dimanche 28 octobre 2012

Le Trésor de la langue française, en ligne

Le Trésor de la langue française —dictionnaire rédigé par cent chercheurs de 1962 à 1994, en 16 volumes et un supplément, et publié en version imprimée entre 1971 et 1994, date de parution du dernier tome— vient d'être mis en ligne sur le site d'Analyse et Traitement informatique de la Langue française (ATILF), en partenariat avec le CNRS et l'Université de Lorraine.
Pour vos consultations, gratuites, vous pouvez...

    taper le mot exactement (ex. éléphant) ou phonétiquement (ex. éléfan)
    omettre les accents (ex. elephant, elefan).
    omettre les tirets des mots composés (ex. porte monnaie, portemonnaie).
    taper des mots fléchis (ex. écriront, généraux, végétales)


Exemple d'entrée :

PÉTONCLE, subst. masc.
ZOOL. Mollusque lamellibranche comestible à coquille bivalve arrondie, vivant dans la Manche et l'océan Atlantique. Ce sont surtout les coquilles Saint-Jacques et de nombreuses espèces de petits coquillages: coques, praires, pétoncles, palourdes, oursins, etc., qui sont pêchées sur des gisements naturels. Tous ces mollusques, sauf les coquilles Saint-Jacques, font surtout l'objet de commerce d'ordre local (BOYER, Pêches mar., 1967, p.79). V. pinne ex.
Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1415 poitoncle (Archives hist. de la Saintonge et de l'Aunis 32 (1902) ds P. RÉZEAU, Sources du vocab. poitevin-saintongeais, colloque de Nantes, 16-18 févr. 1984); 1551 petoncle (COTEREAU, tr. Columelle, VIII, 16 ds HUG.). Empr. au lat. pectunculus, dimin. de pecten «peigne, peigne de mer» (pecten*).


C'est notre "zamburiña".

mardi 23 octobre 2012

Terres communes : la vie, la rue, la mort

Hiver, printemps, été, automne... La vie, la rue, la mort...

"Terres Communes est un web-documentaire consacré à un mouvement de solidarité singulier. À Marseille et à Paris, des citoyens, regroupés en collectifs, accompagnent des gens de la rue jusque dans la mort."

Le documentariste et journaliste Emmanuel Vigier a suivi dans la rue, pendant plus d'un an, des bénévoles du collectif Terres communes. Selon l'information que je viens de lire sur Le Monde, ils organisent même...
(...) des hommages aux défunts afin de leur conserver un nom et une dignité. Sensible et engagé, cet objet multimédia allie vidéos, photos, textes et sons. Mis en ligne depuis lundi, le projet a fédéré de nombreux soutiens, y compris de contributeurs privés, à travers une souscription sur le site KissKissBankBank.
"Terres communes est un documentaire conçu pour le Web, forme qui est, selon moi, la plus adaptée au contenu et à ma démarche : rendre visible l'invisible, faire mémoire, faire lien", explique Emmanuel Vigier. "Cette forme permet en effet d'approcher de plus près et de façon plus sensible - pour l'auteur tout comme pour le spectateur internaute - la démarche de ces hommes et de ces femmes. Des éléments apparaissent, disparaissent.... Autant de fragments choisis qui révèlent ces liens possibles entre ceux qui aident et ceux qui sont dans la rue, entre des vivants et des morts." Une diffusion sous d'autres formes que sur Internet est envisagée : des projections en salles de cinéma aujourd'hui, et par la suite une installation et une exposition photo.
C'est une co-production ZINC - LES FILMS DU TAMBOUR DE SOIE.

jeudi 18 octobre 2012

ALCINE42 et ses courts métrages en français

Le lundi 12 novembre (ou le jeudi 15, pour les élèves du matin), nous nous déplaçons à Alcalá pour notre rendez-vous annuel avec ALCINE, le Festival de Cine de Alcalá de Henares, qui nous invite à voir les courts métrages francophones de sa section "Idiomas en corto". Au programme, cinq films qu'on envisage de projeter en deux séances. La séance matinale commencera à 11h30 et celle du soir, celle qui nous concerne, aura lieu à 17h30 dans le TEATRO SALÓN CERVANTES, c/Cervantes s/n : veuillez lire une petite information à son égard, agrémentée de deux photos, en bas de cet article.

Voici le programme "Idiomas en corto" en français pour cette 42e édition du festival :

1. Carlitopolis, de Luis Nieto. France. 2005. 4 min. Animation.
Court métrage humoristique primé lors du festival CLAP89 de la MJC de Sens. C’est une performance où Luis Nieto joue avec sa souris Carlito et nous invite à réfléchir sur la vérité de l’image : qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est faux ?


2. Émilie Muller, troisième film d’Yvon Marciano. France. 1993. 21 min. Fiction.
Tourné aux Studios de Boulogne, le film raconte le bout d'essai d'une jeune comédienne, Émilie Muller.


3. La leçon de natation, de Danny de Vent. France. 2008. 9 min. Animation.
Jonas, cinq ans, s'apprête à suivre son premier cours de natation. Alors qu'il tente de fuir cet endroit qui l'effraye, il tombe dans le grand bain… Retenu par ses brassards, Jonas découvre la piscine, lieu chaotique peuplé d'étranges créatures ; il ne pourra compter que sur lui-même pour se tirer de ce mauvais plongeon.
Une expérience fondatrice, terrifiante et fantastique, menée en solitaire, comme tous les apprentissages. Extrait :


4. La lettre. Réalisation de Michel Gondry. France. 1998. 14 min. Fiction.
À l’aube de l’an 2000, le jeune Stéphane n’ose avouer son amour pour son amie Aurélie. Son seul refuge contre la timidité et les railleries de son grand frère Jérôme, la prendre en photo. Le jour où elle part en vacances, Aurélie confie une lettre à Stéphane…
La Lettre
est le premier court-métrage de Gondry mais en 1998, ce jeune vidéaste/musicien avait déjà réalisé plusieurs clips musicaux.
[NOTE POSTÉRIEURE : en 2014, il a sorti son film "Conversation animée avec Noam Chomsky"]



5. Irinka et Sandrinka. Réalisation de Sandrine Stoïanov. France. 2007. 17 min. Animation.
Synopsis : Sandrine et Irène, deux femmes d'origine russe, qui se connaissent à peine malgré leurs liens familiaux et qu'un demi-siècle sépare, échangent leurs souvenirs devant une tasse de thé et des liasses de photos anciennes.
Sandrine, jeune fille fantasque à qui, quand elle était petite, on disait qu'elle aurait pu être une princesse russe, que de surcroît elle en avait le physique et le caractère, a grandi en passant son temps à recomposer dans ses jeux d'enfant le monde d'une Russie de conte de fées, à se réfugier dans un passé imaginaire afin de s'évader d'une situation familiale morcelée dans laquelle elle n'arrivait pas à trouver ses repères. Aujourd'hui, toujours en quête de ses racines, elle interroge sa tante Irène sur son enfance. Celle-ci issue de la noblesse russe, a vécu sur place la chute du régime, un quotidien douloureux, marqué par l'absence d'un père exilé et le décès prématuré de sa mère, avant de pouvoir quitter sa famille d'adoption, qui ne l'aimait pas, et enfin rejoindre son père en France. Tandis que la vieille femme se confie et parle de son père, le grand-père de Sandrine, cette dernière part à nouveau dans les rêveries éveillées que lui évoquent les paroles de son aînée, et nous fait apparaître les personnages d'Irinka et de Sandrinka, projections imaginaires des fillettes qu'elles ont pu être. Cinergie.be a publié à propos de ce court métrage : 
En ouverture, une voix déclare : « Pour moi, mon père, c’était une photo. On me faisait embrasser une photo. » L’image animée concorde : une petite fille tient un portrait d’homme en noir et blanc. Voici Irinka/Irène : elle a les cheveux courts, une robe et une histoire qui commence dans les années 20 en Bessarabie, une partie de la Russie annexée par la Roumanie. Irinka est la grand-tante de la réalisatrice du film, Sandrinka/Sandrine, ayant grandi en France.
Sandrinka, désireuse de découvrir le passé et la culture de sa famille, apparaît croquée sous les traits d’un enfant portant des cheveux longs, un pantalon et un vécu plus récent. « Qu’est-ce que je pourrais te raconter sur mon enfance ? » dit Irinka, celle qui se livre à Sandrinka, celle qui recueille. L’entretien et le film peuvent commencer.
Autour d’une tasse de thé et d’un magnétophone, les souvenirs sont narrés, réajustés et commentés, et suivant les sujets abordés, les voix se révèlent timides, tristes, nostalgiques, crispées ou riantes. Du documentaire ? Non, du documentaire animé. L’image du film n’est en effet qu’illustration : dessins, collages, photos de famille, images d’archives. Une illustration tout en poésie murmurée à l’instar du moment où Sandrinka se met à jouer au piano : des danseurs slaves surgissent de la partition, tournoient au rythme de la musique avant de devenir des ombres et de disparaître tout doucement. (...)



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Teatro Salón Cervantes
Teatro Salón Cervantes
Calle Cervantes, Alcalá de Henares

Le Teatro Salón Cervantes fut bâti en 1888 et a connu dès lors deux rénovations, en 1925 et en 1989, celle-ci après son acquisition par la Communauté de Madrid. Il dispose d'un orchestre rectangulaire aménageable en salon, deux étages de loges, une scène à l'italienne et une façade Art Nouveau.

 

dimanche 14 octobre 2012

Douce(s) France(s), ou les régions hexagonales selon ARTE

Grâce à Paloma A., j'ai eu vent d'une série de documentaires, coproduits par ARTE G.E.I.E. et Gedeon Programmes, sur une partie assez représentative des régions de l'Hexagone : Douces Frances.
Réalisés par Xavier Lefebvre et conçus par Laurent Martein, ces films durent 43 minutes et ont été émis du 16 au 27 janvier 2012, du lundi au vendredi à 19h00.
Ces épisodes, au nombre de dix*, proposent des images et des rencontres au travers de trois types de portrait que la chaîne franco-allemande expliquait comme cela lors de la présentation de la série :
Les portraits aériens permettront d’observer et d’admirer la diversité paysagère de chacune des régions traversées, d’en saisir l’organisation spatiale et de découvrir de manière privilégiée ses plus grands sites naturels et patrimoniaux…

Les portraits terrestres s’attacheront à fouiller visuellement et esthétiquement les grandes identités territoriales, à documenter « à hauteur d’homme » tout ce qui participe à créer l’enchantement pour chaque région : trésors de nature, d’architecture, de culture(s)...

Les portraits d'hommes et de femmes, habitants de ces régions, garants de leurs traditions, de leur mentalité. Rencontrés chez eux, dans leur environnement, ils raconteront leur quotidien, l’exercice de leur profession, de leur passion,... qu’ils soient éleveurs, viticulteurs, conteurs, guides, médecins...
Voici l'introduction au documentaire de chaque région fournie par le site d'ARTE :
En Provence
A la découverte des mille et une facettes d’une région gorgée de soleil et de couleurs, aux paysages spectaculaires et somptueux.
En Rhônes-Alpes
Entre plaines et montagnes, la région dévoile des chefs d'oeuvres, tant naturels qu'architecturaux. Une étape aussi riche en rencontres qu'en dénivelés !
En Midi-Pyrénées
Adossée aux Pyrénées, entre Atlantique et Méditerranée, c'est la plus vaste région de la métropole. C'est aussi le coeur du pays occitan.
En Auvergne
Balade verdoyante dans une région marquée par le volcanisme et aux richesses naturelles surprenantes.
En Aquitaine
Entre mer et montagne, une région riche en saveurs et en savoir-faire. Balade depuis le pays basque jusqu'aux vignobles de Sauternes.
En Bretagne
Bordée par les mers, balayée par les vents, c'est une terre de légendes et de traditions qui dévoile ses trésors.
En Région Centre
Un concentré de raffinement et de verdure, entre le Val de Loire des rois de France et le Berry enchanteur.
En Bourgogne
Réputée pour sa gastronomie et son art de vivre, la région est également riche en patrimoine architectural.
En Normandie
Depuis ses côtes - de Nâcre ou d'Albâtre - jusqu'à ses plaines de pommiers, la Normandie incarne la douceur de vivre.
En Alsace
Cap à l'Est ! A la frontière avec l'Allemagne et de la Suisse. Ici, les influences rhénanes sont partout : dans la langue, la cuisine, l'architecture...

Si vous souhaitez suivre tranquillement la série sur votre ordinateur, en volets de 15 minutes, vous pouvez le faire sur youtube. Je vous montre ci-dessous quelques portes d'accès aux vidéos insérées :
1. La Provence
2. Rhône-Alpes
3. Midi-Pyrénées
4. Auvergne
5. Aquitaine
6. Bretagne
7. Centre
8. Bourgogne
9. Normandie
10. Alsace
Exemple de mode d'emploi : si vous cliquez sur Bourgogne, vous accéderez à une vidéo de 15 minutes qui est le premier tiers de l'épisode. Pour continuer et visualiser l'intégralité du documentaire, il vous faudra chercher Douce(s) France(s) - Bourgogne (2/3) et Douce(s) France(s) - Bourgogne (3/3).

Merci beaucoup Paloma pour le tuyau.

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* Les régions françaises sont au nombre de 27 : 22 en France métropolitaine (y compris la collectivité territoriale de Corse, qui n'a pas la dénomination de « région » mais en exerce les compétences) et 5 départements et régions d’outre-mer.
D'un point de vue administratif, la Normandie est divisée en deux (Haute et Basse-Normandie). D'ailleurs, la Provence est une région historique faisant partie aujourd'hui de la région P.A.C.A. (Provence-Alpes-Côte-d'Azur).

jeudi 11 octobre 2012

Voyage en Bourgogne et en Franche-Comté - Jours IV et V : Beaune et Dijon

Cinquième et dernier volet de cette histoire. Quant aux quatre précédents, vous pouvez cliquer ci-dessous :  
  1. Jour I : Vol et arrivée à Dijon.
  2. Jour I : Le soir à Dijon.
  3. Jour II : Vézelay et Auxerre.
  4. Jour III : Ronchamp et Besançon.
Toutes les superbes photos de Maite.

Dimanche 13 mai 2012

Matin à Dijon.
À partir de 11h, beaucoup de voyageurs choisirent de monter à la terrasse de la Tour de Philippe Le Bon, haute de 46 mètres. Son escalier à vis vous contraint de monter 316 marches. Le colimaçon se termine par une voûte d’ogives quadripartite et sous celle-ci, on peut voir les emblèmes de Philippe le Bon en frise sculptée : ce sont les briquets et les pierres à feu que l’on retrouve sur le collier de l’ordre de la Toison d’Or fondé en 1430.
La patiente montée aboutit à la plate-forme du sommet de la tour, une terrasse proposant un panorama sur les quatre points cardinaux où l’on déguste hôtels particuliers du XVIIe, bon nombre d’églises, une synagogue et le dense assemblage de ruelles et de toits, souvent vernissés, du vieux Dijon dont l’unité dérive notamment des matériaux qui se répètent : pierre de Bourgogne, tuiles plates brun-rouge et ardoises.

Vue vers l'Ouest depuis la Tour de Philippe Le Bon, sur St.-Jean (gothique flamboyant des XIVe et XV siècle), à gauche, et St.-Bénigne (gothique du XIIIe siècle), au fond.
Au premier plan, Cour de Flore (Palais des Ducs et des États de Bourgogne)
Place de la Libération, place centrale du centre historique de Dijon.

Hôtel de Vogüé, Dijon.

À 11h45, certains parmi nous avons visité le Musée des Beaux-Arts. Visite partielle et gratuite parce qu’il était en chantier : il éprouvait un grand réaménagement.

Ce jour-là, après une promenade autour du Palais de Justice et de la Cathédrale St.-Bénigne, je m'arrêtai Place Émile Zola pour manger en plein air, belle lumière.

Puis, l’après-midi, à 15h, déplacement à Beaune (Côte-d'Or, à 45 km au Sud-Ouest de Dijon), dont le nom a à voir avec Belen, ou Belenos, dieu gaulois. Les Romains remplacèrent son culte par celui d'Apollon, l'une des principales divinités grecques et le nom, aujourd'hui, d'un club très coté du Village gai de Montréal, semble-t-il.
Beaune est la capitale des vins de Bourgogne et l'on peut y déceler beaucoup de caves aux dénominations évocatrices. Nous avions rendez-vous à 16h00 au 4, Boulevard Maréchal Foch : l'Hôtel du Conseiller du Roy est le siège de la Maison Bouchard Aîné et Fils. Au programme, on nous avait proposé le "Parcours des 5 Sens", un petit circuit ludique et pédagogique sur l'intervention de nos cinq sens lors de la dégustation d'un cru.

 Les couleurs du vin.

Dans ce but, nous eûmes droit à cinq vins, deux blancs : un St.-Véran, un blanc très sec du Mâconnais, et un Beaune ; et trois rouges : un Fixin (un vin communal ; prononcez /fisɛ̃/), un premier cru (Nuits-Saint-Georges) et, bouquet final, un Charmes Chambertin Grand Cru du 2004.

Puis, visite à la hâte du centre-ville et de l’Hôtel-Dieu, qui est mondialement connu. Si elle est surtout célèbre pour ses hospices, la ville historique a également d'autres atouts : les remparts et bastions, les rues piétonnes, le musée du vin, les halles, le musée des Beaux Arts et plusieurs galeries, ou la collégiale Notre Dame.

Hôtel-Dieu, Beaune.

La visite de l'Hôtel Dieu se fait toute l'année. Une fois franchi l’entrée, l’on accède à la cour où l’on vérifie que les toits sont bel et bien recouverts de tuiles émaillées, multicolores, en terre cuite, qui dessinent des figures géométriques.
À son propos, le Guide du Routard donne une explication exacte et goguenarde :
« On doit cet hôtel-Dieu à Nicolas Rolin (1380-1462), homme de bien ; du moins en avait-il. Lorsqu’il créa l’hôpital, en 1443, Louis XI, toujours charitable, aurait dit : « Il a fait assez de pauvres dans sa vie pour pouvoir aujourd’hui les abriter ! » Ainsi naquit l’hôtel-Dieu, sur une architecture d’inspiration flamande, qui fonctionna sans interruption jusqu’en 1968. »
Ne loupez surtout pas les photos de Maite, y compris pour Le puits de Moïse (lire plus bas).

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Dernier soir à Dijon et dîner en grand groupe à L’Imprimerie, Place Darcy.
Le soir s'assombrissait grave autour de nous : un silence épais de résignation régnait dans les bars de Dijon : l’équipe locale était tenue en échec par le Toulouse qui l’envoyait presque en deuxième division. Un premier but dijonnais avait provoqué une explosion de joie et d’espoir, mais les Toulousains forcèrent finalement le match nul : 1-1. L’équipe historique d’Auxerre, quant à elle, était mathématiquement reléguée en deuxième division après sa défaite à Marseille, 3-0. Le groupe but du rouge, mais un Côtes du Rhône, un Guigal. Que les Bourguignons nous pardonnent.

Lundi 14 mai 2012

Matin et midi à Dijon : promenades variées...
Nombreux furent ceux qui s’en allèrent voir Le puits de Moïse, œuvre (1395-1405) de Claus Sluter pour Philippe le Hardi, c'est-à-dire, Philippe II de Bourgogne (1342-1404 ; le quatrième et dernier fils du roi Jean II de France, dit « Jean le Bon », et de Bonne de Luxembourg). Celui-ci avait fondé la chartreuse de Champmol aux portes de Dijon, à l’Ouest, près de la gare SNCF actuelle. L’idée était d’en faire la nécropole de sa famille. Vandalisé à plusieurs reprises, ce chef-d’œuvre de la sculpture bourguignonne fut restauré et rouvert au public en 2004. Il conserve les portraits de six prophètes de l'Ancien Testament.
Il y en eut aussi qui se rendirent au Musée de la Vie Bourguignonne.

Fini le matin, on se réunit de nouveau, rue Amiral Roussin, entre Vauban et Charrue, pour faire notre dernier repas de midi bourguignon tous ensemble. Puis...

15h45 : Départ en car depuis l’hôtel vers l’aéroport de Genève. En chemin...



18h45 : Arrivée à l’aéroport de Genève et enregistrement.
20h55 : Départ du vol de EasyJet Genève-Madrid (et arrivée à Madrid a 23h05).

À bord de l'avion, l'hôtesse de l'air qui nous accueillait eut un geste d'émerveillement : c'était Laura !, une ancienne élève de l'École qui avait participé rien de moins que trois fois à nos voyages ! Plus tard, elle profiterait de sa salutation de congé aux passagers, en trois langues, pour s'adresser à nous, élèves et profs, très chaleureusement et avec fierté... Les profs buvaient du petit-lait, bien entendu, n'en croyaient pas leurs oreilles et ne l'oublieront jamais, Laura. Gros gros bisous. On t'embrasse fort.

Merci Mª José et Elena pour les photos depuis la Tour de Philippe Le Bon.
Merci Maite pour toutes tes photos.

vendredi 5 octobre 2012

Traductions de "Désert" et "Onitsha", de Le Clézio



Saguiet el Hamra, hiver 1909-1910.

« Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient. Lentement ils sont descendus dans la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par le voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche. C'étaient des silhouettes alourdies, encombrées par les lourds manteaux, et la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait encore plus sombre dans les voiles d'indigo. (...)
Ils avaient marché ainsi pendant des mois, des années, peut-être. Ils avaient suivi les routes du ciel entre les vagues des dunes, les routes qui viennent du Draa, de Tamgrout, de l'Erg Iguidi, ou, plus au nord, la route des Aït Atta, des Gheris, de Tafilelt, qui rejoignent les grands ksours des contreforts de l'Atlas, ou bien la route sans fin qui s'enfonce jusqu'au cœur du désert, au-delà du Hank, vers la grande ville de Tombouctou. »
C'est ainsi que commence Désert, roman de J.M.G. Le Clézio (Nice, 1940) publié en 1980 par les Éditions Gallimard (Paris). Ángel Lucía* me pria d'en faire la traduction pour Debate (Madrid) et ma version sortit dans la rentrée 1991. C'est un texte qui raconte deux histoires bien différentes, mais reliées : l'une, fictive, celle de la toute jeune Lalla, dont les ancêtres étaient les hommes bleus du désert saharien ; l'autre, historique, narre posément la marche de la caravane du grand cheikh Ma el Aïnine, rebelle contre la colonisation. Après sa mort à Tiznit (1910), les gens du désert, regroupés autour de Moulay Sebaa, le Lion, seront finalement massacrés par l'armée coloniale française —par les quatre bataillons du colonel Mangin— à Agadir, sur la côte, à 170 km au Sud d'Essaouira.
Je me rappelle avoir écrit dans mon rapport, à l'époque, ce roman transcrit une étrange sensation de bien-être.
Puis, l'année suivante (1992), Debate édita ma traduction d'Onitsha (Gallimard, 1991). Cet ouvrage est, entre autres, une version romancée d'un chapitre de la biographie de J.M.G. Le Clézio, une reprise de sa découverte de l'Afrique et de son père, à 8 ans, dans un territoire colonisé cette fois-ci par l'empire britannique. L'auteur se projette sur le jeune héros du texte, Fintan Allen, embarqué pour Port-Harcourt afin de rejoindre Onitsha, dans le Sud du Nigeria, en 1948. Puis, Le Clézio s'occuperait de ce père anglais dans un récit autobiographique postérieur, L'Africain (2004).

Le Clézio reçut le prix Nobel de littérature en 2008 et ce fait disons aléatoire relança la réédition de ses livres dans certains pays, dont l'Espagne. C'est ainsi que Tusquets voulut republier mes deux traductions dans la collection Andanzas en décembre 2008. Elles sont désormais disponibles en format de poche —dans la collection Fábula depuis octobre 2010, dans le cas de Désert, et dès ce mois d'octobre en ce qui concerne Onitsha— et jouissent donc d'un nouveau cycle de vie. Vive le recyclage.

Ma vieille édition Folio, 1980


* Ma gratitude et mes amitiés, Ángel.

mercredi 3 octobre 2012

Django Reinhardt à la Cité de la Musique (Paris)

Django apparut, pour nous, musiciens, comme la perle rare,
comme le phénix exceptionnel, surgi du fond des âges,
dans toute sa pureté, en plein XXe siècle.
 
(André Ekyan cité par Charles Delaunay: Django, mon frère, Eric Losfeld, 1968).


J'attendrai Swing, 1939, avec Stéphane Grappelli.

Pour remémorer l'énorme guitariste Django Reinhardt lors du 60e anniversaire de sa mort, la Cité de la musique de Paris organise une exposition intitulée "Swing de Paris". Ce sera du samedi 6 octobre au 23 janvier 2013. 
À ce propos, on a créé un mini-site spécifique proposant plusieurs rubriques : infos pratiques, concerts et manifestations, un dossier*, 8 titres à écouter** en intégralité illustrant différentes étapes de la vie de Django, un dossier de presse ou un coin pour les enfants bientôt en ligne.
* 170 enregistrements retracent l'extraordinaire créativité musicale du célèbre guitariste. Une carte des lieux des concerts parisiens, un index des chanteurs avec lesquels il a collaboré ainsi que les interprètes du Quintette du Hot Club de France complètent cette discographie.
**  Musette et chanson (1928-1933), Jazz hot (1934-1939), Swing sous l'occupation (1940-1944), Rêves d' Amérique (1944-1950), Nuits de Saint-Germain-des-Prés (1951-1953).
Côté concerts, ils sont vraiment alléchants : Tony Gatlif (conception et mise en scène) et Didier Lockwood (direction musicale et violon) présenteront Django Drom, avec Biréli Lagrène, Stochelo Rosenberg, Norig, Karine Gonzalez, Hono Winterstein, Jean-Marie Ecay, Adrien Moignard, Sébastien Giniaux, Benoît Convert, Ghali Hadefi,David Gastine, Fiona Monbet, Florin Gugulica, Emy Dragoï, Diego Imbert ;  Taraf de Haïdouks et Koçani Orkestar composeront une irrésistible Band of Gypsies :


 ..., Angelo Debarre, Thomas Dutronc, Gipsy Unity, Rocky Gresset & Adrien Moignard ; James Carter’s Chassin’the Gipsy invite David Reinhardt ; et on prévoit d'autres merveilles du jazz manouche.

vendredi 28 septembre 2012

Médicaments et plats de lentilles ou le Triomphe de l'industrie pharmaceutique

L'industrie pharmaceutique est singulièrement, énormément lucrative. Il y en a qui ont déclaré...
« (...) l'industrie pharmaceutique est l'une des plus lucratives. Ni les banques ni le pétrole ni l'informatique ne font autant de profit. Cela devrait interpeller les Français ! Est-ce moral et éthique que l'industrie qui rapporte le plus soit une industrie de santé ? Moi je ne le crois pas ! »
C'est Philippe Even qui s'exprime de la sorte lors d'une entrevue accordée à allodocteurs.fr intitulée Médicaments dangereux : le Pr. Even répond aux critiques.

Ancien doyen de la faculté de médecine de Paris et président de l’Institut Necker, le docteur Philippe Even vient de publier, en collaboration avec Bernard Debré, un livre polémique et très salutaire : Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, 
Éd. Cherche Midi, 912 p., 23,80 euros.


Il y est question des résultats de l'application du capitalisme pur et dur (1) à la recherche pharmaceutique, ses procédés et son "marché" : un pur et dur désastre prouvant, encore une fois, combien l'avidité peut nuire au savoir, à la recherche, au langage et à la santé de tous : 50% de médicaments inutiles, 20% de mal tolérés, 5% de « potentiellement très dangereux » ; transfert de 10 à 15 milliards d'euros du Trésor public aux caisses de l'industrie pharmaceutique "sans aucune amélioration de la santé des patients"... En voilà un, d'assistanat. Avec, en prime, son corollaire de la fièvre de l'ordonnance : les gardiens de la santé publique ont créé une population d'accros.
Le bilan que ce répertoire autorise à dresser est donc bien lourd : nous serions les otages de la cupidité des uns, du laisser-aller des autres et des routines empêchant bon nombre de professionnels de penser... et de lire. Car, selon Philippe Even, il faudrait...
« (...) apprendre aux médecins où s'informer, leur apprendre à avoir une lecture critique, à décoder les articles scientifiques d'autant qu'ils sont nombreux à être écrits par l'industrie pharmaceutique ou ses affidés. C'est un métier d'apprendre à lire ces articles. »
On dirait que la culture de la corruption et de la bêtise, du laxisme et de la démagogie (fouillis inextricable ?), dans tel ou tel domaine, est fonction du chiffre d'affaires qu'il produit. Comme me le rappelle mon ami F., médecin, ce n'est pas la première fois que l'industrie des médocs vend le diagnostic et le langage pour pouvoir ensuite vendre les médicaments ad hoc (2). Témoin, les anti-dépresseurs.
Enfin, profitons de la citation ci-dessus de Philippe Even, grand conseil à portée universelle : il faut savoir lire et il faut savoir vérifier qui est derrière telle ou telle production, ce qui n'est pas toujours facile. La compréhension de lecture ne va pas de soi, elle requiert une pratique, un apprentissage.

Revenons au Guide des 4000 médicaments... Si vous fouillez un tant soit peu sur le Web, on vous fera tomber sur d'autres informations récentes concernant ce vade-mecum et ses auteurs :

— Sous le titre Les tontons flingueurs des médicaments, Le Monde recueille certaines critiques à leur égard et nous rappelle que l'un, Even, est médecin et de gauche, et que l'autre, Debré, est chirurgien et de droite.
— Le site Allodocteurs propose plusieurs documents pour en savoir plus:
- Médicaments dangereux et inutiles : la réaction de Roselyne Bachelot
- Médicaments dangereux : la réaction de Bruno Toussaint (Prescrire)
- Médicaments : la moitié serait inutile, 13 septembre 2012.
- La liste des 58 médicaments jugés ''très dangereux'', 13 septembre 2012.
- Pr. Even : "Les médecins ignorent tout des médicaments", entretien du 27 septembre 2011.
- 77 médicaments sous surveillance rapprochée, dossier du 31 janvier 2011.
- Médicaments : de la recherche à la pharmacovigilance, dossier complet.
- Mediator : genèse d'un scandale sanitaire, reportage vidéo du 26 avril 2012.
— L'émission animé par Zemmour & Naulleau, sur Paris Première, a invité le docteur Even. Voici deux liens permettant d'écouter ses propos dans leur intégralité, ici et .
— Le Nouvel Observateur nº 2497, du 13 septembre 2012, dédie tout un dossier —documenté et effarant— à ce sujet comprenant un guide des médicaments utiles, inutiles ou dangereux ainsi qu'un entretien avec Philippe Even, menée par Anne Crignon et Céline Revel-Dumas, dont on peut lire l'intégralité sur bibliobs.com (cliquez sur le lien précédent).


Puis d'autres sites de l'Obs élargissent encore ces contenus ; je vous relaie ici un précis de pharmacologie inutile ou dangereuse édité par Matthieu Sicard et une infographie fournissant la liste noire des 58 médicaments dangereux.

Comme j'ai trouvé l'entretien de l'Obs très instructif, j'en extrais quelques fragments significatifs :

Sur les avancées majeures de l'industrie pharmaceutique :
Oui, cela a été vrai de 1950 à 1990. Elle a inventé, développé et commercialisé presque tous les grands médicaments qui ont changé notre vie. Les antibiotiques et les vaccins ont supprimé la mortalité infantile dans les pays occidentaux et d’un seul coup allongé notre médiane de vie de dix ans. Ensuite, les grands traitements des maladies d’après 50 ans —cancers, maladies cardiaques, maladies inflammatoires ou diabète— l’ont encore allongée de cinq ans. (...)
Mais, soudainement, la biologie s’est terriblement complexifiée. On n’étudie plus un organe mais ses cellules et ses dizaines de milliers de molécules. Les découvertes sont toujours plus nombreuses mais ponctuelles. On avance, mais pas à pas. C’est pourquoi les nouveaux médicaments n’ont, eux non plus, que des applications ponctuelles. Ainsi, ces vingt dernières années, pas un seul traitement de grande envergure, c’est-à-dire qui soit à la fois très actif et qui concerne un grand nombre de malades, n’a été découvert. L’industrie pharmaceutique n’a commercialisé qu’une vingtaine de molécules très efficaces, mais sur de petits créneaux comme certaines sous-variétés de cancers. Lentes et difficiles, les découvertes ne se font plus désormais que dans les laboratoires universitaires. L’industrie a décroché, elle a abandonné les recherches devenues trop complexes. Les petits marchés étant beaucoup plus étroits qu’autrefois, cela l’oblige, pour maintenir ses sacro-saints bénéfices, à vendre ses molécules à des prix nettement supérieurs aux prix d’autrefois ; parfois 100 000 euros par an et par malade.
Médicaments et affaires :
Le capitalisme est devenu essentiellement spéculatif, visant la rentabilité immédiate. Les managers des firmes ont exigé 20% de rendement par an, se condamnant à des politiques de court terme absolument antinomiques avec la découverte de nouveaux médicaments, qui demande au moins dix ans. Alors, pour gagner de plus en plus d’argent, l’industrie a tenté d’allonger la France entière en élargissant la définition des maladies. Nous sommes ainsi tous devenus des hypertendus, des diabétiques, des hypercholestérolémiques, des artériels, des ostéoporotiques et des fous en puissance. Les laboratoires, avec l’appui de nombreux spécialistes complices, ont multiplié les traitements préventifs donnés pendant dix à trente ans à des gens sains pour prévenir des pathologies qu’ils n’auront jamais. Un pactole dont le meilleur exemple est celui des statines, pour lutter contre le cholestérol [voir article de Marie Vaton, p. 58 de l'édition internationale de l'Obs]. Enfin, les firmes ont développé les « me too » : comme les brevets de leurs grandes molécules tombaient dans le domaine public et devenaient la proie des « génériqueurs », elles ont sorti tous les cinq ou six ans des quasi-copies relookés et « remarketées » de leurs anciennes molécules baptisées de « deuxième » ou « troisième » génération. (...) En effet, la totalité de ces « me too » n’ont pas le moindre intérêt. Mais avec l’impardonnable accord de l’État, on a accepté des prix et des remboursements égaux ou supérieurs à ceux des molécules originales. La copie de « la Joconde » plus chère que la Joconde elle-même ! Scandale d’État. Exemples : il y a 5 molécules pour traiter l’hypertension artérielle et 150 « me too ». Ce n’est pas tout : les firmes ont une politique de dénigrement des anciennes molécules car elles ne rapportent plus rien financièrement (3). [Et il évoque les exemples des antiashmatiques et des antidiabétiques oraux pour conclure :] « L’entreprise médicale menace la santé », écrivait déjà Ivan Illich, le grand critique de la société industrielle, en 1975.
Complicité de l'État :
Parce que, comme le disent l’ONU et les parlements américain et britannique, « l’industrie est une pieuvre infiltrant toutes les instances décisionnelles nationales et internationales, les gouvernements, les grandes administrations, les institutions, les sociétés savantes médicales et les médias ». Voilà pourquoi nos commissions d’évaluation tournent en rond, laissant passer des molécules inefficaces et dangereuses alors qu’elles savent que les essais cliniques réalisés par l’industrie sont biaisés, truqués, mensongers, masquant les dangers, amplifiant les effets positifs. Quant à la pharmacovigilance qui devrait permettre de suivre les médicaments pour repérer les accidents, il s’agit davantage d’une pharmacosomnolence, ce que le Mediator a bien illustré. Les accidents seraient-ils quand même repérés que le dossier tournerait indéfiniment entre les différentes commissions comme une boule dans un flipper.
Vraies dépenses de l'industrie pharmaceutique :
(...) 5% —seulement— pour la recherche, 15% pour le développement, 10% pour la fabrication, entièrement sous-traitée en Inde ou au Brésil. L’industrie de la santé est parmi les plus lucratives. Où est la morale ? Elle n’y parvient que par un marketing et un trafic d’influence pour lesquels elle n’investit pas moins de 45% de son chiffre d’affaires ! À Washington, 600 lobbystes s’affairent, presque autant à Bruxelles, plusieurs dizaines à l’Assemblée nationale à Paris. Elle tient aussi la presse professionnelle, et ce dans toutes les langues, par le biais des grandes agences telles Cégédim et Business Média —présente dans 80 pays et qui emploie 20 000 personnes.
— Je conseille également de lire ses propos à l'égard des essais pré-cliniques et cliniques dont les critères, procédés et recrutements s'avèrent vraiment gratinés.

Rapport experts-industrie (ou lorsque les experts font office de visiteurs médicaux) :
Dès 2002, Bernard Kouchner a imposé la déclaration des liens d'intérêts entre les experts et l’industrie pharmaceutique. Les décrets d’application ne sont parus qu’en 2007 et n’ont été que partiellement appliqués. Certains médecins se sont déclarés, d’autres pas. Le résultat: beaucoup plus de la moitié des experts de nos commissions ministérielles d’évaluation des médicaments sont très étroitement liés financièrement à l’industrie pharmaceutique. Au point que certains présidents des commissions de l’ancienne Afssaps [devenu Agence de sécurité du médicament ANSM en mai 2012, NDLR] étaient liés par dix à cinquante contrats avec l’industrie pharmaceutique. Il s’agit là de contrats personnels de consultance, leur accordant honoraires ou actions en bourse contre leur soutien actif et permanent. En France ces contrats vont de 10.000 à 500.000 euros et aux Etats-Unis de 500.000 à deux millions de dollars. La tentation est grande. Tous ces contrats ne représentent pour l’industrie mondiale qu’une dépense annuelle de quatre ou cinq cent millions de dollars, beaucoup moins d’un millième de son chiffre d’affaire. Les médecins se vendent pour un plat de lentilles.
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(1) ...du jeu production-consommation-gros profits-graves conséquences. La croissance capitaliste n'est pas qu'inutile : elle est surtout nuisible, car le productivisme est contre-productif, tout comme la surconsommation est crétinisante. Et la croissance sacrifie notamment les pays pauvres sur l'autel du marché et par-dessus le marché. Et puis, ils sont les dépotoirs de nos déchets les plus toxiques.
(2) À cet égard, le dossier du Nouvel Observateur nº 2497 cite un ouvrage dont le titre est toute une promesse. Il s'agit de Jörg Blech : Les Inventeurs de maladies (Actes Sud, 2003), où l'on rapporte, entre autres, que le « syndrome de Sissi » n'était qu'une stratégie de Wedopress, agence de relations publiques sous contrat avec un fabricant de psychotropes. Parmi les contempteurs français du trafic de la maladie, mon ami F. et l'Obs sont d'accord : il faut évoquer le directeur de la maison d'édition Les Empêcheurs de penser en rond, Philippe Pignarre, dont j'ignorais tout jusqu'ici. En 2003 il avait sorti Le Grand Secret de l'industrie pharmaceutique (cf. site de France Culture). Je dispose désormais de La sorcellerie capitaliste, Pratiques de désenvoûtement, l'ouvrage qu'il a publié en 2005 (La Découverte) avec Isabelle Stengers.
(3) Ce dénigrement de ce qui remplit bien ses fonctions, du moment qu'il ne rapporte plus rien, est l'une des marques permanentes du capitalisme prédateur, le grand champion du bâclage juteux et de l'obsolescence programmée (voir la vidéo ci-dessous). Quand l'Internationale prédatrice tient à stigmatiser quelqu'un ou quelque chose, elle les taxe de démodés ou de vieillots, sans autre forme de procès ou d'argument, et -comme on le voit bien- cela concerne même ses marchandises un peu âgées, éventuellement utiles, ce qui déborde les pertinentes analyses de Guy Debord à propos de La Société du Spectacle dans son ouvrage homonyme (1967), où l'on pouvait lire :
« L'imposture de la satisfaction doit se dénoncer elle-même en se remplaçant, en suivant le changement des produits et celui des conditions générales de la production. Ce qui a affirmé avec la plus parfaite impudence sa propre excellence définitive change pourtant, (...), et c'est le système seul qui doit continuer : Staline comme la marchandise démodée sont dénoncés par ceux-là mêmes qui les ont imposés. Chaque nouveau mensonge de la publicité est aussi l'aveu de son mensonge précédent. »

Prêt à jeter, Fabricados para no durar, Fabricats per no durar.
(co-production ARTE, TVE, Televisió Catalana)

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P.-S. - Pour ceux qui lisent en anglais, le 21 septembre, sous le titre The drugs don't work: a modern medical scandal, The Guardian a publié des extraits de Bad Pharma, un ouvrage du docteur Ben Goldacre qui est sur le point d'être édité par Fourth Estate et qui montre, lui aussi, à quel point on nous berne dans ce domaine.
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Info du 23.05.2013

Le Mediator, «un crime presque parfait», pour la pneumologue Irène Frachon

- Pour en lire plus, cliquez ci-contre.
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Mise à jour du 8 décembre 2015 :

Selon une étude du magazine 60 millions de consommateurs (novembre 2015)...

couverture du numéro 

...plus de la moitié des médicaments achetables sans ordonnance (contre grippe, rhume, toux, troubles digestifs) qu'ils ont étudiés sont inutiles ou présentent plus de risques que de bénéfices. Contre la toux, la plupart des drogues légales de la pharmacopée occidentale sont à éviter. D'autant que "Sachant qu’une toux grasse participe à la guérison du malade grâce à l’évacuation du mucus, il est préférable d’attendre qu’elle passe d’elle-même."
Leur hors-série de janvier-février 2016 publie une liste de médicaments dangereux.

mercredi 26 septembre 2012

Petits contes mathématiques en vidéo, sur Curiosphère

Curiosphère est un service de France 5 (chaîne publique dépendant de France Télévisions), lancé en 2008, que nous avons déjà évoqué dans plusieurs billets de ce blog, concrètement ici [suggestions tv-web pour votre apprentissage], ici [Truffaut], ici [colonisation, guerre et indépendance d'Algérie] et [Afrique(s) : une autre Histoire], car il met en ligne des dossiers et des vidéos au service des différents "acteurs éducatifs".
Pour ceux qui veulent travailler les mathématiques de base en français, le site de Curiosphère propose, sous sa rubrique Culture scientifique (1), une série de Petits contes mathématiques de courte durée illustrant les angles, les équations, le zéro, le X, le théorème de Pythagore, les nombres négatifs, le nombre Pi ou encore le nombre tout court. Une quinzaine en tout, jusqu'à présent.
En ce qui concerne, par exemple, l'épisode consacré au théorème de Pythagore,
le narrateur retrace l’histoire du théorème de Pythagore, qui fut le fondateur, avec Thalès, de la mathématique grecque. Sans lui, il n'y aurait pas d'angles droits, donc pas de maison qui se tiendrait bien droite, c'est à dire au carré... tout serait de travers, et bien sûr il n'y aurait pas de racines carrées... et bien d'autres choses encore. 
La réalisation de la série est due à Clémence Gandillot et Aurélien Rocland, et sa production à Goldenia Studios, France Télévisions et Universcience.
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(1) NOTE DU 5/12/12 :

francetv

Curiosphere a changé de nom : elle s'appelle désormais francetvéducation et a renouvelé son site web qui vous fournit des dossiers sur les différentes disciplines scolaires, des articles sur l'actualité, etc. Voici les liens principaux de son menu APPRENDRE :
Chaque rubrique a son menu qui s'ouvre sur plusieurs matières.

francetvéducation se veut complémentaire de la plateforme lesite.tv, un service éducatif de vidéos pour les enseignants et les élèves axées sur quatre domaines : école, collège, lycée et enseignements transversaux. Pour découvrir lesite.tv, cliquez ici.

dimanche 16 septembre 2012

Voyage en Bourgogne et en Franche-Comté - Jour III - Ronchamp et Besançon

Quatrième volet de cette histoire. Quant aux trois premiers, vous pouvez cliquer ci-dessous :  
  1. Vol et arrivée à Dijon.
  2. Le soir à Dijon.
  3. Jour II : Vézelay et Auxerre.

C'était le samedi 12 mai 2012. Et ce fut par un matin de grande pluie que nous partîmes, à 07h30, pour Ronchamp, à 181 kms de Dijon. On prit donc la route de l’Est, comme si on allait à Bâle, en suivant l'A39 puis l'A36.
Peu après notre entrée dans le Jura, nous commençâmes à voir des clochers comtois, parfois aux tuiles vernissées multicolores. Ils sont le symbole de la Franche-Comté. Wikipédia explique :
Son véritable essor fait suite à la guerre de Dix Ans pour pallier la destruction de bon nombre d'édifices religieux. (…)
Sa forme courbe à quatre faces est surmontée du traditionnel globe, de la croix et du coq. La base est identique mais plus ou moins étirée en hauteur, la couverture est essentiellement composée de tuiles vernissées, sauf dans les régions froides et enneigées, où les tuiles sont en métal ou en tavaillons (tuiles bois).
Les motifs les plus courants sont les chevrons, les losanges, les bandes horizontales, les mouchetées et, plus rares, les fleurettes et l'abstrait. La Franche-Comté compte 665 clochers de ce type : 257 dans le Doubs, 277 en Haute-Saône, 124 dans le Jura et sept dans le Territoire de Belfort. On en trouve aussi deux dans le Chablais (Lullin et Perrignier).
Nous nous engageâmes sur la sortie 5 de l’A36 (direction Lure) pour parcourir les derniers 50 km jusqu’à Ronchamp. Felipe, notre chauffeur, négligea la D96 et choisit la D486 pour continuer. Au bord d’un fleuve, une grappe de barques rouges attira notre attention. C’était où ? Le lieu était préparé pour le tourisme campagnard.

Ronchamp est une commune de la Haute-Saône (Franche-Comté) qui s'adosse aux contreforts des Vosges saônoises, au nord, pour s'ouvrir sur une plaine, à l'ouest. Elle se trouve à 20 kms de Belfort et à 130 kms de Dijon.
Juste au Nord du village, la rue de la Chapelle conduit sur la colline de Bourlémont ; c'est sur le sommet de la butte que s’érige la chapelle Notre-Dame-du-Haut, de Le Corbusier, notre but de ce matin-là : nous avions réservé une visite guidée des lieux qui devait commencer à 10h.
Alors, nous grimpâmes la colline de Bourlémont en car, sous ses voûtes d’une verdure drue et luisante. Et après notre passage à l'accueil...




À la fin de notre parcours guidé sur ce site exceptionnel, nous avons entendu la sonnerie des trois cloches de Ronchamp, situées à l'extérieur de la chapelle...


... leur campanile a été conçu par Jean Prouve en 1975. La plus grosse cloche date de 1869, la seconde de 1936 et la petite, justement de 1975. Pour qui sonnait le glas ?




Nous eûmes encore le temps de faire la visite du monastère des Clarisses du coin. Insérées sur les flancs de la colline, au pied de la chapelle, la Fraternité et sa porterie font partie de cet ensemble ronchampois ; les douze cellules des nonnes se trouvent sous l’oratoire. Ce projet, dessiné par l’architecte Renzo Piano et dont le paysagisme est dû à Michel Corajoud, comporta donc un réaménagement d’un site vraiment délicat et déclencha au début une polémique et des pétitions. Cf. :
Finalement, Piano et les Clarisses de Ronchamp inaugurèrent leur nouveau monastère le 9 septembre 2011 :



11h45: Départ pour Besançon, à 96 kms de Ronchamp.
 

Besançon est la Préfecture du Doubs et de la région Franche-Comté, et la ville natale de Victor Hugo et de Pierre Proudhon. D'ailleurs, elle fêta du 10 au 26 février 2012 le 210e anniversaire de la naissance de Victor Hugo et le 150e anniversaire de la parution des « Misérables ».
La cité historique se développa
d’abord dans un méandre du Doubs de près d’un kilomètre de diamètre, dont la boucle presque parfaite est fermée et surplombée par le mont Saint-Étienne qui soutient l’imposante citadelle de Vauban, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO ; c'est le site le plus visité de Franche-Comté. 
La ville moderne déborde largement de ce cadre initial mais reste entourée de sept collines dont la plupart est coiffée de forts : Chaudanne (422 m), Bregille (458 m), Saint-Étienne (371 m), la Roche d’Or (316 m), Planoise (490 m), Rosemont (466 m) et Fort-Benoît (360 m).

13h15: Arrivée à Besançon. Nous voulions manger, voir la citadelle de Vauban et, très en vitesse, faire une petite visite du centre-ville : il faudrait vraiment se dépêcher.
Pour monter à la citadelle de Vauban, on devait prendre un bus de la ligne régulière Chamars-Citadelle. Ils démarrent du parking gratuit de la Rodia. Notre car, conduit par Felipe, resta donc sur place, et nous nous lançâmes dans l’aventure ineffable du 17, le numéro de la ligne qui traverse quelques-uns des espaces emblématiques de la vieille ville de Besançon : rue de la République, Place du 8 Septembre (accueillant
l'ancien Hôtel de Ville, l'église Saint-Pierre et un joli manège de chevaux de bois), Grande-Rue... Puis, elle entame l'assaut de la forteresse par les rampes de la rue des Fusillés de la Résistance.
 

Sur la citadelle, pour le repas, nous fîmes deux groupes et nous nous distribuâmes entre le snack et le restaurant de la citadelle. Puis nous nous éparpillâmes.
Je visitai le Musée de la Résistance et de la Déportation




... puis le Musée Comtois et enfin, les remparts et « trails » de la fortification, afin de me régaler avec leurs vues superbes. « Trails » : sic transit la connerie branchée du colonialisme autoinfligé.




En marchant sur ces hauteurs, on voit mieux la variété des animaux habitant les enclos de ce site, qui est aussi un Jardin zoologique mettant l'accent, nous dit-t-on, sur la conservation d'espèces animales menacées, en particulier les fauves (lions d'Asie, tigres de Sibérie), les primates (ouistitis, tamarins, lémuriens, gibbons, colobes... plus de 25 espèces) et les oiseaux (une trentaine d'espèces aquatiques et tropicales). Il y a également des macropodes (kangourous roux et wallabies des Rochers), diverses espèces d’herbivores et les animaux domestiques de la P’tite Ferme.
 

Afin de repartir pour le centre ville, il fallait reprendre un bus. Mais celui-ci emprunte au retour un chemin qui n'est pas celui de l'aller : il descend la rue des Martelots et, au lieu de suivre ensuite la rue des Granges, il s'arrête pour la dernière fois sur la Place Jean Cornet, devant le pan coupé Martelots-Pontarlier, et tourne à droite par la rue de Pontarlier vers La Rodia. C'est une fontaine monumentale qui forme ce pan coupé, sur laquelle on peut lire VTINAM, la devise associée au blason de Besançon :

Le chauffeur du bus urbain nous prévint et nous descendîmes faire le tour du Besançon des piétons, des terrasses et des boutiques les plus centrales.

À la fin, le temps nous laissa encore le loisir de faire une dernière promenade vers Chamars, y rejoindre le car, retour où l'on franchit le Doubs par un pont piéton visible sur l'une des photos précédentes.
Plus tard, dans le car,
avant de quitter Besançon, on rigola aux larmes quand un groupe de voyageurs attitrés nous raconta en catimini leur péripétie à bord du 17, secret de Polichinelle. Le prof l'imagina à la manière Rimbaldienne :

VTINAM ? Désolé, mais à Dieu ne plut...

On n’est pas sérieux quand on prend le Dix-Sept.

Un beau soir, près des bocks et de la limonade
Des cafés tapageurs aux terrasses bondées,
On ne descend pas, on prolonge la promenade :
Le Dix-Sept n’a plus d’arrêts ce beau treize mai !
La lumière est si doubce qu’on ferme la paupière ;
Chamars devient destin –la ville n’est plus près,
Ni ses parfums de vigne ni ses parfums de bière…


Voilà qu’on demande à un tout petit chauffeur
D’azur sombre, assis à son volant bien rond,
Si on peut rentrer en ville, « remonte-t-on ? »,
Avec de doux frissons, les joues bien en couleur…


Soir de mai ! Le Dix-Sept ! On se laisse griser
La gaffe est du champagne et vous monte à la tête ;
On divague ; on se croit les lèvres bien scellées
Mais elles palpitent, comme une petite bête…


Le cœur fou de rire s’ouvre à travers les éclats,
les uns après les autres, en bus puis en car :
On n’est pas sérieux quand on quitte les remparts
Et que du centre-ville, on rate le rancard.

18h30: Retour pour Dijon, à 96 kms de Besançon.
19h45: Arrivée à Dijon.

samedi 15 septembre 2012

15-S à Madrid

 Entre Cibeles et Colón, le 15 septembre, à 11h35.

Traduction : Dans le nouveau projet éducatif du PP, l'alphabet s'avérera réduit à trois lettres : "O, B, I".

Dommage qu'on ne puisse pas en faire la traduction en anglais car au bout du compte, c'est la langue qu'ils nous ont choisie : they want us to obey. In English and without question. They have that dream.

Merci Teresa pour la photo.