mardi 23 janvier 2018

Nouveau rapport d'Oxfam sur l'obscénité de la pompe à richesses

« Lorsque je suis tombée enceinte, la direction m'a transférée dans
l'entrepôt. Il y avait plein de boîtes de chaussures, que je devais
étiqueter. Avec dedans de très belles chaussures idéales pour mon fils.
J'aimerais les voir à ses pieds un jour, mais c'est impossible.
Je sais qu'il en voudrait, je suis triste pour lui. Ce sont des chaussures
vraiment belles. Mais mon salaire mensuel ne couvre même pas
le prix d'une paire. »
Lan, couturière, Vietnam.



La citation précédente a été extraite d'un rapport d'OXFAM consacré aux inégalités de richesses, publié hier, lundi 22 janvier 2018, qui nous a confirmé nos vieilles constatations, y compris le principe d'Archimède :
Le nombre de milliardaires a connu l'année dernière sa plus forte hausse de l'histoire, avec un nouveau milliardaire tous les deux jours. Leur richesse a augmenté de 762 milliards de dollars en douze mois. Ce boom incroyable équivaut à sept fois le montant qui permettrait de mettre fin à la pauvreté extrême dans le monde. 82% des richesses créées dans le monde l'année dernière ont bénéficié aux 1% les plus riches, alors que la situation n'a pas évolué pour les 50% les plus pauvres.
Eh oui, 82 % des richesses créées dans le monde l'année dernière ont bénéficié aux 1 % les plus riches. 99 est, donc, un autre pourcentage...
Dans un autre rapport, Oxfam avait déjà corroboré, l'année dernière (16/01/2017), que...
Seuls huit hommes détiennent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes qui représentent la moitié la plus pauvre de l’humanité.
Dans le pays modèle de cette aubaine (pour les milliardaires),...
Les trois personnes les plus riches aux États-Unis possèdent autant que la moitié la moins bien lotie de la population américaine [sic] (quelque 160 millions de personnes).
J'en profite pour rappeler que le gentilé correspondant à États-Unis est en français états-unien(ne), voire étasunien(ne), quitte à vouloir dire quelque chose d'autre : il y a des synecdoques qui empirent...

Les auteur-e(s) du rapport publié hier, à l’occasion du énième Forum annuel de l’élite politique et économique à Davos (indicateur de progrès lamentable), sont Diego Alejo Vázquez Pimentel, Iñigo Macías Aymar et Max Lawson. Dans l'introduction de leur travail, ils concluent :
Les travailleuses et travailleurs pauvres s'échinent sur des tâches dangereuses et mal rémunérées pour alimenter l'extrême richesse d'une minorité. Les femmes occupent les postes les plus difficiles tandis que la quasi-totalité des grandes fortunes sont entre les mains d'hommes. Les États doivent créer une société plus équitable en privilégiant la main-d'œuvre ordinaire et les petits producteurs et petites productrices de denrées alimentaires, et non les riches et les puissant-e-s.
Oxfam tient à remercier Deborah Hardoon, Alex Maitland, Nick Bryer, Milena Dovali, Erinch Sahan, Franziska Mager, Rowan Harvey, Francesca Rhodes, Diana Sarosi et Helen Bunting pour leur participation, ainsi qu'un groupe d'experts pour leur généreuse contribution, concrètement Christoph Lakner, Branko Milanovic, Brina Seidel, Jason Hickel, Danny Dorling, Jessica Woodroffe, Abigail Hunt, Alison Tate, Gemma Freedman, Maura Leary, Kate Pickett, Isabel Ortiz, Mike Savage, Gabriel Zucman, Jonathan Ostry, Lucas Chancel, Patrick Belser, Ana Ines Abelenda, Paul Segal et Chris Hoy.

Le site d'OXFAM vous permet d'accéder à (et télécharger) la totalité ou un résumé de ce rapport, intitulé Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent.
On peut disposer également de sa note méthodologique. Celle-ci revient sur les trois domaines de recherche qu'Oxfam a étudiés dans le cadre de ce nouveau rapport :
1. Les tendances en matière de revenu et de richesse des plus fortunés et les estimations concernant leur évasion fiscale.
2. La perception du public quant aux inégalités dans dix pays.
3. La comparaison entre les dividendes versés aux actionnaires, la rémunération des PDG et la rémunération du reste des travailleurs.
En matière de nababs, vous pouvez accéder à la liste Forbidable qui est une des sources du rapport d'Oxfam.
La parution de Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent a été aussi relayée par d'autres moyens de communication comme demotivateur.fr ou Le Monde.

La sangre se me revela / Cuando me pongo a pensar / Que aquí unos tienen de tó / Y otros no tienen de ná, ay lereleile...

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