Interdiction des abayas à l’école : faisons front face aux attaques islamophobes !
TRIBUNE. Quelque 350 organisations, personnalités – parmi lesquelles Étienne Balibar, Annie Ernaux, Frédéric Lordon, Médine, Adèle Haenel… –, figures politiques et militantes antiracistes, féministes ainsi que de nombreux enseignants, signent un texte en exclusivité pour Politis, dénonçant cette nouvelle offensive raciste, islamophobe, sexiste et patriarcale du gouvernement, sous couvert de laïcité.
Collectif • 13 septembre 2023Avec l’interdiction du port de l’abaya à l’école annoncée par Gabriel Attal le 27 août dernier, le gouvernement a décidé de lancer une nouvelle attaque islamophobe contre les jeunes femmes musulmanes ou assimilées comme telles dans les écoles. Concrètement, le gouvernement exige des personnels de l’éducation, des conseillers principaux d’éducation, des assistants d’éducation et des enseignants, de déterminer, selon le faciès, le patronyme, et l’appartenance réelle ou supposée à l’islam des élèves si leurs tenues sont des abayas ou non et si elles doivent donc être interdites d’entrer dans leur établissement.
Depuis le début de la rentrée scolaire, la mise en application de l’interdiction ne fait que confirmer ce profilage raciste et sexiste des élèves comme l’illustrent les nombreux témoignages d’élèves ayant été interdites d’entrer dans leur établissement car portant une simple robe longue, un kimono, ou encore un vêtement trop noir.
Cette interdiction s’inscrit dans la continuité des offensives racistes et islamophobes mises en place, sous-couvert de laïcité, depuis la loi de 2004 interdisant le port du voile à l’école. Attaques contre les mères accompagnatrices de sorties scolaires portant le foulard, signalements du taux d’absentéisme le jour de la fête de l’Aïd, circulaires appelant les personnels à « détecter et signaler » les « signes de radicalisation »… depuis plusieurs années, le gouvernement, de concert avec la droite et l’extrême droite, n’a cessé de faire de l’école le terrain privilégié de ses offensives islamophobes et de renforcer le contrôle des jeunes élèves musulman-es ou assimilé-es comme tel-les. Cette nouvelle interdiction du port de l’abaya aura donc pour conséquence d’accentuer la stigmatisation, le harcèlement et les humiliations subies par ces élèves de la part de l’institution scolaire.
Ce harcèlement quotidien subi par ces jeunes filles musulmanes ou perçues comme telles aura pour conséquence directe de dégrader leur scolarité, de les exclure de l’école et de les priver de leur droit à une éducation publique du fait de leur foi réelle ou supposée. En réalité, derrière le faux argument de la laïcité, il s’agit donc d’une mesure raciste et discriminante puisque ce sont bien aux jeunes filles racisées que l’on interdit de venir à l’école habillées comme elles le souhaitent du fait de leur foi supposée. En plus d’être une mesure raciste, cette interdiction des robes longues à l’école, en visant principalement les jeunes femmes musulmanes ou supposées comme telles, est également une mesure sexiste et patriarcale qui vise à contrôler toujours plus le corps des filles à l’école.
Plus largement, cette interdiction du port de l’abaya s’inscrit dans la continuité de la répression brutale des révoltes de cette jeunesse qui a exprimé sa colère en réaction au meurtre policier du jeune Nahel le 27 juin 2023. Une répression qui s’est matérialisée par des peines de prison extrêmement lourdes contre ces jeunes et qui se poursuit aujourd’hui avec des expulsions de jeunes ayant participé aux révoltes de leurs logements sociaux. Répression policière et judiciaire, expulsions de logements sociaux et maintenant nouvelle offensive islamophobe avec l’interdiction du port de l’abaya, c’est une offensive générale contre la jeunesse des quartiers populaires qu’a lancée le gouvernement.
En plus d’être le terrain privilégié de la politique raciste du gouvernement, le service public de l’éducation fait face à un manque de moyens chronique organisé par les gouvernements successifs, au manque criant d’enseignants et de personnels de l’éducation qui dégrade toujours plus les conditions de travail et d’apprentissage pour les personnels et les élèves. Tout en rejetant les mesures qui stigmatisent et discriminent toujours plus les élèves musulman-es et assimilé-es comme tel-les, l’urgence doit être d’exiger la mise en place de moyens massifs pour assurer le droit à l’éducation de toutes et tous.
C’est pourquoi face à cette énième mesure islamophobe, nous, intellectuel-les, militant-es, syndicalistes, avocat-es, parents et personnels de l’éducation, affirmons notre opposition à cette interdiction des abayas et refusons que l’école continue d’être le relais de politiques racistes, sexistes et patriarcales. Nous apportons toute notre solidarité et notre soutien aux élèves et jeunes filles visées par cette interdiction et nous réaffirmons que trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes et aux élèves de décider !
Signataires
ORGANISATIONS POLITIQUES, SYNDICATS ET ASSOCIATIONS
Association Acceptess-T
ATTAC FRANCE
CEDETIM
CGT Crous 31
CGT Safran Nacelles
CNT 93
Collage Féministe Stains
Collectif Anti Répression de l’Éducation
Collectif Bagarre
Collectif contre les violences policières de Saint-Denis
Collectif Mémoire en marche de Marseille
Collectif Palestine vaincra
Collectif stéphanois contre l’islamophobie et pour l’égalité
Comité Justice pour Claude Jean-Pierre
Coordination des Comités pour la défense des quartiers populaires
Coordination pour les 40 ans de la marche
Coudes à Coudes
Dernière rénovation
Du pain et des roses
FASTI
FIDL
FO Fnac Paris
Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)
La bulle IDF, accueil d’enfants autogéré
La révolution est en marche
La Voix Lycéenne
Label Gouine
Le Front de mères
Le Poing Levé
Les dégommeuses
Les effronté-es
Les jeunes écologistes
Les lunettes décoloniales
Les minots de Noailles
Les panthères des ministères
Mémoire en marche
Nous toutes 31
NPA
PEPs
Planning Familial Toulouse
Questions de classe(s)
Quidam Association pour l’éducation populaire
Rejoignons-nous
Réseau pour la grève générale
Révolution Permanente
Samidoun Paris Banlieue
Section CGT RATP MRB Belliard
SNES FSU 93
Sois Prof et Tais Toi
Stop Precarite
Sud Éducation 93
Syndicat lycéen Cste
UL CGT Harfleur
Vivre Ensemble Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT-37)
PERSONNALITÉS
Abdallah LY Mouhamed, chercheur à l’IFAN, Université Cheikh Anta Diop, Dakar
Aden Nasteho, conseillère Municipale et Territoriale Stains/ Parent d’élèves Élue
Agresti Lexie, autrice
Ait Ouarab Kenza, CGT Mission locale Grand Est
Ait-Mohamed Abd-El-Kader, militant pour l’Egalité et les Quartiers Populaires (VESEMT-37)
Akkari Sarah, Sud Asso
Albert Frédéric, délégué CGT Total Carling
Alestra Léane Autrice, fondatrice de Mécréantes et journaliste pour Manifesto XXI
Allochon Clément, SNCF Sud-Rail Technicentre de Châtillon
Almasan Sophie, retraitée Education Nationale
Aloussi Rajaa, enseignante, militante antiraciste
Ameqrane Hanane, militante lesbienne des quartiers populaires, documentaliste au Lycée Angela Davis
Amuna Mohamed, chargée d’affaires
Antonioli Alexis, militant CGT Total Normandie
Arbona Bruno, militant CGT Educ’Action 95
Bachare Jawad, militant des droits civiques
Bagayoko Bally, militant des quartiers populaires et des droits humains
Bah Hadja, Collectif justice pour ibo
Bah Abdoulaye, travailleur dans la restauration rapide à aéroport CDG, membre de la Coordination Sans Papiers 75
Balance pour la balance, professeur des écoles
Balibar Étienne, philosophe
Ballanger Catherine, Féministe antiraciste
Bastide Lauren, journaliste et essayiste
Beckers Maude, avocate au barreau de Seine Saint denis
Becuwe Timothée, enseignant, SNES
Belhamici Louisa, féministe antiraciste
Beloeil Ephram, président de La Voix Lycéenne
Ben Ahmed Lena, militante féministe antiraciste @embraselemonde
Ben Amar Foucya, conseillère en insertion professionnelle
Ben Boubaker Manel, enseignante, militante antiraciste et féministe, Sud éducation 93
Ben Hamouda Lilia, journaliste, rédactrice en chef du cafepedagogique.net
Benamrouche Johanna-Soraya, Militante féministe post-coloniale, co-fondatrice du collectif Féministes contre le Cyberharcèlement
Benbakki Sarah, soignante et militante
Benhamou Nadia, Sud PTT telecom
Bennaï Farid, militant au FUIQP et syndicaliste
Bennani Hisham, militant
Bensidhoum Soumia, enseignante snudi FO
Bensidoun Ibrahim, agent territorial
Berhouma Wiam, enseignante et militante antiraciste, Sud éducation 93
Bernard Judith, enseignante et metteuse en scène
Besnard Damien, militant SNES FSU 93
Bettayeb Karim, enseignant, militant antiraciste et queer
Billard Corinne, enseignante
Bilongo Carlos Martens, député LFI du Val-d’Oise
Blaise Raphaël, agrégé de lettres classiques
Bouamama Saïd, sociologue et militant du Fuiqp
Boucharéchas Manon, doctorante, Université Grenoble Alpes
Bouché Jean-Pierre, militant anticolonialiste
Bouhamidi Lou, ATER, Université de Besançon
Bousekkine Abdenour, délégué UNSA transport Roissy CDG samsic
Brakni Youcef, Militant antiraciste et des quartiers populaires
Brauer Mégane, artiste
Budgen Sebastian, directeur éditorial Verso Books
Busse Michel, retraité fsu snuipp 17
Camara Thomas, militant Sud Éducation 93
Carbonell Juan Sebastian, sociologue
Careil Hélène, enseignante, Sud Éducation 93, ICEM Pédagogie Freinet
Caron Paul, Facteur / Représentant Sud PTT Paris 15
Casalino Silvia, codirectrice de l’Eurocentralasian Lesbian Community
Castan Alain, éditeur et militant
Cavalié Jean-Pierre, militant des Droits fondamentaux
Cavalié Karima, Mandataire judiciaire à la Protection des Majeurs
Chambat Grégory, Militant syndicaliste et pédagogique
Chaouche Karima, Éducatrice spécialisée
CHERIFi Saïd Samir, Père de famille et artisan
Chesneau Emma, Militante
Chouder Ismahane, Féministe antiraciste
Clément Jocelyne, Sud Education 77
Coffin Alice, Conseillère de Paris
Conti Salomé, Sud Educ 95
Cornet Adrien, CGT Total Energies Grandpuits
Coulombel Alain, Membre du bureau exécutif d’EELV
Cremoux Jean-Pierre, retraité
Da Silva Marina, journaliste et militante associative
Da Silva Serge, professeur fsu émancipation
Dacharry Aurélie, enseignante militante à la CNT
Danjé Michaëla, Écrivaine, documentairiste
Dayan-Herzbrun Sonia, professeur émérite Université de Paris
De Charentenay Alice, enseignante-chercheuse à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
De Cock Laurence, historienne et enseignante
Decker Véronique, militante pédagogique
Defresne Thierry, CGT Total Energies
Demoulin Faouzi, délégué syndical CGT technicien de maintenance RATP
Deveau Anne-Sophie, enseignante
Diaby Sanoussy, Servair Roissy
Djaileb Sofiane, aide soignant
Dorlin Elsa, philosophe
Doune Amani, secteur social présidente asso lueur d’espoir
Dronsart Godefroy, enseignant
Drouar Juliet, thérapeute et auteur
Dubois Bénédicte, AESH et artiste
Dujardin Marion, enseignante et militante à Révolution permanente
Dupuis Chloé
Duthu Françoise, ex-députée européenne EELV
El Azzouzi Mina, enseignante et militante SNES FSU 93
El Bermil Ilyes, lycéen
El hadj yedder Houda, militante SNES FSU 93
Ernaux Annie, écrivaine et prix Nobel de littérature 2022
Falquet Jules, féministe antiraciste, professeur de philosophie Université Paris 8
Fest Simone, militant LFI
Fichet Jérôme, CGT Safran Nacelles Le Havre
Fortassin Claire, militante SNES FSU 93
Garcia Adrien
Garnel Nathalie, militante
Garrisi Marina, éditrice aux Éditions sociales et comité de rédaction de Révolution Permanente Dimanche
Gaudichaud Franck, enseignant-chercheur (Toulouse)
Gaune William, Sud Educ 95
Girouette féministe, militante
Gourdeau Camille, sociologue et co-présidente de la FASTI
Grandet Jenny, CGT Safran Le Havre
Granioh Elise, professeure
Grenouilleau Julien
Gresh Alain, journaliste
Gresson Lily, enseignante et militante à Révolution Permanente
Guedges Mona, enseignante snuipp fsu
Guennach Abdelali, électricien du bâtiment
Guerci Michelle, journaliste, militante féministe antiraciste
Guerrouj Nina, militante
Guillibert Paul, enseignant-chercheur
Haderbache Sarah, enseignante, militante antiraciste et féministe, Sud éducation 93
Haenel Adèle, militante féministe et actrice de film indépendant
Haffas Laurie, enseignante, militante antiraciste et féministe, Sud éducation 93
Hammad Ahmed, communiste
Hanser Pascaline, militante RP
Harchi Kaoutar, sociologue et écrivaine
Hardy Hélène, membre du bureau exécutif d’EELV
Hardy Quentin, enseignant
Horaud Mathias, enseignant de svt dans le 93, militant à Réseau pour la grève générale
Iznasni Noredine, militant des quartiers populaires Nanterre
Jioua Yassine, CGT RATP Bus Malakoff
Jounaidi Aïcha, enseignante
Kasdali Badis, militant et étudiant
Kazib Anasse, porte-parole de Révolution permanente
Kebbache Nordine, CGT Roissy cdg
Kendri Fatiha, conseillère Municipale de Saint Pierre des Corps
Ketfi Widad, journaliste
Khalfa Pierre, économiste, Fondation Copernic
Khoubzi Sihem
Koechlin Aurore, militante féministe et sociologue
Kouvélakis Stathis, philosophe
Kubecki Reynald, militant CGT Sidel Octeville
Labeau Goundo, assistante sociale UNSA
Labssii Moghnia, inspectrice du travail et militante antiraciste
Lakehal Younes, enseignant et militant syndical
Lambert Bruno, enseignant, collectif Lignes de crêtes
Lamy Rose, autrice
Larrère Mathilde, historienne et enseignante
Lartichaux Daniel, fsu émancipation ujfp tsedek
Laveder Françoise, militante
Le Bars Maël, professeur et militant queer et féministe
Le Cointe Jordi, enseignant, SNES-FSU 93
Le Cour Grandmaison Olivier Universitaire
Lebailly Sarah, militante
Lecolle Michelle, professeure de science du langage à l’Université Paris 3
Lecoq Elise, militante SNES FSU 93
Legelle Capucine, militante antiraciste
Lejeune Julien, égoutier cgt
Lemay Gwenaelle, militante à Révolution permanente
Lemay Gwladys, militante Sud Educ
Lestrade Didier, militant LGBT, co-fondateur d’Act-up
Lévy Laurent, militant antiraciste, père de famille
Li Brigitte, enseignante
Lisi Cosimo, militant et chercheur (Université Paris 8)
Litzenbourger Mélissa, militante CGT Khalige Faulquemont
Loillier Yacina, militante syndicaliste et politique
Longchal Clémence, militante SNES FSU 93
Lordon Frédéric, philosophe
Loukad Akila, enseignante snudi FO
Löwy Michael, sociologue
Luc Émilie, enseignante
Lucbert Sandra, écrivaine
Madesta Tal, journaliste et auteur
Maedusa, autrice BD
Mahfoud Basma, enseignante et militante antiraciste
Malderez Camille, journaliste et doctorante art & politique
Maloberti Aurélien, syndicaliste CGT
Mandengue Yéléna, avocate au barreau de Paris
Marcel Elsa, avocate au barreau de Paris
Margala Pierre, militant Snes-FSU 93
Marignier Noémie, enseignante-chercheuse Sorbonne Nouvelle
Marsay Julien, auteur, créateur des comptes Autrices invisibilisées & enseignant
Massadian Valérie, cinéaste
Maurin Odile, activiste anti validisme, élue municipale d’opposition à Toulouse
Mauvy Magalie
Mauvy Ulia
Médine, rappeur
Messager Arnaud, professeur des écoles 95
Michel Océan, réalisateur
Millet Pierre, enseignant
Mohamed Farid, CGT CH Gonesse ul val d’ Oise Est
Mohamed Ansary Fathima, Enseignante
Moilimo Sarah, mère de famille et parent d’élève
Mollet Boris, travailleur social du côté des femmes
Mouyombo Cinthya, élue municipale
Navarro Serge, retraité militant France insoumise
Ngo Alex
Nguyen Dean, élu municipal
Noël Fania, militante et essayiste Afroféministe et sociologue
Omani Nadia, militante
Ortuno Laura, enseignante, SNES – FSU
Osmani Souad, militante
Ouassak Fatima, militante féministe et antiraciste, Front de mères
Palaric Mathias, enseignant d’espagnol en collège – SGEN-CFDT
Palheta Ugo, Sociologue, Université de Lille
Pandor-Margulis Mélissa, enseignante
Panis Caroline, maîtresse de conférence en sciences du langage, CGT
Paulet Blandine, militante SNES FSU 93
Pavez Charlotte, militante Snuipp-Fsu 93
Pelletier Willy, sociologue
Pellissier Jean-François, Co porte-parole ENSEMBLE !
Perrin Evelyne, Ligue des Droits de l’Homme 94 et collectif Stop précarité
Pfältzer Alice, activiste féministe
Planchenault Gaëlle, maîtresse de conférence en linguistique française et culture à Simon Fraser University (Canada)
Pomper Fanny, psychomotricienne
Porta Christian, militant CGT Neuhauser
Posecak Clément, militant CGT Mines énergie
Posse Emmanuelle, militante, professeur de philosophie dans le 93
Prevot Karine, enseignante fsu émancipation
Prouveze Pierre, professeur des écoles (INSTIT) à la retraite et musicien
Raccah Camille, citoyenne
Racisme invisible, militante antiraciste
Raguet-Vogler Maximilian, enseignant
Rahni Ali, militant associatif et politique EELV
Rebai Houyem, enseignante et militante syndicale antiraciste et féministe
Relin Mathieu, Sud Rail
Riou Claire, ex-enseignante
Roux Séverine, militante féministe
Ruet Magali, enseignante-chercheuse
Ryam Khamta, militante SNES FSU 93
Sabbah Blanche, autrice et activiste féministe
Sanogo Carine, agente territoriale
Sarfati Romain, enseignant, militant antiraciste, Sud éducation 93
Saturne Nathalie, animatrice service enfance
Schmidt Fiona, autrice et militante féministe
Shĩsā, assistante d’éducation et militante antiraciste
Siassia Amarillys, enseignante et militante
Sidi Wacho, artiste
Slaouti Omar, membre de la coordination nationale contre les violences policières
Sochard Fred, illustrateur
Soilihi Nilma, manipulateur en électroradiologie médicale
Solas Isabelle, réalisatrice
Soliman Sherine, professeure de lettres
Spagnuolo Marco, doctorant en Philosophie, Paris VIII Saint-Denis Vincennes
Suffren Stephen, avocat honoraire
Suzes Jessica, militante féministe antiraciste @embraselemonde
Tauran Léa, militante
Thibault Ritchy, Peuple révolté
Thibault Mathieu, enseignant snuipp fsu 93
Thuizat Grégory, militant SNES FSU 93
Tilloy Sophie, militante SNES FSU 95
Tony-Nyemb Maliga, enseignante et militante afroféministe
Touhamu Fatima, féministe antiraciste
Traoré Assa, Comité vérité et justice pour Adama
Traoré Diangou, militante dans les quartiers populaires
Traoré Nanténé, artiste
Tremblay Tony, militant SNES FSU 93
Turpin Béatrice, vidéaste engagée et militante
Vacher Kévin, sociologue et militant des quartiers populaires à Marseille
Vadot Maude, enseignante-chercheuse (USMB) SNESUP
Van Elst Till, citoyen
Varlet Laura, SNCF Sud Rail Paris Nord
Vieillescazes Nicolas, éditeur
Vienne Gisèle, chorégraphe – metteur en scène
Villemagne Sophie, enseignante
Volfson Olga, journaliste et militant·e LGBTQI+ et anti-grossophobie.
Weber Louis, éditeur
Youbi Assia, architecte DE
Youbi Faiza, opératrice spécialisée
Zafari Sophie, syndicaliste FSU
Zaïdi Monia, enseignante
Zenagui Rachida, militante féministe intersectionelle contre les violences faites aux femmes
Zine Henda, enseignante et militante à Révolution permanente
jeudi 14 septembre 2023
Contre l'Islamophobie et le Sexisme de la République
mardi 23 mai 2023
Comment la mort survit aux guerres étasuniennes
Et à toutes les guerres, bien entendu, y compris les proxy wars [cf. l'entrée Guerre d'Ukraine de ce billet].
Mais ici, il n'est question que des grandes guerres déclenchées par les États-Unis après le 11 septembre 2001. Car elles pourraient avoir entraîné la mort d’au moins 4,5 millions de personnes en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Pakistan, en Somalie, en Syrie et au Yémen, les six pays analysés dans How Death Outlives War: The Reverberating Impact of the Post-9/11 Wars on Human Health (Comment la mort survit à la guerre : les répercussions des guerres de l'après-11 septembre sur la santé humaine).
Ce rapport épluchant l'incalculable hystérésis causée par six guerres récentes ou contemporaines menées par l'empire de nos (pires) valeurs (voleurs) a été publié par le Watson Institute for International and Public Affairs, un centre de recherche interdisciplinaire de l'Université Brown à Providence, Rhode Island. Donc, cette étude n'aborde pas les coûts, pertes, maladies, malformations, morts prématurées et autres conséquences des myriades de raids, invasions et autres bombardements étasuniens précédents qui font toujours des ravages —au Viêt Nam ou au Laos, par exemple (1).
Voici, en traduction française de mon cru, la présentation du papier brownien qui a motivé ce billet (Projet Costs of War. How Death Outlives War: The Reverberating Impact of the Post-9/11 Wars on Human Health) :
La destruction par la guerre des économies, des services publics, des infrastructures et de l'environnement entraîne des décès qui surviennent longtemps après le largage des bombes et qui prennent de l'ampleur au fil du temps. Ce rapport passe en revue les dernières recherches pour examiner les voies de causalité qui ont conduit à environ 3,6 à 3,7 millions de décès indirects dans les zones de guerre après le 11 septembre, y compris en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, en Syrie et au Yémen. Le nombre total de morts dans ces zones de guerre pourrait être d'au moins 4,5 à 4,6 millions, et ce n'est pas fini, mais le chiffre précis de la mortalité reste inconnu. Certaines personnes ont été tuées dans les combats, mais beaucoup plus, en particulier des enfants, ont été tuées par les répercussions de la guerre, telles que la propagation de maladies.Sur un autre site, Stephanie Savell, autrice du rapport précise :
Le rapport examine le bilan dévastateur de la guerre sur la santé humaine, quel que soit le combattant, quel que soit le facteur aggravant, dans les conflits les plus violents dans lesquels le gouvernement étasunien s'est engagé au nom du contre-terrorisme depuis le 11 septembre 2001. Plutôt que de démêler qui, quoi ou quand est à blâmer, ce rapport montre que les guerres post-11 septembre sont impliquées dans de nombreux genres de décès, ce qui montre clairement que les répercussions de la violence continue de la guerre sont si vastes et complexes qu'elles ne sont pas quantifiables.
En exposant comment les guerres de l'après-11 septembre ont entraîné des pathologies et des décès indirects, l'objectif du rapport est de sensibiliser davantage aux coûts humains les plus élevés de ces guerres et de soutenir les appels lancés aux États-Unis et à d'autres gouvernements pour atténuer les pertes en cours et la souffrance de millions de personnes dans les zones de guerre actuelles et anciennes. Le rapport met en évidence de nombreuses conséquences à long terme et méconnues ou sous-estimées de la guerre pour la santé humaine, soulignant que certains groupes, en particulier les femmes et les enfants, subissent le plus gros de ces répercussions permanentes.
“In a place like Afghanistan, the pressing question is whether any death can today be considered unrelated to war,” says Stephanie Savell, Costs of War co-director and author of the report. “Wars often kill far more people indirectly than in direct combat, particularly young children.”
“Warring parties who damage infrastructure with an impact on population health have a moral responsibility to provide quick and effective assistance and repairs,” says Savell. “The United States government, while not solely responsible for the damage, has a significant obligation to invest in humanitarian assistance and reconstruction in post-9/11 warzones. The U.S. government could do far more than it currently is to act on this responsibility.” (Common Dreams, 15.05.2023)
En savoir plus sur Consortium News / Common Dreams.
Traduction française par GL pour Investig'action.
“We have heard that half a million [Iraqi] children have died. I mean, that is more children than died in Hiroshima,” questionna Stahl, “And, you know, is the price worth it?” “I think that is a very hard choice,” répondit Albright sans sourciller, “but the price, we think, the price is worth it.” (« Je crois que c'était un choix très difficile, mais le prix… nous pensons que le prix en valait la peine. »)
Ou, de la tranchée intérieure d'en face, à l'irrécusable perspective de Frederick Douglass :
Frederick Douglass - July 4, 1852
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(1) Le Courrier du Vietnam du 10.05.2021 nous rappelait à cet égard les effets tenaces de ces atroces agressions militaires d'il y a même plusieurs décennies en citant l'article Ökozid-Vorwurf gegen Monsanto und Bayer: Gericht weist Klage wegen Agent Orange ab de Stefan Brändle (Frankfurter Rundschau, 10.05.2021) :
Les conséquences de l'agent orange persistent au Vietnam, selon un journal allemand
Le 9 mai, le journal allemand Frankfurter Rundschau (FR) a publié un article mettant en lumière le procès intenté par Trân Tô Nga, une Viêt kiêu de France contre les sociétés multinationales qui produisirent et vendirent l'agent orange contenant de la dioxine pulvérisé par les forces américaines pendant la guerre au Vietnam.
L'article du journal allemand Frankfurter Rundschau (FR) souligne que les conséquences de ces toxines persistent au Vietnam. L'auteur de l'article, Stefan Brändle, a décrit Mme Trân Tô Nga, âgée de 79 ans, comme une femme d'apparence robuste mais souffrant de nombreuses maladies graves telles que cancer du sein, diabète de type II, hypertension artérielle, alpha thalassémie, maladie cardiaque... Lorsqu'elle a été exposée à l'agent orange en 1966, elle ne connaissait pas l'effet fatal du produit chimique qui peut se transmettre aux générations suivantes. Mais lorsqu'elle a donné naissance à son premier enfant en 1969, la petite fille n'a vécu que 17 mois et est décédée des suites de problèmes respiratoires et cutanés. Ses deux autres filles sont toujours en vie mais ont une mauvaise santé, et une petite-fille de Mme Trân Tô Nga souffre de maladie cardiaque.
L'auteur a écrit que pendant 1961-1971, l'armée américaine a pulvérisé 80 millions de litres d'herbicides et de défoliants, dont 46 millions de litres d'agent orange produits par de nombreuses entreprises, dont le fabricant de produits chimiques américain Monsanto, qui fait maintenant partie du groupe Bayer, et ce afin de défolier des forêts entières et de traquer ainsi plus facilement les soldats vietnamiens.
L'agent orange, qui contient également de la dioxine extrêmement toxique et attaque directement le patrimoine génétique, a causé des centaines de milliers de morts et des millions de personnes malades au Vietnam. Aujourd'hui encore, dans la quatrième génération après la fin de la guerre, environ 6.000 bébés atteints de malformations et de maladies graves naissent chaque année au Vietnam, souligne l'article.
Ce qui explique le témoignage et le ferme et digne combat juridique de Tran To Nga, Franco-Vietnamienne qui, malgré son grand âge, non seulement a porté plainte contre 14 sociétés ayant fabriqué le poison orange, mais, même déboutée, persiste et signe.
Je me rappelle également l'effort sur le terrain de Channapha Khamvongsa qui, depuis 2004 jusqu'en 2019, s'évertua à éradiquer les milliers de bombes qui se trouvent encore enfouies dans le sol laotien et qui font toujours de nombreuses victimes —j'en eus vent le 5.04.2015 grâce à une info du The New York Times). Le site Americans Who Tell The Truth lui consacre une page :
“The U.S. dropped 260 million cluster bombs on Laos during the Vietnam War. An estimated 80 million did not detonate, scattering throughout Lao villages, rice fields, school yards, pasture lands, and forests. The equivalent of a planeload of bombs was dropped every 8 minutes, 24 hours a day, for 9 years – more per capita than any other country in the world. This is called the Secret War. The mission of Legacies of War is to advocate for the clearance of unexploded bombs and provide space for healing the physical and emotional wounds of war.”
______________________________________
Mise à jour du 25.05.2023 :
Interrogé par la journaliste Amy Goodman —dans un contexte de réflexion sur les nombreux crimes instigués par Henry Kissinger au Cambodge, sous la présidence de Richard Nixon (sujet sur lequel je prépare un billet à présent)—, l'historien, professeur à l'université de Yale et Prix Pulitzer Greg Grandin résume :
Well, it would take a lot more time than we have to tell Kissinger’s full story. He’s turning 100 years old. I think that what’s interesting is that — I mean, Kissinger is a war criminal, but there are lots of war criminals. I mean, the people who conducted the, as Jeff Sachs talked about, Iraq War could be held culpable for the destruction of a country in an illegal war. What’s interesting is that, in some ways, the crimes are ongoing. I mean, you know, there’s just many, many unexploded ordnances in Laos and Cambodia that are still killing people. So, the crimes are, well, not of the past, but they are the present.______________________________________
That said, I think that the best way to think about Kissinger isn’t necessarily as a war criminal. I think that, in some ways, that shuts down the debate. Kissinger, as a personality, is so oversize, he eclipses his context. I think Kissinger’s — Kissinger’s life, actually, has a lot to teach us about how we got to the point where we are, that way that — again, Jeff Sachs talked about this, this multifronted, never-ending, endless war and military-industrial complex.
Now, Cambodia, the bombing of Cambodia was done in secret for five years. It was a covert operation. People know that, but I don’t think it was mentioned. And the reason it had to be covert was because it was illegal. It was illegal to bomb. We weren’t at war with Cambodia. It wasn’t a country that the United States had declared war on or was at war with. And the reasons why, the excuses that Kissinger has given for a five-year-long bombing campaign that caused enormous damage, including bringing to power the most eliminationist, extremist cadre within the Khmer Rouge and leading to the genocide, was that it had — it was to eliminate safe havens, that it was an act of self-defense. [Cf. Bernie Sanders en 2016]
This is now taken as a common practice. This is, basically, fundamentally, what the entire U.S. “war on terror” is authorized to do, to go into any country and drone and bomb and conduct military operations — some we know about, some we don’t about, but as a matter of course. So we don’t do it in secret. So, Kissinger’s trajectory, from Cambodia, from being the architect of this secret campaign to bomb a country the United States wasn’t at war with, to the state we are in now, governed by a national security state, is what I think is most instructive about Kissinger’s life and most important about him, other than describing him as a war criminal, which he is.
(Democracy Now! 24.05.2023)
Mise à jour du 3.09.2025 :
US and EU sanctions have killed 38 million people since 1970
Far from a peaceful tool, these measures weaponise hunger and deprivation to enforce Western dominance.
By Jason Hickel, Dylan Sullivan and Omer Tayyab
Al Jazeera. Published On 3 Sep 2025
The United States and Europe have long used unilateral sanctions as a tool of imperial power, to discipline and even destroy Global South governments that seek to shake off Western domination, chart an independent path, and establish any kind of meaningful sovereignty.
During the 1970s, there were, on average, about 15 countries under Western unilateral sanctions in any given year. In many cases, these sanctions sought to strangle access to finance and international trade, destabilise industries, and inflame crises to provoke state collapse.
For instance, when the popular socialist Salvador Allende was elected to power in Chile in 1970, the US government imposed brutal sanctions on the country. At a September 1970 meeting at the White House, US President Richard Nixon explained the objective was to “make [Chile’s] economy scream”. The historian Peter Kornbluh describes the sanctions as an “invisible blockade” that cut Chile off from international finance, created social unrest, and paved the way for the US-backed coup that installed the brutal right-wing dictatorship of Augusto Pinochet.
Since then, the US and Europe have dramatically increased their use of sanctions. During the 1990s and 2000s, an average of 30 countries were under Western unilateral sanctions in any given year. And now, as of the 2020s, it is more than 60 – a strikingly high proportion of the countries of the Global South.
Sanctions often have a huge human toll. Scholars have demonstrated this in several well-known cases, such as the US sanctions against Iraq in the 1990s that led to widespread malnutrition, lack of clean water, and shortages of medicine and electricity. More recently, US economic warfare against Venezuela has resulted in a severe economic crisis, with one study estimating that sanctions caused 40,000 excess deaths in just one year, from 2017 to 2018.
Until now, researchers have sought to understand the human toll of sanctions on a case-by-case basis. This is difficult work and can only ever give us a partial picture. But that has changed with new research published this year in The Lancet Global Health, which gives us a global view for the first time. Led by the economist Francisco Rodriguez at the University of Denver, the study calculates the total number of excess deaths associated with international sanctions from 1970 to 2021.
The results are staggering. In their central estimate, the authors find that unilateral sanctions imposed by the US and EU since 1970 are associated with 38 million deaths. In some years, during the 1990s, more than a million people were killed. In 2021, the most recent year of data, sanctions caused more than 800,000 deaths. (...)
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vendredi 19 mai 2023
Des experts étasuniens en sécurité demandent aux États-Unis de mettre fin à la guerre en Ukraine
Dans le monde de l'intoxication informative occidentale la plus déchaînée, à l'égard cette fois-ci de la guerre en Ukraine, il y a même du feu ami qu'on ignore médiatiquement, car nos média sont non seulement atlantistes, mais plus atlantistes que certains éléments de l'empire atlantiste —la fabrique de Guerre la plus productive de l'Histoire, car c'est son essence géopolitique, économique, voire existentielle.
Donc, je me permets de relayer une vidéo de Democracy Now! où Amy Goodman s'entretient avec Dennis Fritz, directeur de l'Eisenhower Media Network.
Goodman évoque d'abord la publication d'une lettre ouverte adressée au président Joe Biden, à son administration et au Congrès des États-Unis par une quinzaine de personnalités étasuniennes, à l'initiative de l'Eisenhower Media Network, qui a dû se payer une page dans le New York Times le mardi 16.05.2023. Cette publication a une remarquable importance (vu l'ambiance et la flèche de ce régime) et ce qui peut encore nous sidérer (ou non, vu l'ambiance et la flèche de ce régime), c'est que personne n'en parle ici, parmi nous, en Espagne ou dans nos pro-consulats européens en général. Les réponses de M. Fritz aux questions de Mme Goodman sont claires comme de l'eau de roche...
DEMOCRACY NOW!, 17.05.2023 : “The U.S. Should Be a Force for Peace”: Nat’l Security Experts Demand U.S. Push to End Ukraine War
More than a dozen former U.S. national security officials have released an open letter calling for a diplomatic end to the Russia-Ukraine war. The call for peace was published as a full-page ad Tuesday in The New York Times and organized by the Eisenhower Media Network. They called the war an “unmitigated disaster” that the U.S. should work to end before it escalates into a nuclear confrontation. We speak with Dennis Fritz, director of the Eisenhower Media Network and a retired command chief master sergeant of the U.S. Air Force. “The majority of my life has been in and out of the Pentagon, and this is probably the most fearful I’ve ever been with a nuclear escalation,” says Fritz.
Vous pouvez accéder à la transcription complète de cette interview en cliquant sur le lien de la légende de la vidéo. Dennis Fritz fait preuve d'un bon sens et d'une empathie élémentaires et dit des choses que n'importe qui pourrait très bien comprendre, par exemple :
(...) As you already have discussed about the devastation and the number of killings that have happened so far, I can only see it continuing. And as we continue to introduce more weapons, it only causes more death and destruction. And this is, you know, to be quite frank with you, in support of the Ukrainian people. You know, it really disturbs me — and I’m just going to have to be candid with you, Amy — that, you know, at the expense of the Ukrainian people, we are fighting a proxy war with Russia to weaken them. And at the same time, the death and destruction is occurring in Ukraine and its people. And that’s devastating.
And we just couldn’t sit back and allow that to happen, as you mentioned. You know, we have a former ambassador to Russia that tried to alert administrations of the past that expanding NATO, that is a security interest of Russia. You know, we have a tendency not to empathize with others’ security needs. And there could have been a lot done in the past to prevent this from actually happening. (...)
TEXTE COMPLET de la lettre ouverte produite par l'Eisenhower Media Network :
Extrait :
(...) As the Soviet Union collapsed and the Cold War ended, U.S. and Western European leaders assured Soviet and then Russian leaders that NATO would not expand toward Russia’s borders. “There would be no extension of…NATO one inch to the east,” U.S. Secretary of State James Baker told Soviet leader Mikhail Gorbachev on February 9, 1990. Similar assurances from other U.S. leaders as well as from British, German and French leaders throughout the 1990s confirm this.
Since 2007, Russia has repeatedly warned that NATO’s armed forces on Russian borders were intolerable – just as Russian forces in Mexico or Canada would be intolerable to the U.S. now, or as Soviet missiles in Cuba were in 1962. Russia further singled out NATO expansion into Ukraine as especially provocative. (...)
En français:
(...) Alors que l'Union soviétique s'effondrait et que la guerre froide prenait fin, les dirigeants étasuniens et européens ont assuré aux dirigeants soviétiques, puis russes, que l'OTAN ne s'étendrait pas aux frontières de la Russie. "Il n'y aurait pas d'extension de… l'OTAN d'un pouce vers l'est", a déclaré le secrétaire d'État étasuniens James Baker au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev le 9 février 1990. Des assurances similaires d'autres dirigeants étasuniens ainsi que de dirigeants britanniques, allemands et français tout au long des années 1990 le confirment.
Depuis 2007, la Russie a averti à nombreuses reprises que les forces armées de l'OTAN aux frontières russes étaient intolérables - tout comme les forces russes au Mexique ou au Canada seraient intolérables pour les États-Unis maintenant, ou comme les missiles soviétiques à Cuba l'étaient en 1962. La Russie a en outre qualifié l'expansion de l'OTAN en Ukraine de particulièrement provocatrice. (...)
Signataires:
Dennis Fritz, Director, Eisenhower Media Network; Command Chief Master Sergeant, US Air Force (retired)
Matthew Hoh, Associate Director, Eisenhower Media Network; Former Marine Corps officer, and State and Defense official.
William J. Astore, Lieutenant Colonel, US Air Force (retired)
Karen Kwiatkowski, Lieutenant Colonel, US Air Force (retired)
Dennis Laich, Major General, US Army (retired)
Jack Matlock, U.S. Ambassador to the U.S.S.R., 1987-91; author of Reagan and Gorbachev: How the Cold War Ended
Todd E. Pierce, Major, Judge Advocate, U.S. Army (retired)
Coleen Rowley, Special Agent, FBI (retired)
Jeffrey Sachs, University Professor at Columbia University
Christian Sorensen, Former Arabic linguist, US Air Force
Chuck Spinney, Retired Engineer/Analyst, Office of Secretary of Defense
Winslow Wheeler, National security adviser to four Republican and Democratic US
Lawrence B. Wilkerson, Colonel, US Army (retired)
Ann Wright, Colonel, US Army (retired) and former US diplomat
Les signataires nous rappellent certains faits historiques :
1990 – U.S. assures Russia that NATO will not expand towards its border “…there would be no extension of…NATO one inch to the east,” says US Secretary of State James Baker.
1996 – U.S. weapons manufacturers form the Committee to Expand NATO, spending over $51 million lobbying Congress.
1997 – 50 foreign policy experts including former senators, retired military officers and diplomats sign an open letter stating NATO expansion to be “a policy error of historic proportions.”
1999 – NATO admits Hungary, Poland and the Czech Republic to NATO. U.S. and NATO bomb Russia’s ally, Serbia.
2001 – U.S. unilaterally withdraws from the Anti-Ballistic Missile Treaty.
2004 – Seven more Eastern European nations join NATO. NATO troops are now directly on Russia’s border.
2004 – Russia’s parliament passed a resolution denouncing NATO’s expansion. Putin responded by saying that Russia would “build our defense and security policy correspondingly.”
2008 – NATO leaders announced plans to bring Ukraine and Georgia, also on Russia’s borders, into NATO.
2009 – U.S. announced plans to put missile systems into Poland and Romania.
2014 – Legally elected Ukrainian president, Viktor Yanukovych, fled violence to Moscow. Russia views ouster as a coup by U.S. and NATO nations.
2016 – U.S. begins troop buildup in Europe.
2019 – U.S. unilaterally withdraws from Intermediate Nuclear Forces Treaty.
2020 – U.S. unilaterally withdraws from Open Skies Treaty.
2021 – Russia submits negotiation proposals while sending more forces to the border with Ukraine. U.S. and NATO officials reject the Russian proposals immediately.
Feb 24, 2022 – Russia invades Ukraine, starting the Russia-Ukraine War.
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Mises à jour des 23.05.2023, 9.06.2023 et 17.06.2023 :
Il faut signaler également qu'une prolongation de la lettre diffusée dans The New York Times par l'Eisenhower Media Network a été rédigée et publiée à titre individuel par Matthew Hoh, l'un de ses co-signataires, le 9.06.2023, sur CounterPunch et sous le titre A War Long Wanted: Diplomatic Malpractice in Ukraine. Vous pouvez y accéder en cliquant ci-contre.The War in Ukraine Was Provoked—and Why That Matters to Achieve Peace
By recognizing that the question of NATO enlargement is at the center of this war, we understand why U.S. weaponry will not end this war. Only diplomatic efforts can do that.
JEFFREY D. SACHS - May 23, 2023
[Cf. un entretien de Jeffrey Sachs avec le Dr. Heinz Gärtner, lors de la Conférence Internationale pour la Paix à Vienne le 16.06.2023 : US Neocons Are Warmongering Around The World]
George Orwell wrote in 1984 that "Who controls the past controls the future: who controls the present controls the past." Governments work relentlessly to distort public perceptions of the past. Regarding the Ukraine War, the Biden administration has repeatedly and falsely claimed that the Ukraine War started with an unprovoked attack by Russia on Ukraine on February 24, 2022. In fact, the war was provoked by the U.S. in ways that leading U.S. diplomats anticipated for decades in the lead-up to the war, meaning that the war could have been avoided and should now be stopped through negotiations.
Recognizing that the war was provoked helps us to understand how to stop it. It doesn’t justify Russia’s invasion. A far better approach for Russia might have been to step up diplomacy with Europe and with the non-Western world to explain and oppose U.S. militarism and unilateralism. In fact, the relentless U.S. push to expand NATO is widely opposed throughout the world, so Russian diplomacy rather than war would likely have been effective.
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Hoh tient à faire certaines précisions avant de nous présenter son texte :
This is the original draft of the letter to President Biden and the US Congress published in The New York Times on May 16 by the Eisenhower Media Network. This version, which is substantially longer than the published letter, is published here amended from its original formatting as a group letter. This version goes into much greater depth on the background of Russia’s invasion, the role of the military-industrial complex and the fossil fuel industry in US policy-making, and speaks to the toxic and dangerous diplomatic malpractice that has dominated US foreign policy since the end of the Cold War.
[Ceci est le projet original de la lettre au président Biden et au Congrès des États-Unis publiée dans le New York Times le 16 mai par le Eisenhower Media Network. Cette version, qui est sensiblement plus longue que la lettre publiée, est publiée ici modifiée par rapport à sa mise en forme originale en tant que lettre de groupe. Cette version approfondit beaucoup plus le contexte de l'invasion russe, le rôle du complexe militaro-industriel et de l'industrie des combustibles fossiles dans l'élaboration des politiques des États-Unis, et parle de la mauvaise pratique diplomatique toxique et dangereuse qui a dominé la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la Guerre Froide.]
The essay is not exhaustive, for example, I don’t write of events after February 2022 or offer predictions as to what will come if ceasefire and negotiations are not begun, other than stating a general fear of unending stalemated war, a la WWI, or expressing concern for an escalation towards a nuclear WWIII. It also does not address the substantial complaints that can be made about the Russians. Repeating what is found abundantly in US media was not my intent, but rather what is omitted, particularly examining deliberate US decision-making over three decades and noting the absence of strategic empathy from the US/NATO side, hence the charge of diplomatic malpractice.
These are my views and don’t necessarily represent the views of my fellow co-signers on The New York Times letter.
mercredi 10 mai 2023
Voici la troupe qui nous taxe de complotistes et/ou conspirationnistes
...et qui dénonce les "fake news" !
Petit florilège moderne de la troupe en question.
SOURCE : j'ai pris tous les montages photos ci-dessous (petit échantillon) de l'excellente revue Médiacritiques (nº 46, Retraites : l’éditocratie avec Macron), éditée trimestriellement par ACRIMED, association à laquelle je voudrais rendre sincèrement hommage. Consultez sa boutique.
Acrimed (Action-Critique-Médias) s’est constituée comme une association-carrefour : elle réunit des journalistes et salarié·e·s des médias, des chercheurs·ses et universitaires, des acteurs·rices du mouvement social et des « usagers » des médias.
Observatoire des médias né du mouvement social de 1995, dans la foulée de l’Appel à la solidarité avec les grévistes, Acrimed cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante.
Acrimed est une association d’intérêt général à but non lucratif, fondée en 1996.
mardi 28 mars 2023
Toujours Debout (Le Média) : répression féroce à Sainte-Soline, syntaxe de Manès Nadel et dernier rapport GIEC
Le Média a diffusé hier lundi 27 mars 2023 une nouvelle édition de son émission quotidienne Toujours Debout.
Présenté par Rémi-Kenzo Pages, en voici le sommaire :
▶ Retour de terrain : Lisa Lap et Léna Lazare. On revient sur la mobilisation historique, samedi, dans les Deux-Sèvres, contre les méga-bassines. Une manifestation massive qui s’est heurtée à un dispositif policier massif et très offensif. Quelques chiffres qui donnent le tournis mais montrent bien la volonté d’en découdre de la part du gouvernement : ce sont près de 4 000 grenades qui ont été lancé sur le cortège de 30 000 personnes faisant près de 200 blessés, côté manifestants, dont un éborgné et une personne à ce jour entre la vie et la mort… On en parle avec notre journaliste Lisa Lap et Léna Lazare, activiste aux Soulèvements de la Terre. Toutes les deux étaient sur le terrain ce samedi.
▶ Entretien d’actu : Avec le jeune Manès Nadel [15 superbes ans et une syntaxe !], syndicaliste lycéen, visage bien connu de la contestation contre la réforme des retraites, on évoque la mobilisation de demain qui s’annonce très suivie notamment auprès de la jeunesse.
▶ Entretien d’actu : Yamina Saheb. Cela fait une semaine, depuis lundi 20 mars, que le GIEC a publié son dernier rapport : la synthèse des synthèses qui concentre les informations principales des trois rapports publiés entre 2021 et 2022, dans le cadre du 6ème cycle d'évaluation du GIEC, ainsi que les trois rapports spéciaux produits en parallèle, sur l'impact d'un réchauffement de 1,5°, son effet sur les océans, la cryosphère et sur les terres émergées. Une première synthèse depuis l'accord de Paris de 2015 qui rappelle les menaces qui pèsent sur la planète. Mais aussi que des solutions politiques sont à notre portée. Les journalistes en ont peu parlé. Pourtant c'est une actualité suffisamment importante pour qu'on revienne dessus et qu'on prenne le temps de développer le sujet. Pour en discuter nous recevons une autrice du GIEC, Yamina Saheb, co-autrice du volet 3 sur les solutions contre le changement climatique, le plus politique.
Le gouvernement français est au courant de la publication du 6e rapport de synthèse du GIEC, y compris Agnès Pannier-Runacher, et visiblement, ils nous emmerdent —tout en trouvant certainement de la magie au bord du précipice.
Pour ne citer que le récent rapport 2022-23 d'Amnesty International, qui vient de paraître le 28.03.2023 et dont le contenu sur la crise climatique concernant la France (p. 219) est plutôt sommaire, il arrive que...
Le Conseil d’État a réaffirmé en septembre que le droit de vivre dans un environnement sain était un droit fondamental.
Ce même Conseil d’État a condamné en octobre le gouvernement français à une amende de 20 millions d’euros pour ne pas avoir respecté, pendant deux périodes de six mois, entre juillet 2021 et juillet 2022, les normes européennes de qualité de l’air. Le montant de cette amende devait être versé à des groupes écologistes.
À la fin de l’année, l’État n’avait pas pris de mesures suffisantes pour améliorer la qualité de l’air et atteindre les objectifs en matière de pollution « dans le délai le plus court possible ».
Toujours au mois d’octobre, les villes de Paris, New York et Poitiers, ainsi qu’Amnesty International France, ont rejoint la procédure judiciaire en cours engagée en 2017 contre l’entreprise TotalEnergies par une coalition issue de la société civile.
Il était notamment reproché à cette entreprise de ne pas respecter les objectifs de l’Accord de Paris et de ne pas exercer la diligence requise en matière climatique conformément aux dispositions de la Loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre.
QUELQUES RAPPELS concernant les méga-bassines :
- Bassines ? Non, merci.
- Rappels de Jean Noël.
- « À Sainte-Soline, des milliers de manifestants refusent les mégabassines », Reporterre, 31.10.2022.
- Mégabassines : la guerre de l'eau est déclarée. "Recours juridiques, manifestations, pétitions, et même sabotages. Dans les Deux-Sèvres, la mobilisation contre les “méga-bassines” continue de prendre de l’ampleur. Ces gigantesques cratères de plastique, destinés principalement à l’irrigation des cultures céréalières en été, sont dénoncés comme l’énième fuite en avant d’un modèle agricole intensif et trop gourmand en eau, qui peine déjà à se maintenir face aux dérèglements climatiques en cours. Malgré des sécheresses à répétition et des nappes phréatiques historiquement basses, le gouvernement semble déterminé à mener ces projets à terme, quitte à passer en force. Mais de quoi les bassines sont-elles vraiment le nom ? Alors qu’une nouvelle manifestation est annoncée ce 25 mars 2023, nous sommes remontés à la source de cette bataille de l’eau." (vidéo de Blast, 24.03.2023).
- 1 700 gendarmes, 7 hélicoptères et une députée.
- « Mégabassines : le parquet confirme qu’un manifestant blessé à Sainte-Soline est entre la vie et la mort » (Le Monde, 26.03.2023).
- Communiqué au sujet de S. : « Samedi 25 mars à Sainte Soline, notre camarade S. a été atteint à la tête par une grenade explosive lors de la manifestation contre les bassines. Malgré son état d’urgence absolue, la préfecture a sciemment empêché les secours d’intervenir dans un premier temps et d’engager son transport dans une unité de soins adaptée dans un second temps. Il est actuellement en réanimation neurochirurgicale. Son pronostic vital est toujours engagé. Le déferlement de violences que les manifestants ont subi a fait des centaines de blessés, avec plusieurs atteintes graves à l’intégrité physique comme l’annoncent les différents bilans disponibles (...). »
- Saint-Soline le jour d'après : Au lendemain de la répression brutale de la mobilisation contre les mégabassines, les manifestants dénoncent la violence des actions policières et les accusent d’avoir retardé la prise en charge des blessés. Des faits confirmés par la Ligue des droits de l’homme, qui s’inquiète de la « militarisation des forces de l’ordre ». (Marion Briswalter, Mediapart, 26.03.2023).
- Un deuxième manifestant est dans le coma.
- Interrogé sur l'utilisation de LBD (lanceur de balles de défense), Gérald Darmanin a répondu: "non, les gendarmes n'ont pas lancé de LBD en quad. Seules des grenades lacrymogènes ont été tirées" (TV5Monde, 27.03.2023). Comme d'habitude, c'est faux.
- Désarmons-les ! à propos de l'usage par la police de GM2L.
- Midi Libre (27.03.2023) : La grenade modulaire 2 lacrymogène (GML2) est considérée comme une arme de guerre, étant classée en catégorie A2 par la réglementation en la matière. Fabriquée par l'entreprise Alsetex, elle est selon sa fiche technique destinée à la fois au maintien de l'ordre (diversion, dissuasion) et à l'intervention (contrôle et neutralisation de forcené). Elle pèse environ 150 grammes, et contient 10 grammes de CS pur, le gaz lacrymogène utilisé depuis les années 60 par les forces de l'ordre en France. Son effet "irritant" est selon la brochure "instantané". Mais cette grenade a une deuxième action, considérée comme "psychologique" : elle est assourdissante, avec un bruit de 165 dB à cinq mètres, et de 150 dB à 10 mètres. (...) en 2022, un manifestant qui était semble-t-il en train de la ramasser a eu la main arrachée par sa déflagration à Redon. Selon le site spécialisé maintiendelordre.fr, "avec 165 décibels brisant et cassant à 5 mètres elle surpasse le bruit d’un avion au décollage et dépasse le seuil de douleur sonore. Au-delà de 120 dB, des bruits très brefs provoquent immédiatement des dommages irréversibles".
- « Ce qui s'est vraiment passé à Saint-Soline malgré les mensonges de la Préfecture et du ministre de l'Intérieur [Gérald Darmanin] : Le lendemain de cette journée de mobilisation historique contre les méga-bassines, la Confédération paysanne, les Soulèvements de la Terre et Bassines Non Merci tiennent à rappeler les faits [cliquez sur les liens pour accéder à tous leurs articles à ce sujet]. Alors que des intox sont affirmées au plus haut niveau de l'Etat, nous avons vu et pouvons prouver. » (26.03.2023)
Accédez ici à machronique en marche pour consulter par ordre alphabétique un répertoire non négligeable de casseroles macronites de tout poil.












