vendredi 18 mars 2011

Exposition Brassens ou la liberté - Cité de la Musique

 Empanaché d'indépendance et de franchise ;
Edmond Rostand : Cyrano de Bergerac ; Premier acte, Scène IV, 377.

Georges Brassens naquit à Sète, dans l'Hérault, le 22 octobre 1921, et mourut à Saint-Gély-du-Fesc, tout près : 42 kms plus au Nord, le 29 octobre 1981. Donc, il aurait eu 90 ans dans quelques mois. Et comme il est fréquent lors de certains anniversaires, on en profite pour organiser des événements ; à cette échéance, c'est la Cité de la Musique qui a décidé de rendre hommage à ce compositeur et interprète moyennant une exposition, Brassens ou la liberté, que l'on peut visiter du 15 mars au 21 août. Cette institution s'explique ainsi sur son site :
Dans la continuité de plusieurs expositions visant à éclairer le parcours de figures emblématiques de la scène musicale du xxe siècle, en France et à l’étranger : « We want Miles » (autour de Miles Davis, en octobre 2009), « Gainsbourg 2008 » (2008), « John Lennon, unfinished music » (2005), « Pink Floyd Interstellar » (2004), « Jimi Hendrix Backstage » (2003), la Cité a souhaité rendre hommage à un monument de la culture musicale française : en 2011, Georges Brassens, mort il y a tout juste trente ans, aurait eu 90 ans.
Qui ne connaît pas Brassens ? Tout le monde a chantonné un jour l’une de ses chansons : Le Gorille, Les Amoureux des bancs publics, Auprès de mon arbre et bien d’autres. L’homme est installé dans la mémoire collective avec l’image parfois consensuelle du père tranquille que l’on chante en famille au coin du feu ou celle de l’ami qui nous rassure.
Il est temps de redécouvrir que derrière la figure fleurant bon la France d’antan, se cache un individu rare, hautement lettré, fin connaisseur des grandes figures de la poésie française, (...).
En effet, Brassens était singulier, intelligent, drôle, égrillard, foncièrement indépendant, swingueur, chantre des plus vulnérables, casseur des topiques bien-pensants, contempteur des grands pouvoirs et des cons qui les soutiennent ; bref, anticlérical. Et capable d'une puissance linguistique inexorable par-dessus le marché. J'adhère donc à toute initiative destinée à faire connaître un auteur de sa trempe notamment aux plus jeunes.

Clémentine Deroudille et Joann Sfar sont les deux commissaires de cette exposition. À propos des nouveautés qu'elle affiche, Deroudille a confié à Bernard Loupias (cf. Le Nouvel Observateur, 10-16 mars 2011, page 14) :

« Serge Cazzani  (1) a bien voulu nous prêter les premiers cahiers d’écriture de Brassens, tandis que qu’Agathe Fallet nous a confié la correspondance entre René Fallet et Brassens, mais aussi des classeurs de travail où l’on voit naître certaines de ses chansons et leur lente élaboration. Ainsi ces vingt-cinq versions de "l’Orage". J’ai aussi trouvé son fameux carnet de bord, de 1963 à sa mort en 1981. On oublie aussi trop souvent à quel point Brassens, qui apparaît aujourd’hui comme une institution, s’est heurté à des réactions violentes ; que nombre de ses chansons ont été interdites à la radio. Nous avons retrouvé et nous montrons les ridicules fiches de censure de l’ORTF… »

Deux radios publiques faisant partie du groupe Radio France, Radio France internationale et France Inter, se sont aussi penchées sur cette exposition temporaire. Cliquez sur les liens pour accéder aux informations, photos, vidéos, etc.
Je vous insère ci-dessous la vidéo d'une vieille interprétation de L'Orage où l'on voit un pétillant Georges Brassens :

Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
Le beau temps me dégoute et m’fait grincer les dents
Le bel azur me met en rage
Car le plus grand amour qui m’fut donné sur terr’
Je l’dois au mauvais temps, je l’dois à Jupiter
Il me tomba d’un ciel d’orage...



(1) Neveu de Brassens et ayant droit du chanteur.

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