mercredi 28 avril 2010

Dommage, Siné. Hommage

Le 9 septembre 2009, je recevais ce courriel des Sinet à propos de Siné Hebdo :
Chers amis, vous étiez là dès le début, un peu avant même. Vous avez signé
 les pétitions de soutien, vous avez impulsé l’élan de solidarité. Nous vous remercions de votre confiance et continuons de mener
 un combat tout azimut pour lutter contre le consensus mou,
 la terreur intellectuelle et la pensée unique.
 L’aventure Siné Hebdo était improbable. Lancer un nouvel hebdo,
 en trois semaines, pendant l’été 2008, et en pleine crise 
de la presse : il fallait être fou ou très en colère ! Nous étions les 
deux. Le succès fut au-delà de toute attente : 140 000 exemplaires
 vendus dès le premier numéro, le 10 septembre 2008.
 Depuis, c’est 2 millions 700 000 exemplaires vendus, 50 000 mails
 et courrier des lecteurs, 12 000 dessins reçus dont plus de 2 650 
publiés, grâce à une équipe de chroniqueurs, journalistes et 
dessinateurs enragés.
 Nous fêtons ce mois-ci le premier anniversaire de Siné Hebdo, 
via un hors-série de 96 pages, « Un an… et toutes ses dents ! »,
 qui retrace cette incroyable aventure. Où il est démontré que 
Siné Hebdo ce n’est pas ce QUE les médias voudraient en faire :
 un journal de rigolade. Non, c’est AUSSI des enquêtes, des 
reportages, des rencontres… 
Nous vous demandons, aujourd’hui plus que jamais, de parler 
de Siné Hebdo autour de vous, du hors-série… Nous n’achetons pas 
de pub, nous n’en accueillons pas, nous n’avons que nos lecteurs
 et nos « soutiens » pour garantir notre indépendance et
 pérenniser l’aventure !
Merci à vous tous,

Bob et Catherine Sinet
Aujourd'hui est sorti le numéro 86 de Siné Hebdo, le dernier pour la route car il nous annonce la disparition de ce journal courageux, percutant, gogophobe et salutaire. Siné a osé cette aventure à l'âge de 80 ans et il doit maintenant, presque deux ans plus tard, fermer boutique. Vu qu'il est presque impossible d'accéder aujourd'hui à une publication imprimée d'un certain tirage qui soit à la fois indépendante (dont les auteurs soient leurs propres maîtres) et anticonventionnelle, la perte est lourde pour la contestation. Dommage, Siné, et mille fois merci pour cette tentative, ce bel exemple de résistance.
Laissons qu'il nous explique le pourquoi de l'enterrement de sa feuille ; retenez surtout son dernier paragraphe :
Dernier numéro le mercredi 28 avril
“Les jeux sont faits, les dés sont jetés, rien ne va plus… On ferme !” Siné
Bien que le chiffre des ventes soit resté tout à fait honorable en ces temps de crise économique (37 000 ventes), Siné Hebdo perd chaque semaine de l’argent.
Tout aura été tenté : impression sur un papier moins cher, réduction des piges acceptée unanimement par tous les collaborateurs et appel aux dons lancé le 10 mars dernier.
Mais cela ne suffit pas. La décision a donc été prise de fermer le journal. On n’allait tout de même pas risquer qu’un administrateur judiciaire impose sa loi à Siné Hebdo ! Cette aventure collective se devait d’être exceptionnelle jusqu’au bout.
Le dernier numéro (28/04, n° 86) sera l’objet d’un enterrement joyeux lors de la manif du 1er mai où toute l’équipe de Siné Hebdo vendra ce collector en fanfare !
“Si c’est la fin de Siné Hebdo, ce n’est pas la fin des haricots ! (…) À côté des étrangers sans papiers, renvoyés comme des malpropres dans leur pays d’origine, (…), des pauvres hères obligés de roupiller dans des boîtes en carton près des poubelles, des chômeurs longue durée réduits à la mendicité (…), des milliers de paumés en cabane attendant des années pour être jugés… on est des petits vernis, des veinards, presque des privilégiés, nous ne l’oublions jamais (…)” Siné

Au web ce soir - Ursule 1.1

Une troupe en direct sur internet : le Théâtre de Cornouaille de Quimper (Bretagne) nous annonce un spectacle, créé spécifiquement pour la Toile, à suivre en direct aujourd'hui 28 avril à 21h.
Benjamin Lazar, metteur en scène et scénariste de la pièce, nous explique : "la représentation d’Au web ce soir sera construite en fonction de son support de diffusion: le cadre fixe imposé par la caméra deviendra la scène de théâtre où évolueront en direct les artistes."



NOTE POSTÉRIEURE : vous pouvez voir ou revoir Ursule 1.1

lundi 26 avril 2010

Petite Espagne

(Texte remanié le 19/10/2018, à l'occasion de la présentation de ce documentaire dans l'EOI de Embajadores, Madrid)

C'était la journée de clôture de la VIII Muestra de Cine y Trabajo, organisée par la Fundación Ateneo Cultural 1º de Mayo. Nous avons tout d'abord vu les quatre courts métrages qui étaient au palmarès de cette édition du festival ; ensuite, Assämara, film tourné en Éthiopie qui montre notamment la lutte pour la vie des enfants d'Awassa ou Addis Abeba ; enfin, Petite Espagne, film documentaire de Sophie Sensier (produit en 2006 par Yenta Production – 60 min – Couleur. Monteuse : Agnès Brucker. Sous-titres en castillan : Maite Imbernón).
Quel a été le déclic à l'origine de ce projet ? J'ai appris qu'il y a 7 ans, Sophie Sensier et Natacha Lillo (1) ont passé un dimanche à manger, à boire et à causer dans El Hogar de los Españoles, 10 Rue Cristino Garcia, 93210 Saint Denis, au nord de la Porte de la Chapelle, de Paris. Ce foyer, situé à quelque 800 mètres du reluisant Stade de France, est le centre social de la Petite Espagne, quartier développé par des immigrés espagnols, à provenance surtout d'Estrémadure (Mesas de Ibor, Losar et autres villages de la Vera...), qui ont afflué très spécialement à partir de 1920 sur la Plaine de Saint-Denis, cet espace encastré entre l'avenue Président Wilson et le fleuve, et appartenant aux communes de St-Ouen, St-Denis et Aubervilliers.

Le 5 octobre 2007 eut lieu le vernissage de l'exposition « Portraits de migrations, un siècle d'immigration espagnole en France » dans El Hogar de los Españoles. C’est grâce à l'allocution de Antonio Casillas, son président, que j’eus vent d'un premier afflux d'Espagnols sur La Plaine remontant à des temps relativement reculés, ainsi que d'autres détails importants sur cette migration ibérique en Seine-Saint-Denis. En voici un extrait :
Dès les années 1860, de très jeunes immigrés espagnols sont recrutés dans deux grandes verreries du département de la Seine-Saint-Denis. Mais c'est au cours de la Première Guerre mondiale que des milliers d'espagnols viendront travailler dans les grandes usines métallurgiques et chimiques dont la production est alors destinée à l'effort de guerre. Les ouvriers firent face à d'importants problèmes de logement et à des conditions de travail éprouvantes.
C'est dans ce contexte, qu'en 1913, l'aumônier Gabriel Palmer convainc le roi Alphonse XIII de l'envoyer à Paris pour y « étudier les œuvres nécessaires pour améliorer les conditions de vie de nos compatriotes ». De cette mission et de son séjour à Paris va résulter la création du Patronage à la Plaine qui se fera exclusivement par des dons privés et sans aucun apport financier de l'État espagnol.
Les frères clarétains seront chargés de l'encadrement des activités du Patronage qui sera composé d'une église, d'un théâtre et d'un dispensaire médical. Mais c'est sur l'initiative d'un groupe d'ouvriers espagnols que sera constitué, le 19 août 1926, le Hogar de los Españoles et qui prendra la forme de Société de Secours Mutuels, c'est-à-dire « un groupement à but non lucratif de personnes physiques menant une action de prévoyance, de solidarité et d'entraide dans le domaine social ». Le Hogar avait donc pour but de venir en aide aux ouvriers espagnols en difficulté.
(...)
Au fil des années 1920 et 1930, les familles viennent rejoindre les ouvriers et s'installent durablement en créant une véritable colonie espagnole que l'on surnommera « La Petite Espagne ».
Mais c'est Natacha Lillo qui a mené à bien une recherche minutieuse là-dessus et nous apprend, entre autres :
En 1911, déjà 260 Espagnols vivent à St Denis, majoritairement dans le quartier de la Plaine (1) : 145 habitent avenue de Paris (2), surtout dans les immeubles de rapport des numéros 96 et 100 ; d’autres se sont installés à proximité, rue de la Montjoie. La rue de la Justice (3), qui deviendra après 1918 le cœur du quartier espagnol, ne compte alors que quatre foyers espagnols, regroupant 21 personnes, auxquels il faut ajouter les 10 habitants du passage Dupont.
Contrairement à ce qui se passera à partir des années 20, il ne s’agit pas majoritairement d’une immigration familiale : on ne compte que 35 couples et 57 jeunes enfants. Quatorze d’entre eux sont nés à St Denis, la plus âgée en 1907 et les deux plus jeunes en 1911, ce qui permet d’établir la date d’arrivée récente de leurs parents. Malgré sa « jeunesse », cette immigration compte déjà six couples mixtes franco-espagnols.
Vers 1910, il y avait eu, paraît-il, une première vague d'immigrés bretons et italiens, mais déjà dans les années 1930, on n'y trouve que des Espagnols —qui ont soutenu, pour la plupart, la République lors du putsch des généraux fascistes en 1936, ce qui leur coûterait plus tard, sous l'Occupation, un bon nombre de déportations à Mauthausen ou Ravensbrück. Ils ont éprouvé l'amertume de la défaite républicaine mais aussi l'euphorie de voir le 27 août 1944, avenue Président Wilson, des noms espagnols sur les chars d'assaut, les tanks, des troupes du général Leclerc qui libéraient Paris.
Enfin, entre 1958 et 1970, la misère franquiste entraînera encore un flux énorme d'immigrés ibériques à Saint-Denis.

Le film de Sophie Sensier, court et touffu, explique sans ornement, en français et en castillan, souvent en tendre fragnol, et grâce à un beau travail de montage, l'histoire émouvante de ce quartier —à travers des photos, quelques fragments vidéos, des images d'aujourd'hui et beaucoup de témoignages, dont un poème machadien, clair et net de Manuel García Montero.
Les Espagnols arrivaient dans des conditions très dures et de toutes les manières possibles pour fuir la misère et travailler dans les usines de gaz ou de soufre, la tréfilerie Mouton, la fonderie. Il y en avait même qui étaient contraints de traverser clandestinement la frontière des Pyrénées pour entrer en France (témoignage d'une spectatrice bien émue à la fin de la projection). Et la Plaine, au début, c'étaient les terrains vagues, les rats, les baraques, la boue, l'absence d'eau ou d'électricité, les lampes à pétrole, les fosses d'aisances communes, les pièces à partager et l'entassement concomitant, la culture des potagers, l'élevage des poules et des lapins... On pouvait louer une pièce à trois, par exemple, et chacun en disposait huit heures sur 24. Un jour, on a construit une première maison ; probablement grâce à l'effort de mains bandées, piquées par l'acide. Et, bien entendu, sur un terrain qui ne leur appartenait pas, comme il arrive toujours quand se dressent agglomérations d'habitations de fortune, poblados chabolistas ou favelas. Ces expatriés étaient illettrés, ils n'avaient pas pu aller à l'école. Et pourtant, Severiano Manglano, qui a vécu 17 ans de sa vie dans ces bidonvilles, en garde un bon souvenir ; il y en avait beaucoup dont la seule prétention était de gagner leur vie, et du pain et des pupitres pour leurs enfants.
Petit à petit, beaucoup de taudis ont été démolis, l'église du patronage est devenue un salon de fêtes et on bâtit aujourd'hui des habitations modernes sur les friches des usines désaffectées. Pour ne pas parler du colossal Stade de France. Mais on peut encore visiter "El Hogar de los Españoles".
Les uns sont restés en France, ainsi que leurs enfants ; d'autres sont rentrés en Espagne. Il y en a qui se sentent fiers d'être à la fois français et espagnols alors que d'autres lancent leur plainte entre deux chaises : ça fait mal que d'être français en Espagne et espagnol en France. Je me rappelle même un commentaire ironique là-dessus : "Ni Français ni Espagnols ; on est des Gitans". Une femme explique, plus ou moins, pour moi, dix jours en Espagne, c'est trop : mes attaches sont en France. Chaque expérience est différente, comme chaque chair. Mais ces témoignages sont clés, incontournables, pour contrecarrer la prolifération de mythes intéressés à propos de l'émigration espagnole.
Merci, Sophie, merci Natacha, pour votre contribution comme passeuses de mémoire.


NOTE : Justement, ces jours-ci, France Télévisions présente, avec Narrative, une coproduction de documentaires multimédia consacrés à l'émigration. On les diffuse sur le site de France 5, dans la collection "Portraits d'un nouveau monde". Vous y trouverez, par exemple, Un Somalien à Paris, de Patrick Zachmann, ou Au pied du mur, web documentaire de Romain de l'Écotais, réalisateur de 29 ans basé à Marseille qui, en 2005, a commencé à travailler sur la thématique de l'exil et du travail. Curieusement, il a dirigé des ateliers audiovisuels avec des jeunes d'Aubervilliers...
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À lire aussi sur le net :

Inès Edel García : À la Plaine Saint Denis, la nostalgie de la « Petite Espagne », 13 octobre 2016 (reportage pour le Bondy Blog) :
Le quartier Cristino Garcia, autrefois fief espagnol de la Plaine Saint Denis, a connu d’importantes mutations. Les Espagnols ont progressivement cédé leur place à d’autres communautés et le quartier se métamorphose. Mais l’enclave reste un lieu de sociabilité incontournable pour la communauté espagnole francilienne.
Natacha Lillo : « LA PETITE ESPAGNE »- La naissance d'une communauté. Immigrés espagnols à La Plaine Saint-Denis au début du XXème Siècle, retirada37.com, 14 mars 2017. Lecture incontournable !
En savoir plus.

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(1LILLO, Natacha : Espagnols en banlieue rouge, histoire comparée des 3 principales vagues migratoires à Saint-Denis et dans sa région au XXe siècle. 2 tomes et les annexes. Doctorat en IEP (Institut d'Études politiques, Histoire), 2001, dir. M Pierre Milza, IEP de Paris.
LILLO, Natacha : La Petite Espagne de la Plaine-Saint-Denis 1900-1980, éd. Autrement, avril 2004, 168 p. (coll. France d'ailleurs, Peuple d'ici). Sommaire :
La Plaine-Saint-Denis, lieu de mémoire ouvrière et immigrée, 1900-1920.
Précarité et solidarités à la Plaine dans l'entre-deux-guerres.
Les Espagnols dans la tourmente, 1930-1945.
Renouveau et déclin de la petite Espagne, des années 50 aux années 70.

jeudi 15 avril 2010

Miss GlouGlou vous apprend la crachitude



Pleine de fougue, de fraîcheur et de précision, Miss GlouGlou sait joindre le geste à la parole pour vous montrer comment cracher le vin avec élégance sans s'en mettre sur le plastron...
Voici l'intro qu'elle nous propose sur son blog :

Que dire de plus?

Si vous n’avez jamais craché de vin, les premières fois seront déroutantes. La rétro-olfaction ne s’effectue pas tout à fait de la même manière quand on crache et quand on avale le breuvage, il faut un moment d’adaptation. Alors, à part garder une micro-gorgée et recracher le reste, je n’ai qu’un conseil : entraînez-vous.

Et je suis, d’avance, désolée pour ceux qui seront navrés par le niveau intellectuel de cette vidéo.

Gabinete de lectura-Literatura francesa - Librería La Central - Madrid

AGENDA - La Central - Madrid - 2010

Je fais état d'un atelier où plusieurs spécialistes vont dévoiler leur passion pour certains livres emblématiques de la littérature française. Cliquez sur le lien ci-dessus pour en savoir plus. Au programme :

Mercredi 28 avril
Zona de Mathias Enard (Ed. La Otra Orilla)
Invité : Mathias Enard.

Mercredi 12 mai

Lo infraordinario de Georges Perec (Ed. Impedimenta)
Invité : Enrique Redel (éditeur).

Mercredi 26 mai

La educación sentimental de Gustave Flaubert
Invité : Constantino Bértolo (editeur et critique).

Mercredi 9 juin

El extranjero de Albert Camus
Invitée : Elvira Navarro (écrivaine).

Coordinatrice:

Mercedes Cebrián
(écrivaine, traductrice, journaliste).

lundi 12 avril 2010

Gallica et ses coquilles numériques

Je vous relaie ici, telle quelle, une brève de la lettre d'information quotidienne du Monde des abonnés à propos de Gallica. Cette gigantesque archive numérique de la Bibliothèque nationale de France a besoin de corriger les coquilles qui se glissent dans le processus de numérisation de tant et tant de documents qu'elle a entamé. C'est pour cela qu'aujourd'hui, elle...
(...) fait appel aux internautes de la communauté wikipédia. Le site, qui regroupe uniquement les ouvrages tombés dans le domaine public, propose en consultation gratuite plus de 1 million de documents (dont 408 190 en mode texte), un nombre faramineux qui s'accroît à un rythme de 1 500 documents numérisés par jour ! Devant ce travail colossal, les techniques de numérisation automatique ne sont pas parfaites et ne peuvent remplacer l'œil humain. Aussi les transcriptions des textes anciens qui en résultent présentent-ils régulièrement des erreurs. C'est pourquoi la BNF a conclu un partenariat avec l'association Wikimédia France pour solliciter le concours de ses contributeurs bénévoles. 1 400 œuvres sous forme de fichiers ont ainsi été transmises à Wikisource, afin que les internautes passionnés puissent les corriger. La sélection comporte des classiques de la littérature tels que ceux d'Emile Zola, George Sand, la comtesse de Ségur ou encore Stendhal.

NOTE POSTÉRIEURE à partir d'une info du Monde :

La Bibliothèque François-Mitterrand a ouvert le 2 juin son Labo BNF, un espace dédié à toutes les innovations numériques liées au livre, et un blog.

mardi 6 avril 2010

Les Aventures de Sarkozix

Le 21/03/2010, les éditions Guy Delcourt viennent de publier une BD intitulée Les Aventures de Sarkozix 1. Tout pour ma Gaule ! (ISBN : 978-2-7560-2085-3). Ses auteurs sont Wilfrid Lupano (scénario), Bruno Bazile (dessin) et Jérôme Maffre (couleurs). Ce premier volet inaugure une série consacrée à ce personnage gaulois dans la collection "Humour de rire" —alors qu'il y en a qui pensent que c'est lui qui se fout du monde.


Voici le résumé de cet épisode :
Lutèce, jour 1 de l'an 1 après JC (Jacques Chiraquix). Sarkozix, le nouveau chef des Gaulois, inaugure l'ère de la rupture et organise un grand banquet pour fêter sa victoire historique. Tous ses amis sont là : Martinbouix, Hortefix, Johnnix, son fidèle Fillus et bien sûr Carlabrunix. La tribu trinque aux boucliers fiscaux et autres régimes spéciaux... Les aventures de Sarkozyx ne font que commencer !
Ce volume est donc la parodie de La nuit du Fouquet's, le Fouquet's étant un restaurant de grand luxe des Champs-Élysées où le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy et ses amis —une cinquantaine de gens de l'argent et de la réussite— ont fêté leur victoire le soir du second tour de l'élection présidentielle (1).
Si vous voulez connaître le who is who du pouvoir en France, ainsi que des détails de cette soirée-là, vous n'avez qu'à jeter un coup d'œil sur l'ouvrage « La nuit du Fouquet’s » (Éd. Fayard) des journalistes politiques Ariane Chemin, du Monde, et Judith Perrignon (ex-Libération). Vous pouvez cliquer ci-contre et lire la critique de Noël Blandin dans La République des Lettres.

(1) Note du 7/4/10 : Rappelons que le bouclier fiscal a profité l'an dernier à environ 20 000 contribuables vraiment nantis pour un montant de 650 à 700 millions d'€, selon Le Figaro du 7/4/10. Le bouclier est contesté par 67 % des Français, 39 % réclamant sa suppression définitive et 28 % sa suspension, selon un sondage CSA dans Le Parisien du 31/3/10.

jeudi 25 mars 2010

Les élèves du lycée Chérioux et Julien Prévieux

Vous vous rappelez l'artiste Julien Prévieux et ses lettres de non-motivation ? Vous savez que le 2 février, un élève de 14 ans du lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) a été agressé ? Cliquez ci-contre pour voir une vidéo explicative fournie par France 3.
Les enseignants du lycée se sont alors mobilisés pour réclamer des "assistants d'éducation" (les "surveillants" de mon époque). Les cours ont finalement repris le 17 février, mais cette grève pourrait coûter cher aux profs car le ministère de l'Éducation du sarkozyste Luc Chatel ne leur reconnaît pas le droit de retrait et a entamé les retenues sur salaire. Selon Libération, au retour en classe, ils avaient un mot du proviseur dans leur casier: «Je vous informe que les états relatifs à vos absences pour service non fait ont été transmis aux services du rectorat pour retrait de salaires.» Quel beau métier que le nôtre.
Eh ben, les élèves de BTS design d'espace de ce lycée francilien viennent de concevoir avec Julien Prévieux un projet de "structures pour les jeunes qui errent dans les couloirs, faute de salle de permanence ou de foyer pour se poser entre deux cours". «L'idée, c'est toujours la même: dénoncer une situation en proposant des solutions sur le mode humoristique», explique Prévieux. On ne demande pas mieux : le résultat, relayé par Libération, est une saisissante revendication incisive et géométrique. Je vous conseille de jeter un coup d'œil sur la galerie de photos du blog du lycée.

dimanche 21 mars 2010

Jean Ferrat est mort



Le 13 mars 2010, ce type honnête à la voix magnifique a finalement été anéanti par le cancer qui le rongeait depuis un certain temps. Ses chansons nous restent, bien entendu, heureusement, et nous pouvons aussi écouter son témoignage, posthume, ses souvenirs, ses commentaires... grâce aux miracles des nouvelles technologies : le 15, sous le titre "Jean Ferrat, le léger et le grave", France Culture a bien voulu rediffuser les émissions d'À Voix nue qu'elle lui avait consacrées en 2004. Ce fut un travail d'Hélène Hazéra à partir d'un long entretien enregistré en octobre 2003 et développé en cinq volets, du 23 au 27/02/04, selon le schéma suivant :

1- Lundi 23 février 2004 : Une enfance dévastée par la guerre et les lois raciales de Vichy. Le bonheur familial s’interrompt brusquement : le père, venu de Russie fuyant les pogromes de l’après 1905, confiant en son nouveau pays, va se faire inscrire comme juif, porte l’étoile et disparaît en déportation. L’enfant doit se cacher…

2- Mardi 24 février 2004 : La jeunesse, le TNP, les galères, la Rive Gauche, Christine Sèvres, ma môme. Laborantin puis étudiant en sciences. Le jeune Jean Ferrat se forme intellectuellement au TNP de Jean Vilar. Il joue dans des troupes d’amateurs, puis s’essaie à ses premières chansons, qu’il va présenter dans les cabarets de la Rive gauche. Tableau de la Rive Gauche vu par un jeune chanteur en galère. Rencontre avec Christine Sèvres, sa première femme, chanteuse qui ne connut pas les grands succès mais reste très appréciée aujourd’hui des connaisseurs. Une jolie chanson populiste « Ma môme » attire l’attention sur lui.

3- Mercredi 25 février 2004 : La poésie d’Aragon, de Lorca et de Francis Carco, la vague yé-yé. Jean Ferrat évoque sa carrière, sa rencontre avec son éditeur, sa rencontre avec la poésie d’Aragon, avec celle de Lorca, et avec celle de Carco pour qui il a une prédilection. Le rapport avec le public, la fatigue des tournées. La difficulté d’écrire des choses graves dans un médium, la chanson, plutôt tournée vers la légèreté. Il évoque la guerre entre les chanteurs d’obédience « Rive Gauche », attachés à la poésie des textes et ceux de la vague yéyé, plus portés vers le rythme et l’imitation des succès américains.

4- Jeudi 26 février 2004 : La politique, Prague, Cuba, le bilan positif de Georges Marchais, et la censure. La chanson, pendant des siècles, a été un des vecteurs privilégiés de la politique, Jean Ferrat est heureux de s’inscrire dans ce courant. Il n’a jamais adhéré au Parti communiste, mais en a été toujours proche, quitte à dénoncer le coup de Prague et les propos de Marchais sur « le bilan positif ». Mais pas question de revenir sur son soutien à la Révolution cubaine… Qui dit politique dit censure, Jean Ferrat distille quelques histoires savoureuses.

5- Vendredi 27 février 2004 : La chanson française en 2003 et les médias, matraquage et commerce. Il y a quelques mois Jean Ferrat a écrit une tribune dans le Monde sur la situation de la chanson française, notamment dans les médias. Les œuvres personnelles sont de moins en moins diffusées au profit d’œuvres purement commerciales, matraquées sans vergogne, le plus souvent par des artistes voués à l’éphémère. Ferrat dénonce les attaques faites à un art qui est sa vie, et propose des mesures d’urgence. Beaucoup de colère et d’amertume même si, « à la fin, c’est la chanson des rues et des bois qui reste ».

Ce même lundi 15 mars, l'une de nos émissions favorites, Là-bas si j'y suis (France Inter), diffusait son hommage à Jean Ferrat.
Enfin, l'INA propose une belle collection de vidéos où voir et écouter Jean Ferrat chantant ou s'exprimant sur divers sujets.

Obsèques de Jean Ferrat, à Antraigues-sur-Volane (en Ardèche), ce mardi 16 mars 2010. Une cérémonie entre poésie et chansons retransmise en direct sur France 3 qui fournit ces images.

vendredi 19 mars 2010

Cartes interactives pour jouer et apprendre

Votre prof de français reprend ses activités le lundi 22 mars. Entretemps, je vous relaie une contribution de Sara Gómez, élève de NB 1, qui m'a envoyé le lien d'un site plurilingue, créé par Enrique Alonso, où vous trouverez des jeux didactiques basés sur des cartes interactives avec Flash. Une manière facile de vérifier vos connaissances en matière de géographie et, en ce qui nous concerne, d'apprendre en français des noms de pays, de départements français, de communautés autonomes, etc. Sa dernière actualisation date du 22/02/2010. Merci Sara pour ton tuyau.

lundi 8 mars 2010

L'agriculture et la vraie vie

« J’appartiens à ce parti d’opposition qui s’appelle la vie. »
Honoré de Balzac.


Nos enfants nous accuseront est un film de Jean-Paul Jaud, diffusé en novembre 2008, qui aborde l'insolite initiative de la municipalité de Barjac (Gard), qui a décidé d'introduire une alimentation saine dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur décrit la tragédie environnementale qui nous guette tous, notre santé et l'avenir des jeunes générations : 76 000 tonnes de pesticides sont déversées chaque année sur les campagnes françaises, mais cette pollution agrochimique ne connaît pas de frontières. Jaud nous a bel et bien prévenus...


Nous sommes à Barjac, une petite commune française au pied des Cévennes, dont le maire a décidé de faire face, a décidé de réagir en faisant passer la cantine scolaire en Bio. À Barjac comme ailleurs la population est confrontée aux angoisses contre la pollution industrielle, aux dangers de la pollution agrochimique. Ici commence un combat contre une logique qui pourrait devenir irréversible, un combat pour que demain nos enfants ne nous accusent pas (...).
(Propos de Périco Legasse, journaliste)

La chanson de la vidéo, Aux arbres citoyens !, appartient à l'album Charango (2006), de Yannick Noah. En voici les paroles et, puis, un clip :

Le ciment dans les plaines / Coule jusqu'aux montagnes / Poison dans les fontaines, / Dans nos campagnes
De cyclones en rafales / Notre histoire prend l'eau / Reste notre idéal / "Faire les beaux"
S'acheter de l'air en barre / Remplir la balance : / Quelques pétrodollars / Contre l'existence
De l'équateur aux pôles, / Ce poids sur nos épaules / De squatters éphémères... / Maintenant c'est plus drôle
Puisqu'il faut changer les choses / Aux arbres citoyens ! / Il est grand temps qu'on propose / Un monde pour demain !
Aux arbres citoyens / Quelques baffes à prendre / La veille est pour demain / Des baffes à rendre
Faire tenir debout / Une armée de roseaux / Plus personne à genoux / Fais passer le mot
C'est vrai la terre est ronde / Mais qui viendra nous dire / Qu'elle l'est pour tout le monde... / Et les autres à venir...
Puisqu'il faut changer les choses / Aux arbres citoyens ! / Il est grand temps qu'on propose / Un monde pour demain !
Plus le temps de savoir à qui la faute / De compter sur la chance ou les autres / Maintenant on se bat / Avec toi moi j'y crois




Mise à jour du 16 janvier 2014 
Miguel m'écrit :
Salut cher prof ! 
Je t'envoie "Les dix commandements pour les arbres" du botaniste Francis Hallé. 
C'est un architecte des arbres et un spécialiste dans le domaine des forêts primaires. 

DIX COMMANDEMENTS POUR LES ARBRES

RESPECT. Les arbres sont des êtres vivants, aussi vivants que vous ou moi. Mieux : ils sont nos protecteurs. Accordez-leur le respect auquel ils ont droit en tant qu’êtres vivants et ne les traitez jamais par le mépris, comme s’ils n’étaient que du mobilier urbain.

ANTICIPATION. Avant de planifier un édifice ou un quartier neuf, faites appel à un urbaniste qui saura placer d’abord les espaces verts et les lignes d’arbres : le bâti viendra seulement par la suite.

COMPÉTENCE. Sachez vous entourer des meilleures compétences pour le choix des essences, la plantation, les tailles de formation, l’élagage du bois mort et les diagnostics de sécurité.

PRÉVOYANCE. Prévoyez, pour chaque arbre planté, un volume suffisant pour sa couronne et ses racines lorsqu’il sera devenu adulte : cela rend les tailles inutiles. N’oubliez jamais qu’un arbre non taillé n’est pas dangereux.

MODESTIE. Ne plantez jamais de “gros sujets” destinés à faire impression : c’est à la fois une perte de temps et un gaspillage financier. La “frime” et les arbres ne vont pas ensemble.

HONNÊTETÉ. Ne croyez pas – et ne tentez pas de faire croire – que dix jeunes arbres vont remplacer un grand et vieil arbre abattu : c’est une contrevérité sociale, écologique et financière.

NON-VIOLENCE. Ne taillez ni les branches ni les racines d’un arbre, sauf obligation absolue. Ce n’est pas esthétique et cela rend l’arbre dangereux.

CIVISME. Soyez intraitables avec les comportements laxistes et inciviques vis-à-vis des arbres en ville : chocs, mutilations, etc. Ils supportent très mal toute forme d’agression.

PROTECTION. N’oubliez jamais qu’abattre les arbres le long des axes routiers n’est en aucun cas une réponse adaptée aux problèmes de la sécurité routière.

GRATITUDE. Aimer les arbres, c’est une autre façon d’aimer l’homme. Aimez vos arbres et vous aurez la satisfaction de constater que vos concitoyens vous en témoigneront de la gratitude.

(Source : Actes Sud)

jeudi 25 février 2010

Les heures, les minutes

Expression des heures, des minutes, vocabulaire et exercices là-dessus... Élèves de NB 1, Thierry Perrot vous apporte son soutien sur la Toile. Cliquez dessus pour faire vos pratiques ou dissiper vos doutes. Vous aurez aussi la possibilité d'écouter les expressions des activités du site en appuyant votre curseur sur elles.
Pour élargir vos possibilités en la matière, le site informatique-enseignant (Ressources informatiques pour l'enseignant) vous est d'un grand soutien : sites web éducatifs, un logiciel d'apprentissage, exercices et jeux, etc. Concernant les webs dont on vous rappelle l'existence, on vous précise même...
  • tipirate.net est un excellent site éducatif qui propose une rubrique ‘Heure » où l’on trouve plusieurs ressources dédiées: l’horloge interactive présentée ci-dessus, des exercices en ligne et d’autres au format PDF avec leur corrigé et même une horloge à imprimer et à découper.
  • pepit.be est aussi un très bon site web qui propose une série d’exercices à réaliser en ligne ou à télécharger dont certains reprenant les deux types d’exercices classiques: placer les aiguilles d’après l’heure indiquée ou écrire l’heure affichée par l’horloge.
  • maxetom.com est un site web avec des exercices parmi lesquels « A chaque heure son activité », plus accès sur la notion de temps en abordant les heures auxquelles se déroulent différents moments de la journée. Exercices en ligne ou à imprimer.
  • soutien67.free.fr - Une partie théorique et une autre dédiée aux exercices en ligne ou à imprimer dont de nombreux PDF avec horloge au format A4, parfait pour des manipulations en groupes.
  • turbulus.com - Des exercices classiques à imprimer.

Comme le mot "heure" m'a immédiatement suggéré Le Pont Mirabeau, de Guillaume Apollinaire (1880-1918), je vous le colle ci-dessous. C'est un poème que je trouve assez clair pour vous, malgré son usage du subjonctif. J'ajoute ensuite une vidéo —sur l'asphalte coule un fléau nommé "voitures"—qui vous permettra de jouir de la récitation de Serge Reggiani. N'hésitez pas à l'imiter, si ça vous chante. Bonne lecture, bonne écoute.

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure



Enfin, permettez encore une dernière suggestion en matière horaire : il s'agit d'une vieille chanson de Jacques Dutronc, Il est cinq heures, Paris s'éveille...

mardi 16 février 2010

Haïti et la vraie vie


Le tremblement de terre de magnitude 7 qui ravagea Port-au-Prince et ses alentours eut lieu le 12 mardi 12 janvier 2010, peu après 17h.
Je me suis rappelé plus tard que la République d'Haïti (Repiblik Ayiti en créole haïtien) avait été le scénario choisi par Laurent Cantet pour parler surtout de "nous", et de notre rapport aux pauvres, dans son film Vers le Sud. En effet, Haïti se trouve au Sud... de l'Amérique du Nord. Les désastres qui ont sévi dans ce pays antillais vraiment mortifié tout au long de sa jeune histoire n'ont pas été que naturels, loin de là. Je conseille de lire à ce sujet un texte du philosophe et écrivain haïtien Camille Loty Malebranche publié en avril 2008 : Haïti, le ventre des pauvres sous contrôle des ploutocrates. Voici le début de cet article :
Au moment où les émeutes de la faim font rage, il est un aspect essentiel que le cas d’Haïti révèle à tous : la volonté du nord ploutocratique à contrôler le ventre des pauvres du Sud. En Haïti, le dumping des denrées étasuniennes subventionnées par l’État étasunien pour détruire la production locale sans subvention ni moyens, a fini par avoir raison de l’alimentation produite sur place. Victime de cette concurrence déloyale éliminatrice des agriculteurs pauvres, la république haïtienne est peu à peu devenue une sorte de cloaque des produits agricoles, avicoles et piscicoles de bas étages des Etats-Unis (1). À un pays qui mangeait opulemment sa viande saine, ses vivres, ses fruits (bananes, oranges, corossols, melons, papayes, ananas, cachimans) et ses céréales naturelles et en exportait, on a fini par imposer les poulets aux hormones, toutes sortes d’abats d’oiseaux, des rebuts de poissons méphitiques des piscines de Miami, poissons déjà de carne que les repus malades des Usa refusent sur leur table elle-même si peu hygiénique. Il faut aussi dire ici que le homard, la langouste et le poisson haïtiens sont pêchés en haute mer par des chalutiers étasuniens qui n’en laissent que les petits aux haïtiens qui ne disposent guère de technique de pêche pouvant rivaliser avec les étasuniens violant les eaux territoriales haïtiennes en toute aisance. (Pour en lire la suite, cliquez sur le lien du titre de l'article)

(1) Note Postérieure - Voici ce qu'écrit Dan Kovalick le 10.03.2011 là-dessus sur CounterPunch : "Bill Clinton apologized to the Senate last year over these very free trade policies, saying: "It may have been good for some of my farmers in Arkansas, but it has not worked. It was a mistake. . . . I had to live everyday with the consequences of the loss of capacity to produce a rice crop in Haiti to feed those people because of what I did; nobody else." And yet, the current administration, with Bill Clinton himself cheering it on, is pushing the same failed free trade policies for Colombia."
Argent ou vie, maisons-spéculation ou maisons pour y vivre, bourse ou Haïti... Il faut choisir. La vraie vie ? Nous savons qu'Il est plus difficile de fuir le fric que les flics (Isidoro Valcárcel Medina dixit). Florvie Dieuveson montre un chemin bien émouvant... Pour ceux qui veulent aider la population haïtienne, voici une réflexion en toute connaissance de cause de trois médecins locaux, Claire Pierre, Louise Ivers et Paul Farmer, publiée par Le Monde diplomatique : Haïti : tout d’abord, ne plus nuire.
En tout cas, il va falloir sortir de notre bulle, de nos bulles, comme nous le propose Diam's dans ce concert pour Haïti. Y compris des bulles boursière, immobilière... car y'en a ras-la-bulle !



Je suis sortie de ma bulle,
J’ai pris le temps de regarder le monde et d’observer la lune,
Donc voici la nouvelle Diam’s en paix avec elle-même,
J’préfère qu’ça parte aux enfants du désert… ok, ok…
La vie n’est qu’une course et moi j’étais première dans les starters,
Qu’est-ce t’as à faire quand t’as pas de père hein ?
Dis-moi, qu’est-ce t’as à perdre ? Rien !
Alors tu cours après le flouze, tu coules, sous les coups tu l’ouvres,
Tu cours, tu cours, tu souffres et puis tu prouves,
Bah ouais mec ! Faut être honnête ! Mes troubles m’ont rendue poète
Au point qu’on mette à ma dispo de quoi me doucher au Moët
Hélicoptère, taxi et Jet, je suis montée sans mes tickets,
Du ter-ter t’accèdes au Ciel, mais tout à coup tu fais pitié,
Quand t’as de l’oseille ouais, trop peuvent crève, trop veulent test mec
Ton père revient te check, ton pire ennemi devient ton ex, ouais !
Petite princesse j’ n’ai fait que fuir pour mieux reluire,
Première ou Business au pire, tant qu’ j’avais des sièges en cuir,
Dans cette course aux billets roses j’ai vu mourir mes héros,
Dans les coulisses, ça sent la coke et chez les stars c’est l’héro,
Moi comme une tache, j’ai couru après le commerce et les dollars,
Au point d’avoir au poignet la même Rolex que Nicolas
Alors j’ suis…

REFRAIN
Sortie de ma bulle,
J’ai pris le temps de regarder l’Afrique et de contempler la lune,
Cette société n’est qu’une enclume,
J’ai couru après le fric, quitte à y laisser ma plume,
Dans cette course au succès, j’crois que j’ai connu l’enfer,
Ma soeur, mon frère, j’préfère qu’ça parte aux enfants du désert,
Car je n’emporterai rien sous terre.

Alors j’ai défoncé des portes, collectionné les cartes à code,
Black ou Gold, après le iPhone il m’ faut le Bold et le Ipod,
Et puis la Xbox connectée à la Wii Fit,
Soirée Sim’s entre filles, on se connecte en Wifi,
Oui, je suis « in », on dit que j’ suis branchée, un peu comme vous tous,
Nan, j’ veux pas vous déranger, j’passerai plus tard en Bluetooth,
A l’aise dans mes Air Force, je rêvasse en Airport,
Et puis j’écris des raps hardcore sur le tarmac d’ l’aéroport,
J’ai à l’index la même bague que Carla,
Mais elle ne me sert à rien sous les étoiles de Dakhla,
Désert de sable contre désert de désespoir,
Elle a des airs de victoire ma jeunesse, mais pas le choix des armes,
Vu que l’Etat nous prive de tout, elle trime et tousse,
Poussée par le crime, elle trouve refuge dans le Din ou au trou,
Triste pays qui compte sur les voix de Le Pen,
Pour qu’accèdent au sommet des gros capitalistes de merde,
Alors j’ suis…

REFRAIN

Petite banlieusarde issue du 91, fière de mon Essonne,
Fière de mon essor, j’ voulais qu’ ma voix résonne dans tous les stores,
Et puis si Dieu teste les hommes, je veux être digne d’aimer,
Et à tous ceux qui triment, sachez qu’ je veux être digne de vous aider,
Parce qu’aujourd’hui j’ai tout connu, l’opulence et la thune,
La déprime, les écus, les ambulances et la rue,
Je sais de quoi je suis capable, je sais de quoi l’Etat est coupable,
Lui qui débloque des milliards, mais jamais pour le contribuable, non !
Moi la boulette, je suis patronne et millionnaire,
C’était soit l’humanitaire, soit tenter d’être billionaire,
J’ai fait mon choix et je t’emmerde, désormais qui m’aime me suive,
Désormais qui m’aime me traîne, beaucoup plus haut que je ne vise,
J’ai besoin d’aide dans ma révolte, besoin de vivres dans ma récolte,
Besoin des cris de mon public, car j’ai besoin de bénévoles,
A c’ qui paraît on est des nazes, à c’ qui paraît faudrait qu’on s’ casse,
Venez, on sort de nos cases, venez, on se sert de Marianne pour
Sortir de nos bulles,
Et prendre le temps de regarder l’Afrique et de contempler la lune,
Cette société n’est qu’une enclume,
Elle nous fait courir après le fric, quitte à y laisser des plumes,
Dans cette course au succès, j’crois que l’on côtoie l’Enfer,
Ma soeur, mon frère, on est aussi des enfants du désert,
Et on a tous un rôle à jouer sur Terre,
Donc j’ suis…

REFRAIN

Donc, j’ suis sortie de ma bulle, sortie de ma bulle, sortie de ma bulle….

lundi 15 février 2010

Paris et ses parcours cinéma. Gainsbourg (vie héroïque), par Sfar.

Si vous cliquez sur le lien ci-contre, vous ouvrirez la page que le site Web de la mairie parisienne consacre à Paris et ses "parcours cinéma". Elle nous explique :
Chaque année, Paris accueille plus de 800 tournages dans 4 400 lieux de décors naturels et différents. Ces parcours Cinéma sont des guides pour les amoureux de Paris et du Cinéma. Les Parcours Cinéma vous invitent à découvrir Paris, ses quartiers célèbres, insolites et historiques à travers des films emblématiques réalisés dans la Capitale.
À ce titre, la liste des téléchargements disponibles (en format pdf) propose notamment : "Le petit Nicolas", "L'armée du crime" de Robert Guédiguian, "Chéri" de Stephen Frears, "Musée Haut, Musée Bas" de Jean-Michel Ribes, "Paris" de Cédric Klapisch, "La Môme" d'Olivier Dahan ou "Paris je t'aime".
À l'occasion de la sortie en salles du film Gainsbourg (vie héroïque), conte musical signé par l'écrivain-dessinateur Joann Sfar sur "l'homme à tête de chou", la mairie parisienne nous invite à découvrir le parcours cinéma du tournage ainsi qu'une interview du cinéaste où il revient sur cette réalisation. Le film...
C’est l’histoire, drôle et fantastique, de Serge Gainsbourg et de sa fameuse gueule [Dans le rôle, Doug Jones]. Où un petit garçon juif fanfaronne dans un Paris occupé par les Allemands ; où un jeune poète timide laisse sa peinture et sa chambre sous les toits pour éblouir les cabarets transformistes des Swinging Sixties. C’est une vie héroïque où les créatures de son esprit prennent corps à l’écran et sa verve se marie aux amours scandaleuses. De là est née une œuvre subversive avec en vedette un citoyen fidèle et insoumis qui fera vibrer la planète entière.



Joann Sfar met en scène Eric Elmosnino (Gainsbourg), Laetitia Casta (Brigitte Bardot) et Lucy Gordon (Jane Birkin) ; et puis, Yolande Moreau (Fréhel), Lou Doillon, Sara Forestier (France Gall), Philippe Katerine (Boris Vian), Mylène Jampanoï (Bambou), Anna Mouglalis (Juliette Gréco), Claude Chabrol... Sortie en salles le 20 Janvier 2010.


Ce conte filmé se termine par un aveu de son réalisateur écrit sur l'écran :
"J'aime trop Gainsbourg pour le ramener au réel. Ce ne sont pas les vérités de Gainsbourg qui m'intéressent, ce sont ses mensonges." (J. Sfar)