis le début, et ça l’est encore, malgré les dépossessions apparentes que lui ont causées les disciplines. Elle est toujours le lieu de rencontre parfait de tout ce qui constitue l’homme. L’homme concevant et l’homme imaginant, le logicien et le rêveur.
» En fait, je vais chercher le sens où il se trouve, et je le trouve davantage à l’officine qu’à la chapelle. Je disais récemment, dans une université américaine, devant un auditoire d’étudiants et de professeurs de lettres, qu’à mon sens la plus grande révolution littéraire du siècle ne se trouvait pas chez Proust, Kafka ou Joyce, ni dans le dadaïsme, le surréalisme ou le nouveau roman, mais dans la relativité d’Einstein, les relations d’incertitude de Heisenberg ou la conception de la matière comme sujet soumis à l’histoire par l’hypothèse du big-bang. Il y a eu dans la salle un certain flottement. Et cependant toute altération de la position physique de l’homme dans l’univers doit correspondre à une altération de sa position intellectuelle et affective, donc du discours littéraire qui est le calcul de toutes ces coordonnées. C’était un exemple limite, mais je le crois vrai.
—Vous avez pris là l’exemple de la physique. Un personnage d’Archipel définit «la trinité qui fonde notre vision du monde» en ajoutant à la physique la biologie et l’histoire.
—Oui, ce sont à mes yeux les trois sources principales du sens pour le logicien dans son incessante discussion avec le rêveur. (...)
—Cependant, pour en revenir à l’écriture, ou à la métaphore, ou au style, vous posez la poétique, dans Rêve de logique, comme un des trois fondements nécessaires de la littérature, avec cette vision du monde informée dont vous venez de parler, et l’action que vous appelez aussi «les tribulations du héros». Vous faites même de la poétique la seule spécialité de l’écrivain. Est-ce que cela ne tend pas à placer l’écriture au centre de l’exercice littéraire et à justifier le débat esthétique?
—Un écrivain, par opposition à un auteur, se définit surtout par une écriture identifiable, une idiosyncrasie faite de l’utilisation particulière du lexique, de la syntaxe et de la musique d’une langue naturelle. C’est évidemment la chose la plus rare, la plus difficile à acquérir. Mais bien que cette poétique personnelle soit le fondement même de la littérature, elle entre pour moi dans une hiérarchisation et doit être l’esclave du sens, une sorte d’esclave impératif ou dictatorial, mais un esclave. Ce n’est pas seulement une source de plaisir, mais aussi, sur le plan sémantique, un considérable accroissement de l’effet persuasif. Une simple phrase d’écrivain, n’importe laquelle, doit s’adresser à la fois à l’intelligence et à l’oreille interne. Disons que c’est lorsque le sens le plus dense trouve sa musicalité la plus achevée que la phrase tient debout, d’un point de vue littéraire, quel que soit le système des règles de composition choisi par l’individu. En somme, la poétique est le caractère propre de la littérature, mais pas son objet, qui est l’élucidation. (...)
—En ce qui concerne l’action, donc «les tribulations du héros» ou ses «galipettes», on a souvent dit que vous écriviez des romans d’aventures, ou que vous investissiez le genre aventureux (mer, exploration et même roman noir) pour mieux arriver à vos fins. Qu’en pensez-vous?
—À ce compte-là, on peut ranger dans le roman d’aventures une bonne part de l’œuvre de Rabelais, Don Quichotte, Candide, Jacques le Fataliste, les Travailleurs de la mer, presque tout Edgar Poe, Salammbô, Moby Dick ou l’œuvre entière de Conrad. Ce dernier a d’ailleurs déclaré à la fin de sa vie qu’il avait été mal compris : on l’avait fiché comme un écrivain de la mer et de l’aventure, de l’exotisme, alors qu’il était un écrivain de l’idéalité.
»Je récuse cette classification empirique, cette stylistique approximative. C’est un instrument illusoire, improbable, qui est trop souvent une commodité destinée à pallier la paresse ou l’ignorance, et qui catalogue un livre a priori, donne une fausse clef de lecture, ou permet tout simplement de gloser sans se donner la peine de regarder ce qui est véritablement écrit. (...)
—Puisque vous faites allusion aux médias, venons-en à votre position vis-à-vis d’eux, et plus généralement du social. Faut-il ne jamais apparaître médiatiquement, comme vous ? Votre attitude a-t-elle des limites, comme cet entretien ? Ou alors faut-il aller n’importe où ? Mais cela a aussi des limites. Y a-t-il une « gestion » possible de ses apparitions ?
—Depuis le début, j’ai une règle très simple et absolument rigide vis-à-vis de l’audiovisuel. J’exige d’être invité seul, parce que je crois à l’individualité, à la solitude de l’imaginaire au contraire du savoir, et que cette solitude me garantit une conversation, et non un spectacle où des auteurs manipulés par la machine médiatique, stimulés par la « concurrence », se livrent à une pantomime humiliante faite de minaudages et de coups d’éclat, d’échanges de gracieusetés et d’invectives, et bonimentent comme des maquignons à la foire. C’est un show, et on attend de vous que vous soyez « bon » ou encore mieux, ridicule. Ensuite, j’exige de parler du texte, à la rigueur plus généralement de littérature, et de rien d’autre. Enfin, je demande un temps de parole minimum d’une demi-heure pour être sûr qu’il s’agit bien de dire et non de paraître.
»Évidemment, ces trois conditions m’interdisent la plupart des manifestations de la radio et toutes celles de la télévision. Je n’ai pas de haine viscérale, comme on l’a parfois dit. Mais les médias ont acquis une sorte de pouvoir totalitaire, et grand-mère, Dieu la bénisse, m’a enfoncé dans le crâne lorsque j’étais enfant ce principe assez breton : «Ne courbe la tête devant aucun pouvoir, surtout si c’est ton intérêt.»
»J’ai une règle garantissant à peu près le sens et la dignité. Je n’ai jamais cédé et je ne céderai jamais. Je n’ai pas de réserve vis-à-vis des entretiens de la presse écrite, si je ne suis pas allergique à son idéologie, ni vis-à-vis des invitations par les organismes d’enseignement. Simplement j’espace mes interventions parce que j’ai horreur de me répéter, et il me faut le temps soit de trouver un nouveau développement, soit d’oublier ce que j’ai déjà dit. Dans le même ordre d’idées, je ne fais jamais de service de presse ni de séance de signatures, parce que je trouve cela dénué de sens.
»Quant à aller n’importe où, je ne peux même pas imaginer ce que ça représente, même si j’ai une vague idée de ce que ça signifie. À mes yeux, la défense tous azimuts de la littérature n’est qu’une hypocrisie jésuitique. C’est une confusion commode entre l’art et le moi. Le fait est qu’on va se vendre, ou essayer, à tout prix. Je n’ai rien contre la prostitution franche et joyeuse, mais elle me répugne un peu lorsqu’elle se pare d’une vertu militante. En tout cas, je n’ai pas la vocation. (...)

[Il y a] une guerre mondiale entre la littérature et le livre, j’entends par «livre» la variété massive imprimée s’inspirant du divertissement universel de l’image. En somme, une guerre entre le sens et l’argent, le succès. Le second attire évidemment de plus en plus d’auteurs, le premier de moins en moins d’écrivains. Ce qui est pénible, c’est l’amalgame. Le livre devient l’étouffoir de la littérature. C’est d’une drôlerie sinistre. Il faudrait faire un peu de ménage, et appeler un chat un chat.

(Michel Rio, Le Monde des Livres, 1993, propos recueillis par Josyane Savigneau)

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