vendredi 1 mars 2013

Une émission sur les mystères de la dette : qui empoche l'argent ?

"Peu importe que le chat soit blanc ou noir
du moment qu'il attrape les souris.
"
Deng Xiaoping, puis Felipe González.

"L'Espagne est le pays d'Europe et peut-être du monde
où l'on peut gagner le plus d'argent à court terme.
Il n'y a pas que moi qui le dis : c'est aussi ce

qu'affirment les consultants et les analystes boursiers."
Carlos Solchaga, ministre de l'Économie et des Finances
du gouvernement "socialiste" de Felipe González,
le 4 février 1988, au Palais des Congrès de Madrid.

Harald Schumann, essayiste et journaliste allemand que nous avons déjà cité ici (1), a voulu connaître les dessous d'une "crise", la nôtre, provoquée par un système de faucons avides —et affranchis de tout risque— qui ne roule donc qu'en roulant des dindons, les vrais cons, dans la farine. À ce propos, en collaboration avec Árpád Bondy, il a mené une enquête en Irlande, en Espagne, à Bruxelles et en Allemagne.
On connaît la chanson : on nous contraint à payer des dettes contractées par des tarés (2), et la diète de la dette n'est ni éthique ni diététique, c'est plutôt un Régime. Époustouflés et excédés, nous voulons savoir exactement pourquoi une belle partie "des risques des investisseurs privés est prise en charge par les États", donc par nous les contribuables, et quels sont "nos" créanciers, les gros poissons bénéficiant des plans de sauvetage qui nous con-damnent, nous, des millions de con-citoyens européens (3).
Comme réponse à nos questions, nous n'avons droit qu'au secret le plus épais, un silence "cousu de fil blanc", retentissant : "L'opinion publique n'a accès à aucune donnée précise", constate Harald Schumann. Peut-être parce qu'on a socialisé une dette privée et que l'on a du mal à justifier des doses si exagérées d'Interventionnisme du Capitalisme d'État Libéral au Service d'une Élite dans l'Économie de Marché et des Risques (Sachons, soit dit en passant, que l'argent des petits investisseurs est appelé "de l'argent stupide" dans le jargon des affaires). En effet, le peuple a du mal à saisir que pour couvrir les délires des agioteurs (4), on ferme des hôpitaux et on cache l'information à ce sujet par-dessus le marché.
Bref, voici le résultat de l'enquête de Schumann : Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye ? Il s'agit d'un reportage diffusé avant hier sur ARTE que je vous insère un peu plus bas. Attention notamment aux réponses sado-masuchistes des employés (tour à tour pétulants, cyniques ou fatalistes) des faux-cons qui en disent long sur le degré de crétinisme dont ils nous croient capables (5). Puis, il est vrai qu'on n'apprend pas à un vieux singe à faire la grimace : celle qu'arbore Joaquín Almunia (vice-président de la Commission européenne et commissaire à la Concurrence, ultra sic) juste à la fin de cette enquête, après avoir débité "on ne peut pas être les seuls à dire la vérité", est particulièrement démentielle.

Vous pouvez lire d'abord la présentation de l'émission :

QUAND L'EUROPE SAUVE SES BANQUES, QUI PAYE ?
50 milliards d'euros en Grèce, 70 milliards en Irlande, 40 milliards en Espagne : au sein de la zone euro, les États se sont vus contraint les uns après les autres - moyennant des sommes astronomiques - de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite à des prêts pourris. Mais qui sont les bénéficiaires de telles opérations ?
C'est en posant cette question très simple qu'Harald Schumann, essayiste en économie et brillant journaliste, sillonne l'Europe. Et obtient des réponses pour le moins sidérantes. Car ceux qui ont été "sauvés" ne se trouvent pas - comme on tend à vouloir nous le faire croire - dans les pays en détresse, mais surtout en Allemagne et en France. En effet, une part importante des sommes débloquées finit dans les caisses des créanciers de ces banques sauvées. Quant aux financiers qui ont fait de mauvais investissements, ils se retrouvent protégés contre toute perte aux frais de la collectivité. Et ce contrairement aux règles de l'économie de marché. Pourquoi ? Qui encaisse l'argent ?

(Allemagne, 2013, 52 minutes)
RBB

Date de première diffusion :
Mar., 26 févr. 2013, 22h23



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(1) Hans-Peter Martin und Harald Schumann: Die Globalisierungsfalle. Der Angriff auf Demokratie und Wohlstand. Rowohlt 1996.
Publié en français par Actes Sud, coll. Babel, novembre 2000 (traduction d’Olivier Mannoni sous le titre Le Piège de la Mondialisation). Et en castillan, la même année, par Taurus.

(2) Stephen Donnelly, député irlandais de centre droite, déclare : "La BCE oblige une nation à renoncer à sa souveraineté juste pour renflouer je ne sais quels investisseurs. La BCE agit illégalement".

(3) Du grand cru du social-libéralisme ; Schumann évoque, par exemple, le cas de Hypo Real State, banque immobilière allemande "victime" des subprimes en 2008, notamment depuis le dépôt de bilan de Lehman Brothers. Il explique que les gros poissons qui ont bénéficié du sauvetage de HRS en Allemagne étaient Unicredit SA, Deutsche Post AG, DZ Bank AG, Deutsche Bank AG, Commerzbank AG, Deutsche Apotheker-und-Ärztebank...
Schumann nous rappelle également au fil de son enquête que la Banque des Règlements Internationaux (la « banque centrale des banques centrales ») nous permet de consulter, par le biais de son service de statistiques, les transactions mondiales et les créanciers de cette foire à la liberté économique.

(4) Agiotage :
  « L'étude et l'emploi de manœuvres les moins délicates pour produire des variations inattendues dans le prix des effets publics et tourner à son profit les dépouilles de ceux qu'on a trompés » ().  spéculation.
Agioteur :
Aujourd'hui, spéculateur utilisant des informations obtenues plus ou moins malhonnêtement pour influencer le cours des valeurs à son profit.  initié. (Définition du Petit Robert)

(5) Le pompon revient probablement à Wolfgang Schäuble, membre de la CDU et ministre merkelien des Finances (ah la fine Hanse), qui exhibe une insolente pétulance ou une pétulante insolence —allez savoir !— de maître d'école allemand (aurait dit mon ami Golo Mann, j'en suis persuadé). 
Brian Hayes (Ministre Adjoint irlandais des Finances) nous explique que cette politique a été imposée à son peuple par la BCE et "ce qui compte, c'est que le peuple irlandais doit payer l'addition". Le reportage nous rappelle qu'en Irlande, le niveau de vie est descendu en moyenne de 25% en cinq ans, 80% des foyers comptent au moins un chômeur et chaque individu (y compris les bébés) paie mensuellement 300 € à l'étranger, "un fardeau colossal", intenable. Hayes nous laisse un message à la fin du reportage : "Transférer toutes les dettes des banques à l'État est une terrible erreur".
Justement, en ce qui nous concerne, De Guindos considère la spoliation du peuple espagnol pour combler les trous (placements délirants) des spéculateurs comme la condition sine qua non de la création d'un climat de confiance (selon Harald Schumann, les emprunteurs espagnols avaient contracté en trois ans, jusqu'en début 2008, 322 milliards d'euros auprès de banques allemandes et françaises. Évidemment, le plus gros était placé dans l'immobilier car ils étaient prêts à carreler la péninsule, si ça se trouvait. Où bronzaient les régulateurs ?). Oui, l'arnaque de cette majorité qui ne peut vivre que de son travail n'est pas révoltante car elle vise un grand bien : la multiplication du pèze des grands banquiers et des grands actionnaires ; lorsqu'ils empochent les sommes mirobolantes dont ils ont besoin, la con-fiance est rétablie. Car cela fait chier et que l'on obtient de la fiente de con, ou de pigeon, en fonction du registre linguistique.

Quant aux sommes "injectées", c'est-à-dire "shootées", dans notre système bancaire, De Guindos assure qu'il s'agit de 20 milliards d'euros plus un prêt de 40 milliards du Fonds européen de Stabilité financière (FESF). Juan Ramón Rallo, du très libéral Institut Juan de Mariana, corrige le ministre et apporte le chiffre de 90 milliards.

vendredi 22 février 2013

Marché, Croissance, Viande et autres Nourritures Terrestres

Le mot "marché" occupe incessamment l'espace médiatique, le con espace de la Com. Mais c'est un terme frelaté par la propagande que nourrissent sans désemparer les grands faux-monnayeurs qui nous pompent et leurs perroquets. Comme "liberté", "démocratie", "antisémite", "chrétien" (1), "bien-être", "connaissance" et tant d'autres expressions devenues formules, ayant atteint de nos jours un rapport oxymorique avec les vieux concepts qu'elles recouvraient (2), aberration accablante.
En vue de contribuer à déterrer un tant soit peu les vieux concepts ensevelis par cette logorrhée de grands mots en surenchère exponentielle, je vous propose une vidéo et un texte.
Le clip vous montre l'économiste breton Serge Latouche —à côté de Siné, soit dit en passant— s'exprimant à propos de décroissance, ou plutôt d'accroissance, pour être plus rigoureux :


Quant au texte, il s'agit d'un billet publié par Camille Labro dans son blog gastronomique hébergé par Le Monde ; attention notamment au dernier paragraphe et aux concepts qu'il invoque :

CAMILLE LABRO, 17 février 2013
Rêves (de raviolis) en boîte
 
Plus que cette histoire de cheval maquillé en bœuf, le vrai scandale "Findus", c'est tout le système qui a été exposé au grand jour : un circuit d'approvisionnement alimentaire totalement opaque et aberrant, organisé exclusivement autour de l'intérêt financier des industriels, sans considération pour le bien-être de l'individu (producteur ou consommateur), des animaux, et encore moins de l'environnement. Un système diabolique qui tue la petite agriculture, l'alimentation saine et la distribution raisonnable de la nourriture.
Cette affaire m'a remis en mémoire un documentaire que j'ai vu l'année dernière, au Kulinarisches Kino (la section du film culinaire de la Berlinale) : "Canned Dreams" de Katja Gauriloff, film finlandais magnifiquement sobre, qui devrait se dépêcher de sortir en France et ailleurs. Le film suit la trajectoire insensée des ingrédients d'une boite de raviolis (le blé, la viande, les tomates, les oeufs mais aussi le métal), aux quatre coins du monde et sur 30 000 kilomètres, tout en donnant voix à ceux qui produisent et fabriquent ces ingrédients. Histoires poignantes d'hommes et de femmes, atrocités de la production intensive, absurdités de la globalisation alimentaire... Tout y est.
 

On peut voir une bonne partie du film, sous-titrée en anglais, sur le site d'Al Jazeera, qui en est l'un des producteurs. Précipitez-vous si ce bijou sort un jour près de chez vous (on espère que les distributeurs saisiront l'opportunité au vol...)
Pour revenir à Findus, et à l'instar de Perico Légasse qui a bien résumé les choses sur le plateau de Mots Croisés, je me réjouis que ce système monstrueux et mensonger, à dimension européenne mais aussi mondiale, soit aujourd'hui "pris la main dans le sac" et livré en pâture à l'opinion publique. J'espère que toute personne qui a suivi le débat saura mettre cette crise à profit, en apprenant à consommer et manger plus "responsable" (il ne faut pas compter sur les agro-industriels pour arranger les choses, eux qui sont déjà en train de remettre les atroces farines animales à l'ordre du jour !).
Cela veut dire, avant tout chose, qu'il faut se remettre à cuisiner. Car qui dit cuisine dit produits bruts et frais, qui dit produits dit marché, qui dit marché dit relations directes avec les producteurs, qui dit relation dit connaissance, produit sourcé, traçabilité... Circuit court pour une alimentation juste.
Camille Labro
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(1) Cf. La Chronique de Philippe Meyer du 18.02.2013 (07h56, sur France Culture), et que le ciel vous tienne en joie !


(2) Marc Bloch écrivait dans Apologie pour l'histoire ou métier d'historien (Armand Colin, Paris, 1993, 1997, p. 57) : « (...) au grand désespoir des historiens, les hommes n'ont pas coutume, chaque fois qu'ils changent de mœurs, de changer de vocabulaire ». Complétons cette remarque et insistons sur l'usage filou de mots prestigieux aux qualités obnubilantes pour appeler, par exemple, la prédation du renard dans le poulailler * "liberté" —ou pour appeler un cheval un bœuf, le cas échéant. Au bout du compte, qui oserait s'exprimer contre la liberté ?

* La liberté peut consister, par exemple, à "payer moins de 1 euro l'heure de salaire". Voici un extrait de la lettre de Maurice "Morry" (Mucho Morry) Taylor Jr., PDG de Titan Wheele International, à Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement Productif (sic), pour lui expliquer que Titan se retirait du projet de reprise de l'usine Goodyear de pneus située à Amiens-Nord :
"Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins de 1 euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Dans cinq ans, Michelin ne pourra plus produire de pneus en France. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers.". 
La lettre, datée le 8 février 2013, fut publiée par Les Échos le 19 février. Selon lui, les Français travaillent trois heures par jour (?) et touchent des salaires très élevés. Pas mal de la part d'un type qui déjà en 1996, lors des primaires du Parti Républicain, put dépenser plus de 6 millions de dollars... pour recevoir environ 1% des votes, bel exemple de sobriété tout comme de rentabilité pour celui qui se targue de savoir ce que c'est qu'une entreprise.
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NOTE du 24.02.2013 :
Le Monde a publié le 23.02.2013 un entretien avec Robyn O'Brien, autrice de The Unhealthy Truth, une investigation sur les dangers de la nourriture distribuée par l'industrie alimentaire étasunienne. Elle y dit, entre autres :
J'ai découvert qu'aux Etats-Unis, à partir de 1994, certaines modifications génétiques ont été réalisées dans la nourriture, modifications qui n'ont pas été acceptées en Europe. En utilisant mon approche d'analyste financière, j'ai cherché quelles décisions avaient été prises pour maximiser les rentabilités et ai découvert à quelles dérives cela a mené [:] Le rajout d'ingrédients et additifs chimiques, le dopage des animaux pour qu'ils prennent rapidement du poids, l'utilisation massive de pesticides... Tout cela détruit notre barrière digestive, garante de notre immunité. Aucun scientifique ne connaît vraiment les impacts de tels changements, mais nous sommes devenus plus vulnérables. Des estimations inquiétantes sont publiées : 41 % des Américains devraient avoir un cancer dans leur vie, la moitié des hommes et un tiers des femmes. Les maladies auto-immunes, liées à un état inflammatoire élevé du corps, augmentent. Nos systèmes immunitaires luttent énormément à cause de l'alimentation qui nous est proposée.
(...) Nous nous sommes déconnectés de nos racines, surtout aux Etats-Unis. Nous ne savons plus d'où vient la nourriture.

samedi 16 février 2013

Images du passé en Afrique de l'Ouest -toujours d'actualité

Images du passé en Afrique de l'Ouest est un site que l'on peut recommander pas tellement pour l'amour des cocardes (1) mais plutôt parce qu'il archive et propose bon nombre de clichés et d'explications concernant les anciennes colonies africaines de la France.
Ce fonds historique est recueilli par Olivier Blot, journaliste et rédacteur scientifique spécialisé en Études africaines. C'est un véritable musée contenant à ce jour 1109 images, une touffue étagère de livres "africanistes" et beaucoup de gloses :
Le site "Images du passé en Afrique de l'Ouest" présente des centaines de cartes postales anciennes et photos d'époque du Sénégal, du Soudan français, de Guinée, de Haute-Volta,  de Côte d’Ivoire, du Togo, du Dahomey, de Gold Coast, du Niger, du Tchad et du Cameroun. Les images sont accompagnées de leurs légendes originales et, quand c'est possible, de commentaires sur leur contexte historique ou de références littéraires sur le sujet. Vous pouvez contribuer à l'enrichissement du site en communiquant des images, des données historiques ou des connaissances vécues ou transmises.
Profitez de ce voyage visuel dans le temps et dans l'espace. Néanmoins, pour éviter la cocardise (ah, ce coq-ardeur patriote-hard qui pousse à coq-hard-er !), il n'est peut-être pas superflu de se rappeler que les clichés peuvent véhiculer maint cliché et que les gloses savantes peuvent banaliser ou innocenter maint chasseur-bombardier.


(1) Sur la page d'accueil, ce site montre l'Image du jour. La photo que l'on y voit ces jours-ci correspond à un avion survolant Gao, ville malienne située sur le fleuve Niger et ancienne capitale de l'Empire Songhaï. Sous la photo, on peut lire un commentaire. Le voilà :
A l’heure où chasseurs bombardiers partis de France et hélicoptères appuyant les troupes au sol sillonnent le ciel du nord Mali, il est intéressant de se souvenir de la présence ancienne des aviateurs français dans cette région. En effet, c’est à Gao que fut déployée en 1931 la 3ème escadrille de l’AOF -la première escadrille avait vu le jour à Thiès au Sénégal en 1924 et la seconde à Bamako en 1929. Ces unités étaient chacune composées de neuf appareils de type Potez 25 TOE (théâtre d’opération extérieure) sur leur base principale et de trois autres Potez 25 ou 29 sur leur base secondaire (celle de Gao étant située à Agadès). Le but de ces forces aériennes implantées sous les tropiques est la surveillance du territoire et l’appui aux troupes et aux groupes supplétifs en cas d’engagement. Elles effectuent également des missions postales, ainsi la 3ème escadrille va durablement assurer la liaison courrier entre Gao et Kano au Nigéria à partir de 1933. En outre, pour la troisième escadrille, qui est basée sur des espaces limitrophes de la Lybie,  il s’agit aussi de rappeler aux Italiens la souveraineté active de la France en « montrant ses cocardes » aux confins du Sahara. Pour insigne, qui sera peint sur le fuselage de ses avions, l’escadrille de Gao choisit l’image d’un guerrier touareg. Elle sera finalement dissoute en 1940. Sources : Richemond, S. « La troisième escadrille dans le ciel de Gao » dans Images et Mémoires n°31 et Carlier, Marc, La drôle de guerre au Sahara. Confins nigériens 1938-1940, ed. Karthala, Paris, 2006.
Au XIXe siècle, les puissances européennes ont quadrillé la carte de l'Afrique pour se la partager (se l'approprier) ; au XXIe siècle, elles n'arrêtent pas de quadriller ses terres à force d'escadrilles.

mercredi 13 février 2013

Apprendre la géographie française en ligne

L'IGN est l'Institut national de l'Information Géographique et Forestière. Il dispose d'un service Éducation sur internet destiné notamment aux élèves des trois cycles de base de l'enseignement français (école, collège et lycée).
L'IGN a inventé P'tit Géo, un jeu en ligne, accessible sur son site, qui vous aide à apprendre la géographie française (villes, départements, régions, DOM-TOM) en vous amusant. En voici la présentation :

Avec le jeu interactif P'tit Géo, partez à la découverte des régions françaises, des départements et des villes. 
Des puzzles et des questions pour devenir incollables en géographie !
A vous de jouer !
P'tit Géo




















NOTE du 15/02/2013
Sheila m'envoie un bon tuyau à ce propos (Merci, Sheila !). Je vous le colle :
Bonjour Alberto,

j'ai trouvé un autre site pour apprendre les régions, les départements et les continents du monde. Peut-être qu'il pourrait être utile à d'autres élèves.
Le voici :
Jeux variés géo (France, Europe, Afrique, Monde, Mers, Sommets et Fleuves, Océanie, Canada et États-Unis, Reste d'Amérique, Asie)
9 Jeux géo sur la France
6 Jeux géo sur l'Espagne.

 À bientôt !

samedi 26 janvier 2013

Le grand retournement, de Gérard Mordillat

(...)
Reprenez-vous, vous dis-je, c'est le capitalisme,
Laissez les journalistes croire au libéralisme.
Quant à nous, nous savons comment marche le monde,
Qu'en retrait du marché les ficelles abondent.
Nous sommes importants, nous sommes névralgiques,
La panne du crédit, c'est l'accident tragique,
Mais le crédit, c'est nous ! Nous sommes intouchables !
Pour nous sauver l'État mettra tout sur la table.

F. Lordon : D'un retournement l'autre, Éd. du Seuil, mai 2011.
 (LE BANQUIER, acte I, Scène 3)


Dans un billet du 10 août 2011, Candide résiste avait déjà abordé D'un retournement l'autre, comédie sérieuse sur la crise financière (Seuil, mai 2011) que Frédéric Lordon avait composée, en quatre actes et en alexandrins, dans le but de montrer les vraies causes de la dépossession organisée que nous subissons et de tenter de conjurer l'usure du temps, l'amnésie, qui est la grande alliée de la domination (cf. le post-scriptum de la pièce intitulé Surréalisation de la crise, où Lordon s'explique). Et cela dans l'espoir que cette connaissance mue en affect (1) —en sursaut d'indignation, dis-je à la Péguy, car autrement, elle est inutile, voire contre-productive.
Sujet majeur car nos déréglés dérègle-menteurs contrôlent tous les grands média, toutes les grandes maisons d'édition et, d'une manière générale, toute notre culture et sa pédagogie unique ; il ne faut donc pas trop s'étonner qu'on nous martèle à longueur de journée, et de nuitée, qu'il faut discipliner les finances publiques alors même que ce sont la très privée Finance et ses acrobaties démentielles (les soi-disant folies des soi-disant marchés rationnels) qui se trouvent à l'origine de la houle qui a entraîné notre dernier grand naufrage : notre argent (le Trésor public) a servi à renflouer les responsables du désastre —sans contreparties et sans que le parquet (le ministère public) agisse contre les parquets (de la bourse) : en voilà une, de charge sociale et de prise d'otages mondialisées !!!!—, et nos hauts fonctionnaires politiques (en fait, leurs), au lieu de gérer dignement la res publica, chouchoutent les agioteurs et les grands intérêts privés, bradent le patrimoine de tous, démantèlent le service public, suppriment nos structures de solidarité, sapent le Droit du Travail et les acquis sociaux, délogent les plus démunis (il faut compter 400.000 expulsions en Espagne depuis 2008, et quelques suicides), modifient le code pénal pour faciliter la répression du peuple et blanchissent les fraudeurs, entre autres. C'est ce qui arrive lorsque ce sont les pyromanes qui jouent les pompiers.

Gérard Mordillat, romancier et cinéaste né dans le cher quartier parisien de Belleville, a réalisé  Le grand retournement (2), film basé sur la pièce de Lordon qui vient de sortir en salles le mercredi 23 janvier —après une avant-première le 14 janvier à Lille. Avec François Morel, Jacques Weber, Edouard Baer, Patrick Mille, Franck de Lapersonne, Jacques Pater, Elie Triffault, Odile Conseil, Antoine Bourseiller, Jean-Damien Barbin, Thibault de Montalembert, Alain Pralon, Christine Murillo et Benjamin Wangermée.
L'affiche annonçant ce long métrage met en exergue la maxime « Qui sème la misère récolte la colère »...
"Le grand retournement" de Gérard Mordillat... sur DailyMotion.

C'est la crise, la bourse se casse la gueule, les banques sont au bord de la faillite, le crédit est mort, l'économie moribonde... Pour sauver leurs mises, les banquiers font appel à l'État. L'État haï est soudain le sauveur ! Les citoyens paieront pour que le système perdure, que les riches restent riches, les pauvres pauvres. Adapté de la pièce de Frédéric Lordon cette histoire d'aujourd'hui se raconte en alexandrins classiques. C'est tragique comme du Racine, comique comme du Molière...


Dans un entretien accordé à Rue89, Mordillat a dit :
Je trouvais géniale l’idée de s’attaquer à la crise financière et bancaire en alexandrins. Je suis convaincu qu’il ne faut jamais parler la langue de son adversaire. Nous sommes prisonniers du langage imposé par l’idéologie néolibérale : on parle du coût du travail pour ne pas parler des salaires, les représentants syndicaux sont taxés de « partenaires sociaux » et, mieux encore, les plans de licenciement sont devenus des « plans de sauvegarde de l’emploi ».
Il y explique aussi que « une seule personne a contribué au financement : Vera Belmont, qui y a engagé ses propres fonds. »

Pour en savoir plus sur un film que nous n'avons pas encore eu l'occasion de voir ici, en Espagne, je vous suggère l'émission radiophonique de Là-bas, si j'y suis sur Le grand retournement. Pour l'écouter, cliquez sur le lien.

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(1) Frédéric Lordon a déclaré à Marianne (propos recueillis par Bertrand Rothé et publiés le jeudi 24 janvier 2013) :
« (...) il nous faut bien toutes les machines affectantes de l’art pour produire la conversion collective du regard seule capable de renvoyer le néolibéralisme aux poubelles de l’Histoire – où la crise historique que nous vivons aurait dû suffire à l’expédier. Comme vous savez, l’échec monumental du capitalisme néolibéral et l’effondrement dans lequel il précipite les populations n’a nullement conduit à sa disqualification doctrinale et morale comme l’aurait voulu un monde réglé par des normes minimales de décence intellectuelle et politique. Il faut donc envisager d’autres moyens, et sans doute ce « passage au théâtre » procède-t-il de la maxime qui devrait nous servir de viatique politique pour une époque obscène : faire flèche de tout bois. »

(2) Titre qui suggère, inévitablement, The Great Derangement, du journaliste étasunien Matt Taibbi.

mardi 22 janvier 2013

Binta et les bonnes idées

L'une de mes élèves de cette année, Ana C. me proposa de voir en classe un moyen métrage que je ne connaissais pas, Binta y la gran idea, « Binta et la grande idée », réalisé par un Toubab, un Blanc, le cinéaste espagnol Javier Fesser, en collaboration avec l’Unicef. En voici la vidéo :


ACTEURS - Zeynabou Diallo : Binta ; Agnile Sambou : Père de Binta ; Aminata Sané : Soda

Mon père dit que les oiseaux sont très intelligents... C'est ainsi que commence ce film tourné en 2005 dans la région de Ziguinchor, partie occidentale de la Casamance, la belle région du Sud du Sénégal, à majorité Diola, où les fromagers majestueux, les marigots du fleuve (la Casamance) et les bolongs —bordés des palétuviers des mangroves— remplacent la brousse des baobabs. La phrase est prononcée par Binta qui a 7 ans et va à l'école, où son maître évoque les avantages d'apprendre ensemble, pour mieux se comprendre et mieux respecter les autres. Soda, cousine de Binta, n'a pas hélas cette chance : son père la contraint à rester à la maison dans l'attente d'un futur mariage traditionnel. Une pièce montée par des enfants —le théâtre populaire y est très fréquent— reprendra le sujet de cet entêtement atavique, dans le but de le contrecarrer.
Le père de Binta, Sabou, est à son tour un pêcheur à pirogue qui, choqué par les retombées du progrès technique des Toubabs (les Blancs), et inspiré par la sagesse des oiseaux, décide de soumettre une idée très confidentielle aux autorités de son pays, une idée de progrès, tel qu'il l'entend (1). Ne la ratez pas car elle a à avoir avec la joie de vivre et son apprentissage, vitalité wertement bafouée par ceux qui préfèrent, à l'école, la religion à la citoyenneté, la ségrégation sexuelle et économique au partage et à la connaissance mutuelle, ceux-là même qui, en général, ne jurent que par l'avidité, l'affairisme sans états d'âme.
Le père de Binta, quant à lui, pense que ce désir d'accumuler —qui ravage les arbres et les poissons, et bousille l'air— pousse les Toubabs à préserver ce qu'ils accumulent à force de bombes hautement technologiques.

La présence musicale de Salif Keita (Djoliba, 1949) dans la délicieuse bande son accompagnant les images, nous fait songer à son pays natal, le Mali, grand voisin oriental du Sénégal.
En matière d'analyses à l'égard de ce qui s'y passe actuellement, j'en ai dégoté deux, sur internet, qui aident à méditer sur le conflit malien et l'opération Serval ; l'une de Badia Benjelloun, l'autre de Mohamed Tahar Bensaada. Cliquez sur les liens si le sujet vous intéresse.
Pour commencer à mieux comprendre ce genre d'enjeux "africains", vous pouvez également jeter un coup d'œil sur le site du collectif "Areva ne fera pas la loi au Niger".


(1) Note du 18/02/2013 : Cf. à cet égard ce propos d'Inmaculada Pimentel : "Voy a África a que me ayuden. De allí vuelvo nueva".

jeudi 17 janvier 2013

Wikivoyage, guide de voyage participatif

Wikivoyage est un projet, encore en bêta, pour créer un guide de voyage en ligne et gratuit du monde entier, "complet, à jour et fiable", selon l'expression utilisée par la fondation Wikimedia, source de cette initiative. Le fonctionnement du site, comme c'est le cas pour Wikipédia, repose sur la participation des internautes. Donc, il faudra avoir du critère pour déceler les eventuelles erreurs ou subjectivités contenues dans les textes et les présentations car Wikivoyage ne garantit pas le contenu mis en ligne.

Ce projet plurilingue compte en ce moment 2 423 destinations, guides et autres articles écrits et modifiés par des Wikivoyageurs du monde entier. Vous pouvez regarder l'Aide ou les Premiers pas pour voir comment modifier une page tout de suite. Selon Le Monde,
A l'origine, ce guide de voyage en ligne était géré depuis 2006 par une association allemande à but non lucratif, avec des textes uniquement en allemand et en italien. L'association a cédé en octobre 2012 l'ensemble de son contenu ainsi que son nom au nouveau projet. Depuis, la version anglaise est devenue la plus fournie, avec plus de 26 500 entrées disponibles. Sue Gartner, directrice de la fondation Wikimedia, explique dans son communiqué qu'"il y a une énorme demande pour des informations sur les voyages, mais très peu de sources sont exhaustives sans être commerciales. C'est sur le point de changer." 

dimanche 13 janvier 2013

Caducité délibérée et d'autres gaspillages et destructions

Tous nos produits sont adultérés pour en faciliter l'écoulement et en
abréger l'existence. Notre époque sera appelée l'âge de la falsification (...).
Paul Lafargue : Le Droit à la paresse, ch. III, 1881.


Longue époque, cher Paul...
Les Amis de la Terre est une association de protection de l’Homme et de l’environnement, créée en 1970, qui mène des campagnes sur les changements climatiques, la protection des forêts tropicales, la responsabilité des acteurs financiers et des entreprises, l’agriculture et les OGM.

Les Amis de la Terre ont publié en décembre 2012 un rapport pour dénoncer l'Obsolescence programmée des produits de haute technologie, c'est-à-dire, leur caducité préméditée, leur désuétude planifiée. Ou Comment les marques limitent la durée de vie de nos biens. Ce rapport est disponible en pdf sur le lien précédent. On y apprend, par exemple, qu'environ 100 000 tonnes de déchets électriques et électroniques "sont dus à l'absence de chargeur universel".

Production, consommation et fin de vie des objets "high-tech", "vite achetés, vite jetés", sont décortiquées par Les Amis de la Terre dans un portail ad-hoc intitulé Les dessous de la HighTech où vous trouverez données, explications, vidéos et liens pour en savoir plus :


Métaux
Métaux

Destructions
Destructions

Travailleurs
Travailleurs

Surconsommation
Surconsommation

Innovation

Obsolescence
Obsolescence

Incinération
Incinération

Exportation
Exportation

Stockage
Stockage

LIMITONS LA CASSE
EntretienEntretien2ème vie2e vie



Source : Les dessous de la HighTech, par Les Amis de la Terre

Donc, en vue de doper les ventes, la durée de vie des appareils des technologies de pointe tend à se réduire : "les producteurs de produits high-tech ont (...) développé différentes stratégies pour réduire techniquement la durée d'usage de leurs appareils", souvent difficilement réparables ou rapidement obsolètes pour des raisons logicielles. Ainsi "Apple a été le premier à mettre sur le marché un produit avec une batterie intégrée". Les Étasuniens "se sont sentis trompés car leur iPod avait une durée de vie limitée à celle de sa batterie, c'est-à-dire 18 mois". Où le mot usure exhibe impudiquement son double sens...
Voyons, usure provoquée ? dégradation volontairement accélérée ? Rappelons que les dictionnaires associent la détérioration volontaire d'édifices ou monuments publics ou des objets d'utilité publique au vandalisme, tout simplement. Donc, toute dégradation programmée industriellement serait une manière de vandalisme à l'échelle industrielle --doublé, comme on va voir, d'un vandalisme humain et écologique de première importance.
En effet, la surconsommation rend idiot (il y a beaucoup de "consommateurs" qui pensent qu'ils n'ont pas payé leur portable) et entraîne énormément d'exploitation humaine et de destruction environnementale.
Côté humain, la dégradation est évidente, surtout dans les pays où les protections légales sont plus faibles pour les travailleurs : cadences infernales, heures supplémentaires non payées, humiliations, salaires ridicules..., suicides. En outre, la forte demande de coltan a par exemple financé pendant des années une guerre en République démocratique du Congo. Et l'exploitation du lithium, dont l'extraction comporte d'autres dégâts pour le milieu naturel, est une horreur pour les populations locales concernées en Argentine, au Chili ou en Bolivie, car elle se traduit souvent par un conflit autour de l'usage de l'eau dans des régions qui sont déjà très arides.
Quant à l'aspect purement écologique, les émissions de CO2 liées au cycle de vie de ces nouveaux gadgets, toujours plus nombreux et plus utilisés, sont globalement en hausse. En France, verbi gratia, "la consommation énergétique des produits high-tech est évaluée à 13,5 % du total de la consommation électrique, soit 5 % des émissions de gaz à effet de serre. La demande d'énergie de ces produits en raison de l'augmentation du nombre de produits (smartphones, tablettes, ordinateurs) et de l'usage plus intensif qu'il en est fait ne cesse d'augmenter, cette croissance est de l'ordre de 5 à 10 % par an". Sans compter les risques relatifs à l'exposition humaine et animale aux champs électromagnétiques émis par nos équipements et nos multiples installations.
En matière de substances dangereuses, Jeff Gearhart, directeur de recherches à l’Ecology Center, affirme que « chaque téléphone testé contient au moins un de ces produits toxiques dangereux : plomb, brome, chlore, mercure et cadmium ».
En plus, le recyclage de ces appareils a commencé très tard et son taux est encore trop bas : figurez-vous qu'en 2009, il n’était que de 10 % pour les téléphones portables. En même temps, l'exportation illégale de déchets technologiques se poursuit, notamment vers l’Afrique de l’Ouest et l’Asie.
Le rapport des Amis de la Terre se termine par une conclusion...
Au final, les innovations sont uniquement orientées vers la vente de nouveaux produits et non vers l'allongement de la durée de vie et la gestion de la fin de vie des produits. La concurrence entre les différents acteurs de la high-tech ne peut justifier un tel choix dans un contexte où les ressources s’épuisent et le renouvellement fréquent de nos appareils impliquent davantage d’impacts négatifs.
...et des recommandations :
Aux pouvoirs publics :
  • Adopter une loi contre l'obsolescence programmée
    1. créant un délit d’obsolescence programmée pour que le consommateur puisse se retourner contre les pratiques abusives de certaines entreprises ; 
    2. allongeant la durée de garantie de 2 à 10 ans pour inciter les producteurs à produire durable et les consommateurs à faire réparer leurs produits ;
    3. donnant des informations substantielles du consommateur quant aux possibilités de réparation (durée de disponibilité des pièces détachées, informations sur le caractère réparable des produits, etc.).
  • Mesurer l’utilisation des ressources nécessaires à la production et adopter des objectifs de réduction
Aux entreprises :
  • Mettre sur le marché des produits réparables et durables.
  • Etendre la durée de garantie contractuelle.
  • Publier la liste des matières premières, notamment des métaux dans les produits, et leur origine.
Aux citoyens :
  • Faire pression sur les députés et sénateurs (en France via le site dessousdelahightech)
  • Allonger la durée de vie de ses produits pour réduire l’impact de vos consommations 
  • Prendre connaissances des impacts environnementaux de ses produits high-tech en allant sur les sites www.produitspourlavie.org et www.dessousdelahightech.org
Une trublione très consciente de ce genre de problèmes les aborde régulièrement dans un blog qui pourrait bien vous intéresser. Son dernier post porte, par exemple, sur notre incroyable gaspillage alimentaire. À cet égard, comme le rappellent presque tous les média francophones —en relayant une dépêche d'agence du 11 janvier—, les êtres humains disposent chaque année de 4 milliards de tonnes de nourriture mais, selon une étude de l'Institut du génie civil basé à Londres, "sur ces quatre milliards, 1,2 à deux milliards ne seront jamais consommés, soit près de la moitié. Les causes de ce gaspillage : des récoltes mal faites, des problèmes dans le stockage et le transport et l'irresponsabilité des distributeurs et des consommateurs".

La connaissance, est-elle inutile ? Pensons sérieusement aux retombées de nos choix ou ça va barder vraiment sur la planète. Bien entendu, il nous faudra un double effort, collectif —et cela concerne les règles du jeu— et individuel.

dimanche 6 janvier 2013

Blocage des publicités sur internet

"La manipulación consciente e inteligente de los hábitos y opiniones organizados de las masas 
es un elemento de importancia en la sociedad democrática. Quienes manipulan este mecanismo 
oculto de la sociedad constituyen el gobierno invisible que detenta el verdadero poder (...). 
Quienes nos gobiernan, moldean nuestras mentes, definen nuestros gustos o nos sugieren 
nuestras ideas son en gran medida personas de las que nunca hemos oído hablar. (...) 
Hoy en día (...) la minoría ha descubierto que influir en las mayorías puede serle de gran ayuda. (...) 
La propaganda moderna es el intento consecuente y duradero de crear o dar forma a los acontecimientos 
con el objetivo de influir sobre las relaciones del público con una empresa, idea o grupo."

(Edward Bernays : Propaganda, 1927.
Extraits de la version castillane d'Albert Fuentes, Ed. Melusina, 2008)

"Je me prénomme Octave et m'habille chez APC. Je suis publicitaire : eh oui, je pollue l'univers. 
Je suis le type qui vous vend de la merde. Qui vous fait rêver de ces choses que vous n'aurez jamais. 
Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, un bonheur parfait, retouché sur PhotoShop. (...) Quand,
à force d'économies, vous réussirez à vous payer la bagnole de vos rêves, celle que j'ai shootée dans
ma dernière campagne, je l'aurai déjà démodée. J'ai trois vogues d'avance, et m'arrange toujours
pour que vous soyez frustré. Le Glamour, c'est le pays où l'on n'arrive jamais. Je vous drogue à la 
nouveauté, et l'avantage avec la nouveauté, c'est qu'elle ne reste jamais neuve. Il y a toujours une 
nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente. Vous faire baver, tel est mon sacerdoce. Dans ma 
profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas."

(Frédéric Beigbeder : 99 francs (14,99 €), 2000)


Une nouvelle cellule macrophage au sein du capitalisme français ? L'Agence France Presse nous invitait hier, à travers une info, à réfléchir à un sujet très intéressant, le blocage de la publicité sur internet. Le 3 janvier, la société Free venait d'installer sur ses terminaux mobiles, de manière systématique (1), un mécanisme réussissant le gel des réclames. Terrain brûlant, cette mesure fait vraiment peur car elle est susceptible de porter atteinte à la société du mensonge orchestré, des idées bien reçues, des affects déterminés, des positions dominantes et des succulents revenus.
Voici la dépêche en question suivie d'une autre qui la complète et permet de mieux la comprendre : pour l'instant on va désamorcer le dispositif explosif mais l'idée, réalisable, est bel et bien lancée...

Free: le blocage des publicités devrait être désamorcé dans les jours à venir

PARIS (AFP) - 05.01.2013 13:54

Le dispositif bloquant les publicités sur internet, installé par défaut depuis jeudi par l'opérateur français Free, devrait être désamorcé "dans les jours qui viennent", a indiqué samedi à l'AFP une source proche du dossier.
Le dispositif bloquant les publicités sur internet, installé par défaut depuis jeudi par l'opérateur français Free, devrait être désamorcé "dans les jours qui viennent", a indiqué samedi à l'AFP une source proche du dossier.
L'installation par défaut de ce mécanisme sur le terminal Freebox révolution de Free avait suscité un vif émoi chez les éditeurs de sites et provoqué la réaction de la ministre de l'Economie numérique, Fleur Pellerin.
Beaucoup de sites dépendent des recettes publicitaires, qui sont parfois leur seule source de revenus.
Selon une source proche du dossier, la démarche de Free se veut un moyen de pression pour amener le géant américain Google à partager une partie des revenus qu'il tire de la publicité.
Mme Pellerin doit recevoir lundi matin des représentants de Free et de sa maison mère, Iliad, ainsi que des éditeurs, représentants de régies publicitaires et d'annonceurs.

© 2013 AFP

Il y a un an, Free faisait une entrée fracassante dans la téléphonie mobile

PARIS (AFP) - 05.01.2013 13:52 - Par Emmanuelle TRECOLLE

Il y a un an, Free, connu pour être un trublion de l'internet, faisait le pari de rapidement devenir un acteur de poids dans la téléphonie mobile, un marché jugé mature, qu'il a bousculé à coups de tarifs ultracompétitifs.
Il y a un an, Free, connu pour être un trublion de l'internet, faisait le pari de rapidement devenir un acteur de poids dans la téléphonie mobile, un marché jugé mature, qu'il a bousculé à coups de tarifs ultracompétitifs.
Le 10 janvier 2012, le patron de Free, Xavier Niel, annonçait, dans un discours très agressif vis-à-vis de ses concurrents, Orange, SFR et Bouygues Telecom, qu'il lançait une offre à deux tarifs : 19,99 euros/mois avec internet, SMS/MMS illimités et appels illimités, et deux euros mensuels pour 60 minutes de communications et 60 SMS.
Une offre très inférieure aux tarifs du secteur qui a résonné comme un coup de tonnerre de la part de celui qui avait inventé la "box" avec une offre triple (internet, téléphone, télévision) et imposé l'abonnement à moins de 30 euros, et cherche encore à bousculer les lignes en s'attaquant à la publicité.
Et qui a chahuté le marché du portable au point de provoquer une baisse durable des tarifs et de recruter 4,4 millions d'abonnés sur les neuf premiers mois de son existence, malgré quelques problèmes de réseau à ses débuts. Les analystes estiment que Free devrait dépasser les cinq millions au bout d'un an.
Iliad, la maison-mère de Free, a vu son chiffre d'affaires s'envoler, tiré par le succès de la téléphonie mobile, et espère maintenant que cela lui permette de "changer de dimension", en nombre d'abonnés et en chiffre d'affaires.
Les effets de l'arrivée de Free Mobile se font aussi durablement sentir pour la concurrence, comme pour les consommateurs.
Dans un premier temps, les autres opérateurs ont dû s'aligner, déclenchant une baisse des prix généralisés.
Puis, ils ont riposté, proposant des offres qui se différencient par leurs services (subvention pour l'achat d'un téléphone portable) et des innovations comme la 4G. Ils ont pu ainsi reconquérir une partie de leur clientèle.
Baisse du coût des communications de 15,1%
La baisse des tarifs a toutefois fait l'affaire des Français. Pour la revue "60 millions de consommateurs", l'arrivée de Free Mobile a contribué à "redonner sept euros par mois et par ménage" en pouvoir d'achat.
De son côté, l'Insee (Institut de la statistique) estimait en novembre que si les prix à la consommation avaient augmenté de 1,4% sur un an, les prix des télécommunications affichaient, quant à eux, une baisse de 15,1%.
Mais si les trois opérateurs installés ont stoppé l'hémorragie de la clientèle, la baisse durable des tarifs a eu un impact négatif sur leurs chiffres d'affaires.
Bouygues Telecom a dû annoncer un plan de départs volontaires concernant 556 postes, comme SFR qui va, de son côté, supprimer 856 postes nets pour "sauvegarder sa compétitivité".
Seul Orange a tiré son épingle du jeu grâce à l'accord d'itinérance qui le lie à Free, permettant aux abonnés de ce dernier de passer par le réseau de l'opérateur historique dans les cas où ils ne seraient pas couverts par le réseau de Free Mobile, contre monnaie sonnante et trébuchante.
Le principal enjeu pour Free est celui du réseau car plus ses propres clients sont obligés de passer par celui d'Orange plus cela lui coûte cher et entame sa rentabilité. C'est d'ailleurs la réponse qu'a toujours donnée l'opérateur aux attaques récurrentes dont il a fait l'objet sur sa supposée lenteur à créer son réseau propre.
Selon l'Arcep, l'autorité des télécoms, Free Mobile, qui doit couvrir 75% de la population française grâce à son réseau propre au 12 janvier 2015, et 90% au 12 janvier 2018, couvrait 37% de la population au 1er juillet 2012.

© 2013 AFP
Côté Free, que personne ne s'affole : cette société fait partie du groupe de 10 opérateurs de téléphonie mobile assignés en justice par la CLCV, l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers, pour cause de clauses abusives dans les contrats qu'ils imposent. Il s'agit concrètement d'Orange, SFR, Bouygues, Free, Virgin Mobile, La poste Mobile, Coriolis, Numéricâble, Prixtel et Sim Plus. Pour élargir cette information, vous pouvez cliquer sur le lien précédent.

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(1) "Par défaut", dit-on ici, et couramment, à partir de l'expression anglaise "by default". L'expression reste toujours drôle à mes oreilles car "défaut" est toute absence de ce qui serait nécessaire ou désirable ou toute imperfection ou anomalie. On s'en sert donc à l'excès. Il y en a même qui vont encore plus loin : je me rappelle une standardiste ibéroaméricaine de la compagnie de télécommunications sévissant chez moi qui, face à mes protestations vis-à-vis d'un service qu'ils prêtaient et dont je ne voulais pas, et qui plus est j'avais demandé à plusieurs reprises de ne pas recevoir, me répliqua que ce dispositif fonctionnait "por error" (par erreur). La langue de l'empire empire toujours la nôtre.

mercredi 12 décembre 2012

Roms, Sintés et Kalés en Europe, selon le rapport Billout

Un rapport d'information du sénateur Michel Billout dénonce la situation des Roms en Europe. Il a été dressé au nom de la commission des affaires européennes [nº 199 (2012-2013)] et publié le 6 décembre 2012. Son introduction signale :
« 10 à 12 millions de Roms vivraient aujourd'hui en Europe, dont environ 8 millions sur le territoire de l'Union européenne. Ils sont présents, bien qu'à des degrés divers, dans la grande majorité des États membres, sous l'effet des migrations qui sont intervenues au cours des derniers siècles, souvent dictées par les persécutions dont ils étaient victimes, et par des motifs économiques. Ces populations rencontrent aujourd'hui de graves difficultés d'intégration. Elles souffrent de discriminations multiples, qui procèdent bien souvent de l'anti-tsiganisme, lié à une profonde méconnaissance.
Le Conseil de l'Europe depuis les années 1970 et, plus récemment, l'Union européenne ont pris diverses initiatives afin de combattre les préjugés associés aux Roms et faciliter leur intégration en Europe. Mais c'est surtout après les évènements de l'été 2010 en France que le défi posé par les Roms est devenu un véritable sujet d'actualité européen, comme en témoigne la publication par la Commission en avril 2011 d'un cadre de l'Union pour les stratégies nationales d'intégration des Roms.
Il est temps aujourd'hui de passer à la vitesse supérieure. En dépit des initiatives existantes, la situation des populations roms n'a pas connu d'amélioration notable jusqu'à présent. Il convient aujourd'hui de mieux définir les responsabilités qui incombent à chacun des échelons - européen, national et local - afin de relever le défi de l'intégration des Roms sur un continent qui a fondé ses valeurs sur la démocratie, les droits de l'homme et l'État de droit. Quand on rapporte la population rom (8 millions) à la population de l'Union européenne (503 millions), la tâche ne paraît pas insurmontable, à condition de s'y atteler véritablement et de faire enfin tomber la barrière des préjugés. »
Dans I A-1 (1. Quelques repères historiques et géographiques), on peut lire :
(...) contrairement à des idées reçues, les populations roms ne sont pas nomades mais ancrées à des territoires nationaux.
Ainsi selon Henriette Asséo3(*) : « Quatre-vingts pour cent des Tsiganes européens n'ont pas bougé de leurs pays respectifs depuis deux ou trois siècles. A l'Est, et dans l'empire austro-hongrois, il n'y avait pas de nomadisme. S'il y en avait eu, vous n'auriez pas de communautés qui constituent 8 à 10 % des populations nationales. Cette histoire de nomadisme n'a aucun sens. »
En effet le nomadisme, n'a jamais été une spécificité rom. Ce sont les persécutions, les mesures d'expulsions, les grandes déportations et, de nos jours, les reconduites à la frontière qui ont obligé les Roms à sans cesse se déplacer.
Le voyage procède pour eux plus de la mobilité que du nomadisme ; il permet de s'adapter aux conditions d'emploi, comme les travaux saisonniers qui assurent leur survie. C'est aussi une manière de rassembler les familles à l'occasion d'un événement important de leur vie. Une minorité de Roms européens a choisi un mode de vie itinérant ; la majorité d'entre eux sont sédentarisés.
Si le rapport Billout vous intéresse, cliquez ci-dessous sur le lien de votre choix :

Rapport

Illustration : couverture de rapport

lundi 3 décembre 2012

Fukushima - Pétition de Tokiko Noguchi

Juste deux semaines après votre débat autour de l'énergie nucléaire, je reçois dans mon courriel cette pétition de Tokiko Noguchi qui en dit long sur la situation du département de Fukushima après la catastrophe du 11 mars 2011 :

Préfecture de Fukushima: Ne nous volez pas le choix de nous réfugier à l’extérieur du département !

Pétition de 野口時子 Tokiko Noguchi (3a 郡山)

Fukushima, Japon

Nous habitons à Fukushima. Nous avons une fille, collégienne et un fils handicapé. Ma fille entre au lycée cette année, et nous nous demandions si ça n’était pas l’occasion de déménager à l’extérieur du département pour protéger nos enfants de l’irradiation. Mais brutalement, la préfecture de Fukushima a déclaré publiquement que les appartements gratuits réquisitionnés pour les personnes souhaitant se réfugier à l’extérieur du département, n’accepteraient plus de nouvelles demandes à partir du 28 décembre 2012.
Le jour où cette décision a été rendue publique, j’ai reçu les résultats de l’échographie de la thyroïde de mon fils : A2. Les résultats étaient terribles. « Nous nous étions pourtant réfugiés le 15 mars, et nous sommes partis un mois en séjour de villégiature l’été… » (1)
De nombreux pères et mères de Fukushima vivent soucieux et se demandent s’ils doivent, afin de protéger leurs enfants, s’éloigner de leur pays natal et s’inquiètent de savoir où ils doivent déménager ? Dans le cas où ils prennent la décision de déménager hors de la préfecture de Fukushima, parce que cela est nécessaire, le fait de pouvoir avoir accès à des logements réquisitionnés (et mis à disposition gratuitement) est une aide vitale.
Le règlement concernant les logements réquisitionnés qui se trouve originellement dans la loi de protection en cas de désastre a été appliqué durant 5 années lors du tremblement de terre d’Osaka. Refuser le dépôt de nouvelles demandes d’habitation de ces logements alors que deux années ne se sont pas encore écoulées après la catastrophe est inadmissible. De plus, cette fois, la population encourt des dommages sanitaires dus à l’irradiation. Il est manifeste qu’une assistance sur un terme plus long est nécessaire.
Selon l’enquête d’opinion réalisée dans la ville de Fukushima au mois de mai, plus de 90% des citoyens ont répondu être en état de « grande inquiétude » ou « d’inquiétude moyenne » quant aux effets de la contamination interne et externe de leur famille. 34% des personnes interrogées, et 45% des ménages ayant en leur sein des nourrissons et des enfants du primaire ont répondu qu’ils « souhaitent se réfugier » (2)
De nombreuses familles, tout comme la nôtre, attendent que leur enfant ait fini leur cycle scolaire, recherche l’endroit adéquat permettant l’accueil de leur enfant handicapé, en somme choisissent le bon moment pour déménager. C’est parce que de nombreuses familles étaient dans l’expectative de la fin de l’année scolaire de leur enfant, ou dans l’attente de pouvoir rassembler les conditions d’un environnement pédagogique adapté qu’encore au mois de mars de cette année, les refuges à l’extérieur du département furent nombreux (l’année scolaire commence en avril au Japon). Nous avons toutes raisons de croire que le nombre de famille qui pensait déménager au mois de mars prochain était également considérable.
La préfecture a décidé de cesser l’acceptation de nouvelles demandes d’occupation de logements réquisitionnés en décembre de cette année, mais les réfugiés demandent l’abrogation de cet arrêt. (4)
Si nous recevons l’assistance de tous, nous pourrons rendre possible la révision de cette décision.
Nous vous remercions.

Documents de référence :
1 - Nodules en deça de 5.0mm et Kyste en deça de 20 mm
2 - http://www.city.fukushima.fukushima.jp/soshiki/7/kouchou12090501.html


3 - http://mainichi.jp/select/news/20121124k0000m040081000c.html
4 - http://www.yomiuri.co.jp/e-japan/yamagata/news/20121107-OYT8T01431.htm
5 - 
http://www.pref.fukushima.jp/imu/kenkoukanri/241118koujyousen.pdf 

Signer la pétition

Le 12 octobre 2012, la compagnie d'électricité Tepco, qui opère la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, a admis pour la première fois qu'elle avait minimisé le risque de tsunami "par peur d'être contrainte à fermer ses installations le temps d'en améliorer la sécurité.", selon PresseOcéan.fr, où l'on peut aussi lire :
"Il existait une peur latente d'une fermeture jusqu'à ce que des mesures draconiennes de sécurité soient mises en place", indique Tokyo Electric Power (Tepco) dans un rapport-confession intitulé "Politique fondamentale pour la réforme du dispositif nucléaire de Tepco", plus d'un an et demi après l'accident.
Ce rapport de 32 pages indique qu'avant même le tsunami géant de mars 2011 qui a submergé la centrale, la compagnie savait que les systèmes de défense et de protection étaient insuffisants. Elle n'avait toutefois pas agi, probablement par peur des coûts que cela allait représenter.
"Il y avait cette inquiétude que si de nouvelles et sévères mesures étaient imposées, la sécurité de toutes les centrales existantes serait devenu un sujet de préoccupation", et aurait pu "donner plus de vigueur au mouvement antinucléaire", lit-on encore.
Dans Le Monde diplomatique de décembre 2012, Agnès Sinaï vient de publier un long article bien éloquent sur l'Agence internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) dont le titre est déjà très expressif : "Un gendarme du nucléaire bien peu indépendant". Sa conclusion est claire :
« Verrouillée par la doctrine officielle, l’information sur les risques liés au nucléaire est systématiquement brouillée. Et les responsables des catastrophes atomiques demeurent impunis. »
Pensons d'ailleurs que l'AIEA, qui siège à Vienne, a deux grandes fonctions comportant un conflit de passions trop évident, une simultanéité plutôt louche : la surveillance et la promotion du nucléaire. Mine de rien, elle tiendra sa conférence ministérielle du 15 au 17 décembre justement à Fukushima.