Chaque année, 2 000 personnes sont atteintes de maladies graves du sang, comme les leucémies, les lymphomes, mais aussi d’autres formes de pathologies sanguines moins connues. Aujourd’hui, ces maladies peuvent être soignées par une greffe de moelle osseuse. Chaque donneur de moelle osseuse peut ainsi offrir à un malade une chance supplémentaire de guérison. C’est parce que la compatibilité entre deux individus est très rare que plus les donneurs seront nombreux et plus la probabilité de sauver un malade augmentera.L'Agence relève du Ministère français de la Santé et a lancé, à cette occasion, une grande opération de recrutement de donneurs. Cette campagne s'appuie sur un site web destiné à nous rendre tous plus conscients du problème et à mieux expliquer ses enjeux. Pour dissiper nos doutes, cette toile aborde les questions essentielles : Tout savoir sur le don, Comment s'effectue ce don, Les idées fausses..., et donne la parole à donneurs, greffés et experts qui apportent des témoignages vidéos, écrits ou sur le mur Facebook de l'Agence.
jeudi 22 mars 2012
Le don de moelle osseuse
La 7e Semaine nationale française de mobilisation pour le don de moelle osseuse se termine le 25 mars, donc dans trois jours. Il y va de la vie et de la joie de beaucoup de gens, malades et proches. Comme nous le rappelle le communiqué de presse de l'Agence de la biomédecine :
samedi 10 mars 2012
Métamorphose définitive de Giraud-Moebius
Le dessinateur et scénariste Jean Giraud, dit Moebius, est mort aujourd'hui à l'âge de 73 ans. Hommage.
Du plus loin qu'il m'en souvienne, j'ai toujours lu des BD, des "tebeos", nom castillan traditionnel dérivé du TBO des éditions Buigas, Estivil y Viñas. Je dois cette passion à ma grand-mère Luciana et sa librairie Úbeda, à Ciudad-Rodrigo, où j'ai passé mon enfance et ma première adolescence. Parmi les trésors de la librairie, les "tebeos" étaient particulièrement prisés par mon frère, ma sœur et moi : ils ont été pour nous une première éducation littéraire, artistique et sentimentale, mais surtout, quel plaisir nous avions à les lire ! Il y avait de tout : Astérix et Obélix, Tintin, El Capitán Trueno ou El Jabato, El Botones Sacarino, 13 rue del Percebe, Las Hermanas Gilda, Mortadelo y Filemón, le professeur Franz de Copenhague, Anacleto agente secreto... On en était tellement friands, qu'on les cachait pour les dévorer en solitaire, clandestinement. Voilà pourquoi, le mercredi était le vrai jour de fête : c'était celui de l'arrivée hebdomadaire à la Poste des bédés des éditions Bruguera et Valenciana. Le lieutenant Blueberry, de Giraud et Charlier, faisait partie du paquet de chez Bruguera, tout comme Lucky Lucke, de Morris, et tant d'autres.
Comme toute cette histoire serait longue à décrire, disons simplement que les créations de Gir-Giraud-Moebius nous ont toujours accompagnées le long des années insérées dans d'autres conteneurs : ses albums pour Dargaud ou pour les Humanoïdes Associés, où il venait juste de rééditer, en février 2012, Escale sur Pharagonescia ou Le Garage hermétique ; ses vignettes pour Métal Hurlant, Hara-Kiri ou L'Écho des Savanes...
La Fondation Cartier se trouve 261 Bd. Raspail, dans un bâtiment conçu par Jean Nouvel qui dispose à l'arrière d'un petit jardin rustique, un peu sauvage, avec buvette, qui a été dessiné par Lothar Baumgarten. Nomen omen... Quand on s'appelle comme cela, on risque de devenir paysagiste.
Comme toute cette histoire serait longue à décrire, disons simplement que les créations de Gir-Giraud-Moebius nous ont toujours accompagnées le long des années insérées dans d'autres conteneurs : ses albums pour Dargaud ou pour les Humanoïdes Associés, où il venait juste de rééditer, en février 2012, Escale sur Pharagonescia ou Le Garage hermétique ; ses vignettes pour Métal Hurlant, Hara-Kiri ou L'Écho des Savanes...
Page 47 de l'album "Apaches", publié chez Dargaud en 2007, dont le scénario correspond comme d'habitude à Jean-Michel Charlier : c'est une réécriture faite à partir de pages parues dans des albums précédents auxquelles on a ajouté de nombreuses pages, images et textes inédits.
J'avais toujours souhaité dédier un billet de ce blog à Giraud-Moebius. J'y avais surtout pensé lorsque j'avais visité à Paris, le dimanche 31 octobre 2010, l'exposition "Moebius-Transe-forme", organisée par la Fondation Cartier, avec la participation active de l'artiste : c'était la première rétrospective qu'on lui consacrait. On projetait en plus « La Planète Encore », son premier film d'animation (en 3D) en tant que réalisateur.
La Fondation Cartier se trouve 261 Bd. Raspail, dans un bâtiment conçu par Jean Nouvel qui dispose à l'arrière d'un petit jardin rustique, un peu sauvage, avec buvette, qui a été dessiné par Lothar Baumgarten. Nomen omen... Quand on s'appelle comme cela, on risque de devenir paysagiste.
L'exposition permettait de jouir des différentes facettes d'un artiste intarissable qui avait osé aborder avec talent l'Histoire, le western, la fiction futuriste, l'univers onirique ou psychédélique, l'érotisme... À voir tant de planches et vignettes, tant d'histoires, tant de personnages, tant de détails, tant de méticulosité géniale, on éprouvait toute sorte de réminiscences : Frank Margerin, Henry Moore, Alberto Giacometti, Milo Manara (dans tel visage féminin)...
Le 7 octobre 2010, le Nouvel Observateur divulguait un entretien avec Jean Giraud. Il fallait rendre compte et de l'exposition Cartier et de la publication de la suite des aventures d'Arzak, trente-quatre ans après la première et unique apparition de ce personnage. À la question Vous étiez reconnu sous le pseudonyme de Gir. Pourquoi avoir créé celui de Moebius?, il a répondu :
Le 7 octobre 2010, le Nouvel Observateur divulguait un entretien avec Jean Giraud. Il fallait rendre compte et de l'exposition Cartier et de la publication de la suite des aventures d'Arzak, trente-quatre ans après la première et unique apparition de ce personnage. À la question Vous étiez reconnu sous le pseudonyme de Gir. Pourquoi avoir créé celui de Moebius?, il a répondu :
Le choix de ce pseudonyme a été pour moi une sorte de libération, une clé qui m’a permis d’échapper au système du genre, ensemble de lois implicites que l’on ne peut transgresser que de façon acceptable. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait à travers « Blueberry ». Mais ce n’était alors qu’une manière d’aménager ma prison. Sous le nom de Moebius, un nom emprunté au mathématicien et astronome allemand [August(us) Ferdinand Möbius], je me suis offert la possibilité d’un programme sans limites. Je passais d’un système de commande extérieure —celle d’un univers commercial— à un système de commande intérieure. Cette liberté, il me fallait la conquérir, l’apprivoiser. Quand je travaille sous l’identité de Moebius, je commence toujours par une sorte de jet incontrôlé, que je reprends par la suite. C’est pour moi la seule possibilité d’engendrer une transformation. Je dois me déconnecter de moi-même, entrer dans une sorte de transe. Cette idée a d’ailleurs donné son titre à l’expo de la Fondation Cartier, « Transe-forme ».
Un peu avant, il avait déclaré, dans la même conversation, à propos de l'ambiance chez Pilote lors de Mai 68 :
Quand Mai-68 est arrivé, « Pilote » n’a pas échappé à l’effervescence générale : il fallait qu’il y ait du sang qui coule, même si c’était du sang symbolique. Ça a été terrible, parce que qui s’est retrouvé le bouc émissaire de la situation ? C’était Goscinny, le rédacteur en chef. Dans les numéros de « Pilote » de l’époque, il y a de l’Uderzo (Astérix), du Morris (Lucky Luke), mais aussi du Gébé, Cabu, Fred, Gotlib, Mandryka, soit une drôle de cohabitation. Les « classiques » devaient être inquiets de l’arrivée de ces farfadets qui n’avaient qu’une envie, ébranler les colonnes du temple pour que tout s’écroule. Du côté des « transgressifs », je n’étais pas le dernier à rouspéter. Pourtant, j’étais le traître absolu parce que j’avais un pied dans « Blueberry » et un autre dans Moebius, du délire, de la drogue, de la provocation. Mais je n’avais pas honte, parce que j’étais l’agent actif d’une mutation en train de se produire.
Les images ci-dessous correspondent au catalogue de l'exposition de la Fondation Cartier et à deux photos de l'accès à celle-ci.
| Fondation Cartier, Paris. |
vendredi 9 mars 2012
Le corps humain en français
Le Corps humain virtuel est un outil d'enseignement proposé sur le site de son éditeur, Québec Amérique. Il permet une navigation interactive et il y est question des différentes composantes de nos anatomies, masculine et féminine : morphologie, squelette, muscles, système
nerveux, système lymphatique, système cardiovasculaire, système respiratoire, appareil digestif, appareil urinaire et appareil reproducteur. Le site offre en outre un dictionnaire anatomique.
Voici leur présentation :
Pour apprendre le vocabulaire du corps d'une manière beaucoup plus simple, avec des exercices à l'appui, vous disposez aussi, par exemple, du site de Thierry Perrot. Cliquez sur le lien pour essayer.
Voici leur présentation :
Ikonet.com vous invite à explorer l’anatomie du corps humain, de la tête aux pieds et de la peau aux os, avec le Corps humain virtuel. Plus dynamique que des planches anatomiques traditionnelles, le Corps humain virtuel vous permet, grâce à sa fenêtre de navigation interactive, de superposer à votre guise muscles, organes, squelette et autres composantes du corps humain, et d’ainsi visualiser les liens qui les unissent.
Grâce à notre modèle hyperréaliste, découvrez un mode unique d'exploration de l'anatomie humaine. Il suffit de survoler le modèle 3D avec votre curseur pour obtenir le nom exact des différentes structures représentées. Pour en savoir plus, cliquez sur un nom et accédez à sa définition et à un enregistrement audio de sa prononciation dans l’étiquette qui se déploie alors.
Pour plus d’information sur les options de navigation, consultez l’aide du site.
Pour apprendre le vocabulaire du corps d'une manière beaucoup plus simple, avec des exercices à l'appui, vous disposez aussi, par exemple, du site de Thierry Perrot. Cliquez sur le lien pour essayer.
lundi 27 février 2012
Vers où Israël, webdoc de Camille Clavel
À partir du 24 février et jusqu'au 6 avril, le site de Courrier international diffuse un dossier spécial sur le webdoc écrit et réalisé par Camille Clavel, Vers où Israël, une production de Mélisande Films. Quant à Camille Clavel, il est pertinent de rappeler que son arrière-grand-mère est morte dans un camp de concentration nazi.
Le film a été tourné en Israël et en Cisjordanie en mai 2011, cinq mois avant la demande du Président de l'Autorité palestinienne de reconnaître la Palestine comme État membre de l'ONU. Suite à cette demande, la Palestine est devenue le 195e membre de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). L'annonce a été officialisée lundi 31 octobre.
Le premier épisode des sept qui composent le film a donc été mis en ligne vendredi. On compte en diffuser un chaque semaine. Dans ce premier volet, on voit bien que le documentaire s'appuie sur les interventions de nombreux Israéliens, juifs ou arabes, anonymes ou bien connus, dont le romancier et poète Aharon Appelfeld, l'historien médiéviste Gadi Algazi et l'historien Shlomo Sand, professeur à l'université de Tel Aviv et auteur de Comment le peuple juif fut inventé.
Ce documentaire a été sélectionné par le festival Visions du réel 2012 (section Media Library), qui se déroulera à Nyon du 20 au 27 avril.
Le film a été tourné en Israël et en Cisjordanie en mai 2011, cinq mois avant la demande du Président de l'Autorité palestinienne de reconnaître la Palestine comme État membre de l'ONU. Suite à cette demande, la Palestine est devenue le 195e membre de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). L'annonce a été officialisée lundi 31 octobre.
Le premier épisode des sept qui composent le film a donc été mis en ligne vendredi. On compte en diffuser un chaque semaine. Dans ce premier volet, on voit bien que le documentaire s'appuie sur les interventions de nombreux Israéliens, juifs ou arabes, anonymes ou bien connus, dont le romancier et poète Aharon Appelfeld, l'historien médiéviste Gadi Algazi et l'historien Shlomo Sand, professeur à l'université de Tel Aviv et auteur de Comment le peuple juif fut inventé.
Ce documentaire a été sélectionné par le festival Visions du réel 2012 (section Media Library), qui se déroulera à Nyon du 20 au 27 avril.
Vidéo : Entretien avec Camille Clavel, auteur et réalisateur du webdocumentaire "Vers où Israël ?"
Source : Courrier international sur Vimeo.
Source : Courrier international sur Vimeo.
dimanche 26 février 2012
¿Hablando se entiende la gente? Lenguaje: ¿Limitación o posibilidad?
Le 26 février 2012, au Café El Fin del Mundo, calle Dr. Fourquet 28, Madrid, Café Philo nº 26 autour du langage :
Voici le lien du nouveau blog, "Filosofar en Libertad" .
¿Hablando se entiende la gente? Lenguaje: ¿Limitación o posibilidad?
Moderadora: Zara Fernández de Moya___________________________________
Ponentes:
Rosana Acquaroni: Es poeta y doctora en Filología Hispánica (Universidad Complutense de Madrid). Ha publicado varios libros de poesía: entre ellos, Del Mar bajo los puentes, (1988) o Discordia de los dóciles (2011). Ha sido incluida en diversas antologías: Ellas tienen la palabra (1997) o Poetas en blanco y negro (2006). En este enlace está su intervención en la sesión: Rosana Acquaroni.
Juan Luis Conde: Escritor de novela y ensayo, es profesor en Filología Clásica (Universidad Complutense de Madrid) y ha colaborado varios años en la Escuela de Letras de Madrid. De sus cursos sobre creación literaria, nació El segundo amo del lenguaje (Debate, 2001). En 2008 publica La lengua del Imperio.
Antonio Carlos Martín: Doctor en Psicología de la salud y psicólogo clínico. Ha publicado su investigación Infertilidad femenina y psicosomática (2007). Ha publicado varios artículos en revistas especializadas y en prensa.
Ángela Tejero: Formadora de Programación Neuro-Lingüística (PNL) y Directora de Formación en PNL Madrid donde desarrolla diferentes programas enfocados al Liderazgo tanto Personal como Profesional. Está especializada en Comunicación, Lenguaje Persuasivo y Creatividad.
Alberto Conde Calvo: Filólogo, traductor entre otros de Le Clézio y profesor de francés en la Escuela Oficial de Idiomas. Actualmente, ha desarrollado también su investigación en nuevas tecnologías y aprendizaje.
Voici le lien du nouveau blog, "Filosofar en Libertad" .
samedi 25 février 2012
À Dakar comme à Valencia, dommage - Hommage au Sénégal
À Dakar (voir plus bas), à Valence (Valencia, Espagne), à Saint-Denis de la Réunion... Nous voilà beaux.
Sénégal Sénégal, par Ismaël Lô.
Sanou Mbaye, économiste et écrivain sénégalais, auteur de L'Afrique au secours de l'Afrique (L'Atelier, Ivry-sur-Seine, 2009), a publié un article à propos du « marasme sénégalais » dans Le Monde diplomatique de février 2012, page 17. En voilà un extrait —qui prouve la pertinence absolue de l'avant dernier roman de Michel Rio, Coupe réglée, Fayard 2009, une « non-enquête » de son héros de B. D. le commissaire divisionnaire Francis Malone— :
Sénégal Sénégal, par Ismaël Lô.
Le 1er février 2012
_____________________Sénégal: affrontements entre étudiants et forces de l'ordre à Dakar
![]()
Des affrontements opposaient mercredi sur le campus de l'université publique à Dakar les forces de l'ordre à des étudiants protestant contre la mort la veille d'un des leurs lors de la dispersion d'un rassemblement de l'opposition par la police, a constaté un journaliste de l'AFP. ( © AFP Seyllou Diallo)DAKAR (AFP) - Des affrontements opposaient mercredi sur le campus de l'université publique à Dakar les forces de l'ordre à des étudiants protestant contre la mort la veille d'un des leurs lors de la dispersion d'un rassemblement de l'opposition par la police, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les incidents ont éclaté lorsqu'un groupe d'étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a voulu sortir du campus pour aller assister dans un hôpital voisin à la levée du corps du manifestant tué, étudiant en Lettres modernes.
Il est décédé des suites de ses blessures après avoir été renversé par un véhicule lors de la dispersion du rassemblement des opposants à la candidature du chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février.
Les affrontements, jets de pierres contre gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, se poursuivaient dans l'après-midi.
Quelques dizaines de policiers déployés à deux sorties du campus de l'université tentaient de disperser de petits groupes d'étudiants qui les harcelaient de pierres à partir de bâtiments du campus.
© 2012 AFP
Sanou Mbaye, économiste et écrivain sénégalais, auteur de L'Afrique au secours de l'Afrique (L'Atelier, Ivry-sur-Seine, 2009), a publié un article à propos du « marasme sénégalais » dans Le Monde diplomatique de février 2012, page 17. En voilà un extrait —qui prouve la pertinence absolue de l'avant dernier roman de Michel Rio, Coupe réglée, Fayard 2009, une « non-enquête » de son héros de B. D. le commissaire divisionnaire Francis Malone— :
« (…) De tels phénomènes s’inscrivent dans un rapport de soumission à la France et à ses intérêts, qui durent depuis cinquante ans. Le secteur privé est entièrement aux mains de groupes hexagonaux : Bolloré, Bouygues, Total, France Télécom, Société Générale, BNP Paribas, Air France… En outre, les politiques de change et de crédit, si cruciales pour le développement, sont liées à l’Hexagone à travers les mécanismes de la zone franc [1]. Contre le dépôt de 50% des réserves de devises des pays membres sur un compte du Trésor français, le franc CFA est convertible et arrimé à l’euro à un taux de change fixe surévalué, alors que toutes les autres monnaies du continent ont, elles, des cours flottants. La convertibilité permet aux entreprises françaises et aux classes dominantes de transférer librement les fortunes qu’elles engrangent en étant prémunies contre toute dépréciation monétaire. (…) »
[1] Franc CFA : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Mali, Niger, République centrafricaine, Sénégal, Tchad et Togo). Le franc comorien a été rattaché à l’euro comme le franc CFA.
jeudi 16 février 2012
100jours : courts métrages sur plusieurs thèmes
Je vous relaie telle quelle une dépêche du Monde sur le projet "100 jours" -un film documentaire par jour du 27 janvier au 6 mai- qui pourrait vous intéresser :
Un documentaire par jour jusqu'à la présidentielleVoici le MANIFESTE qui est à la base de cette initiative :
Le projet "100 Jours" a été lancé en 2007, à l'approche de l'élection présidentielle, par les documentaristes Odile Magniez, Zoé Liénard et Isabelle Taveneau. Leur collectif mettait en ligne un court documentaire quotidiennement et ce pendant les 100 jours précédant l'élection. Le projet renaît cette année (Rue89 y consacre d'ailleurs un article). Depuis le 27 janvier et jusqu'au second tour de la présidentielle, le 6 mai, un court-métrage est diffusé chaque jour sur 100jours.org. Cent réalisateurs français et étrangers ont été sollicités pour réaliser, bénévolement, un film de cinq minutes sur un thème "politique au sens large". Ces films sont également diffusés dans des cinémas, des établissements scolaires ou encore dans le cadre de festivals. Le site du collectif comporte par ailleurs une rubrique intitulée "100 Nuits", ouverte à d'autres formes de création (photo, dessin, bande dessinée, son, texte). Afin de stimuler le débat et de rendre accessibles les travaux au plus grand nombre, toutes les créations sont sous licence Creative Commons, donc librement téléchargeables et diffusables.
Cinq ans plus tard, le rituel des élections reprend son cours, les protagonistes sont identiques, la représentation spectaculaire et les enjeux confisqués.En 2007, nous avions réuni soixante réalisateurs et réalisatrices pour créer et diffuser 100 films les 100 jours précédant le deuxième tour des élections présidentielles. Cinq ans plus tard, nous décidons de renouveler l’expérience avec 100jours en 2012.
Nous voulons réinventer ce projet politique, cinématographique et artistique. Nous voulons à nouveau créer collectivement et bénévolement.
Et nous faisons le pari de mettre en œuvre un décalage : un autre rapport à l’individu, à l’esthétique, à l’actualité, un autre rapport à l’Autre, où notre système est un espace qui s’invente.
Imaginer des rencontres, approcher des trajectoires, capturer des instants, considérer cette période comme un moment d’expérimentation, de création, d’ouverture des possibles, un moment pour prendre la parole, brutalement ou joyeusement, empli de colère ou d’espoir.
En se projetant de la place du village à l’utopie bien nommée, nous affirmons par ce projet notre désir de saisir le présent. 100jours, c’est 100jours et 100nuits.
Dans 100jours nous proposons à des auteurs et à des collectifs la réalisation de 100 films documentaires de 5 minutes. Nous imaginons ces films comme des créations singulières, des points de vue affirmés, des tentatives documentaires, des essais.
Dans 100nuits, d’autres expressions documentaires, sous différentes formes (photo, dessin, bande dessinée, son, texte…) seront produites par des auteurs invités.
100jours s’envisage autant comme une succession de propositions que comme une œuvre singulière, un espace d’expressions libres et un tout pensé et construit. De 100jours doit émaner une entité propre, où chaque œuvre vient en écho aux précédentes, où les publications se répondent, se mêlent ou se heurtent pour au final se compléter et former un tout cohérent. Durant cette période (de janvier à mai 2012) il s’agira donc de faire : faire des films et des créations, organiser des diffusions, débattre, faire de la politique. En réinventant notre place, en tant que créateur et spectateur, individu et collectif, nous souhaitons réaffirmer que ce sont les rencontres qui produisent le politique.
Collectif 100jours (100jours.org)
“C’est l’art qui dispose constitutivement de tous les moyens d’affecter, parce qu’il s’adresse d’abord aux corps, auxquels il propose immédiatement des affections : des images et des sons. Non pas que l’art aurait pour finalité première de véhiculer des idées (…). Mais il peut aussi avoir envie de dire quelque chose. Sans doute cette forme de l’art a-t-elle largement perdu les faveurs dont elle a pu jouir dans la deuxième moitié du XX° siècle, au point que “l’art engagé” soit presque devenu en soi une étiquette risible, dont on ne voit plus que les intentions lourdement signifiantes, les propos délibérés et le magistère pénible. On peut bien avoir tous les griefs du monde pour l’art -qui- veut- dire, le problème n’en reste pas moins entier du “côté opposé” : car en face de l’art qui dit, il y a les choses en attentes d’être dites. Or elles ont impérieusement besoin d’affections et, “l’art politique” refluant, les choses à dire menacent de rester en plan -ou bien de vivoter dans la vitalité diminuée, dans la débilité, de la pure analyse.”
Frédéric Lordon – Post-scriptum de “D’un retournement, l’autre”, Seuil, mai 2011.
mardi 14 février 2012
Puro teatro
... lo tuyo es puro teatro, falsedad bien ensayada, estudiado simulacro.
Nouvelle mise en scène de l'Élysée. Pour l'intox, il fallait utiliser bon nombre de figurants dans le but que le cabotin Nicolas Sarkozy joue les vedettes. À moins huit, il ne fallait pas filmer à froid et quand on n'a pas froid aux yeux... Un tripotage à la hauteur de sa taille.
Version du Monde :
Nouvelle mise en scène de l'Élysée. Pour l'intox, il fallait utiliser bon nombre de figurants dans le but que le cabotin Nicolas Sarkozy joue les vedettes. À moins huit, il ne fallait pas filmer à froid et quand on n'a pas froid aux yeux... Un tripotage à la hauteur de sa taille.
Version du Monde :
L'Elysée compose un public pour accueillir le président sur un chantierLES GUIGNOLS DE L'INFO (voir à partir de 1' 05'')
LEMONDE.FR | 03.02.12 | 07h46 • Mis à jour le 09.02.12 | 08h39
Quelques jours après ses annonces télévisées, le président de la République était, jeudi 2 février, dans l'Essonne pour défendre son plan, très critiqué, pour tenter de régler la crise du logement par la hausse de 30 % des droits à construire. Afin de mettre le tout en images pour les médias audiovisuels, il a visité un chantier à Mennecy où il fut accueilli par des ouvriers, en tenue de travail : la photo a depuis été reprise par toutes les rédactions, dont Le Monde.fr.
Nicolas Sarkozy parle avec des ouvriers lors de la visite d'un chantier à Mennecy, près de Paris, le 2 février 2012.
REUTERS/PHILIPPE WOJAZER
Mais Europe 1 révèle ce vendredi matin qu'une partie des ouvriers présents ne travaillaient pas sur ce chantier. Certains ne seraient même pas des ouvriers en bâtiment, mais de simples figurants. Selon un cadre du chantier qui s'est confié à la radio :"Ils voulaient plus de monde autour de Nicolas Sarkozy". L'Elysée aurait été jusqu'à demander de doubler les effectifs le temps du passage du président.
Selon Europe 1, ce seraient ainsi plusieurs dizaines de personnes n'appartenant pas au chantier qui seraient venues jouer la comédie en se glissant parmi les soixante vrais ouvriers. Certains aurait été rapatriés de chantiers voisins, d'autres seraient des fournisseurs, des chefs de chantiers...
Des ouvriers "sont venus d'autres chantiers" par Europe1fr
Les présents auraient par ailleurs été priés de faire semblant de travailler devant la presse alors qu'en raison des températures glaciales des derniers jours, il leur aurait été normalement interdit de travailler. Selon Europe 1, ils seraient d'ailleurs rentrés chez eux juste après le chantier.
Interrogé, l'Elysée n'a pas nié. "Nous avons simplement voulu donner la possibilité d'être présents, à tous ceux qui ont, par le passé, ou qui auraient à l'avenir à travailler sur ce chantier", a expliqué le service communication de la présidence à Europe 1.
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RÉACTIONS
Denise 04/02/12 - 19h47 - Et que pensez-vous de la petite phrase de Sarkozy à un travailleur noir : "Cela change du pays, quand il fait moins 8". ? De quel pays parle-t-il donc ? Parce qu'il est noir son pays ne serait évidemment pas la France ?
Libellés :
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samedi 11 février 2012
Langue de bois et sacré culot de Masuch à Dublin
Dublin, le 19 janvier 2012.
Lors d’une conférence de presse de la Troïka UE (Istvan Szekely, de la Commission européenne, renforcé par Barbara Nolan), BCE (Klaus Masuch) et FMI (Craig Beaumont), Vincent Browne interpelle Klaus Masuch sur la légitimité du plan de sauvetage financier et les ravages qu'il entraîne. C'est-à-dire, cet insolite journaliste irlandais tient à savoir exactement pourquoi la BCE veut ratisser encore plus un perplexe peuple irlandais qui ne comprend toujours pas très bien pourquoi on lui demande de payer des milliards d’euros à des porteurs de bons ou obligations non garantis pour cause de dettes (d'une banque défunte) qui ne le concernent pas.
Cinq minutes suffisent à sortir du bois la profondeur et le rôle important de la langue de bois économique qu’on nous inflige. Cinq minutes suffisent à sortir du bois l’ouverture des discussions ouvertes et des débats encore plus ouverts en la matière. Cinq minutes suffisent à sortir du bois l’efficacité informative de l’expression corporelle et son déni d’une expression verbale effarante, qui balbutie des bourdes à son corps défendant. Désolé pour la gueule de bois concomitante.
Il se peut qu'il s'ensuive la parution d'un néologisme que je m'apprête à définir :
Masuchisme : Comportement des financiers orthodoxes persuadés que le peuple a besoin de ressentir de la douleur pour accomplir la jouissance sans entraves des membres de la Caste et qu'il finit toujours par obtempérer grâce à sa croyance en Santa Klaus.
[Note postérieure : une anacycle ou anacyclique est une expression dont la lecture à l'envers produit un autre sens. Mon ami Arturo me fait remarquer qu'en castillan Masuch égale Chusma. Et chusma veut dire racaille.]
Transcription du cafouillage central pur bois de Klaus Masuch :
Enfin, dans ce même article, Maurizio Lazzarato nous prévient des dangers d'autres dettes qui commencent à jouir parmi les amis de Santa Klaus d'un solide prestige très bien induit par les libéraux et leurs média (de formation) de masse :
Lors d’une conférence de presse de la Troïka UE (Istvan Szekely, de la Commission européenne, renforcé par Barbara Nolan), BCE (Klaus Masuch) et FMI (Craig Beaumont), Vincent Browne interpelle Klaus Masuch sur la légitimité du plan de sauvetage financier et les ravages qu'il entraîne. C'est-à-dire, cet insolite journaliste irlandais tient à savoir exactement pourquoi la BCE veut ratisser encore plus un perplexe peuple irlandais qui ne comprend toujours pas très bien pourquoi on lui demande de payer des milliards d’euros à des porteurs de bons ou obligations non garantis pour cause de dettes (d'une banque défunte) qui ne le concernent pas.
Cinq minutes suffisent à sortir du bois la profondeur et le rôle important de la langue de bois économique qu’on nous inflige. Cinq minutes suffisent à sortir du bois l’ouverture des discussions ouvertes et des débats encore plus ouverts en la matière. Cinq minutes suffisent à sortir du bois l’efficacité informative de l’expression corporelle et son déni d’une expression verbale effarante, qui balbutie des bourdes à son corps défendant. Désolé pour la gueule de bois concomitante.
Il se peut qu'il s'ensuive la parution d'un néologisme que je m'apprête à définir :
Masuchisme : Comportement des financiers orthodoxes persuadés que le peuple a besoin de ressentir de la douleur pour accomplir la jouissance sans entraves des membres de la Caste et qu'il finit toujours par obtempérer grâce à sa croyance en Santa Klaus.
[Note postérieure : une anacycle ou anacyclique est une expression dont la lecture à l'envers produit un autre sens. Mon ami Arturo me fait remarquer qu'en castillan Masuch égale Chusma. Et chusma veut dire racaille.]
Transcription du cafouillage central pur bois de Klaus Masuch :
Klaus Masuch: “(...) I can understand that this is a difficult decision to be made by the government and there’s no doubt about it but there are different aspects of the problem to be, to be balanced against each other and I can understand that the government came to, came to the view that, all in all, the costs for the, for the Irish people, for the, for the stability of the banking system, for the confidence in the banking system of taking a certain action in this respect which you are mentioning could likely have been much bigger than the benefits for the taxpayer which of course would have been there. So the financial sector would have been affected; the confidence of the financial sector would have been negatively affected, and I can understand that there were, that there was a difficult decision but that the decision was taken in this direction.”Dans La dette ou le vol du temps, article publié par Le Monde diplomatique de février 2012, page 28, le sociologue et philosophe Maurizio Lazzarato nous rappelle un aveu peu conventionnel de la part d'un ministre des finances européen de cette époque particulièrement renflouante :
Peu avant son décès, l’ancien ministre des finances irlandais Brian Lenihan déclarait : « Dès ma nomination, en mai 2008, j’ai eu le sentiment que nos difficultés –liées au secteur bancaire et à nos finances publiques- étaient telles que nous avions pratiquement perdu notre souveraineté. » En appelant l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) à l’aide, poursuivait-il, « l’Irlande abdiquait officiellement sa capacité à décider de son propre destin » (The Irish Times, 25 avril 2011).Et c'était lui qui les avait appelés. N'empêche, il savait que l'Irlande avait livré son destin à l'Empire du discours masuchiste et il l'admettait, tout près de la mort.
Enfin, dans ce même article, Maurizio Lazzarato nous prévient des dangers d'autres dettes qui commencent à jouir parmi les amis de Santa Klaus d'un solide prestige très bien induit par les libéraux et leurs média (de formation) de masse :
Aux États-Unis, par exemple, 80% des étudiants qui terminent un master de droit cumulent une dette moyenne de 77 000 dollars s’ils ont fréquenté une école privée et de 50 000 dollars s’il s’agit d’une université publique. Un étudiant témoignait récemment sur le site du mouvement Occuper Wall Street, aux États-Unis : « Mon emprunt étudiant s’élève à environ 75 000 dollars. Bientôt, je ne pourrai plus payer. Mon père, qui avait accepté de se porter garant, va être obligé de reprendre ma dette. Bientôt, c’est lui qui ne pourra plus payer. J’ai ruiné ma famille en essayant de m’élever au-dessus de ma classe. »C'est l'un des témoignages cités par Tim Mak dans « Unpaid student loans top $1 trillion », 19 octobre 2011. Il y en a beaucoup d'autres : cliquez dessus, si cela vous tente, pour mieux comprendre la logique esclavagiste à laquelle vous acculent ces emprunts universitaires qu'on nous vend comme des panacées. Du coup, vous saisirez également peut-être pourquoi il faut que les masters soient presque obligatoires et... payants. Bien entendu, la première conséquence de la hausse des droits de scolarité, c'est d'extirper de l'enseignement supérieur bon nombre de candidats... pauvres. C'est ainsi qu'au Royaume Uni, par exemple, pays où les frais d'inscription se sont envolés, 10 % des "bacheliers" britanniques renoncent maintenant à aller à l'université, tandis que d'autres envisagent de partir, etc. : témoin The Guardian.
jeudi 9 février 2012
Truffaut sur Curiosphère.tv
Les amateurs de cinéma et, concrètement, de Nouvelle Vague ("mouvement esthétique marquant du cinéma des années 60 – 70") disposent désormais d'un dossier concernant la vie et l'œuvre de François Truffaut sur curiosphere.tv, le site de France5.
Les textes du dossier ont été rédigés par François Robin. En voici un exemple :
Voici la liste des sujets abordés. On dispose de plusieurs vidéos en la matière.
BIOGRAPHIE ET CHRONOLOGIE FRANÇAISE
Les textes du dossier ont été rédigés par François Robin. En voici un exemple :
Dans le cinéma français des années 1955-60, une pléiade d’acteurs excellents anime les écrans : Raimu, Fernandel, Jouvet, De Funès, Arletty, Casarès, Simon. Mais une poignée de jeunes gens, emmenés par François Truffaut, a décidé de tourner le dos à l’Industrie du cinéma qu’ils jugent sclérosée et peu créative.
Les Quatre Cents Coups, de François Truffaut. Jean-Pierre Léaud - Antoine Doinel. © André Dino - MK2/DR
Exit donc la star système et les monstres sacrés qui grèvent les budgets : la Nouvelle Vague se produira elle-même et le haut de l’affiche sera occupé par la star montante des castings, le réalisateur ! Comme les sujets que cette jeune avant-garde a l’intention de porter à l’écran sont des histoires de jeunes gens, ce sont de nouveaux acteurs, de nouvelles actrices, jamais vus à l’écran, moins chers qui sont trouvés et qui ne feront pas d’ombre, sur le plateau, à leurs pygmalions, les réalisateurs.
Voici la liste des sujets abordés. On dispose de plusieurs vidéos en la matière.
BIOGRAPHIE ET CHRONOLOGIE FRANÇAISE
FRANÇOIS TRUFFAUT ET LA NOUVELLE VAGUE
- Truffaut et l'invention de la Nouvelle Vague
- Truffaut et ses amis : éloge du cinéma d'auteur
- Acteurs et actrices de Truffaut (et de la nouvelle vague)
FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE ET OUVRAGES DE RÉFÉRENCE
À VOIR AUSSI
lundi 6 février 2012
Étrangers répudiés par la France
Le vendredi 27 janvier, j'avais vent de la parution d'un webreportage au titre drôlement gainsbarre sur six étrangers venus faire leurs études en France et qui s'y sont vu refuser, comme tant d'autres, la possibilité d'entamer une activité professionnelle. Oh les beaux mots toc des libéraux !
Je t'aime moi non plus : tel est le nom de ce reportage sur des "cibles faciles" —pour reprendre l'expression de Ian, l'Étasunien interviewé— qui racontent leurs rêves brisés par la circulaire du 31 mai 2011 signée par le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant.
Les auteurs du travail sont deux jeunes journalistes : les images sont l'œuvre d'Edouard de Mareschal ; le son est dû à Jean-Baptiste Gauvin. Ils précisent à l'égard de la circulaire de Guéant :
"Haut potentiel". Beurk. Oh les beaux mots toc des libéraux, quel TOC décalé ! Dans un article publié le 4 février 2012 par le quotidien madrilène El País ("El saldo de la lengua"), Antonio Valdecantos nous prévenait, avec une rare acuité, contre ce genre d'expressions qu'on nous débite souvent et avec la plus grande solennité en conjuguant la cupidité et la pédanterie...
Revenons à nos moutons ; les jeunes diplômés et bilingues qui s'expliquent sont donc :
Ian, l'Étasunien "indigné" :
Sur ce même sujet, on peut lire le reportage Etudiants étrangers : portraits de "nouveaux sans-papiers" du Monde du 23/01/2012. Pour connaître de nombreuses histoires de sans-papiers renvoyés dans leurs pays, découvrez expulses.net.
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NOTE du 1er juin 2012 : La circulaire Guéant a été abrogée le 31 mai 2012.
Hervé Le Tellier a écrit dans son "Papier de verre" quotidien :
Je t'aime moi non plus : tel est le nom de ce reportage sur des "cibles faciles" —pour reprendre l'expression de Ian, l'Étasunien interviewé— qui racontent leurs rêves brisés par la circulaire du 31 mai 2011 signée par le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant.
Les auteurs du travail sont deux jeunes journalistes : les images sont l'œuvre d'Edouard de Mareschal ; le son est dû à Jean-Baptiste Gauvin. Ils précisent à l'égard de la circulaire de Guéant :
Depuis plusieurs mois, il est devenu quasiment impossible pour un étranger non ressortissant de l'Union européenne d'obtenir un changement de statut sur son titre de séjour lui permettant d'acquérir une première expérience professionnelle en France après y avoir fait des études. En cause, une circulaire, promulguée par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, et le ministre du Travail, Xavier Bertrand, le 31 mai dernier. Lire la circulaire Guéant.
Devant la multiplication des refus de changement de statut, beaucoup de jeunes diplômés étrangers ont dû renoncer à des promesses d'embauches, parfois des CDI dans de grandes entreprises. Un certain nombre ont tenté un recours, aidé par un collectif qui s'est formé pour sensibiliser le public sur cette situation. Le collectif du 31 mai a dénoncé ces refus et il a demandé, avec le soutien de personnalités politiques et d'intellectuels, au gouvernement de revoir sa position.
Une polémique a suivi, de nombreux articles de presse ont relayé cette histoire, et le gouvernement a admis avoir commis une maladresse. Le 23 décembre 2011, Claude Guéant est convoqué à l'Elysée. A la sortie, il annonce qu'il va revoir sa copie. Le 4 janvier, il déclare qu'une nouvelle circulaire vient se greffer à celle du 31 mai pour alléger cette dernière. L'idée principale est de revoir les situations au cas par cas afin que les jeunes diplômés étrangers à "haut potentiel" puissent rester en France. (...)
"Haut potentiel". Beurk. Oh les beaux mots toc des libéraux, quel TOC décalé ! Dans un article publié le 4 février 2012 par le quotidien madrilène El País ("El saldo de la lengua"), Antonio Valdecantos nous prévenait, avec une rare acuité, contre ce genre d'expressions qu'on nous débite souvent et avec la plus grande solennité en conjuguant la cupidité et la pédanterie...
Revenons à nos moutons ; les jeunes diplômés et bilingues qui s'expliquent sont donc :
Ian, l'Étasunien "indigné" :
Américain, Ian s'est installé en France il y a presque huit ans. A 30 ans, il est actuellement en quatrième année de thèse à l'université Paris Dauphine.Zineb, la Marocaine "militante" :
Avant, il a fait un master d'affaires publiques à Sciences po Paris.
Malgré son parcours prestigieux et sa nationalité, il a été touché par la circulaire.
Indigné, il estime qu'il s'agit d'une simple stratégie électoraliste.
Au Maroc, déjà, Zineb était dans un lycée français. Après son baccalauréat (français), elle vient faire ses études en France.César, le Vénézuélien "pragmatique" :
Une prépa (Janson de Sailly), puis l'école des Mines de Saint-Etienne. Une fois diplômée, elle décroche un CDI dans un cabinet d'audit très connu.
Elle demande alors un renouvellement de son titre de séjour en août. Pas de nouvelles pendant plusieurs mois.
Le 2 décembre, la lettre est là. On lui refuse sa demande.
Depuis, elle participe activement au collectif du 31 mai qui rassemble les étudiants touchés par la circulaire.
Elle y trouve un réconfort et elle espère que ce mouvement fera changer la politique du gouvernement.
César, 25 ans, est venu en France pour étudier l'architecture. Six ans qu'il est ici.Teddy, le Chinois "déçu" :
Il vient de terminer son diplôme et il est touché par la circulaire.
Vénézuélien, il rêvait de revenir dans son pays après une première expérience professionnelle en France.
Tant pis, il la fera ailleurs, aux Etats-Unis par exemple. Pour lui, il n'y a pas de temps à perdre.
Nous l'avons rencontré lors d'une réunion du collectif du 31 mai. Des personnalités sont venus soutenir les étudiants étrangers. Lui a reçu le soutien de la journaliste Caroline Fourest que nous entendons à ses côtés.
Teddy, 32ans, est amoureux de la France. Il aime l'esprit du pays, la beauté du paysage et la culture qui s'y dégage. Il est venu faire des études pour construire sa vie ici. Il veut développer les liens entre la Chine et la France.Tu, la Vietnamienne "jusqu'au-boutiste" :
Trois formations: l'Ens-cinéma Lyon, la fac Lyon 3 en "Profession des médias", du management et stratégie d'entreprise dans une école de commerce. Cet été, une entreprise lui propose un CDI. Elle veut étendre son activité en Chine et a donc besoin d'une personne comme Teddy, maniant les deux langues.
Le 2 décembre dernier, il reçoit une lettre de refus à son renouvellement.
Le combat quoi qu'il arrive. Tu, 26 ans, vietnamienne, veut rester ici.Ting, la Chinoise "affligée"
Après des études en Ressources Humaines à Nanterre, elle décroche une promesse d'embauche dans une entreprise française.
En septembre dernier, on lui refuse le renouvellement de son titre de séjour.
Depuis, elle a entamé une série de recours. Son titre de séjour a expiré.
Elle vit au jour le jour, attendant une ultime décision de la préfecture.
Chez Ting, c'est la colère qui domine. Deux fois qu'on lui refuse son titre de séjour pour travailler en France. A 29 ans, elle y a fait des études pourtant brillantes. Un Master de droit à l'université d'Assas à Paris après une école à Clermont-Ferrand.
Neuf ans qu'elle est ici, neuf ans qu'elle espère vivre sa première expérience professionnelle en France...
Mais maintenant, elle en a marre. Elle songe sérieusement à retourner en Chine.
Sur ce même sujet, on peut lire le reportage Etudiants étrangers : portraits de "nouveaux sans-papiers" du Monde du 23/01/2012. Pour connaître de nombreuses histoires de sans-papiers renvoyés dans leurs pays, découvrez expulses.net.
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NOTE du 1er juin 2012 : La circulaire Guéant a été abrogée le 31 mai 2012.
Hervé Le Tellier a écrit dans son "Papier de verre" quotidien :
L'absurde circulaire Guéant abrogée, les étudiants étrangers diplômés pourront plus aisément postuler pour un emploi en France. Reste à faire perdre aux préfets les réflexes acquis.
vendredi 27 janvier 2012
L'Emploi, par Bou Grasso
Court métrage d'animation encourageant à réfléchir au sujet de l'expression "création d'emplois".
Merci pour le tuyau, Maite.
El Empleo, Argentine 2008.
Réalisation : Santiago 'Bou' Grasso
Idée : Patricio Plaza
Animation : Santiago 'Bou' Grasso / Patricio Plaza
Design des titres : Natalia Acosta
Production : Opusbou
Merci pour le tuyau, Maite.
El Empleo, Argentine 2008.
Réalisation : Santiago 'Bou' Grasso
Idée : Patricio Plaza
Animation : Santiago 'Bou' Grasso / Patricio Plaza
Design des titres : Natalia Acosta
Production : Opusbou
mercredi 11 janvier 2012
Haïti, deux ans après
Haïti est toujours en logique de survie. Les haïtiens sont pourtant décidés à prendre leur destin en main. Dans les quartiers de Port-au-Prince, mais aussi dans les zones rurales de Petit Goâve ou de Grande Anse, là où les aident les équipes de MdM, ils font preuve d'un courage remarquable pour tenter de se construire un autre avenir.Hier, 10 janvier, Le Monde et Rémis Courgeon / Médecin du Monde ont mis en ligne un visuel interactif qui se veut un portrait inachevé d'Haïti, deux ans après le séisme qui a coûté la vie à plus de 220 000 personnes.
Justement, il s'appelle Haïti, deux ans après et nous montre certains aspects de la vie haïtienne du moment à travers des dessins, des photos et un témoignage oral, une voix off, celle de Rémis Courgeon, auteur et illustrateur d'albums pour la jeunesse qui aime bien se replonger de temps à autre dans la réalité, de son aveu.
Cinq sont les sujets qu'il a abordés : Portraits d'Haïtiens, les Femmes, le Choléra, Dano et le vaudou, et les Hôpitaux, dont les liens s'affichent si vous placez votre curseur sur les lettres blanches du titre, en bas à gauche de l'écran.
Cliquez sur le sujet qui vous intéresse et faites glisser la toile de droite à gauche, avec votre souris, pour commencer. Puis vous pouvez bouger de droite à gauche, de gauche à droite, à votre guise. À part les images, vous pourrez écouter les explications orales enregistrées.
Crédits :
Direction artistique et graphisme : Élise Desmars-Castillo.
Développement Flash : Pascal Tempier.
Rappel - il existe dans ce blog d'autres billets consacrés à Haïti :
lundi 9 janvier 2012
"Les nouveaux chiens de garde", le film
« J’ai eu la joie d’être attaqué, souvent assez violemment, par tous les
grands journalistes français, expliquait Pierre Bourdieu en 1998 à la
réalisatrice Barbro Schultz Lundestam. Parce que ces gens qui se croient
des sujets n’ont pas supporté de découvrir qu’ils étaient des marionnettes. »
Entretien filmé au Collège de France, 26 février 1998, et cité par Pierre Rimbert
dans À cent contre un, Le Monde diplomatique, janvier 2012, page 17.
« Nous n'accepterons pas éternellement que le respect accordé au masque
des philosophes ne soit finalement profitable qu'au pouvoir des banquiers. »
Paul Nizan : Les Chiens de garde (Rieder, 1932 ; Agone 1998 et 2012, p. 74),
citation portée en épigraphe par « Les nouveaux chiens de garde » de Serge Halimi,
nouvelle édition actualisée et augmentée, Éditions Raisons d'Agir, novembre 2005.
citation portée en épigraphe par « Les nouveaux chiens de garde » de Serge Halimi,
nouvelle édition actualisée et augmentée, Éditions Raisons d'Agir, novembre 2005.
“En todas las emisoras sonaba la misma música,
pero la variedad de receptores era infinita”.
(El Roto, El País)
pero la variedad de receptores era infinita”.
(El Roto, El País)
Après-demain, le 11 janvier 2012, sort en France le documentaire satirique Les nouveaux chiens de garde, réalisé en 2011 par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat. Le scénario est dû à Serge Halimi, Pierre Rimbert, Renaud Lambert et les deux metteurs en scène cités, Gilles Balbastre et Yannick Kergoat.
Comme le rappelle l'émission radiophonique de Daniel Mermet Là-bas si j'y suis (voir plus bas), deux références viennent à l'esprit lorsqu'on évoque ce titre, l'essai homonyme de Serge Halimi, préfacé par Pierre Bourdieu et publié initialement en 1997, et le pamphlet Les chiens de garde (1932), de Paul Nizan, où celui-ci dézingue la philosophie officielle-universitaire de son époque pour cause de soumission au pouvoir bourgeois :
Sorti en 1997, "Les nouveaux chiens de garde" s’est vendu à 250 000 exemplaires sans que son auteur (Serge Halimi) ait concédé le moindre passage en télé.Ou trois, par mémoire biaisée, si vous permettez, parce qu'on se souvient aisément d'une contribution considérable, maintenant classique, dans ce domaine : l'essai Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media, publié en 1988 par Edward S. Herman et Noam Chomsky (La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, Agone, 2008 *).
En 1932, les chiens de garde que Paul Nizan prenait pour cible étaient les philosophes au service du pouvoir. Ceux de Serge Halimi sont les éminents journalistes et les médiacrates au service des puissances d’argent. Le livre est devenu un film qui sort mercredi 11 janvier.
Pour intituler leur livre, Herman et Chomsky utilisaient à rebours l'expression « manufacture of consent », établie par Walter Lippmann dans Public Opinion (1922) lorsqu'il décrivait la moderne propagande qui était devenue « un art conscient et un organe régulier du gouvernement populaire ». Évidemment Herman et Chomsky blâmaient les manipulations prônées avec fougue par Lippmann ou d'autres mandarins, tels le viennois Edward L. Bernays, auteur de Propaganda (1927) et neveu de Sigmund Freud, soit dit en passant. Et justement leur titre antilippmannien a été très librement traduit en castillan par Carme Castells Los guardianes de la libertad, oxymoron —moins poussé qu'on risque de le penser, étant donné qu'il s'agit là d'une liberté bien exclusive, celle des Seigneurs— qui fait penser au titre de Nizan. On dirait un hommage.
Sous l'expression "chiens de garde", on tient donc à faire référence à des éminents journalistes qui finissent par boucler toutes les boucles. Exemple d'aujourd'hui même (cliquez sur le lien ci-contre pour en savoir plus) : un parquet espagnol pense que l'ancien président d'une communauté autonome aurait embauché comme nègre (1) pour la rédaction de ses discours de fonction un éminent journaliste, tout en ayant recours à des procédés interlopes par-dessus le marché. Il s'agirait à vrai dire d'un merle blanc car il aurait touché une rémunération mensuelle de 4 500 €, sans compter une subvention de presque 450.000 € de fonds publics pour créer un média numérique prônant la même ligne politique que ledit élu. Pas mal, mais ce ne serait pas fini ; pour boucler vraiment la boucle, notre nègre insigne aurait travaillé comme éditorialiste et chroniqueur dans un célèbre quotidien espagnol, indépendant et mondial, dont le journalisme de recherche est le gardien de notre démocratie et de nos libertés ; il y aurait publié des billets laudatifs à l'égard des... discours du président régional en question... Voilà, ceux qu'il avait lui même secrètement rédigés. En fait, il semble qu'il n'aurait pas raté une seule occasion de porter aux nues l'activité politique dudit président régional dans tous les moyens de communications où il collaborait, le but étant toujours de mettre du beurre dans les épinards. Inutile de marchander les dithyrambes à quelqu'un de si juste... C'est drôle : je viens de publier un autre billet à propos de ce journalisme qui se borne à passer des notes qu'on lui passe ; ici, ce serait lui qui les rédigerait... avant la lettre ! Quel sens de l'anticipation !
Le nom du plumitif et le contexte de cette affaire disons ordinaire m'a rappelé la Une du Spiegel d'il y a un certain nombre d'années. L'hebdomadaire allemand proposait à ses lecteurs un dossier sur Majorque sous le titre Unsere Inseln...
Bref, si vous voulez plus d'information sur Les nouveaux chiens de garde, vous pouvez écouter ou podcaster deux émissions disponibles de Là-bas si j'y suis, ici (celle du 15/12/2005 à écouter en trois volets car, j'ignore pourquoi, le lien d'accès à l'émission ne fonctionne pas) ou là (celle du 6 janvier 2012).
Vous disposez d'un texte introduisant le film ainsi que sa bande-annonce sur le site cinema.jeuxactu.com ; je les reproduis ci-dessous :
Les nouveaux chiens de garde : le film qui accuse les journalistes
Il ne vous aura pas échappé que des élections présidentielles se tiendront au mois de mai 2012. L'espace médiatique sera essentiellement occupé par ce rendez-vous national, les journalistes, éditorialistes et chroniqueurs se succéderont à l'antenne pour étudier les sondages, analyser à la loupe les programmes des différents candidats qui seront reçus sur tous les plateaux hertziens. Un événement politique d'importance comme il n'y en a qu'une fois tout les cinq ans qui ranimera à coup sûr les soupçons de collusions entre journalistes et politiques. Comment croire à l'objectivité d'un journaliste et des proclamés prescripteurs d'opinion lorsque ceux-ci tutoient les acteurs de la vie politique, se retrouvent régulièrement autour de dîners mondains et parfois même partagent leur vie avec l'un/une d'eux ?
Gilles Balbastre et Yannick Kergoat ont réalisé Les Nouveaux chiens de garde pour dénoncer cette presse qui se revendique indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique alors même qu'elle est propriété de grands groupes industriels du CAC40 inévitablement proches du pouvoir. Un document à charge auquel a participé Serge Halimi, actuel directeur du mensuel d'opinion Le Monde Diplomatique et auteur de l'essai Les Nouveaux chiens de garde (1997, Liber-Raisons d'agir). Ce n'est bien entendu pas à la télévision que nous pourrons découvrir le film mais en salle. La date de sortie des Nouveaux chiens de garde est fixée au 11 janvier 2012.
Enfin, parmi les films plus ou moins récents qui réfléchissent à l'activité incestueuse des média dans nos sociétés, il ne faut pas oublier la trilogie de Pierre Carles à cet égard constituée par les documentaires Pas vu pas pris (1998), La sociologie est un sport de combat (2001, centré notamment sur les travaux de Pierre Bourdieu) et Enfin pris ? (2002, illustration des idées de Bourdieu sur la télévision et du retournement de veste opéré par l'ancien enfant terrible Daniel Schneidermann).
*Je dispose chez moi d'une édition castillane. À propos du titre de l'édition française, on peut lire sur ACRIMED :
La première traduction en français (souvent très fautive) sous le titre (inexact et trompeur) de La Fabrique de l’opinion publique. La politique économique des médias américains, était parue en 2003 aux éditions Le Serpent à plumes.
(1) Désolé : c'est le terme qu'on emploie pour désigner la personne qui écrit anonymement les textes signés par quelqu'un d'autre. [Ajout du 10.12.2013 : Faits avérés par la Justice espagnole.]
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NOTE POSTÉRIEURE : Voici des extraits tirés d'articles publiés à propos des Nouveaux chiens de garde. Pour accéder au texte complet, vous n'avez qu'à cliquer sur les liens.
(...) Indépendance, objectivité et pluralisme : les ambitions fièrement affichées par les très hauts gradés des principaux médias ne résistent pas à l’épreuve. Certes, la France n’est pas la Corée du Nord... Mais, grâce à ce film, et entre autres, on apprendra comment la rédaction de TF1 protège les intérêts de son employeur le groupe Bouygues ; on découvrira comment les mandarins du journalisme se vendent (et quels sont les tarifs de leurs « ménages ») ; on appréciera les prestations des experts en expertise qui papotent partout et s’égarent souvent : pathétiques gardiens de l’ordre économique et social, qui, de Michel Godet à Élie Cohen en passant par Alain Minc, tournent en boucle entre les entreprises et les plateaux de télé sans cesser de marmonner la même antienne libérale depuis plus de vingt ans. Et parce que rien n’est plus efficace que le témoignage des intéressés eux-mêmes, la voix off, caustique, laisse la parole à la ribambelle des vedettes en tout genre : éditocrates, patrons, présentateurs, pseudo-savants. De moins médiatiques invités (par les réalisateurs) ponctuent le scénario de quelques remarques acides : les économistes Frédéric Lordon et Jean Gadray, le journaliste Michel Naudy, le sociologue François Denord et Henri Maler, l’un des fondateurs d’Acrimed. (...)— Valerianne, AGORAVOX (le média citoyen), vendredi 13 janvier :
(...) Et les exemples cités, souvent très drôles, ne font pas de cadeaux… Ainsi, Jean-Pierre Elkabach pris en flagrant délit de flatterie éhontée envers son patron, Arnaud Lagardère – Luc Ferry et Jacques Julliard, invités a priori pour confronter leurs avis théoriquement divergents, se renvoyant la balle avec forces complicité et amabilité – Michel Field faisant la promo de Casino ou d’Arnaud Lagardère, encore lui…, lors d’un congrès UMP - Alain Duhamel multipliant en excès les éditoriaux (jusqu’à une dizaine à la fois), illustrant à lui seul cette dérive d’omniprésence que dénoncent aussi les deux cinéastes… Ainsi ces journalistes, si compréhensifs avec les puissants (Laurent Joffrin mettant plus d’une minute pour poser, avec circonvolution et affectation, une question gênante à Jacques Chirac…), mais durs et autoritaires avec les plus faibles (David Pujadas demandant avec insistance et fermeté au représentant syndical, Xavier Mathieu, de revenir au calme… - idem avec Yves Calvi face à un éducateur de banlieue…). Ainsi tous ces médias, possédés par un noyau réduit de grands décideurs (les Bouygues, Lagardère, Bolloré, Dassault, Pinault…), qui occultent les reportages gênants (cf l’exemple de TF1 refusant d’évoquer le défaut de construction de la centrale nucléaire de Flamanville, dont le chantier est dirigé par Martin Bouygues…). Ainsi également ces prestations de « ménages », ces animations de colloques d’entreprises, payées à prix d’or, que de nombreux journalistes acceptent de faire, au mépris de toute éthique (cf l’exemple d’une Isabelle Giordano qui invite sur son émission de France Inter intitulée « Service public » le chef d’entreprise pour lequel elle a animé quelques jours plus tôt un séminaire…) Ainsi, ces experts, sollicités à tout bout de champ, qui squattent depuis des lustres les plateaux TV, toujours présentés comme universitaires ou chercheurs, alors qu’ils ont des accointances avec les plus grandes entreprises du CAC 40 (en tant qu’administrateur ou parce qu’ils y animent des séminaires…), sûrs d’eux-mêmes, condescendants, et incapables de la moindre autocritique, même quand ils sont pris en flagrant délit d’incompétence (cf l’exemple flagrant d’Alain Minc et de l’économiste Daniel Cohen qui assuraient en 2008 que la crise financière était passée…)Ainsi, surtout, ce côté « pensée unique », qui nous rabâche toujours les mêmes faits divers (destinés à « faire diversion », comme le disait si bien Bourdieu), les mêmes rengaines de « réformes nécessaires »… les mêmes caricatures (sur les cités de banlieue, l’insécurité…), montrant surtout le mépris de classe dont font preuve les journalistes, trop inféodés eux-mêmes au pouvoir. (...)— L'EXPRESS ; entretien avec Yannick Kergoat, jeudi 12 janvier.
(...) La vraie critique des médias se trouve dans les livres de Pierre Bourdieu, Serge Halimi, les films de Pierre Carles, les articles du Monde Diplomatique, de PLPL, du Plan B ou enfin dans des actions d'une association comme l'Acrimed, dont je suis membre. La critique des journalistes ne doit pas être réservée aux journalistes eux-mêmes. Elle se doit d'être politique.(...)_________________________________
Certains vous reprocheront peut-être le caractère "simpliste" de votre analyse. Que leur répondez-vous ?
Les questions que nous posons sont effectivement simples. Il suffit de répondre par oui ou par non. Est-ce normal qu'un journaliste fasse des ménages pour des groupes industrielles ou que la femme d'un ministre des affaires étrangères alors en exercice soit nommée par le chef de l'état directrice générale de l'Audiovisuel Extérieur de la France? Nous revendiquons le côté satirique de notre film. C'est un pamphlet, un combat pour réveiller les consciences. Nous grossissons volontairement le trait par moment, mais derrière il y a toujours des arguments précis. (...)
Mise à jour postérieure :
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