mardi 1 octobre 2013

Trait d'info, radio BD

Trait d'Info est le fruit radio-dessiné de la collaboration entre la rédaction de France Info et La Revue Dessinée (nouvelle revue trimestrielle d'enquêtes, reportages et documentaires en BD). Sa parution a lieu un vendredi sur deux sur franceinfo.fr et dans l'Hyper revue de presse d'Olivier Emond.

Voici le premier épisode, ou visuel interactif, de Trait d'Info ; il date du 13 septembre et nous invite...
"à explorer à la souris et au clic le quotidien de la famille Perrin-Soulier ["famille écologiquement... irresponsable"], avant et après la transition énergétique"
... à en croire les chantres du progrès, ce qui n'est pas mince affaire.
Dans ce cas, on doit le trait au dessinateur et scénariste de BD Jean-Paul Krassinsky, auteur notamment de Sale Bête (Dupuis), Les Cœurs boudinés (Dargaud) ou La Saga des brumes (Glénat).

Le second épisode de cette série nous...
"emmène sur la frontière entre la Turquie et la Syrie, au check-point de Salama, où se mêlent combattants de l'Armée syrienne libre*, djihadistes et réfugiés.
Nous vous invitons à explorer ce poste-frontière aride et écrasé de soleil, à la souris et au clic. Une expérience sous le trait du dessinateur Benjamin Flao et dans la voix du reporter Étienne Monin".
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*L'adjectif "libre" vous indique que l'armée en question est soutenue par la CIA, le Département d'État étasunien, le Qatar, l'Arabie saoudite ou le Koweït, par exemple.

samedi 21 septembre 2013

Indicateur de Progrès véritable

En la bautizada como "era dorada" de gestión económica keynesiana,
1950 a 1975, el incremento de la productividad en toda la industria
manufacturera de los países desarrollados había sido premiado con
constantes aumentos salariales. (...) No obstante, desde los años 80, la
tendencia se había invertido. La masa salarial en EE UU cayó del 69 al 61%
del PIB entre 1980 y 2011, y en el Reino Unido se desplomó desde
el 65% del PIB al 53%.

(Andy Robinson : Un reportero en la montaña mágica.
Cómo la élite económica de Davos hundió el mundo,
Ariel, septembre 2013.)



Alors que le produit intérieur brut (PIB) mondial a plus que triplé depuis 1950, le bien-être économique ne fait que diminuer depuis 1978, selon le Genuine Progress Indicator (GPI), l'Indicateur de Progrès véritable (IPV) —sauf, bien entendu, ajoutons-nous, pour les mieux situés dans la course aux milliards, que ce soit en France ou dans le monde.
C'est la conclusion d'une étude publiée dans la revue Ecological Economics par des chercheurs de l'Australian National University de Canberra.


Produit Intérieur Brut (GDP en anglais)
Indicateur de Progrès véritable (GPI en anglais)


Je constate que le Huffington Post développait un peu plus cette information sur son site, en français (et pour prôner les positions de Forbes ou de la Banque mondiale) —à partir d'un article précédent publié en anglais par le Daily Mail.
L'IPV tient compte de l'apport du travail domestique, des soins aux enfants et aux personnes dépendantes, du bénévolat ou du temps libre passé en famille ou dans la collectivité. D'autre part, il déduit les coûts environnementaux (pollution, réchauffement climatique, diminution des ressources naturelles) et les coûts sociaux (chômage, criminalité, accidents de la route, inégalités).

jeudi 19 septembre 2013

À bas les barbelés

«La race européenne a reçu du ciel, ou acquis
par ses efforts, une si incontestable supériorité
sur toutes les autres races qui composent la
grande famille humaine, que l’homme placé chez
nous, par ses vices et son ignorance, au dernier
échelon de l’échelle sociale, est encore le premier
 chez les sauvages. »
(Gustave de Beaumont et Alexis de Tocqueville :
Du système pénitentiaire aux États-Unis
, 1833)



Une foule de sans-papiers scandant "Vive l'Espagne !" nous assaille et nous affole. C'est-à-dire, au lieu de les accueillir les bras ouverts, les libéraux et leurs journaux poussent les hauts cris, insensibles à tant de patriotisme.
Désolé, parce que tout ça me désole trop... Je ne sais plus s'ils sont comme cela en tant que chrétiens (ici Sarko, ici Aznar et ses amis, là Merkel...) ou en tant que libéraux, s'ils agissent au nom de l'amour d'autrui prêché par l'humanisme chrétien ou au nom de l'amour de la liberté, tellement ils s'en gargarisent. N'étaient-ils pas au moins les farouches champions du libre marcher ? Les apôtres de la liberté de marché (pour les initiés) veulent se réserver la liberté de marcher, de circuler ? Grosse fatigue, grosse rage. Les barbelés au Río Grande (del Norte), en Palestine, à Ceuta ou Melilla ? La barbe !

Permettez-moi donc de vous conseiller "A desalambrar", un article en castillan réfléchissant à ce sujet, où l'on voit que l'application libérale espagnole de la "liberté globale" à Ceuta et Melilla constitue un nouveau chapitre infamant dans l'histoire inique et cynique du libéralisme. D'ailleurs, si elle vous intéresse en profondeur, n'hésitez pas à lire Controstoria del liberalismo, essai essentiel de Domenico Losurdo —publié en 2005 et traduit en français et en castillan*— pour mieux connaître la vraie nature, féroce, de cette farce intellectuelle et humaine.

* Contre-histoire du libéralisme, traduit de l’italien par Bernard Chamayou (Éd. La Découverte, Paris, 2013. 390 pages, 25 euros). Contrahistoria del liberalismo, traduit par Marcia Gasca, révisé par Joaquín Miras, Editorial El Viejo Topo, 2007.

Tant de cynisme et de cruauté sempiternels me rappellent un texte apparemment vieux et obsolète, mais dont l'esprit est toujours de mise et me console un peu maintenant. Mutatis mutandis, il reste, hélas, d'actualité. C'est l'épître dédicatoire aux nègres esclaves, la préface aux Réflexions sur l'esclavage des Nègres, essai militant signé par Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet. Il y a bien sûr des différences entre lui et moi, mais je l'ai toujours trouvé très digne et courageux. Il écrivait en 1781 (après Jésus-Christ), 52 ans avant le couple Beaumont-Tocqueville...
Mes amis,
Quoique que je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardés comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d'Europe, car pour les Blancs des Colonies, je ne vous fais pas l'injure de les comparer avec vous, je sais combien de fois votre fidélité, votre probité, votre courage ont fait rougir vos maîtres. Si on allait chercher un homme dans les îles de l'Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu'on le trouverait.
Votre suffrage ne procure point de places dans les colonies, votre protection ne fait point obtenir de pensions, vous n'avez pas de quoi soudoyer les avocats ; il n'est donc pas étonnant que vos maîtres trouvent plus de gens qui se déshonorent en défendant leur cause, que vous n'en avez trouvé qui se soient honorés en défendant la vôtre. Il y a même des pays où ceux qui voudraient écrire en votre faveur n'en auraient point la liberté. Tous ceux qui se sont enrichis dans les îles aux dépens de vos travaux et de vos souffrances, ont, à leur retour, le droit de vous insulter dans des libelles calomnieux ; mais il n'est point permis de leur répondre. Telle est l'idée que vos maîtres ont de la bonté de leur droit ; telle est la conscience qu'ils ont de leur humanité à votre égard. Mais cette injustice n'a été pour moi qu'une raison de plus pour prendre, dans un pays libre, la défense de la liberté des hommes. Je sais que vous ne connaîtrez jamais cet Ouvrage, et que la douceur d'être béni par vous me sera toujours refusée. Mais j'aurai satisfait mon cœur déchiré par le spectacle de vos maux, soulevé par l'insolence absurde des sophismes de vos tyrans. Je n'emploierai point l'éloquence, mais la raison, je parlerai, non des intérêts du commerce, mais des lois de la justice.
Vos tyrans me reprocheront de ne dire que des choses communes, et de n'avoir que des idées chimériques ; en effet, rien n'est plus commun que les maximes de l'humanité et de la justice ; rien n'est plus chimérique que de proposer aux hommes d'y conformer leur conduite.
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NOTE DU 6/10/2013 :
Sur la honte, le crime de Lampedusa, lisez...
Voltairenet
Agoravox

ou, sur Rue89...

un sans-papiers tunisien de 22 ans a tenté de s’immoler par le feu. Quelle a été la réaction du procureur de la République? Le placer en garde à vue et le poursuivre pour mise en danger de la vie d’autrui.

jeudi 12 septembre 2013

Décès du généticien Albert Jacquard

L’ADN est un objet. Je suis un objet. Mais ce qui nous différencie d’une 
amibe ou d’un chimpanzé, c’est le mystère de la conscience. 
Je suis un objet fait par la nature et une personne faite par mon aventure. 
Et mon aventure, c’est les autres. C’est par eux que je deviens sujet.
(...) [L]es races n’existent pas. C’est la génétique qui a permis de le montrer.


L’éducation doit nous aider à nous construire avec l’aide des autres, non pas à nous
préparer à la vie active. Le seul vrai objectif d’une vie humaine, c’est la rencontre. 

Entretien avec Albert Jacquard
Le Français dans le Monde
Janvier-février 2007 - N°349



Ce billet veut être un petit hommage à Albert Jacquard (1925-2013), généticien, professeur et humaniste engagé, mort hier soir à 87 ans : il voulait éviter la transformation des citoyens en moutons soumis, défendait la justice sociale (y compris pour les sans-papiers ou les mal-logés !) et prônait le remplacement du modèle capitaliste de la compétition. Ce n'est pas par hasard qu'il est l'auteur de J’accuse l’économie triomphante (Livre de poche, Paris, 2000).
D'ailleurs, même combat, il était alarmé par les risques qui hantaient —qui hantent— l'avenir de la Terre et des hommes, par l'application barbare des découvertes scientifiques, et il s'évertuait à en faire prendre conscience. Ainsi, en compagnie d'autres pourfendeurs de l'idéologie très intégriste de la sacrosainte Croissance, tellement mortifère, osait-il, en première ligne, "Demander la suppression immédiate du Grand Prix de France automobile de formule 1, paroxysme de la pollution et du gaspillage des ressources naturelles. Nous voulons —disaient-ils— la fin de ce loisir anachronique réservé à une vingtaine de gosses de riches, alors que le déclin de l'extraction du pétrole est pour aujourd'hui et que le climat se dérègle dangereusement." [À propos de voitures...]
En mai 2004, il écrivit dans Le Monde diplomatique une collaboration intitulée Finitude de notre domaine où l'on pouvait lire, par exemple :
(...) Jusqu’il y a peu, il était possible de regarder comme pratiquement infini, quasi inépuisable, le domaine qui nous était accessible. Les cartes de la planète comportaient de grandes taches blanches désignées comme Terra incognita ; les biens qu’elle nous donnait étaient sans fin renouvelables ; chassés d’un territoire, il nous était possible d’en trouver un autre ailleurs. Désormais, nous n’avons plus d’ailleurs.
(...)
La question est souvent présentée sous la forme : la Terre pourra-t-elle nourrir tant d’humains ? Il se trouve que la réponse est positive. Même en l’absence d’une nouvelle « révolution verte », la quantité de nourriture disponible sera suffisante. Certes de nombreux êtres humains aujourd’hui ont faim, mais cela est beaucoup plus un problème de répartition que de production.
En fait, les pénuries les plus menaçantes concernent non pas la nourriture, mais des biens que les économistes d’autrefois considéraient comme sans valeur, car inépuisables, l’air et l’eau. Le mode de vie occidental, en se généralisant, a fait apparaître la vulnérabilité du climat, dont ces deux biens dépendent ; loin d’être inépuisables, ils sont à la merci de la pollution que notre comportement étend comme un suaire autour de la planète.
(...) [L]es conséquences de nos actes dépassent ce que notre environnement peut supporter ; ces conséquences sont souvent irréversibles. Il est donc urgent que ces actes soient collectivement débattus et choisis. Cela est une évidence pour tous les biens que la Terre nous offre mais qu’elle n’est capable de nous offrir qu’une seule fois. Les détruire, c’est en priver définitivement nos descendants. Tout ce qui est non renouvelable devrait donc être considéré comme « patrimoine commun de l’humanité ».
(...) Il se trouve que le modèle de société actuellement dominant, le modèle occidental, peut certes se prévaloir de succès magnifiques dans l’ordre de l’efficacité ; mais il a totalement échoué lorsqu’il s’agit de mettre les humains face à face. Il a en effet commis l’erreur de prendre pour moteur la compétition, c’est-à-dire la lutte de chacun contre tous.
Au long d’une aventure humaine, tout se joue lors des rencontres. Ramener celles-ci à un affrontement qui désignera un gagnant et un perdant, c’est perdre toute la richesse d’un échange qui pourrait être bénéfique à tous. C’est pourtant ce que notre société nous présente comme une nécessité. La place démesurée donnée par les médias aux événements insignifiants que sont les résultats sportifs est l’exemple extrême de cette déformation caricaturale. La vie de chacun, individu ou collectivité, est ainsi réduite à une succession de batailles, parfois gagnées, mais qui aboutissent à une guerre, d’avance perdue. Quel gâchis !

Lors de son entretien avec le FDLM cité en exergue de ce billet, Albert Jacquard affirmait également :
Il y a trop d’hommes sur la terre, mais ce ne sont pas ceux qu’on croit. Ce ne sont pas ceux des bidonvilles mais des hommes comme moi, qui voyagent en avion, habitent dans les quartiers chics et les banlieues cossues. 
ou...
La question est donc de savoir comment vivre, et comment se nourrir à 9 milliards d’individus. L’alimentation n’est pas un facteur limitant : il y a un gâchis de nourriture monstrueux*, on produit assez pour nourrir toute la planète. Et il n’y a pas besoin de recourir aux OGM pour cela. Les OGM n’existent que pour enrichir les grosses multinationales et rendre les paysans dépendants d’elles. Nous avons tous les mêmes ennemis : la maladie, la souffrance… Nous avons réussi à éradiquer le virus de la variole qui tuait plus de 2 millions de personnes. Tout est question de volonté humaine : faisons front commun ! Planétarisons le système sanitaire ! Tout médecin est un médecin sans frontière.
Bref, il nous prévint :
Ou on subit ou on oriente, c’est tout. Alors, être révolutionnaire, c’est orienter ; être conservateur, c’est subir : moi, je choisis.
Merci Albert Jacquard.


Ainsi parle... Albert Jacquard
Albert Jacquard analyse les sociétés modernes qui ont basé leur développement uniquement sur la compétition et en définit les conséquences. Ainsi aujourd’hui, plus un technicien est doué plus il devient dangereux pour l’ensemble de la société. Il est donc nécessaire de redonner à la formation son rôle d’apprentissage de l’éthique à partir de ce que nous apprend la science. Canal U, le 1er janvier 2001.



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Quelques liens utiles :

— Il tint pendant 9 ans, jusqu'en juillet 2010, une chronique quotidienne de cinq minutes sur l'antenne de France Culture, Le Regard d'Albert Jacquard. Cliquez ci-contre, n'ayez pas peur ; ses interventions étaient courtes et intéressantes. [Note postérieure : Désolé, l'écoute de ces enregistrements n'est plus disponible]

France Info (chronique complète) :
Ce scientifique et polytechnicien, né à Lyon le 23 décembre 1925, était un spécialiste de la génétique des populations. Son discours, humaniste, visait à favoriser l'évolution de la conscience collective. Il aura rédigé une trentaine d'ouvrages de vulgarisation scientifique autour de la question de l'avenir de l'humanité.
Parmi ces oeuvres les plus célèbres, on peut citer L'Eloge de la différence (1981), L'Abécédaire de l'ambiguïté (1989), Voici le temps du monde fini (1991), L'avenir n'est pas écrit (2003) ou encore Halte aux jeux ! en 2004.

Un scientifique multi-diplômé 

Après l'Ecole polytechnique, Albert Jacquard a d'abord travaillé de1951 à 1961 comme ingénieur puis administrateur à la Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (Seita), avant de devenir directeur adjoint du service de l'équipement du ministère de la Santé publique. Il est ensuite entré à l'Institut national d'études démographiques (Ined), dont il est sorti diplômé en 1964.
Il s'envole ensuite pour les Etats-Unis direction Stanford, où il complète sa déjà longue formation avec un doctorat en génétique et en mathématiques. Un diplôme qui lui permet d'occuper, dès 1968, le poste de chef du service de génétique de l'Ined.
De 1973 à 1985, il est expert en génétique auprès de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et donne parallèlement des cours dans les universités de Genève, de Paris ou encore de Louvain.
Albert Jacquard était également président d'honneur de l'association Droit au logement (DAL) et participait à de nombreuses mobilisations.
Radio Canada.

L'Invité (TV5 Monde) : "Exigez le désarmement nucléaire !"




* À l'égard du "gâchis de nourriture", je suggère la lecture d'une étude récente publiée par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) intitulée :

Le gaspillage alimentaire porte atteinte au climat, à l’eau, aux terres et à la biodiversité

11 septembre 2013, Rome - Le gaspillage effarant de 1,3 milliard de tonnes de nourriture chaque année n'est pas juste une gigantesque perte économique, il porte aussi un grave préjudice aux ressources naturelles dont l'humanité dépend pour se nourrir, indique un nouveau rapport de la FAO paru aujourd'hui.
Food Wastage Footprint: Impacts on Natural Resources est la première étude qui entreprenne d'analyser les impacts des pertes et gaspillages alimentaires à l'échelle mondiale depuis un point de vue écologique, en se penchant sur ses conséquences pour le climat, les utilisations de l'eau et de la terre, et la biodiversité.
En voici les principales conclusions:
Chaque année, la nourriture produite sans être consommée engloutit un volume d'eau équivalant au débit annuel du fleuve Volga en Russie et est responsable du rejet dans l'atmosphère de 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre.
Outre ses impacts environnementaux, ses conséquences économiques directes pour les producteurs (à l'exclusion du poisson et des fruits de mer) sont de l'ordre de 750 milliards de dollars par an, estime le rapport de la FAO.
En lire plus...

mercredi 11 septembre 2013

Évasion fiscale, sur ARTE

Hélas, j'ai essayé de vous écrire un petit billet annonçant l'émission aujourd'hui 10 septembre, à 20h50, d'Évasion fiscale. Le Hold-up du siècle, film documentaire —réalisé par Rémy Burkel et Xavier Harel— au sujet de la soustraction au fisc de sommes mirobolantes par les grandes entreprises et les grandes fortunes, l'un des aspects du braquage que nous subissons (la soi-disant Crise), mais des problèmes techniques de blogger.com m'ont empêché pendant des heures d'accéder sur mon compte (vous êtes déconnecté à partir d'un autre emplacement, insistait-on) et mon dessein s'est avéré irréalisable.
En tout cas, comme la rediffusion existe, cette info n'est pas tout à fait décalée. Donc, mieux vaut tard que jamais, je récidive et vous rappelle ce qu'ARTE publie toujours sur son site à l'égard de son émission...
Evasion fiscale
Le hold-up du siècle (France 2012)
Samedi 14 septembre à 11h30 (90 min)
Rediffusé mardi 24.09 à 8h55 - Déjà diffusé mardi 10.09 à 20h50
De la Suisse aux îles Caïmans en passant par Jersey, un tour du monde très pédagogique des paradis fiscaux où sont dissimulés des milliards de dollars, détournés de la richesse publique.

Imaginez un monde dans lequel vous pourriez choisir de payer ou non des impôts tout en continuant de bénéficier de services publics de qualité (santé, éducation, sécurité, transport...) payés par les autres. Ce monde existe : c'est le nôtre. Aujourd'hui, les multinationales peuvent dégager des milliards d'euros de bénéfice et ne pas payer un euro d'impôt. De même que des riches contribuables ont tout loisir de dissimuler leurs fortunes à l'abri du secret bancaire suisse ou dans des trusts domiciliés à Jersey. L'évasion fiscale a pris de telle proportion qu'elle menace aujourd'hui la stabilité de nos États. Entre vingt mille et trente mille milliards de dollars sont ainsi dissimulés dans les paradis fiscaux, soit l'équivalent des deux tiers de la dette mondiale !

Le pillage de nos richesses
Xavier Harel, journaliste et auteur de La grande évasion, le scandale des paradis fiscaux, nous emmène aux îles Caïmans, dans le Delaware aux États-Unis, à Jersey, en Suisse ou encore au Royaume-Uni pour nous faire découvrir l'industrie de l'évasion fiscale. Il démonte avec humour les savoureux montages de Colgate, Amazon ou Total pour ne pas payer d'impôt. Il dénonce aussi le rôle des grands cabinets de conseil comme KPMG, Ernst and Young ou Price Water House Cooper dans ce pillage de nos richesses. Il révèle enfin au grand jour l'incroyable cynisme des banques comme UBS ou BNP qui ont été renflouées avec de l'argent public mais continuent d'offrir à leurs clients fortunés des solutions pour frauder le fisc. Mais l'évasion fiscale a un prix. En Grèce, Xavier Harel nous montre comment un pays européen a basculé dans la faillite en raison de son incapacité à lever l'impôt. Faillite qui nous menace tous si rien n'est fait pour mettre un terme à ces incroyables privilèges dont jouissent aujourd'hui les grandes entreprises et les riches fraudeurs.
Désolé, je n'ai pas pu voir le documentaire —il y avait, à la même heure à peu près, un rassemblement à Callao prônant une Santé publique universelle— et je me borne donc à vous copier-coller les amuse-gueules que vous propose le site d'ARTE autour de cette émission :
L'Évasion fiscale pour les débutants :
Le jeu des fraudeurs vous aide à étudier le montage qui vous convient pour mieux frauder, autrement dit, à vous constituer une identité secrète (trust ou société offshore, fondation privée, société à responsabilité limitée, recherche d'un prête-nom, société dormante...), à apprendre à transférer et investir votre argent et puis, surtout, à savoir le dépenser dans les meilleurs conditions pour en profiter à loisir...
Infographie : estimations annuelles des sommes dissimulées dans les paradis fiscaux.
Paroles de riches : quatre reportages sonores signés Pascale Pascariello, à savoir...
  • Mamie offshore
    L’évasion fiscale simple comme un coup de fil (4 min)
    En quatre minutes chrono, la société « France offshore » propose de vous créer une entreprise fictive à l’étranger. Il a suffi de deux coups de fil à Pascale Pascariello, alias « madame Courtanbé, comme Bettancourt mais à l’envers ! » pour dévoiler les spécialistes de l’évasion fiscale.
  • Le cerveau droit
    Plus d’argent, moins de complexe (13 min)
    À bas les impôts, vive les riches ! Millionnaire à 43 ans, Eric Cormier tient un discours libéral très décomplexé. Une pure pensée de droite, à pleurer de rire.
  • Madame riche
    Le charme peu discret de la bourgeoisie (11 min)
    Lointaine parente du président socialiste, Anne-Marie Mitterrand est une bourgeoise. Qui s’expatrie en Belgique pour fuir les impôts. Qui stigmatise les assistés sans jamais avoir travaillé. Qui dévoile sans complexe les mœurs de son milieu, avec ce petit grain qui fait les personnages.
  • Home Suisse home
    Les douceurs de l’exil fiscal (3 min)
    Notre reporter est à Genève pour une conférence : « Quel avenir pour la fiscalité des Français en Suisse ? » Traduction : comment préserver les sous des exilés fiscaux…
Le film

On va essayer de le voir. Mis à part les rediffusions prévues, Évasion fiscale sera disponible pendant 7 jours sur ARTE +7 (pas en Espagne). Sinon...
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Lire/voir aussi :

Xavier Harel invité de l'Éco (France 24). Vidéo de son entretien avec Stéphanie Antoine.
AGORAVOX : L’évasion fiscale cette lèpre qui gangrène nos pays en prime time ce soir sur Arte.

D'autres sources :

Info du Monde
Mediapart
Rue89
Slate.fr
Télérama


Émission de "Cash Investigation" diffusée en juin 2013 sur France 2

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Insertion postérieure :



mardi 3 septembre 2013

Exposition d'Andrés Rábago, El Roto, à Paris

La realidad es tan aberrante que,
por sí misma, se convierte en sátira

[Lo más grave es] la consolidación de la mentira
como sistema de comunicación y la del dinero
como único sistema de medición del valor.

Los lenguajes ahí están. Pero el verdadero daño
se encuentra en asumirlos como nuestros.

(Andrés Rábago. Citations extraites d'un entretien publié par El País le 12/04/2007)
 

Mon ami Joaquín me fait savoir que son frère Andrés —Andrés Rábago (Ops, El Roto)—, actuellement collaborateur du quotidien madrilène El País, inaugure une exposition dans la Galerie Lina Davidov*, à Paris, d'ici quelques jours : le vernissage aura lieu le 12 septembre à 18h.


C'est avec plaisir que je relaie cette information : cela fait des décennies que j'admire la lucidité franche d'Andrés Rábago, que ce soit sous son pseudonime Ops ou sous celui d'El Roto. Comme il m'est impossible maintenant —même si elle dort— de lui rendre justice à travers une analyse ou une sélection comme il faut, je choisis presque au hasard un minuscule échantillon de ses vignettes et illustrations trié à la va-vite. Bien qu'insuffisant, il est illustratif et éloquent...






OPS: La edad del silencio, page 58, Reservoir Books, février 2011.



Galerie d’Art Contemporain, ouvre ses portes en 1988 et représente des artistes jeunes et consacrés de différentes tendances: peinture, sculpture, photo et vidéo; qui trouvent au sein de la galerie un lieu d’exposition, ainsi qu’un dialogue suivi. Ils sont soutenus tout au long de leur évolution par la galerie qui les expose régulièrement.
Organise une moyenne de sept expositions personnelles, et une à deux expositions de groupe par an.
La Galerie Lina Davidov choisit ses artistes, guidée par une vraie passion et répond avant tout à des critères de qualité et à un esprit d’éclectisme. Elle cultive ainsi une liberté salutaire pour le public et la critique sans être aliénée par les contraintes du marché.
Se trouvent ainsi confrontés des peintres, des sculpteurs, des photographes et des vidéoastes.


lundi 22 juillet 2013

Parlons français, c'est facile ! sur TV5 Monde

Nous venons d'apprendre que TV5MONDE héberge et anime désormais Parlons français, c'est facile !, portail de sensibilisation au français du réseau culturel français financé par le Ministère des affaires étrangères (MAE). Le Centre international d’études pédagogiques (CIEP) a coordonné le projet dont le contenu a été conçu et réalisé par le CIEP en partenariat avec :
  • l’Alliance française Paris Ile-de-France ;
  • le Centre d’approches vivantes des langues et des médias (CAVILAM-Alliance française) ;
  • le Centre de linguistique appliquée de Besançon (CLA) ;
  • TV5MONDE ;
  • la Fondation Alliance française.
C'est la ministre chargée de la francophonie, Yamina Benguigui, qui l'a lancé officiellement à Lille le jeudi 18 juillet. Son idée de base :
Comme au cinéma, laissez-vous porter par les webdocs et découvrez la vie en France à travers le regard de quatre personnages. Au cours de cette promenade, des ateliers et des jeux vous permettront de comprendre, d’apprendre, et de pratiquer le français.
Ce nouveau portail destiné à l'apprentissage du français en ligne propose donc un menu comportant des webdocumentaires linguistiques réalisés par TV5 Monde (pour écouter des francophones venant de tous les horizons), 40 ateliers vidéo adaptés aux différents niveaux, 98 jeux d'entraînement et révision (grammaire, lexique, compréhension...), 21 défis conçus pour vérifier ce que vous avez appris dans les ateliers, ainsi que bon nombre de mémos (Culture, Grammaire, Lexique, Phonétique : des explications simples et des exemples pour mieux comprendre le fonctionnement de la langue, pour savoir verbi gratia quand tutoyer ou vouvoyer).
Le projet a prévu un test interactif qui devrait vous permettre, en principe, d'identifier les ateliers, les jeux et les défis correspondant à votre niveau : débutant, élémentaire, moyen ou avancé.

Lire aussi :
TV5Monde et votre apprentissage (27/11/2009)
Suggestions TV Web, vidéothèques numériques, télés de rattrapage (26/11/2010)

mercredi 26 juin 2013

Contrastes parisiens 1900-2013 sur la machine à remonter le temps de Rue89

Ce sont de drôles de diptyques à la Janus où le double visage montre deux âges : à droite, des clichés de 1914, 1920, 1918... Ce sont la rue d'Aboukir (Paris IIe), 1914, où l'on annonçait des "enseignes sur calicot" ; le port d'Austerlitz (Paris XIIIe), 1920, pris du pont de Bercy ; la rue Basfroi, à l'angle de la rue de la Roquette (Paris XIe), en 1918... :
« Au début du XXe siècle, on appelait ce quartier « le petit Istanbul ». C'est ici qu'avait élu domicile la communauté judéo-espagnole, celle qui avait été chassée d'Espagne en 1492 et qui avait quitté le Bosphore sur fond de déclin de l'Empire ottoman. »
À gauche, côte-à-côte, des clichés contemporains dont le point de vue ne change pas d'un pouce. Superposition et voisinage qui nous permettent de comparer en détail ces tranches de vie et d'urbanisme du passé et du présent parisiens. Mais, miracle suprême, on dispose en plus d'une poignée rouge qu'on peut faire coulisser pour mieux chevaucher les images à droite et à gauche et tout comprendre des changements et permanences. C'est la "machine à remonter le temps", disponible sur le site de Rue89.
Les photos d'époque, nous explique-t-on...
Ce sont des autochromes commandés à quelques photographes par Albert Kahn, un banquier ayant fait fortune en spéculant sur les mines d’or et de diamants d’Afrique du Sud. Albert Kahn a envoyé des photographes à travers le monde entier (60 pays). Paris a fait partie du projet.
Rue89 nous avait déjà proposé dix voyages de ce type dans Paris donnant l'occasion de constater qu'en un siècle,... :
  • les immeubles de Paris intra muros n’ont guère changé ;
  • la population est très différente : le peuple industrieux semble avoir disparu ;
  • il y a beaucoup plus d’arbres qu’avant ;
  • la ville était autrefois écrite comme une feuille de papier ;
  • il y avait beaucoup plus de lieux de spectacle ou de fête ;
  • les devantures des cafés étaient peintes dans des couleurs chaudes (rouge laqué, notamment), alors que le crème domine aujourd’hui ;
  • les hommes portaient tous des chapeaux, casquettes, bérets ;
  • les volets persiennes ont disparu.
Maintenant, ils nous en proposent dix nouveaux, toujours à partir des photos de la fondation Albert Kahn. N'hésitez pas à lire leurs explications sur leurs coups de chance ou leurs échecs lors de leurs tentatives de reconstruction.
Dans cette nouvelle livraison, ce cadeau de géomètre-historien est dû à la photographe Audrey Cerdan. À propos de son travail, on nous précise :
« Une fois devant l’ordinateur, Audrey a travaillé les images produites, afin qu’elles se superposent correctement avec les images d’époque. Sur certaines photographies, ça ne collait pas du tout : l’appareil était trop haut, trop bas, trop loin, ou trop proche. Il fallait retourner sur place pour refaire l’image. »
Cette machine à remonter le temps devrait incorporer de nouveaux clichés au cours des prochains mois.

samedi 15 juin 2013

Un entretien avec Claire Blanche-Benveniste - Hommage

Cela fait longtemps que je tenais à faire ici un petit hommage à Claire Blanche-Benveniste, linguiste et professeure universitaire née le 15 janvier 1935 à Lyon et décédée le 29 avril 2010 à Aix-en-Provence. Elle était fille d'un libraire lyonnais —moi, petit-fils d'une libraire mirobrigense...
Je la rencontrai en 1991 à la Faculté de Philologie de l’Université de Salamanque (Espagne), pendant des journées consacrées à la linguistique contrastive. À cette époque-là, je collaborais encore avec le quotidien madrilène El País. Je me rappelle avoir parlé au téléphone avec Rosa Mora —qui était la nouvelle "redactora jefe" des rubriques Livres et Culture après l'étape Alejandro Gándara— pour savoir si un entretien avec Blanche-Benveniste serait publiable dans le journal. Elle acquiesça et suggéra, en plus, d'aborder avec elle le sujet des réformes de l'orthographe qui était dans l'air du temps.

Donc, le 27 février 1991, j'interviewai Claire Blanche-Benveniste pour El País. Malheureusement, pour des problèmes d'édition, l'entrevue ne vit jamais le jour —ce qui me causa un vif regret. Elle portait sur plusieurs aspects relatifs à ses travaux linguistiques. Là voilà, telle quelle, noir sur blanc —mieux vaut tard que jamais—, en castillan :

LINGÜÍSTICA CONTRASTIVA
(Informe tras entrevista con Claire Blanche-Benveniste)

Entre los días 25 y 28 de febrero ha tenido lugar, en la Facultad de Filología de la Universidad de Salamanca, un Seminario de Lingüística Contrastiva centrado fundamentalmente en un programa internacional de enseñanza simultánea de francés, italiano, portugués y castellano.
El Seminario ha contado con la presencia de la directora del programa, Claire Blanche-Benveniste (Catedrática de Lingüística Francesa de la Universidad de Aix-Marseille I y profesora de la École des Hautes Études de París), junto a José Antonio Pascual, en su calidad de asesor científico del programa, Isabel Uzcanga, responsable del mismo en Salamanca, y otros colaboradores.
Según la profesora Blanche-Benveniste, la idea de desarrollar un método de enseñanza de las citadas lenguas latinas surgió hace tres años, sugerida por determinados problemas de trabajo: "en nuestros encuentros y congresos comprobábamos el absurdo de recurrir todos al inglés, mal hablado muchas veces; consideramos que conservar cada uno su lengua, si se trataba de lenguas románicas, implicaba un esfuerzo mínimo y garantizaba una expresión más matizada." Del rechazo al efecto "infantilizador" de un inglés mediocre se pasó a la actual construcción de un método destinado a facilitar los intercambios en la Europa del Sur y armonizar el trabajo universitario. Una competencia suficiente en las cuatro lenguas permitirá el acceso directo a las publicaciones científicas de interés producidas en los distintos países y la superación, por tanto, del problema de las traducciones, insuficientes por costosas.
Las principales dificultades de realización de este proyecto, en el que también intervienen la Sapienza de Roma y la Universidad de Lisboa, son de orden financiero. Se precisan equipamientos y tecnología para reducir el número de reuniones, que roban demasiado tiempo. Además, llevar a cabo una labor verdaderamente profesional requiere medios.

LA REFORMA DE LA ORTOGRAFÍA

Hace ya veinte años, cuando el tema no estaba muy de moda, Blanche-Benveniste escribió, en colaboración, un estudio histórico y descriptivo sobre la reforma de la ortografía en la lengua francesa. "Observamos que técnicamente era posible una reforma bastante profunda, pero culturalmente, no." Sus conclusiones indicaban que la ortografía es una "fabricación histórica" de racionalidad variable. Respecto al francés, el problema reside en la importancia concedida a la ortografía gramatical. No dominarla supondría, para muchos franceses, no dominar las estructuras gramaticales y carecer, en consecuencia, de estructuras intelectuales. La ortografía léxica, en cambio, no suscita un juicio tan severo. La catedrática de Aix es tajante: "toda reforma que toque en lo más mínimo la gramática está considerada de inmediato como un atentado a la lengua, o sea, a la mitología de la lengua", y recuerda que desde 1835 no se ha logrado imponer ninguna reforma en profundidad.
En cuanto a los proyectos parciales, por muy razonables que parezcan, no obtienen éxito en Francia, "a lo sumo violentas campañas de prensa. El sistema del mandarinato sigue vigente. Pocas personas manejan con plena maestría las reglas ortográficas, que se convierten así en algo inaccesible, santificado."
Por lo que hace a la resistencia en su país a feminizar términos clásicamente masculinos, esta activa lingüista aduce problemas no sólo psicológicos o sociales, sino asimismo técnicos y ortográficos, y comenta que en Québec, donde el movimiento feminista se ha mostrado más fuerte, las distintas tentativas, aun llegando más lejos que en Francia, no han pasado de unos resultados medianos.
Blanche-Benveniste dio el martes una sugestiva conferencia sobre cuestiones relativas a sintaxis y léxico en la lengua hablada. Basó sus reflexiones en diversas muestras extraídas del formidable corpus oral de que dispone el Groupe Aixois de Recherches en Syntaxe (GARS), que ella dirige. El GARS, en colaboración con el equipo de Lovaina de Karel van den Eynde, estableció en 1975 ese método descriptivo que conocemos con el nombre de Approche Pronominale.

Alberto Conde.
Salamanca, 27/2/91.

En prime, j'ai transcrit les propos de Claire Blanche-Benveniste, ce jour-là, à l'égard de l'orthographe, et je vous en fais cadeau avec plaisir. Pour mieux vous situer, je vous rappelle qu'en 1969, elle avait déjà publié chez Maspero, en collaboration avec André Chervel, un ouvrage historique et descriptif intitulé L'Orthographe. Elle commença par évoquer ce projet et les passions incroyables qu'il suscita dès sa parution :
« (...), nous avons été très étonnés par les réactions violentes. Notre idée à l'époque était que techniquement, une réforme assez profonde de l'orthographe en français était possible mais que culturellement ne l'était pas. (...) Techniquement, on peut montrer que l'orthographe est une fabrication historique, qui a été faite quelquefois de façon rationnelle, quelquefois de façon peu rationnelle, et que d'autres événements historiques peuvent modifier. C'est une construction historique et elle peut être modifiée sans que la langue soit touchée; seulement, le problème très particulier du français, c'est l'importance de l'orthographe grammaticale. Aucune autre langue romane n'a autant de problèmes d'orthographe. (...) C'est-à-dire qu'en français nous n'entendons pas une grande partie des pluriels, nous n'entendons pas une partie de la conjugaison, qui à l'oral est vraiment très peu marquée et extrêmement différenciée à l'écrit. (...) Les enfants français, par exemple, passent une grande partie du temps scolaire à acquérir une morphologie écrite, avec un très grand nombre de difficultés. Il y a des problèmes presque insurmontables, les problèmes d'accord du participe passé sont des choses difficiles que peu de Français maîtrisent vraiment jusqu'au bout. Des problèmes du pluriel des noms composés sont vraiment des complications très très grandes. (...) L'homonymie, on n'a pas besoin de la raisonner, il n'y a pas de raisonnement; tu peux apprendre avec un petit peu d'étymologie, tandis qu'en grammaire, on a installé depuis longtemps des raisonnements grammaticaux. Donc, pour dominer cette difficulté orthographique, il faut nécessairement développer beaucoup de grammaire. C'est pourquoi il y a tellement d'enseignement grammatical en France. L'autre conséquence, c'est que les Français sont persuadés qu'il n'y a de grammaire que dans la langue écrite. Et vraiment, c'est une opinion très courante que dans la langue orale, il n'y a pas de structures grammaticales, et on estime que quelqu'un qui n'a pas l'orthographe n'a donc pas de structures grammaticales, au sens étroit où les gens l'entendent, et que de ce fait même, il lui manque des structures intellectuelles. Donc, le jugement sur l'orthographe grammaticale en France est un jugement très sévère. Des enfants, ou des adultes, qui maîtrisent mal l'orthographe grammaticale sont nécessairement jugés inférieurs intellectuellement. L'orthographe lexicale n'entraîne pas le même jugement ni les mêmes dépréciations. Donc, toute réforme de l'orthographe qui touche un tant soit peu à la grammaire est vue comme une atteinte profonde à la langue, à la mythologie de la langue. Ça, c'est vraiment très fort. Donc, l'autre chose c'est que nous avons étudié au cours de l'Histoire les projets de réforme de l'orthographe, et nous avons vu que depuis 1835 aucun ne fonctionnait. Mais aucun ! En 1835, il y a eu des changements assez importants dans le dictionnaire de l'Académie. Depuis, par exemple, au début du siècle, en 1905, il y a eu des linguistes très compétents qui se sont occupés et proposé des projets de réforme et qui n'ont rien obtenu. Donc, les projets partiels n'obtiennent, même quand ils paraissent raisonnables, petits, faisables, comme les projets espagnols, par exemple, qui en général ont procédé par petites séries de mots, on a supprimé des accents qui distinguaient des homonymes, ça touchait une dizaine de mots, des mots fréquents, mais les gens se sont habitués. C'est passé assez facilement. En France, aucune réforme partielle ne marche. (...) Ce projet-là [là elle fait allusion à ses travaux avec André Chervel] qui avait été étudié pourtant avec partiellement la caution de l'Académie, et qui paraissait raisonnable, assez peu dangereux, disons, suscitait une campagne de presse extrêmement violente. (...) C'est un système de mandarinat (...) Très peu de gens peuvent maîtriser de façon totalement correcte l'orthographe. Donc, ça devient une espèce de chose un peu inaccessible, très sanctifiée, sacrée. C'est la difficulté elle-même qui fait ça (...). C'est un exploit. »

mercredi 5 juin 2013

Quelques mots français d'origine arabe

Sous sa rubrique Jouer *, francetvéducation vient de mettre en ligne un jeu pour déceler quelques uns des nombreux mots français d'origine arabe, comme "narcisse" ou "artichaut". C'est également une manière de commencer à se familiariser avec l'alphabet arabe.
Cliquez sur le lien ci-dessus si le sujet vous intéresse ; il vous permettra par ailleurs d'accéder à d'autres activités, dossiers, vidéos, diaporamas, "serious games", web documentaires, cartes interactives et autres quiz à caractère instructif.
Je vous rappelle que France TV Éducation est une plateforme de France Télévisions, lancée en novembre 2012 et destinée à l'ensemble de la communauté éducative, dont je vous ai déjà parlé ici.


* Il y en a d'autres :

Apprendre
 S'orienter,
 Décrypter,
 Accompagner
et Enseigner avec lesite.tv (Un espace bourré de vidéos pour les différents niveaux de l'enseignement en France)

jeudi 16 mai 2013

Mythe et Savoir dans la "Société de la Connaissance"


Quand la littérature devient une doctrine, et la mythologie une politique.
(Michel Rio)


Les mouvements révolutionnaires de 1848 avaient mis en fuite et sérieusement préoccupé le Pape catholique Pie IX, Pius Nonus, et le berger tenait absolument à faire retourner ses brebis sous la protection de l’autorité. C'est ainsi qu'il finit par déclarer, prononcer et définir le dogme de l'Immaculée Conception (sic), c'est-à-dire de la Conception Immaculée de la Vierge Marie, le 8 décembre 1854 dans la bulle Ineffabilis Deus. Ineffable, en effet, car inénarrable. En voici la formulation infatuée et anti-biologique de ce remède contre-révolutionnaire :
« Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine, qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement, et constamment par tous les fidèles. »
Puis, la destinée unique de cette femme juive, choisie par Dieu, lui permettra d'incorporer le mythe de la Procréation Divinement Assistée (PDA ; cf. Alcmène, petite-fille de Persée, épouse d'Amphitryon et mère d'Héraclès, l'Hercule grec) avec de la chasteté en prime en vue de supprimer toute souillure, car le vaticanisme officiel abomine officiellement le sexe —surtout le féminin.

Nous sommes en 2013, en Espagne, et ces articles de foi de la très pédophile église catholique disposent de fêtes nationales (cf. le 8 décembre) et sont toujours enseignés dans nos écoles (des écoles financées le plus souvent par des fonds publics dans un État en principe non-confessionnel) à nos enfants (des enfants qui sont également priés d'étudier des disciplines, comme la Physique ou la Biologie, en contradiction flagrante avec les dogmes en question, ou le matérialisme ultra grossier de leur Économie triomphante, foncièrement inconciliable avec le message de leur Christ). Bien entendu, les partisans de ce genre de salades militent contre l'endoctrinement dans les salles de classe, y compris les Wertueux qui disposent de mâchoires particulièrement métalliques, et dans un élan de courage et d'abnégation, nous rabâchent qu'il faut faire les choses "como Dios manda".

Donc, Dieu créa l'adam à son image, il les créa mâle et femelle, il les bénit et leur dit d'être féconds et multiples (Genèse 1, 27-29). Histoire à succès pas comme les autres : Dieu, le personnage littéraire, devient démiurge, fabricant ; le fabricant d'ailleurs de son narrateur, au point que les enfants de celui-ci devront y croire —et souvent y croient dur comme fer.
Ce fabricant inopiné mérite alors beaucoup d'honneurs, voire une discipline dans les établissements de l'enseignement collectif : la religion. Parce que toute recette comporte des ingrédients. C'est ainsi que l'école devient église, sur nos territoires, ou, ailleurs, médersa coranique, temple ou synagogue. Et ses contenus, du catéchisme : mémorisation-intériorisation de concepts impossibles : Sainte-Trinité, Résurrection, Conception immaculée (parthénogenèse) d'une femme... Contre-savoir incompatible avec nos connaissances et constatations les plus élémentaires mais aberrations (égarements) très utiles, car les Puissances (toujours d'Argent) ne sauraient aucunement se passer de mythes, même si elles prennent de nos jours les oripeaux du libéralisme et de la raison (barbare).

Au sujet de ce Triomphe de la Littérature, ou à propos de la religion comme genre littéraire (ou sous-genre du conte —traditions orales retranscrites—, secteur merveilleux), je copie ci-dessous un extrait d'un roman de Michel Rio, Le Vazaha sans terre, édité chez Fayard en 2011. Il s'agit de la réplique du narrateur-héros à un autre personnage, Virginia Fox, lorsque celle-ci lui lance la question "Pourquoi pas Dieu".
Bonne lecture.
« (...)
—Pourquoi pas Dieu ?
—Une solution poétique assez bâclée, à mon sens. Ça fait penser au cinquième élément d'Aristote, une inconnue qui résout toutes les équations. Malgré mon dérangement mental, je ne suis pas prêt à me jeter dans le credo quia absurdum [1], plus exactement le certum est quia impossibile de cette canaille de Tertullien. Notez que je n'emboîte pas trop le pas à Dawkins [2] dans ses croisades contre l'illusion divine. Après tout, chacun a le droit de se rassurer comme il peut. Mais ce que j'exècre, c'est le prosélytisme. La croyance imposée. Quand la littérature devient une doctrine, et la mythologie une politique. Le pire danger de la poésie, c'est de se transformer en dogme. Ça a fait des millions de morts. Et ça continue. Je n'ai jamais compris pourquoi, dans le stock des contes inventés par la fantaisie, la volonté de puissance, la morale ou la trouille, certains sont restés des contes, et d'autres sont devenus la vérité. Une superstition accusant une autre superstition de superstition. Il y aurait de quoi se tordre si les conséquences n'étaient parfois aussi tragiques. Pouvez-vous me dire pourquoi un tas de gens croient que la naissance d'Athéna sortie du crâne de son papa est une fable ridicule et que la parthénogenèse de la Vierge [3] est un fait historique ? »

« (...) On revient à la religion, c'est-à-dire au conte. Donc on peut attribuer à Dieu, en principe l'intelligence absolue, toutes les pensées stupides, contradictoires ou néfastes de l'espèce, liées aux lieux, aux temps et aux cultures. Tous les prêtres de toutes les religions ont pratiqué ce non-sens de faire parler Dieu, preuve initiale de leur délire ou de leur duplicité. Je ne sais pas quand l'esprit religieux est apparu dans l'évolution, mais s'il y avait parmi nos ancêtres monocellulaires de l'archéen ou du protérozoïque de petits curés procaryotes, je les vois très bien sermonner les autres bactéries en soupçonnant un plaisir coupable dans la reproduction par mitose. »

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N. B. - Pour mieux saisir le terme malgache "vazaha", veuillez cliquer ici (billet de Christian Papinot dans le Journal des Anthropologues) ou (témoignage d'Augustin Mada, enseignant coopérant français à Madagascar).

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[1] Allusion à une citation célèbre et apocryphe, car la phrase exacte, écrite par Tertullien dans De Carne Christi, dit littéralement, comme on peut lire ensuite dans le texte de Rio : "Crucifixus est dei filius; non pudet, quia pudendum est. Et mortuus est dei filius : credibile est, quia ineptum est; et sepultus resurrexit ; certum est quia impossibile est". Rien à voir avec les connotations du Bello e impossibile de Gianna Nannini ; "credibile est, quia ineptum est" veut dire "c'est croyable parce que c'est absurde" et "certum est quia impossibile (est)", "c'est certain parce que c'est impossible". Je pense à une petite remarque de Rafael Sánchez Ferlosio à ce propos...

[2] Évocation de l'activité militante pro-athéisme du biologiste Richard Dawkins, qui a publié en 2006 The God Delusion (traduit en français, Pour en finir avec Dieu).

[3] Attention, ce n'est pas un pléonasme ! Comme nous l'explique Église Catholique en France :
« Pour la plupart des gens, « l’immaculée conception » voudrait dire que Marie est devenue mère, a conçu Jésus, par l’action de l’Esprit Saint, sans relation conjugale. Comme si la relation conjugale était, par elle-même, un péché. Ce n’est pas du tout ce que dit la foi chrétienne. Si le mariage était un péché, il ne pourrait être un sacrement [...] rappelle Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes. « Que voulait dire Pie IX ? Que fête l’Église catholique le 8 décembre ? Ceci : Marie, dès l’origine, a été totalement étrangère au péché. C’est pourquoi, dans toutes les apparitions, elle se montre toujours merveilleusement belle, rayonnante de lumière et de bonté ».

jeudi 9 mai 2013

Grève de l'Éducation en Espagne

Le 12 avril 2013, Frédéric Lordon écrivait dans son blog (La pompe à phynance) un billet intitulé Le balai comme la moindre des choses où l'on pouvait lire :
(...) il faut être aveugle, borné ou totalement crétin pour imaginer encore que la moindre modification significative du système néolibéral puisse venir du jeu normal des institutions politiques présentes où, précisément, le système en question a trouvé un inexpugnable refuge.
La question, en forme d’alternative, du « soulèvement ou du Parlement » ne se pose pas, ou ne se pose plus : la « voie parlementaire » a eu tout le temps de faire ses preuves — et elles sont faites : depuis deux décennies ici, et dans tous les pays de l’Europe austéritaire. La chose parodique que, dans une entreprise de correction du langage décidément impérative, on ne devrait plus nommer « démocratie », mais, par exemple à la manière d’Alain Badiou, « capitalo-parlementarisme », cette chose a plus qu’abondamment démontré quels intérêts elle servait indéfectiblement quand le pouvoir n’est plus disputé qu’entre la droite décomplexée et la droite complexée. Sauf mutation endogène de la droite complexée — évidemment impossible (sauf vers l’abandon des complexes…) —, la vraie gauche, telle qu’elle a déjà émergé mais telle qu’elle ne cesse de se heurter à tous les verrouillages du capitalo-parlementarisme, la vraie gauche doit se faire connaître, là où elle le peut. S’il n’y a plus que la rue quand toutes les autres avenues de la politique institutionnelle sont, non pas formellement, mais réellement bouchées, ainsi soit-il !
Apparemment, que ce soit en France, en Espagne ou ailleurs, que l'on soit élève, père, mère, prof, ouvrier ou employé de banque, il faut réagir et crier non ! sur tous les toits, car ça suffit. Vraiment. On en a assez de contre-réformes Werticales, donc de classe, qui foutent le Wertige. Taire sur terre est aujourd'hui une tare.
Et il faut commencer par se méfier des mots et démasquer le Mensonge multiforme qui sévit un peu partout : la supercherie des grands mots utilisés à rebours (à commencer par "liberté") ou les bobards bien creux et modulables débités à tout bout de champ pour épater et accabler les gogos (langue de bois ou charabia farci d'anglicismes, de sigles, d'euphémismes, d'oxymores...), ce qui prouve que l'on nous prend pour tels... et ça fait gréver !
En voilà une démonstration de chez Frank Lepage —qui rappelle à juste titre à notre souvenir les concepts opérationnels de Marcuse.
Et bonne grève.


Franck Lepage : la langue de bois décryptée avec humour !
(La vidéo finit à 5'29, la suite est un bug de Youtube qui a dupliqué la vidéo.)

mercredi 8 mai 2013

Deux pigeons faucons se font canarder

Le Canard enchaîné avait jusqu'à présent évité de barboter sur internet ; ses lecteurs savaient et savent qu'il faut l'acheter à partir du mercredi chez son marchand de journaux. Cet hebdomadaire historique et mordant disposait de son site mais il n'y publiait d'habitude qu'un fac-similé de ses Unes imprimées. Tradition rompue car le journal vient de mettre une palme (sonore) dans la cyber mare (mais juste une !, insistent-ils). Le Canard, célèbre pour son mélange d'humour intelligent et d'enquêtes à tout casser, combine encore les deux dans un canular qui fera certainement date : l'humoriste et imitateur Gérald Dahan se fait passer pour Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, et téléphone à Patrick Devedjian et à Claude Guéant (1). Sujet soujacent, les primes de cabinet en liquide.
En voici le résultat, posté par Le Canard enchaîné le 6 mai 2013 :
L’imitateur Gérald Dahan appelle Patrick Devedjian puis Claude Guéant à propos de l’affaire en cours.
Écoutez leurs réactions :

Patrick Devedjian :

Claude Guéant :



(1) Hommes politiques de l'UMP ; Devedjian, ancien ministre, est actuellement président du Conseil général des Hauts-de-Seine et député de la 13e circonscription des Hauts-de-Sein. Guéant, ancien ministre de l'Intérieur et bras droit de Nicolas Sarkozy.

samedi 4 mai 2013

Crise (définition)

Quand les experts de la Finance lancent de chouettes cris d'or frais (1). Effrayant.


(1) Y compris "L'Espagne va bien", etc.

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N. B. du 8/05/2013

Selon Le Monde,
Record pour le Dow Jones, l'indice vedette de Wall Street, qui a dépassé mardi en clôture, pour la première fois, la barre symbolique des 15 000 points, tandis que le S&P 500 signait son quatrième record d'affilée. Selon des résultats définitifs, le Dow Jones Industrial Average a grimpé de 0,58 % ou 87,31 points, à 15 056,20 points, et le S&P 500, le plus suivi par les investisseurs américains, de 0,52 % ou 8,46 points, à 1 625,96 points.
Par ailleurs, Serge Halimi écrit dans Le Monde diplomatique de mai 2013 :
Quand "le gagnant rafle tout" [cf. Robert Frank et Philip Cook, The Winner-Take-All Society, Free Press, New York, 1995], l'inégalité des revenus relève parfois de la pathologie sociale. Propriétaire du géant de la distribution Walmart, la famille Walton détenait il y a trente ans 61 992 fois la fortune médiane [étasunienne]. Ce n'était probablement pas assez, puisqu'elle en possède aujourd'hui 1 157 827 fois plus. Les Walton ont dorénavant accumulé autant à eux seuls que les 48 800 000 familles les moins prospères [Inequality, exhibit A : Walmart and the wealth of American families, Economic Policy Institute, 17 juillet 2012, www.epi.org]. La patrie de M. Silvio Berlusconi conserve un petit retard sur les prouesses [étasuniennes], mais, l'année dernière, la Banque d'Italie a annoncé que "les dix premières fortunes nationales détenaient autant d'argent que les trois millions d'Italiens les plus pauvres" [L'Italie de Monti, laboratoire des "mesures Attali", Les Échos nº 21161, Paris, 6 avril 2012, page 16].
La logique de la dictature du monétariat est implacable : plus on nous massacre, mieux se porte l'Argent ; mieux se porte l'Argent, plus on en souffre.

N. B. du 15/05/2013

Selon l'OCDE...
Les inégalités et la pauvreté augmentent alors que les plus défavorisés sont les plus touchés par la crise
Distribution des revenus et pauvreté