...le progrès social n'a jamais été obtenu parce qu'un ouvrier avait demandé gentiment au patron ou au gouvernement de faire un geste...
Les Mutins de Pangée nous expliquent :
« Les cotisations sociales n’ont pas vocation à financer notre retraite » a affirmé la députée macroniste [des Yvelines] Nadia Hai qui ferait mieux de regarder La Sociale, le documentaire de Gilles Perret, afin de se souvenir de la vocation des cotisations sociales. Mais dans le même élan, on se console de la prise de conscience de Falbala Salamé : « Même nous, journalistes, on doit balayer devant notre porte » (Quelle époque sur France 2 le 11 février 2023). Falbala venait de se rendre compte qu’elle avait (comme la plupart de ses collègues) répété en boucle le mensonge du gouvernement sur la retraite minimale à 1200 euros. Il y a de l’espoir… Bientôt, peut-être, la journaliste défendra son collègue Julian Assange… quand elle aura le temps de lire (avant sa retraite) notre livre qui accompagne le film Hacking Justice ?
En attendant, continuons à documenter le monde, patiemment, prenons le temps d'explorer d'autres points de vue, à travers des films qui donnent du grain à moudre au milieu du chaos médiatique et des propos sans lendemains… La journée du 7 mars et les jours suivants vont marquer un moment important, de la détermination (ou pas) des Français à résister au rouleau compresseur, de notre capacité à continuer les débats qui ne peuvent avoir lieu dans les hémicycles des institutions de la Ve République aux règles faussées d’avance par Jupiter. Par Toutatis, on le sait depuis Astérix et Obélix, seule la potion magique peut venir à bout de l'Empire… Mais efficace aussi, de sérieux blocages de chars à bœufs peuvent faire plier les Romains, quitte à se priver de poisson (pas frais*) pendant quelques jours. (...)
VOUS NE SAVEZ PAS CE QU'EST UNE CAISSE DE GRÈVE ?
Les grévistes perdent leurs journées de salaire lors des jours grévés. Certains hésitent donc à se sacrifier, quand d'autres ne peuvent carrément pas selon leur position et l'absence parfois de syndicat. Alors, il faut remplir les caisses de grèves pour soutenir la phase suivante à partir du 7 mars (et même du 6 pour les raffineurs). L'expérience de la grève de 2010 nous avait montré qu'il avait manqué peu de jours de blocages coordonnés pour que le pouvoir plie.
Pour comprendre l'effet d'une caisse de grève, regardez donc ce petit rappel de 5 minutes, extrait de Grandpuits et petites victoires d'Olivier Azam, Les Mutins de Pangée, 2010.
Mis à part notre différend de base sur la catégorie "Travail" —je constate encore que le système est toujours beaucoup plus prégnant qu'on ne le pense, même si on le pense, car, entre autres, on le pense avec ses mots, son agenda et ses prestiges—, celle de Ruffin est une allocution où la fougue et le rythme le disputent à l'humanité. De quoi faire avaler quelques litres de salive aux quelques membres du gouvernement qui occupaient leur siège à l'Assemblée Nationale.
Vous faites pitié. Après le tunnel de la crise Covid, de la guerre en Ukraine, des factures qui bondissent, quelle lumière allumez-vous pour les Français ? Aucune. Juste cette petite chose, banale, mesquine : une réforme des retraites. Quelle médiocrité ! Vous faites pitié.
Jeudi j'étais à Dieppe, j'y ai retrouvé Véronique, auxiliaire de vie. Elle a 61 ans, et à force de porter des personnes âgées, elle souffre d'une hernie. Elle aime son métier, mais il est devenu une quotidienne douleur. On a fait la simulation : elle prend 15 mois.
A toutes les Véronique qui ont tenu le pays le debout, aux infirmières, aux caissières, aux manutentionnaires, à cette France qui se lève tôt* et qui va au boulot, qu'offrez-vous ? Deux ans. Deux ans ferme. Formidable ambition. (...)
Au début d'Indignez-vous !, Hessel rappelle au lecteur qu'il a 93 ans et se souvient de ses années de résistance ainsi que du programme élaboré à l'époque par le Conseil National de la Résistance. Il écrit exactement :
À partir de 1945, après un drame atroce, c'est une ambitieuse résurrection à laquelle se livrent les forces présentes au sein du Conseil de la Résistance. Rappelons-le, c'est alors qu'est créée la Sécurité sociale comme la Résistance le souhaitait, comme son programme le stipulait : « Un plan complet de Sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail » ; « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours. » Les sources d'énergie, l'électricité et le gaz, les charbonnages, les grandes banques sont nationalisées. C'est ce que ce programme préconisait encore, « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques » ; « l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ». L'intérêt général doit primer sur l'intérêt particulier, le juste partage des richesses créées par le monde du travail primer sur le pouvoir de l'argent.
La pertinence de ce rappel est absolue, car la classe dominante s'évertue, depuis plusieurs décennies, à "défaire méthodiquement" le programme du CNR et les acquis sociaux de l'après-guerre. Vous ne l'aviez pas remarqué ? D'ailleurs, nos prédateurs s'expriment comme de l'eau de roche à ce propos : coutumiers des bulles financières, ils se sentent désormais porteurs de la bulle d'excommunication de la dignité humaine. D*nis K*ssler, par exemple, ancien vice-président du MEDEF (la grande organisation patronale française), ancien patron du lobby des compagnies d'assurances et, par ces temps-ci, PDG de SCOR (groupe de réassurances qu'il a lui même fondé), a intérêt à en finir d'une fois pour toutes avec la Sécurité sociale, les pensions de retraite et les différentes prestations publiques d'une société modestement solidaire. Ça se comprend. Il ne faut donc pas s'étonner que le 4 octobre 2007, il ait publié un article —dans Challenges, revue au nom [optimiste et positif] comme il faut— où il assignait au pouvoir sarkozyste la tâche péremptoire d'abroger « tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception » et de « sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » M. K*ssler ne se prive ni de l'adverbe ni du point d'exclamation [(2) Note en bas du billet de référence pour lire l'article dans son intégralité. Cliquez ICI pour lire une réaction contemporaine, celle du Lucky.blog].
Et il m'est venu aussi à la tête que quelqu'un avait glosé il n'y avait pas très longtemps l'esprit et les conséquences de ce programme de la Résistance française contre lequel s'acharne impitoyablement cette mafia qui, selon Ruffin, fait pitié. C'était Pascale Fourier, responsable de l'émission radiophonique Des sous... et des hommes. Je me permets de reproduire son billet de blog publié sur le site de Mediapart le 11 novembre 2011, car il est vraiment pertinent :
Emmanuel Macron a une larme à l'oeil....A l'heure de la destruction de tous les acquis issus de la Résistance, à l'heure de la mise à bas de l'Etat social voulu par nombre de ceux qui ont résisté, cette larmichette est malvenue. Très.
Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.
Emmanuel Macron a une larme à l'oeil en écoutant le Chant des partisans lors de l'inhumation d'Hubert Germain dans la crypte du Mont-Valérien. Tartuffe est parmi nous : « Cachez ce sein que je ne saurais voir ».... Car quoi ? C'est au creux des temps les plus sombres, en 1943, que, sous l'égide de Jean Moulin, l'ensemble des forces résistantes, gaullistes certes, mais aussi communistes, notamment, se sont rassemblées pour définir ce beau programme qui avait le nom de « Les Jours heureux » et qui sera publié en Mars 1944. Que voit-on dans les actions ou les volontés exprimées d'Emmanuel Macron ? L'inverse de ce que prônaient les forces résistantes à l'aube de notre libération dont nous ne saurons jamais leur être assez gré : c'était un programme qui portait les Français vers le haut, vers « les jours heureux » avec l'assurance que les plus humbles seraient protégés. Mais dans un temps où le Président, par son cinéma, nous appelle à ne pas avoir la mémoire courte, nous devons affirmer que nous ne l'avons pas, que nous nous souvenons, que nous mettons en lien les choses, que nous savons ce que nous devons à qui.... et ce n'est pas à lui.... "Défaire méthodiquement le Programme National de la Résistance". Car il est incontestable, quand on porte un regard sur les intentions du MEDEF en ce temps pas si lointain de 2007 ( 2007, qu'est-ce, par rapport à 1944?), qu'Emmanuel Macron met en œuvre scrupuleusement le plan élaboré à cette époque par le syndicat (grand)-patronal. Plan alors clairement énoncé par Denis Kessler, numéro 2 du MEDEF. C'était dans le Challenge du 4 octobre 2007: "Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !". C'était au temps de la "Refondation sociale" impulsée par l'ancien CNPF devenu quelques années plus tôt le MEDEF, version agressive et rénovée du syndicat du patronat, en ordre de bataille pour faire entrer la France dans le néolibéralisme. La liste des réformes engagées n'a guère bougé - et Emmanuel Macron peut sembler donc celui qui souhaite poser la clef de voûte de cette entreprise de démolition - avec cette dimension particulière que, comme le soulignait Romaric Godin dans son excellent livre La Guerre sociale en France(éditions La Découverte, 2019), plus rien ne semble le brider.
D'ailleurs, Martine Orange, qui faisait la recension de ce livre le soulignait : "Car même les moins avertis comprennent vite ce qui se trame. L’État qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’était posé en arbitre entre le capital et le travail, qui, même s’il avait fait de nombreuses concessions depuis les années 1980, avait veillé à ménager le second, a totalement basculé : il est désormais sans nuance aux côtés du capital. Toute la suite en témoigne : APL, ordonnances sur le travail, réforme du chômage, réforme de la fiscalité, réforme des retraites, démantèlement des services publics… Rien ne doit en réchapper. C’est qu’il y a dans cette politique une revanche sociale. Tous les acquis sociaux, toutes les lois que les pouvoirs du capital ont dû concéder, du fait notamment de leur faillite morale, après 1945, doivent disparaître." On en est là quand on regarde les annonces concernant les retraites, l'indemnisation du chômage, les reculs en matière de Sécurité Sociale, l'état désastreux des hôpitaux et des services de santé ainsi que celui de l'Education Nationale, tous dévastés par une gestion comptable des choses.
[Photo à éviter tout à fait de voir, car elle fait mal, très : E. Macron pleurniche.]
Plutôt qu'E. Macron, écouter ...
Avant que les Résistants les plus prestigieux ne soient morts, ils étaient... vivants... - et ils pouvaient parler. Et en 2004, nombre d'entre eux, parmi les plus prestigieux, avaient signé un Appel à la commémoration du 60° anniversaire du Programme de la Résistance: ils avaient noms Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey. A cette époque, le journal Le Monde avait refusé de publier leur tribune...Et c'est le mouvement Attac, à l'époque sous la présidence de Jacques Nikonoff, qui avait organisé un colloque pour rendre compte de cet appel... Celle qui écrit ce billet a vu s'éteindre au fil des ans chacun des signataires. Si le grand Jean-Pierre Vernant n'a pu répondre à ses questions parce que déjà malade, elle a pu interviewer Raymond Aubrac, Stéphane Hessel, Philippe Dechartre, et Maurice Kriegel-Valrimont. C'était en 2005 et je vous propose de réécouter ce que disait à cette époque Maurice Kriegel-Valrimont, grand Résistant qui avait reçu le 25 août 1944, avec Henri Rol-Tanguy et le général Leclerc, la reddition du général von Choltitz, chef de la garnison allemande de Paris. L'écouter, c'est rendre bien plus hommage à la volonté des Résistants qui se sont levés contre la barbarie nazie et qui portaient dans leur coeur l'espoir de jours heureux que de regarder la larme de crocodile à l'oeil de celui qui compromet et promet de compromettre encore plus s'il est réélu ce que nous devons à nos aînés, ce dont ils avaient rêvé au creux de l'hiver nazi, ce qu'ils ont gravé dans le marbre, le Programme National de la Résistance : voilà ce qu'il ne faut pas oublier, voilà, outre notre liberté dans l'honneur, ce que nous leur devons. Nous n'oublions pas.
Emission de Des Sous...et des Hommes diffusée en Mars 2005 sur Aligre FM. Une émission de Pascale Fourier faite dans le cadre de la commémoration du 60° anniversaire du Programme national de la Résistance ( PNR)
* Et la mémoire réchauffe deux phrases du début de Les Cosaques, la nouvelle de Lev Tolstoï : « Les ouvriers, après la longue nuit d'hiver, se réveillent et se rendent au travail. Mais pour les seigneurs, c'est encore la veillée. » Même Dutronc démentait [débunke, dit-on aujourd'hui, globish oblige] avant la lettre les entourloupes des S*rkozy, Le P*n , Z*mmour et autres Macron.
Signé le 15 mars 1944 à l’unanimité des membres du Conseil national de la Résistance, le « programme d’action de la Résistance » comprenait deux parties : l’une sur les mesures à prendre avant et pendant la libération du territoire (et notamment le renforcement et l’organisation de la lutte armée) et la seconde, consistant en un programme de réformes pour l’après-libération marqué par la volonté d’instaurer une « démocratie économique et sociale ». Il est largement mis en œuvre à la Libération par le Gouvernement provisoire de la République française avec le soutien de la quasi-totalité des tendances politiques.
Le programme est édité clandestinement en brochure par le mouvement Libération de zone sud. Deux jeux de clichés en galvanotypie, exécutés à Paris, permettent une double impression, en région lyonnaise et surtout à Toulon, par l’imprimerie Azzaro (200 000 exemplaires). L’exemplaire reproduit, qui appartenait à un des responsables de Libération-sud, Serge Ravanel, fait partie d’ une édition numérotée à 100 exemplaires sous couverture cartonnée, tirée à Paris chez l’imprimeur Gaulier (11 rue Malebranche), en juin 1944. Le titre de la brochure avait de multiples connotations à l’époque. Il rappelait un grand succès du théâtre de boulevard de 1938 adapté en film en 1941, mais c’était aussi la traduction de Happy Days, la chanson emblématique de la première campagne électorale de Roosevelt, au moment du New Deal.
Le 1er février 2023, au lendemain de la mobilisation très nourrie du 31 janvier contre la contre-réforme macronite des retraites et sous le titre Comment gagner face à Macron ?, Révolution Permanente (RP) vous proposait —en chair et en os et en ligne— une réunion pour discuter du mouvement d'opposition en cours.
Les invité.es à prendre la parole devant les rassemblé.es étaient Anasse Kazib (cheminot, porte-parole de RP), Frédéric Lordon (philosophe), Fernande Bagou (travailleuse du nettoyage à Onet), Lorélia Fréjo (étudiante), Mouloud Sahraoui (ouvrier dans la logistique à Geodis) et Adrien Cornet (raffineur Total Grandpuits).
Après retransmission, RP a mis en ligne les deux heures deux minutes et demie de ce meeting.
L'intervention de Frédéric Lordon, de 10 minutes, est visible ci-dessous (sous le titre « Macron est un forcené, un forcené ça se déloge ») :
Le 7 février 2023, Frédéric Lordon a repris et développé son intervention dans un article de son blog hébergé par Le Monde diplomatique, intitulé Les demeurés de la « légitimité ».
« Victoire de l’irresponsabilité », Emmanuel Macron invite à déjeuner, en toute discrétion et avec une facilité déconcertante, vertigineuse et non inédite, dix éditorialistes de la presse parisienne afin de leur insuffler off the record un argumentaire de vente juste deux jours avant la journée d’action contre sa Réforme des Retraites, convoquée pour le jeudi 19 janvier. « A croire, si votre infolettre osait, que le chef de l’Etat s’est directement épanché auprès de nos confrères, histoire de faire passer quelques messages, sans caméras ni micros… », dixit l'Infolettre Politico du 18.01.2023.
Les copistes collabos en question avaient été choisis parmi les pantins préférés du Président des nababs, mérite dont jouissent Guillaume Tabard, du Figaro, Dominique Seux, de France Inter et des Échos, Françoise Fressoz, du Monde, ou encore Nathalie St-Cricq, de France Télévisions(chef du service politique de France 2). Qui est plus esclave qu'un courtisan assidu, si ce n'est un courtisan plus assidu ? se demandait rhétoriquement La Bruyère (De la Cour, 69, Les Caractères). Il y avait néanmoins une condition de taille pour assister au repas et aux confidences : les perroquets ne devraient jamais avouer qu’ils avaient vu Emmanuel Macron et, donc, ne pouvaient pas le citer (cf. Ève Roger, C médiatique, émission présentée par Mélanie Taravant sur France 5 diffusée le 22.01.2023 ; cf. CheckNews du Libé du 24.01.2023).
Donc, ô prodige, le même jour (le 17.01.2023 ou tôt le lendemain), malgré une façade présidentielle silencieuse (Cécile Cornudet, Les Échos), les « journalistes » ventriloqué.es ont trouvé la manière de colporter la bonne parole macronite bien calquée en tous indépendance et pluralisme : ici (Yaël Goosz, France Inter), ici (Matthieu Goar, Le Monde, qui venait tout juste de dénoncer le 5.01.2023, avec Ivanne Trippenbach et Claire Gatinois, « le Off,... une dérive politique » et les contorsions journalistiques concomitantes) ou là (Guillaume Tabard, Le Figaro, qui, à l'heure des alibis historiques, montre comme de l'eau de roche de quel bois se chauffe la lignée De Gaulle, Chirac, Sarkozy, etc.), ou là là (Benjamin Duhamel sur BFMTV). Ah l'entourage et les coulisses du donneur de ton(Raphaël Delvolvé, Europe 1, 18.01.2023). Complétaient la bouffe trois autres porte-parole de l'Élysée, à savoir, Alba Ventura (RTL), Stéphane Verbay (Ouest France) et David Revault d'Allonnes (rédacteur en chef politique au JDD). Ventura transmet le 18 : « À la veille de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, c’est la sérénité qui règne à l'Élysée. » « (...) avant une journée de mobilisation qui s'annonce massive, contre la réforme des retraites. Est-ce de nature à émouvoir Emmanuel Macron ? Non, le président de la République est droit dans ses bottes. Cette réforme il la veut. » « Emmanuel Macron dit souvent ces temps-ci qu’il ne croit pas à la victoire de l’irresponsabilité. » et tout le tralala qu'elle ressasse le lendemain tout en préservant les mots codés, les expressions totem de ces temps-ci.
Ouhhh là, côté ou là là, l'esprit a du mal à s'affranchir d'une vague réminiscence, en rapport peut-être avec un pur hasard généalogique, car... la nièce par alliance de Nathalie St-Cricq est la ministre des Sports macronite Amélie Oudéa-Castéra [ce qui ne constitue en principe aucun problème], qui est cousine de Benjamin Duhamel, journaliste de service ou là là au service politique de BFMTV, fils de Patrice Duhamel, ex du Figaro et directeur général de France Télévisions, et de Nathalie Saint-Cricq, qui est elle-même donc la belle-sœur de l’incontournable journaliste indépendant, libre et pluriel Alain Duhamel.
[Les adorateurs de Jupiter (ados) ont la possibilité d'accéder à des échantillons stupéfiants de l'ensemble de son œuvre sur machronique en marche en cliquant ci-contre]
Depuis 2020, les 1% les plus riches ont capté 63% des richesses produites, près de deux fois plus que le reste de la population mondiale. C’est le constat révélé par le nouveau rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales, publié en marge du Forum économique mondial de Davos.
La loi du plus riche : les chiffres-clés du rapport
Depuis 2020, deux tiers des richesses mondiales produites ont été captées par les 1% les plus riches.
Les milliardaires ont gagné 2,7 milliards de dollars par jour depuis 2020 grâce à l’intervention publique face au coronavirus.
Depuis 2020, les 10 premiers milliardaires ont gagné 189 milliards d’euros, l’équivalent de deux ans de factures de gaz, d’électricité et de carburant des Français·es.
Taxer la fortune des milliardaires français à hauteur d’à peine 2% permettrait de financer le déficit attendu des retraites.
Avec une fortune de 179 milliards d’euros, Bernard Arnault est désormais l’homme le plus riche de la planète. Sa fortune correspond à l’équivalent de celle de près de 20 millions de Français·es.
Les milliardaires continuent de surfer sur les crises
Alors que nous traversons une période sans précédent marquée par des crises multiples, les ultra-riches se sont considérablement enrichis depuis 2020 et les bénéfices des grandes entreprises ont atteint des records sans précédent. Les milliardaires à travers le monde ont gagné plus de 2,7 milliards de dollars par jour depuis le début de la crise tandis que les entreprises des secteurs de l’alimentation et de l’énergie ont plus que doublé leurs bénéfices en 2022.
Mais les crises n’ont pas fait que des gagnants. Partout, l’explosion des prix de l’énergie et des biens de première nécessité frappe en particulier les plus précaires. Plus de 820 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim. 60% d’entre elles sont des filles et des femmes.
En France aussi, les milliardaires tirent leur épingle du jeu
La France, comme le reste du monde, fait face à une succession de crises de forte intensité. Mais les milliardaires français font eux aussi partie des grands gagnants : depuis 2020, leur fortune a augmenté de plus de 200 milliards d’euros, soit une hausse de 58%. Parmi eux, un homme s’en sort particulièrement bien : Bernard Arnault, qui est désormais l’homme le plus riche au monde, avec une fortune équivalente à celle cumulée de près de 20 millions de Français et Françaises.
Dans le même temps, les plus précaires sont devenus encore plus pauvres et les inégalités ont explosé avec, en première ligne de ces inégalités, les femmes. Si le gouvernement a dépensé des dizaines de milliards d’euros pour combattre la crise de la vie chère, ce sont les riches qui ont davantage bénéficié des mesures gouvernementales. Selon l’Insee, entre janvier 2022 et juillet 2022, les Français ont perdu 760 euros malgré l’intervention du gouvernement.
La réforme des retraites à venir, visant à repousser l’âge de départ à la retraite à 64 ans, risque d’aggraver encore davantage les inégalités. Une nouvelle fois, les plus précaires porteront le poids de cette réforme. Oxfam France a calculé que seulement 2% de la fortune des milliardaires français suffirait à financer le déficit attendu des retraites.
Oxfam appelle à une augmentation des impôts sur les ultra-riches, à une véritable taxe sur les superprofits mais aussi à des mesures de lutte contre l’évasion fiscale afin de faire contribuer ceux qui ont profité de la crise.
Oxfam appelle également le gouvernement à mettre en place des aides plus importantes ciblant celles et ceux qui subissent le plus la crise de la vie chère.
Des investissements structurels sont également nécessaires pour renforcer notre résilience face à des prochaines crises. Ces investissements, dans le logement, les transports en commun, les services publics, l’eau, etc. permettraient un double bénéfice : réduire notre dépendance aux énergies fossiles tout en réduisant les factures.
Ilan Pappé présente aujourd'hui à Paris Les dix légendes structurantes d'Israël, traduction française de son essai Ten Myths About Israel,Verso, New York, 2017, 192 pages ; il le fera dans le cadre d'une conférence-débat organisée par l'UJFP (l'Union Juive Française pour la Paix) :
Ce titre interpelle immédiatement les gens soucieux de révéler ou de mieux connaître la vérité que tentent de dissimuler les clichés que diffuse la propagande israélienne (la « hasbara ») pour justifier la politique coloniale, d’apartheid et d’épuration ethnique que subit le peuple palestinien et réprimer sa résistance.
En voici quelques-uns :
Les juifs israéliens seraient un peuple descendant des Hébreux et revenu dans son pays après 2000 d’exil.
Il y aurait trouvé une terre sans peuple et aurait fait fleurir le désert.
Lors de la Nakba les Palestiniens (expulsés) seraient en réalité partis d’eux-mêmes.
La guerre des six jours en 1967 auraient été lancée pour empêcher une attaque imminente des pays arabes.
Le sionisme serait la seule solution à l’antisémitisme largement partagée par la population juive.
Les « accords d’Oslo » et la « solution à deux Etats » auraient été une proposition de paix généreuse et équitable.
L’Etat d’Israël serait un Etat démocratique.
La résistance du Hamas serait condamnable parce qu’il ne serait qu’un parti terroriste voulant jeter les Juifs à la mer.
Etc…
Ilian Pappe, historien israélien exilé en Angleterre, auteur de nombreux livres sur le « conflit » israélo-palestinien, démonte clairement tous ces clichés et établit la vérité.
Le livre comporte aussi une chronologie depuis les débuts du mouvement sioniste
La sélection du Maroc, qui participe avec beaucoup de succès à la Coupe du monde au Qatar, est la première africaine qui s'est qualifiée pour les demi-finales de cette compétition de football mégabusiness plus que professionnel. Entre autres anciennes puissances coloniales (la Belgique, le Portugal), elle a battu l'Espagne aux tirs au but en huitièmes de finales.
Malgré la terrible réalité que dénonce courageusement Miss Raisa, par exemple ; en dépit de certaines menaces issues de groupes d'extrême droite sur les réseaux sociaux, très préoccupantes, les sympathisants et sympathisantes de l'équipe marocaine ont pu joyeusement s'éclater dans plusieurs quartiers et villes que je connais, comme Lavapiés ou Parla, dans la Communauté de Madrid, où j'habite. L'exploit des joueurs marocains a été commenté avec beaucoup de respect et de considération dans les deux groupes audiovisuels espagnols, public et privé, qui proposent la retransmission des matchs qataris. Les journaux les plus importants [y compris la presse nationaliste/patriotique espagnole, cf. icioulà] ont rendu compte avec panache d'une explosion de joie dans énormément de bars et dans les rues de tout le pays. J'ai vu beaucoup de reportages et d'entrevues où bon nombre de joueurs, journalistes ou supporteurs marocains ou d'origine marocaine ont pu exprimer allègrement leurs émotions. Parfois, c'étaient carrément des Espagnols (par naissance ou par naturalisation, peu importe). En fait, il est difficile de savoir combien de citoyens de nationalité ou d'origine marocaine habitent en Espagne, car il y en a beaucoup qui disposent de la nationalité espagnole et, par conséquent, ne sont pas ou plus recensés au registre des étrangers en Espagne —l'INE recense en 2021 5.440.148 citoyens étrangers (sur une population totale, le 1er janvier, de 47.432.805), dont 872.759 Marocains. [Le nombre de ressortissants étrangers ayant acquis la nationalité espagnole en 2021 a été de 144.012 et la nationalité d'origine la plus fréquente a été la marocaine dans 42.000 cas, loin devant la Colombie (8.328) et l'Équateur (8.325).] Ces 5.440.148 citoyens constituent donc 11,47% de la démographie espagnole, 1,17% de plus qu'à l'Hexagone, car comme curiosité, l'INSEE résume ainsi la situation de l'immigration en France :
En 2021, 7,0 millions d'immigrés vivent en France, soit 10,3 % de la population totale. 2,5 millions d'immigrés, soit 36,0 % d'entre eux, sont français. Ils ont acquis la nationalité française depuis leur arrivée en France.
La population étrangère vivant en France s'élève à 5,2 millions de personnes, soit 7,7 % de la population totale. Elle se compose de 4,5 millions d'immigrés n'ayant pas acquis la nationalité française et de 0,8 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.
1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l'étranger. Avec les personnes immigrées (7,0 millions), au total, 8,7 millions de personnes vivant en France sont nées à l'étranger, soit 12,8 % de la population. (...)
En 2021, 47,5 % des immigrés vivant en France sont nés en Afrique. 33,1 % sont nés en Europe. Les pays de naissance les plus fréquents des immigrés sont l'Algérie (12,7 %), le Maroc (12 %), le Portugal (8,6 %), la Tunisie (4,5 %), l'Italie (4,1 %), la Turquie (3,6 %) et l'Espagne (3,5 %). La moitié des immigrés sont originaires d'un de ces sept pays (49 %).
On parle toujours de la joie des Marocains, mais je sais que beaucoup de citoyens espagnols et d'autres nationalités ont fêté parmi nous la victoire des Lions de l'Atlas contre les tiki-takeurs de Luis Enrique. Une amie aragonaise me disait tranquillement : si le foot, c'est de la joie, qu'elle se partage, n'est-ce pas ? Il était très facile de comprendre son enjouement. Une autre m'envoyait une vidéo de la fête dans son quartier (Lavapiés) des vainqueurs de la journée et ajoutait : « J'en suis drôlement ravie ! » Voilà pourquoi je flippe (malheureusement, sans surprise) de l'aigre contraste médiatique sur l'Hexagone dès l'annonce même du match France-Maroc, de la constatation, encore une fois, de la force audiovisuelle et imprimée dont jouit l'extrême droite hexagonale, qui ne se lasse pas d'être toujours plus dégueulasse, plus insupportable, ce qui explique ce tweet du 12.12.2022 de Clément Viktorovitch :
Foot, racisme et refoulé colonial : ma chronique, pour @Qofficiel.
Honneur à lui et à ses pairs en France.
Cette émission, Quotidien, et Clément Viktorovitch affirmaient aussi hier (13.12.2022) :
Avec le match à venir, les franco-marocains ont le cœur qui balance… Et ça agace un paquet de commentateurs qui les accusent de manquer de loyauté. / Or le rejet de la binationalité fait partie de l’ADN du Front National…[et de toute extrême droite historiquement, qui sait toujours joindre la bourde affective à la cruauté politique (ce qui n'empêche que certains binationaux soient xénophobes, racistes et ultranationalistes ; je pense en vitesse à Valls, aux fafs franco-libanaisou à des Espagnols d'origine étrangère de ma connaissance). Miss Raisa en a plus que ras le bolet fait face, griffes et sourire, ironie et dédain. Joie.]
Écoutez tranquillement les réflexions de Viktorovitch dans les deux vidéos, ça vaut le coup.
Mais en même temps, le jour du match Espagne-Maroc, je me demandais (et l'écrivais à des ami.e.s) : et un Saharaoui, qui, de l'Espagne (de l'éhonté Pedro Sánchez) ou du Maroc (son actuelle puissance coloniale), préférerait-il voir perdre ? "Contre" qui irait-il ?
Et justement, hier, je lisais sur eldiario.es une entrevue avec l'activiste saharaoui Taleb Alisalem qui, à propos du match d'aujourd'hui 14 décembre (France-Maroc), corrigeait son intervieweur, Javier Biosca Azcoiti, et énonçait la question qu'il faudrait plutôt lui poser : “Más que con quien voy, es contra quien voy. Francia sigue practicando un neocolonialismo en África y es uno de los principales apoyos de Marruecos”. Et il concluait, dans un moment où presque tout le monde arabe chante les prouesses du Maroc dans la Coupe du Monde au Qatar : “Marruecos está utilizando el Mundial para blanquear (sic) la ocupación del Sáhara y sus acuerdos con Israel” [Le Maroc utilise cette Coupe du Monde pour blanchir (sic) son occupation du Sahara et ses accords avec Israël —Maradona ou Ronaldinho ont aussi fait de la haute politique footballeuse dans le même sens]. "Desgraciadamente nunca ha habido solidaridad por parte de los pueblos árabes hacia nosotros" [Malheureusement, il n'y a jamais eu de solidarité de la part des peuples arabes envers nous].
[Les Blancs ont instillé partout leur suprémacisme à travers, aussi, leurs langues, au point qu'un Saharaoui clairvoyant et très conscient des horreurs coloniales emploie spontanément le terme "blanchir", "rendre blanc", pour dire rendre digne, disculper, laver de tout soupçon, dédouaner, faire passer crème... En langue légitime, les Blancs sont toujours la crème de la crème ; oui, les langues sont, entre autres, un champ de mines].
Il faut lire les déclarations complètes de Taleb Alisalem pour bien suivre toutes ses informations et les nuances de son argumentation. En voici un tout petit extrait :
(...) mucha gente de los apoyos clásicos que solemos tener aquí [en Espagne], que son los movimientos o los partidos de izquierdas, muchísimos simpatizantes de esos partidos están celebrando las victorias de Marruecos porque para ellos representa un país africano y demás, pero no entienden el contexto de que es un país colonizador y ocupante. Y no sólo eso, tú puedes apoyar cualquier selección, pero es que se está instrumentalizando esa selección para blanquear una ocupación. Es una oportunidad para nosotros para concienciar, pero por desgracia no está dando los resultados que debería. Y aquí abro un paréntesis: hemos visto una oposición feroz de muchísima gente sobre la celebración del Mundial en Qatar por la defensa de los derechos humanos y, sin embargo, estamos viendo que casi las mismas personas, los mismos países y los mismos movimientos están apoyando a la selección marroquí incluso cuando esa selección sale cantando el “Sáhara es marroquí y siempre será marroquí”. Hay una contradicción. (...)
___________________________
P.-S. - Pour mieux comprendre l'histoire moderne du Sahara et les clés d'un cas de colonialisme non résolu, tout comme ses retombées, je conseille l'ouvrage superbe de Tomás Bárbulo, La historia prohibida del Sáhara Español. Las claves del conflicto que condiciona las relaciones entre España y el Magreb, ediciones Península, 2017. Cette édition révise et augmente la première, celle de Destino, publiée en 2002. Bárbulo eut ainsi la possibilité d'introduire son livre par l'histoire d'Aminatou Haidar ("Jaque de Dama a Rey"), une femme marquante qui est devenue un symbole très puissant et encourageant de la résistance saharaouie.
___________________________ NOTE POSTÉRIEURE(nuit du 14.12.2022) :
Affections politico-footballeuses : Taleb Alisalem a inséré sur son compte Twitter plusieurs vidéos qui montrent de grands éclats d'euphorie saharaouie à Smara, Laâyoune ou Dakhla après la défaite de l'équipe marocaine. Cf. ici, ici, ici,ici ou là.
___________________________ MISE À JOUR du 16.12.2022 :
Samuel Gontier se lâche, gouailleur, sur sa vie au poste (Télérama) et son sarcasme le met à l'abri, j'imagine, des toxicités immondes qu'il doit se taper. Réservez 11 minutes pour lire une chronique illustrant le conditionnement islamophobe que tentent d'opérer dans la journée CNews ou BFMTV. Ces chaînes s'évertuent à déshumaniser à priori les Marocains en lançant un chapelet de pronostics délirants en guise d'information —prophéties calomnieuses destinées au signalement des boucs émissaires qui en disent long sur l'ordinaire d'intox, de suprémacisme et de haine tribale qu'on assène aux téléspectateurs français :
Un meutrier déferlement de supporteurs du Maroc ivres de sang, d’honnêtes Français et d’intrépides commerçants menacés de lynchage par des hordes vengeresses sourdes aux bienfaits de la colonisation… Depuis samedi dernier, les journalistes et les experts de CNews (appuyés par Éric Zemmour et Yves Calvi sur BFMTV) prédisaient que l’apocalypse surviendrait sitôt finie la demi-finale de la Coupe du monde. Las, encore raté. (...)
Grâce à Elon Musk et à Twitter, je découvre que cette providentielle ébauche de guerre civile survient grâce au remarquable esprit d’intiative de groupuscules universalistes. Cagoulés, tout de noir vêtus, arborant de fédératrices croix celtiques, ces combattants de la liberté de lyncher en paix ont dans plusieurs villes pris en chasse des supporteurs du Maroc, renouant avec une tradition sportive dans laquelle la France a toujours excellé, la ratonnade. Mieux, place de la Comédie, à Montpellier, ces chevaliers du Zemmouriaque ont chargé sans distinction les supporteurs du Maroc et de la France, réussissant à créer des affrontements entre eux (l’enquête établira si la mort d’un adolescent renversé par une voiture est liée à cette confusion ingénieusement suscitée). Pudique, CNews tait ces maigres progrès, elle a dû concentrer à Nantes et sur les Champs-Élysées tous ses envoyés spéciaux. Pascal Praud avait prévenu : « S’il y a des dégradations (sic) de l’ultradroite, ce sera fortement analysé et commenté. » Les bobos bien pensants de Franceinfo doivent déjà être en édition spéciale pour agonir les défenseurs de nos racines chrétiennes tout en absolvant les criminels supporteurs du Maroc panislamiste.
J'apprends avec beaucoup de chagrin la mort du sociologue Michel Pinçon. Mes sincères condoléances, chère Monique. J'ai toujours aimé votre persévérance allègre dans la résistance argumentée. Entretemps, le monde que vous avez démonté pièce par pièce et son langage faux et monnayeur suivent leur flèche dévastatrice comme si de rien n'était...
Devant "l'évolution des marchésdu pétrole, du gaz et de l'électricité", le géant des hydrocarbures TotalEnergies a annoncé mercredi verser à ses actionnaires un acompte sur dividende exceptionnel de 2,62 milliards d'euros et renforcer d'un milliard de dollars ses investissements dans l'éolien et le solaire.
"La Compagnie affichera fin 2022 un bilan très solide", a indiqué l'entreprise dans un communiqué et "elle est en position à la fois d'accélérer sa stratégie de transformation et d'offrir unepolitique attractive de retourà l'actionnaire”.
C'est pourquoi le conseil d’administration, "souhaitantpartager avec ses actionnaires les résultatsde la Compagniedans ce contexte de prix hauts", va "verser un acompte sur dividende exceptionnel de 1 euro par action en décembre 2022", sur 2,62 milliards d’actions. (...)
... —lit-on sur le web de BFMTV (avec AFP, le 28/09/2022 à 15:22)
Liquidité du solide et évaporation du trésor public, du commun : voilà en quoi consiste « la fin de l’abondance » et « de l’insouciance » à la Macron. Car, comme vous l'avez écrit, Michel et Monique, « La violence de classe ne peut s'exercer sans la complicité et la collaboration du personnel politique au pouvoir. » (1)
Honneur à vous deux, Monique.
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(1) Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La violence des riches. Chronique d'une immense casse sociale, Zones, Éd. La Découverte, Paris, 2013.
Les Pinçon-Charlot ont été cités à plusieurs reprises sur ce blog. En voici les billets concernés.
Olivier Azam et la coopérative audiovisuelle Les Mutins de Pangée nous présentent Le langage du corps, de "Très court-métrages expérimentaux et politiques… Avec toujours l’idée, qu’il faut casser le flux et penser le langage du corps." En voici le premier, Investiture :
En le regardant/écoutant, j'ai pensé à Coupez le son ! Le charisme politique, le reportage réalisé par René Zayan (1947-2014)(1) conçu pour prouver qu'en politique professionnelle, le charisme ne tient pas à la parole, mais plutôt aux gestes, à la mimique du visage, à l'expression corporelle, et au timbre et aux inflexions de la voix. Donc, au langage non verbal ou langage du corps, pour ainsi dire, sans langue. Et il est bien vrai que nos corps sont très éloquents, en disent long, sans aucun doute. J'insère ce documentaire au bas de ce billet.
Le charisme est, dit Le Robert, la qualité qui permet à son possesseur d'exercer un ascendant, une autorité sur un groupe. Zayan s'amusait à montrer dans son film que pour y parvenir, ce ne sont pas les discours ou les arguments qui comptent autant qu'on le dit, mais les vibrations, les affects déclenchés par les signes que transmet le corps, la gestuelle du quidam en question. Très intéressant, parce que ce que le film de Zayan certifie sans arrêt, sans commentaire ni analyse, c'est que les vainqueurs appartiennent toujours au même parti, c'est-à-dire, à la même fraction ou classe, à la même mafia (qui peut avoir plusieurs familles) ; que les heureux gagnants ont toujours derrière eux un gros soutien du Capital, voire le plus gros financement d'habitude, car justement, les élections en démocratie libérale ont poussé beaucoup à l'abstention ou à se pincer le nez, mais n'ont jamais servi à faire sauter la banque —et si de rare aventure ce péril s'est avéré, la réaction de la banque a toujours coupé court à la fête.
C'est cette majesté grandeur ver de terre, unique, inique, ravie de soi, imbécile du Corps Politique Triomphant (les images sentant le régime, la classe de la pompe en grande pompe et parfait repli communautaire, pas exactement les effluves de tel ou telle individu : c'est un corps, un groupe formant un ensemble très organisé, celui des Gardes du Corps en tenue de gala rituel pour fêter l'investiture de leur actuel primum inter pares, leur meilleur empireur parmi nous), en contraste avec le Corps Électoral Toujours Perdant et Empiré, qu'a voulu exhiber Olivier Azam, qui, cajolant son but, ne s'est pas gêné pour utiliser des trucages artistiques —visuels, accélérés, ralentis, inversions, répétitions..., et musicaux, très pompe et circonstance— à l'heure de monter une vidéo de mépris sarcastique.
Ou quand les effets de la manipulation sont plus vrais que nature. À ce propos, un site spécialisé écrit, par exemple : "(...) le ralenti permet de décomposer un mouvement pour que le spectateur puisse mieux apprécier la performance. L'accéléré est utilisé pour donner une sensation de temps qui passe tout en conservant la perception du mouvement, mais également pour traduire l'aspect cocasse de la situation." J'ai adoré appliquer ces explications au court métrage monochrome d'Olivier Azam, où le seul Grand Remplacement à remarquer est, rendons-nous à une évidence sautant aux yeux, celui sur lequel nous alerte El Mundo Today (un Gorafi espagnol). Et j'ai bien compris que ce n'est pas Manuel Valls qui veut être sans le sou-rire.
Coupez le son ! Le charisme politique (Documentaire)
Dans ses interviews après le dernier bombardement israélien barbare de la bande de Gaza en mai 2021, [Volodymyr Zelensky] adéclaréque la seule tragédie à Gaza était celle subie par les Israéliens. (Ilan Pappé, Navigating our Humanity: Ilan Pappé on the Four Lessons from Ukraine, The Palestine Chronicle, 4/03/2022)
L'invasion de l'Ukraine est une horreur épouvantable déclenchée par Vladimir Poutine... après une longue histoire, une très trèslongue histoire, qu'il faut aussi expliquer. Notre empathie et notre soutien doivent s'adresser à toutes les victimes de ce crime (y compris les Russes qui s'opposent au président de la fédération de Russie) aux conséquences incertaines. Elles sont déjà très graves et pourraient s'avérer encore plus terribles : rien que d'y penser, on a la chair de poule. Ce qui n’est pas une raison qui puisse nous empêcher, loin de là, de réfléchir aux cruautés ordinaires que la réalité nous étale. Cet article tourne exclusivement autour du scélérat concept d'humanité du système qui gouverne nos existences.
Je partage entièrement l'indignation d'un homme juste et courageux, le député irlandais Richard Boyd Barrett qui, excédé, dénonçait le 2 mars le double langage et la double politique de son gouvernement, qui sanctionne la Russie et soutient Israël —et fait des chichis s'il entend les mots qui définissent ou décrivent les différents crimes de l'État colonial d'Israël :
"(...) all of us have rightly condemned the crimes against humanity that are being committed by Vladimir Putin in Ukraine. And the government has moved instantly, within five days, to sanction Putin's regime and take urgent action. And the strength of language that was used, rightly against Putin, as a barbarian, as a thug, as a murderer, as a warmonger, all of which are true, all of those things, all of those things applied, applied to the state of Israel in its treatment of the Palestinians. And yet the government is 'concerned' about its use of language, and doesn't feel it is appropriate to even use the word apartheid, when Amnesty International, the most respected human rights organisation in the world, and Human Rights Watch, within a very short period of time, issue these damning reports saying that Israel, since its foundation, has been built on a system of oppression and domination and apartheid and racism involving the murder of unarmed innocent civilians on a regular basis, arbitrary detention and imprisonment, land annexations, the displacement of people, the denial of basic fundamental rights to six million Palestinians who are displaced outside Israel in the Occupied Territories to the rights of their return to their homes, to the illegal blockade of Gaza, which is left, as they say in the report, 'Gaza in a permanent state of humanitarian crisis', denying people access to food, to water, and treating the Arab population as a whole, the Palestinian population as a whole, as an inferior race. I mean, it doesn't get stronger than this, And yet you want to be careful about your language. You are happy to correctly use the most strong and robust language to describe the crimes against humanity of Vladimir Putin, but you will not use the same strength of language when it comes to describing the Israel's treatment of the Palestinians when it is now being documented and detailed by two of the most respected human rights organisations in the world. And indeed has been alleged by dozens and dozens of non-governmental organisations. And to be honest, anybody who looks honestly at the decades of brutal inhumane, persecution of the Palestinian, successive assaults on Gaza, the annexation of the land and territory, the systematic application of apartheid rules, you don't want to even use the word 'apartheid'. Never mind sanctions. Five days, sanctions against Putin and his thugs, Seventy years of oppression of the Palestinians. And it wouldn't be —what was the word you used? — It wouldn't be 'helpful' to impose sanctions. (...) [I]f you're going to have moral standards, those standards have to be consistent, otherwise they are not standards at all. They are just cynicism. (...)"
Je viens aussi de lire sur CounterPunch un article très pertinent de Raouf Halaby, publié hier, qui se fait écho de l'émouvante intervention du député Barrett. Il s'intitule Palestine, Israël : mais pourquoi la différence, Monsieur le Président ? et je vous en conseille la lecture. En voici ses derniers paragraphes :
Even when genuine human solidarity in the West is justly expressed with the Ukraine, we cannot overlook its racist context and Europe-centric bias. The massive solidarity of the West is reserved for whoever is willing to join its bloc and sphere of influence. This official empathy is nowhere to be found when similar, and worse, violence is directed against non-Europeans, in general, and towards the Palestinians, in particular. (Palestine Chronicle, March 3, 2022) To his credit, Richard Boyd Barrett, an Irish Member of Parliament was the lone voice of conscience on the world stage; he shouted out and decried the double standard, “lashing out at [how countries] differed in [their] response to conflicts in Ukraine, Palestine.” MP Barrett, it is only a matter of time before you will be smeared as an anti-Semite. To which I will add my own: Karma. be careful what you might wish for, and celebrating your loss. I do not wish to Ishmat feek (lose respect for someone and holding them up for shame) President Zelensky; nor do I want to admonish you to be careful for what you wish. And last, I would never stoop to use the term Karma. To do so would be abhorrent and repulsive. But I do have a question, President Zelensky: Mais pourquoi la différence, monsieur le président? On 12 May 2021, President of Ukraine Volodymyr Zelensky posted the following statement on Twitter: Prime Minister of Israel Benjamin Netanyahu acknowledged President Zelensky’s words of support by including the Ukrainian flag among the flags of the countries to which he expressed his gratitude in a Twitter post. Other Ukrainian politicians uttered the following: “Today we are all Israelis, because now, unfortunately, innocent people are dying there. … We stand with the people of Israel!” After raising the Israeli flag over city hall, the mayor of Dnipro stated that he always “called things by their names. Civilization versus barbarism. The twenty-first century versus the Middle Ages. An army that gives advance warning of its attacks versus missiles treacherously fired at civilians.” Ukrainian politician Andriy Denysenko, voiced his support for Israel on Facebook by stating that Israel “is the only outpost of the civilized world in the Middle East, the only democracy that is opposing extremists and totalitarians. And a wonderful example for Ukrainians on building a national state…Right now, when Israel is under attack, my support goes the IDF, and the Iron Dome over people’s heads. And, like it or not, the Jewish state has natural allies among Ukrainian patriots/Banderites,” And last, “Two rallies featuring the flags of Ukraine and Israel took place in support of Israel, one of them on Mykhailivska Square, opposite Ukraine’s Ministry of Foreign Affairs.” Why, then, has Israel rebuffed Ukraine’s repeated requests for arms and assistance? And much to the American Administration’s consternation and annoyance, Israel is cozying up to Putin’s Russia. Is it because Israel, like Russia, is steeped in the debauchery of grabbing other people’s lands, at all costs? As one Gaza Palestinian stated: “Just as Palestinians are in Israel’s crosshairs, today the people of Ukraine are in Russia’s crosshairs. They’ve become the archetypal Brutalized, Suffering Palestinians, and they deserve all the outpouring of love, empathy, and support.” To which I fully agree.
Raouf Halaby est professeur émérite d'anglais et d'art. Il est écrivain, photographe, sculpteur, jardinier passionné et militant pour la paix.
Israël a massacré un très grand nombre de civils - enfants, adultes, vieillards confondus - dans ses bombardements criminels sur Gaza l'été 2014 - Photo : Anne Paq/Activestills.org
Le quotidien USA Today a rapporté qu’une photo devenueviraled’une tour en Ukraine touchée par un bombardement russe s’est avérée être une tour de la bande de Gaza démolie par l’armée de l’air israélienne enmai 2021.
Quelques jours auparavant, le ministre ukrainien des affaires étrangères s’était plaint à l’ambassadeur israélien à Kiev que “vous nous traitez comme Gaza” ["You are treating us like what? The Gaza Strip or something? It's just nonsense"] ; il était furieux qu’Israël ne condamne pas l’invasion russe et ne s’intéresse qu’à l’évacuation des citoyens israéliens de l’État [ukrainien, en cas de guerre] (Haaretz, 17 février 2022).
Il s’agissait d’un mélange de référence à l’expulsion par l’Ukraine des épouses ukrainiennes d’hommes palestiniens de la bande de Gaza en mai 2021, ainsi que d’un rappel à Israël du soutien inconditionnel du président ukrainien à l’assaut israélien sur la bande de Gaza ce mois-là (je reviendrai sur ce soutien vers la fin de cet article).
Les attaques d’Israël contre Gaza devraient en effet être mentionnées et prises en compte dans l’évaluation de la crise actuelle en Ukraine. Ce n’est pas un hasard si les photos sont confondues – il n’y a pas beaucoup de gratte-ciel qui ont été renversés en Ukraine, mais il y a une abondance de gratte-ciel en ruine dans la bande de Gaza.
Mais ce n’est pas seulement l’hypocrisie à l’égard de la Palestine qui apparaît lorsque l’on considère la crise ukrainienne dans un contexte plus large.
C’est l’ensemble des doubles standards occidentaux qu’il convient d’examiner de près, sans être un seul instant indifférent aux nouvelles et aux images qui nous parviennent de la zone de guerre en Ukraine : des enfants traumatisés, des flux de réfugiés, des vues d’immeubles détruits par les bombardements et le danger imminent que ce ne soit que le début d’une catastrophe humaine au cœur de l’Europe.
Dans le même temps, ceux d’entre nous qui vivent, rapportent et débattent sur les catastrophes humaines en Palestine ne peuvent échapper à l’hypocrisie de l’Occident et nous pouvons la souligner sans minimiser un seul instant notre solidarité humaine et notre empathie envers les victimes de toute guerre.
C’est un impératif pour nous, car la malhonnêteté morale qui sous-tend l’attitude adoptée par les élites politiques et les médias occidentaux leur permettra une fois de plus de masquer leur propre racisme et leur impunité, tout comme elle continuera à fournir une immunité à Israël et à son oppression des Palestiniens.
J’ai détecté quatre fausses assertions qui sont au cœur de l’engagement de l’establishmentoccidental dans la crise ukrainienne jusqu’à présent et je les ai formulées en quatre leçons.
Leçon un : les réfugiés blancs de peau sont les bienvenus, les autres le sont moins
La décision collective sans précédent de l’UE d’ouvrir ses frontières aux réfugiés ukrainiens, suivie d’une politique plus réservée de la Grande-Bretagne, ne peut passer inaperçue en comparaison de la fermeture de la plupart des portes européennes aux réfugiés venus du monde arabe et d’Afrique depuis 2015.
La hiérarchisation raciste évidente, distinguant ceux qui cherchent à sauver leurs vies sur la base de la couleur, de la religion et de l’ethnie est odieuse, mais il est peu probable que cela change rapidement. Certains dirigeants européens n’ont même pas honte d’afficher publiquement leur racisme, comme le fait le Premier ministre bulgare, Kiril Petkov :
Ils [les réfugiés ukrainiens] ne sont pas les réfugiés auxquels nous sommes habitués… ces gens sont des Européens. Ces gens sont intelligents, ils sont éduqués. … Ce n’est pas la vague de réfugiés à laquelle nous sommes habitués, des gens dont nous n’étions pas sûrs de l’identité, des gens au passé peu clair, qui auraient même pu être des terroristes… [*]
Il n’est pas le seul, les médias occidentaux parlent sans cesse de “réfugiés de notre type” et ce racisme se manifeste clairement aux postes frontières entre l’Ukraine et ses voisins européens.
Cette attitude raciste, aux forts relents islamophobes, n’est pas prête de changer, puisque les dirigeants européens continuent de nier les tissus multiethniques et multiculturels des sociétés de tout le continent.
Il s’agit d’une réalité humaine créée par des années de colonialisme et d’impérialisme européens que les gouvernements européens actuels nient et ignorent, tout en poursuivant des politiques d’immigration fondées sur le même racisme qui a imprégné le colonialisme et l’impérialisme du passé.
Leçon deux : vous pouvez envahir l’Irak, mais pas l’Ukraine
Le refus des médias occidentaux de replacer la décision russe d’envahir le pays dans le contexte d’une analyse plus large – et évidente – de la manière dont les règles du jeu international ont changé en 2003 est assez déconcertant.
Il est difficile de trouver une analyse qui souligne le fait que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont violé le droit international relatif à la souveraineté d’un État lorsque leurs armées, avec une coalition de pays occidentaux, ont envahi l’Afghanistan et l’Irak.
L’occupation d’un pays entier à des fins politiques n’a pas été inventée au cours de ce siècle par Vladimir Poutine ; elle a été introduite comme un outil politique justifié par l’Occident.
Leçon trois : le néo-nazisme peut parfois être toléré
L’analyse ne met pas non plus en évidence certains des arguments de Poutine à prendre en considération concernant l’Ukraine, qui ne justifient en aucun cas l’invasion, mais qui nécessitent notre attention même pendant l’invasion.
Jusqu’à la crise actuelle, les médias occidentaux considérés comme assez progressistes, tels que The Nation, The Guardian, le Washington Post, etc., nous ont mis en garde contre le pouvoir croissant des groupes néonazis en Ukraine, qui pourrait avoir un impact sur l’avenir de l’Europe et au-delà.
Ces mêmes médias rejettent aujourd’hui l’importance du néonazisme en Ukraine.
The Nation en 2019 (22 février) a rapporté :
Aujourd’hui, les rapports croissants sur la violence d’extrême droite, l’ultranationalisme et l’érosion des libertés fondamentales font mentir l’euphorie initiale de l’Occident. On assiste à des pogroms néonazis contre les Roms, à des attaques généralisées contre les féministes et les groupes LGBT, à des interdictions de livres et à la glorification des collaborateurs nazis par l’État.
Deux ans plus tôt, le Washington Post (15 juin 2017) avertissait, avec beaucoup de perspicacité, qu’un affrontement ukrainien avec la Russie ne devait pas nous permettre d’oublier la puissance du néonazisme en Ukraine :
Alors que la lutte de l’Ukraine contre les séparatistes soutenus par la Russie se poursuit, Kiev fait face à une autre menace pour sa souveraineté à long terme : de puissants groupes ultranationalistes d’extrême droite. Ces groupes n’hésitent pas à recourir à la violence pour atteindre leurs objectifs, qui sont certainement en contradiction avec la démocratie tolérante tournée vers l’Occident que Kiev cherche ostensiblement à devenir.
Mais aujourd’hui, le Washington Post adopte une attitude dédaigneuse et qualifie une telle description de “fausse accusation” :
Opérant en Ukraine, plusieurs groupes paramilitaires nationalistes, tels que le mouvement Azov et le Secteur droit, épousent l’idéologie néonazie. Bien que très médiatisés, ils semblent bénéficier d’un faible soutien public. Un seul parti d’extrême droite, Svoboda, est représenté au parlement ukrainien, et ne détient qu’un seul siège.
Les précédentes mises en garde d’un média tel que The Hill (9 novembre 2017), le plus grand site d’information indépendant des États-Unis, sont oubliées :
Il existe bel et bien des formations néo-nazies en Ukraine. Cela a été confirmé de manière écrasante par presque tous les grands médias occidentaux. Le fait que les analystes soient capables de le rejeter comme de la propagande diffusée par Moscou est profondément troublant. C’est d’autant plus inquiétant que l’on assiste actuellement à une montée en puissance des néo-nazis et des suprémacistes blancs dans le monde entier.
Leçon quatre : frapper des gratte-ciel est un crime de guerre uniquement si cela se produit en Europe
L’establishment ukrainien n’a pas seulement un lien avec ces groupes et armées néonazis, il est également pro-israélien de manière inquiétante et très troublante. L’une des premiers décisions du président Volodymyr Zelensky a été de retirer l’Ukraine du Comité des Nations unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. Le seul tribunal international qui veille à ce que la Nakba ne soit pas niée ou oubliée…
Cette décision a été prise à l’initiative du président ukrainien ; il n’avait aucune sympathie pour le sort des réfugiés palestiniens et ne lesconsidérait pascomme des victimes d’un quelconque crime.
Dans ses interviews après le dernier bombardement israélien barbare de la bande de Gaza en mai 2021, il adéclaréque la seule tragédie à Gaza était celle subie par les Israéliens. Si c’est le cas, alors ce sont uniquement les Russes qui souffrent en Ukraine.
Mais Zelensky n’est pas le seul. Lorsqu’il s’agit de la Palestine, l’hypocrisie atteint un nouveau niveau. Une frappe contre une tour vide en Ukraine a fait la une des journaux et a suscité une analyse approfondie de la brutalité humaine, de Pourine et de l’inhumanité.
Ces bombardements doivent être condamnés, bien sûr, mais il semble que ceux qui mènent la condamnation parmi les dirigeants du monde sont restés silencieux lorsque Israël a rasé la ville de Jénine en 2000, le quartier al-Dahaya de Beyrouth en 2006 et la ville de Gaza dans une vague brutale après l’autre au cours des quinze dernières années.
Aucune sanction n’a été mise sur la table, et encore moins imposée, à Israël pour ses crimes de guerre en 1948 et depuis lors. En fait, dans la plupart des pays occidentaux qui mènent la campagne de sanctions contre la Russie aujourd’hui, le simple fait de mentionner la possibilité d’imposer des sanctions contre Israël est illégal et qualifié d’antisémite.
Même lorsque la véritable solidarité humaine de l’Occident s’exprime à juste titre avec l’Ukraine, nous ne pouvons ignorer son contexte raciste et son parti pris eurocentrique.
La solidarité massive de l’Occident est réservée à quiconque est prêt à rejoindre son bloc et sa sphère d’influence. Cette empathie officielle n’est nulle part présente lorsque des violences similaires et pires encore sont exercées contre les non-Européens en général et contre les Palestiniens en particulier.
En tant que personnes de conscience, nous pouvons passer de nos réactions aux calamités à la responsabilité de dénoncer l’hypocrisie qui, à bien des égards, a ouvert la voie à de telles catastrophes.
Légitimer au niveau international l’invasion de pays souverains et autoriser la poursuite de la colonisation et de l’oppression d’autres pays, comme la Palestine et son peuple, conduira à l’avenir et partout sur notre planète à d’autres tragédies comme celle de l’Ukraine.
It is simply astonishing how many western journalists, including normally cautious BBC reporters, are shamelessly fawning over young women building Molotov cocktails on the streets of Ukrainian cities like Kyiv.
That might surprise other, more established resistance movements,
especially in the Middle East. They have invariably found themselves
tarred as terrorists for doing much the same.
Western journalists' difficulty containing their identification with,
and support for, Ukraine's civilian "resistance" must be maddening to
Palestinians in tiny Gaza, for example, who have been locked into a metal cage by an Israeli military occupier for decades. (...)
Mais il n'y a pas que la compassion ou l'absence de compassion, ou la compréhension ou l'incompréhension de la résistance, à l'heure d'analyser les deux poids deux mesures ou le racisme débraguetté ordinaires peuplant l'imaginaire libéral blanc et découlant très directement de sa "logique" et de ses structures. Dans son numéro de mars 2022 (page 14), Le Monde diplomatique m'a découvert une citation particulièrement exécrable illustrant à la perfection le culot criminel de la Raison Économique/Financière qui nous ravage, nous et la planète. Je vous la propose en guise de coda de ce billet. Le cracheur de cette ignominie eugénique vomitive était Lawrence Summers, alors économiste en chef de la Banque mondiale, dans une note interne de l’institution (11 décembre 1991) révélée par The Economist (8 février 1992), à propos du très libéral transfert de pollution (maladie, mort) vers les pays pauvres :
« Entre vous et moi, la Banque mondiale ne devrait-elle pas encourager davantage le transfert des industries sales vers les PMA [pays les moins avancés] ? (…) La mesure des coûts de la pollution préjudiciable à la santé se fonde sur le manque à gagner dû à l’augmentation des maladies et de la mortalité. De ce point de vue, une quantité donnée de pollution préjudiciable à la santé devrait être attribuée au pays au coût le plus bas, c’est-à-dire celui dont les salaires sont les plus bas. La logique économique selon laquelle on devrait se débarrasser des déchets toxiques dans les pays aux salaires les plus bas est à mon sens impeccable, et nous devons l’accepter. »
Glaçant. Où l'on voit comment l'Économie pousse au crime. Où l'on voit qu'Économie (Capitalisme) et Humanité, ça fait deux.
__________________________________ Mise à jour du 19 mars 2022 :
(...) La defensa de los derechos humanos y la protección de las personas refugiadas nunca se debe poner en duda. La respuesta a la invasión de Ucrania está siendo unánime y solidaria, tanto por parte de la sociedad civil como de las autoridades. Y es que la Unión Europeaha activado por primera vez la Directiva de Protección Temporal, aunque fue creada en 2001.Si ahora ha sido posible, también podía haberlo sido antes.
Y si no se ha hecho, ha sido porfalta de voluntad política, algo que enCEARllevamos años denunciando. Mientras tanto, más de6,6 millones de personastuvieron que huir de Siria; la guerra enYemenha causado millones de desplazamientos; enMali, el conflicto dura ya más de 10 años; y enAfganistán, la toma del poder por parte de los talibanes provocó el éxodo de millones de personas. Y hay más... Desgraciadamente, la de Ucrania no es la única guerra y las guerras no son el único motivo para huir.
Por eso, celebramos que, por fin, tanto la UE como España hayan dado un paso adelante. Pero es necesariodar protección a todas las personas refugiadas, sin ningún tipo de discriminación. (...)
Courriel de CEAR (Comisión Española de Ayuda al Refugiado) daté du 18.03.2022.