jeudi 14 septembre 2023

Contre l'Islamophobie et le Sexisme de la République

On humilie et on tabasse tous les jours les garçons, on les tue de temps à autre. Mais on négligeait un petit peu les filles, il fallait les harceler, les signaler plus ouvertement, pour ne pas mollir, auront dit les Darmanins. Et ils s'y sont attalés... par tous les moyens et par tous les média...
Alors, vu les sommets atteints ces derniers temps par la politique raciste, islamophobe, sexiste, du régime présidé par Emmanuel Macron, l'Homme d'Étau en fonction actuellement, je me permets de relayer ci-dessous une tribune publiée aujourd'hui 13 septembre sur le site de Politis
Merci sincèrement à Politis et aux signataires. L'écriture est aussi un sport de combat.

(Pour consulter un échantillon des casseroles judiciaires, éthiques, politiques, bourdiques ou baliverniques, dénichées par-ci par-là, de ce régime d'opprobre, veuillez accéder à machronique toujours en marche, chantier atroce et interminable)


Interdiction des abayas à l’école : faisons front face aux attaques islamophobes ! 

TRIBUNE. Quelque 350 organisations, personnalités – parmi lesquelles Étienne Balibar, Annie Ernaux, Frédéric Lordon, Médine, Adèle Haenel… –, figures politiques et militantes antiracistes, féministes ainsi que de nombreux enseignants, signent un texte en exclusivité pour Politis, dénonçant cette nouvelle offensive raciste, islamophobe, sexiste et patriarcale du gouvernement, sous couvert de laïcité.

Collectif  • 13 septembre 2023

Avec l’interdiction du port de l’abaya à l’école annoncée par Gabriel Attal le 27 août dernier, le gouvernement a décidé de lancer une nouvelle attaque islamophobe contre les jeunes femmes musulmanes ou assimilées comme telles dans les écoles. Concrètement, le gouvernement exige des personnels de l’éducation, des conseillers principaux d’éducation, des assistants d’éducation et des enseignants, de déterminer, selon le faciès, le patronyme, et l’appartenance réelle ou supposée à l’islam des élèves si leurs tenues sont des abayas ou non et si elles doivent donc être interdites d’entrer dans leur établissement. 

Depuis le début de la rentrée scolaire, la mise en application de l’interdiction ne fait que confirmer ce profilage raciste et sexiste des élèves comme l’illustrent les nombreux témoignages d’élèves ayant été interdites d’entrer dans leur établissement car portant une simple robe longue, un kimono, ou encore un vêtement trop noir. 

Cette interdiction s’inscrit dans la continuité des offensives racistes et islamophobes mises en place, sous-couvert de laïcité, depuis la loi de 2004 interdisant le port du voile à l’école. Attaques contre les mères accompagnatrices de sorties scolaires portant le foulard, signalements du taux d’absentéisme le jour de la fête de l’Aïd, circulaires appelant les personnels à « détecter et signaler » les « signes de radicalisation »… depuis plusieurs années, le gouvernement, de concert avec la droite et l’extrême droite, n’a cessé de faire de l’école le terrain privilégié de ses offensives islamophobes et de renforcer le contrôle des jeunes élèves musulman-es ou assimilé-es comme tel-les. Cette nouvelle interdiction du port de l’abaya aura donc pour conséquence d’accentuer la stigmatisation, le harcèlement et les humiliations subies par ces élèves de la part de l’institution scolaire. 

Ce harcèlement quotidien subi par ces jeunes filles musulmanes ou perçues comme telles aura pour conséquence directe de dégrader leur scolarité, de les exclure de l’école et de les priver de leur droit à une éducation publique du fait de leur foi réelle ou supposée. En réalité, derrière le faux argument de la laïcité, il s’agit donc d’une mesure raciste et discriminante puisque ce sont bien aux jeunes filles racisées que l’on interdit de venir à l’école habillées comme elles le souhaitent du fait de leur foi supposée. En plus d’être une mesure raciste, cette interdiction des robes longues à l’école, en visant principalement les jeunes femmes musulmanes ou supposées comme telles, est également une mesure sexiste et patriarcale qui vise à contrôler toujours plus le corps des filles à l’école. 

Plus largement, cette interdiction du port de l’abaya s’inscrit dans la continuité de la répression brutale des révoltes de cette jeunesse qui a exprimé sa colère en réaction au meurtre policier du jeune Nahel le 27 juin 2023. Une répression qui s’est matérialisée par des peines de prison extrêmement lourdes contre ces jeunes et qui se poursuit aujourd’hui avec des expulsions de jeunes ayant participé aux révoltes de leurs logements sociaux. Répression policière et judiciaire, expulsions de logements sociaux et maintenant nouvelle offensive islamophobe avec l’interdiction du port de l’abaya, c’est une offensive générale contre la jeunesse des quartiers populaires qu’a lancée le gouvernement. 

En plus d’être le terrain privilégié de la politique raciste du gouvernement, le service public de l’éducation fait face à un manque de moyens chronique organisé par les gouvernements successifs, au manque criant d’enseignants et de personnels de l’éducation qui dégrade toujours plus les conditions de travail et d’apprentissage pour les personnels et les élèves. Tout en rejetant les mesures qui stigmatisent et discriminent toujours plus les élèves musulman-es et assimilé-es comme tel-les, l’urgence doit être d’exiger la mise en place de moyens massifs pour assurer le droit à l’éducation de toutes et tous. 

C’est pourquoi face à cette énième mesure islamophobe, nous, intellectuel-les, militant-es, syndicalistes, avocat-es, parents et personnels de l’éducation, affirmons notre opposition à cette interdiction des abayas et refusons que l’école continue d’être le relais de politiques racistes, sexistes et patriarcales. Nous apportons toute notre solidarité et notre soutien aux élèves et jeunes filles visées par cette interdiction et nous réaffirmons que trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes et aux élèves de décider ! 


Signataires

ORGANISATIONS POLITIQUES, SYNDICATS ET ASSOCIATIONS 

Association Acceptess-T 

ATTAC FRANCE 

CEDETIM 

CGT Crous 31 

CGT Safran Nacelles 

CNT 93 

Collage Féministe Stains 

Collectif Anti Répression de l’Éducation

Collectif Bagarre 

Collectif contre les violences policières de Saint-Denis 

Collectif Mémoire en marche de Marseille 

Collectif Palestine vaincra 

Collectif stéphanois contre l’islamophobie et pour l’égalité 

Comité Justice pour Claude Jean-Pierre 

Coordination des Comités pour la défense des quartiers populaires 

Coordination pour les 40 ans de la marche 

Coudes à Coudes 

Dernière rénovation 

Du pain et des roses 

FASTI 

FIDL 

FO Fnac Paris 

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) 

La bulle IDF, accueil d’enfants autogéré 

La révolution est en marche 

La Voix Lycéenne 

Label Gouine 

Le Front de mères 

Le Poing Levé 

Les dégommeuses 

Les effronté-es 

Les jeunes écologistes 

Les lunettes décoloniales 

Les minots de Noailles 

Les panthères des ministères 

Mémoire en marche 

Nous toutes 31 

NPA 

PEPs 

Planning Familial Toulouse 

Questions de classe(s) 

Quidam Association pour l’éducation populaire 

Rejoignons-nous 

Réseau pour la grève générale 

Révolution Permanente 

Samidoun Paris Banlieue 

Section CGT RATP MRB Belliard 

SNES FSU 93 

Sois Prof et Tais Toi 

Stop Precarite 

Sud Éducation 93 

Syndicat lycéen Cste 

UL CGT Harfleur 

Vivre Ensemble Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT-37) 

PERSONNALITÉS 

Abdallah LY Mouhamed, chercheur à l’IFAN, Université Cheikh Anta Diop, Dakar 

Aden Nasteho, conseillère Municipale et Territoriale Stains/ Parent d’élèves Élue 

Agresti Lexie, autrice 

Ait Ouarab Kenza, CGT Mission locale Grand Est 

Ait-Mohamed Abd-El-Kader, militant pour l’Egalité et les Quartiers Populaires (VESEMT-37) 

Akkari Sarah, Sud Asso 

Albert Frédéric, délégué CGT Total Carling 

Alestra Léane Autrice, fondatrice de Mécréantes et journaliste pour Manifesto XXI 

Allochon Clément, SNCF Sud-Rail Technicentre de Châtillon 

Almasan Sophie, retraitée Education Nationale 

Aloussi Rajaa, enseignante, militante antiraciste 

Ameqrane Hanane, militante lesbienne des quartiers populaires, documentaliste au Lycée Angela Davis 

Amuna Mohamed, chargée d’affaires 

Antonioli Alexis, militant CGT Total Normandie 

Arbona Bruno, militant CGT Educ’Action 95 

Bachare Jawad, militant des droits civiques 

Bagayoko Bally, militant des quartiers populaires et des droits humains 

Bah Hadja, Collectif justice pour ibo 

Bah Abdoulaye, travailleur dans la restauration rapide à aéroport CDG, membre de la Coordination Sans Papiers 75 

Balance pour la balance, professeur des écoles 

Balibar Étienne, philosophe 

Ballanger Catherine, Féministe antiraciste 

Bastide Lauren, journaliste et essayiste 

Beckers Maude, avocate au barreau de Seine Saint denis 

Becuwe Timothée, enseignant, SNES 

Belhamici Louisa, féministe antiraciste 

Beloeil Ephram, président de La Voix Lycéenne 

Ben Ahmed Lena, militante féministe antiraciste @embraselemonde 

Ben Amar Foucya, conseillère en insertion professionnelle 

Ben Boubaker Manel, enseignante, militante antiraciste et féministe, Sud éducation 93 

Ben Hamouda Lilia, journaliste, rédactrice en chef du cafepedagogique.net 

Benamrouche Johanna-Soraya, Militante féministe post-coloniale, co-fondatrice du collectif Féministes contre le Cyberharcèlement 

Benbakki Sarah, soignante et militante 

Benhamou Nadia, Sud PTT telecom 

Bennaï Farid, militant au FUIQP et syndicaliste 

Bennani Hisham, militant 

Bensidhoum Soumia, enseignante snudi FO 

Bensidoun Ibrahim, agent territorial 

Berhouma Wiam, enseignante et militante antiraciste, Sud éducation 93 

Bernard Judith, enseignante et metteuse en scène 

Besnard Damien, militant SNES FSU 93 

Bettayeb Karim, enseignant, militant antiraciste et queer 

Billard Corinne, enseignante 

Bilongo Carlos Martens, député LFI du Val-d’Oise 

Blaise Raphaël, agrégé de lettres classiques 

Bouamama Saïd, sociologue et militant du Fuiqp 

Boucharéchas Manon, doctorante, Université Grenoble Alpes 

Bouché Jean-Pierre, militant anticolonialiste 

Bouhamidi Lou, ATER, Université de Besançon 

Bousekkine Abdenour, délégué UNSA transport Roissy CDG samsic 

Brakni Youcef, Militant antiraciste et des quartiers populaires 

Brauer Mégane, artiste 

Budgen Sebastian, directeur éditorial Verso Books 

Busse Michel, retraité fsu snuipp 17 

Camara Thomas, militant Sud Éducation 93 

Carbonell Juan Sebastian, sociologue 

Careil Hélène, enseignante, Sud Éducation 93, ICEM Pédagogie Freinet 

Caron Paul, Facteur / Représentant Sud PTT Paris 15 

Casalino Silvia, codirectrice de l’Eurocentralasian Lesbian Community 

Castan Alain, éditeur et militant 

Cavalié Jean-Pierre, militant des Droits fondamentaux 

Cavalié Karima, Mandataire judiciaire à la Protection des Majeurs 

Chambat Grégory, Militant syndicaliste et pédagogique 

Chaouche Karima, Éducatrice spécialisée 

CHERIFi Saïd Samir, Père de famille et artisan 

Chesneau Emma, Militante 

Chouder Ismahane, Féministe antiraciste 

Clément Jocelyne, Sud Education 77 

Coffin Alice, Conseillère de Paris 

Conti Salomé, Sud Educ 95 

Cornet Adrien, CGT Total Energies Grandpuits 

Coulombel Alain, Membre du bureau exécutif d’EELV 

Cremoux Jean-Pierre, retraité 

Da Silva Marina, journaliste et militante associative 

Da Silva Serge, professeur fsu émancipation 

Dacharry Aurélie, enseignante militante à la CNT 

Danjé Michaëla, Écrivaine, documentairiste 

Dayan-Herzbrun Sonia, professeur émérite Université de Paris 

De Charentenay Alice, enseignante-chercheuse à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne 

De Cock Laurence, historienne et enseignante 

Decker Véronique, militante pédagogique 

Defresne Thierry, CGT Total Energies 

Demoulin Faouzi, délégué syndical CGT technicien de maintenance RATP 

Deveau Anne-Sophie, enseignante 

Diaby Sanoussy, Servair Roissy 

Djaileb Sofiane, aide soignant 

Dorlin Elsa, philosophe

Doune Amani, secteur social présidente asso lueur d’espoir 

Dronsart Godefroy, enseignant 

Drouar Juliet, thérapeute et auteur 

Dubois Bénédicte, AESH et artiste 

Dujardin Marion, enseignante et militante à Révolution permanente 

Dupuis Chloé 

Duthu Françoise, ex-députée européenne EELV 

El Azzouzi Mina, enseignante et militante SNES FSU 93 

El Bermil Ilyes, lycéen 

El hadj yedder Houda, militante SNES FSU 93 

Ernaux Annie, écrivaine et prix Nobel de littérature 2022 

Falquet Jules, féministe antiraciste, professeur de philosophie Université Paris 8 

Fest Simone, militant LFI 

Fichet Jérôme, CGT Safran Nacelles Le Havre 

Fortassin Claire, militante SNES FSU 93 

Garcia Adrien 

Garnel Nathalie, militante 

Garrisi Marina, éditrice aux Éditions sociales et comité de rédaction de Révolution Permanente Dimanche

Gaudichaud Franck, enseignant-chercheur (Toulouse) 

Gaune William, Sud Educ 95 

Girouette féministe, militante 

Gourdeau Camille, sociologue et co-présidente de la FASTI 

Grandet Jenny, CGT Safran Le Havre 

Granioh Elise, professeure 

Grenouilleau Julien 

Gresh Alain, journaliste 

Gresson Lily, enseignante et militante à Révolution Permanente 

Guedges Mona, enseignante snuipp fsu 

Guennach Abdelali, électricien du bâtiment 

Guerci Michelle, journaliste, militante féministe antiraciste 

Guerrouj Nina, militante 

Guillibert Paul, enseignant-chercheur 

Haderbache Sarah, enseignante, militante antiraciste et féministe, Sud éducation 93 

Haenel Adèle, militante féministe et actrice de film indépendant 

Haffas Laurie, enseignante, militante antiraciste et féministe, Sud éducation 93 

Hammad Ahmed, communiste 

Hanser Pascaline, militante RP 

Harchi Kaoutar, sociologue et écrivaine 

Hardy Hélène, membre du bureau exécutif d’EELV 

Hardy Quentin, enseignant 

Horaud Mathias, enseignant de svt dans le 93, militant à Réseau pour la grève générale 

Iznasni Noredine, militant des quartiers populaires Nanterre 

Jioua Yassine, CGT RATP Bus Malakoff 

Jounaidi Aïcha, enseignante 

Kasdali Badis, militant et étudiant 

Kazib Anasse, porte-parole de Révolution permanente 

Kebbache Nordine, CGT Roissy cdg 

Kendri Fatiha, conseillère Municipale de Saint Pierre des Corps 

Ketfi Widad, journaliste 

Khalfa Pierre, économiste, Fondation Copernic 

Khoubzi Sihem 

Koechlin Aurore, militante féministe et sociologue 

Kouvélakis Stathis, philosophe 

Kubecki Reynald, militant CGT Sidel Octeville 

Labeau Goundo, assistante sociale UNSA 

Labssii Moghnia, inspectrice du travail et militante antiraciste 

Lakehal Younes, enseignant et militant syndical 

Lambert Bruno, enseignant, collectif Lignes de crêtes 

Lamy Rose, autrice 

Larrère Mathilde, historienne et enseignante 

Lartichaux Daniel, fsu émancipation ujfp tsedek 

Laveder Françoise, militante 

Le Bars Maël, professeur et militant queer et féministe 

Le Cointe Jordi, enseignant, SNES-FSU 93 

Le Cour Grandmaison Olivier Universitaire 

Lebailly Sarah, militante 

Lecolle Michelle, professeure de science du langage à l’Université Paris 3 

Lecoq Elise, militante SNES FSU 93 

Legelle Capucine, militante antiraciste 

Lejeune Julien, égoutier cgt 

Lemay Gwenaelle, militante à Révolution permanente 

Lemay Gwladys, militante Sud Educ 

Lestrade Didier, militant LGBT, co-fondateur d’Act-up 

Lévy Laurent, militant antiraciste, père de famille 

Li Brigitte, enseignante 

Lisi Cosimo, militant et chercheur (Université Paris 8) 

Litzenbourger Mélissa, militante CGT Khalige Faulquemont 

Loillier Yacina, militante syndicaliste et politique 

Longchal Clémence, militante SNES FSU 93 

Lordon Frédéric, philosophe 

Loukad Akila, enseignante snudi FO 

Löwy Michael, sociologue 

Luc Émilie, enseignante 

Lucbert Sandra, écrivaine 

Madesta Tal, journaliste et auteur 

Maedusa, autrice BD 

Mahfoud Basma, enseignante et militante antiraciste 

Malderez Camille, journaliste et doctorante art & politique 

Maloberti Aurélien, syndicaliste CGT 

Mandengue Yéléna, avocate au barreau de Paris 

Marcel Elsa, avocate au barreau de Paris 

Margala Pierre, militant Snes-FSU 93 

Marignier Noémie, enseignante-chercheuse Sorbonne Nouvelle 

Marsay Julien, auteur, créateur des comptes Autrices invisibilisées & enseignant 

Massadian Valérie, cinéaste 

Maurin Odile, activiste anti validisme, élue municipale d’opposition à Toulouse 

Mauvy Magalie 

Mauvy Ulia 

Médine, rappeur 

Messager Arnaud, professeur des écoles 95 

Michel Océan, réalisateur 

Millet Pierre, enseignant 

Mohamed Farid, CGT CH Gonesse ul val d’ Oise Est 

Mohamed Ansary Fathima, Enseignante 

Moilimo Sarah, mère de famille et parent d’élève 

Mollet Boris, travailleur social du côté des femmes 

Mouyombo Cinthya, élue municipale 

Navarro Serge, retraité militant France insoumise 

Ngo Alex 

Nguyen Dean, élu municipal 

Noël Fania, militante et essayiste Afroféministe et sociologue 

Omani Nadia, militante 

Ortuno Laura, enseignante, SNES – FSU 

Osmani Souad, militante 

Ouassak Fatima, militante féministe et antiraciste, Front de mères 

Palaric Mathias, enseignant d’espagnol en collège – SGEN-CFDT 

Palheta Ugo, Sociologue, Université de Lille 

Pandor-Margulis Mélissa, enseignante 

Panis Caroline, maîtresse de conférence en sciences du langage, CGT 

Paulet Blandine, militante SNES FSU 93 

Pavez Charlotte, militante Snuipp-Fsu 93 

Pelletier Willy, sociologue 

Pellissier Jean-François, Co porte-parole ENSEMBLE ! 

Perrin Evelyne, Ligue des Droits de l’Homme 94 et collectif Stop précarité 

Pfältzer Alice, activiste féministe 

Planchenault Gaëlle, maîtresse de conférence en linguistique française et culture à Simon Fraser University (Canada) 

Pomper Fanny, psychomotricienne 

Porta Christian, militant CGT Neuhauser 

Posecak Clément, militant CGT Mines énergie 

Posse Emmanuelle, militante, professeur de philosophie dans le 93 

Prevot Karine, enseignante fsu émancipation 

Prouveze Pierre, professeur des écoles (INSTIT) à la retraite et musicien 

Raccah Camille, citoyenne 

Racisme invisible, militante antiraciste 

Raguet-Vogler Maximilian, enseignant 

Rahni Ali, militant associatif et politique EELV 

Rebai Houyem, enseignante et militante syndicale antiraciste et féministe 

Relin Mathieu, Sud Rail 

Riou Claire, ex-enseignante 

Roux Séverine, militante féministe 

Ruet Magali, enseignante-chercheuse 

Ryam Khamta, militante SNES FSU 93 

Sabbah Blanche, autrice et activiste féministe 

Sanogo Carine, agente territoriale 

Sarfati Romain, enseignant, militant antiraciste, Sud éducation 93 

Saturne Nathalie, animatrice service enfance 

Schmidt Fiona, autrice et militante féministe 

Shĩsā, assistante d’éducation et militante antiraciste 

Siassia Amarillys, enseignante et militante 

Sidi Wacho, artiste 

Slaouti Omar, membre de la coordination nationale contre les violences policières 

Sochard Fred, illustrateur 

Soilihi Nilma, manipulateur en électroradiologie médicale 

Solas Isabelle, réalisatrice 

Soliman Sherine, professeure de lettres 

Spagnuolo Marco, doctorant en Philosophie, Paris VIII Saint-Denis Vincennes 

Suffren Stephen, avocat honoraire 

Suzes Jessica, militante féministe antiraciste @embraselemonde 

Tauran Léa, militante 

Thibault Ritchy, Peuple révolté 

Thibault Mathieu, enseignant snuipp fsu 93 

Thuizat Grégory, militant SNES FSU 93 

Tilloy Sophie, militante SNES FSU 95 

Tony-Nyemb Maliga, enseignante et militante afroféministe 

Touhamu Fatima, féministe antiraciste 

Traoré Assa, Comité vérité et justice pour Adama 

Traoré Diangou, militante dans les quartiers populaires 

Traoré Nanténé, artiste 

Tremblay Tony, militant SNES FSU 93 

Turpin Béatrice, vidéaste engagée et militante 

Vacher Kévin, sociologue et militant des quartiers populaires à Marseille 

Vadot Maude, enseignante-chercheuse (USMB) SNESUP 

Van Elst Till, citoyen 

Varlet Laura, SNCF Sud Rail Paris Nord 

Vieillescazes Nicolas, éditeur 

Vienne Gisèle, chorégraphe – metteur en scène 

Villemagne Sophie, enseignante 

Volfson Olga, journaliste et militant·e LGBTQI+ et anti-grossophobie. 

Weber Louis, éditeur 

Youbi Assia, architecte DE 

Youbi Faiza, opératrice spécialisée 

Zafari Sophie, syndicaliste FSU 

Zaïdi Monia, enseignante 

Zenagui Rachida, militante féministe intersectionelle contre les violences faites aux femmes 

Zine Henda, enseignante et militante à Révolution permanente 

mardi 23 mai 2023

Comment la mort survit aux guerres étasuniennes

Et à toutes les guerres, bien entendu, y compris les proxy wars [cf. l'entrée Guerre d'Ukraine de ce billet].
Mais ici, il n'est question que des grandes guerres déclenchées par les États-Unis après le 11 septembre 2001. Car elles pourraient avoir entraîné la mort d’au moins 4,5 millions de personnes en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Pakistan, en Somalie, en Syrie et au Yémen, les six pays analysés dans How Death Outlives War: The Reverberating Impact of the Post-9/11 Wars on Human Health (Comment la mort survit à la guerre : les répercussions des guerres de l'après-11 septembre sur la santé humaine).
Ce rapport épluchant l'incalculable hystérésis causée par six guerres récentes ou contemporaines menées par l'empire de nos (pires) valeurs (voleurs) a été publié par le Watson Institute for International and Public Affairs, un centre de recherche interdisciplinaire de l'Université Brown à Providence, Rhode Island. Donc, cette étude n'aborde pas les coûts, pertes, maladies, malformations, morts prématurées et autres conséquences des myriades de raids, invasions et autres bombardements étasuniens précédents qui font toujours des ravages —au Viêt Nam ou au Laos, par exemple (1). 

Voici, en traduction française de mon cru, la présentation du papier brownien qui a motivé ce billet (Projet Costs of WarHow Death Outlives War: The Reverberating Impact of the Post-9/11 Wars on Human Health) :

La destruction par la guerre des économies, des services publics, des infrastructures et de l'environnement entraîne des décès qui surviennent longtemps après le largage des bombes et qui prennent de l'ampleur au fil du temps. Ce rapport passe en revue les dernières recherches pour examiner les voies de causalité qui ont conduit à environ 3,6 à 3,7 millions de décès indirects dans les zones de guerre après le 11 septembre, y compris en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, en Syrie et au Yémen. Le nombre total de morts dans ces zones de guerre pourrait être d'au moins 4,5 à 4,6 millions, et ce n'est pas fini, mais le chiffre précis de la mortalité reste inconnu. Certaines personnes ont été tuées dans les combats, mais beaucoup plus, en particulier des enfants, ont été tuées par les répercussions de la guerre, telles que la propagation de maladies.
Le rapport examine le bilan dévastateur de la guerre sur la santé humaine, quel que soit le combattant, quel que soit le facteur aggravant, dans les conflits les plus violents dans lesquels le gouvernement étasunien s'est engagé au nom du contre-terrorisme depuis le 11 septembre 2001. Plutôt que de démêler qui, quoi ou quand est à blâmer, ce rapport montre que les guerres post-11 septembre sont impliquées dans de nombreux genres de décès, ce qui montre clairement que les répercussions de la violence continue de la guerre sont si vastes et complexes qu'elles ne sont pas quantifiables.
En exposant comment les guerres de l'après-11 septembre ont entraîné des pathologies et des décès indirects, l'objectif du rapport est de sensibiliser davantage aux coûts humains les plus élevés de ces guerres et de soutenir les appels lancés aux États-Unis et à d'autres gouvernements pour atténuer les pertes en cours et la souffrance de millions de personnes dans les zones de guerre actuelles et anciennes. Le rapport met en évidence de nombreuses conséquences à long terme et méconnues ou sous-estimées de la guerre pour la santé humaine, soulignant que certains groupes, en particulier les femmes et les enfants, subissent le plus gros de ces répercussions permanentes.
Sur un autre site, Stephanie Savell, autrice du rapport précise :
“In a place like Afghanistan, the pressing question is whether any death can today be considered unrelated to war,” says Stephanie Savell, Costs of War co-director and author of the report. “Wars often kill far more people indirectly than in direct combat, particularly young children.”
“Warring parties who damage infrastructure with an impact on population health have a moral responsibility to provide quick and effective assistance and repairs,” says Savell. “The United States government, while not solely responsible for the damage, has a significant obligation to invest in humanitarian assistance and reconstruction in post-9/11 warzones. The U.S. government could do far more than it currently is to act on this responsibility.” (Common Dreams, 15.05.2023)

En savoir plus sur Consortium News / Common Dreams.
Traduction française par GL pour Investig'action.

Quand on réfléchit à ce millionnaire nombre de crimes et de destructions produit par l'avidité sans états d'âme d'un seul pays, qui se gargarise des grandes valeurs qu'il profane régulièrement avec obscénité, je pense à l'évidence de ce moment célèbre de l'émission «60 Minutes» de CBS News, du 12 mai 1996, où Lesley Stahl interviewait Madeleine Albright, alors représentante permanente des États-Unis auprès de l’ONU —elle serait secrétaire d'État entre 1997 et 2001 sous la présidence de Bill Clinton. La journaliste avait visiblement du mal à demander si les sanctions contre l'Irak, qui avaient entraîné le décès de plus de 500.000 enfants irakiens (encore plus qu'à Hiroshima), étaient un prix qui en valait la peine : 
“We have heard that half a million [Iraqi] children have died. I mean, that is more children than died in Hiroshima,” questionna Stahl, “And, you know, is the price worth it?” “I think that is a very hard choice,” répondit Albright sans sourciller, “but the price, we think, the price is worth it.” (« Je crois que c'était un choix très difficile, mais le prix… nous pensons que le prix en valait la peine. »)

 Ou, de la tranchée intérieure d'en face, à l'irrécusable perspective de Frederick Douglass :

Go search where you will, roam through all the monarchies and despotisms of the Old World, travel through South America, search out every abuse and when you have found the last, lay your facts by the side of the everyday practices of this nation, and you will say with me that, for revolting barbarity and shameless hypocrisy, America reigns without a rival.

Frederick Douglass - July 4, 1852

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(1Le Courrier du Vietnam du 10.05.2021 nous rappelait à cet égard les effets tenaces de ces atroces agressions militaires d'il y a même plusieurs décennies en citant l'article Ökozid-Vorwurf gegen Monsanto und Bayer: Gericht weist Klage wegen Agent Orange ab de Stefan Brändle (Frankfurter Rundschau, 10.05.2021) :

Les conséquences de l'agent orange persistent au Vietnam, selon un journal allemand

Le 9 mai, le journal allemand Frankfurter Rundschau (FR) a publié un article mettant en lumière le procès intenté par Trân Tô Nga, une Viêt kiêu de France contre les sociétés multinationales qui produisirent et vendirent l'agent orange contenant de la dioxine pulvérisé par les forces américaines pendant la guerre au Vietnam.

L'article du journal allemand Frankfurter Rundschau (FR) souligne que les conséquences de ces toxines persistent au Vietnam. L'auteur de l'article, Stefan Brändle, a décrit Mme Trân Tô Nga, âgée de 79 ans, comme une femme d'apparence robuste mais souffrant de nombreuses maladies graves telles que cancer du sein, diabète de type II, hypertension artérielle, alpha thalassémie, maladie cardiaque... Lorsqu'elle a été exposée à l'agent orange en 1966, elle ne connaissait pas l'effet fatal du produit chimique qui peut se transmettre aux générations suivantes. Mais lorsqu'elle a donné naissance à son premier enfant en 1969, la petite fille n'a vécu que 17 mois et est décédée des suites de problèmes respiratoires et cutanés. Ses deux autres filles sont toujours en vie mais ont une mauvaise santé, et une petite-fille de Mme Trân Tô Nga souffre de maladie cardiaque.
L'auteur a écrit que pendant 1961-1971, l'armée américaine a pulvérisé 80 millions de litres d'herbicides et de défoliants, dont 46 millions de litres d'agent orange produits par de nombreuses entreprises, dont le fabricant de produits chimiques américain Monsanto, qui fait maintenant partie du groupe Bayer, et ce afin de défolier des forêts entières et de traquer ainsi plus facilement les soldats vietnamiens.
L'agent orange, qui contient également de la dioxine extrêmement toxique et attaque directement le patrimoine génétique, a causé des centaines de milliers de morts et des millions de personnes malades au Vietnam. Aujourd'hui encore, dans la quatrième génération après la fin de la guerre, environ 6.000 bébés atteints de malformations et de maladies graves naissent chaque année au Vietnam, souligne l'article. 

Ce qui explique le témoignage et le ferme et digne combat juridique de Tran To Nga, Franco-Vietnamienne qui, malgré son grand âge, non seulement a porté plainte contre 14 sociétés ayant fabriqué le poison orange, mais, même déboutée, persiste et signe

Je me rappelle également l'effort sur le terrain de Channapha Khamvongsa qui, depuis 2004 jusqu'en 2019, s'évertua à éradiquer les milliers de bombes qui se trouvent encore enfouies dans le sol laotien et qui font toujours de nombreuses victimes —j'en eus vent le 5.04.2015 grâce à une info du The New York Times). Le site Americans Who Tell The Truth lui consacre une page :

The U.S. dropped 260 million cluster bombs on Laos during the Vietnam War. An estimated 80 million did not detonate, scattering throughout Lao villages, rice fields, school yards, pasture lands, and forests. The equivalent of a planeload of bombs was dropped every 8 minutes, 24 hours a day, for 9 years – more per capita than any other country in the world. This is called the Secret War. The mission of Legacies of War is to advocate for the clearance of unexploded bombs and provide space for healing the physical and emotional wounds of war.”

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Mise à jour du 25.05.2023 :

Interrogé par la journaliste Amy Goodman —dans un contexte de réflexion sur les nombreux crimes instigués par Henry Kissinger au Cambodge, sous la présidence de Richard Nixon (sujet sur lequel je prépare un billet à présent)—, l'historien, professeur à l'université de Yale et Prix Pulitzer Greg Grandin résume :

Well, it would take a lot more time than we have to tell Kissinger’s full story. He’s turning 100 years old. I think that what’s interesting is that — I mean, Kissinger is a war criminal, but there are lots of war criminals. I mean, the people who conducted the, as Jeff Sachs talked about, Iraq War could be held culpable for the destruction of a country in an illegal war. What’s interesting is that, in some ways, the crimes are ongoing. I mean, you know, there’s just many, many unexploded ordnances in Laos and Cambodia that are still killing people. So, the crimes are, well, not of the past, but they are the present. 
That said, I think that the best way to think about Kissinger isn’t necessarily as a war criminal. I think that, in some ways, that shuts down the debate. Kissinger, as a personality, is so oversize, he eclipses his context. I think Kissinger’s — Kissinger’s life, actually, has a lot to teach us about how we got to the point where we are, that way that — again, Jeff Sachs talked about this, this multifronted, never-ending, endless war and military-industrial complex.
Now, Cambodia, the bombing of Cambodia was done in secret for five years. It was a covert operation. People know that, but I don’t think it was mentioned. And the reason it had to be covert was because it was illegal. It was illegal to bomb. We weren’t at war with Cambodia. It wasn’t a country that the United States had declared war on or was at war with. And the reasons why, the excuses that Kissinger has given for a five-year-long bombing campaign that caused enormous damage, including bringing to power the most eliminationist, extremist cadre within the Khmer Rouge and leading to the genocide, was that it had — it was to eliminate safe havens, that it was an act of self-defense. [Cf. Bernie Sanders en 2016]
This is now taken as a common practice. This is, basically, fundamentally, what the entire U.S. “war on terror” is authorized to do, to go into any country and drone and bomb and conduct military operations — some we know about, some we don’t about, but as a matter of course. So we don’t do it in secret. So, Kissinger’s trajectory, from Cambodia, from being the architect of this secret campaign to bomb a country the United States wasn’t at war with, to the state we are in now, governed by a national security state, is what I think is most instructive about Kissinger’s life and most important about him, other than describing him as a war criminal, which he is.
(Democracy Now! 24.05.2023) 
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Mise à jour du 3.09.2025 :

US and EU sanctions have killed 38 million people since 1970
Far from a peaceful tool, these measures weaponise hunger and deprivation to enforce Western dominance.

By Jason Hickel, Dylan Sullivan and Omer Tayyab
Al Jazeera. Published On 3 Sep 2025

The United States and Europe have long used unilateral sanctions as a tool of imperial power, to discipline and even destroy Global South governments that seek to shake off Western domination, chart an independent path, and establish any kind of meaningful sovereignty.
During the 1970s, there were, on average, about 15 countries under Western unilateral sanctions in any given year. In many cases, these sanctions sought to strangle access to finance and international trade, destabilise industries, and inflame crises to provoke state collapse.
For instance, when the popular socialist Salvador Allende was elected to power in Chile in 1970, the US government imposed brutal sanctions on the country. At a September 1970 meeting at the White House, US President Richard Nixon explained the objective was to “make [Chile’s] economy scream”. The historian Peter Kornbluh describes the sanctions as an “invisible blockade” that cut Chile off from international finance, created social unrest, and paved the way for the US-backed coup that installed the brutal right-wing dictatorship of Augusto Pinochet.
Since then, the US and Europe have dramatically increased their use of sanctions. During the 1990s and 2000s, an average of 30 countries were under Western unilateral sanctions in any given year. And now, as of the 2020s, it is more than 60 – a strikingly high proportion of the countries of the Global South.
Sanctions often have a huge human toll. Scholars have demonstrated this in several well-known cases, such as the US sanctions against Iraq in the 1990s that led to widespread malnutrition, lack of clean water, and shortages of medicine and electricity. More recently, US economic warfare against Venezuela has resulted in a severe economic crisis, with one study estimating that sanctions caused 40,000 excess deaths in just one year, from 2017 to 2018.
Until now, researchers have sought to understand the human toll of sanctions on a case-by-case basis. This is difficult work and can only ever give us a partial picture. But that has changed with new research published this year in The Lancet Global Health, which gives us a global view for the first time. Led by the economist Francisco Rodriguez at the University of Denver, the study calculates the total number of excess deaths associated with international sanctions from 1970 to 2021.
The results are staggering. In their central estimate, the authors find that unilateral sanctions imposed by the US and EU since 1970 are associated with 38 million deaths. In some years, during the 1990s, more than a million people were killed. In 2021, the most recent year of data, sanctions caused more than 800,000 deaths. (...)
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vendredi 19 mai 2023

Des experts étasuniens en sécurité demandent aux États-Unis de mettre fin à la guerre en Ukraine

Dans le monde de l'intoxication informative occidentale la plus déchaînée, à l'égard cette fois-ci de la guerre en Ukraine, il y a même du feu ami qu'on ignore médiatiquement, car nos média sont non seulement atlantistes, mais plus atlantistes que certains éléments de l'empire atlantiste —la fabrique de Guerre la plus productive de l'Histoire, car c'est son essence géopolitique, économique, voire existentielle.

Donc, je me permets de relayer une vidéo de Democracy Now! où Amy Goodman s'entretient avec Dennis Fritz, directeur de l'Eisenhower Media Network. 

Goodman évoque d'abord la publication d'une lettre ouverte adressée au président Joe Biden, à son administration et au Congrès des États-Unis par une quinzaine de personnalités étasuniennes, à l'initiative de l'Eisenhower Media Network, qui a dû se payer une page dans le New York Times le mardi 16.05.2023. Cette publication a une remarquable importance (vu l'ambiance et la flèche de ce régime) et ce qui peut encore nous sidérer (ou non, vu l'ambiance et la flèche de ce régime), c'est que personne n'en parle ici, parmi nous, en Espagne ou dans nos pro-consulats européens en général. Les réponses de M. Fritz aux questions de Mme Goodman sont claires comme de l'eau de roche...

DEMOCRACY NOW!, 17.05.2023 : “The U.S. Should Be a Force for Peace”: Nat’l Security Experts Demand U.S. Push to End Ukraine War

More than a dozen former U.S. national security officials have released an open letter calling for a diplomatic end to the Russia-Ukraine war. The call for peace was published as a full-page ad Tuesday in The New York Times and organized by the Eisenhower Media Network. They called the war an “unmitigated disaster” that the U.S. should work to end before it escalates into a nuclear confrontation. We speak with Dennis Fritz, director of the Eisenhower Media Network and a retired command chief master sergeant of the U.S. Air Force. “The majority of my life has been in and out of the Pentagon, and this is probably the most fearful I’ve ever been with a nuclear escalation,” says Fritz.

Vous pouvez accéder à la transcription complète de cette interview en cliquant sur le lien de la légende de la vidéo. Dennis Fritz fait preuve d'un bon sens et d'une empathie élémentaires et dit des choses que n'importe qui pourrait très bien comprendre, par exemple :

(...) As you already have discussed about the devastation and the number of killings that have happened so far, I can only see it continuing. And as we continue to introduce more weapons, it only causes more death and destruction. And this is, you know, to be quite frank with you, in support of the Ukrainian people. You know, it really disturbs me — and I’m just going to have to be candid with you, Amy — that, you know, at the expense of the Ukrainian people, we are fighting a proxy war with Russia to weaken them. And at the same time, the death and destruction is occurring in Ukraine and its people. And that’s devastating.

And we just couldn’t sit back and allow that to happen, as you mentioned. You know, we have a former ambassador to Russia that tried to alert administrations of the past that expanding NATO, that is a security interest of Russia. You know, we have a tendency not to empathize with others’ security needs. And there could have been a lot done in the past to prevent this from actually happening. (...)


TEXTE COMPLET de la lettre ouverte produite par l'Eisenhower Media Network

Extrait :

(...) As the Soviet Union collapsed and the Cold War ended, U.S. and Western European leaders assured Soviet and then Russian leaders that NATO would not expand toward Russia’s borders. “There would be no extension of…NATO one inch to the east,” U.S. Secretary of State James Baker told Soviet leader Mikhail Gorbachev on February 9, 1990. Similar assurances from other U.S. leaders as well as from British, German and French leaders throughout the 1990s confirm this.

Since 2007, Russia has repeatedly warned that NATO’s armed forces on Russian borders were intolerable – just as Russian forces in Mexico or Canada would be intolerable to the U.S. now, or as Soviet missiles in Cuba were in 1962. Russia further singled out NATO expansion into Ukraine as especially provocative. (...)

En français:

(...) Alors que l'Union soviétique s'effondrait et que la guerre froide prenait fin, les dirigeants étasuniens et européens ont assuré aux dirigeants soviétiques, puis russes, que l'OTAN ne s'étendrait pas aux frontières de la Russie. "Il n'y aurait pas d'extension de… l'OTAN d'un pouce vers l'est", a déclaré le secrétaire d'État étasuniens James Baker au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev le 9 février 1990. Des assurances similaires d'autres dirigeants étasuniens ainsi que de dirigeants britanniques, allemands et français tout au long des années 1990 le confirment.
Depuis 2007, la Russie a averti à nombreuses reprises que les forces armées de l'OTAN aux frontières russes étaient intolérables - tout comme les forces russes au Mexique ou au Canada seraient intolérables pour les États-Unis maintenant, ou comme les missiles soviétiques à Cuba l'étaient en 1962. La Russie a en outre qualifié l'expansion de l'OTAN en Ukraine de particulièrement provocatrice. (...)

Signataires:

Dennis Fritz, Director, Eisenhower Media Network; Command Chief Master Sergeant, US Air Force (retired)

Matthew Hoh, Associate Director, Eisenhower Media Network; Former Marine Corps officer, and State and Defense official.

William J. Astore, Lieutenant Colonel, US Air Force (retired)

Karen Kwiatkowski, Lieutenant Colonel, US Air Force (retired)

Dennis Laich, Major General, US Army (retired)

Jack Matlock, U.S. Ambassador to the U.S.S.R., 1987-91; author of Reagan and Gorbachev: How the Cold War Ended

Todd E. Pierce, Major, Judge Advocate, U.S. Army (retired)

Coleen Rowley, Special Agent, FBI (retired)

Jeffrey Sachs, University Professor at Columbia University

Christian Sorensen, Former Arabic linguist, US Air Force

Chuck Spinney, Retired Engineer/Analyst, Office of Secretary of Defense

Winslow Wheeler, National security adviser to four Republican and Democratic US

Lawrence B. Wilkerson, Colonel, US Army (retired)

Ann Wright, Colonel, US Army (retired) and former US diplomat

Les signataires nous rappellent certains faits historiques :

1990 – U.S. assures Russia that NATO will not expand towards its border “…there would be no extension of…NATO one inch to the east,” says US Secretary of State James Baker.

1996 – U.S. weapons manufacturers form the Committee to Expand NATO, spending over $51 million lobbying Congress.

1997 – 50 foreign policy experts including former senators, retired military officers and diplomats sign an open letter stating NATO expansion to be “a policy error of historic proportions.”

1999 – NATO admits Hungary, Poland and the Czech Republic to NATO. U.S. and NATO bomb Russia’s ally, Serbia.

2001 – U.S. unilaterally withdraws from the Anti-Ballistic Missile Treaty.

2004 – Seven more Eastern European nations join NATO. NATO troops are now directly on Russia’s border.

2004 – Russia’s parliament passed a resolution denouncing NATO’s expansion. Putin responded by saying that Russia would “build our defense and security policy correspondingly.”

2008 – NATO leaders announced plans to bring Ukraine and Georgia, also on Russia’s borders, into NATO.

2009 – U.S. announced plans to put missile systems into Poland and Romania.

2014 – Legally elected Ukrainian president, Viktor Yanukovych, fled violence to Moscow. Russia views ouster as a coup by U.S. and NATO nations.

2016 – U.S. begins troop buildup in Europe.

2019 – U.S. unilaterally withdraws from Intermediate Nuclear Forces Treaty.

2020 – U.S. unilaterally withdraws from Open Skies Treaty.

2021 – Russia submits negotiation proposals while sending more forces to the border with Ukraine. U.S. and NATO officials reject the Russian proposals immediately.

Feb 24, 2022 – Russia invades Ukraine, starting the Russia-Ukraine War.


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Mises à jour des 23.05.2023, 9.06.2023 et 17.06.2023 :

The War in Ukraine Was Provoked—and Why That Matters to Achieve Peace

By recognizing that the question of NATO enlargement is at the center of this war, we understand why U.S. weaponry will not end this war. Only diplomatic efforts can do that.
JEFFREY D. SACHS - May 23, 2023
[Cf. un entretien de Jeffrey Sachs avec le Dr. Heinz Gärtner, lors de la Conférence Internationale pour la Paix à Vienne le 16.06.2023 : US Neocons Are Warmongering Around The World]

George Orwell wrote in 1984 that "Who controls the past controls the future: who controls the present controls the past." Governments work relentlessly to distort public perceptions of the past. Regarding the Ukraine War, the Biden administration has repeatedly and falsely claimed that the Ukraine War started with an unprovoked attack by Russia on Ukraine on February 24, 2022. In fact, the war was provoked by the U.S. in ways that leading U.S. diplomats anticipated for decades in the lead-up to the war, meaning that the war could have been avoided and should now be stopped through negotiations.
Recognizing that the war was provoked helps us to understand how to stop it. It doesn’t justify Russia’s invasion. A far better approach for Russia might have been to step up diplomacy with Europe and with the non-Western world to explain and oppose U.S. militarism and unilateralism. In fact, the relentless U.S. push to expand NATO is widely opposed throughout the world, so Russian diplomacy rather than war would likely have been effective.
EN LIRE PLUS
Il faut signaler également qu'une prolongation de la lettre diffusée dans The New York Times par l'Eisenhower Media Network a été rédigée et publiée à titre individuel par Matthew Hoh, l'un de ses co-signataires, le 9.06.2023, sur CounterPunch et sous le titre A War Long Wanted: Diplomatic Malpractice in Ukraine. Vous pouvez y accéder en cliquant ci-contre.
Hoh tient à faire certaines précisions avant de nous présenter son texte :
This is the original draft of the letter to President Biden and the US Congress published in The New York Times on May 16 by the Eisenhower Media Network. This version, which is substantially longer than the published letter, is published here amended from its original formatting as a group letter. This version goes into much greater depth on the background of Russia’s invasion, the role of the military-industrial complex and the fossil fuel industry in US policy-making, and speaks to the toxic and dangerous diplomatic malpractice that has dominated US foreign policy since the end of the Cold War.

[Ceci est le projet original de la lettre au président Biden et au Congrès des États-Unis publiée dans le New York Times le 16 mai par le Eisenhower Media Network. Cette version, qui est sensiblement plus longue que la lettre publiée, est publiée ici modifiée par rapport à sa mise en forme originale en tant que lettre de groupe. Cette version approfondit beaucoup plus le contexte de l'invasion russe, le rôle du complexe militaro-industriel et de l'industrie des combustibles fossiles dans l'élaboration des politiques des États-Unis, et parle de la mauvaise pratique diplomatique toxique et dangereuse qui a dominé la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la Guerre Froide.]

The essay is not exhaustive, for example, I don’t write of events after February 2022 or offer predictions as to what will come if ceasefire and negotiations are not begun, other than stating a general fear of unending stalemated war, a la WWI, or expressing concern for an escalation towards a nuclear WWIII. It also does not address the substantial complaints that can be made about the Russians. Repeating what is found abundantly in US media was not my intent, but rather what is omitted, particularly examining deliberate US decision-making over three decades and noting the absence of strategic empathy from the US/NATO side, hence the charge of diplomatic malpractice.
These are my views and don’t necessarily represent the views of my fellow co-signers on The New York Times letter.



mercredi 10 mai 2023

Voici la troupe qui nous taxe de complotistes et/ou conspirationnistes

...et qui dénonce les "fake news" !

Petit florilège moderne de la troupe en question.

SOURCE : j'ai pris tous les montages photos ci-dessous (petit échantillon) de l'excellente revue Médiacritiques (nº 46, Retraites : l’éditocratie avec Macron), éditée trimestriellement par ACRIMED, association à laquelle je voudrais rendre sincèrement hommage. Consultez sa boutique.

Acrimed (Action-Critique-Médias) s’est constituée comme une association-carrefour : elle réunit des journalistes et salarié·e·s des médias, des chercheurs·ses et universitaires, des acteurs·rices du mouvement social et des « usagers » des médias.

Observatoire des médias né du mouvement social de 1995, dans la foulée de l’Appel à la solidarité avec les grévistes, Acrimed cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante.

Acrimed est une association d’intérêt général à but non lucratif, fondée en 1996

Amour des grèves et des manifs

Extase Macron-Juillet 2017

Jeu des Unes réelles et invraisemblables

L'anathème GROGNE dans les médias, pour animer les luttes populaires

L'orchestre médiatique joue la marche promotionnelle... des produits de l'empire : le cas de Star Wars.
Il y a quelques semaines, j'ai vu le JT de RTVE et le service public audiovisuel espagnol nous renseignait ponctuellement que Like a Virgin, chansonnette de Madonna, entrait dans le Registre national des Enregistrements (sauf que national concernait les États-Unis).

Les médias saluent Jeremy Corbyn

Les obsessions islamiques de la presse magazine

Mélenchon, le bien-aimé

Petite pensée pour Syriza-Tsipras-Varoufakis, carrément le démon

Propaganda et contrasting propaganda

Comment dire...

Avril 2016, vous en souvenez-vous ?

 

mardi 28 mars 2023

Toujours Debout (Le Média) : répression féroce à Sainte-Soline, syntaxe de Manès Nadel et dernier rapport GIEC

Le Média a diffusé hier lundi 27 mars 2023 une nouvelle édition de son émission quotidienne Toujours Debout.

Présenté par Rémi-Kenzo Pages, en voici le sommaire :

▶ Retour de terrain : Lisa Lap et Léna Lazare. On revient sur la mobilisation historique, samedi, dans les Deux-Sèvres, contre les méga-bassines. Une manifestation massive qui s’est heurtée à un dispositif policier massif et très offensif. Quelques chiffres qui donnent le tournis mais montrent bien la volonté d’en découdre de la part du gouvernement : ce sont près de 4 000 grenades qui ont été lancé sur le cortège de 30 000 personnes faisant près de 200 blessés, côté manifestants, dont un éborgné et une personne à ce jour entre la vie et la mort… On en parle avec notre journaliste Lisa Lap et Léna Lazare, activiste aux Soulèvements de la Terre. Toutes les deux étaient sur le terrain ce samedi. 

▶ Entretien d’actu : Avec le jeune Manès Nadel [15 superbes ans et une syntaxe !], syndicaliste lycéen, visage bien connu de la contestation contre la réforme des retraites, on évoque la mobilisation de demain qui s’annonce très suivie notamment auprès de la jeunesse. 

▶ Entretien d’actu : Yamina Saheb. Cela fait une semaine, depuis lundi 20 mars, que le GIEC a publié son dernier rapport : la synthèse des synthèses qui concentre les informations principales des trois rapports publiés entre 2021 et 2022, dans le cadre du 6ème cycle d'évaluation du GIEC, ainsi que les trois rapports spéciaux produits en parallèle, sur l'impact d'un réchauffement de 1,5°, son effet sur les océans, la cryosphère et sur les terres émergées. Une première synthèse depuis l'accord de Paris de 2015 qui rappelle les menaces qui pèsent sur la planète. Mais aussi que des solutions politiques sont à notre portée. Les journalistes en ont peu parlé. Pourtant c'est une actualité suffisamment importante pour qu'on revienne dessus et qu'on prenne le temps de développer le sujet. Pour en discuter nous recevons une autrice du GIEC, Yamina Saheb, co-autrice du volet 3 sur les solutions contre le changement climatique, le plus politique.


Le gouvernement français est au courant de la publication du 6e rapport de synthèse du GIEC, y compris Agnès Pannier-Runacher, et visiblement, ils nous emmerdent —tout en trouvant certainement de la magie au bord du précipice.

Pour ne citer que le récent rapport 2022-23 d'Amnesty International, qui vient de paraître le 28.03.2023 et dont le contenu sur la crise climatique concernant la France (p. 219) est plutôt sommaire, il arrive que...

Le Conseil d’État a réaffirmé en septembre que le droit de vivre dans un environnement sain était un droit fondamental.
Ce même Conseil d’État a condamné en octobre le gouvernement français à une amende de 20 millions d’euros pour ne pas avoir respecté, pendant deux périodes de six mois, entre juillet 2021 et juillet 2022, les normes européennes de qualité de l’air. Le montant de cette amende devait être versé à des groupes écologistes.
À la fin de l’année, l’État n’avait pas pris de mesures suffisantes pour améliorer la qualité de l’air et atteindre les objectifs en matière de pollution « dans le délai le plus court possible ».
Toujours au mois d’octobre, les villes de Paris, New York et Poitiers, ainsi qu’Amnesty International France, ont rejoint la procédure judiciaire en cours engagée en 2017 contre l’entreprise TotalEnergies par une coalition issue de la société civile.
Il était notamment reproché à cette entreprise de ne pas respecter les objectifs de l’Accord de Paris et de ne pas exercer la diligence requise en matière climatique conformément aux dispositions de la Loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre.

 

QUELQUES RAPPELS concernant les méga-bassines :

- Bassines ? Non, merci

- Rappels de Jean Noël. 

- « À Sainte-Soline, des milliers de manifestants refusent les mégabassines », Reporterre, 31.10.2022. 

- Mégabassines : la guerre de l'eau est déclarée"Recours juridiques, manifestations, pétitions, et même sabotages. Dans les Deux-Sèvres, la mobilisation contre les “méga-bassines” continue de prendre de l’ampleur. Ces gigantesques cratères de plastique, destinés principalement à l’irrigation des cultures céréalières en été, sont dénoncés comme l’énième fuite en avant d’un modèle agricole intensif et trop gourmand en eau, qui peine déjà à se maintenir face aux dérèglements climatiques en cours. Malgré des sécheresses à répétition et des nappes phréatiques historiquement basses, le gouvernement semble déterminé à mener ces projets à terme, quitte à passer en force. Mais de quoi les bassines sont-elles vraiment le nom ? Alors qu’une nouvelle manifestation est annoncée ce 25 mars 2023, nous sommes remontés à la source de cette bataille de l’eau." (vidéo de Blast, 24.03.2023). 

- 1 700 gendarmes, 7 hélicoptères et une députée

- « Mégabassines : le parquet confirme qu’un manifestant blessé à Sainte-Soline est entre la vie et la mort  » (Le Monde, 26.03.2023). 

- Communiqué au sujet de S« Samedi 25 mars à Sainte Soline, notre camarade S. a été atteint à la tête par une grenade explosive lors de la manifestation contre les bassines. Malgré son état d’urgence absolue, la préfecture a sciemment empêché les secours d’intervenir dans un premier temps et d’engager son transport dans une unité de soins adaptée dans un second temps. Il est actuellement en réanimation neurochirurgicale. Son pronostic vital est toujours engagé. Le déferlement de violences que les manifestants ont subi a fait des centaines de blessés, avec plusieurs atteintes graves à l’intégrité physique comme l’annoncent les différents bilans disponibles (...). » 

- Saint-Soline le jour d'après : Au lendemain de la répression brutale de la mobilisation contre les mégabassines, les manifestants dénoncent la violence des actions policières et les accusent d’avoir retardé la prise en charge des blessés. Des faits confirmés par la Ligue des droits de l’homme, qui s’inquiète de la « militarisation des forces de l’ordre ». (Marion Briswalter, Mediapart, 26.03.2023). 

- Un deuxième manifestant est dans le coma

- Interrogé sur l'utilisation de LBD (lanceur de balles de défense), Gérald Darmanin a répondu: "non, les gendarmes n'ont pas lancé de LBD en quad. Seules des grenades lacrymogènes ont été tirées" (TV5Monde, 27.03.2023). Comme d'habitude, c'est faux.

- Désarmons-les ! à propos de l'usage par la police de GM2L. 

- Midi Libre (27.03.2023) : La grenade modulaire 2 lacrymogène (GML2) est considérée comme une arme de guerre, étant classée en catégorie A2 par la réglementation en la matière. Fabriquée par l'entreprise Alsetex, elle est selon sa fiche technique destinée à la fois au maintien de l'ordre (diversion, dissuasion) et à l'intervention (contrôle et neutralisation de forcené). Elle pèse environ 150 grammes, et contient 10 grammes de CS pur, le gaz lacrymogène utilisé depuis les années 60 par les forces de l'ordre en France. Son effet "irritant" est selon la brochure "instantané". Mais cette grenade a une deuxième action, considérée comme "psychologique" : elle est assourdissante, avec  un bruit de 165 dB à cinq mètres, et de 150 dB à 10 mètres. (...) en 2022, un manifestant qui était semble-t-il en train de la ramasser a eu la main arrachée par sa déflagration à Redon. Selon le site spécialisé maintiendelordre.fr,  "avec 165 décibels brisant et cassant à 5 mètres elle surpasse le bruit d’un avion au décollage et dépasse le seuil de douleur sonore. Au-delà de 120 dB, des bruits très brefs provoquent immédiatement des dommages irréversibles"

« Ce qui s'est vraiment passé à Saint-Soline malgré les mensonges de la Préfecture et du ministre de l'Intérieur [Gérald Darmanin] : Le lendemain de cette journée de mobilisation historique contre les méga-bassines, la Confédération paysanne, les Soulèvements de la Terre et Bassines Non Merci tiennent à rappeler les faits [cliquez sur les liens pour accéder à tous leurs articles à ce sujet]. Alors que des intox sont affirmées au plus haut niveau de l'Etat, nous avons vu et pouvons prouver. » (26.03.2023)

Accédez ici à machronique en marche pour consulter par ordre alphabétique un répertoire non négligeable de casseroles macronites de tout poil.