Ce blog fournit certaines informations concernant les possibilités de pratiquer le français à travers les ressources en ligne disponibles sur les sites de plusieurs télévisions. Cliquez ci-contre pour accéder à certaines suggestions dans ce domaine.
Je voudrais souligner aujourd'hui les ressources que TV5MONDE, en partenariat avec l'Université Catholique de Louvain, Belgique et Wallonie-Bruxelles International (WBI), élabore à l'intention des élèves débutants sur son service Apprendre.tv, sous la rubrique Première classe en français avec TV5Monde.
Avant tout, n'oubliez pas de choisir "français" comme langue de lecture. TV5Monde vous propose son mode d'emploi moyennant une vidéo explicative. Si vous le visionnez, vous verrez que le site développe chaque sujet à partir de cinq modules. Chaque module aborde à son tour un canevas à quatre grands objectifs canoniques (grammaire, vocabulaire, prononciation, culture) et chaque objectif comporte quatre étapes : comprendre, repérer, structurer et s'entraîner. Les exercices sont constitués d'une consigne, d'un média de TV5Monde (une vidéo à regarder, une image, etc.) et de questionnaires là-dessus à typologie variable. Une fois validé votre questionnaire, le site vous signale le nombre de réponses correctes. On a prévu des aides -classées par thème, module ou objectif- et des transcriptions.
Voici la liste des thèmes que vous pouvez sélectionner ainsi que les modules qui en font partie :
Dire bonjour, parler de soi, trouver un logement, faire les courses... Le service Apprendre.tv de TV5Monde a été réaménagé depuis la parution de ce vieux billet et vous propose actuellement 500 exercices gratuits pour apprendre le français au niveau débutant à
partir de vidéos. L'évolution de cette plateforme a entraîné de nouveaux développements, de nouveaux modules (dont le Travail, la Santé et les Voyages) et autres collections. Accédez-y pour découvrir ces nouvelles possibilités pour les débutants !
Le jeudi 17 novembre, nous nous déplaçons à Alcalá pour notre rendez-vous annuel avec ALCINE, le Festival de Cine de Alcalá de Henares, qui nous invite à voir les courts métrages francophones de sa section "Idiomas en corto". Au programme, neuf films qu'on envisage de projeter en deux séances. La séance matinale commencera à 11h30 (café Teatro El Sueño de Lola) et celle du soir, celle qui nous concerne, aura lieu à 17h30 dans le TEATRO SALÓN CERVANTES, c/Cervantes s/n : veuillez lire une petite information à son égard, agrémentée de deux photos, en bas de cet article.
Voici le programme "Idiomas en corto" en français pour cette 41e édition du festival :
1.L’harmonie cosmique, de Jean-Marc Rohart. France, 2005. 7 min. Animation. Sélection Festival d'Annecy 2007.
Un conférencier vaincu par les pièges du langage revisite l'Histoire de l'Art.
2.La queue de la souris, de Benjamin Renner. France, 2007. 4 minutes 10. Animation. Film de fin d'études. Technique: papier découpé sur ordinateur.
Dans une forêt, une souris remonte une montagne... qui accouche en fait d'un lion. Celui-ci capture la petite bête et menace de la dévorer. La souris lui propose alors un marché désespéré dont la contrepartie éthologique est un flot interminable de victimes : quand le lion est là, les souris travaillent, dirait-on, dynamique qui ne servira pourtant aucunement à rassasier cet assis, ou couché, souhaitant se tailler la part également interminable du lion.
Coup de théâtre, le lion —le prédateur— est lié avec sa ficelle, ou tel est lié qui croyait tirer les ficelles : on dirait une suggestion déliée pour en finir d'une fois pour toutes avec la soi-disant Crise...
3.Tadeus, de Philippe Jullien et Jean-Pierre Lemouland. France, 2000. 5 minutes 30, 35 mm. Animation multiplane et papier découpé.
Dans une classe de CM1 débarque un nouveau venu. Tadeus vient de Tchétchénie et intrigue les élèves : il mange tout ce qu'on lui donne à la cantine, il est nul au foot mais se fait une copine… Les enfants le laisseront-ils entrer dans leur cercle ?
Auteur : Karim Aït Gacem.
4.Ligne de vie, Serge Avédikian. France, 2002. 13 min. Animation.
Un camp de concentration. Des bourreaux et des victimes. Présence de la mort. Jeux de concurrence pour combler le vide. Un chronomètre pour mesurer la vitesse d'exécution des travaux. On dort éveillé pour ne pas rêver. L'un des prisonniers se surpasse : il gagne, bat son record et meurt. Un autre, l'homme barbu, le remplace. Il dessine sans cesse leur vie, en cachette. Les autres l'admirent. Un soir, un gardien vient, sans rien dire. Ils se mettent à dessiner ensemble. Puis, d'autres gardiens débarquent. Le lendemain, le gardien est pendu et le prisonnier a perdu ses mains : on les lui a coupées. Mais seule la mort l'empêcherait de dessiner ; il trace malgré tout, la Ligne de vie, aux yeux de tous.
5.Tong, de David Cellier, Florent Limouzin, Arnaud Real. France, 2006. 10 min. Animation.
Un scientifique chinois très maladroit invente par hasard une machine qui désintègre et qui servira finalement à supprimer un astéroïde et, par là, à sauver la planète. Science, hasard, prestige et pouvoir...
6.Le loup blanc, de Pierre-Luc Granjon. France, 2006. 9 min. Animation.
Dans un village en lisière de la forêt, un enfant réussit à apprivoiser un loup pour en faire sa monture. Son frère et lui sont ravis, mais un jour, pour nourrir la famille, le père ramène de la chasse un gibier plus gros que d’habitude, le loup blanc.
7.Blindspot (‘Angle mort’), de Johanna Bessière, Cécile Dubois-Herry, Olivier Clert, Yvon Jardel, Nicolas Chauvelot et Simon Rouby. France, 2007. 4 min. Animation.
Un voleur entre dans une boutique. Une vieille dame qui ne voit pas très bien tente de faire ses courses... Où l'on va voir que l'on juge vraiment trop sur les apparences.
8.Merveilleusement gris, de Geoffroy Barbet Massin. France, 2003. 6 min. Animation.
Quelque part, la propriétaire du chien que les deux protagonistes, un blanc mouton et un petit lascar, vont essayer de manipuler va tromper ses deux voisins : « Tel est pris qui croyait prendre » serait encore l’adage dissimulé de cette fable à
laquelle peut également s’adjoindre la locution : « tant de bruit pour rien »… La chanson finale est délicieuse.
Note : la SPA, c'est la Société protectrice des Animaux. Un macchabée est un cadavre.
9.Premier voyage, de Grégoire Sivan. France, 2007. 10 min. Animation.
C’est le premier voyage que font ensemble un jeune papa et sa petite fille Chloé, mais c’est également celui qui fera passer les deux personnages d’état d’homme et de bébé à celui de père et fille.
Le Teatro Salón Cervantes fut bâti en
1888 et a connu dès lors deux rénovations, en 1925 et en 1989, celle-ci après son acquisition par la Communauté de Madrid. Il dispose d'un orchestre rectangulaire aménageable en salon, deux étages de loges, une scène à l'italienne et une façade Art Nouveau.
Chers débutants, si c'est le moment d'apprendre à saluer en français, il va falloir aussi faire attention à certaines pratiques sociales extralinguistiques. C'est pour cela que je vous invite à visiter une carte de France des bises : vous allez voir que le nombre de fois qu'il faut embrasser l'autre varie sérieusement en fonction des bleds. L'autre ? Traditionnellement, en dehors de la famille, c'étaient les femmes qui faisaient la bise à tout le monde alors que les hommes ne posaient leurs lèvres que sur les joues des femmes.
Le site Combiendebisesdemande à chaque internaute de participer à sa grande enquête pour savoir le nombre de bises données dans son département : le chiffre peut fluctuer de 1 à 4 (voire 5, marginalement) et mieux vaut savoir s'intégrer, le cas échéant ! Pour comprendre la profondeur de l'arcane, figurez-vous qu'un blogueur crie au secours et implore aux sociologues de nous aider à comprendre ce mystère. Je me rappelle encore l'impression que m'a produit mon premier voyage en Bretagne (il y a belle lurette !) à cet égard-là : on faisait la bise à 4 reprises...
Décidément, c'est une pratique sociale qui risque de vous laisser bouche bée, comme on vérifie en visionnant la vidéo qui suit :
L'Élysée côté jardin est un blog d'Arnaud Leparmentier, journaliste au Monde. Il y a une semaine, le 13 octobre 2011, il y commentait l'inauguration par Nicolas Sarkozy du Centre Pompidou mobile à Chaumont-sur-Marne (1),...
(...) un musée itinérant qui a choisi de présenter 14 chefs d’œuvre, pas un de plus, au public, sur le thème de la couleur.
Nicolas Sarkozy ne choisit pas la facilité, lorsqu’il partage ses sentiments, à l’issue de la visite, avec un groupe d’écoliers. "Et Klein, le monochrome orange ?", demande le chef de l’Etat. Pendant toute la visite, M. Sarkozy n’a cessé de s’extasier sur l’œuvre : un rectangle orange, daté et signé, premier monochrome de l’histoire de l’art. Elle vaut sûrement une fortune. "Ça, c’est plusieurs millions", assure le président.
Combien ça coûte ? La question revient invariablement, chez Nicolas Sarkozy, qu’il rencontre des agriculteurs ou visite un musée. "Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ?", demande le chef de l’Etat.
Art et cote. De l'argent, encore de l'argent et toujours de l'argent : voici toute l'audace de la Sarkozie. On dirait que le président français ne saurait se dispenser un seul instant —côté cour ou côté jardin— de sa formation d'excellence bling-bling —voire de se vautrer sans retenue dans sa caricature même— qui illustre de manière irréprochable le bouillon de culture pathogène où pataugent nos élites, miroir de tant d'émulations.
(1) Description extraite du site :
Le Centre Pompidou mobile est un concept muséal inédit : musée nomade, il offre à tous les publics, notamment ceux que l'on dit les plus éloignés de la culture, l'expérience irremplaçable du contact direct et personnel avec les chefs-d'oeuvre de l'art moderne. Plusieurs modules juxtaposés, conçus par l'architecte Patrick Bouchain dans l'esprit
festif des chapiteaux forains et du cirque, vont ainsi parcourir le territoire et offrir une exposition des oeuvres des plus grands maîtres de l'art moderne issues des collections du Centre Pompidou. L'itinérance du Centre Pompidou mobile commence avec une première étape de trois mois à Chaumont. Cette exposition inaugurale célébre "la Couleur" avec des oeuvres de
Matisse, Kupka, Picasso, Braque... La structure ambulante de 650 m2 est installée dans l’ancien quartier Foch, avec une ouverture six jours sur sept et dix heures par jour. L'entrée est gratuite.
Le Centre Pompidou Mobile envisage de faire le tour de France pendant deux ans.
Je vous relaie l'information ci-dessous concernant le projet "Femmes de la Méditerranée" promu par l'Institut français de Madrid. Il est question d'une exposition et d'une mise en scène de Sylvie Imbert sur le sujet. L'exposition se tiendra du mardi 18 octobre au vendredi 4 novembre. La pièce sera jouée le mercredi 19 octobre à 20h (entrée gratuite).
Pour en savoir plus, cliquez sur le lien ci-contre et accédez au site medifemmes.net.
L’exposition
« Femmes de la Méditerranée, entre tradition et modernité » est le
point culminant d’un travail de recherche et de création artistique
réalisé par les élèves et les équipes pédagogiques de 38 établissements
issus de 13 pays du pourtour méditerranéen.
L’exposition tente
de refléter, le plus fidèlement et le plus exhaustivement possible, la
variété des problématiques abordées ainsi que l’originalité des
productions réalisées par les 1280 élèves qui, de la maternelle à la
terminale, ont participé à cet ambitieux projet.
De grands axes
se sont dégagés de l’ensemble de leurs travaux, autour desquels on a pu
construire cette exposition dont l’objectif principal est de restituer
une expérience inédite : celle d’un travail collectif et simultané,
réalisé par des élèves de tous âges et de pays et de cultures
différents, sur un thème commun et une civilisation éternelle : la femme
d’hier et d’aujourd’hui dans le monde méditerranéen.
Du mardi 18 octobre au vendredi 4 novembre Galerie de l’Institut français de Madrid Entrée libre, du lundi au vendredi de 10h30 à 20h Inauguration le 18 octobre à 19h30
Dans le cadre de cette exposition, découvrez un spectacle inédit : la pièce de théâtre “Mère Méditerranée”.
Création-collage à partir des textes dramatiques d’hier et d’aujourd’hui, pour mieux connaître les femmes de la Méditerranée.
Création
et mise en scènes de Sylvie Imbert, professeur de lettres au lycée
français de Madrid. Interprétation par les élèves du lycée, actuels et
anciens.
Mercredi 19 octobre à 20h Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
« J’ai maintes fois souhaité que la honte d’avoir été le témoin impuissant d’une violence d’État haineuse et organisée puisse se transformer en honte collective. Je voudrais aujourd’hui que le souvenir des crimes monstrueux du 17 octobre 1961, sorte de concentré de toutes les horreurs de la guerre d’Algérie, soit inscrit sur une stèle, en un haut lieu de toutes les villes de France, et aussi, à côté du portrait du président de la République, dans tous les édifices publics, mairies, commissariats, palais de justice, écoles, à titre de mise en garde solennelle contre toute rechute dans la barbarie raciste. »
La date du 17 octobre 1961 reste dans l'Histoire associée à un massacre : une manifestation organisée à Paris par la Fédération de France du F.L.N. (Front de Libération Nationale ; Jabhat al-Taḩrīr al-Waţanī, en arabe) en faveur de l'indépendance de l'Algérie fut réprimée dans le sang. Les forces de l'ordre françaises, dirigées par le préfet de police Maurice Papon, tuèrent deux centaines d'Algériens par balle, à coups de matraque, étranglés ou noyés. Beaucoup des manifestants furent internés pendant quatre jours dans des centres de détention où ils auraient subi des tortures. Début octobre, Papon avait exprimé clairement qu'il couvrirait les excès policiers ; devant le personnel réuni pour les obsèques du brigadier Demoën, assassiné par le FLN, il avait déclaré dans son allocution : "Pour un coup, nous en rendrons dix."
Le 5 octobre, Papon renchérit et décréta un couvre-feu parfaitement discriminatoire car il ne concernait que les Français musulmans d'Algérie. L'appel du FLN à manifester pacifiquement serait contesté par une boucherie et Maurice Papon ne rencontrerait aucune difficulté à rester en poste jusqu'en 1967.
Pour commémorer les 50 ans de cette répression honteuse, un documentaire conçu pour le web sort justement aujourd'hui. Voici l'information que nous fournit le quotidien Le Monde, y compris un visuel interactif très pertinent intitulé La nuit oubliée :
Il y a 50 ans jour pour jour, une manifestation organisée à Paris par l'antenne française du Front de libération nationale (FLN), en faveur de l'indépendance de l'Algérie, se heurtait à une répression sanglante. Des dizaines d'Algériens sont morts dans cette confrontation avec les forces de l'ordre, alors dirigées par Maurice Papon. Le webdocumentaire 17 octobre 1961 sort aujourd'hui à l'occasion de ce triste anniversaire. A grand renfort d'images d'archives, servi par un graphisme soigné, il retrace les événements depuis leur origine et les recontextualise. Le documentaire a été réalisé par Raspouteam, une équipe de 3 geeks travaillant anonymement, spécialisés dans les événements qui ont secoué Paris. Le groupe est aussi l'auteur d'un
webdocumentaire sur la Commune et a sévi dans les rues de la capitale avec un projet d'art urbain, Désordres publics.
(Le Monde, 17/10/2011)
Geek : (Anglicisme) Personne passionnée d'informatique et de nouvelles technologies.
La nuit oubliée : Visuel interactif d'Olivier Lambert et Thomas Salva, proposé par Le Monde, comportant plusieurs documents d'intérêt dont des matériaux d'archives ou les témoignages de Khaled Benaïssa, Catherine Lévy, Khelifa Mouterfi, Rahim Rezigat, Clara et Henri Benoîts, et Georges Azenstarck : ils vécurent la répression sanglante et l'on sait très bien que les victimes gardent toujours la mémoire que les bourreaux s'évertuent —sans succès cette fois-ci, heureusement— à enterrer. Le Monde présente également une infographie contenant des clichés inédits du photographe Henri Georges qui travaillait pour le Libération de l'époque. Ces photos ont été fournies par l'historien Gilles Manceron qui commente les images. Et, en édition abonnés, on peut lire une enquête sur la manière dont l'affaire a été censurée ou étouffée par la suite. En voici un échantillon :
(...) Cantonnés habituellement aux bidonvilles de banlieue, plus de 20 000 hommes, femmes et enfants défilent alors pacifiquement dans les rues du Quartier latin, sur les Grands Boulevards, aux abords des Champs-Elysées. La violence policière est inouïe : les agents les attendent à la sortie du métro et dans les rues pour les rouer de coups en les insultant. "Les plus faibles, ceux qui étaient déjà en sang, ils les achevaient jusqu'à la mort, je l'ai vu", racontera, en 1997, Saad Ouazen lors d'une réunion de commémoration organisée par le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). Bien qu'ils n'opposent aucune résistance, des dizaines de manifestants sont tués par balles, d'autres sont noyés dans la Seine. Au total, plus de 11 000 Algériens sont arrêtés et transférés au Palais des sports ou au stade Pierre-de-Coubertin. Entassés pendant plusieurs jours dans des conditions d'hygiène effroyables, ils sont violemment frappés par les policiers, qui les traitent de "sales bicots" et de "ratons". Au Palais des sports, les internés, terrorisés, n'osent plus aller aux toilettes, car la plupart de ceux qui s'y risquent sont tués. "Trois jours comme ça, assis sur une chaise, ni à manger, ni à boire, ni une cigarette, rien du tout. Autour de moi, il y en avaitcinq ou six qui étaient blessés. On était là, on pleurait tous. On croyait tous mourir", raconte Ali Djermani dans Scènes de la guerre d'Algérie en France, de Jean-Luc Einaudi (Le Cherche Midi, 2009). Le lendemain matin, la préfecture recense officiellement trois morts - deux Algériens et un
Français de métropole. Le mensonge s'installe. Le silence, bientôt, le recouvrira. Il durera plus de vingt ans. (...) Au Sénat, la commission parlementaire demandée par Gaston Defferre est écartée avec fermeté : elle ne ferait que "jeter un peu de doute, un peu de trouble, un peu de confusion dans l'esprit
et le cœur d'un grand nombre de fonctionnaires de police", affirme le ministre de l'intérieur, Roger Frey. Le 27 octobre, Claude Bourdet, directeur du magazine France Observateur, demande - en vain - une commission d'enquête au conseil municipal de Paris. "Ce qu'il nous faut, c'est très simple et très clair : l'autorisation et suffisamment de bateaux (pour y mettre les Algériens), répond le conseiller Alex Moscovitch. Le problème qui consisterait à faire couler ces bateaux ne relève pas, hélas, du conseil municipal de Paris."
Les récits qui remettent en cause la version officielle sont censurés : Octobre à Paris, le film que Jacques Panijel tourne dans la foulée du massacre, est projeté clandestinement dans la capitale en 1962, mais les bobines sont saisies par la police - il ressort aujourd'hui en salles. François Maspero tente d'éditer un livre de la journaliste Colette Péju, mais il est interdit. L'amnistie qui accompagne l'indépendance de l'Algérie, en 1962, scelle ensuite le silence de la société française : toutes les plaintes sont classées. (...)
—Didier Daeninckx : Meurtres pour mémoire, Gallimard, coll. "Folio policier", Paris, 1998 (polar dont l'édition princeps date de 1984). Adapté au cinéma par Laurent Heyneman.
—Michel Levine, Les Ratonnades d'octobre : un meurtre collectif à Paris en 1961, 1985. Éd. Jean-Claude Gawsewitch, coll. Coup de gueule, Paris, 314 pages, 19,90 €. (Selon Wikipédia, Paulette Péju publia chez Maspero en 1961, sous le titre Les ratonnades d'octobre, un recueil d'articles de presse qui fut rapidement interdit à la vente).
—Agnès Denis et Mehdi Lallaoui : Le Silence du fleuve (documentaire), 1991. 52 minutes. Prod. Au nom de la mémoire.
—Philippe Brooks et Alan Hayling : 17 octobre 1961, une journée portée disparue. Consultant historique : J-L. Einaudi. 52 minutes, 1992. Prod. Point du jour pour Channel 4. Diffusion en France : France 3 (le 2 mars 1993) puis sur Planète câble et sur ARTE (le 17 octobre 2001).
Mise à jour du 18.10.19 - 17 octobre 1961 : le témoignage de Daniel Mermet, producteur de Là-bas, si j'y suis. À l'époque du massacre, il était étudiant aux Beaux Arts. Trente ans plus tard, en 1992, suite au livre de Jean-Luc Einaudi,La Bataille de Paris, et àla série d’émissions de Là-bas, Daniel Mermet témoignait dans le film de Philipp Brooks et Alan Hayling,Une Journée portée disparue, 1992, 52 min, Point du jour, Channel Four et France Régions 3.
—Bourlem Guerdjou : Vivre au Paradis, 1998. Film de fiction.
—Tewfik Farès : C’était le 17 octobre 1961, Opération télécité, n° 7, 26 minutes, série. Alizé prod./France 3 Paris Île-de-France Centre, diffusé le 17 octobre 1999.
—Ali Akika : Les enfants d’Octobre, 52 minutes, 2000, prod. Les Films de la lanterne. — Collectif (sous la direction d'Olivier Le Cour Grandmaison), Le 17 octobre 1961. Un crime d’État à Paris, La Dispute, Paris, 31/08/2001.
—Alain Tasma : Nuit noire, 2005. Film.
—Jean-Luc Einaudi : La Bataille de Paris, Seuil, coll. "Points histoire", Paris, 2007.
—Jean-Luc Einaudi : Octobre 1961. Un massacre à Paris, Fayard, coll. "Pluriel", Paris, 2011, 640 pages, 12€.
—Le 17 octobre 1961 par les textes de l'époque, Les Petits Matins, Paris, 2011, 128 pages, 5€. Préface de Gilles Manceron.
—Marcel et Paulette Péju : Le 17 octobre des Algériens, La Découverte, Paris, octobre 2011, 199 pages, 14€. C'est le témoignage inédit rédigé par les Péju en 1962 suivi de La triple occultation d'un massacre, de Gilles Manceron.
—Daeninckx et Maco: Octobre noir (bande dessinée), Adlibris, Anthy-sur-Léman, 2011, 60 pages, 13,50€. Préface de Benjamin Stora.
—Jacques Panijel : Octobre à Paris, documentaire inédit, interdit jusqu'en 1973 ; en salles à partir du 19 octobre 2011.
________________________________________ Mise à jour du 16.11.16 :
Films Blue Meridien Créations - Mail : bluemeridien@gmail.com __________________________________________________________________________________________________ Copie mail : de
Jean-Luc Einaudi, historien, auteur, entre autres, de La bataille de
Paris, sur le massacre des Algériens, en Octobre 1961, par la police de
Maurice Papon. ________________________________________________________ À Jean-Jacques Beryl - 07/01/2013
Bonjour, Merci
pour l'envoi de votre film "17 octobre 1961-L'ordre français"-que j'ai
regardé avec beaucoup d'intérêt et qui permet de percevoir le caractère
conflictuel du rapport à ces événements durant les vingt et
quelques dernières années mais aussi le cheminement du processus de
reconnaissance. N'hésitez pas à me contacter si besoin. Tous mes voeux
pour que votre film rencontre le meilleur accueil. Cordialement.
Jean-Luc Einaudi __________________________________________________________ Copie mail : Olivier
Le Cour Grandmaison, historien, auteur , entre autres, de La République
impériale : politique et racisme d'État, Paris, Fayard, 2009. Président de l'association 17 octobre 1961 : contre l'oubli _________________________________________________________________________
À Jean-Jacques Beryl - 18/10/2013
Cher Monsieur Mille merci et bravo pour votre beau film. Au plaisir de vous revoir et de le revoir. Très amicalement.
Olivier Le Cour Grandmaison
________________________________________ Mise à jour du 20.10.17 :
(...) en 2017, les notes de Louis Terrenoire, l’un des ministres qui soutenaient totalement la politique du général de Gaulle pour la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie, publiées dans un ouvrage émouvant de sa fille, Marie-Odile Terrenoire, Voyage intime au milieu de mémoires à vif. Le 17 octobre 1961 [3], confirment [l’existence au sein même du gouvernement du désaccord du premier ministre, Michel Debré, avec la politique algérienne du général de
Gaulle. Debré n’avait plus aucune prise sur le dossier algérien et conservait la responsabilité du maintien de l’ordre en France, et, quand, en août 1961, suite aux concessions du président sur la question du Sahara, un accord avec le FLN devenait rapidement possible, il s’est agi pour lui de lancer, a contrario de la politique de sortie du conflit choisie par le Général, une guerre à outrance contre la fédération de France du FLN].
Il y aurait eu, donc,
(...) une coupure au sein du gouvernement entre ceux qui soutenaient la volonté du
Général de reconnaître l’indépendance de l’Algérie et ceux qui étaient
en désaccord avec lui. Il en ressort que la répression de septembre et
octobre 1961 contre l’immigration algérienne ne relevait en rien d’une
volonté du chef de l’Etat, préoccupé, comme le GPRA, à mener à terme les
négociations. Il était, au contraire, à la recherche d’une forme de
réconciliation avec les nationalistes algériens, de l’établissement de
rapports de confiance avec eux, pour construire ensemble la transition
la plus pacifique possible vers une indépendance algérienne compatible
avec de bonnes relations futures avec la France. EN LIRE PLUS.
Le magazine indépendant Là-bas, si j'y suis s'est traditionnellement beaucoup penché sur cette affaire. Ce média agissant actuellement sur internet propose à son tour une nouvelle écoute de quatre de ses vieilles émissions radiodiffusées sur France Inter. La page en question, du 17 octobre dernier, contient, de surcroît, des informations, des photographies et des liens très utiles au sujet du massacre du 17 octobre 1961.
Enfin, le collectif Vérité et Justice a envoyé une lettre ouverte au Président de la République pour qu'il y ait formellement la reconnaissance du crime d'État et a lancé un appel à un rassemblement dans ce but.
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Mise à jour du 16.10.21 :
Massacres du
17 octobre 1961 : « Il s’agit bien d’un plan concerté exécuté pour des
motifs politiques et raciaux à l’encontre de civils »
L’Etat français doit réparation aux manifestants tués ce jour-là ainsi
qu’à leurs descendants qui sont des victimes de « discriminations
mémorielles et commémorielles », estime, dans une tribune au « Monde »,
l’historien Olivier Le Cour Grandmaison.
Olivier Le Cour Grandmaison, enseignant en science politique à l'université Paris-Saclay Evry-Val-d'Essonne (Tribune, Le Monde, le 15 octobre 2021)
"Pendant six semaines, Paris et plusieurs villes en Ile-de-France vivent au rythme du Tango : concerts, bals, cours de danse et de chant, cycles audiovisuels, débats, rencontres littéraires, expositions, soirées gastronomiques". Voilà ce qu'on nous annonce sur le site du festival Paris-Banlieues-Tango, qui proposera sa 14e édition et se déroulera du 12 octobre au 30 novembre 2011. Cliquez sur le lien si le sujet vous intéresse !
Nous apprenons par les journaux que le prix Nobel de Médecine 2011 a été attribué hier à trois chercheurs -Jules Hoffmann (Français d'origine luxembourgeoise), Bruce Beutler (Étasunien) et Ralph Steinman (Canadien)- pour leurs travaux sur le système immunitaire favorisant la vaccination et la lutte contre le cancer. C'est justement cette maladie qui a causé la mort de Ralph Steinman, décédé le vendredi 30 septembre d'un cancer du pancréas, soit trois jours avant l'annonce officielle de sa récompense.
Permettez-moi de reproduire le billet que les nobelisations suggèrent à Hervé Le Tellier, collaborateur quotidien du journal Le Monde :
papier de verre
On a attribué hier le prix Nobel de médecine. Mais le monde est ainsi fait qu'un Français sur trois n'a plus les moyens de se soigner, et sans doute à cause d'un prix Nobel d'économie.
"(...) C'est pourquoi quiconque cherche les véritables causes des miracles, et s'efforce de comprendre les choses naturelles en philosophe, au lieu de les admirer en homme stupide, est tenu aussitôt pour hérétique et pour impie, et proclamé tel par les hommes que le vulgaire adore comme les interprètes de la nature et de Dieu. Ils savent bien, en effet, que l'ignorance une fois disparue ferait disparaître l'étonnement, c'est-à-dire l'unique base detous leurs arguments, l'unique appui de leur autorité."
Spinoza : Éthique, partie I, proposition 36, Appendice. Traduction de Robert Misrahi.
"Les chaînes des prisonniers sont les mêmes que
celles de tous les individus qui n’ont aucun pouvoir
sur leurs vies, elles sont simplement plus visibles".
Devise du Comité d’Action des Prisonniers, 1972
Cela fait quelques mois que j'ai lu l'ouvrage de Frédéric Lordon Capitalisme, désir et servitude (La Fabrique Éditions, 2010). Je me rappelle qu'un jour, en fouillant des bouquins dans une librairie, je me suis esclaffé à la vue de ces trois synonymes alignés composant le nom d'une œuvre. Dans son essai, Lordon envisage de combiner un structuralisme des rapports et une anthropologie des passions, un mélange de Marx et de Spinoza appliqué à nos très cruelles structures sociales et économiques, et aux affects qui en découlent.
J'y pense et, imbu d'éthique spinoziste, je me dis qu'après les grèves de septembre, face à la perverse persévérance dans leur être des sympathisantes madrilènes du Tea Party, face à leurs intoxications de tout poil destinées à ternir la réputation des enseignants, il faut tenir. Je sais que le Pouvoir a le temps d'attendre beaucoup plus longtemps que les salariés, mais drôle de vie que celle perdue à se résigner ou à la gagner. Mieux vaut la résistance, donc la rébellion. C'était Spinoza le géomètre (1) qui disait :
(...) ; plus grande est la tristesse, plus grande est la puissance d'agir par laquelle l'homme s'efforce de lutter contre la tristesse (...).
(1) Celui pour qui connaître et aimer sont équivalents. Ah, la langue comme cosmovision : le verbe hébreu iodah recouvre les deux concepts. En tout cas, comme nous le rappelle Lordon, Spinoza modifie volontiers et souvent l'usage habituel des noms, notamment de ceux des affects, « pour ne pas se laisser prendre aux pièges des mots de la connaissance du premier genre » (« par expérience vague » ou compréhension affective spontanée). L'« amour » spinoziste n'est rien d'autre, insiste Lordon, qu'une « joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure » et « épouse la variété de tous les objets de satisfaction possibles, des plus modestes aux plus sociaux ».
Note du 5/10/2011 : Bien entendu, l'enjeu est mondial. N'oublions pas l'exemple du Chili, le premier laboratoire des Chicago Boys dans le monde, car on récolte toujours ce qu'on a semé et que les sévices de l'Économie sont vraiment durables. Le 28/08/1976, 24 jours avant d'être assassiné par des agents de Pinochet, Orlando Letelier (1932-1976) publia l'article "The Chicago Boys in Chile: Economic Freedom's Awfull Toll" dans The Nation. Vers la fin de son texte, il nous prévenait :
(...) concentration of wealth is no accident, but a rule; it is not the marginal outcome of a difficult situation -- as they would like the world to believe -- but the base for a social project; it is not an economic liability but a temporary political success. Their real failure is not their apparent inability to redistribute wealth or to generate a more even path of development (these are not their priorities) but their inability to convince the majority of Chileans that their policies are reasonable and necessary. In short, they have failed to destroy the consciousness of the Chilean people. The economic plan has had to be enforced, and in the Chilean context that could be done only by the killing of thousands, the establishment of concentration camps all over the country, the jailing of more than 100,000 persons in three years, the closing of trade unions and neighbourhood organizations, and the prohibition of all political activities and all forms of free expression.
While the Chicago boys have provided an appearance of technical respectability to the laissez-faire dreams and political greed of the old landowning oligarchy and upper bourgeoisie of monopolists and financial speculators, the military has applied the brutal force required to achieve those goals. Repression for the majorities and economic freedom for small privileged groups are in Chile two sides of the same coin.
There is, therefore, an inner harmony between the two central priorities announced by the junta after the coup in 1973: the 'destruction of the Marxist cancer (which has come to mean not only the repression of the political parties of the Left but also the destruction of all labor organizations democratically elected and all opposition, including Christian-Democrats and church organizations), the establishment of a free private economy and the control of inflation à la Friedman.
La concentration de la richesse n'est pas un accident, mais la règle, le but essentiel. Répression pour la majorité et liberté économique pour de petits groupes privilégiés étaient et sont, au Chili et partout, les deux faces d'une même pièce —oui, cher, très cher Granados, vous le privilégié qui nous voulez tous précaires et joyeux. Il est vrai que de nos jours, le couple soixante-dixard généraux-économistes a été remplacé par celui plus présentable de politiciens-économistes.
Notre soutien aux étudiants chiliens, bel exemple de résistance.
... car le ton dont elle parle fait retentir les bois.
Eh oui, l'ADIMAD, Assemblée générale de l'Association des proviseurs ("directores") des lycées ("institutos") de la Communauté de Madrid, qui s'est tenue avant hier 28/09/2011, a adopté le texte que je relaie ci-dessous et qui se passe de commentaires. À bonne entendeuse, salut :
La Asamblea General de la Asociación de Directores de Instituto de la
Comunidad de Madrid, reunida en el día de hoy para analizar el principio de
curso 2011/2012 constata con enorme preocupación e indignación que se han
cumplido con creces las peores previsiones en lo relativo a la organización de
los centros y a la calidad del servicio público educativo.
La aplicación de las Instrucciones de la Viceconsejería de Educación de la
Comunidad de Madrid que regulan el curso 2011/12, ha ocasionado enormes
dificultades y graves consecuencias para la organización y funcionamiento de
los centros por:
La inseguridad jurídica planteada a equipos directivos y al profesorado.
Las constantes interpretaciones contradictorias de la normativa entre los
distintos niveles de la Administración.
La improvisación e incoherencia en la aplicación de normas muy relevantes
de la legislación vigente.
La disminución de apoyos, desdobles y laboratorios en todos los grupos y
niveles de enseñanza.
La reducción muy significativa de los desdobles para prácticas en
Formación Profesional, incluso en Ciclos Formativos en los que la permanencia
en talleres los hace imprescindibles.
Los graves problemas con los cupos de profesorado para los Programas de
Cualificación Profesional Inicial que, dada su estructura, es imposible
ajustarlos a la carga horaria del profesorado.
La reducción importante de medidas de atención a los alumnos con necesidades
especiales.
La nueva reducción del profesorado del Programa de Compensatoria .
La reducción drástica de las horas de atención al alumnado por carecer
del número suficiente de profesores de guardia.
Las dificultades para el desarrollo de Planes de Convivencia, de Acción
Tutorial, de Orientación Académica y de Mejora e Innovación Educativa.
El cierre de Bibliotecas escolares
La desaparición de las horas necesarias para la preparación y realización
de actividades complementarias tales como: visitas culturales, intercambios
escolares, viajes de estudio etc.
El aumento de profesores que imparten asignaturas no propias de su
especialidad y de profesores que imparten docencia en varios centros
simultáneamente.
La disminución del número de grupos de materias optativas.
Las enormes dificultades para mantener a los coordinadores de los
programas de las nuevas tecnologías
Las Instrucciones de 4 de julio no solo han situado a los Institutos
públicos en la excepcionalidad permanente como si estuviéramos en un estado de
emergencia nacional, que sólo pudiera arreglarse con el sacrificio de la
enseñanza pública, sino que, además, los profesores estamos sufriendo una
campaña de descrédito sin precedentes, con continuas vejaciones, humillaciones
e insultos por parte de nuestros máximos responsables, que parecen instalados
en la mentira como única forma de justificar sus decisiones atropelladas, mal
medidas y peor ejecutadas. Los hechos acaecidos y las actuaciones de la
Consejería de Educación en este inicio de curso no han hecho más que agravar
una situación, ya de por sí preocupante y difícil.
Las “instrucciones orales” dictadas de forma improvisada y contradictoria
por la Consejería, contravienen lo dispuesto en su propia normativa en temas
como el de la Tutoría, y en la asignación de las horas complementarias de los
profesores, y deja a los equipos directivos y al profesorado en una situación
de indefensión jurídica impropia de un Estado de Derecho.
La forma de legislar y de actuar de la Consejera de Educación de Madrid
parece que solo pretende deteriorar la escuela pública, menospreciando el nivel
de calidad alcanzado en nuestras aulas.
Ante esta grave situación, los Directores de Institutos públicos de la
Comunidad de Madrid queremos:
1.- Resaltar las enormes dificultades habidas en la puesta en marcha de
este curso por la aplicación de las citadas Instrucciones y por la actuación
inadecuada de la Consejería de Educación.
2.- Reivindicar la labor docente realizada en los últimos quince años en la
escuela pública en cuanto a:
Integración de un alumnado diverso.
Consolidación de planes de convivencia.
Desarrollo de programas de innovación didáctica.
Mejora de resultados académicos.
3.- Reconocer el esfuerzo, compromiso y la comprensión de padres, alumnos y
profesores en defensa de una escuela pública de calidad.
4.- Pedir a la Presidenta de la Comunidad de Madrid y a la Consejera de
Educación mayor sensibilidad y respeto hacia los profesores y apoyo firme y
decidido a la enseñanza pública, soporte fundamental de una sociedad justa,
igualitaria y democrática.
Las circunstancias que estamos viviendo, están suponiendo una enorme
dificultad para gestionar los centros, una seria desmotivación y un gran
malestar en los Claustros de profesores y una profunda preocupación por el
futuro de la enseñanza pública en nuestros alumnos y sus familias.
De ahí que resulte imprescindible aprovechar la ocasión para plantear la
necesidad de un debate sereno y constructivo sobre la enseñanza que necesitamos
y queremos.
No es necesario reiterar nuestra opinión sobre las Instrucciones,
manifestada en la Asamblea de Directores celebrada el día 8 de julio, en las
que mostramos nuestro profundo rechazo y pedimos su retirada, ni tampoco
señalar los esfuerzos de los equipos directivos por minimizar su impacto
negativo en los Institutos, pero sí manifestar que la gestión que de sus
propias Instrucciones ha hecho la Consejería de Educación ha sido nefasta. En
consecuencia, por responsabilidad, y dada la altanería, maledicencia e insolvencia
de la Consejería, hemos de reiterarnos en nuestra petición formulada en el mes
de julio, y que no es otra que la destitución inmediata de la Consejera de
Educación.
Madrid a 28 de septiembre de 2011
Complétons l'info par une suggestion littéraire. Si vous lisez les Fables de La Fontaine, concrètement le Livre III, 3, vous tomberez sur celle que je vous colle ci-dessous [après l'avoir copiée sur le site www.lafontaine.net, auquel je rends hommage]. Elle s'intitule...
LE LOUP DEVENU BERGER
C’est Verdizotti, le secrétaire du Titien qui, dans son livre paru en 1570 «
Cento favole morali » a écrit le poème « Il Lupo e le Pecore » qui servira
de base de travail à La Fontaine. Verdizotti fut le
premier à écrire des récits ésopiques en langue vulgaire.
Un loup,
qui commençait d'avoir petite part
Aux brebis de son voisinage,
Crut qu'il fallait
s'aider de la peau du renard,
Et faire un nouveau personnage.
Il s'habille en
berger, endosse un hoqueton,
Fait sa houlette d'un bâton,
Sans oublier la cornemuse.
Pour pousser jusqu'au bout la ruse,
Il aurait volontiers
écrit sur son chapeau:
«C'est moi
qui suis Guillot, berger de ce troupeau.»
Sa personne étant ainsi faite,
Et ses pieds de
devant posés sur sa houlette,
Guillot le sycophante
approche doucement.
Guillot, le vrai
Guillot, étendu sur l'herbette,
Dormait alors profondément;
Son chien dormait
aussi, comme aussi sa musette:
La plupart des brebis
dormaient pareillement.
L'hypocrite les laissa faire;
Et pour pouvoir
mener vers son fort les brebis,
Il voulut ajouter
la parole aux habits,
Chose qu'il croyait nécessaire.
Mais cela gâta son affaire,
Il ne put du pasteur
contrefaire la voix.
Le ton dont il parla
fit retentir les bois,
Et découvrit tout le mystère.
Chacun se réveille à ce son,
Les brebis, le chien, le garçon.
Le pauvre loup dans cet esclandre,
Empêché par son hoqueton,
Ne put ni fuir, ni se défendre.
Toujours par quelque
endroit fourbes se laissent prendre Quiconque est loup agisse en loup:
C'est le plus certain de beaucoup
S'aider
de la peau du renard: Agir avec ruse. Expression
proverbiale du temps de La Fontaine qui fait référence à
la ruse du renard. Elle remonterait au moins à Plutarque qui écrivait
dans « Les vies des hommes illustres », chapitre XI «
Quand la peau du lion n'y peut fournir, il y faut coudre aussi celle du
renard. Jacques Schiffrin note que dans sa « Lettre à Monsieur
de Turenne », La Fontaine écrit « Quoi ! la bravoure
et les matoiseries ?... / Vous savez coudre . . . / Peau de lion avec
peau de renard » (« La Fontaine - OEuvres complètes,
tome I » ; préface par E. Pilon ; édition établie
et annotée par R. Groos et J. Schiffrin ; NRF Gallimard ; bibliothèque
de la Pléiade ; 1954, p. 692).
Un
hoqueton: Une casaque paysanne faite de grosse
toile, courte et sans manches (le mot provient de l'arabe al-qoton, signifiant
« le coton »).
La
houlette est ce bâton de berger se terminant
à une extrémité par un petit fer en forme de bêche
(pour envoyer des mottes de terre aux moutons trop aventureux) et à
l'autre par un crochet permettant de saisir les animaux par une patte.
La
cornemuse: Les bergers utilisaient couramment
cet instrument de musique à vent composé de tuyaux à
anches et d'une outre destinée à emprisonner l'air qui sera
ensuite libéré au gré du musicien.
Guillot:
Diminutif de Guillaume. On le retrouve souvent chez
La Fontaine, par exemple dans « Le Berger et son troupeau »
(Livre IX, fable 19, vers 12 et 23) mais aussi dans un conte « Le
baiser rendu » (troisième partie, conte 9, vers 1, 5, 10
et 11).
Le
sycophante: Le sens de fourbe, trompeur est
déjà donné par les comiques latins - dont Plaute
- à ce mot d'origine grecque désignant les délateurs
professionnels
La
musette: Désigne ici la cornemuse.
Le
fort: Le repaire d'une bête sauvage.
Que
quiconque est loup agisse en loup: La Fontaine
reprendra le thème dans son opéra « Le Florentin »
« Car un loup doit toujours garder son caractère» écrira-t-il
au vers 5.
Au mot "sycophante" La Fontaine ajouta une note en bas de page dans son texte originale : "Trompeur".
Il est possible aussi de trouver sur le Net des versions vidéo de cette fable —la domination masculine traditionnelle rendant franchement improbable la conception d'une fable plus ciblée genre La louve devenue bergère, défi qui pourrait être relevé par les nouvelles générations.
Grâce à la collaboration d'une trentaine d'institutions européennes, le site linguanet-worlwide.org propose une aide en ligne pour initier les adultes souhaitant apprendre gratuitement de nouvelles langues.
Qu’est-ce que Lingu@net World Wide ? Laissons-les parler :
Lingu@net World Wide est un centre de ressources linguistiques multilingues, destiné à l’apprentissage des langues étrangères. Il propose des informations et des liens vers une sélection de ressources en ligne pour l’apprentissage et l’enseignement des langues provenant du monde entier.
Lingu@net World Wide est fondé sur le principe suivant : si
vous apprenez ou enseignez une langue, vous êtes susceptible d’être
intéressé non seulement par les ressources que vous pourriez trouver en
faisant des recherches dans votre langue maternelle, mais encore par
d’autres ressources dans les langues que vous êtes capable de
comprendre. Lingu@net World Wide offre un accès multilingue à plus de 3.500
ressources en ligne cataloguées, destinées - pour la plupart d’entre
elles - spécifiquement aux apprenants. Il propose également une
assistance aux apprenants adultes sur les sujets suivants : comment
apprendre une langue, comment évaluer son niveau ou comment communiquer
en ligne avec d’autres apprenants. Ces différentes rubriques ont été
élaborées par des spécialistes de l’apprentissage des langues issus de
l’Europe entière. L’ensemble du site est à présent accessible en allemand,
anglais, arabe, basque, bulgare, catalan, chinois, danois, espagnol,
estonien, finnois, français, galicien, grec, hindi, hongrois, irlandais,
islandais, italien, japonais, letton, lituanien, maltais, polonais,
portugais, roumain, russe, slovaque, slovène, suédois et tchèque.
Lingu@net World Wide est un projet porté par 34 institutions issues de 25 pays européens.
En fait, le site donne accès aujourd'hui (ça bouge) à "4 819 ressources certifiées pour leur qualité" (sic). Vous pouvez affiner vos fouilles en fonction de plusieurs variables, telles la langue source, la langue cible, le niveau d'aptitude (débutant, intermédiaire, avancé), le type de recherche (cours, chansons, journaux, radio,...), les aptitudes et compétences (vocabulaire, prononciation, orthographe, grammaire, expression écrite, expression orale,...) ou le secteur professionnel pour lequel la ressource pourrait être utile ou pertinente (droit, éducation, agriculture, environnement, ingénierie, sciences, technologie, art...). Plan du site :
En suivant les différents menus et leurs filières successives, vous pouvez accéder à d'innombrables possibilités. Vous souhaitez, par exemple, faire un test en ligne pour mieux connaître votre niveau en FLE ou seconde ? Cliquez dessus...
Au cas où il y aurait encore beaucoup de braves gens ignorant les raisons de la rage de l'École publique madrilène contre ses dirigeantes, je vais me permettre d'utiliser "Sem compromisso", une chanson de Geraldo Pereira (1918-1955) qui date de 1943, en guise de jeu à portée illustrative. Nombreux sont les Brésiliens convaincus que Chico Buarque de Holanda en est l'auteur. En fait, il l'a rendue célèbre dès qu'il l'incorpora à son répertoire. Choisissons donc la fine interprétation de Chico, cette fois-ci en duo avec Mart'nalia, collaboration extraite du délicieux DVD Mart'nalia em Berlin de 2009 —qui fait partie des extras du DVD et du CD homonyme.
Quand au jeu, je vous propose de faire un effort musclé de fantaisie : imaginons maintenant que ce sambinha ne soit qu'un vaudeville "chulapo" à trois personnages dont...
Você (Vous ou toi) : Esperanza Aguirre (présidente de la Communauté privatisable de Madrid) ou Lucía Figar (Conseillère d'Éducation privée mode d'Emploi*), peu importe —tanto faz. Eu (Moi) : le service public en général, ou l'enseignement public, peu nous chaut. Ele (Lui) : le domaine privé, ou l'enseignement privé, à votre aise.
La chanson, la pièce, occupe les premières 2 minutes 46 secondes de la vidéo qui suit :
Traduction personnelle à la va-vite :
Você só dança com ele / E diz que é sem compromisso / É bom acabar com isso / Não sou nenhum Pai-João / Quem trouxe você fui eu / Não faça papel de louca / Prá não haver bate-boca dentro do salão / Quando toca um samba / E eu lhe tiro pra dançar / Você me diz: Não, eu agora tenho par / E sai dançando com ele, alegre e feliz / Quando para o samba / Bate palma e pede bis
Tu ne danses qu’avec lui / Et en plus, tu m’ dis Écoute ! / Arrête de déconner / Chuis pas tout à fait benêt / C’est moi qui t’amène ici / Joue pas le rôle de loufoque / Pour pas que ça barde un brin dedans le salon / Quand r’sonne la musique / Et qu’ j’te dis de venir danser / Tu répliques Non !, j’ai déjà mon partenaire / Et tu r’danses avec lui, allègre et ravie / Quand le tube se termine / Battant des mains, t’implores un bis
* Depuis cette année 2011, les Friedmaniens ou Friedmanites au pouvoir à Madrid appellent "Consejería de Educación y Empleo" la vieille "Consejería de Educación".
Frédéric Lordon glosait vendredi 16, sur Là-bas, si j'y suis, l'histoire récente de la Finance mondiale et ses dégâts : en bref, somptueuse et arrogante, elle s'est mangé un gadin qui fera date, mais elle a la mauvaise habitude de ne jamais choir seule : elle le fait toujours en compagnie. Une fois survenus les ravages économiques et sociaux qu'il évoquait (récession carabinée, chômage, contraction du crédit, envolée des déficits et des dettes), la Finance foldingue exige l'ultrarigueur... publique.
Et les vautours sentant le sang se déchaînent à travers la planète, lancent leur croisade privatisatrice globale en vue de se ruer sur l'affriolante manne de toutes les niches qui n'ont pas encore été exploitées, monétisées. Les effets en sont partout pareils ou analogues et donc, en matière d'enseignement, en France comme en Espagne, les établissements privés ont également très soif, une capacité d'absorption archimédéennement proportionnée aux surcoûts et au dépouillement qu'elle déclenche, et une idéologie qui ne plaisante pas non plus.
Qu'en est-il donc de l'École publique française ? Laissons s'exprimer à cet égard un groupe d'enseignants de l’Éducation nationale. Ce collectif excédé
dénonce « l’abandon par l’État de sa mission de service public
d’éducation ». Aujourd’hui, « l’école est nue », selon eux.
Je vous propose la lecture complète du Manifeste contre le dépouillement de l'école publique qu'ils ont rédigé et que l'on peut signer :
Manifeste contre le dépouillement de l’école
Nous,
collectif contre le dépouillement de l’école, déclarons que les
« réformes » appliquées à l’Éducation nationale n’ont de réforme que le
nom, et qu’elles masquent en réalité, le plus insupportable, le plus
dangereux des dépouillements. Aujourd’hui, selon une logique comptable
et technocratique à courte vue, les fondements de l’école républicaine
sont menacés, et l’idéal d’une éducation de qualité pour tous sapé à la
base.
Nous proclamons aujourd’hui que « l’école est nue ».
Nue non seulement parce qu’elle est privée de moyens financiers, mais
aussi et surtout parce qu’elle est amputée progressivement de son sens,
expurgée de la visée humaniste qui, depuis les Grecs, lui donne son nom
d’« école ».
L’école est dépouillée quand le gouvernement tarit les concours de
recrutement de professeurs, quand il n’assure plus la relève des
enseignants retraités, ni les remplacements de professeurs malades ou en
congé, et qu’il fait appel à des « viviers de vacataires » non formés
et corvéables à merci.
L’école est abandonnée, quand l’État se décharge de son financement
sur les collectivités locales, supprime la carte scolaire et impose
l’« autonomie des établissements », instaurant de telles inégalités
entre académies, filières et élèves, qu’il bafoue ses principes
républicains.
L’école est dégarnie, quand elle est vidée de sa présence humaine
(surveillants, conseillers d’orientation-psychologues, médecins et
infirmiers scolaires, assistants sociaux, assistants pédagogiques…),
remplacés par des caméras de surveillance et autres portiques de
sécurité.
Les professeurs sont démunis, placés devant des élèves sans formation
pratique sérieuse quand ils débutent ; obligés, au détriment de la
qualité de leurs cours, d’assumer des tâches de plus en plus
nombreuses ; sommés, dans certaines filières « réformées », de se
convertir à des disciplines qu’ils ne maîtrisent pas en l’espace de
quelques semaines ; travaillant souvent sans manuel scolaire et sans
savoir à quel examen ils préparent les élèves, car les nouveaux
programmes sont appliqués dans la précipitation ; contraints de
bricoler, de s’agiter, de faire semblant, de s’adapter à tout et surtout
à n’importe quoi sous couvert d’innovation pédagogique.
Les professeurs sont destitués, désormais recrutés, selon leur
conformité idéologique au modèle du « fonctionnaire responsable »
davantage que pour leur maîtrise d’un savoir ; bientôt réduits à des
employés lambda, privés de l’essentiel de leur liberté pédagogique,
soumis à une concurrence absurde ; obligés pour mendier des moyens de
vendre leurs « projets » comme une soupe, et de se battre contre
d’autres professeurs pour conserver leurs heures de cours ou leur poste.
Les élèves sont spoliés, parqués à 35 ou 40 dans les classes, livrés à
la loi des « flux », broyés dans la masse ; privés de centaines
d’heures de cours dans les différentes disciplines, au profit
d’activités-gadgets ; privés de dispositifs efficaces de soutien ; leurs
familles rendues responsables de leur échec via des « contrats de
réussite » ou des « stages d’été » inadaptés.
Les élèves sont appauvris parce qu’on leur refuse d’apprendre le
latin et le grec, les langues dites « rares » (c’est-à-dire toutes
hormis l’anglais), les arts et ce qui n’est pas « rentable » ; parce que
les nouveaux programmes leur proposent de l’anglais sans Shakespeare,
de l’histoire sans passé, du français sans grammaire, des mathématiques
sans démonstration – toujours moins de culture, et plus de procédures.
Les élèves sont dépecés, eux que l’on doit calibrer avec des
« items » selon les nouvelles « grilles de compétences », comme si
l’intelligence humaine pouvait se découper en tranches ; eux à qui l’on
doit inculquer un « socle commun de connaissances et de compétences »
davantage fondé sur l’idéal de l’O.C.D.E que sur celui de Montaigne.
Aujourd’hui nous appelons tous les « dépouillés » de l’Éducation
nationale à nous rejoindre. Professeurs, parents, élèves, citoyens, il
est encore temps d’inverser le cours délétère des pseudo-« réformes »
qui transforment l’école en garderie sociale et transfèrent ses missions
vers le secteur privé, au profit des plus riches et des mieux informés.
Il suffit d’une volonté politique, celle de démocratiser le savoir,
jadis portée par un Condorcet, un Jules Ferry, ou le comité national de
la Résistance (qui a produit la commission Langevin-Wallon). Nous en
appelons aux responsables politiques français, pour qu’ils agissent
résolument contre le dépouillement de l’Éducation nationale.
Vidéo insérée postérieurement sur les aventures des petits Télémaque de l'école sarkozyste lors de la rentrée 2011 :