[facétie
philosophique tirée des manuscrits de feu M. le baron d'Holbach
et
insérée dans la Correspondance de Grimm (décembre 1790). Wikisource]
Merci Guillaume.
Humoriste et chroniqueur radio, il est surtout connu pour sa participation à l'émission Par Jupiter ! —présentée par Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek, de 17 h à 18 h, sur France Inter, dans le pays de Jupiter—, où il propose sa chronique
humoristique « Le Moment Meurice », composée de micro-trottoirs
caustiques...
Après l'arrestation de Taha Bouhafs, Guillaume Meurice a voulu connaître cette fameuse différence entre journalistes et militants...
« ... qu'on arrive pas à bien trouver en ce moment. Alors, il y a celle entre journaliste et paillasson qu'on a trouvée, puisque Laurent Delahousse [et ses coups de brosse à reluire de trop] était le chaînon manquant. On avait celle entre journaliste et proctologue, puisque les principales rédactions françaises ont offert à Carlos Ghosn un massage des hémorroïdes avec les papilles, donc ça, on est OK ; mais on a le cas Taha Bouhafs, qui a crée la polémique ce week-end en twittant que Macron était dans un théâtre (...) ».
C'est pourquoi Guillaume est descendu dans la rue afin de recueillir l'avis de certains militants qui tractent pour les municipales ces jours-ci : reconnaissons-le, un véritable Guettapens. C'est ainsi que notre chroniqueur décalé a découvert, entre autres, que Taha Bouhafs manque affreusement de process [franchement, la langue de la finance est non seulement un formidable bourrage de crâne, mais un symptôme qui ne ment pas] ou que cet individu, pardon que... ça [sic] doit être je ne sais pas quoi avec son nom, ça se voit... il s'appelle pas Durand... Bref, impossible qu'il soit de France. Euuhhhhhh... faute de mieux, Hasta la rigolade siempre !
P.-S.- Voici un exemple de contraste, homogène pitance, entre le journalisme de militance et le journalisme qui tance, à l'intention de ceux qui ignoreraient le sens des allusions aux petites éminences (à la surface des muqueuses) et tiendraient à repasser, voire sonder, les profondeurs de la démonstration de Guillaume :
Qu'est-ce qu'un camouflet ? Et un sourire jaune et sibyllin ? Une sibylle, peut-elle ne rien voir venir et en avoir gros sur le chœur ? Attendez, on vous montre...
Caisse de grève pour les grévistes de Radio France, sur Le pot solidaire (Contre le plan de casse de la Radio de Service Public, une grève des personnels a débuté lundi 25 novembre 2019). Pétition de soutien sur change.org.
8 janvier 2020 : [La présidente-directrice générale de Radio France] Sibyle Veil veut présenter ses voeux aux salariés de Radio
France, au 37e jour de grève contre un plan "stratégique" de casse de
Radio France (baisse de budget de 60 millions d'euros et 299
suppressions de postes)
La Sibylle a toujours annoncé la fin des temps, c'est son rôle —maintenant, PowerPoint à l'appui. Il faut imaginer les salariés de Radio France heureux. Avant qu'ils ne scandent à pleins poumons le message concret pour l'occasion, Sibyle, ton plan, on n'en veut pas !, le Chœur de la station, qui doit perdre un tiers de ses effectifs, avait réussi une interprétation vraiment émouvante d'un historique chant de résistance, Le Chœur des esclaves, de l'opéra Nabucco (1842), de Giuseppe Verdi, comme on le fait ces derniers temps devant les chantres de la modernité —des tarés surévalués et gonflés à bloc, des fossoyeurs de la vie sur l'autel du Veau d'Or, qui rend vache—, y compris Berlusconi :
Refuser d'écouter les porte-paroles et censeurs de la prédation la plus dévergondée est nécessaire, mais pas suffisant. Il faut unir nos forces pour aller plus loin. Dunque, se volete unirvi anche voi, lo facciamo tutti insieme! Faison-le tous ensemble ! A tempo però!
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P.-S. - Publié sur le site de Là-bas si j'y suis, voici un texte de Daniel Mermet, daté du 30 décembre 2019, au sujet de la grève de Radio France :
Radio France, en finir avec une confiscation
Au bout de quatre semaines, la grève a été suspendue à Radio France [1].
La direction n’a rien concédé sur son plan de 299 suppressions
d’emplois. Pour la présidente de Radio France, Sibyle Veil, l’amie de
promotion d’Emmanuel Macron lorsqu’ils étaient ensemble à l’ENA, cette
agitation est vaine puisqu’il n’y a pas d’alternative. D’ailleurs, cette
grève qui s’en soucie ? Dans le fracas social qui secoue le pays, cette
mobilisation est passée au deuxième plan. Si les antennes furent
silencieuses avec seulement quelques rediffusions imposées par les
directions pour contourner la grève, tout cela aura eu peu d’échos.
Quelques banderoles, une tribune dans Le Monde [2], une pétition en ligne [Pétition : la radio publique en danger]. La routine en somme...
En écoutant d’un peu plus près, il se pourrait que cette grève ne
ressemble pas aux autres et que la banquise commence à craquer sous les
pieds des pingouins qui nous gouvernent.
Radio France ne cesse de pavoiser sur ses records d’audience et sur
l’attachement de ses millions d’auditeurs quotidiens, dont plus de 6
millions chaque jour pour France Inter. On aurait pu en effet attendre
un important soutien de leur part face à ce plan social qui s’accompagne
d’une réduction de budget. Il ne s’agit pas là d’un simple ajustement
comptable, mais bien de la même politique qui, depuis des années,
démantèle systématiquement tout ce qui relève du secteur public afin de
« baisser les impôts et assurer la relance ». Mais cette vieille
entourloupe pour favoriser les privatisations trompe de moins en moins
de monde. On connaît les résultats. Dans les récentes manifestations, on
a vu fleurir une inscription : « on a compris ». Santé, éducation,
transports, la détérioration des services publics est la préoccupation
majeure du pays. Et même, pour la première fois, une majorité de
Français disent préférer une amélioration des services publics quitte à
payer davantage d’impôts [3]. EN LIRE LA TOTALITÉ
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Par ailleurs, aujourd'hui 18 janvier, environ 200 personnes de tous les corps de métier de l’Opéra et de la
Comédie-Française ont offert gratuitement un concert et un spectacle de danse (Le lac des cygnes) sur les
marches de l'Opéra Garnier. Son parvis était occupé par une foule de passants et de touristes, mais aussi de grévistes. La culture en danger ? La culture dominante est un danger ou, plutôt, un fléau.
Vous êtes au courant du désastre actuel en Australie, un pays dirigé par des politiciens accros au charbon et aux énergies fossiles et tributaires des puissances aux grands profits. Rouendanslarue.net est une intéressante publication en ligne qui a abordé le 7 janvier cette... hécatombe, terme approximatif, compte tenu de la quantité de vie ravagée. Ils savent très bien qu'une catastrophe ne commence jamais au moment où elle devient visible aux yeux de tous.
Exercice nécessaire, car nos esprits obnubilés ne sont pas faciles à décoloniser, leur réflexion concernant les gigantesques incendies australiens porte aussi sur l'info qu'on nous inflige, sur la colonisation de ce continent, sur le tragique sort de ses aborigènes ou sur les animaux morts... empalés sur des barbelés. En voici le début :
UNE CATASTROPHE NOMMÉE AUSTRALIE – À PROPOS DES ANIMAUX, DES ABORIGÈNES ET DE LA COLONISATION – OU COMMENT UNE CATASTROPHE PEUT EN CACHER UNE AUTRE ?
Presque tout le monde a compris, à part quelques rares climatosceptiques dont le premier ministre australien, que les incendies qui frappent l’Australie sont un effet direct du réchauffement climatique et donc plus largement de notre civilisation industrielle, marchande et capitaliste. Ce sont des pics de chaleur record qui expliquent la facilité avec laquelle l’Australie s’embrase.
Tout le monde sent plus ou moins confusément qu’il y a là comme un avant-goût de la catastrophe plus générale qui s’annonce. Mais il y a quelque chose de tristement ironique dans le fait que ce soit l’Australie qui soit si durement frappée par la folie occidentale. D’abord parce que géographiquement l’Australie n’est pas l’Europe. Elle est située à plus de 15000 km de Paris. Pourtant il s’agit bien d’un pays occidental et ce sont bien des descendants d’Européens que nous voyons continûment sur les chaînes de télévision. Si nous voyons tant de têtes blondes parmi les victimes des incendies c’est que au cours du 19e siècle la population aborigène d’Australie a été décimée. L’Australie reste le plus sauvage laboratoire de cette colonisation par laquelle selon le mot de Darwin » les races civilisées de l’homme extermineront et remplaceront les races sauvages partout dans le monde ». L’Australie était alors considérée comme une terra nullius c’est-à-dire une terre qui n’appartient à personne. Voilà qui suffisait pour justifier l’invasion de l’Australie par les Britanniques au 19e siècle.
L’Australie reste à jamais le nom de cette catastrophe là. Un ethnocide. Non pas la disparition totale des aborigènes mais la destruction d’une culture indigène. Nouvelle ironie. Cette culture, ce monde, appartient à tous les mondes disparus auquels s’est attaquée la domination occidentale et qui auraient pu nous permettre d’échapper au triste destin qu’elle nous promet précisément parce qu’ils reposaient sur un autre rapport au monde, aux vivants et aux esprits.
“Si nous n’avions pas tué des tas d’Aborigènes et que nous avions appris leur sagesse en matière de gestion de la brousse, nous n’aurions peut-être pas eu un moment aussi terrible que maintenant.”
Où sont les aborigènes ? Comment se fait-il que parmi toutes les personnes interrogées sur les chaînes de télévision australienne, il n’y en ait aucun ? Pourquoi ne leur donne-t-on pas la parole ? Comment sont-ils frappés par la catastrophe actuelle ? Qu’ont-ils à dire sur cette nouvelle catastrophe qui s’abat sur eux ? On ne le saura pas. Les aborigènes constituent l’impensé, le refoulé des incendies australiens.
Comme nous le rappelle Alain Accardo, dans un article (Vie et mort du petit-bourgeois gentilhomme, Le Monde diplomatique de janvier, page 3) qui est un extrait de sa préface à son ouvrage Le Petit-Bourgeois gentilhomme. Sur les prétentions hégémoniques des classes moyennes, (nouvelle édition parue aux éditions Agone, Marseille, le 10 janvier 2020) :
Tel Saturne dévorant ses enfants, le capitalisme étend sa dévoration à
tout ce qui existe, sans égard pour sa propre reproduction à long
terme : ressources minérales, végétales, animales et même humaines, tout
doit y passer, tout est à vendre, tout se fait marchandise et argent.
Jusqu’à ce que la planète entière soit devenue une vaste décharge
puante, toxique et invivable. Sauf si on arrête cette folie meurtrière
avant qu’elle n’ait tout saccagé.
_________________________________ Mise à jour du 23 janvier 2020 :
Voilà pourquoi il y a un mot de Walter Benjamin qui n'arrête pas d'avoir la puissante vigueur de tout ce qui est très en vigueur :
« Marx a dit que les révolutions sont la locomotive de l’histoire mondiale. Peut-être que les choses se présentent autrement. Il se peut que les révolutions soient l’acte par lequel l’humanité qui voyage dans le train tire les freins d’urgence. »(Sur le concept d’histoire[1940], Payot, 2013)
Le Capitalisme financier a édifié un système, des structures, des mécanismes, des portes tournantes, des virtualités, des prestidigitations linguistiques et des valeurs entraînant une concentration croissante des richesses et du pouvoir concomitant, bref, une oligarchie. Son élan, sa flèche est cause et effet d'une avidité inexorable. Ses vautours les plus hardis et surpuissants planent sur nos existences machinalement, nouvelles technologies à l'appui, sans états d'âme. Leurs succès et leurs échecs —et maths— sont notre ruine et celle de la planète.
Beaucoup de gens dans le monde lisent, regardent, écoutent tous les jours la prédication de ce Capitalisme à travers ses grands média. Il y a néanmoins des pages (saumon), des rubriques, des sections qu'on évite soigneusement. C'est là qu'on peut lire ou écouter des références directes ou indirectes à ces géants à la taille tellement démesurée qu'ils déterminent autrement nos vies, nos emplois, nos salaires, nos pensions... C'est le cas de BlackRock avec ses multiples participations multinationales (1). Voilà pourquoi il y en a qui ont commencé à passer au crible cette entreprise.
Selon le droit financier, un délit d'initié est une infraction commise par une personne qui, disposant d'informations privilégiées, les utilise pour des opérations en Bourse (Le Robert).
Un article du quotidien Público du 2011 illustrait le délit d'initié à travers trois cas "possibles". Sur le premier, on pouvait lire :
En un momento tan crítico como el 28 de abril de 2010 -dos semanas después, la UE emprendería el pacto de ajuste para rescatar Grecia e intentar calmar a los mercados-, Standard &Poor's rebajó la calificación de España y divulgó la noticia tres minutos antes del cierre de la Bolsa, lo que aceleró la caída de la jornada, según describe la querella.
El escrito recuerda que ese día España lideró la caída bursátil de toda la UE (se dejó el 2,99%), acelerada en los últimos minutos, y pide que se investigue por qué S&P decidió difundir su informe en ese preciso momento. Entre los accionistas de la agencia están fondos estadounidenses como Vanguard, Capital Group y BlackRock, algunos de ellos especialistas en apuestas a la baja, que generan ganancias cuando cae la Bolsa. 'Debe aclararse si los beneficiados de dicha situación eran o no clientes de S&P', reza la querella.
En novembre 2016, dans un article du Monde diplo, Jean-Michel Quatrepoint mettait les points sur les i sur le partenariat éducation publique élitiste-business bien privé et sur un pantouflage particulièrement significatif :
Les branches françaises des cinq grandes banques d’investissement [étasuniennes] sont toutes dirigées par un énarque. M. Jean-François Cirelli (2), ex-dirigeant de Gaz de France et d’Engie, ancien membre du cabinet du président Jacques Chirac, vient de rejoindre la filiale pour la France et le Benelux de BlackRock. Peu connu du grand public, ce fonds est le premier gestionnaire d’actifs du monde.
Frustrés par la faible part de l’épargne individuelle dans le système de retraite français, les géants de la finance espèrent que, avec la réforme Macron-Philippe, leur heure arrive enfin.
Depuis le début, son texte reprend ou transmet —mis à part d'autres intéressants compléments d'information— l'essentiel de Ces financiers qui dirigent le monde - BlackRock (BlackRock - Die unheimliche Macht eines Finanzkonzerns, 91 min., Allemagne, 2019), un documentaire enquête que j'ai vu il y a trois semaines —tout en survivant à ses effets spéciaux, visuels et sonores, vraiment consternants, voire éprouvants : son réalisateur, Tom Ockers, a fait sien le sensationnalisme formel de la civilisation de l'objet de son étude. Le film fut émis par ARTE mardi 16 septembre à 20h50, puis à la carte en ligne. Voici, inséré, ce produit critique et touffu de la société du Spectacle et du Grand Pognon :
Très discret, BlackRock est pourtant le plus puissant gestionnaire d’actifs de la planète. Enquête sur l’omniprésence préoccupante et indécente des grands argentiers de BlackRock dans la vie politique et économique mondiale.
Si l’argent ne fait pas le bonheur, il ouvre sans nul doute les portes du pouvoir. Une maxime que le groupe de gestion d'actifs BlackRock, avec ses 6 000 milliards de dollars américains passés, soit plus de deux fois le PIB de la France, connaît bien. Sociétés, gouvernements et banques centrales : l'entreprise tentaculaire ne cesse d'étendre son influence dans toutes les directions, depuis sa création, en 1988, par Larry Fink. La force de ce géant américain de la gestion réside dans les milliards de dollars que lui confient ses clients, pour la plupart des gros poissons de la finance : multinationales, institutions financières et fonds d’investissement ou de pension. Grâce à cette manne financière, le groupe a mis le grappin sur de nombreuses multinationales. Actuellement, BlackRock est entre autres présent dans le capital d’Apple, de Microsoft, de Facebook, de McDonald’s, de Siemens, ainsi que de nombreuses entreprises du CAC 40. Non content d’investir dans les entreprises les mieux cotées du monde, le gestionnaire d'actifs est aussi dans les petits papiers de gouverneurs de banques centrales, de ministres des finances et même de chefs d’État, à qui il prodigue de précieux conseils. Et pour cause : il dispose non seulement des meilleurs experts financiers, mais aussi d’un algorithme de prévision conjoncturel sans égal, Aladdin. Lors de la crise financière de 2008, de nombreux gouvernements proches du naufrage avaient fait appel au groupe de Larry Fink, ce qui lui a permis de renforcer son emprise sur l’économie mondiale et de présenter à tous le visage d'une entreprise providentielle… Empire tentaculaire
Dans la société civile, d’aucuns s’inquiètent de la position ultradominante du groupe, désormais capable d’influer sur l’économie mondiale et de souffler à l’oreille des décideurs. Son outil phare, Aladdin, représente également une source d’inquiétude : il pousse à une uniformisation de l’investissement mondial, ce qui pourrait amplifier l’effet domino à la prochaine crise financière. Cette enquête choc de Tom Ockers dénonce l’omniprésence préoccupante et indécente des grands argentiers de BlackRock dans la vie politique et économique mondiale. Menée dans cinq pays différents, elle brosse le portrait fouillé d’un des groupes financiers les plus influents au monde, parfaitement inconnu du grand public.
Ce documentaire a été également bien digéré par Jérémie Younes qui en a livré un résumé glose en rapport avec l'actualité macro(écono)nique, déjà cité ici (Retraites : les compagnies d’assurance en embuscade), comme employé de la semaine du site Là-bas le 16 décembre. Il y rappelle qu'on sait très bien que BlackRock et ses amis (et leurs lois PACTolE) font font font et tiennent à faire dans les retraites...
Mise en ligne le 15 décembre 2019
(...) D’ailleurs, le gouvernement a déjà commencé à inciter les riches à se
tourner vers la capitalisation : souvenez-vous de la fameuse Loi Pacte,
dans laquelle étaient contenues les privatisations de FDJ, d’ADP, et un
tas d’autres énormités. Dans cette loi Pacte, un article stipule que
les cotisations à des plans d’épargne retraites privés sont désormais...
déductibles à 100% des revenus du contribuable [4] !
Déductibles, comme les dons pour Notre-Dame. Nous subventionnons avec
nos impôts la sécession des riches de notre système par répartition. Et
l’assurance AG2R la Mondiale jubile sur son site internet : « La loi Pacte vise à rendre ces produits plus attractifs ».
Mais le scandale ne s’arrête pas là : ces dispositions de la loi
Pacte et de la réforme par points pourraient avoir été directement
soufflées au gouvernement par l’un des plus grands fonds de pension du
monde, le géant américain de la finance et de l’assurance BlackRock [5].
En effet, on a appris il y a quelques jours que le PDG de BlackRock,
Larry Fink, a été reçu en catimini plusieurs fois à l’Élysée ces
derniers mois [6].
On découvre même qu’en juin 2019, quelques jours avant la remise du rapportDelevoye, BlackRock a remis un document de 15 pages avec ses « recommandations »
au gouvernement pour la réforme des retraites. Un lobbyisme acharné que
BlackRock avait déjà mis en œuvre pour la loi Pacte : on trouve sur
leur site un charmant petit dossier intitulé « Loi Pacte, le bon plan retraite » !
Entre ces incitations fiscales, le plafond de cotisations pour les
hauts revenus et le lobbyisme intense des fonds de pension, ce n’est
plus une question mais une constatation : c’est bien la fin de la
répartition que prépare Emmanuel Macron.
...et cite plusieurs sources clarificatrices en la matière, dont Martine Orange (Mediapart, le 9 décembre 2019)...
Premier gestionnaire d’actifs au monde, BlackRock a des vues sur l’épargne française, « une des plus élevées d’Europe ». À
la faveur de la loi Pacte, première étape pour dynamiter la retraite
par répartition, le fonds américain dispense ses recommandations au
gouvernement.
Fonds de pension. Le gigantesque gestionnaire d’actifs BlackRock lorgne l’épargne hexagonale, qu’il voudrait transformer en retraite par capitalisation. Il attend que la loi Pacte votée au printemps et la réforme Delevoye lui ouvrent les portes de ce marché.
Vidéo mise en ligne le 4 décembre 2019.
Le 20 décembre, nez fin, sourire aux lèvres, Tatiana Ventôse (Le Fil d'Actu) s'est soigneusement penchée sur ce sujet afin de nous ouvrir les yeux concernant les intérêts cachés et, donc, les vrais gagnants de cet énième projet de réforme au service de la finance, ergo tellement cher au président aux lapsus éloquents —car éclaircissant à quels râteliers il mange :
Quant à ces féroces cipayes des institutions et des média, je le dis, c'est pas pour cafter, mais y font rien qu'à mugir dans nos paysages audiovisuels, nos papiers et nos institutions, dérouter la langue et conchier (s'oublier sur) l'Histoire, le Conseil national de la Résistance (3) et 90% des Français.
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(1) qui ne cessent de croître : Santander, Caixabank, Air Liquide, Vale, UMICORE,... [immédiatement après la rédaction de ce billet AENA et BME]. Ainsi, quand le 17 décembre 2019, nous liions dans plusieurs moyens de communication que...
L'organisation International Rights Advocates a déposé plainte contre cinq géants de la tech, accusés de profiter du travail d'enfants dans les mines de cobalt en République démocratique du Congo. (Capital. Cf. The Guardian-eldiario.es)
Le cobalt est « exploité en RDC selon des conditions dignes de l'Age
de pierre, extrêmement dangereuses, par des enfants qui sont payés 1 ou
2 dollars par jour pour fournir le cobalt servant aux onéreux gadgets
fabriqués par certaines des plus riches entreprises au monde », dénonce l'association de défense des droits de l'homme. (Les Échos)
...on remarquait que les sociétés concernées, directement ou indirectement, savoir, Apple, Tesla, Microsoft, la maison mère de Google et Dell, d'un côté, Kamoto Copper Company (Katanga Mining Limited), contrôlée à 75% parGlencore (groupe minier anglo-suisse de négoce, courtage et d'extraction de matières premières), ou la compagnie belge de production et recyclage de métaux non ferreux Umicore, de l'autre, ont toutes quelque chose en commun : ce sont des entreprises participées par BlackRock.
(2) Mise à jour du 2 janvier 2020 :
J'apprends par Là-bas que M. Cirelli a été élevé au rang d’officier de la Légion d’honneur le 1er janvier 2020 par décret du 31 décembre 2019 du Président de la République. Vous pouvez consulter la parution au Journal Officiel. Pas mal, comme foutage de gueule.
(3) Voici un exemple de sarcasme pur beurre pour voir à quel point ils se torchent du monde. C'est un extrait du discours d'Édouard Philippe, mercredi 11 décembre 2019, devant le Conseil économique et social, à Paris :
Nous proposons un nouveau pacte entre les générations. Un pacte fidèle, dans son esprit, à celui imaginé par le Conseil national de la Résistance dans l’après-guerre pour créer le système de retraite actuel.
Pouahhhhh. Stéphane Hessel et ses camarades ont dû se retourner dans leur tombe. N'oublions pas l'Appel du 8 mars 2004 qui prônait « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944. »
Le mot d'Ambroise Croizat, syndicaliste CGT et ministre communiste qui mit en place la Sécurité sociale en 1945, reste toujours pertinent : « Rien n’est jamais acquis définitivement car le patronat ne désarme jamais. » La Sécu s'est bâtie sur un principe ne nécessitant pas de chiffres : «Vivre sans l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident de travail, en cotisant selon ses moyens et en recevant selon ses besoins.»
____________________________________ Mise à jour du 10 janvier 2020 :
(...) a pour vocation de fournir des arguments à tous ceux et toutes celles
qui s’opposent à la réforme des retraites, mais sont souvent démunis
face aux éléments de langage (parfois faux, la plupart du temps
incomplets ou simplistes) qu’on leur oppose.
Du très bon travail. Pour lire ce guide dans son intégralité, téléchargez le PDF ci-contre. Merci, Anaïs.
Billet à suivre : pour aller plus loin, CLIQUEZ ICI et vous accèderez à un deuxième billet qui décortique le film de Tom Ockers
...Car loin du psittacisme médiatique, il y a bon nombre d'événements qui nous interpellent autrement dont on ne parle que peu ou sous l'angle de la propagande unique. Nous essayons de repérer et de glaner des faits/sujets/positions en dehors de l'actu ou de l'éditocratie.
Voici notre troisième sommaire de cette année scolaire, pour notre conférence de rédaction médiatrice du mercredi 16 décembre 2019. Merci à mes élèves pour leurs contributions !
Une émouvante histoire de résistance illustrée par un film :
... INVASION
porte sur la résistance du campement Unist’ot’en, du point d’accès Gidimt’en et de l’ensemble de la nation Wet’suwet’en contre la violence coloniale du gouvernement canadien et des grandes entreprises.
Le gouvernement jure la main sur le cœur que la retraite par points, c’est pour sauver le système par répartition cher aux français ! Pourtant, les compagnies d’assurances se frottent déja les mains. Comment Macron prépare la fin de la répartition, une chronique de Jérémie Younes.
À ce sujet, nous relayons aussi une « Analyse de la réforme des retraites » par le Comité de mobilisation de la direction générale de l’Insee. Cette analyse conclut, entre autres, que Chaque habitant
pourrait disposer d’un meilleur niveau de vie tout en travaillant moins longtemps.
À condition, bien entendu, de ne plus continuer à transférer, en
quantités faramineuses, de l'argent de la multitude aux drôlement
rupins, gratiné trickle up effect.
Le comité présente ainsi sa démarche :
Nous
sommes des statisticiennes et statisticiens de l’Insee, l’Institut
national de la statistique et des études économiques. À ce titre, nous
réaffirmons que le
rôle de la statistique publique est d’éclairer le débat public et
d’apporter aux citoyens des éléments de compréhension des enjeux sociaux
et économiques.
Mercredi 11 décembre 2019, le Premier ministre,
M. Édouard Philippe, a affirmé : « La responsabilité, c’est tenir
compte, comme tous nos voisins, de données économiques et démographiques
incontestables. »
Nous le prenons au mot en rappelant quelques
chiffres fondamentaux, afin que les citoyens s’en saisissent et
comprennent l’enjeu d’un refus collectif de la réforme
régressive en cours.
Le comité de mobilisation de la direction générale de l’Insee, soutenu par les sections CGT, FO, SUD.
(...) Derrière les discours officiels qui en appellent à la solidarité et à
l’universalité, notamment à travers le projet de réforme des retraites,
aucun pouvoir n’a assumé avec autant de clarté l’idée que la politique
relevait avant tout d’une gestion calculante venant en lieu et place
d’une réflexion à long terme sur les fins ultimes de la société dans
laquelle nous voulons vivre. Le processus qui veut que la société soit
régie sur le modèle de l’entreprise n’est certes pas nouveau. Il
caractérise ce qu’on appelle, faute de mieux, la rationalité
« néo-libérale » pour qui la politique doit être soumise aux mêmes
critères que ceux du management. Ce sont des constats bien connus et sur
lesquels il est inutile de revenir. A cet égard, le macronisme n’est
pas une invention politique, mais l’aboutissement d’un processus de
longue durée. Le « nouveau monde » n’a rien de nouveau, si ce n’est la
proclamation explicite, non dissimulée, d’un certain nombre d’impératifs
étroitement associés à une vision utilitariste du social. Et, encore
une fois, cette vision utilitariste affecte profondément la manière dont
on appréhende les sujets politiques : le nouveau modèle de
subjectivation proposé aux individus est celui d’un sujet rationnel,
entrepreneur de soi-même, performant, soustrait par le calcul et la
prévision aux aléas de la contingence et débarrassé du même coup des
déchirements intérieurs, des contradictions et des paradoxes qui font sa
richesse. A cet égard, le macronisme est une politique de l’insensible. (...)
On peut suivre en direct l'actualité des manifestations et grèves en France contre le macronisme-chicaguisme. Eh oui, on a cette possibilité, si ça vous chante. Ainsi, le site d'information Là-bas si j'y suis vous propose un suivi en direct aujourd'hui, en accès libre, tout comme ils l'ont déjà proposé pour la journée du 5 décembre. Vous n'avez qu'à cliquer sur les liens.
Bon mardi d'après-pont !
Hélas, c'était presque prévu, il aurait fallu un grand retournement, mais c'est tout de même bien dommage. Siné Madame, le journal qui ne simulait pas, tire sa révérence. Il faut quand même imaginer nos Sisyphes (Catherine Weil Sinet et ses copines d'aventure) heureuses et fières. Il faut imaginer qu'elles n'en démordront jamais. Hommage...
Chères lectrices, chers lecteurs de Siné Madame,
le journal qui ne simulait pas.
Vous avez bien lu, la phrase est à l’imparfait. La belle aventure de Siné Madame doit, hélas, se terminer. Le numéro 6 est donc le dernier.
Les ventes du journal ont chuté après le numéro double de l’été. Elles ont un peu remonté en octobre. Pas assez cependant pour continuer de publier un journal qui, comme Siné Mensuel, ne vit que grâce à ses lecteurs, sans mécènes et sans pub.
Nous nous sommes bien amusés, nous tous, femmes et hommes, qui ont consacré du temps à ce journal. Nous avons aussi appris plein de choses.
Nous avons été un peu dingues de lancer un journal papier sans argent, par les temps qui courent. Nous avons beaucoup ri aux dessins de celles qui, pour la plupart, n’avaient jamais fait de dessins de presse.
Merci du fond du cœur, à toutes et à tous, qui nous avez fait confiance.
(...) Siné Madame semble avoir une genèse moins imprévue et accidentelle. Elle relève davantage d’une nécessité de transmission car, comme elle le précise, « je voulais qu’on parle aux hommes, on ne s’en sortira jamais si on ne les éduque pas correctement ». Elle développe son propos, « il n’y a pas à tortiller… On élève les gosses. Comment peut-on en faire des machos ? Moi-même j’ai élevé un garçon. Jamais je n’ai pris la peine de lui parler des femmes, de leurs corps, de leurs droits, alors que je lui ai bien appris à faire le ménage, le repassage et à être autonome. On dit quoi aux filles ? Fais attention ? Mais est-ce qu’on dit
clairement aux garçons qu’il ne faut pas violenter ? C’est ça qu’il faut inverser ». Elle soupire, fataliste : « On voulait peut-être en faire un dossier dans le prochain numéro… s’il y a un prochain numéro ».
Puis, voici un entretien où vous pourrez voir Catherine s'exprimer directement. Il s'agit d'un nouvel épisode au titre expressif de Tout Peut Arriver, mis en ligne le 18 novembre, sur Le Média :
L'émission est proposée par le journaliste Denis Robert, l'auteur de Mohicans, un bouquin qui retrace l'histoire de "Charlie Hebdo" et de ses deux époques,
tellement différentes, celle de son lancement par Cavanna et Choron et
celle de sa reprise par le PhilippeVal, un faux-cul dont les crocs rayent le parquet, un Petit, petit qui est allé très loin —et pas exactement sur le chemin de la liberté d'expression.
Thinkerview, le 9 janvier 2016. Interview de Denis Robert.
Thèmes abordés :
Cavanna, Charlie Hebdo, Usurpateurs, Philippe Val, Denis Robert,
Attentats, Traitement de l'information, Terrorisme, Etat de urgence,
Education, Confiance dans l'information, Prédicateur, responsabilité de
l'état, Krishnamurti, conseils, Naomi Klein.
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P.-S. - D'autres billets au sujet de Siné sur ce blog : ici, ici, ici, ici et là.
...Car loin du psittacisme médiatique, il y a bon nombre d'événements qui nous interpellent autrement dont on ne parle que peu ou sous l'angle de la propagande unique. Nous essayons de repérer et de glaner des faits/sujets/positions en dehors de l'actu ou de l'éditocratie.
Voici notre second sommaire de cette année scolaire, pour notre conférence de rédaction médiatrice du mercredi 13 novembre 2019.
Merci à mes élèves pour leurs contributions !
Il comprend, entre autres...
Vendredi 8 novembre, un étudiant lyonnais de 22 ans, Anas K. s’est immolé par le feu devant un bâtiment du CROUS à Lyon. Des rassemblements étaient organisés ce mardi dans toute la France en solidarité. À Paris, le rassemblement s’est vite transformé en manifestation non-déclarée. Un reportage de Taha Bouhafs.
Le mardi 12 novembre, nous nous déplaçons à Alcalá pour assister à la projection des courts métrages francophones de la
section "Idiomas en corto" d'ALCINE, le Festival de Cine de Alcalá de
Henares, dans le cadre de sa 49e édition.
Ce sera, comme d'habitude, dans le
Teatro Salón Cervantes, à 17h00. Au programme, cinq courts métrages dont quatre plutôt bouleversants, partageant un fil conducteur passablement inquiétant...
1)Roberto le canari - France, 10:15 Productions, 2017. Couleur, Fiction ; durée : 18' 20''. Réalisation et scénario de Nathalie Saugeon, avec Élodie Bouchez, David Kammenos et Keanu Peyran.
SYNOPSIS :
Un père voit l'équilibre de sa famille se fragiliser à la suite d'un accident dont est témoin son fils.
Ou comment une famille fait face à l'enterrement d'un oiseau mort qui exhume d'autres enterrements, d'autres fantasmes.
SYNOPSIS :
Une adolescente se regarde dans un miroir. Elle n’aime pas ce qu’elle voit : grasse, maigre, moche, elle ressemble à un monstre. Peut-être qu’elle devrait juste faire un pas en arrière et se rendre compte qu’elle n’est pas aussi monstrueuse.
À réfléchir sur les déséquilibres et contorsions mentales déclenchant cette orgie de distorsions...
3)FORFAIT - Belgique. 2018. Couleur, fiction (drame), 16 min. Réalisation et scénario: Rémi Quodbach (Paris, 1995).
SYNOPSIS :
David, un jeune garçon de 17 ans qui vit dans un environnement difficile, a une chance de réaliser son rêve.
Il s'agit d'un film très dur où l'on réfléchit au racisme, aux familles déstructurées et aux conflits de générations. David est un ado qui cherche la reconnaissance dans un double contexte, social, à travers le sport, et
familial : sa mère, d'origine africaine, est isolée et alcoolodépendante. Et il ne sait plus comment s'y prendre, comment la regagner.
Le site de "Culture" de TV5Monde lui consacre une vidéo informative et écrit à son propos :
Chaque année depuis 27 ans, le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris organise un festival de court métrage qui porte bien son nom, « Le Court qui en dit long ». Pendant cette édition 2019, un film a particulièrement retenu l’attention : « Forfait », de Rémi Quodbach. Le jeune acteur Franck Onana, qui y joue le rôle de David, un jeune garçon de 17 ans, footballeur en devenir qui vit dans un environnement difficile, s’est vu remettre le Grand prix d’interprétation masculine. Pour son premier film, Rémi Quodbach signe une œuvre quasi autobiographique : une mère alcoolique et une passion pour le football, qu'il a récemment troquée pour celle du cinéma. (Cliquez ici pour accéder à la vidéo)
4)Têtard - France, À Perte de Vue, 2019. Couleur, Animation, 13' 39'' min. Réalisation de Jean-Claude Rozec.
SYNOPSIS : J’étais toute petite, mais je m’en souviens encore très bien. Papa et Maman n’y ont vu que du feu, mais moi, j’ai tout de suite su. La chose qu’il y avait dans le berceau, c’était pas mon p’tit frère. Non. C’était toi. T’avais déjà cette drôle de tête. Et puis tu puais…Hein, Têtard ?
Onirisme marécageux et sombre, malgré des couleurs bariolées, qui nous évoque Lokis ou le loup-garou...
5)LA LÉGENDE - France, 2018. Couleur, fiction, 11 min. Un Court métrage de Manon Eyriey, produit par 2.4.7. Films (247 Films).
SYNOPSIS :
Depuis l’immeuble d’en face, deux copines observent la Légende,
le plus beau garçon du quartier. L'une d'elles se prépare avec soin :
ce soir, elle le sait, elle va passer la nuit avec lui. Sa première nuit
d'amour.
Morale : une amie vaut mieux que deux tu l'auras (la légende...).
Cliquez ici pour accéder, chez ARTE, à un échange entre Manon Eyriey et Delphine de Vigan autour du film "La légende".
Productrice
de plusieurs courts et moyens métrages, Manon Eyriey est désormais
réalisatrice. Pour évoquer ce premier court, « La légende », elle a
invité la co-scénariste de son premier long métrage à venir, Delphine De
Vigan, romancière auteure d’une dizaine de livres dont le dernier « Les Gratitudes » est paru chez Jean-Claude Lattès.
« La responsabilité sociale du monde des affaires consiste à augmenter ses bénéfices. »
Milton Friedman, The New York Times Magazine, le 13.09.1970
Forbes.fr a tout à fait raison, il faut éviter de se leurrer là-dessus : « Travail, salaire, profit » n'est pas une devise, mais une nouvelle série documentaire que nous devons au romancier, poète et cinéasteGérard Mordillat et à l'économiste Bertrand Rothé. Ses quatre premiers volets ont été diffusés le 15 octobre à 20h50 sur ARTE, la chaîne publique franco-allemande.
Il s'agit d'une coproduction Archipel 33 et ARTE France de cette année 2019.
Pour la réaliser, les auteurs ont interrogé 21 chercheurs d’Europe, des États-Unis, de Chine et d’Afrique sur 6 concepts fondamentaux de l’économie : le travail, l’emploi, le salaire, le capital, le profit et le marché. La série consacre un chapitre d'une cinquantaine de minutes à chaque concept. Ces épisodes seront disponibles en ligne, sur le site d'ARTE, jusqu'au 13 décembre 2019. Pour y accéder, vous n'avez qu'à cliquer sur les liens précédents.
Quant aux intervenants dans la série, en voici la liste :
Richard Arena, professeur d'économie à l'Université Côte d'Azur de Nice et chercheur au centre LATAPSES. C'est un spécialiste de l'école autrichienne et particulièrement de Carl Menger. Christophe Darmangeat, anthropologue, Université Paris Diderot. Philippe Askenazy, toulousain, directeur de recherche au CNRS et chercheur à l'École d'économie de Paris. Dirk Ehnts, économiste, Technische Universität, Chemnitz (Allemagne). Béatrice Cherrier, historienne de l'économie, Université de Cergy-Pontoise. Ses recherches portent sur l’histoire de l’économie depuis la Seconde Guerre mondiale. Olivier Favereau, économiste, Université Paris Nanterre. James K. Galbraith, économiste, University of Texas, Austin (États-Unis). Armand Hatchuel, professeur et chercheur en sciences de gestion et en théorie de la
conception. Ses travaux ont été, le plus souvent, menés avec d’autres
chercheurs du Centre de Gestion Scientifique de Mines ParisTech. Yann Giraud, historien de l'économie, Université de Cergy-Pontoise. Fritz Helmedag, économiste, Technische Universität, Chemnitz (Allemagne). David Graeber, anthropologue et militant anarchiste étasunien, théoricien de la pensée libertaire nord-américaine et figure de proue du mouvement Occupy Wall Street. Évincé de l'université Yale en 2007, il est aujourd'hui professeur à la London School of Economics (Royaume-Uni). J'ai lu une interview où il affirme ce que j'affirme depuis très longtemps : « De plus en plus de personnes estiment que leur boulot ne devrait pas exister ». Reinhild Kreis, historienne, Universität Mannheim (Allemagne). Danièle Linhart, sociologue travaillant sur l'évolution du travail et de l'emploi. Elle est
directrice de recherche au CNRS et professeure à l'université de Paris X. Kako Nubukpo, économiste, Université de Lomé (Togo), il est l'auteur de L’Urgence africaine (éd. Odile Jacob). Frédéric Lordon, philosophe et économiste, CNRS, Paris. Cité plusieurs fois dans ce blog. Arnaud Orain, historien de l'économie, Université Paris 8, Vincennes - Saint-Denis, il a récemment publié La politique du merveilleux (Fayard, 2018). Arthur MacEwan, économiste, University of Massachusetts, Boston (États-Unis). Robert Pollin, économiste, University of Massachusetts, Amherst (États-Unis). Waltraud Schelke, économiste, London School of Economics (Royaume-Uni). Alain Supiot, juriste spécialiste du droit du travail, de la sécurité sociale et de philosophie du droit, professeur au Collège de France, Paris. Andong Zhu, économiste, Tsinghua University, Beijing (Chine).
Bertrand Rothé a expliqué :
« Il y a des avis tranchés sur tout ! Sur l'entreprise, par exemple. Parce que cette entité entre le capital et le travail, ne peut pas faire l'unanimité. Pour Frédéric Lordon, c'est un lieu du politique. Pour d'autres, c'est un lieu de la production, un lieu d'échanges, de savoirs. Mais j'ai l'impression qu'il y a quand même aujourd'hui plus de convergences que de divergences. Dans notre série, personne ne défend la mondialisation, par exemple.
Et la convergence la plus importante - celle qui structure notre travail - , c'est l'idée que nous sommes dans une situation de crise du capitalisme, que sa forme contemporaine, le néo-libéralisme, est contestée par tous. La montée de l'extrême-droite est une des mesures de cette crise. Bien sûr, ce n'en est que la mesure, ce n'est pas la crise elle-même. La crise est celle du système de production, du système dans lequel nous vivons.»
Mordillat et Rothé ont complété leur travail par la publication d'un livre qui représente leur position vis-à-vis de ce sujet à l'amplitude plutôt considérable : Les Lois du capital, Seuil et ARTE éditions, 2019
J'en ai eu vent grâce à Là-bas.org, le site de Daniel Mermet, où —sous le titre Le salariat, cette « gigantesque prise d’otages »— ils ont été interviewés par Jonathan Duong :
« Le moteur de la mise au travail, c’est – comme le disait Marx – l’aiguillon de la faim. Nous avons là affaire à une prise d’otages. Je
le dis parce que le mot "prise d’otages" est souvent employé dans le débat ordinaire, dans le commentaire médiatique, politique et éditorialiste. Et les preneurs d’otages sont soit les cheminots, soit les éboueurs, etc. À ceci près que le salariat lui-même n’est qu’une gigantesque prise d’otages. » Frédéric Lordon, qui enfile à nouveau sa casquette d’économiste pour cette série, rappelle en quoi le capitalisme, dans ses structures même, est inégalitaire, violent, destructeur. Et qu’on ne peut pas réformer le capitalisme, il faut l’abattre.
DUONG : L’apparition du salariat au XIXe siècle est concomitante de l’abolition de l’esclavage. Pourquoi on est passés de l’esclavage au salariat ? Est-ce que c’était uniquement pour des raisons morales ?
MORDILLAT : Non, il n’y avait aucune raison morale, c’était beaucoup plus commode et beaucoup plus rentable.
ARTHUR MAC EWAN, Économiste à l’Université du Massachussetts, explique dans la série : La raison est très simple, quand on y pense. Construire un canal, c’est dangereux, si un esclave meurt, vous perdez de la propriété ; perdre un esclave, c’est perdre sa possession ; si un Irlandais est tué, eh bien, on en engage un autre et vous ne perdez rien. Je suis ironique, bien évidemment, quand je dis que ce n’est pas grave de perdre un Irlandais, mais ça montre bien l’avantage du salariat.
[Sans compter que les salariés, notamment les soi-disant auto-entrepreneurs de la gig economy, pourraient ajouter que le patron capitaliste ne doit s’occuper de loger, nourrir et soigner ses salariés, alors que le négrier devait le faire, viols, mutilations et tortures à part, s’il tenait à disposer d’une force de travail vraiment opérative.]
Voici les six volets de la série (visionnables en ligne jusqu'au 13 décembre 2019) :
La série documentaire Travail, salaire, profit nous entraîne dans les
arcanes de l'économie mondiale, jugée bien souvent trop opaque pour en
saisir tous les tenants et les aboutissants. L'étude de cas, didactique
et passionnante, est pourtant salutaire, à l'heure d'une crise massive
du capitalisme, notamment via son avatar contemporain, le
néolibéralisme, rejeté en bloc par une grande partie de la société.
Après Jésus et l'islam, avec Jérôme Prieur, et Mélancolie ouvrière,
Gérard Mordillat, accompagné de l'économiste Bertrand Rothé, signe une
réflexion creusée et lucide sur cette "nouvelle religion contemporaine",
via le témoignage d'économistes renommés, dont Frédéric Lordon et David
Graeber.
1)Travail, Salaire, Profit, Épisode 1 : Travail.
Série documentaire de Bertrand Rothé et Gérard Mordillat (France, 2019,
54mn)
SYNOPSIS : Certains mots sont d’un usage si courant qu’on finit par les utiliser sans en interroger le sens. Comme celui de "travail". Depuis la nuit des
temps l’homme travaille : une activité qui n'a pourtant pas cessé d'évoluer depuis le paléolithique. Qu'est-ce que le travail aujourd’hui ? Est-il devenu une marchandise ? Qu'achète-t-on sur le marché du travail ? Pourquoi et comment est apparu le Code du travail ?
📜 Sommaire de l'épisode : 00:34 La notion de travail. 14:15 Le travail une marchandise
22:48 Le marché du travail 30:05 Le droit du travail, l’équilibre entre capital et travail 41:40
Le contrat de travail, une manière de légitimer le lien de subordination
Rappel : « Le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné »
2)Travail, Salaire, Profit, Épisode 2 : Emploi.
Série documentaire de Bertrand Rothé et Gérard Mordillat (France, 2019, 54mn)
SYNOPSIS : Le travail et l’emploi apparaissent souvent comme deux termes
interchangeables. De façon ordinaire, aujourd’hui, c’est l’emploi qui
est le plus souvent utilisé pour désigner le travail… Seraient-ils de
faux jumeaux ? Étude des incroyables transformations du management
contemporain, ainsi que de l’invention de l’autoentrepreneuriat comme
forme moderne de l’emploi.
📜 Sommaire de l'épisode
00:33 Les différences entre le travail et emploi
11:00 La fin du taylorisme, une diversification des compétences de l’employé ? 26:41 Le passage du salariat à la relation commerciale
36:06 L’avenir de l’emploi face à l’informatisation et la robotisation
3)Travail, Salaire, Profit, Épisode 3 : Salaire.
Série documentaire de Bertrand Rothé et Gérard Mordillat (France, 2019,
54mn)
SYNOPSIS : "Le salaire est la somme d’argent que le capitaliste paie pour un temps
de travail déterminé ou pour la fourniture d’un travail
déterminé." Cette citation de Marx est-elle encore valide aujourd’hui ?
Après le salaire de subsistance et le salaire différé, l'on voit
apparaître les notions de revenu universel ou de salaire à vie.
Serait-ce la fin du salariat ?
📜 Sommaire de l'épisode 00:34 La transformation du salaire : de l’enveloppe hebdomadaire à la fiche de paie mensuelle 10:15 Le « salaire de subsistance » 13:59 La productivité marginale des travailleurs
18:28 La disparition du marché du travail
29:03 L’armée de réserve
36:16 La polarisation du marché du travail : l’accroissement des inégalités salariales et la disparition de la classe moyenne 46:58 Vers la disparition du salariat ?
4)Travail, Salaire, Profit, Épisode 4 : Marché.
Série documentaire de Bertrand Rothé et Gérard Mordillat (France, 2019,
54mn)
SYNOPSIS : Aujourd’hui, le marché occupe une place hégémonique dans les sciences économiques. D’Adam Smith et sa "main invisible" aux libéraux contemporains, tous y voient le principe central de l’économie. Forts d’un discours théologico-économique, ils en font un dieu incontestable. Pour les libéraux, le marché a toujours raison. Mais de la guerre commerciale à la guerre entre nations, il n’y a qu’un pas…
📜 Sommaire de l'épisode
00 :34 Le marché a toujours raison ?
10 :34Le marché et l’Etat
17 :53 Le déclin de l’interventionnisme étatique, l’hégémonie du
libéralisme
28 :23 La notion de crise
38 :10 Le soutien de l’Etat, un rempart du système néo-libéral
5)Travail, Salaire, Profit, Épisode 5 : Capital.
Série documentaire de Bertrand Rothé et Gérard Mordillat (France, 2019,
54mn)
SYNOPSIS : Comme tous les concepts économiques, le capital a une histoire ; une
histoire singulière que l'on peut raconter de bien des manières.
D'autant plus que la signification de ce terme s'est transformée au
rythme du changement des modes de production... Plutôt que de faire une
théorie du capital, la situation contemporaine de l'économie ne nous
invite-t-elle pas à faire une théorie de l'actionnariat ?
6)Travail, Salaire, Profit, Épisode 6 : Profit.
Série documentaire de Bertrand Rothé et Gérard Mordillat (France, 2019,
54mn)
SYNOPSIS : D'où vient l'argent ? Au cours de l'histoire les thèses se sont
succédées sans parvenir à conclure. Le profit est un concept fuyant.
Pour Marx il était le produit d'un vol, le capitaliste volait au
travailleur une part de son travail ; pour Milton Friedman, Prix Nobel
d'économie, accroître les profits était l'unique responsabilité des
entreprises. Entre l'enjeu financier et l'enjeu social, la querelle
demeure.